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	<title>Archives des Syndicats - A2C - Autonomie de classe</title>
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	<description>Pour l&#039;autonomie de classe !</description>
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	<title>Archives des Syndicats - A2C - Autonomie de classe</title>
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		<title>Organisation de la riposte face aux attaques de sionistes et de fascistes à l’encontre de plusieurs librairies</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Vanina]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Dec 2025 09:43:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Antifascisme]]></category>
		<category><![CDATA[Grève]]></category>
		<category><![CDATA[Manifestation]]></category>
		<category><![CDATA[Syndicats]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Interview de Sana (Paris) et Lou (Marseille), deux camarades d’a2c salariées dans des librairies et impliquées dans la construction de la riposte face aux attaques récentes de plusieurs lieux. Cette interview a été réalisée le <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/organisation-de-la-riposte-face-aux-attaques-de-sionistes-et-de-fascistes-a-lencontre-de-plusieurs-librairies/" title="Organisation de la riposte face aux attaques de sionistes et de fascistes à l’encontre de plusieurs librairies">[...]</a></div>
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<p>Interview de Sana (Paris) et Lou (Marseille), deux camarades d’a2c salariées dans des librairies et impliquées dans la construction de la riposte face aux attaques récentes de plusieurs lieux.</p>



<p class="has-small-font-size"><em>Cette interview a été réalisée le lundi 15 décembre</em>, elle est disponible au format audio et écrit.</p>



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<p class="has-black-color has-cyan-bluish-gray-background-color has-text-color has-background has-link-color wp-elements-31f7f499b5d7848d8c96e74b629327c7"><em>​​Qu&rsquo;est-ce qui se passe en ce moment autour des librairies&nbsp;?&nbsp;</em></p>



<p>Sana : Il y a plein d&rsquo;attaques de librairies. Ça pourrait remonter jusqu&rsquo;aux législatives de 2024 où les fachos ont pris la confiance dans les rues et ça s&rsquo;est aussi traduit sur les librairies, et donc il y a eu déjà des attaques à ce moment-là. Et depuis le 7 octobre 2023, les libraires qui vont prendre position en solidarité avec la Palestine, en solidarité avec Gaza, se font attaquer très régulièrement et ça ne fait qu’aller crescendo, lors de rencontres ou autre. Donc, ce sont les salarié·es des librairies qui sont en première ligne face à ces attaques, que ce soit du harcèlement en ligne ou physique, des agressions de client·es au magasin, des vitrines taguées à l&rsquo;acide, des rencontres perturbées, des vitres brisées, des serrures remplies de colle et des libraires pris·es individuellement pour cible pour des mots, etc. Donc, c&rsquo;est une petite musique qui monte et qui crée aussi une ambivalence parce qu&rsquo;à la fois les libraires sont menacé·es et à la fois, iels doivent affirmer une position politique et revendiquer le fait que les librairies ne sont pas des lieux neutres. C&rsquo;est un peu à cela qu&rsquo;iels sont confronté·es. Avec des patrons qui ont plusieurs stratégies, mais notamment une partie des patrons qui veulent faire profil bas, qui désavouent leurs libraires, qui enlèvent les livres, qui disent qu&rsquo;il doit y avoir de tout et qu&rsquo;il y a une (pseudo) pluralité en librairie. Et d&rsquo;autres qui vont dénoncer ces attaques et intimidations, mais pas forcément avec une prise de position très ferme en solidarité avec la Palestine ou antifasciste, mais d&rsquo;abord au nom de la liberté d&rsquo;expression et de la démocratie. Et donc, toujours avec un peu ce discours en demi-teinte sur ce qu’est une librairie et <strong>le rôle des librairies en termes de prise de position et d’acteur.ices pour faire vivre, justement, les luttes aussi.</strong></p>



<p class="has-cyan-bluish-gray-background-color has-background"><em>Quelles sont les réponses des salariés et des syndicats par rapport à ce contexte&nbsp;?</em></p>



<p>Sana : Sur Paris, ça fait déjà quelques années qu&rsquo;on essaye de s&rsquo;organiser en tant que salarié·es de librairie avec une position qui est spécifique par rapport au petit patronat de librairie. Et donc, en 2023, pendant la grève des retraites, on avait construit une AG de grévistes qui s&rsquo;appelait le <em>Book-Bloc</em> et qui avait organisé énormément de libraires sur Paris et la région parisienne, qui avait permis de mettre en grève, pas mal de salarié·es de librairie. Personnellement, je suis à la CGT et le syndicat s&rsquo;est investi dans cette AG et a construit autour de cette AG la grève des retraites de 2023. En continuant de s&rsquo;organiser au sein de la CGT et avec d&rsquo;autres libraires et avec les « restes » de cette AG du <em>Book-Bloc</em>, ça a permis de reprendre le contact assez rapidement pour essayer de s&rsquo;organiser face à des attaques et avec <strong>la spécificité d&rsquo;être salarié·e de librairie et non pas patron de librairie, ce qui nous met dans des positions très différentes. </strong>On avait commencé à s&rsquo;organiser déjà quelques semaines auparavant, puis il y a eu une série d&rsquo;attaques où on s&rsquo;est dit là, <strong>il faut qu&rsquo;on réagisse vite et qu&rsquo;on montre qu&rsquo;on est réactif·ves et qu&rsquo;on ne laissera pas les librairies isolées face aux attaques des fachos et des sionistes. </strong>Donc on a appelé à un rassemblement Place de la République. Et &#8211; c’est aussi un truc qu&rsquo;on pourrait noter &#8211; ce n&rsquo;était pas devant une des librairies attaquées parce que, quelque part, c&rsquo;était aussi mettre en danger la librairie pour le patronat de librairie que de le faire devant sa librairie. Donc, ça montre bien aussi les limites de ces positionnements quand on n&rsquo;est pas exactement dans les mêmes intérêts et les mêmes positions lorsque l’on est patron de librairie ou libraire salarié·e. Ce rassemblement a réuni énormément de monde pour les petites structures et les petites mains que nous étions derrière. On était 250 Place de la République, avec pas mal de libraires et quelques patrons de librairie, mais aussi une solidarité du mouvement Palestine qui a massivement répondu présent à l&rsquo;appel du rassemblement. Enfin, « massivement », on s&rsquo;entend, mais à cette échelle, c&rsquo;était vraiment chouette de voir autant de militant·es en solidarité avec la Palestine qui voient l&rsquo;enjeu de protéger ces espaces de débats et de prise de positions des libraires. On était très content·es de pouvoir aussi démontrer aux fachos et aux sionistes qu&rsquo;on est en capacité de répondre. </p>



<p>Lou : Et du coup, pour prendre la suite à Marseille, d&rsquo;abord, moi je voulais parler du syndicat dont je fais partie qui est <em>Sud de Métier du Livre</em>. Il avait sorti un tract un peu au même moment, qui entretient un peu la confusion dont parle Sana car il s&rsquo;adressait aux librairies en tant que telles avec pour axe : « quand on subit une attaque, que faire ? ». Un peu un guide juridique de « comment porter plainte », etc. Et en fait, ce n&rsquo;était pas un tract qui s&rsquo;adresse directement aux salarié·es et qui donne la piste de principalement s&rsquo;organiser en tant que salarié·e sur son lieu de travail, mais plutôt d&rsquo;adopter une défense juridique et du coup, ça fait au final un tract qui s&rsquo;adresse aux patrons, puisque c&rsquo;est eux qui ont la responsabilité juridique de l&rsquo;entreprise. Donc, c’est ça qui avait été fait et envoyé virtuellement aux librairies. Et pour basculer dans le réel, nous, à Marseille, il y avait une AG Culture qui se tenait à la date du rassemblement à Paris. Cette AG culture, c&rsquo;est un peu pareil que le <em>Book-block</em>, elle a émergé du mouvement des retraites de 2023. C&rsquo;est un cadre auto-organisé qui rassemble des syndicalistes et des non-syndicalistes qui travaillent dans la culture. Ça va être à la fois des intermittent·es du spectacle, des artistes auteurices et, entre autres, quelques salarié·es de librairies ou des gens du monde de l&rsquo;édition. À Marseille, il y avait eu des librairies qui avaient été ciblées, à ce moment-là, notamment par un rassemblement de <em>Nous Vivrons</em> devant la librairie pendant une présentation d&rsquo;un livre sur la Palestine. Il y avait donc eu l&rsquo;idée de faire émerger un groupe de travail, de faire un communiqué de soutien à cette librairie-là, la librairie <em>Transit</em>. De ce groupe de travail, était sortie l&rsquo;idée d’appeler à un rassemblement de soutien. Avec une idée de base, celle de montrer que puisque<strong> les sionistes essayent de nous intimider, on va leur montrer qu&rsquo;on est plus qu&rsquo;elleux dans la rue</strong>. Et entre-temps, il y a eu des croix celtiques taguées sur deux librairies et du coup, on a appelé un rassemblement deux semaines pile après celui de Paris.</p>



<p>Ce qui est intéressant, c&rsquo;est qu&rsquo;avant le rassemblement, il y a eu une tournée des librairies qui a été faite pour appeler au rassemblement. Et ce qu&rsquo;on a pu voir à ce moment-là, c&rsquo;est qu&rsquo;il y a beaucoup de salarié·es de librairie qui peuvent avoir peur, comme si c&rsquo;était un peu inéluctable les croix celtiques qui vont fleurir sur les vitrines des librairies. Les questions sont alors : ça sera qui la prochaine ? Et puis, ça sera quoi la suite après la croix celtique taguée ? Et quand on venait, en fait, ça sortait d&rsquo;un coup de l’isolement, de la peur et de la sensation de fatalité.</p>



<p>Au rassemblement, on était entre 80 et 100 personnes. Pour le coup, moi, je dirais qu&rsquo;il y avait quelques salari·és de librairie, pas mal de monde autour de l’AG culture, donc du secteur de travail de la culture et pas mal des milieux antifascistes aussi. Et par contre, le mouvement Palestine a été assez peu présent.</p>



<p class="has-cyan-bluish-gray-background-color has-background"><em>Après le rassemblement à Paris et à Marseille, c&rsquo;est quoi les suites pour les libraires&nbsp;?</em></p>



<p>Lou : J’ai l&rsquo;impression qu&rsquo;à Paris et à Marseille, ça prend des formes assez différentes. Mais en tout cas, nous, ce qu&rsquo;on pense important comme perspectives à tenir, c&rsquo;est de <strong>continuer à construire des réactions collectives qui montrent qu&rsquo;à chaque fois qu&rsquo;il y a des attaques, on organise des ripostes qui montrent qu&rsquo;on fait nombre.</strong> Et la solution pour faire tenir ça dans le temps, c&rsquo;est d’essayer de continuer à organiser un maximum de libraires, et être nombreux.ses. Ça passe à la fois par un travail de renforcement des syndicats dans lesquels on est (ou bien créer des sections là où il n&rsquo;y en a pas) et aussi par le fait de s&rsquo;organiser vraiment en tant que <strong>salarié,</strong> parce qu&rsquo;il y a parfois une confusion quand on voit les patrons et les salariés main dans la main. La question étant : <strong>comment, nous, on construit des ripostes en tant que salarié·es</strong> ? Donc, via le syndicalisme ou via ces AG de secteur, les formes varient selon les contextes.</p>



<p>Un des moyens pour que ce mouvement continue, et qu&rsquo;il prenne de la force, c’est de l&rsquo;articuler avec les mouvements antiraciste et antifasciste comme par exemple ce qui a été fait à Marseille : dans l&rsquo;AG Culture qui suivait le rassemblement du 11 décembre il y avait la question de la grève antiraciste du 18 décembre.</p>



<p>Lors de cette AG, une décision a été prise suite au rassemblement et à la tournée des librairies : on va continuer et on sait qu&rsquo;on ne va pas réussir en une semaine à mettre beaucoup de gens en grève pour le 18 décembre. Mais en fait, pour nous, ça s&rsquo;est articulé d&rsquo;un coup très logiquement, le fait de dire qu’<strong>on subit des attaques des racistes, des sionistes et des fascistes sur nos lieux de travail et ça, c&rsquo;est une raison largement suffisante pour se mettre en grève le 18 décembre</strong> ou en tout cas pour parler de la grève antiraciste le 18 et amorcer ce mouvement là. Il s&rsquo;articule autour de ces mots d&rsquo;ordre et c&rsquo;est sûrement autour de ces mots d&rsquo;ordre-là qu&rsquo;il peut se renforcer. Il y a l&rsquo;idée de continuer à faire des tournées de librairies encore cette semaine, justement pour appeler au 18 et parler de la question de la grève antiraciste, l’articuler avec ces attaques sur les librairies.</p>



<p>Sana : Et nous, à Paris, dans la même idée, avec peut-être moins ce lien qui a été fait malheureusement avec la date du 18 décembre &#8211; aussi par le fait qu&rsquo;on n&rsquo;était pas suffisamment nombreux en réunion après le rassemblement &#8211; on va essayer en tout cas de continuer à proposer aux libraires de s&rsquo;organiser et d&rsquo;appeler à une soirée-débat. Pour essayer de faire en sorte de voir des libraires et de les convaincre qu&rsquo;il faut réussir à s&rsquo;organiser collectivement pour pouvoir se battre. Et en fait c&rsquo;est un peu ça la seule perspective qu&rsquo;on a nous en tant que salarié·es des librairies : c&rsquo;est de <strong>s&rsquo;organiser collectivement et de faire nombre pour se protéger des attaques des sionistes et des fachos</strong>.&nbsp;</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Grève pour Gaza le 28 novembre en Italie : « Notre défi est de relier la lutte pour la Palestine aux conditions économiques et de travail en Italie »</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/international/greve-pour-gaza-le-28-novembre-en-italie-notre-defi-est-de-relier-la-lutte-pour-la-palestine-aux-conditions-economiques-et-de-travail-en-italie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alice]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Nov 2025 09:27:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Palestine]]></category>
		<category><![CDATA[Syndicats]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Interview d’un militant du syndicat italien Si Cobas, réalisée par Victor Michel (Brest) &#8211; 9 novembre 2025. Victor : Peux tu te présenter et nous parler de la grève et du mouvement en Italie ? <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/greve-pour-gaza-le-28-novembre-en-italie-notre-defi-est-de-relier-la-lutte-pour-la-palestine-aux-conditions-economiques-et-de-travail-en-italie/" title="Grève pour Gaza le 28 novembre en Italie : « Notre défi est de relier la lutte pour la Palestine aux conditions économiques et de travail en Italie »">[...]</a></div>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/greve-pour-gaza-le-28-novembre-en-italie-notre-defi-est-de-relier-la-lutte-pour-la-palestine-aux-conditions-economiques-et-de-travail-en-italie/">Grève pour Gaza le 28 novembre en Italie : « Notre défi est de relier la lutte pour la Palestine aux conditions économiques et de travail en Italie »</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Interview d’un militant du syndicat italien <em>Si Cobas</em>, réalisée par Victor Michel (Brest) &#8211; 9 novembre 2025.<br></p>



<p class="has-medium-font-size"><strong>Victor : Peux tu te présenter et nous parler de la grève et du mouvement en Italie ?</strong></p>



<p>Fabio : Je m&rsquo;appelle Fabio, je suis membre de Tendenza Internationalista Revoluzionaria (TIR, Tendance révolutionnaire internationale), une organisation politique en Italie qui a encouragé les grèves et qui a participé activement aux manifestations, à la mobilisation et aux grèves qui ont débuté immédiatement après le 7 octobre, aux côtés du peuple palestinien et de la résistance palestinienne. Je suis également membre du syndicat SI COBAS, qui a participé aux grèves et appelé à la grève du 3 octobre. </p>



<p>Tout d&rsquo;abord, le 22 septembre et le 3 octobre n&rsquo;étaient pas les premières grèves générales organisées en soutien au peuple palestinien et contre le génocide, trois autres grèves générales avaient déjà été appelées par le SICOBAS et d&rsquo;autres syndicats plus petits. La première a eu lieu peu après le 7 octobre 2023, le 17 novembre. Puis une autre a eu lieu le 23 février 2024. Même s&rsquo;il s&rsquo;agissait de grèves menées par une minorité de travailleurs, elles ont montré et ouvert la voie pour faire obstacle au soutien apporté par l&rsquo;Italie et le gouvernement italien à Israël dans son génocide et son occupation des terres palestiniennes. Nous avons organisé de nombreuses actions au cours de ces deux dernières années, même si le mouvement en Italie n&rsquo;a pas été aussi important qu&rsquo;en Grande-Bretagne, par exemple, en termes de nombre de participants. Mais il y a eu des moments très significatifs, comme ces grèves générales, ainsi que d&rsquo;autres moments de blocage de ports à Gênes, mais aussi à Salerne, et de certaines industries particulièrement liées à Israël : Leonardo et d&rsquo;autres industries militaires, israéliennes ou liées à Israël. Et il y a eu des manifestations, dont certaines interdites, comme celle du 5 octobre 2024 à Rome, qui a néanmoins eu lieu et où le gouvernement a été contraint d&rsquo;autoriser la manifestation une demi-heure avant son début officiel, car des milliers de personnes étaient venues de toute façon. Ce sont ces luttes pour le peuple palestinien qui ont ouvert la voie aux grèves du 22 septembre et du 3 octobre, car elles ont établi la légitimité et la visibilité de la protestation pour la Palestine. </p>



<p>Et puis, bien sûr, il y a eu d&rsquo;autres facteurs. La situation à Gaza a toujours été terrifiante, mais l&rsquo;armée était aussi entrée dans la ville de Gaza. Et puis la flottille a certainement encouragé les gens à agir face à la situation en Palestine. Je ne pense pas que les travailleurs aient fait grève pour la flottille en soi, mais ils ont certainement été encouragés à agir par elle. Cela a facilité la prise d&rsquo;action. </p>



<p>Et puis, le gouvernement Meloni était l&rsquo;un des gouvernements qui n&rsquo;était même pas capable de prendre position avec des mots. C&rsquo;et l&rsquo;un des gouvernements qui ne parlait pas de reconnaître un État palestinien, donc particulièrement aligné avec l&rsquo;administration Trump. Et il faut savoir que l&rsquo;Italie est le troisième exportateur d&rsquo;armes vers Israël, elle a donc des liens très forts avec Israël. Et cela a certainement amplifié la colère des gens qui ont ensuite fait grève ces dernières semaines.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img data-dominant-color="908783" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #908783;" fetchpriority="high" decoding="async" width="770" height="470" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/11/greve-generale-italie-palestine-770x470-1.webp" alt="" class="wp-image-10313 not-transparent" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/11/greve-generale-italie-palestine-770x470-1.webp 770w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/11/greve-generale-italie-palestine-770x470-1-300x183.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/11/greve-generale-italie-palestine-770x470-1-768x469.webp 768w" sizes="(max-width: 770px) 100vw, 770px" /></figure>



<p class="has-medium-font-size"><strong>Victor : Combien de personnes ont participé aux grèves et dans quels secteurs ?</strong></p>



<p>Fabio : Eh bien, il est difficile d&rsquo;avoir des estimations exactes sur la participation. Le 3 octobre, la participation a été plus importante que le 22 septembre, qui était déjà probablement la plus grande grève politique depuis de très nombreuses années. La participation a été bonne dans les secteurs publics, en particulier dans les écoles. Elle a été importante dans le secteur de la santé. Les cheminots, en particulier le 3 octobre, ont été l&rsquo;un des groupes les plus impliqués. Les travailleurs de la logistique aussi, en particulier ceux de SI COBAS. La participation a été moindre dans le secteur privé, dans les usines. Il est certainement plus facile de faire grève dans le secteur public, car l&rsquo;environnement dans les usines privées est beaucoup plus oppressant. Ce qui est un défi que nous devons relever à l&rsquo;avenir, bien sûr, car les travailleurs du secteur privé et les ouvriers d&rsquo;usine sont des travailleurs productifs qui auraient un poids encore plus important sur l&rsquo;économie et il serait donc beaucoup plus significatif, bien sûr, qu&rsquo;ils participent.</p>



<p>Ce n&rsquo;était pas une grève massive. Mais la participation a été significative. La situation de la classe ouvrière a été très difficile ces dernières années, avec des niveaux de conflit très faibles, à quelques exceptions près : les travailleurs de SI COBAS ou les travailleurs immigrés dans le secteur de la logistique ont été une exception. C&rsquo;est donc ce qui est significatif dans cette grève, à savoir qu&rsquo;il y a eu une volonté de participer. Les gens sont descendus dans la rue, ils ont fait grève de manière active, ils ont participé à des manifestations qui ont été les plus importantes depuis 20 ans en Italie. Même dans les petites villes où il ne s&rsquo;était rien passé depuis longtemps, il y a eu des manifestations. Dans de nombreux ports, il y a eu des blocages, à Gênes, à Salerne, à Livourne, à Tarente. Il y a eu des blocages des gares ferroviaires. Il ne s&rsquo;agissait donc pas seulement de personnes souhaitant exprimer leur opinion. Il s&rsquo;agissait vraiment de la volonté d&rsquo;avoir un impact, de faire quelque chose pour avoir un impact sur la complicité du gouvernement italien. </p>



<p>Les tentatives des médias de diviser les manifestants en bons et mauvais, en disant que ceux qui essayaient de bloquer les gares ferroviaires étaient de mauvais manifestants, que les autres étaient pacifiques, n&rsquo;ont pas vraiment fonctionné, car beaucoup de jeunes en fin de lycée, en début d&rsquo;université, participaient, une génération qui n&rsquo;avait en fait jamais eu l&rsquo;occasion jusqu&rsquo;à présent de manifester à cette échelle. Ils étaient vraiment déterminés à avoir un impact, et cela a été significatif. </p>



<p>Une autre chose significative est que les partis politiques se sont très peu impliqués. Certains partis démocratiques, le parti cinq étoiles, ont soutenu la flottille, mais ils n&rsquo;étaient pas présents dans la grève, tout comme les grands syndicats, en particulier la CGIL, qui est le plus grand syndicat d&rsquo;Italie. Le 22 septembre, ils n&rsquo;ont en fait pas participé. Ils ont appelé à une grève de deux heures trois jours avant afin de diviser la grève. Ils ont eu un certain succès. Mais de nombreux autres travailleurs de la CGIL elle-même ont fait grève. Ils n&rsquo;ont pas suivi les ordres de leur propre syndicat.&nbsp;</p>



<p>Puis, il y a eu la date du 3 octobre, date initialement fixée uniquement par SI COBAS, car nous avons vu que la tension montait, que cela ne pouvait pas s&rsquo;arrêter au 22 septembre. Une manifestation était déjà prévue à Rome pour le 4 octobre. Et nous avons aussi eu un peu de chance, car la flottille a été bloquée mercredi soir 1<sup>er</sup> octobre. Tous les syndicats ont alors lancé un appel. Tous les syndicats, je veux dire, CGIL et les petits syndicats. Et dans ce cas, la CGIL a dû le faire parce qu&rsquo;elle veut toujours apparaître comme un syndicat de gauche : ils ont dit qu&rsquo;ils étaient avec le peuple palestinien, bien sûr pas avec la résistance palestinienne, mais contre le génocide, disons, mais ils n&rsquo;ont pris aucune mesure. Donc, dans cette situation, ils ont été contraints de lancer l&rsquo;appel parce qu&rsquo;ils sentaient qu&rsquo;ils perdaient le lien avec une partie importante de leurs propres travailleurs. Et nous pouvons nous attribuer une partie du mérite, car nous avons appelé à la grève et, même auparavant, nous étions très actifs dans le mouvement pour la Palestine, nous avons donc pu faire pression. Si personne n&rsquo;avait fait cela, il y aurait peut-être eu des manifestations, mais pas de grève. En appelant à la grève, nous avons également poussé le grand syndicat à agir. </p>



<p>Ce qui est intéressant, d&rsquo;ailleurs, en ce qui concerne le 3 octobre, c&rsquo;est que nous avons appelé à la grève dans le respect des conditions légales, car il existe certaines restrictions. La loi italienne sur les grèves est assez souple, il existe une tradition qui la rend assez libre. Tout syndicat peut appeler à une grève générale. Mais il existe certaines restrictions dans le secteur public, il faut donc la déclarer 10 jours à l&rsquo;avance. Et c&rsquo;est ce que nous avons fait, notre grève était donc légale. Les autres syndicats qui ont ensuite appelé à la grève du 3 octobre l&rsquo;ont fait deux jours avant. Et, alors qu&rsquo;ils auraient facilement pu se joindre à notre grève, ils ont refusé, pour des raisons politiques&#8230; Ils ne pouvaient pas admettre que nous avions appelé à la grève, alors ils ont dû lancer leur propre appel. Ce qui, bien sûr, est positif que tout le monde se soit mis en grève le même jour, le 3 octobre, mais&#8230; Cela a ensuite provoqué une réaction négative de la part de la commission d&rsquo;État qui contrôle la loi sur les grèves. Ils ont déclaré que cette grève était illégale. Le message selon lequel les gens ne pouvaient pas faire grève parce que celle-ci n&rsquo;était pas légale, s&rsquo;est donc répandu. Et ces syndicats, en particulier la CGL, ne voulaient pas dire à leurs propres travailleurs : « Ne vous inquiétez pas, une autre grève a déjà été déclenchée, vous pouvez faire grève. »  Car cela aurait posé un problème politique pour eux. La participation aurait donc probablement pu être encore meilleure s&rsquo;il n&rsquo;y avait pas eu cela. Nous avons eu beaucoup de mal la veille, le dernier jour, à dire à tout le monde : « Ne vous inquiétez pas, vous pouvez faire grève. »  </p>



<p>Normalement, la CGIL et les grands syndicats ne se rallient jamais à une journée d&rsquo;appel lancée par des syndicats indépendants. Je veux dire, dans notre activité quotidienne, ils essaient toujours de s&rsquo;imposer comme les seuls légitimes, même avec des lois anti-grève, etc. C&rsquo;était donc assez exceptionnel, et le 3 octobre, cela s&rsquo;est soldé par une grève où&#8230; Ils ont dû se mettre d&rsquo;accord sur la même date, etc. Et c&rsquo;est quelque chose dont nous devons bien sûr nous féliciter, car c&rsquo;est quelque chose que nous poussons depuis longtemps. </p>



<p class="has-medium-font-size"><strong>Victor&nbsp;: Combien de membres <em>SI COBAS</em> compte-t-il ?&nbsp;</strong></p>



<p>Fabio&nbsp;: Quelques dizaines de milliers. C&rsquo;est donc un petit syndicat par rapport à la CGIL ou à d&rsquo;autres syndicats. Il est petit, mais il a mené des luttes acharnées dans le secteur de la logistique, des luttes très dures, qui ont déjà fait avancer les choses dans ce secteur. Comme je l&rsquo;ai dit, nous sommes quelques dizaines de milliers, mais la logistique compte plus d&rsquo;un million de travailleurs. Et donc, nous savons que nous ne sommes pas assez. Nous essayons toujours d&rsquo;inciter les grands syndicats ou les travailleurs des grands syndicats à se joindre à nous, en particulier en ces jours de grève générale où il s&rsquo;agit de questions politiques, et cette fois-ci, cela a fonctionné de la meilleure façon possible. La semaine précédant le 3 octobre, il y avait presque tous les jours de grandes manifestations dans la ville. À Turin, je n&rsquo;avais jamais vu autant de monde, c&rsquo;était vraiment énorme. Et puis la grève a eu lieu. Et ensuite, il y a eu la manifestation à Rome. Le 4 octobre, c&rsquo;était probablement la plus grande manifestation depuis la guerre en Irak. Donc ça fait plus de 20 ans.</p>



<p class="has-medium-font-size"><strong>Victor: Et quel a été l&rsquo;impact de la grève sur les travailleurs ?</strong></p>



<p>Fabio : Je pense qu&rsquo;elle a eu un impact positif sur la conscience des travailleurs. En avril, le gouvernement Meloni a approuvé une loi sur la sécurité, le Decreto Sicurezza, qui criminalise les barrages routiers et de nombreuses autres formes de protestation, renforce les pouvoirs de la police, etc. La plupart des actions menées les 22 et 3 octobre ont enfreint cette loi. C&rsquo;est très positif, car quelques mois après l&rsquo;adoption de cette loi, elle a déjà été enfreinte à plusieurs reprises. Quand elle a été adoptée, de nombreuses organisations (pas nous, nous avons en fait immédiatement organisé des grèves avec des barrages) se sont écriées : « Que faire ? Nous ne pouvons plus faire certaines choses, etc. ». Et donc, tout d&rsquo;abord, nous avons vu que lorsque les gens se mobilisent, on peut tout faire. Et quelques mois plus tard, il s&rsquo;avère que l&rsquo;on peut faire ces choses. </p>



<p>Bien sûr, nous savons très bien que la répression peut s&rsquo;intensifier bien plus qu&rsquo;elle ne l&rsquo;est actuellement. Même la police n&rsquo;est pas intervenue de manière brutale ces derniers jours. Elle ne voulait pas attaquer à ce moment-là. Mais si le mouvement continue avec un certain nombre de participants, je pense qu&rsquo;il y aura aussi des interventions policières beaucoup plus brutales. Mais je pense que cela a eu un impact très positif. Et nous espérons que cela se répercutera également sur d&rsquo;autres sujets, en général sur la conscience de soi de la classe ouvrière en Italie. </p>



<p>Quant au gouvernement, il réagit désormais par une répression accrue. Il a dû faire quelques concessions, mais il introduit maintenant une nouvelle loi qui tente d&rsquo;assimiler l&rsquo;antisionisme à l&rsquo;antisémitisme. Mais si tu parles de l&rsquo;impact plus large, je pense vraiment que l&rsquo;urgence avec laquelle ils ont dû établir ce soi-disant traité de paix a Gaza, qui n&rsquo;est bien sûr pas un traité de paix, ni même un cessez-le-feu, je pense que les grèves en Italie ont eu un impact sur cela, tout comme, bien sûr, toutes les autres mobilisations, car je pense qu&rsquo;ils craignaient une possible propagation à d&rsquo;autres pays. Les personnes qui participent aux grèves et aux mobilisations ont vu que cela avait un impact. Ensuite, bien sûr, il y a une possible démoralisation, car ils ont signé le traité et maintenant, bien sûr, ils continuent le génocide. Alors on se dit : « Que pouvons-nous faire de plus ? » Trump lui-même l&rsquo;a dit. Il a dit : « Israël ne peut pas gagner contre le monde entier. »</p>



<p class="has-medium-font-size"><strong>Victor : En France, il y a très peu de grèves politiques pour la Palestine, est-ce que tu peux expliquer comment vous avez su convaincre de ces perspectives, comment vous vous êtes organisés ?</strong></p>



<p>Fabio : Je pense que d&rsquo;un côté,  SI COBAS et d&rsquo;autres petits syndicats organisent déjà d&rsquo;autres grèves politiques, donc cela n&rsquo;a pas été un problème pour nous. Et ce faisant, nous avons fait pression. Parfois il faut même des forces plus modestes qui sont déterminées à aller dans une certaine direction. Et puis, lorsque les conditions s&rsquo;alignent de la bonne manière, cela se concrétise. Si ce n&rsquo;est pas le cas, si personne ne le fait, alors c&rsquo;est plus difficile&#8230; En Italie, la loi sur les grèves, comme je l&rsquo;ai dit précédemment, autorise n&rsquo;importe quel syndicat à appeler à une grève générale. Le problème n&rsquo;est donc pas tant que ce n&rsquo;est pas légal. Le problème est de savoir comment faire participer les autres travailleurs. C&rsquo;est la question la plus importante. Mais il existe une tradition en ce sens. Et en tant que syndicats indépendants, nous avons maintenu cette tradition selon laquelle il faut organiser des grèves générales. Nous et d&rsquo;autres syndicats indépendants avons lancé cet appel à la grève, et cet appel a trouvé une réponse auprès des grévistes. Dans ce cas, cela s&rsquo;est combiné de manière positive avec une forte attention médiatique sur la flottille. L&rsquo;effet a donc été décuplé dans ce sens, car il s&rsquo;est combiné à cette attention médiatique. Mais c&rsquo;était un appel qui avait été lancé et qui a trouvé une réponse auprès de nombreux travailleurs.</p>



<p>Et bien sûr, comme je l&rsquo;ai dit précédemment, cela a été préparé par l&rsquo;activité. Car souvent, lorsqu&rsquo;on est minoritaire, il est très difficile de faire grève et de manifester. Et souvent, on ne trouve pas ce large consensus, mais on est quelques centaines, quelques milliers. Je pense qu&rsquo;en janvier 2024, c&rsquo;était la Journée de commémoration de l&rsquo;Holocauste. À Turin, il y avait 30 personnes qui manifestaient au total. Donc personne, même la plupart des organisations de gauche, ne soutenait : « Ça pourrait être mal interprété. » En fait, ils ont cédé à la pression idéologique du sionisme, qui tente d&rsquo;utiliser l&rsquo;Holocauste pour perpétuer un autre génocide. Il était donc très important pour nous de dire non, nous sommes contre tout génocide. En ce jour particulier, nous devions manifester pour dire que cela ne peut se reproduire, etc. Et ils ne peuvent pas utiliser cette cause pour justifier leurs actes. Nous étions très peu nombreux, mais c&rsquo;était important. Et tout ce travail a fini par porter ses fruits. Je pense que c&rsquo;est très important aujourd&rsquo;hui aussi, car ils essaient à nouveau, avec le traité à Gaza, de tout passer sous silence. Ils disent : « Maintenant, nous avons la paix. » Quand Israël bombarde à nouveau la bande de Gaza, etc., il devient évident que ce n&rsquo;est pas le cas. Mais ils essayaient de dire : « D&rsquo;accord, maintenant nous avons la paix. Taisez-vous. Si maintenant quelque chose se brise, c&rsquo;est la faute du peuple palestinien. Vous avez donc obtenu ce que vous vouliez. » C&rsquo;est exactement ce qu&rsquo;ils essaient de faire. Il est donc à nouveau très important de briser ce silence qu&rsquo;ils essaient d&rsquo;imposer à nouveau. Je veux dire, après avoir fait le traitement, ils ont vraiment investi pour essayer à nouveau de tout normaliser. Je pense que c&rsquo;était en fait le principal&#8230; objectif du soi-disant traité de paix de Trump, essayer de faire taire les manifestations, tout en augmentant encore plus la répression. »</p>



<p class="has-medium-font-size"><strong>Victor&nbsp;: Et maintenant, quelle est la prochaine étape ? Je crois qu&rsquo;il y a une grève fin novembre ?&nbsp;</strong></p>



<p>Il y a une grève le 28 novembre. Il n&rsquo;y a pas le même élan que lors des dernières grèves. Nous ne savons donc pas si elle aura la même ampleur. Probablement pas. Mais notre défi est de relier la lutte pour la Palestine aux conditions économiques et de travail en Italie également. La loi de finances, qui est en fin de compte une loi de finances de guerre qui réduit les programmes sociaux, diminue légèrement les impôts de la classe moyenne supérieure et des entreprises mais qui au final augmente les impôts des classes inférieures. Elle donne beaucoup d&rsquo;argent à l&rsquo;économie de guerre, à l&rsquo;industrie militaire, etc. Il s&rsquo;agit donc de relier cette loi de finances, les conditions salariales et les conditions de vie des gens à l&rsquo;économie de guerre et au soutien de l&rsquo;Italie à l&rsquo;élargissement de la guerre, qui se produit bien sûr avec le soutien à Israël d&rsquo;un côté, de l&rsquo;autre avec le soutien à l&rsquo;Ukraine, la guerre avec la Russie. Dans l&rsquo;ensemble, une implication de plus en plus importante dans différents types de situations. Ils ont également envoyé davantage de militaires dans l&rsquo;océan Pacifique pour soutenir le Japon, etc. Je ne sais pas dans quelle mesure ils sont directement impliqués au Soudan, mais ils le sont certainement. L&rsquo;Italie est également le principal exportateur d&rsquo;armes vers le Qatar et l&rsquo;Égypte. Et le gouvernement Meloni a explicitement fait un effort pour s&rsquo;impliquer de plus en plus. Il y a également une concurrence intra-européenne. Le gouvernement Meloni, l&rsquo;Italie, essaie d&rsquo;intervenir pour essayer de prendre ce qu&rsquo;il peut prendre, et le gouvernement Meloni a explicitement montré qu&rsquo;il souhaitait, qu&rsquo;il était prêt à s&rsquo;impliquer de plus en plus dans différents théâtres, différents paysages, etc. C&rsquo;est donc le lien que nous voulons établir, afin de toucher davantage les travailleurs du secteur privé qui ont plus de mal à se mobiliser pour la Palestine.&nbsp;</p>



<p>L&rsquo;islamophobie, ou plutôt l&rsquo;islamophobie et le racisme, sont les seules armes dont dispose le gouvernement, sinon tout le monde détesterait Israël. Mais il n&rsquo;est pas facile de contrer cela, vous savez, en l&rsquo;affrontant directement, ce qui doit être fait, il faut aussi en l&rsquo;affronter en reliant les sujets. En faisant comprendre que la question palestinienne n&rsquo;est pas une question de guerre culturelle ou de guerre religieuse ou quoi que ce soit de ce genre. C&rsquo;est une question d&rsquo;impérialisme et elle est profondément liée à la façon dont le monde dans son ensemble se développe.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-dots"/>



<p>Pour continuer à écouter sur le sujet de la Palestine, voici le topo de Sana de Paris qui tente de tirer le bilan du 7 octobre, tout en abordant les stratégies de libération de la Palestine :</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-rich is-provider-spotify wp-block-embed-spotify wp-embed-aspect-21-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="Spotify Embed: Mouvement Palestine : bilan du 7 octobre" style="border-radius: 12px" width="100%" height="152" frameborder="0" allowfullscreen allow="autoplay; clipboard-write; encrypted-media; fullscreen; picture-in-picture" loading="lazy" src="https://open.spotify.com/embed/episode/26esJOret02WaPUrM7nhfO?si=40t6dTIERbuZY2CzOkUbow&#038;utm_source=oembed"></iframe>
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		<title>Après les manifestations du 22 mars, quelle stratégie contre le racisme ?</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/apres-les-manifestations-du-22-mars-quelle-strategie-contre-le-racisme/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Vic]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 24 Jul 2025 14:11:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[Antifascisme]]></category>
		<category><![CDATA[CGT]]></category>
		<category><![CDATA[LFI]]></category>
		<category><![CDATA[Marche des solidarités]]></category>
		<category><![CDATA[Sans-papiers]]></category>
		<category><![CDATA[Syndicats]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Le 22 mars a été la mobilisation la plus forte jamais organisée en France autour de la journée internationale contre le racisme du 21 mars. Qu’est-ce que ça nous dit ? Qu’est-ce que ça ouvre ?1 Les <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/apres-les-manifestations-du-22-mars-quelle-strategie-contre-le-racisme/" title="Après les manifestations du 22 mars, quelle stratégie contre le racisme ?">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>Le 22 mars a été la mobilisation la plus forte jamais organisée en France autour de la journée internationale contre le racisme du 21 mars. Qu’est-ce que ça nous dit ? Qu’est-ce que ça ouvre ?</em><sup data-fn="19ff29c2-937a-422c-a1ae-919ee41824d5" class="fn"><a id="19ff29c2-937a-422c-a1ae-919ee41824d5-link" href="#19ff29c2-937a-422c-a1ae-919ee41824d5">1</a></sup></p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #17 &#8211; JUIN 2025</h6>



<p>Plus de 500 organisations, locales et nationales, ont appelé à manifester à l’appel de la Marche des Solidarité et des Collectifs de sans-papiers.</p>



<p>Des manifestations ont eu lieu dans au moins 200 villes et villages, dans les métropoles comme les campagnes.</p>



<p>Ces manifestations ont été, partout, beaucoup plus nombreuses que les années précédentes. Il y a notamment eu 100 000 manifestant·es à Paris et des milliers à Marseille, Nantes, Rennes, Bordeaux, Toulouse, Montpellier, Nice, Grenoble, Lyon, St Etienne, Lille, Strasbourg…</p>



<h2 class="wp-block-heading">Pas de fatalité : le combat est possible</h2>



<p>Ce succès de la mobilisation<sup data-fn="1c5fb626-1b4e-4d95-8807-4d10f995eb24" class="fn"><a id="1c5fb626-1b4e-4d95-8807-4d10f995eb24-link" href="#1c5fb626-1b4e-4d95-8807-4d10f995eb24">2</a></sup> est un contre-argument à toustes celles et ceux qui disent que le racisme est une tendance dominante dans la société, une vague qui emporte tout, et que la politique des dominants et le discours des médias ne font que refléter l’opinion populaire, répondre à une demande « d’en bas ».</p>



<p>C’est l’opposé qui est principalement vrai. Le racisme est une construction. Ce n’est pas seulement une construction historique, sur le long terme<sup data-fn="40736bca-4af1-49e1-a13e-6963c6a7d2c2" class="fn"><a id="40736bca-4af1-49e1-a13e-6963c6a7d2c2-link" href="#40736bca-4af1-49e1-a13e-6963c6a7d2c2">3</a></sup>. Il est aussi une construction conjoncturelle, au travers des politiques racistes de l’État, des discours et faits divers diffusés ad-nauseum dans les médias dominants, des arguments repris de l’extrême droite jusqu’à la gauche contre l’immigration, contre les musulman·es. Ce « racisme d’en haut » a d’autant plus d’influence sur le « racisme d’en bas » qu’il devient légitimé par l’absence de riposte et de contre arguments sans concession.</p>



<p><strong>Le 22 mars vient de montrer que cette construction du racisme n’a pas gangréné toute la société, qu’il est possible de mobiliser massivement contre le racisme et contre le fascisme.</strong></p>



<p>La force du 22 mars est que le thème de la mobilisation était sans ambiguïté : contre le racisme et en solidarité avec les migrant·es mais aussi contre le fascisme (même si ce terme n’apparaissait pas dans un des deux appels).</p>



<p>Mais la possibilité du succès de la mobilisation du 22 mars était déjà présente dans les manifestations qui ont suivi la dissolution de l’Assemblée cet été, à commencer par les 800&nbsp;000 manifestant·es du 14 juin même si les mots d’ordre de ces manifestations n’étaient pas tournés explicitement contre le racisme et le fascisme. Elle était aussi présente dans le succès de la mobilisation du 8 mars et la volonté d’en chasser les fascistes et les sionistes d’extrême droite.</p>



<p><strong>Aucune organisation de gauche ne peut aujourd’hui se cacher en prétextant que «&nbsp;les gens ne veulent pas se mobiliser contre le racisme ou contre le fascisme&nbsp;». Le combat est possible&nbsp;: voulez-vous le mener&nbsp;?</strong></p>



<h2 class="wp-block-heading">Pas seulement des nombres</h2>



<p>Il serait stupide de nier la progression du racisme. C’est d’ailleurs cela qui rend crucial le développement d’une riposte. Le racisme n’est pas l’exclusivité des électeur·ices du RN. Par contre c’est la caractéristique commune des 11 millions qui ont voté RN aux dernières législatives. Le dernier rapport de la CNDH indique que 56 % des sondé·es (chiffres de 2023 en progression de 3 % en un an) pensent « qu’il y a trop d’immigrés en France »<sup data-fn="8f1dbb7c-4e87-4496-abed-968a8b54ae3a" class="fn"><a id="8f1dbb7c-4e87-4496-abed-968a8b54ae3a-link" href="#8f1dbb7c-4e87-4496-abed-968a8b54ae3a">4</a></sup>. </p>



<p>Disons d’abord que cela signifie qu’il y a aussi des millions qui ne votent pas pour des partis racistes, ne pensent pas qu’il y a trop d’immigré·es en France. Disons ensuite que ces opinions ne sont pas figées. Au-delà des noyaux durs, les évolutions dans un sens peuvent être renversées dans l’autre. D’autant plus que ces opinions peuvent être très contradictoires. 52 % pensent aussi « qu’il faut que les étrangers aient les mêmes droits que les Français »<sup data-fn="ce61352e-02fa-4dec-9fbb-a619549efbc8" class="fn"><a id="ce61352e-02fa-4dec-9fbb-a619549efbc8-link" href="#ce61352e-02fa-4dec-9fbb-a619549efbc8">5</a></sup>.</p>



<p>L’élément déterminant n’est pas tant le débat «&nbsp;rationnel&nbsp;». Mais l’activité.</p>



<p>Après 2001 et la destruction des tours jumelles à New York, la guerre contre l’Afghanistan puis contre l’Irak fut justifiée par la théorie de «&nbsp;la guerre des civilisations&nbsp;». Guerre entre l’Occident – blanc et chrétien &#8211; censé être libéral et démocratique et l’Orient – arabe et musulman &#8211; présenté comme barbare.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-large is-resized"><img data-dominant-color="6b686b" data-has-transparency="false" decoding="async" width="1100" height="642" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/07/Manifestation-contre-la-Guerre-a-Londres-15-Fev-2003-Credit-_-W.-M.-Connolley-1100x642.webp" alt="" class="wp-image-9721 not-transparent" style="--dominant-color: #6b686b; width:339px;height:auto" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/07/Manifestation-contre-la-Guerre-a-Londres-15-Fev-2003-Credit-_-W.-M.-Connolley-1100x642.webp 1100w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/07/Manifestation-contre-la-Guerre-a-Londres-15-Fev-2003-Credit-_-W.-M.-Connolley-300x175.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/07/Manifestation-contre-la-Guerre-a-Londres-15-Fev-2003-Credit-_-W.-M.-Connolley-768x448.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/07/Manifestation-contre-la-Guerre-a-Londres-15-Fev-2003-Credit-_-W.-M.-Connolley.webp 1200w" sizes="(max-width: 1100px) 100vw, 1100px" /><figcaption class="wp-element-caption">Manifestation contre la guerre à Londres &#8211; 15 fevr 2003</figcaption></figure>
</div>


<p>Le 15 février 2003 a eu lieu la mobilisation contre la guerre qui, à ce jour, reste la mobilisation record de l’histoire de l’humanité<sup data-fn="1c47b102-fca3-4b66-b80f-d46f6dea4498" class="fn"><a id="1c47b102-fca3-4b66-b80f-d46f6dea4498-link" href="#1c47b102-fca3-4b66-b80f-d46f6dea4498">6</a></sup>. Le New York Times déclare « qu’il existe désormais deux superpuissances sur la planète, les Etats-Unis et l’opinion publique mondiale ». Pour des millions, la vision raciste de la guerre de civilisation fut remplacée par celle d’une guerre entre l’impérialisme et les peuples du monde entier.</p>



<p>Il y a donc une différence essentielle de nature entre les millions de voix dans l’isoloir, les sondages au téléphone, les idées exprimées derrière un écran et les centaines de milliers de cet été, du 8 mars et du 22 mars. Les premier·es sont des individus atomisés, fragmentés. Les second sont une force collective susceptible d’agir et de donner à voir une autre réalité que celle présentée par les discours dominants.</p>



<p>Un des aspects qui a permis ce succès a été la décision prise par la France Insoumise mi-février d’en faire une échéance nationale et centrale après la nomination du gouvernement Bayrou. Au travers des interventions systématiques de ses député·es dans les médias, de l’audience de ses réseaux sociaux et aussi de la confiance ainsi donnée à ses soutiens, la participation de la France Insoumise à la mobilisation aux côtés de la Marche des Solidarités a joué un rôle déterminant dans le succès des manifestations.</p>



<p>On doit préciser la signification politique de ce soutien. Après les élections de l’été dernier, la France Insoumise avait participé à diffuser l’illusion institutionnelle (à la fois l’illusion de la possibilité d’un gouvernement «&nbsp;de gauche&nbsp;» et l’illusion de ce gouvernement comme une solution).</p>



<p>La nomination de Bayrou et de son gouvernement et l’échec de la censure, ont mis – temporairement &#8211;&nbsp; fin à la possibilité même de l’illusion ouvrant à la décision de faire appel à la rue.</p>



<p>La Marche des Solidarités et les collectifs de sans-papiers ont immédiatement réagi positivement. Ce ne sera pas le cas de toutes les forces impliquées.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Manifestations pas suffisantes : l’alliance avec la CGT</h2>



<p>Aussi essentielles soient-elles, les manifestations ne suffisent pas. C’est ce qu’a démontré le mouvement des retraites de 2023.</p>



<p>Au sein de la Marche des Solidarités nous avons toujours argumenté sur l’importance des syndicats. Parce que ce sont les principales organisations de masse. La CGT a 600&nbsp;000 membres. Mais surtout parce que leur organisation sur les lieux de travail donne un pouvoir que n’a aucun autre front. <strong>Imaginez ce qu’une grève des travailleurs et travailleuses dans l’aviation aurait comme pouvoir pour arrêter les expulsions, une grève de l’éducation pour le droit des jeunes mineurs, une grève des travailleurs du bâtiment pour la régularisation de leurs collègues sans-papiers…</strong></p>



<p>En octobre dernier, la CGT a demandé à rencontrer une délégation de la Marche des Solidarités pour proposer de participer à la mobilisation autour du 18 décembre (Journée Internationale des Migrant·es).</p>



<p>La CGT pensait alors que le gouvernement Barnier allait tenir quelque temps avec le soutien, temporaire, du RN. Dans ces conditions il ne pouvait exister la moindre marge de négociation sur le terrain du racisme et de la régularisation des sans-papiers. Y compris pour la CGT.</p>



<p>La CGT a indiqué alors vouloir organiser une vague de grèves pour les papiers au premier trimestre 2025. Cela nécessitait un rapport de force allant au-delà de la CGT ainsi que la nécessité de gagner le soutien d’une partie importante de l’opinion.</p>



<p>Pour la Marche des Solidarités restaient ouverts un certain nombre de débats sur les modalités de cette vague de lutte: Le mouvement de grève devait être ouvert au-delà des structures de la CGT. La discussion devait aussi porter sur l’implication dans la grève des travailleurs et travailleuses « avec » papiers.</p>



<p>Par ailleurs, la porte que pouvait ainsi ouvrir cette vague devait être poussée le plus largement possible. En même temps que les grèves pour la régularisation devaient se lancer d’autres formes de luttes permettant de relayer les revendications des jeunes mineurs isolé·es en lutte, la lutte dans les écoles, contre les centres de rétention, etc…</p>



<p>Mais décision fut prise au sein de la Marche de relever le défi et saisir l’opportunité.</p>



<p>C’est ainsi que fut décidée une coopération active entre la Marche et la CGT dans la mobilisation autour de la journée du 18 décembre puis du 22 mars.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’unité, moteur ou obstacle ?</h2>



<p>L’unité est toujours présentée comme quelque chose de positif à gauche. Il est évident que notre classe étant diverse, <strong>l’unité est absolument nécessaire pour gagner. A condition que cette unité soit claire sur ses objectifs et permette l’action commune.</strong></p>



<p>Officiellement, les manifestations du 22 mars ont été appelées par plusieurs cadres regroupant finalement presque tout ce que la gauche peut compter d’organisations syndicales, associatives et politiques.</p>



<p>Cette unité ne permet pas seulement de mettre en mouvement une multiplicité de réseaux et d’individus et de ressources diverses. Elle donne aussi confiance en propageant l’idée que, cette fois, ça pourrait compter.</p>



<p>Des mobilisations du 18 décembre au 22 mars, la Marche des Solidarités a défendu, en permanence, ce qui permettait cette unité la plus large.</p>



<p>Mais plus on avançait vers le 22 mars et plus la CGT et les organisations qui l’entouraient ont cherché à se différencier de l’appel unitaire&nbsp;: en décidant un appel spécifique puis une communication spécifique.</p>



<p>Dès janvier, lors d’une rencontre entre la CGT et la Marche, les représentant·es de la CGT ont commencé à être moins affirmatif·ves sur la perspective d’une vague de luttes.</p>



<p>La portée de cette différenciation est devenue claire quand la France Insoumise a décidé, mi-février, de s’impliquer dans la mobilisation pour le 22 mars.</p>



<p>Dès lors la CGT et la LDH, soutenues par des organisations comme SOS-Racisme ont, de fait, abandonné clairement tout effort pour mobiliser pour le 22 mars justifiant leur attentisme par la nécessité de clarifier les rapports avec la France Insoumise. D’abord prétextant les volontés hégémoniques de la FI. Puis, utilisant la polémique autour de l’affiche contre Hanouna pour la dénoncer et refuser toute mobilisation commune.</p>



<p>Il faut donc le dire&nbsp;: officiellement la mobilisation est apparue comme regroupant un large spectre d’organisations. Elle a pu être vécue de cette manière dans de nombreux milieux et structures locales des organisations, donnant la confiance de se mobiliser, de prendre des initiatives de convergence, etc.&nbsp;</p>



<p>Dans la réalité un certain nombre de forces (je parle là des directions nationales, celles notamment de la CGT et de la LDH) n’ont construit que marginalement la mobilisation concrète<sup data-fn="2dcd4711-322a-4246-800e-78fdbc6cc7b0" class="fn"><a id="2dcd4711-322a-4246-800e-78fdbc6cc7b0-link" href="#2dcd4711-322a-4246-800e-78fdbc6cc7b0">7</a></sup>. Par certains aspects, elles ont mis des obstacles à cette mobilisation.</p>



<p>Cela ne nous amène pas à remettre en question la nécessité de l’unité et de l’implication des syndicats. Au contraire, nous en déduisons que la mobilisation aurait pu être encore plus puissante. Et que nous devons comprendre ce qui s’est joué pour pouvoir le dépasser.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Pourquoi ce changement de la CGT ?</h2>



<p>La chute du gouvernement Barnier et les conditions de nomination du gouvernement Bayrou ont mis en lumière deux stratégies différentes à gauche qui ont des conséquences immédiates sur la lutte contre le racisme et en solidarité avec les migrants.</p>



<p>La France Insoumise en a conclu qu’il n’y avait plus – temporairement – de débouché institutionnel. Et que la politique de Macron et Bayrou ouvrait directement la voie au RN. La France Insoumise en a déduit qu’une alternative de gauche ne pouvait se construire (y compris électoralement) que sur la base d’une polarisation claire contre le racisme.</p>



<p>Pour la direction de la CGT, convergeant avec la LDH, SOS-Racisme… et le PS ou le PCF, la chute du gouvernement Barnier, par le Rassemblement National, a réactivé la politique du moindre mal qui était présente derrière les appels au vote pour Macron lors des dernières présidentielles ou les appels à voter pour les candidats de droite au second tour des législatives de cet été. Ces candidats, comme Darmanin, élus avec les voix de la gauche… pour faire aujourd’hui la politique du RN. Dans cette perspective, garantir la possibilité d’un nouveau front républicain avec une partie de la droite contre le RN, exige de mettre la pédale douce sur une possible polarisation anti-raciste et antifasciste.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Quelles suites/pistes</h2>



<ol class="wp-block-list">
<li>Tout, dans la politique de Retailleau, confirme qu’il n’y a pas de marge de négociation avec ce pouvoir. Que le seul langage qu’il peut entendre, la seule possibilité d’obtenir le moindre résultat, repose sur la confrontation et le rapport de forces.</li>



<li>Il est évident que le recul de la direction de la CGT a changé les possibilités ouvertes dans l’immédiat d’une lutte frontale contre le pouvoir. Sa position pourrait à nouveau changer. Mais nous ne devons pas attendre et en dépendre. Il faut que des syndicalistes s’engagent, argumentent pour entraîner leurs sections, se coordonnent dès maintenant.</li>



<li>Nous devons favoriser le développement d’organisations locales liées à la Marche des Solidarités, ville après ville, quartier après quartier, collectifs de sans-papiers, collectifs de quartiers. C’est notamment essentiel pour riposter contre les tentatives d’expulsion, pour défendre les mosquées, pour empêcher les fascistes de s’implanter…</li>



<li>La coopération entre la France Insoumise et la Marche des Solidarités ne s’est pas arrêtée au 22 mars. Elle s’est poursuivie de manière positive dans la riposte à la tentative du RN de mobiliser ses troupes dans la rue le 6 avril en réaction à la condamnation de Marine Le Pen. Elle s’est aussi poursuivie dans la préparation des manifestations contre l’islamophobie du 11 mai. Cette coopération doit continuer tout en ouvrant aussi des débats.</li>



<li>Si un mouvement d’ensemble, une vague de luttes n’est pas immédiatement possible, cela ne signifie pas que nous devons nous contenter de développer nos organisations. Des initiatives doivent être prises pour cristalliser, y compris de manière partielle et limitée, la confrontation avec le pouvoir et obtenir des résultats concrets.</li>
</ol>



<h5 class="wp-block-heading">Denis Godard (Paris 20)</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="19ff29c2-937a-422c-a1ae-919ee41824d5">Il est important de spécifier d’où je parle. Je parle ici en tant que membre d’A2C sur la base de l’expérience de ma participation dans la mobilisation avec la Marche des Solidarités <a href="#19ff29c2-937a-422c-a1ae-919ee41824d5-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li><li id="1c5fb626-1b4e-4d95-8807-4d10f995eb24">Bien sûr ce succès est relatif si on considère les enjeux. Certains le relativisent. De manière intéressante quand nous n’étions que quelques milliers les autres années… ils et elles n’éprouvaient pas le besoin d’en parler ! <a href="#1c5fb626-1b4e-4d95-8807-4d10f995eb24-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2">↩︎</a></li><li id="40736bca-4af1-49e1-a13e-6963c6a7d2c2">Le racisme a, dès l’origine, été construit pour justifier l’esclavage puis le colonialisme lors du développement du capitalisme. C’est, historiquement, qu’il est devenu structurel. <a href="#40736bca-4af1-49e1-a13e-6963c6a7d2c2-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3">↩︎</a></li><li id="8f1dbb7c-4e87-4496-abed-968a8b54ae3a">Commission nationale consultative des droits de l’homme. Voir sur le site de la CNCDH (cncdh.fr) <a href="#8f1dbb7c-4e87-4496-abed-968a8b54ae3a-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4">↩︎</a></li><li id="ce61352e-02fa-4dec-9fbb-a619549efbc8">La contradiction persiste avec le chiffre précédent même si ce chiffre est, lui, en recul de 5% en un an (exprimant ainsi une dynamique qui va dans le même sens). <a href="#ce61352e-02fa-4dec-9fbb-a619549efbc8-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5">↩︎</a></li><li id="1c47b102-fca3-4b66-b80f-d46f6dea4498">Avec des manifestations de masse sur tous les continents : https://lanticapitaliste.org/opinions/histoire/15-fevrier-2003-la-plus-grande-manifestation-de-lhistoire <a href="#1c47b102-fca3-4b66-b80f-d46f6dea4498-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6">↩︎</a></li><li id="2dcd4711-322a-4246-800e-78fdbc6cc7b0">Cela s’est traduit d’ailleurs par la taille de certains cortèges dans la manifestation parisienne : celui de la CGT – limité aux sans-papiers – étant même plus faible que le 14 décembre. <a href="#2dcd4711-322a-4246-800e-78fdbc6cc7b0-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 7">↩︎</a></li></ol><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/apres-les-manifestations-du-22-mars-quelle-strategie-contre-le-racisme/">Après les manifestations du 22 mars, quelle stratégie contre le racisme ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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		<title>Grèves : c’est reparti ?</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/greves-cest-reparti/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Vic]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 07 Jan 2025 12:54:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[Grève]]></category>
		<category><![CDATA[Lutte]]></category>
		<category><![CDATA[syndicalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Syndicats]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">«&#160;L’absence actuelle de perspectives «&#160;par en haut&#160;» due au blocage parlementaire sera favorable aux initiatives «&#160;par en bas&#160;». Des luttes vont avoir lieu qui seront autant d’opportunités pour développer des sections syndicales de combat et <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/greves-cest-reparti/" title="Grèves : c’est reparti ?">[...]</a></div>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>«&nbsp;L’absence actuelle de perspectives «&nbsp;par en haut&nbsp;» due au blocage parlementaire sera favorable aux initiatives «&nbsp;par en bas&nbsp;». Des luttes vont avoir lieu qui seront autant d’opportunités pour développer des sections syndicales de combat et des organisations de base.&nbsp;»</p>



<p>C’est l’hypothèse que nous avions faite cet été après la séquence électorale. Les analyses ne valent et ne donnent une boussole que si elles sont confirmées par les faits.</p>



<p>Est-ce le cas&nbsp;?</p>



<p>La seule chose qu’on peut dire c’est que cette hypothèse n’est pas invalidée par les faits.</p>



<p>Il n’existe pas de données globales sur le niveau et les caractéristiques des grèves en instantané. Les seules données administratives (celles de la DARES), par ailleurs limitées, n’apparaissent qu’avec un délai de deux ans (nous disposons actuellement des chiffres pour 2022).&nbsp;</p>



<p>Les seules organisations qui auraient un réseau d’implantation suffisant pour produire ce type de données (les syndicats) ne le font pas.&nbsp;</p>



<p>La seule base dont nous pouvons disposer est de recenser – sur internet – des articles de presse de journaux locaux. Mais il faudrait qu’elle soit systématique sur la multiplicité des sources et surtout sur la durée. Est-ce que le nombre de grèves locales actuelles est plus important qu’il y a deux mois, un an&nbsp;?</p>



<p>Néanmoins ce qu’on peut en tirer&nbsp;:</p>



<ol class="wp-block-list">
<li>Les analyses dominantes – notamment à gauche – sur la faiblesse du mouvement social venant expliquer les offensives du pouvoir, la montée de l’extrême droite etc., sont plus des prétextes que la réalité. Il suffit de taper « grève » et l’onglet « actualités » sur google pour voir défiler des exemples de grèves.</li>
</ol>



<ol start="2" class="wp-block-list">
<li>Jusqu’à la mi-décembre ces grèves sont très localisées et touchent – pour la quasi-totalité – un seul établissement.</li>
</ol>



<ol start="3" class="wp-block-list">
<li>Il ne semble pas que ce soit l’étiquette syndicale qui compte. A Décathlon c’est la CFDT qui lance un processus de grève, idem à Vannes dans les bus ou à l’usine Oxymontage dans le Finistère. C’est FO pour les cantines scolaires à St Denis, la CGT à l’usine métallurgique de Fives Cryo en Lorraine ou au Centre de gérontologie de La Rochelle. Là où plusieurs syndicats existent c’est l’intersyndicale qui est impliquée.</li>
</ol>



<ol start="4" class="wp-block-list">
<li>Tous les secteurs et territoires, public comme privé, sont touchés. Cela est lié aux thématiques de grèves dont la nature est économique : salaires, conditions de travail et refus des licenciements. A Mandelieu-la-Napoule et Théoule-sur-Mer en PACA une filiale de Véolia est en grève illimitée depuis le 29 novembre. A Evry-Courcouronnes le Lycée Georges Brassens s’est mis en grève pour obtenir des embauches. Depuis le 1<sup>er</sup> octobre les sapeurs-pompiers du Rhône sont en grève illimitée sur la question des effectifs. L’Institut de cancérologie (Angers et St Herblain) s’est mis en grève le 27 novembre sur les salaires et conditions de travail.</li>
</ol>



<ol start="5" class="wp-block-list">
<li>Il y a cependant des secteurs où les mobilisations sont aussi liées à des aspects généraux :</li>
</ol>



<ul class="wp-block-list">
<li>Restructurations et suppressions massives de postes dans les secteurs de l’automobile et de la distribution.</li>



<li>Conséquences différées des processus d’ouverture à la concurrence dans le secteur des transports régionaux. Les grèves sont multiples sur tout le territoire sur les lignes de bus par exemple : réseau Cap-Cotentin (Manche) le 28 novembre, Moulins (préavis pour le 6 décembre), Laval les 28 et 20 novembre, plusieurs lignes en Loire-Atlantique fin novembre, préavis pour décembre à Vannes, plusieurs semaines à Cergy et Conflans. Ca peut être le cas aussi pour le secteur de la santé.</li>



<li>Effets des coupes dans les budgets des régions. Les agent·es du Conseil départemental de la Haute-Garonne étaient en grève le 26 novembre et ceux et celles des Missions locales des Pays de Loire le 28.</li>
</ul>



<p>Ce climat a sans doute joué un rôle dans l’appel à des mobilisations plus globales par les directions des syndicats.</p>



<p>Le 3 décembre les agent·es de l’Assurance Maladie seront en grève. Le 5 décembre les syndicats de la Fonction publique, l’éducation et l’énergie appellent à une journée de grève. Le 11 décembre les syndicats des cheminots appellent au démarrage d’une grève illimitée. Et le 12 décembre la CGT, par la voix de Sophie Binet, a appelé les salarié·es (du privé) à une journée de grèves et d’occupations contre les plans de licenciement et pour l’emploi.</p>



<p></p>
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		<title>Le pouvoir est à la rue !</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/le-pouvoir-est-a-la-rue/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Vic]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 07 Jan 2025 12:11:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[Grève]]></category>
		<category><![CDATA[Retraites]]></category>
		<category><![CDATA[Salaires]]></category>
		<category><![CDATA[syndicalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Syndicats]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Les Cahiers d&#8217;A2C #15 &#8211; décembre 2024 Dockers, fonctionnaires, cheminot.es, travailleurs et travailleuses du privé, les grèves de ce mois de décembre montrent que la conflictualité sociale n’est pas enterrée.&#160; C’est une nouvelle preuve que <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/le-pouvoir-est-a-la-rue/" title="Le pouvoir est à la rue !">[...]</a></div>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #15 &#8211; décembre 2024</h6>



<p>Dockers, fonctionnaires, cheminot.es, travailleurs et travailleuses du privé, les grèves de ce mois de décembre montrent que la conflictualité sociale n’est pas enterrée.&nbsp;</p>



<p>C’est une nouvelle preuve que Macron n’a pas réussi à utiliser le passage en force de la réforme des retraites pour briser le mouvement social et notamment les syndicats.</p>



<p>Mais alors que la crise politique «&nbsp;par en haut&nbsp;» s’accélère à nouveau, il est plus qu’urgent de tirer le bilan de l’expérience et de l’échec du mouvement des retraites pour que cette conflictualité fasse émerger les formes d’auto-organisation et de direction alternative qui ont manqué en 2023.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Pourquoi avons-nous échoué&nbsp;?</h2>



<p>On parle d’un mouvement de masse. Deux tiers de l’opinion était opposée à la réforme. De janvier à juin, 14 journées massives de manifestation ont réuni, pour la plupart, de 2 à 3 millions de personnes dans la rue. Cela s’est accompagné de grèves.&nbsp;</p>



<p>L’unité syndicale, incarnée par la création de l’Intersyndicale, a joué un rôle dans l’impulsion de départ pour susciter un large mouvement. Mais la légitimité tirée comme direction du mouvement a aussi eu un prix à payer. Rappelons-nous que le mouvement a été dominé de bout en bout pas la stratégie institutionnelle des directions syndicales.</p>



<p>Tant dans ses formes que dans ses revendications le mouvement a été construit non comme un antagoniste au pouvoir mais comme un moyen de pression sur l’Assemblée nationale. Les directions syndicales ont tablé sur la création d’un mouvement d’expression massif de l’opposition à la réforme plus que sur un mouvement de lutte. D’où la succession de journées nationales de manifestation calées sur le calendrier parlementaire, puis celui du Conseil constitutionnel. Ce n’était finalement pas en tant que travailleurs ou travailleuses que nous étions appelé.es à nous mobiliser mais en tant qu’électeurs et électrices.</p>



<p>D’où le refus d’organiser un «&nbsp;blocage du pays&nbsp;» et de construire un mouvement de grève générale.</p>



<p>D’où aussi la limitation du mouvement à la seule question de la réforme elle-même. Alors que Darmanin préparait sa loi ouvrant la voie au RN. Alors que les 30 000 manifestants de Ste Soline montraient la disponibilité pour une généralisation politique dans l’affrontement avec le pouvoir. Alors que la participation impressionnante à la grève féministe le 8 mars démontrait que l’unité de notre classe se construit aussi sur d’autre terrains que la lutte strictement économique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une raison objective</h2>



<p>Un courant comme Révolution Permanente a fait de la politique des directions syndicales l’argument central, si ce n’est unique, de l’échec du mouvement. Assez logiquement il en a déduit qu’il fallait construire une direction alternative et se concentre largement depuis sur la construction DU parti.</p>



<p>La plupart des courants de la gauche radicale – comme le NPA &#8211; ont adopté la position opposée en refusant de critiquer la politique des directions syndicales sous prétexte qu’il n’existait pas d’alternative. La responsabilité de l’échec était mise alors sur le supposé manque de combativité de notre classe et l’analyse générale de la période comme produit d’un rapport de forces dégradé.</p>



<p>Cette analyse s’appuie sur des faits objectifs dont beaucoup d’entre nous ont fait l’expérience au sein du mouvement&nbsp;: la faiblesse – pour dire le moins &#8211; de structures d’auto-organisation jusque dans les secteurs en lutte. Cette absence a été reliée aux résultats d’études montrant la faiblesse et l’hétérogénéité des implantations syndicales et, surtout, le recul, au sein des sections syndicales de traditions de mobilisation active pour la lutte.</p>



<p>Mais ces deux analyses partagent le même défaut&nbsp;: une vision figée de la lutte de classe et l’idée que les solutions politiques viennent de l’extérieur. C’est ce qui explique sans doute que des personnalités proches de ces deux courants ont sont arrivées à défendre cet automne, dans une tribune initiée notamment par Frédéric Lordon et Stathis Kouvélakis, que les député.es NFP devaient voter une proposition du RN pour abroger la réforme des retraites.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Articuler critique et réponse concrète</h2>



<p>L’argument du manque d’alternative est un raisonnement qui s’auto-entretient&nbsp;: puisqu’on n’a pas fait ce qu’il fallait, continuons comme ça et la prochaine fois nous serons dans la même situation&nbsp;(et nous pourrons à nouveau utiliser les mêmes arguments ) !</p>



<p>Pourtant le mouvement des retraites a démontré qu’il fournissait lui-même les ingrédients pour dépasser ses faiblesses. Pour la première fois depuis des années les syndicats ont inversé la tendance à la diminution de leurs effectifs. Plusieurs dizaines de milliers de travailleurs et travailleuses ont rejoint la CFDT et la CGT. Des liens se sont renforcés avec le mouvement féministe. Pendant plusieurs mois les Soulèvements de la terre ont mobilisé des dizaines de milliers de personnes. Les révoltes qui ont suivi l’assassinat de Nahel ont montré la capacité de colère dans la jeunesse des quartiers. Après le 7 octobre le mouvement de solidarité avec la Palestine a démontré la capacité de radicalisation dans la jeunesse.</p>



<p>Si on arrête de penser la lutte de classe comme la succession de moments déconnectés les uns des autres mais comme un processus, la question ne devient plus&nbsp;: «&nbsp;était-il possible de gagner ou pas&nbsp;?&nbsp;» résumée en «&nbsp;existait-il une alternative aux directions syndicales ou pas&nbsp;?&nbsp;» Mais plutôt&nbsp;: existait-il la possibilité de commencer à la construire&nbsp;?</p>



<p>La croissance des effectifs syndicaux, les tentatives de certains secteurs pour lancer un mouvement de grève reconductible, la disponibilité d’activistes pour aller soutenir les piquets de grève des éboueurs ou des raffineries, les manifestations sauvages qui ont suivi le passage en force de la loi, la popularité du slogan «&nbsp;et nous, aussi, on va passer en force&nbsp;», tout cela a témoigné que des dizaines de milliers de jeunes et de travailleuses et travailleurs étaient en position de construire une autre stratégie.</p>



<p>Cela démontre la nécessité de regrouper ces activistes sur une base qui articule la critique de la politique des directions politiques et syndicales avec les initiatives concrètes pour construire les formes d’organisation de base, les formes d’auto-organisation dans les lieux de travail, les facs, les quartiers. Qui articulent la lutte politique, contre le racisme, contre le sexisme et la transphobie, contre le colonialisme et le fascisme avec la lutte économique. Parce que l’unité et la solidarité de classe, conditions nécessaires à l’affrontement avec le pouvoir ne peuvent se construire que par la solidarité de classe concrète. Qui montrent donc que c’est possible et rendent concrète l’alternative.</p>



<h2 class="wp-block-heading">C’est maintenant</h2>



<p>Il est bien sûr impossible de dire à l’avance comment va évoluer le mouvement de conflictualité sociale.</p>



<p>Ce qui est par contre sûr c’est que c’est là que se trouve le terrain des solutions et pas dans les manœuvres tablant sur les solutions institutionnelles pour aboutir à un gouvernement plus ou moins «&nbsp;de gauche&nbsp;».</p>



<p>Car il ne s’agit pas uniquement des grèves. Un des effets de cette situation – et sans doute une des conséquences du mouvement de 2023 – est que les syndicats &#8211; pour le meilleur et pour le pire – ont aussi joué ouvertement le rôle de direction politique. Cela s’est notamment traduit dans le rôle joué par la direction de la CGT lors de la séquence électorale qui a suivi la dissolution. Mais aussi dans sa volonté, selon ses propres termes – d’organiser la confrontation avec le pouvoir pour lutter contre la politique anti-migrant.es.</p>



<p>Le bilan du mouvement des retraites nous donne donc une feuille de route. Chaque grève locale, aussi limités soient ses objectifs, est le terrain sur lequel peuvent se construire/reconstruire à la fois l’organisation de lutte de base et la tradition de mobilisation active. Chaque mouvement de grève plus global favorise les liens, avec d’autres secteurs, avec la mobilisation de quartier, etc. L’appel syndical à participer aux mobilisations contre le racisme, contre le sexisme etc. n’est certainement pas une garantie de la politique qu’y joueront les directions. Mais elle est la porte ouverte pour construire, au sein des syndicats, le combat pour l’unité de classe, développer les liens entre organisations sur les lieux de travail et organisation sur les quartiers.</p>



<p>Ce ne sont pas des injonctions de l’extérieur qui permettront d’avancer dans ce sens mais l’intervention active et concrète de chacun.e dans son lieu de travail, dans son quartier et la coordination de ces expériences. C’est au travers de cette intervention que doit se développer une organisation des révolutionnaires. Non comme direction du mouvement mais comme outil nécessaire pour la faire émerger, dans le mouvement et pour le mouvement.</p>



<h5 class="wp-block-heading">Denis Godard (Paris 20)</h5>
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		<title>Pas de JO sans papiers : empêchons Darmanin de faire sa loi !</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/pas-de-jo-sans-papiers-empechons-darmanin-de-faire-sa-loi/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jakubowski]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 05 Dec 2023 07:19:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[Darmanin]]></category>
		<category><![CDATA[Grève]]></category>
		<category><![CDATA[Immigration]]></category>
		<category><![CDATA[JO]]></category>
		<category><![CDATA[Régularisation]]></category>
		<category><![CDATA[Sans-papiers]]></category>
		<category><![CDATA[Syndicats]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Ce mardi 17&#160;octobre, le jour commence seulement à se lever sur la Porte de La Chapelle au nord de Paris. En plusieurs vagues, une centaine de sans-papiers et une cinquantaine de soutiens réussissent à entrer <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/pas-de-jo-sans-papiers-empechons-darmanin-de-faire-sa-loi/" title="Pas de JO sans papiers : empêchons Darmanin de faire sa loi !">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p style="font-style:normal;font-weight:600">Ce mardi 17&nbsp;octobre, le jour commence seulement à se lever sur la Porte de La Chapelle au nord de Paris. En plusieurs vagues, une centaine de sans-papiers et une cinquantaine de soutiens réussissent à entrer sur un des plus gros chantiers des jeux Olympiques à l’heure de l’embauche, le chantier de l’Arena. Il s’agit d’une grève de travailleurs sans-papiers des chantiers.</p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #10 &#8211; Novembre 2023</h6>



<p class="has-drop-cap"><strong>L</strong>e donneur d’ordre de ce chantier, Bouygues, est tout de suite en panique. À la porte, la direction du chantier ordonne de renvoyer tous les travailleurs des entreprises sous-traitantes qui constituent la main-d’œuvre.</p>



<p>Seuls restent les membres de l’encadrement. Parmi ceux-là, aucun sans-papiers… et principalement des blancs, ce qui permet à Bouygues, et au pouvoir, de ­prétendre qu’il n’y a pas de sans-papiers sur ses chantiers.</p>



<p>Le chantier est mis à l’arrêt. Au même moment, une trentaine de piquets de grève de sans-papiers, organisés par la CGT démarrent sur toute la région parisienne essentiellement dans des boîtes d’intérim concernant des entreprises de multiples secteurs.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une victoire éclair</h2>



<p>Dans les médias, ce mardi 17&nbsp;octobre, circule l’annonce d’une « vague de grèves » de sans-papiers. L’occupation d’un chantier des JO y devient emblématique.&nbsp;</p>



<p>Les négociations démarrent très rapidement avec la direction et la mairie de Paris. Bouygues convoque alors les dirigeants des sous-traitants concernés pour les sommer de signer un protocole d’accord.</p>



<p>La victoire est — presque — totale<sup data-fn="87f65262-acc6-4ccd-912f-387afe97cff9" class="fn"><a href="#87f65262-acc6-4ccd-912f-387afe97cff9" id="87f65262-acc6-4ccd-912f-387afe97cff9-link">1</a></sup>, les grévistes obtiennent les documents qui reconnaissent qu’ils sont des travailleurs salariés sur les chantiers de Bouygues et qui ouvrent à régularisation. Ceux qui ont été licenciés durant la préparation de l’action ou dont l’embauche n’a pas été renouvelée sont réintégrés. Ceux qui bossent chez les sous-traitants, en majorité des sans-papiers, ont trois mois pour se signaler à un syndicat et être intégrés à l’accord.</p>



<p>Dans la soirée les occupants du chantier sortent en cortège sous les ovations de plusieurs centaines de manifestant·es qui se sont rassemblé·es devant le chantier dès la fin de l’après-midi.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une longue préparation&nbsp;</h2>



<p>L’idée de cette action remonte à loin : plus d’un an auparavant, au sein de la Marche des solidarités avec les collectifs de sans-papiers. Pour « accompagner » le versant ultra-répressif et raciste de son projet de loi, Darmanin a parlé de régularisations dans ce qu’il appelle des « métiers en tension ». Cette « carotte » qui continue, encore aujourd’hui, de fonctionner jusque dans la gauche et les syndicats, crée alors des illusions parmi les sans-papiers. Ça se comprend. L’espoir de toute régularisation est un levier puissant pour les sans-droits absolus qu’ils sont.</p>



<p>Il faut beaucoup de discussions pour démontrer que cette « carotte », par ailleurs dérisoire en nombre de régularisations annoncées, n’en est même pas une. Il n’y a pas besoin de nouvelle loi pour régulariser des sans-papiers, quel que soit le secteur concerné. En réalité, derrière ce projet il s’agit de rendre encore plus précaire le titre de séjour lié au travail. Et, plus généralement, sur le dos des immigré·es, il s’agit de faire entrer dans le droit, des conditions de travail et de salaire encore plus dégradées. Dans la même logique que les heures d’activité imposées aux allocataires du RSA ou l’obligation d’accepter un contrat au rabais pour les chômeurs et chômeuses. Raison pour laquelle nous dénonçons le terme « métiers en tension » : il s’agit en réalité de « métiers de haute exploitation ».</p>



<p>Alors naît l’idée d’une grève sur les chantiers des JO. Nous sommes dans la période des polémiques sur les milliers de travailleurs migrants morts sur les chantiers au Qatar.</p>



<p>L’idée est simple. Une grève de sans-papiers, si elle est bien organisée, bien soutenue, révèlerait tellement l’hypocrisie du pouvoir et menacerait tellement la vitrine des JO, qu’elle pourrait gagner très rapidement. Et ce serait une triple victoire. Victoire pour les sans-papiers concernés, dans une période où les régularisations sont de plus en plus difficiles. Brèche ouverte pour obtenir d’autres régularisations. Enfin victoire contre les arguments utilisés par Darmanin : pas besoin d’une nouvelle loi pour régulariser les sans-papiers. Comme nous l’écrirons dans le communiqué de la Marche des solidarités un an plus tard, le roi serait nu.</p>



<p>Entre une idée et sa réalisation il y a… la réalité. Ce ne sont pas les idées qui changent le monde, c’est l’action. Mais la volonté d’agir est déjà riche d’enseignements. En l’occurrence sur la réalité des sans-papiers. Si la grève comme mode d’action est difficile pour tous les travailleurs et travailleuses, elle l’est plus encore pour les sans-papiers. À la perte du salaire, la menace d’être placardisé comme « fouteur de merde », s’ajoute tout simplement le risque de perdre son emploi, tout revenu voire même s’ajoute le risque d’une expulsion. La plupart des sans-papiers travaillent masqués non seulement vis-à-vis des patrons, de leurs collègues mais aussi… des autres sans-papiers.</p>



<h2 class="wp-block-heading">De la volonté d’agir à l’action</h2>



<p>Au sein des collectifs, l’objectif de trouver des travailleurs sur les chantiers piétinne. D’autant que la bagarre commence pour mobiliser contre la loi Darmanin. En plus, va débuter la bataille sur les retraites qui, pour la Marche des solidarités et les collectifs de sans-papiers, est aussi notre bataille. Et que, hélas, elle nécessite aussi une bataille contre les directions syndicales et la plupart des forces de gauche pour imposer l’idée que la lutte sur les retraites ne doit pas être dissociée de la lutte contre le racisme et contre le projet de loi Darmanin.</p>



<p>C’est finalement le collectif des Gilets noirs avec le soutien du syndicat CNT-SO qui va trouver la stratégie qui rouvre les possibilités. Les Gilets noirs organisent avant l’été des diffusions de tracts syndicaux à la sortie de plusieurs chantiers invitant à des permanences syndicales. Le contact commence à se développer avec des sans-papiers sur les chantiers. Devant l’ampleur de la tâche les Gilets noirs font appel aux autres collectifs de sans-papiers et à la Marche des solidarités. Le temps presse, car les premiers sans-papiers qui commencent à s’organiser sont très vite sous pression. Certains se font virer ou ne voient pas leurs missions renouvelées chez les sous-traitants qui les emploient. Et les chantiers avancent, il va falloir agir.</p>



<p>Sans que ce soit public, la décision est prise lors d’une réunion de la Marche dès la mi-septembre que nous lancerons la grève mi-octobre, quel que soit le nombre de sans-papiers grévistes. Cela donne plusieurs semaines, avec la détermination que donne la décision d’agir, pour augmenter le nombre de sans-papiers concernés directement par la grève, impliquer plus largement les collectifs de sans-papiers et élargir la mobilisation de soutien.</p>



<p>Sur la base du travail fait pendant le mouvement des retraites, le succès de la « marche des Tirailleurs » du 14&nbsp;Juillet, de la commémoration de Saint-Bernard le 26 août, la Marche appelle à une assemblée publique le 2&nbsp;octobre en annonçant une « assemblée d’action ». Le cœur de cette assemblée sera de lier préparation de la grève (dont le projet devient public mais pas les détails) et lutte contre le projet de loi Darmanin.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des assemblée d’organisation massives</h2>



<p>Nous savons aussi que depuis des mois la CGT prépare des piquets de grève de sans-papiers. Et même si elle les organise sur des bases très identitaires (refus de toute coopération avec d’autres forces ou syndicats) nous considérons que cela est très positif. Il s’avèrera de plus que, sans concertation aucune, la date choisie est la même : tant mieux ! L’image donnée publiquement sera bien meilleure (et plus saine !) que les intérêts boutiquiers des directions syndicales.</p>



<p>L’assemblée accélère la dynamique tout en montrant le potentiel qui existe : 300&nbsp;personnes remplissent la salle de la Bourse du travail le 2&nbsp;octobre. Chaque lundi à partir de cette date, les réunions de la Marche des solidarités ne désemplissent plus avec une centaine de participant·es. Des réseaux s’ajoutent à la dynamique : syndicalistes, Soulèvements de la Terre, féministes…</p>



<p>C’est ce qui aboutira au succès du 17&nbsp;octobre. C’est aussi ce qui oeuvre à accélérer la dynamique contre la loi Darmanin. Car le 17&nbsp;octobre est un début de bascule à développer activement. La lutte des sans-papiers, la lutte contre le racisme peut chambouler un champ public jusque-là dominé par la surenchère raciste, relayée complaisamment par les médias, entre le pouvoir, la droite et les fascistes. Modifiant potentiellement le terrain sur lequel se mènent les débats. Des étranger·es comme menace à l’immigration comme partie prenante de notre société, du nationalisme à la solidarité internationale, du racisme à la solidarité.</p>



<p>Confirmer ce basculement, en faire un mouvement de lutte de masse, est la condition pour gagner contre Darmanin, le racisme décomplexé qui gangrène toute notre société et briser les fascistes.</p>



<h5 class="wp-block-heading">Denis Godard (Paris 20<sup>e</sup>)</h5>



<figure class="wp-block-image size-large wp-duotone-unset-1"><img data-dominant-color="5c565a" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #5c565a;" decoding="async" width="1100" height="733" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/12/A2C_RevueN10_JO_Illustr1-1100x733.webp" alt="" class="wp-image-8088 not-transparent" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/12/A2C_RevueN10_JO_Illustr1-1100x733.webp 1100w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/12/A2C_RevueN10_JO_Illustr1-300x200.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/12/A2C_RevueN10_JO_Illustr1-768x512.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/12/A2C_RevueN10_JO_Illustr1-jpg.webp 1200w" sizes="(max-width: 1100px) 100vw, 1100px" /></figure>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-dots"/>



<h6 class="wp-block-heading">NOTES</h6>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="87f65262-acc6-4ccd-912f-387afe97cff9">La mairie de Paris s’est engagée à faire pression sur la préfecture pour ouvrir un guichet unique pour les grévistes. Mais il n’y a pas à ce jour d’engagement de la préfecture. <a href="#87f65262-acc6-4ccd-912f-387afe97cff9-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li></ol><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/pas-de-jo-sans-papiers-empechons-darmanin-de-faire-sa-loi/">Pas de JO sans papiers : empêchons Darmanin de faire sa loi !</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Mouvement contre la réforme des retraites à Rennes : l’auto-organisation comme boussole</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/mouvement-contre-la-reforme-des-retraites-a-rennes-lauto-organisation-comme-boussole/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jakubowski]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 26 Nov 2023 23:26:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[Autonomie]]></category>
		<category><![CDATA[Blocages]]></category>
		<category><![CDATA[Classe]]></category>
		<category><![CDATA[Grève]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Fin septembre 2023, l’antenne A2C de Rennes a organisé une discussion politique ouverte sur la question d’un bilan local du mouvement des retraites. Nous avons voulu rendre compte des différentes pistes de réflexions qui ont <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/mouvement-contre-la-reforme-des-retraites-a-rennes-lauto-organisation-comme-boussole/" title="Mouvement contre la réforme des retraites à Rennes : l’auto-organisation comme boussole">[...]</a></div>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/mouvement-contre-la-reforme-des-retraites-a-rennes-lauto-organisation-comme-boussole/">Mouvement contre la réforme des retraites à Rennes : l’auto-organisation comme boussole</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p style="font-style:normal;font-weight:600">Fin septembre 2023, l’antenne A2C de Rennes a organisé une discussion politique ouverte sur la question d’un bilan local du mouvement des retraites. Nous avons voulu rendre compte des différentes pistes de réflexions qui ont émergé ce soir-là, continuer à ouvrir le débat et à le faire vivre, mais aussi et surtout pour inviter toutes les personnes qui le souhaitent à nourrir ce bilan, et&nbsp;ainsi continuer à renforcer nos liens et à s’organiser à Rennes.</p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #10 &#8211; Novembre 2023</h6>



<p class="has-drop-cap"><strong>F</strong>aire le bilan local de ce mouvement n’est pas une chose aisée car il en a sans aucun doute émerveillé et surpris beaucoup, en premier lieu celles et ceux qui y ont participé. Dans ce texte, nous avons fait le choix d’axer notre bilan sur la question de l’auto-organisation, avec ses implications à la fois stratégiques et pratiques. En effet, en tant que révolutionnaires, nous ne cherchions pas seulement à gagner contre la réforme. Nous cherchions également à convaincre le plus grand nombre que nous pouvons aller plus loin et changer les choses entièrement, que nous sommes les plus à même de gérer nos affaires communes. Une des armes pour cela est l’expérience collective de s’organiser ensemble et de décider pour nous-mêmes, autrement dit l’auto-organisation. Nous pensons donc qu’il était nécessaire d’argumenter dans cette perspective et de tenter d’organiser le mouvement dans cette direction.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une chronologie rennaise du mouvement</h2>



<p>Au cours des six mois de mobilisation, plusieurs modalités d’action ont émergé à Rennes, chacune avec ses spécificités :</p>



<p>1/ Du 19&nbsp;janvier au 6&nbsp;juin 2023, 14&nbsp;journées de grève et de manifestations intersyndicales ont rassemblé entre 15 000 et 40 000 personnes avec des syndicats, des lycéen·nes, des groupes autonomes, des collectifs féministes, antiracistes, et des personnes non organisées. Les grèves ont été très suivies par les secteurs publics habituellement mobilisés (Éducation nationale, SNCF) mais aussi par des secteurs moins attendus comme la culture.&nbsp;</p>



<p>2/ Dès janvier, des blocages et barrages filtrants des axes routiers sont organisés aux quatre coins de Rennes. Le but : bloquer l’économie, freiner la production en empêchant les travailleur·euses de rejoindre leur lieu de travail. En mars, ils prennent le nom d’actions « ville morte » et deviennent quasi hebdomadaires.&nbsp;</p>



<p>3/ Dès février, d’autres lieux considérés comme stratégiques sont aussi bloqués : l’université de Rennes&nbsp;2, certains lycées, des centres de collecte des déchets. Des travailleur·euses, étudiant·es, chômeur·euses se coordonnent avec les éboueur·euses pour bloquer la sortie des camions bennes durant 15&nbsp;jours.&nbsp;</p>



<p>4/ Le 11&nbsp;mars, c’est l’ouverture de La Maison du Peuple (MDP) dans l’ancien cinéma Arvor : cet espace a pour vocation de favoriser l’auto-­organisation du mouvement. En parallèle se tiennent chaque semaine les AGs interprofessionnelles (cadre composé de syndicalistes organisés dans différents secteurs) et de Rennes sud. Plus tard, la MDP organise des manifestations régionales avec pour objectifs d’étendre les mobilisations sur l’ensemble de la Bretagne et de créer une coordination régionale.</p>



<p>5/ Le 25&nbsp;mars a lieu la manifestation contre le racisme et la loi Darmanin avec environ 800&nbsp;manifestant·es. S’en suivra la création du collectif Rennes contre Darmanin pour lutter contre le projet de loi sur l’asile et l’immigration et construire un front large et uni à Rennes contre le racisme.&nbsp;</p>



<p>6/ Le même jour, environ 30 000 personnes convergent à Sainte-Soline contre la construction de mégabassines à l’appel des Soulèvements de la terre (SDT) : violences policières inédites, deux manifestants finissent dans le coma.&nbsp;</p>



<p>7/ La première casserolade du 17&nbsp;avril devant la mairie lors du discours de Macron nous permet de nous réunir sous une nouvelle forme : se rassembler, faire du bruit, crier et revendiquer notre désaccord. Très pratiques, simples, accessibles et efficaces, les casserolades ont donné un nouveau souffle à la lutte.&nbsp;</p>



<p>8/ Le 27&nbsp;mai, la MDP appelle à une mobilisation de 24&nbsp;heures contre Macron, Darmanin et le fascisme et Rennes contre Darmanin organise un rassemblement contre la venue du rappeur fasciste Millésime K.&nbsp;</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-large is-resized"><img data-dominant-color="4c5f76" data-has-transparency="false" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN10_Rennes_Illustr1-768x1024.webp" alt="" class="wp-image-8062 not-transparent" style="--dominant-color: #4c5f76; aspect-ratio:1;object-fit:cover;width:333px;height:auto"/></figure>
</div>


<p>Durant ces six mois, nous avons vécu une effervescence incroyable, ça fourmillait, ça s’organisait à un rythme parfois très intense : personne autour de nous ne pouvait ignorer la lutte en cours contre la réforme Macron. Ce contexte nous donnait l’opportunité de parler politique de façon beaucoup plus évidente et fluide, dans une sphère plus large qu’en période hors mouvement social. En bref, c’était l’occasion parfaite d’intervenir en tant que révolutionnaires, de parler de nos intérêts communs à lutter et surtout d’expérimenter cette capacité réelle que nous avons de reprendre le pouvoir sur nos vies.&nbsp;</p>



<p>Les différentes modalités d’action qui ont émergé pendant le mouvement découlent pour la plupart de conceptions (plus ou moins conscientes) sur la manière de gagner : les choix stratégiques ont constitué un point de discussion et de désaccord important pendant le mouvement, notamment sur la question des blocages comme outil ­d’élargissement de la lutte.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Stratégies et choix tactiques : des limites du blocage</h2>



<p>Lors des assemblées auxquelles nous avons participé, l’hypothèse que pour faire reculer le gouvernement sur la réforme, il suffirait de faire augmenter son coût financier en additionnant les coûts liés aux différentes actions de la contestation (grèves, blocages, dégradations diverses, encadrement et répression du mouvement), était largement défendue. Le gouvernement se retrouverait donc à faire un calcul économique qui le pousserait à reculer au moins temporairement afin de limiter les pertes financières.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Sur un plan comptable, cette conception revêt plusieurs limites. Car si le gouvernement se donnait pour objectif avec sa réforme « d’économiser » 13 milliards d’euros par an à l’horizon 2030 sur les 331,6 milliards des pensions de retraites, Marc Touati<sup data-fn="66051578-b134-481c-9b43-b707509a8389" class="fn"><a href="#66051578-b134-481c-9b43-b707509a8389" id="66051578-b134-481c-9b43-b707509a8389-link">1</a></sup> estimait à 1 milliard d’euros les coûts d’une journée de grève « dure ». Quant aux dégradations, nous n’avons pas trouvé de chiffres globaux pour le mouvement des retraites, mais à titre de comparaison, la Fédération française des sociétés d’assurances les a estimées à 730 millions d’euros lors des révoltes suite au meutre de Nahel. Soit moins qu’une journée de grève bien suivie.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img data-dominant-color="626669" data-has-transparency="false" loading="lazy" decoding="async" width="1000" height="750" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN10_Rennes_Illustr2-jpg.webp" alt="" class="wp-image-8063 not-transparent" style="--dominant-color: #626669; aspect-ratio:16/9;object-fit:cover" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN10_Rennes_Illustr2-jpg.webp 1000w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN10_Rennes_Illustr2-jpg-300x225.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN10_Rennes_Illustr2-jpg-768x576.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN10_Rennes_Illustr2-jpg-678x509.webp 678w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN10_Rennes_Illustr2-jpg-326x245.webp 326w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN10_Rennes_Illustr2-jpg-80x60.webp 80w" sizes="auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></figure>



<p>Nous étions donc loin de faire pencher la balance de notre côté avec cette seule approche :</p>



<p>1/ Pour bien comprendre ce qui fait peur à nos ennemis, il faut penser cette réforme en contexte. Elle a été mise à l’agenda dans un moment de crise profonde du capitalisme, elle revêtait donc un caractère économique et politique primordial pour les capitalistes.</p>



<p>2/ Ces chiffres nous permettent de relativiser les impacts économiques des stratégies émeutières, par rapport à la grève de masse (avec en plus des conséquences en termes de répression hélas dramatique) : il nous aurait fallu 13 journées de grèves fortes pour ne serait-ce qu’arriver à coûter autant à l’économie que ce que le gouvernement prétend économiser en une seule année avec sa réforme.</p>



<p>3/ Les retraites, ce sont des milliards d’euros sur lesquels capitaliser en augmentant leur taux de profit dans un moment où ceux-ci dégringolent. Autant dire qu’ils étaient prêts à perdre beaucoup sur le moment pour s’assurer de gagner beaucoup à l’avenir.</p>



<p>Dans cette stratégie économique d’augmenter le coût de la réforme pour les capitalistes, une des tactiques centrales a été les blocages d’axes routiers et la mise en place de piquets de grève. Si les blocages ont ponctuellement permis des choses intéressantes (la rencontre entre plusieurs composantes du mouvement, un nouveau souffle pour la mobilisation, la mise en action concrète, un sentiment de puissance collective), la manière dont ils ont été utilisés par leurs organisateur·ices nous a cependant interrogé·es.</p>



<p>Les blocages étaient majoritairement traités comme une question technique plutôt que politique : c’est devenu un rituel et les discussions tournaient plus autour du nombre de palettes nécessaires que de la pertinence à jeter nos forces dans cette action. Nous n’avons par exemple pas pu discuter de ce que nous pouvions proposer aux gens bloqué·es dans leur voiture. Des centaines de personnes se sont retrouvées mises en passivité. Il aurait été pertinent de proposer aux convaincues (les personnes bloquées qui étaient contre la réforme mais pas organisées, pas militantes et très souvent isolées dans leur travail) une manière de se joindre au mouvement et de chercher à convaincre les autres.&nbsp;</p>



<p>La même logique a été mise à l’œuvre avec le soutien apporté aux éboueur·euses, qui n’avaient pas assez de forces pour mener une grève reconductible. Pendant une quinzaine de jours et de nuits, une centaine de personnes impliquées dans le mouvement se sont relayées pour les aider et faire en sorte que les ordures ne soient pas ramassées, dans l’objectif que cette nuisance contribue à la pression globale. Cette approche « de choix d’urgence » n’a pas permis de se demander comment être plus en grève, partout, secteurs isolés ou non, ni quelle importance il peut y avoir à soutenir les différents secteurs isolés ou non (santé, éducation, commerce, transport, etc.).</p>



<p>Nous pensons que ce qui aurait pu faire pencher la balance de notre côté est notre capacité à généraliser le conflit, à convaincre et mettre en action le plus grand nombre pour s’opposer à cette loi, et à bien plus. Peu importe le moyen d’action, blocages, occupations, grèves, notre boussole aurait dû être de chercher par tous les moyens à ce que l’opposition massive à cette loi se traduise avec la même intensité dans la rue en favorisant la mise en action et l’auto-organisation de notre classe. Il n’y a pas de raccourcis : les militant·es ne peuvent faire les tâches seul·es et doivent convaincre et agir en ce sens.</p>



<h2 class="wp-block-heading">S’organiser par en bas : Maison du peuple et AG Rennes Sud Mobilisée</h2>



<p>Beaucoup de camarades de diverses tendances ont fait un constat, que nous partageons : ce mouvement a été marqué par une faible participation aux cadres d’auto-organisation alors même que la participation aux manifestations était historique.&nbsp;</p>



<p>On pourrait simplement renvoyer la responsabilité à l’intersyndicale en arguant qu’elle a tout fait pour garder le contrôle sur le mouvement. Cependant, contrairement à ce qui a pu se passer dans d’autres mouvements, l’intersyndicale, et plus particulièrement la CGT a, à plusieurs reprises, encouragé des prises d’initiatives par en bas, indépendantes du calendrier annoncé. Cela s’est d’autant plus vérifié après l’utilisation du 49.3 où beaucoup d’initiatives ont été prises partout sur le territoire.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img data-dominant-color="545854" data-has-transparency="false" loading="lazy" decoding="async" width="600" height="800" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN10_Rennes_Illustr3-jpg.webp" alt="" class="wp-image-8064 not-transparent" style="--dominant-color: #545854; aspect-ratio:1;object-fit:cover;width:262px;height:auto" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN10_Rennes_Illustr3-jpg.webp 600w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN10_Rennes_Illustr3-jpg-225x300.webp 225w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>
</div>


<p>Pour autant, les directions syndicales réformistes ne chercheront jamais à être réellement débordées par le mouvement ni à déborder du cadre de la démocratie bourgeoise. C’est notre travail en tant que révolutionnaires de leur opposer d’autres cadres et pratiques et surtout se donner les moyens de mettre en mouvement une part significative de notre classe. Sur ce point, nous pouvons tirer le bilan que nous n’y sommes pas parvenu·es.&nbsp;</p>



<p>À Rennes, parmi les différentes propositions ayant émergé pour organiser et coordonner une partie du mouvement, nous avons eu l’occasion de nous joindre à quelques AG de la Maison du peuple. Si la proposition nous a paru intéressante et a permis d’offrir un espace d’élaboration commun à diverses composantes du mouvement (syndicats, partis, mouvement autonome) pour agir ensemble autant que faire se peut, elle s’est selon nous heurtée à une limite intrinsèque : elle a cherché avant tout autre chose à coordonner les militant·es déjà organisé·es plutôt qu’à organiser celles et ceux qui ne l’étaient pas encore et ainsi élargir le mouvement.&nbsp;</p>



<p>Nous savons que ce n’était pas le propos de la MDP mais justement, nous nous interrogeons : en centralisant l’énergie d’un nombre considérable de militant·es, la MDP n’a-t-elle pas conduit à mettre de côté la création d’autres espaces d’auto-organisation ? Des espaces à plus petite échelle et qui chercheraient activement à être rejoints par des personnes opposées à la réforme mais peu ou pas mobilisées ?</p>



<p>Nous pensons que c’est parfois le travers dans lequel nous pouvons tomber en tant que militant·es déjà organisé·es : chercher à se regrouper pour se sentir plus fort·es, alors que ce qui nous donnerait encore plus de force, c’est d’être rallié·es par celles et ceux qui ne sont pas encore là, et donc de faire du travail politique en ce sens. Si notre objectif est la généralisation des espaces d’auto-organisation, qu’est ce qui a plus de chance d’y mener ? Que tou·te·s les militant·es de la ville se retrouvent dans une grande assemblée pour tenter de s’organiser ensemble, ou de tenter d’élargir le mouvement depuis les personnes qui nous entourent dans nos espaces de vie et de travail ? En somme, de s’organiser par en bas, partout où cela est possible.</p>



<p>Nous avons voulu expérimenter à cette échelle et avons contribué à lancer et faire vivre l’assemblée « Rennes Sud mobilisée contre la réforme ». Cette assemblée était majoritairement composée de personnes déjà organisées (syndicats, collectifs, partis) ou politisées, ayant pour point commun d’habiter Rennes Sud<sup data-fn="92706702-e586-43e7-9dec-4fc9a548092f" class="fn"><a href="#92706702-e586-43e7-9dec-4fc9a548092f" id="92706702-e586-43e7-9dec-4fc9a548092f-link">2</a></sup>. Elle avait pour vocation de s’organiser à l’échelle de nos quartiers pour y faire vivre le mouvement contre la réforme en mobilisant de nouvelles personnes. Plusieurs initiatives ont été lancées depuis ce cadre : </p>



<p>1/ Des départs en cortège depuis le quartier pour rejoindre les manifestations appelées en centre-ville (cortèges allant jusqu’à 200 personnes)&nbsp;</p>



<p>2/ Des barrages/blocages du rond-point de la Poterie (avant de rejoindre en cortège la manifestation). Ces actions ont au départ regroupé une cinquantaine d’habitant·es du quartier avant d’être rejointes par d’autres (notamment la MDP) lorsque les opérations Ville morte ont commencé.&nbsp;</p>



<p>3/ Une déambulation dans le quartier en distribuant des tracts auprès des travailleur·euses et habitant·es appelant à se joindre aux blocages, aux manifestations et aux assemblées : un bon prétexte pour discuter de la réforme et de politique en général.&nbsp;</p>



<p>4/ Un barbecue-projection contre la réforme et contre Macron, qui s’est tenu au centre Alain-Savary et qui a regroupé une soixantaine de personnes du quartier.</p>



<p>Nous avons à la fois été convaincu·es de l’importance de l’existence de ce cadre tout en étant confronté·es à trois grandes difficultés que nous ne voulons pas minimiser :</p>



<p>1/ La régularité : ce cadre s’est ajouté pour beaucoup à d’autres cadres d’organisation, avec parfois peu de continuité et des difficultés à libérer du temps pour se voir.&nbsp;</p>



<p>2/ Le piège de l’entre soi-militant : En réalité, nous sommes retombé·es dans le « piège » que nous tentions d’éviter en construisant cette assemblée. Nous nous sommes majoritairement organisé·es à partir du quartier plutôt que dans le quartier : nos actions (à part vers la fin du mouvement) n’ont pas suffisamment cherché à élargir et grossir nos rangs en convainquant de nouvelles habitant·es et travailleur·euses autour de nous de se joindre au mouvement mais ont plutôt permis d’organiser les militant·es du quartier pour intervenir à l’échelle de la ville.&nbsp;</p>



<p>3/ La continuité : nous sommes sorti·es riches de cette expérience commune et pour autant début juillet, lorsque les révoltes ont éclaté partout en France dont au Blosne suite à la mort de Nahel, nous n’avons pas été en mesure de relancer une dynamique de solidarité en actes avec les habitant·es impliqué·es. Comment poursuivre hors mouvement social afin d’être préparé·es, solides et solidaires lors des explosions politiques qui ne manqueront pas d’advenir dans les mois et années à venir et dont le rythme risque même de s’intensifier ? Ces cadres locaux d’organisation nous semblent être une des clés pour être à la hauteur des enjeux actuels. Leur pérennité est une nécessité pour consolider nos appuis et espérer être toujours plus nombreux·ses à vouloir, in fine, transformer le monde.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img data-dominant-color="666261" data-has-transparency="false" loading="lazy" decoding="async" width="1000" height="750" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN10_Rennes_Illustr4.jpg" alt="" class="wp-image-8065 not-transparent" style="--dominant-color: #666261; aspect-ratio:16/9;object-fit:cover" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN10_Rennes_Illustr4.jpg 1000w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN10_Rennes_Illustr4-300x225.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN10_Rennes_Illustr4-768x576.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN10_Rennes_Illustr4-678x509.webp 678w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN10_Rennes_Illustr4-326x245.webp 326w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN10_Rennes_Illustr4-80x60.webp 80w" sizes="auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Conclusion</h2>



<p>L’écart profond entre le nombre de personnes se déclarant contre la réforme et la forte mobilisation dans les manifestations d’un côté, et la faible organisation des personnes présentes de l’autre nous pousse aujourd’hui à défendre plus que jamais la nécessité de :</p>



<p>1/ Chercher à convaincre les personnes autour de nous de s’organiser : car s’organiser pour seulement agir ne suffit pas.</p>



<p>2/ Éviter par tout les moyens de s’enfermer entre militant·es et convaincu·es : si les espaces de coordination du mouvement sont nécessaires et peuvent donner l’impression du nombre, ils ne peuvent se suffir à eux-même.</p>



<p>3/ Se poser les questions sur comment généraliser la lutte et sur quelles stratégies défendre pour y parvenir dans un maximum de sphères de la société : c’est la seule manière de faire véritablement trembler le pouvoir.</p>



<p>4/ Donner la confiance : nous sommes tou·te·s, militant·es ou non, légitime et capable de remettre en question nos conditions de vie. Faire grandir le mouvement, c’est aussi regarder, apprendre, écouter ce qu’il se passe ailleurs. C’est inviter, proposer, échanger.</p>



<p>5/ La radicalité oui, mais la radicalité du nombre toujours : elle ne doit pas nous empêcher de rallier le plus grand nombre à celles-ci et d’agir le plus possible en ce sens.</p>



<p>Il nous semble important de rappeler que le mois de juin s’est terminé par l’assassinat de Nahel par la police à Nanterre. À la sortie d’un mouvement social historique, il s’agit aussi de tirer des bilans sur pourquoi la solidarité avec les révoltes et les habitant·es des quartiers n’ont pas été un réflexe au même titre que la solidarité contre le gouvernement Macron qui nous exploite. Nous aimerions développer cette question dans un prochain article, avec, qui sait, des camarades de Rennes ?&nbsp;</p>



<h5 class="wp-block-heading">Armell, Kim Attimon et Mathilda Demarbre (Rennes)</h5>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-dots"/>



<h6 class="wp-block-heading">NOTES</h6>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="66051578-b134-481c-9b43-b707509a8389">Économiste et chroniqueur dans « Capital ». <a href="#66051578-b134-481c-9b43-b707509a8389-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li><li id="92706702-e586-43e7-9dec-4fc9a548092f">Zone comprenant tous les quartiers entre Sainte-Thérèse et la Poterie. <a href="#92706702-e586-43e7-9dec-4fc9a548092f-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2">↩︎</a></li></ol><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/mouvement-contre-la-reforme-des-retraites-a-rennes-lauto-organisation-comme-boussole/">Mouvement contre la réforme des retraites à Rennes : l’auto-organisation comme boussole</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
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		<title>4 mois de luttes en France</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/4-mois-de-luttes-en-france/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jakubowski]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 26 Jun 2023 16:24:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[Crise politique]]></category>
		<category><![CDATA[Fascisme]]></category>
		<category><![CDATA[Grève]]></category>
		<category><![CDATA[Retraites]]></category>
		<category><![CDATA[Stratégie]]></category>
		<category><![CDATA[syndicalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Syndicats]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Cet article a été rédigé initialement pour la revue anglaise International Socialism Journal Ce qui se passe en France depuis janvier est ce qui se rapproche le plus, par sa durée et son ampleur, d’une <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/4-mois-de-luttes-en-france/" title="4 mois de luttes en France">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<pre class="wp-block-verse"><strong>Cet article a été rédigé initialement pour la revue anglaise <a href="http://isj.org.uk/workers-shake-macron/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">International Socialism Journal</a></strong></pre>



<p class="has-drop-cap">Ce qui se passe en France depuis janvier est ce qui se rapproche le plus, par sa durée et son ampleur, d’une situation révolutionnaire dans un pays développé depuis des décennies. C’est aussi, dans le temps cette fois, ce qui nous en rapproche le plus.</p>



<p>Aux facteurs objectifs – le développement de toutes les contradictions du capitalisme et la crise politique que cela entraîne – s’est ajouté un facteur clef&nbsp;: un mouvement de révolte de masse.</p>



<p>La signification de ce mouvement et les enseignements à en tirer sont, du coup, décisifs pour les révolutionnaires en France. Mais ils le sont aussi pour tous ceux et toutes celles qui se battent contre le capitalisme dans le monde entier.</p>



<h2 class="wp-block-heading">8 mai&nbsp;: Macron fuit le «&nbsp;pays réel&nbsp;»</h2>



<p>Le 8 mai, comme tous les ans de puis 40 ans, le président de la République française a descendu l’avenue la plus célèbre du pays, l’avenue des Champs-Élysées. Pour la première fois totalement déserte.</p>



<p>Pour éviter une foule le conspuant, la gigantesque avenue avait tout simplement été interdite au public&nbsp;par la police, rappelant la remarque ironique du poète allemand Bertolt Brecht&nbsp;: «&nbsp;Puisque le peuple vote contre le gouvernement il faut dissoudre le peuple&nbsp;».</p>



<p>Trois semaines plus tôt après la promulgation de la loi sur les retraites, Emmanuel Macron avait, avec son arrogance habituelle, fanfaronné. Il déclarait close la séquence des retraites. Et il allait «&nbsp;retourner sur le terrain, au contact&nbsp;» à la rencontre du «&nbsp;pays réel&nbsp;». Celui qui, selon lui, veut travailler et aspire au retour à l’ordre.</p>



<p>Le pays réel lui a répondu immédiatement. Électricité coupée par le syndicat de l’énergie dans les lieux visités, foule hostile refusant toute discussion, Emmanuel Macron a dû renoncer très vite, la semaine suivant sa déclaration, à ses tentatives d’aller «&nbsp;au contact&nbsp;». Cela s’est étendu à tous ses ministres. A tel point que c’est même devenu l’objet d’un jeu national, «&nbsp;les 100 jours de zbeul&nbsp;», avec un site internet établissant jour après jour un classement des différentes régions sur la base de l’efficacité des rassemblements et actions organisés pour harceler les membres du pouvoir.</p>



<p>Cette crise de légitimité du pouvoir, et avec lui des partis traditionnels, des partis «&nbsp;de gouvernement&nbsp;», ne date pas des derniers mois. Emmanuel Macron avait été élu en 2017 sur la base d’un effondrement total du Parti socialiste alors au pouvoir et d’une quasi-désintégration des partis de la droite conservatrice. Il a été réélu, il y a juste un an, sur la base d’un barrage contre Marine Le Pen sur fond d’abstention record, ne parvenant même plus à faire élire une majorité au parlement.</p>



<p>Le mouvement a considérablement accéléré ce processus.</p>



<p>Durant toute la séquence qui a précédé la promulgation de la loi plus de 2/3 de l’opinion publique a exprimé dans les sondages son opposition à la loi, l’opposition atteignant même 9 salarié·es sur 10.</p>



<p>Cette opposition n’a pas été passive. Dirigée par les syndicats elle a pris très rapidement une nature de classe. Elle a donné lieu à ce jour à 13 journées de manifestations nationales accompagnées pour la plupart d’appels à la grève regroupant pour la plupart plus de 2 millions de manifestant·es, avec deux journées à près de 3,5 millions de manifestant·es. Ces manifestations ont mobilisé tous les secteurs de notre classe et tout le territoire. Pour ne prendre qu’un exemple significatif&nbsp;: il y avait 15&nbsp;000 manifestant·es à Albi, dans le sud de la France, le 19 janvier (1<sup>ère</sup>&nbsp;journée de manifestations), 20&nbsp;000 le 31 janvier et le 23 mars et… 55&nbsp;000 le 16 février. Albi est une ville de… 50&nbsp;000 habitant·es&nbsp;!</p>



<p>Face à une telle opposition populaire Emmanuel Macron a dû utiliser tous les ressorts anti-démocratiques de la Constitution française pour passer en force sa loi. Le 16 mars, incertain d’une majorité, le gouvernement a imposé la loi sans avoir recours au vote des députés.</p>



<p>Ce coup de force institutionnel a été un tournant provoquant la colère du mouvement, une multiplication de manifestations spontanées pendant plusieurs jours et un accroissement significatif de la répression policière.&nbsp;</p>



<p>Dans toute société de classe, la stabilité de la domination de la classe dominante repose principalement sur le consentement d’une large majorité de la population. L’utilisation de la force, toujours présente, ne peut suffire et est, en général, limitée. Les pôles consentement/force sont en train de s’inverser considérablement en France aujourd’hui.</p>



<p>Moins de dix jours après le 16 mars, lors de la manifestation contre les méga-bassines (centre de rétention d’eau anti-écologique) à Sainte-Soline, interdite mais regroupant 30&nbsp;000 manifestant·es en pleine campagne, la police a tiré plus de 5000 grenades de toutes sortes en 2 heures, soit une grenade toutes les 2 secondes, faisant 200 blessé·es parmi les manifestant·es. L’un d’entre eux se bat toujours aujourd’hui pour revenir à la vie.</p>



<p>Le gouvernement a tenté alors d’interdire un des collectifs qui avait organisé la manifestation (Les Soulèvements de la Terre) ne faisant que provoquer une vague de solidarité dans tout le pays qui, à la défiance envers les institutions a ajouté un profond antagonisme avec la police.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large is-resized"><img data-dominant-color="727978" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #727978;" loading="lazy" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/06/19937387lpw-19937648-article-greve-reforme-des-retraites-jpg_6837031_1250x625-1100x550.webp" alt="" class="wp-image-7711 not-transparent" width="825" height="413" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/06/19937387lpw-19937648-article-greve-reforme-des-retraites-jpg_6837031_1250x625-1100x550.webp 1100w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/06/19937387lpw-19937648-article-greve-reforme-des-retraites-jpg_6837031_1250x625-300x150.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/06/19937387lpw-19937648-article-greve-reforme-des-retraites-jpg_6837031_1250x625-768x384.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/06/19937387lpw-19937648-article-greve-reforme-des-retraites-jpg_6837031_1250x625-jpg.webp 1250w" sizes="auto, (max-width: 825px) 100vw, 825px" /><figcaption class="wp-element-caption"> </figcaption></figure>
</div>


<h2 class="wp-block-heading">Macron a perdu</h2>



<p>Pour prendre la mesure des enjeux il faut revenir à l’objectif poursuivi par le pouvoir avec l’attaque sur les retraites. La réforme du système des retraites a été tentée par tous les gouvernements successifs depuis maintenant près de trente ans. Elle est au cœur d’un rapport de forces entre acquis passés du mouvement ouvrier (système de répartition reposant sur la solidarité entre générations, réduction du temps de travail) et offensive néo-libérale (atomisation des travailleurs et augmentation de la part de la plus-value allant au Capital).</p>



<p>Pour cette raison, à chaque fois que les gouvernements en place ont tenté une réforme globale sur les retraites ils ont fait face à une mobilisation importante… et dû reculer. C’est d’ailleurs sur cette question que l’époque de mouvements de masse est revenue en décembre 1995 en France.</p>



<p>L’adaptation à l’idéologie néo-libérale au sein des directions syndicales a permis à certains des gouvernements précédents d’entamer partiellement le système des retraites.</p>



<p>Emmanuel Macron a décidé de reprendre l’offensive générale en se concentrant sur la seule ligne rouge que ne pouvaient accepter les directions des syndicats même les plus modérés (les 64 ans). Même ceux qui, comme la CFDT, ont accompagné depuis trente ans toutes les attaques du gouvernement sur cette question.</p>



<p>L’objectif était donc clair. Il s’agissait, en faisant passer cette attaque, de provoquer et briser tout mouvement de résistance et, notamment, les organisations syndicales. D’ailleurs, à l’attaque sur les retraites, le gouvernement ajoutait une offensive contre les chômeur·euses, contre les locataires ne pouvant plus payer leur loyer et contre les migrant·es et tou·tes les étranger·es.</p>



<p>Le 15 avril, la loi sur les retraites a été promulguée.&nbsp;</p>



<p>Pourtant Macron a perdu. Les syndicats sont plus forts qu’il y a 4 mois et ont inversé la tendance qui, depuis des années, leur faisait perdre des effectifs et des implantations. Même si ce n’est pas massif les adhésions sont reparties à la hausse, des syndicats se créent dans des nouveaux secteurs de l’économie et ce sont principalement des jeunes et des femmes qui se syndiquent.</p>



<p>Et le mouvement n’a pas été brisé. Les «&nbsp;100 jours de zbeul&nbsp;» en sont le symbole tout comme les 2,5 millions de manifestant·es de la journée du 1<sup>er</sup>&nbsp;mai.&nbsp;</p>



<p>Et si ce mouvement est confronté à de nombreuses questions, s’il doit affronter toutes ses limites c’est parce qu’il a lui-même élevé les enjeux. Le pouvoir s’est considérablement affaibli et pas seulement le pouvoir. Plus que jamais c’est la logique elle-même des institutions et du capitalisme qui sont remises en question à une échelle de masse.</p>



<h2 class="wp-block-heading">19 avril&nbsp;: Laurent Berger est satisfait</h2>



<p>Le 19 avril, quatre jours seulement après la promulgation de la loi – signant en apparence la défaite du mouvement – Laurent Berger, secrétaire national de la CFDT et personnalité perçue comme le principal dirigeant du mouvement, annonçait qu’il quittait ses fonctions.&nbsp;</p>



<p>Il ajoutait qu’il pouvait quitter ses fonctions avec le sentiment d’avoir renforcé son organisation. Et d’autre part qu’une nouvelle séquence s’ouvrait, qu’il allait falloir «&nbsp;passer à autre chose&nbsp;» et retourner, tôt ou tard, à la table des négociations avec le gouvernement.&nbsp;</p>



<p>Il faut rappeler que le syndicalisme en France est divisé en plusieurs syndicats interprofessionnels. La constitution d’un front uni de tous les syndicats en janvier dernier était un véritable événement. Cela n’était plus arrivé depuis des décennies. C’est ce qui a permis à l’Intersyndicale, organisme regroupant les directions de tous les syndicats, des plus combatifs au plus modérés, de s’imposer comme la direction incontournable, du mouvement. C’est elle qui, semaine après semaine, a fixé l’agenda du mouvement.</p>



<p>Cette unité a joué un rôle indéniable immédiat dans l’ampleur du mouvement dès sa première journée en janvier dernier. Le succès, principalement en nombre de manifestant·es de cette première journée, avec plus de 2 millions sur tout le territoire, a lancé la dynamique. Et la publication de sondages annonçant une opposition ultra majoritaire à la loi dans toute l’opinion publique.</p>



<p>Et cette unité a comblé, au moins temporairement, le vide créé, depuis des années, par la crise d’hégémonie des relais de l’idéologie dominante en faisant soudain des dirigeants syndicaux, dans tous les sondages, les principaux opposants – politiques – du pouvoir. Cela a une signification considérable, déplaçant le champ de la représentation du terrain des partis institutionnels au terrain du mouvement social, du terrain de la démocratie parlementaire au terrain de la lutte de classes.</p>



<p>Cette unité des directions syndicales et l’écho qu’elle a eu n’est pas que formelle. Elle a une base matérielle et un contenu idéologique.</p>



<p>Sa base matérielle repose dans la position sociale spécifique des bureaucraties syndicales. Si elles ont engagé la bataille ce n’était pas parce que notre classe était attaquée. Après tout la CFDT notamment a soutenu depuis des décennies la logique même de la remise en cause du système des retraites quand les autres directions syndicales s’y adaptaient. Mais ce qui était cette fois en jeu pour elles c’est qu’elles n’étaient même plus conviées à la table des négociations avec l’État et le patronat. C’était donc leur rôle comme «&nbsp;représentantes&nbsp;»&nbsp;de notre classe qui était nié… et qu’elles ont retrouvé grâce à la mobilisation du mouvement. Le gouvernement n’a désormais de cesse de les convier à des négociations. D’où la satisfaction de Laurent Berger.</p>



<p>Son contenu idéologique c’est que ces directions défendent leur position au sein du système tel qu’il est. Elles ne sont pas révolutionnaires mais réformistes.</p>



<p>Leur stratégie a donc constamment été centrée sur les moyens institutionnels de résoudre le conflit&nbsp;: peser sur les parlementaires en vue du vote à l’Assemblée (jusqu’au 16 mars) puis peser sur le Conseil constitutionnel qui devait juger de la conformité constitutionnelle de la loi (jusqu’au 14 avril) puis, brièvement, prier Emmanuel Macron de ne pas promulguer la loi (jusqu’au 15 avril) puis demander un référendum «&nbsp;citoyen&nbsp;» puis… plus rien. Sinon appeler à manifester le 1<sup>er</sup>&nbsp;mai et dire qu’il allait falloir «&nbsp;passer à autre chose&nbsp;»<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_7706_16('footnote_plugin_reference_7706_16_1');" onkeypress="footnote_moveToReference_7706_16('footnote_plugin_reference_7706_16_1');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_7706_16_1" class="footnote_plugin_tooltip_text">1</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_7706_16_1" class="footnote_tooltip">Une semaine après les manifestations du 1<sup>er</sup>&nbsp;mai l’Intersyndicale publie un communiqué… en forme d’adresse aux député·es. Le mouvement, encore une fois, n’est pas la solution mais un simple instrument de pression. D’ailleurs l’argument essentiel pour convaincre les députés est qu’il faut éviter une «&nbsp;explosion sociale&nbsp;». Outre que cette unique perspective est vouée à l’échec du fait de la majorité favorable à la politique du gouvernement au Sénat, elle repose, cerise sur le gâteau, sur une alliance électorale de fait avec le groupe de député·es du RN à l’Assemblée.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_7706_16_1').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_7706_16_1', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>.</p>



<p>Et cela avait des conséquences sur la manière de construire, par en haut, le mouvement en paralysant tout ce qui permet à notre classe de développer son pouvoir propre.</p>



<p>Tony Cliff distinguait la «&nbsp;collection d’individus&nbsp;» – qui est la vision de la société dans les termes de l’idéologie dominante – et le «&nbsp;pouvoir collectif de classe&nbsp;»<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_7706_16('footnote_plugin_reference_7706_16_2');" onkeypress="footnote_moveToReference_7706_16('footnote_plugin_reference_7706_16_2');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_7706_16_2" class="footnote_plugin_tooltip_text">2</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_7706_16_2" class="footnote_tooltip">Tony Cliff,&nbsp;<em><a href="https://www.marxists.org/archive/cliff/works/1987/09/oppressed.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">The working class and the oppressed</a></em></span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_7706_16_2').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_7706_16_2', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>. Les directions syndicales ont tout misé sur le nombre, la «&nbsp;collection d’individus&nbsp;» pour imposer des négociations&nbsp;: nombre de manifestant·es dans les rues et sondages d’opinion.</p>



<p>Pour favoriser ce nombre et, potentiellement ne pas s’aliéner le soutien de couches sociales opposées «&nbsp;au désordre&nbsp;», elles n’ont rien fait pour construire le pouvoir collectif de classe par les grèves. Début mars, alors que le dénouement est proche à l’Assemblée et que le pouvoir reste sourd aux demandes de l’Intersyndicale, celle-ci monte le ton en appelant à «&nbsp;mettre le pays à l’arrêt&nbsp;» le 7 mars. C’est le signal qu’attendent certains secteurs pour tenter de lancer une grève reconductible. Interpellé dans les médias sur ce qui apparaît comme un appel à «&nbsp;bloquer le pays&nbsp;» Laurent Berger proteste… pour s’opposer aux grèves.&nbsp;</p>



<p>L’Intersyndicale a tout concentré sur l’unique question des 64 ans, refusant d’appeler, dans chaque secteur, chaque lieu de travail à relier cette revendication à des revendications plus spécifiques (conditions de travail, salaires) qui auraient permis d’élargir et d’enraciner une implication active à la grève.</p>



<p>Elle a aussi refusé d’articuler le mouvement avec la lutte contre le sexisme ou le racisme qui permettent de développer une conception plus forte de la conscience de classe et, pratiquement, une solidarité organique plus puissante.&nbsp;</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img data-dominant-color="946d64" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #946d64;" loading="lazy" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/06/image-jpg.webp" alt="" class="wp-image-7712 not-transparent" width="664" height="375" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/06/image-jpg.webp 885w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/06/image-300x169.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/06/image-768x434.webp 768w" sizes="auto, (max-width: 664px) 100vw, 664px" /><figcaption class="wp-element-caption"> </figcaption></figure>
</div>


<h2 class="wp-block-heading">17 avril&nbsp;: «&nbsp;Nous, aussi, on va passer en force&nbsp;»</h2>



<p>Le 17 avril, deux jours après la promulgation de la loi, Emmanuel Macron décide de «&nbsp;s’adresser à la nation&nbsp;» lors d’une intervention solennelle à la télévision. Au moment de son intervention, des rassemblements, suivis de manifestations sauvages, ont lieu devant de nombreuses mairies sur tout le territoire avec concerts de casseroles. Le message est clair&nbsp;: «&nbsp;on ne t’écoute même plus&nbsp;». Émerge alors un nouveau slogan&nbsp;: «&nbsp;Nous, aussi, on va passer en force&nbsp;» en écho au «&nbsp;passage en force&nbsp;» de la loi par Emmanuel Macron.</p>



<p>Ce slogan témoigne du développement, au sein du mouvement, d’une dynamique en rupture avec la stratégie des directions syndicales. Institutions contre mouvement, classe contre classe, force contre force. Nous ne sommes plus dans la négociation. A la force du pouvoir, il faut opposer la force du mouvement.</p>



<p>Ce slogan est au-dessus des capacités actuelles du mouvement à le mettre en œuvre mais son émergence et son audience auprès d’une fraction significative du mouvement signale le potentiel d’une autre voie, produit des expériences du mouvement et fruit de l’impasse de la stratégie des directions syndicales.</p>



<p>Dès les premières semaines du mouvement des tentatives ont été faites, principalement à partir du secteur de l’éducation – et en son sein de l’école primaire – pour organiser et élargir la grève. C’est un secteur qui a la tradition d’organiser des assemblées par quartiers pour réunir sur un même secteur les personnels des écoles. Par ailleurs les revendications de ce secteur (lutte contre les fermetures de classe et contre l’augmentation du nombre d’élèves par classe) articulées à l’opposition à la loi avaient la capacité d’organiser aussi les parents d’élèves, doublement concernés en tant que parents et en tant que travailleur·euses.</p>



<p>Ce sont donc souvent ces assemblées d’enseignant·es qui, à des rythmes différents selon les expériences antérieures du mouvement, ont été les moteurs d’assemblées de quartiers et d’assemblées interprofessionnelles<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_7706_16('footnote_plugin_reference_7706_16_3');" onkeypress="footnote_moveToReference_7706_16('footnote_plugin_reference_7706_16_3');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_7706_16_3" class="footnote_plugin_tooltip_text">3</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_7706_16_3" class="footnote_tooltip">Voir notamment le récit de camarades de Marseille dans&nbsp;<em>«&nbsp;<a href="https://www.autonomiedeclasse.org/crise-politique/questions-et-hypotheses-a-partir-du-mouvement/">Quelques questions et hypothèses à partir du mouvement</a>&nbsp;»</em></span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_7706_16_3').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_7706_16_3', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>.</p>



<p>Dès le départ, ce qui pèse sur la possibilité d’extension de la grève c’est le refus légitime de «&nbsp;la grève par procuration&nbsp;», un seul secteur assumant le poids essentiel de la grève. Tout le monde sent qu’un secteur ne sera pas suffisant… et attend le signal d’un appel général… qui ne viendra bien sûr jamais des directions.</p>



<p>Le 7 mars et dans les jours qui suivent le 16 mars, avec le passage en force de la loi à l’Assemblée, des grèves reconductibles démarrent dans plusieurs secteurs (cheminots, raffineries, éboueurs, énergie…). C’est aussi le moment où la jeunesse lycéenne et étudiante commence à se joindre au mouvement. Pendant plusieurs jours les manifestations spontanées et les blocages divers (péages d’autoroutes, périphériques des grandes villes, plateformes logistiques, centres d’incinération…) se multiplient. Mais, laissant officiellement l’initiative aux syndicats de secteurs, les directions syndicales ne font rien, ni pour généraliser la grève et coordonner les secteurs en lutte ni même, a minima, pour se battre contre les réquisitions de grévistes et la répression policière. Isolées, les grèves reconductibles vont s’épuiser.</p>



<p>Cependant cela montre comment, à chaque étape s’exprime une énergie et un potentiel pour la grève. Mais aussi pour la généralisation politique au sein du mouvement.</p>



<p>Le lendemain du 7 mars, la date du 8 mars, journée internationale des femmes et journée de lutte, la question de <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/feminisme/grever-en-feministes/">la grève féministe</a> va être utilisée par de nombreux collectifs féministes comme levier pour favoriser à la fois la dynamique de reconduction des grèves et l’élargissement des revendications de lutte contre le sexisme. De nombreux collectifs féministes locaux vont ainsi développer leur audience.</p>



<p>Suite à un travail acharné de réseaux limités de militant·es, les revendications contre un nouveau projet de loi raciste contre les étrangers ont progressivement gagné un écho dans le mouvement. Le 25 mars des manifestations contre cette loi et en soutien aux sans-papiers ont lieu dans une cinquantaine de villes à des niveaux bien plus élevés que d’ordinaire. A Paris la manifestation regroupe plus de 10&nbsp;000 manifestant·es. Une nouvelle journée sur ce thème a eu lieu aussi le 29 avril dans plusieurs villes dont Paris, Toulouse, Rennes, Grenoble ou Marseille.</p>



<p>Rappelons aussi ici les 30&nbsp;000 manifestant·es, le même 25 mars, à Sainte-Soline sur les questions d’environnement et de gestion de l’eau. Plutôt que de tuer le mouvement, la répression brutale de cette manifestation va généraliser l’opposition à la police. Et dans les semaines qui suivent 140 nouveaux comités locaux du collectif menacé d’interdiction (Les Soulèvements de la Terre) sont créés.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La critique des directions syndicales nécessaire pour une autre voie</h2>



<p>Il est évident que la politique de l’Intersyndicale a été, à chacun des stades, un obstacle au renforcement et à la généralisation de ces dynamiques.</p>



<p>Les courants politiques dominants à gauche et à l’extrême-gauche exonèrent pourtant la responsabilité de l’Intersyndicale en expliquant que le problème est qu’il n’existait pas de poussée suffisante, à la base, vers le débordement de sa stratégie, que les initiatives d’auto-organisation ont recueilli, partout, une audience limitée.</p>



<p>Une des raisons avancées pour expliquer cela est la situation objective du syndicalisme sur les lieux de travail. Des sociologues <span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_7706_16('footnote_plugin_reference_7706_16_4');" onkeypress="footnote_moveToReference_7706_16('footnote_plugin_reference_7706_16_4');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_7706_16_4" class="footnote_plugin_tooltip_text">4</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_7706_16_4" class="footnote_tooltip">Etienne Pénissat, <a href="https://alencontre.org/europe/france/france-la-dynamique-des-greves-et-la-faiblesse-de-linfrastructure-militante.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">La dynamique des grèves et la faiblesse de l’infrastructure militante</a></span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_7706_16_4').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_7706_16_4', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script> ont démontré que, non seulement les effectifs syndicaux ont reculé, y compris ces dernières années, mais que la participation aux grèves a aussi baissé dans la même période.&nbsp;&nbsp;Outre l’existence de quasi déserts syndicaux dans certains secteurs, les équipes syndicales ont de moins en moins de pratiques de terrain.</p>



<p>Une chose est d’analyser que ces facteurs jouent à l’évidence un rôle indéniable dans le développement et la possibilité de grèves. En tirer la conclusion qu’il n’y a pas d’alternative à la stratégie des directions syndicales est par contre une abdication. D’une part parce que cette situation est déjà le fruit des mêmes stratégies antérieurement au mouvement. D’autre part parce que le mouvement a montré qu’il était possible d’inverser la tendance.</p>



<p>Une des conséquences de l’impulsion donnée par le mouvement combinée à l’impasse créée sur la question des retraites est l’ouverture d’une période qu’on pourrait qualifier de guérilla sociale et politique&nbsp;: le report de la dynamique générale sur la multiplication de conflits économiques locaux (grèves sur les salaires et/ou les conditions de travail) et de combats politiques.</p>



<p>La critique des directions syndicales et de leur stratégie doit donc servir à armer les militants du mouvement pour commencer à résoudre ce qui a été identifié comme un obstacle. Et donc construire et renforcer, dans ces conflits, toutes les formes d’organisations de base, sections syndicales combatives, assemblées locales, collectifs de lutte.</p>



<h2 class="wp-block-heading">1<sup>er</sup>&nbsp;mai&nbsp;: meeting fasciste au Havre&nbsp;</h2>



<p>Le 1<sup>er</sup>&nbsp;mai, date de la Journée de solidarité internationale des travailleur·euses, le Rassemblement National, le parti de Marine Le Pen, a tenu un meeting national au Havre, ville portuaire qui est un des symboles des luttes ouvrières, celles des dockers et des raffineurs.</p>



<p>Le fait même que ce meeting a eu lieu, à cet endroit, dans cette période de mouvement de masse peut sembler une aberration.</p>



<p>Il est, en réalité, le produit essentiel de deux facteurs&nbsp;: la polarisation déjà présente de la société et la faiblesse politique de la gauche française, tous courants confondus, sur la question du racisme et du fascisme.</p>



<p>Il faut se rappeler que Marine Le Pen a obtenu 13 millions de voix aux élections présidentielles il y a un an. Contre le pessimisme général et les appels à voter pour Macron, nous disions alors que ce vote était le résultat d’une polarisation générale vers la droite mais aussi vers la gauche.</p>



<p>Cette polarisation n’a pas disparu comme par magie sous l’influence du mouvement. La tendance générale d’évolution de toute la situation n’est pas vers une stabilisation de la démocratie parlementaire, elle est vers une alternative entre fascisme et communisme.</p>



<p>A l’opposé de la théorie générale de la gauche qui présente constamment le Rassemblement National (et parfois le fascisme) comme une variété plus radicale de la politique du Capital <span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_7706_16('footnote_plugin_reference_7706_16_5');" onkeypress="footnote_moveToReference_7706_16('footnote_plugin_reference_7706_16_5');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_7706_16_5" class="footnote_plugin_tooltip_text">5</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_7706_16_5" class="footnote_tooltip">Il faut absolument lire le texte de Vanina Giudicelli,&nbsp;<em><a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/existe-t-il-un-danger-fasciste-en-france/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Existe-t-il un danger fasciste en France&nbsp;?</a></em></span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_7706_16_5').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_7706_16_5', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>, le RN a pris fermement position contre le projet de loi.</p>



<p>Et, aussi surprenant que cela puisse paraître après plusieurs mois de lutte de masse, Marine Le Pen apparaît dans tous les sondages loin derrière les dirigeants syndicaux, comme la première opposante politique à Emmanuel Macron. Largement devant Jean-Luc Mélenchon. Et plus la perspective reste sur le terrain institutionnel, plus elle risque de gagner en audience. A moins que le développement d’un parti fasciste soit combattu spécifiquement en lui refusant toute légitimité et toute présence.&nbsp;</p>



<p>Le Havre est devenu ce 1<sup>er</sup>&nbsp;mai le symbole combiné à la fois des possibilités qui existent pour cela et de la faillite de la gauche.</p>



<p>Faillite, car il est évident que si le syndicat CGT des dockers ou la CGT nationale avaient décidé que le meeting du RN ne pouvait avoir lieu…il n’aurait tout simplement pas eu lieu. Voilà qui montre que le développement du fascisme en France n’est pas une fatalité. Mais au-delà de la CGT, c’est toute la gauche qui a préféré, nationalement, faire l’impasse sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/argumenter-et-convaincre-de-lurgence-antifasciste-et-antiraciste/">la nécessité d’un combat uni et spécifique contre la menace fasciste portée par le RN</a>. Selon l’idée qui ne cesse de s’avérer fausse, que le développement d’un mouvement social suffirait à bloquer la route au fascisme. Conclusion partagée tant par les courants qui refusent de caractériser le RN comme parti fasciste que par ceux qui considèrent que c’est le gouvernement qui dérive vers le fascisme.&nbsp;</p>



<p>La Marche des Solidarités, front antiraciste impliquant notamment des collectifs de sans-papiers, a organisé une délégation d’une centaine de membres pour aller manifester au Havre. Localement des organisations avaient appelé à une mobilisation contre le meeting du RN au sein de la manifestation du 1<sup>er</sup>&nbsp;mai puis à des prises de paroles et des concerts l’après-midi contre le RN. Le cortège, ouvert par la délégation parisienne et les Sans-Papiers, a reçu un écho enthousiaste. Des milliers de personnes sont venues écouter les prises de parole et ont ovationné toutes celles qui mettaient en avant la lutte contre le racisme et la nécessité de barrer, en tous lieux, la route aux fascistes. Montrant le potentiel existant pour une lutte antifasciste large et offensive.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img data-dominant-color="707a5c" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #707a5c;" loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="435" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/05/A2C_RevueN8_Mouvement_Illustr3-1024x435.webp" alt="" class="wp-image-7224 not-transparent" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/05/A2C_RevueN8_Mouvement_Illustr3-1024x435.webp 1024w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/05/A2C_RevueN8_Mouvement_Illustr3-300x128.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/05/A2C_RevueN8_Mouvement_Illustr3-768x327.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/05/A2C_RevueN8_Mouvement_Illustr3-jpg.webp 1030w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption"> </figcaption></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Révolution et pouvoir ouvrier</h2>



<p>La première conséquence d’un mouvement de cette ampleur c’est qu’il a considérablement élevé les enjeux tout en ouvrant les possibilités pour y répondre.</p>



<p>Une anecdote le reflète. Dans le groupe révolutionnaire construit par des activistes autour des&nbsp;<em>Cahiers de l’Autonomie de Classe</em>, composé d’activistes issus des luttes féministes et antiracistes, et plus récemment de milieux syndicaux, un sondage a été fait pour déterminer les sujets abordés lors d’un week-end les 14 et 15 mai. Les trois sujets choisis sont significatifs de l’impact du mouvement&nbsp;: «&nbsp;Qu’est-ce que la classe ouvrière&nbsp;?&nbsp;», «&nbsp;Pouvoir ouvrier&nbsp;» et «&nbsp;Rôle des révolutionnaires&nbsp;». Reflétant dans un milieu déjà très radicalisé le fait plus général que le mouvement a replacé la question de classe au cœur des problématiques politiques.</p>



<p>Parce qu’elle implique plus ou moins activement et collectivement des centaines de milliers de jeunes et de travailleur·euses qui deviennent des activistes, un des effets d’une riposte de classe de masse est qu’elle tend à une fusion entre la théorie et la pratique au travers de la question stratégique.</p>



<p>Après le 16 mars la stratégie portée par les courants syndicalistes de gauche ou révolutionnaires était basée sur une théorie de la grève comme arme exclusivement économique (et, en miroir, du Capital comme acteur déterminé uniquement par ses intérêts économiques immédiats)<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_7706_16('footnote_plugin_reference_7706_16_6');" onkeypress="footnote_moveToReference_7706_16('footnote_plugin_reference_7706_16_6');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_7706_16_6" class="footnote_plugin_tooltip_text">6</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_7706_16_6" class="footnote_tooltip">Frédéric Lordon a très bien exprimé cela à différentes reprises, avec ses descriptions éloquentes de Macron en autocrate halluciné par son égo. Son argument était que la seule manière de le débrancher était de faire pression sur les intérêts économiques du Capital.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_7706_16_6').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_7706_16_6', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>. Concrètement il s’agissait d’organiser et de défendre la grève dans les secteurs considérés comme «&nbsp;stratégiques&nbsp;», capables de toucher le Capital au porte-monnaie de la manière la plus immédiate et efficace&nbsp;: énergie, transports, centres d’incinération des déchets, raffineurs… Convergeant en cela avec des courants autonomes théorisant, plutôt que la grève, le blocage des flux&nbsp;: la logistique, le transport de force de travail comme de marchandises.</p>



<p>Des centaines voire des milliers d’activistes se sont alors déplacés d’un endroit à un autre pour aller bloquer une autoroute, défendre un piquet, aider à en constituer.</p>



<p>Nous argumentions que la grève n’est pas qu’une arme économique, elle est d’abord <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/crise-politique/arreter-le-travail-commencer-a-rever/">le meilleur outil d’émancipation collective des travailleur·euses</a> sortant de l’atomisation et de l’aliénation du processus de travail, reprenant le contrôle de leur vie pour s’organiser collectivement. D’où l’importance de concentrer nos forces à construire localement, sur les lieux de travail, sur les quartiers, la grève reconductible et son élargissement à tous les lieux de travail, à tous les secteurs, l’importance de l’organisation et des prises de décision collectives par lieu de travail, par quartier. L’importance de l’articuler, sur chacun des lieux aux mobilisations contre le racisme et contre le fascisme.</p>



<p>On peut citer de nombreux autres exemples de débats, théoriques, directement soulevés par des questions pratiques, sur l’analyse du fascisme (faut-il aller au Havre ou rester manifester à Paris&nbsp;?), sur le racisme ou le sexisme (ces luttes sont-elles une diversion de la lutte de classe ou l’expression de son plus haut niveau), etc.</p>



<p>Les enjeux se sont élevés. Le mouvement accélère les rythmes de développement de la crise tout en construisant aussi les potentialités d’y répondre. Ce qui rend plus urgent que jamais le développement en son sein d’une alternative révolutionnaire et de la lutte contre le fascisme.</p>



<p>Comme je l’écrivais en conclusion d’un article écrit peu de temps après la promulgation de la loi&nbsp;: «&nbsp;la phase actuelle du mouvement est beaucoup plus incertaine que les précédentes. Une nouvelle direction révolutionnaire capable de proposer une alternative auprès de centaines de milliers d’étudiants et de travailleur·euses ne se proclame pas. Les expériences qui vont être faites, les arguments et initiatives testés dans cette phase seront par contre cruciaux pour commencer à la construire.&nbsp;»</p>



<h6 class="wp-block-heading">Denis Godard &#8211; 15 mai 2023</h6>
<div class="speaker-mute footnotes_reference_container"> <div class="footnote_container_prepare"><p><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_label pointer" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_7706_16();">Notes</span><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_collapse_button" style="display: none;" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_7706_16();">[<a id="footnote_reference_container_collapse_button_7706_16">+</a>]</span></p></div> <div id="footnote_references_container_7706_16" style=""><table class="footnotes_table footnote-reference-container"><caption class="accessibility">Notes</caption> <tbody> 

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_7706_16_1" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_7706_16('footnote_plugin_tooltip_7706_16_1');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>1</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Une semaine après les manifestations du 1<sup>er</sup>&nbsp;mai l’Intersyndicale publie un communiqué… en forme d’adresse aux député·es. Le mouvement, encore une fois, n’est pas la solution mais un simple instrument de pression. D’ailleurs l’argument essentiel pour convaincre les députés est qu’il faut éviter une «&nbsp;explosion sociale&nbsp;». Outre que cette unique perspective est vouée à l’échec du fait de la majorité favorable à la politique du gouvernement au Sénat, elle repose, cerise sur le gâteau, sur une alliance électorale de fait avec le groupe de député·es du RN à l’Assemblée.</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_7706_16_2" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_7706_16('footnote_plugin_tooltip_7706_16_2');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>2</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Tony Cliff,&nbsp;<em><a href="https://www.marxists.org/archive/cliff/works/1987/09/oppressed.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">The working class and the oppressed</a></em></td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_7706_16_3" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_7706_16('footnote_plugin_tooltip_7706_16_3');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>3</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Voir notamment le récit de camarades de Marseille dans&nbsp;<em>«&nbsp;<a href="https://www.autonomiedeclasse.org/crise-politique/questions-et-hypotheses-a-partir-du-mouvement/">Quelques questions et hypothèses à partir du mouvement</a>&nbsp;»</em></td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_7706_16_4" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_7706_16('footnote_plugin_tooltip_7706_16_4');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>4</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Etienne Pénissat, <a href="https://alencontre.org/europe/france/france-la-dynamique-des-greves-et-la-faiblesse-de-linfrastructure-militante.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">La dynamique des grèves et la faiblesse de l’infrastructure militante</a></td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_7706_16_5" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_7706_16('footnote_plugin_tooltip_7706_16_5');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>5</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Il faut absolument lire le texte de Vanina Giudicelli,&nbsp;<em><a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/existe-t-il-un-danger-fasciste-en-france/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Existe-t-il un danger fasciste en France&nbsp;?</a></em></td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_7706_16_6" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_7706_16('footnote_plugin_tooltip_7706_16_6');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>6</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Frédéric Lordon a très bien exprimé cela à différentes reprises, avec ses descriptions éloquentes de Macron en autocrate halluciné par son égo. Son argument était que la seule manière de le débrancher était de faire pression sur les intérêts économiques du Capital.</td></tr>

 </tbody> </table> </div></div><script type="text/javascript"> function footnote_expand_reference_container_7706_16() { jQuery('#footnote_references_container_7706_16').show(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_7706_16').text('−'); } function footnote_collapse_reference_container_7706_16() { jQuery('#footnote_references_container_7706_16').hide(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_7706_16').text('+'); } function footnote_expand_collapse_reference_container_7706_16() { if (jQuery('#footnote_references_container_7706_16').is(':hidden')) { footnote_expand_reference_container_7706_16(); } else { footnote_collapse_reference_container_7706_16(); } } function footnote_moveToReference_7706_16(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_7706_16(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } } function footnote_moveToAnchor_7706_16(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_7706_16(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } }</script><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/4-mois-de-luttes-en-france/">4 mois de luttes en France</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Grande-Bretagne : un mouvement de grèves qui soulève des questions stratégiques importantes</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/international/grande-bretagne-un-mouvement-de-greves-qui-souleve-des-questions-strategiques-importantes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jakubowski]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 19 Jun 2023 15:14:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Grande-Bretagne]]></category>
		<category><![CDATA[Grève]]></category>
		<category><![CDATA[Syndicats]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Une vague de grèves importantes pendant les 11&#160;derniers mois a transformé la situation politique en Grande-Bretagne. C’est la fin d’une longue période où le niveau des luttes a été généralement très bas. Pendant l’été 2022 <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/grande-bretagne-un-mouvement-de-greves-qui-souleve-des-questions-strategiques-importantes/" title="Grande-Bretagne : un mouvement de grèves qui soulève des questions stratégiques importantes">[...]</a></div>
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<p style="font-style:normal;font-weight:600">Une vague de grèves importantes pendant les 11&nbsp;derniers mois a transformé la situation politique en Grande-Bretagne. C’est la fin d’une longue période où le niveau des luttes a été généralement très bas. Pendant l’été 2022 des travailleur·euses britanniques ont commencé à riposter à une échelle que nous&nbsp;n’avions pas vue depuis au moins une génération.</p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #08 &#8211; Mai 2023</h6>



<p class="has-drop-cap">Des grèves de cheminot·es à travers le pays, dans une dizaine de compagnies ferroviaires de l’industrie privatisée du rail, à la fin du mois de juin ont été suivies durant l’été par des grèves de travailleur·euses des télécommunications, de la poste et d’autres secteurs. Une grève sans précédent de la part des avocat·es pénalistes a fait que ce mouvement de grève, toujours plus grand, s’est étendu à des secteurs qui auparavant n’avaient pas d’expérience de lutte collective.</p>



<p>Pendant l’automne et l’hiver 2022-2023, les grèves se sont étendues aux travailleur·euses de l’université, aux fonctionnaires et puis à des milliers d’ambulancier·es, d’infirmier·es et d’autres personnels soignants et d’enseignant·es, avec notamment des dizaines de milliers d’enseignant·es en Écosse. En février, plus de 250 000 membres du syndicat enseignant (le NEU) les ont rejoints en Angleterre et au pays de Galles.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un renouveau des luttes</h2>



<p>Depuis 1993 il n’y avait eu aucune grève nationale touchant tous les métiers des chemins de fer, ni de grève nationale dans les télécommunications. Le principal syndicat des infirmier·es, le Royal College of Nursing, n’avait jamais fait grève en Angleterre et au pays de Galles depuis sa fondation il y a 106&nbsp;ans.</p>



<p>Des milliers de nouvelles personnes se sont ruées vers les syndicats pour adhérer. Le cas le plus spectaculaire a été celui du syndicat enseignant, le NEU, qui a gagné 50 000 nouveaux membres dans les semaines qui ont suivi l’annonce du vote pour la grève et du choix des journées de grève.</p>



<p>La lutte de classe ouverte est de retour. Poussé·es par une inflation galopante, qui se situe toujours à 13,5 % par an, selon l’estimation la plus exacte, les travailleur·euses savent qu’iels sont obligé·es de lutter, car sinon iels couleront.</p>



<p>En mars de cette année, l’action des travailleur·euses s’est traduite par la « perte » de 348 000 journées de grève, en hausse par rapport aux 210 000 journées le mois précédent. Le nombre d’arrêts de travail a atteint 654, le chiffre le plus élevé jamais enregistré par le Bureau National des Statistiques (ONS) avec la participation de 250 000 travailleur·euses.</p>



<p>Il y a eu presque 1,4&nbsp;million de journées de grève depuis décembre. Les reportages sur les grèves, bannis depuis longtemps dans les médias, sont aujourd’hui courants. L’idée d’organiser des piquets de grève, de manifester et de faire grève est acceptée maintenant par des millions de travailleur·euses. Et il en est sorti de larges débats sur comment les travailleur·euses peuvent se battre, peuvent gagner et où le faire.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img data-dominant-color="967c64" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #967c64;" loading="lazy" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/06/A2C_RevueN8_Grande-Bretagne_Illustr1-jpg.webp" alt="" class="wp-image-7683 not-transparent" width="750" height="499" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/06/A2C_RevueN8_Grande-Bretagne_Illustr1-jpg.webp 1000w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/06/A2C_RevueN8_Grande-Bretagne_Illustr1-300x200.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/06/A2C_RevueN8_Grande-Bretagne_Illustr1-768x511.webp 768w" sizes="auto, (max-width: 750px) 100vw, 750px" /><figcaption class="wp-element-caption"> </figcaption></figure>
</div>


<h2 class="wp-block-heading">Le rôle des directions syndicales</h2>



<p>Mais il y a un problème. Presque un an après le début de la vague de grèves, il n’y a eu aucune victoire nette dans les batailles nationales. Au lieu de cela, les dirigeant·es syndicaux négocient des accords qui sont largement en dessous du taux d’inflation.</p>



<p>La stratégie de ces dirigeant·es a été déterminante. Si la première phase s’est souvent caractérisée par le niveau d’enthousiasme et de participation aux piquets de grèves, la deuxième phase a vu les grèves prendre la forme d’une guerre de tranchée épisodique de stop and go qui a limité la pression sur les employeurs et le gouvernement.</p>



<p>Le rythme des conflits a été fixé par en haut par la bureaucratie syndicale.</p>



<p>Les grèves étaient puissantes et largement soutenues. Mais leur nature saccadée a signifié que les employeurs et le gouvernement ont pu chercher à laisser passer la tempête avec l’espoir que l’enthousiasme des grévistes s’estomperait avec la montée des difficultés financières, et que l’opinion publique perdrait patience avec les perturbations causées par les grèves.</p>



<p>Et de plus en plus, même ce rythme intermittent a été cassé avec l’annulation ou le report des grèves et cela pour une succession de raisons dont la mort de la reine n’est pas le seul exemple.</p>



<p>Il y a eu des journées où des grévistes de différents syndicats ont agi ensemble. Le 1er&nbsp;février et le 15&nbsp;mars par exemple, environ 500 000 travailleur·euses ont fait grève le même jour. Autour du 1er&nbsp;Mai, des enseignant·es, des fonctionnaires et des infirmier·es ont toustes fait grève mais pas le même jour.</p>



<p>Mais il n’y a pas eu de mouvement stratégique vers l’unité d’action.</p>



<p>La position initiale du gouvernement était d’affronter les grèves et de refuser de faire quelque concession que ce soit, tout en essayant de retourner l’opinion publique, à l’aide des médias, contre les grèves, les présentant comme des perturbations causées par de la pure cupidité.</p>



<p>Pourtant, arrivé à Noël, et lorsque des soignant·es ont commencé à faire des piquets de grève, le gouvernement conservateur, profondément impopulaire, a reconnu qu’il n’avait pas réussi à gagner l’argument dans la société face aux grèves et a changé de tactique. Il a alors cherché à entraîner les bureaucraties syndicales à signer des accords avec des concessions très limitées, qui étaient invariablement très en dessous des revendications initiales des grèves pour essayer de régler les conflits.</p>



<p>La troisième phase était donc celle d’accords limités et l’abandon d’actions supplémentaires. Mais nous avons aussi assisté à la résistance face à ce processus.</p>



<p>Les dirigeant·es du Royal College of Nursing ont invité leurs membres à accepter un mauvais accord. Mais les membres du syndicat se sont rebellé·es et ont rejeté l’accord. Dans le syndicat des universités (UCU), les travailleur·euses ont refusé de permettre aux dirigeant·es syndicaux de faire échouer les grèves et au moment de l’écriture de ces lignes, iels ont commencé un boycott de la correction des examens.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Quelle stratégie pour gagner ?</h2>



<p>Des membres du Socialist Workers Party (SWP) et d’autres militant·es ont commencé à organiser celleux qui ne veulent pas accepter ces mauvais accords. Un meeting en ligne a rassemblé 400&nbsp;personnes pour discuter de la coordination des grèves et pour certaines d’entre elleux, de la mise en place de réseaux pour se battre contre les reculs des dirigeant·es syndicaux.</p>



<p>Les traditions de la mobilisation à la base sont aujourd’hui faibles parce que la lutte a été très limitée depuis des décennies. Mais l’objectif est d’utiliser cette reprise des grèves pour reconstruire les réseaux militants.</p>



<p>Le mouvement a besoin aussi de se saisir de questions politiques plus larges –&nbsp;comme par exemple le besoin d’être contre le racisme et toute autre forme d’oppression. Le racisme et toutes les autres divisions sont un poison pour les travailleur·euses. Nous ne pouvons pas combattre les patrons si entre nous on se voit comme des ennemi·es.</p>



<p>S’appuyant sur nos analyses politiques plus générales, on pense que, puisque la libération des travailleur·euses découle de leur propre expérience de la lutte, cela ne marche pas s’il y a seulement des secteurs de travailleur·euses en grève ou si les actions restent sporadiques.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img data-dominant-color="757478" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #757478;" loading="lazy" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/06/A2C_RevueN8_Grande-Bretagne_Illustr2-jpg.webp" alt="" class="wp-image-7684 not-transparent" width="750" height="500" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/06/A2C_RevueN8_Grande-Bretagne_Illustr2-jpg.webp 1000w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/06/A2C_RevueN8_Grande-Bretagne_Illustr2-300x200.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/06/A2C_RevueN8_Grande-Bretagne_Illustr2-768x511.webp 768w" sizes="auto, (max-width: 750px) 100vw, 750px" /><figcaption class="wp-element-caption"> </figcaption></figure>
</div>


<p>Les reculs des dirigeant·es syndicaux ont fait du mal. Mais cela n’est pas une raison de désespérer. Plutôt, il s’agit de dire que, tout en portant le maximum de solidarité à toutes les grèves qui ont lieu, il est crucial aussi de développer une confiance chez les travailleur·euses de la base, de pousser à ce que les grévistes participent le plus pleinement possible aux décisions sur les conflits et d’encourager la construction de réseaux qui puissent mettre la pression sur les permanent·es syndicaux et organiser des initiatives indépendamment de la bureaucratie quand cela est nécessaire.</p>



<p>Nous avons besoin que les travailleur·euses, et les grévistes en particulier puissent reprendre le contrôle de leurs syndicats. Cela passe par des assemblées générales, le droit des grévistes de décider si des propositions sont acceptées et si des grèves doivent être arrêtées ou suspendues, le contrôle des négociations par les grévistes et des comités de grèves élus.</p>



<p>Sans une telle façon de s’organiser, les permanent·es à plein temps limiteront la lutte et insisteront sur des compromis plutôt que sur la vraie confrontation. Il ne suffit pas de voir les travers des dirigeant·es syndicaux. Il doit y avoir aussi des alternatives organisationnelles avec une base politique différente.</p>



<p>Reconnaître que nous avons beaucoup de chemin à faire –&nbsp;se confronter à la réalité&nbsp;– est crucial pour réussir à la fin. Dans les années 1980, ça parlait beaucoup des vieilles méthodes de lutte dont la nature serait fatalement démodée –&nbsp;les grèves de masse, les piquets de grève solides par autant de grévistes et soutiens que possible, s’opposer aux lois antisyndicales, rester en grève jusqu’à la victoire, etc.</p>



<p>Le monde avait changé, nous disait-on. De telles tactiques c’était de « la cavalerie contre des chars ». C’était faux à l’époque. Il est clair maintenant que 40&nbsp;ans après la grande grève des mineurs de 1984-1985 en Grande-Bretagne, ce sont les méthodes qui sont venues après, qui aujourd’hui sont épuisées – le partenariat avec les employeurs, les grèves d’une journée, agir dans les limites de la loi, chercher désespérément le soutien des médias, rejeter l’activité militante.</p>



<p>Ces tactiques furent le résultat de la défaite et du désespoir et elles nous ont amené·es à un point où la classe ouvrière bat en retraite depuis des décennies. C’est pourquoi il est si important de célébrer les grèves de 2022-2023, mais sans être satisfait des petites avancées.</p>



<h6 class="wp-block-heading">Charlie Kimber</h6>



<p><em>Charlie Kimber est un membre dirigeant du Socialist Workers Party en Grande-Bretagne et rédacteur en chef de leur journal.</em></p>



<p><em>Le titre et les intertitres sont de nous.</em></p>
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		<title>La lutte de classes est la solution !</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/la-lutte-de-classes-est-la-solution/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jakubowski]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 08 Jun 2023 07:30:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[Grève]]></category>
		<category><![CDATA[Retraites]]></category>
		<category><![CDATA[Syndicats]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Ce mardi 6 juin des centaines de milliers de&#160;manifestant·es&#160;défileront dans toute la France à l’appel des directions syndicales pour la 14è journée nationale depuis janvier contre l’attaque sur les retraites. En raison des chiffres en <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/la-lutte-de-classes-est-la-solution/" title="La lutte de classes est la solution !">[...]</a></div>
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<p class="has-drop-cap">Ce mardi 6 juin des centaines de milliers de&nbsp;manifestant·es&nbsp;défileront dans toute la France à l’appel des directions syndicales pour la 14è journée nationale depuis janvier contre l’attaque sur les retraites.</p>



<p>En raison des chiffres en baisse, cette journée sera analysée largement comme la fin du mouvement.</p>



<p>Mais cette conclusion sera fausse.</p>



<p>D’abord parce que la baisse du chiffre de&nbsp;manifestant·es&nbsp;ne reflètera que l’impasse dans laquelle a conduit la stratégie institutionnelle des directions syndicales et l’absence actuelle de toute perspective sur le front des retraites alors que tous les recours institutionnels ont échoué et que la loi est passée. Devant cette impasse la majorité des travailleurs et travailleuses ne veulent pas gaspiller leurs forces en pure perte.</p>



<p>Mais surtout parce que, du coup, ce n’est pas là que les choses importantes se passent.&nbsp;</p>



<p>Devant l’impasse le mouvement a changé de forme. La combativité et la confiance gagnées par la révolte de masse contre le pouvoir est en train de nourrir des luttes locales sur les revendications salariales et les conditions de travail. C’est sur ce terrain que continue le processus engagé sur les retraites.</p>



<p>Vendredi dernier, 2 juin, les salariées d’un entrepôt de logistique de Verbaudet (vêtements, jouets et matériel pour les enfants) ont gagné sur leurs revendications salariales après 75 jours de grève. Ces femmes qui n’avaient jamais fait grève de leur vie, ont démarré leur grève pendant le mouvement des retraites. Et ces dernières semaines leur lutte était devenue emblématique.</p>



<p>Le samedi 3 juin près de 2000&nbsp;salarié·es&nbsp;de Disneyland en région parisienne ont manifesté dans les allées du parc d’attraction pour le même type de revendications. C’était leur troisième journée de grève et de manifestations et le mouvement se développe.</p>



<p>Le 7 juin les&nbsp;salarié·es&nbsp;des librairies feront grève dans plusieurs villes du pays pour leurs salaires.</p>



<p>Il y a des points communs entre ces exemples. A Verbaudet la grève est née suite à un piquet organisé pendant le mouvement des retraites devant l’entrepôt par des syndicalistes extérieurs à l’entreprise. C’est ce qui a donné la confiance à un groupe de&nbsp;salarié·es&nbsp;pour lancer la grève sur leurs propres revendications. La grève reconductible s’est construite sur la base de piquets et d’assemblés hebdomadaires.</p>



<p>L’appel à la grève des libraires est née d’une nouvelle organisation, le <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/actions/libraires-en-greve-cest-trop-la-classe/">Bookbloc</a>, coordonnant les&nbsp;salarié·es&nbsp;des librairies, très majoritairement non&nbsp;syndiqué·es&nbsp;jusque-là, pour participer au mouvement des retraites au travers d’assemblées hebdomadaires.</p>



<p>A Disneyland le mouvement, impliquant individuellement des&nbsp;syndiqué·es&nbsp;est né en dehors des syndicats. Les syndicats ne l’ont rejoint qu’à partir de la deuxième journée et le mouvement a sa propre structure, le Mouvement anti-inflation.</p>



<p>A Marseille, le samedi 3 juin, des&nbsp;salarié·es&nbsp;et membres de divers collectifs <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/actions/lennemi-narrive-pas-en-bateau-mais-en-limousine/">ont largement perturbé une célébration officielle d’un musée emblématique de la ville</a>. L’initiative est née des contacts établis pendant le mouvement des retraites pour tenter de coordonner différents secteurs. Une Assemblée des travailleurs de la culture s’est ainsi constituée avec notamment des&nbsp;salarié·es&nbsp;en lutte d’un sous-traitant de ce musée. Les différentes actions ce 3 juin ont fait le lien avec la lutte contre le projet de loi anti-immigration du gouvernement et la solidarité avec les&nbsp;migrant·es.</p>



<p>La stratégie des directions syndicales, privilégiant les manifestations à la grève et totalement orientée vers des solutions institutionnelles, a totalement dominé le mouvement pendant des mois en l’absence de formes d’organisations de base capables de forger une stratégie alternative. Mais le processus né en janvier ne s’est pas arrêté pour cela. Et la multiplication des conflits localisés est la base sur laquelle le mouvement peut commencer à construire ce qui lui a manqué jusque-là.</p>



<p>D’autant que ces conflits ne se limitent pas aux questions économiques. Ce dimanche 4 juin des milliers d’antifascistes ont défilé dans les rues de Paris en hommage à Clément Méric, un militant tué par les fascistes il y a dix ans. Le 17 juin et 8 juillets prochains des journées nationales de manifestation sont organisées contre un projet de loi raciste et anti-migrants du gouvernement. Le même 17 juin des centaines de syndicalistes se réuniront à Paris pour discuter de la lutte contre l’extrême-droite.</p>



<p>Le très faible niveau de coordination de toutes ces initiatives est le propre de cette phase du mouvement. Mais, reflet de l’absence de direction conséquente donnée par la gauche, elle est le terreau sur lequel peut commencer à se construire une alternative.</p>



<h6 class="wp-block-heading">Denis Godard, Paris 20e</h6>
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