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	<title>Archives des Situation - A2C - Autonomie de classe</title>
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	<description>Pour l&#039;autonomie de classe !</description>
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	<title>Archives des Situation - A2C - Autonomie de classe</title>
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		<title>Après une mobilisation réussie le 5 décembre, l&#8217;attentisme des directions syndicales : quels enjeux pour la suite ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[A2C-WP_Anouk]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 12 Dec 2024 09:07:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[Retours militants]]></category>
		<category><![CDATA[Education]]></category>
		<category><![CDATA[Grève]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Début octobre, le gouvernement Barnier avait présenté son plan budgétaire 2025 dans l’objectif de réaliser une économie de 60 milliards d’euros. Il s’agissait donc de prévoir une augmentation d’impôts et des coupes budgétaires colossales dans <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/apres-une-date-de-mobilisation-reussie-le-5-decembre-attentisme-de-lintersyndicalequels-enjeux-pour-la-suite-retour-dexperiences/" title="Après une mobilisation réussie le 5 décembre, l&#8217;attentisme des directions syndicales : quels enjeux pour la suite ?">[...]</a></div>
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<p></p>



<p>Début octobre, le gouvernement Barnier avait présenté son plan budgétaire 2025 dans l’objectif de réaliser une économie de 60 milliards d’euros. Il s’agissait donc de prévoir une augmentation d’impôts et des coupes budgétaires colossales dans les dépenses publiques avec des suppressions de postes, un gel des salaires et une diminution des indemnisations des arrêts maladies. Face à cette tentative de faire payer la crise aux travailleurs et aux travailleuses, les syndicats ont appelé à une grosse mobilisation de la fonction publique le 5 décembre.</p>



<p>Face au manque de soutien dans l’hémicycle, Barnier a annoncé faire l’usage d’un 49-3 pour faire passer son plan budgétaire sans avoir à négocier à nouveau avec le Rassemblement National. Cette décision a valu la chute du gouvernement à la suite d’une motion de censure votée conjointement par le Nouveau Front Populaire et le Rassemblement National.</p>



<p>Cette chute du gouvernement aurait pu provoqué une démobilisation des travailleurs et travailleuses puisqu’elle pourrait laisser penser que la loi sur le budget n’est plus à l’ordre du jour pour le gouvernement.<br></p>



<p>Pourtant, la mobilisation du 5 décembre a été une véritable réussite et notamment dans le secteur de l’éducation. La grève a été un indéniable succès au niveau national avec 54 % de grévistes dans le Secondaire et 65% dans le primaire. Cette mobilisation traduit à la fois l’ampleur de la colère face aux attaques majeures que subit l&rsquo;Éducation : jours de carences, suppression massives de postes, approfondissement du tri social par la réforme du choc des savoirs mais elle a traduit aussi la conscience que la chute du gouvernement ne signifie en rien l’arrêt de ces attaques mais qu’au contraire la classe dirigeante prépare le prochain round. Nous avons ici recueilli les retours de nos camarades d’A2C impliqués dans les grèves du 5 décembre, notamment dans le secteur de l’éducation :</p>



<p><strong>A Paris et Marseille, des assemblées générales combatives le 5 décembre<br><br></strong>Comme dans de nombreuses régions, une AG s’est tenue à Paris, à la fin de la manifestation. Elle a rassemblé 150 personnes à la Bourse du travail, essentiellement des enseignant.es du secondaire d’îles de France et quelques lycéen.nes (150 lycées ont été bloqués dans la journée).</p>



<p>A Marseille, une AG de grévistes appelée par l’ensemble des syndicats de l’éducation, à la fin de la manifestation a rassemblé une centaine de personnes à la Bourse du Travail. Comme à Paris, beaucoup des profs avaient participé dans les jours précédents ou dans la matinée à des Assemblées Générales de villes, rassemblant chaque fois plusieurs dizaines d’enseignant.es du primaire et du secondaire afin d’élaborer collectivement la suite de la mobilisation. Ainsi, ils ont pu faire remonter les chiffres de grévistes toujours enthousiasmants et donner une impression sur la motivation actuelle.</p>



<p>Dans les AG, le climat actuel de crise du pouvoir, de mobilisations qui se développent dans de nombreux secteurs (fonction publique le 5 décembre, dockers les 9 et 10 décembre , SNCF à partir du 12, contre les plans de licenciement également le 12) a imposé l’idée que c&rsquo;est le moment d’y aller et de construire maintenant un rapport de force pour gagner. Personne n’a envie d’attendre qu’un nouveau gouvernement s’organise pour lancer de nouveau ses attaques.<br></p>



<p>Dans les AG, à Paris comme à Marseille, plusieurs sont revenue.es sur le bilan de la mobilisation contre les retraites de 2023 . La mobilisation, conçue par les directions syndicales comme une succession de “temps forts” alignés sur le calendrier parlementaire, sur la seule revendication des retraites, avait été un frein à l’auto activité des grévistes, l’approfondissement et l’élargissement de la grève. La volonté de construire une autre stratégie s’appuyant sur les AG a abouti à un appel à plusieurs jours de grève active la semaine prochaine, dès le 10 et le 11 décembre pour préparer un “ tous ensemble “ le 12 décembre. Lorsque, au cours de l’AG, quelqu’un annoncé que l’intersyndicale de la Fonction publique n&rsquo;appelle à rien à l’issue de cette journée, cela n’a en rien remis en cause la stratégie qui se discutait à l’AG. Un appel plus restreint ( CGT, FSU, Solidaire) de la Fonction publique appelle sans conviction à poursuivre la mobilisation y compris par la grève le 12 décembre.<br><br>A Paris, la question de la nécessité de se mobiliser contre le racisme a été ouvertement abordée. Plusieurs AG de villes, en particulier dans le 93 ou le travail avait déjà été fait l’an dernier, portaient la revendication de l’abrogation de la loi Darmanin et la mobilisation du 14 et 18 décembre.<br><br></p>



<p><strong>Malgré la détermination du 5 décembre, un reflux lié à la posture attentiste des directions syndicales</strong></p>



<p>A la suite de la mobilisation du 5 décembre, pourtant, à l’inverse de la combativité de notre classe, les directions syndicales font preuve d’une posture attentiste, appelle mollement au 12, avec un appel à « construire des temps forts jusqu’au 12 ». Dans une perspective de négociation avec le futur gouvernement, les directions font les sourds de la combativité de nos grèves.</p>



<p><br>Un camarade prof à Paris :&nbsp;</p>



<p>« Au lycée Voltaire, nous étions 35 en AG hier sur la pause midi ( sans heure syndicale &#8211; pas mal!). Ça a longuement débattu de la situation post 5 et post démission du gouvernement. On avait voté la grève de 3 jours la semaine précédente à 37 collègues mais pas mal ont reculé face au manque de détermination des syndicats. Chacun s&rsquo;inventait des arguments genre : Il n&rsquo;y a plus de gouvernement, donc plus personne pour négocier, donc la grève ne sert à rien, où à l&rsquo;opposé : on a dit 3 jours de grève, donc on arrête jeudi donc on n&rsquo;est pas déterminés, donc ça sert à rien&#8230; Mon sentiment est que tout ça reflétait un manque de confiance dans notre propre initiative. On a argumenté sur l&rsquo;absence de solution par en haut, contre l&rsquo;attentisme et la nécessité de prendre nos affaires en main. Du coup, on est 15 à s&rsquo;être déclarés grévistes à partir de ce matin et 12 se sont déclaré indécis (peut être en grève jeudi).<br>Après un piquet de grève à 9 ce matin, on est parti à l&rsquo;AG des grévistes de Paris Est (il y avait plusieurs AG de grévistes dans Paris appelées par l&rsquo;intersyndicale hors SNES hélas). Nous étions une petite 20aine mais nous nous sommes organisés, à l&rsquo;initiative du collège particulièrement mobilisé, pour partir en tournée dans une trentaine de lycée et collèges ce matin avec un très bon accueil par endroit. C&rsquo;était d&rsquo;autant plus important que beaucoup n&rsquo;était pas au courant du 12 : les appels ne circulent pas ou ne sont pas vraiment discutés si ça ne s&rsquo;organise pas par en bas. »</p>



<p>Une camarade prof dans le 93 :</p>



<p>« Entre temps, [depuis le 5 décembre] la sauce est un peu retombée dans les échos que je peux avoir à la fois au niveau départemental et national (par exemple au collège d&rsquo;à côté, iels étaient 90% en grève le 5 et il n&rsquo;y aura personne le 12). Cette histoire « de temps fort pouvant aller jusqu&rsquo;à la grève » a beaucoup démobilisé. Je ne sais pas comment les prochains jours vont se passer mais pour l&rsquo;instant, chez nous, ça risque de ne vraiment pas être aussi suivi. C&rsquo;est vraiment bizarre parce qu&rsquo;il y avait une vraie détermination le 5 et tout à coup, il y a une forme d&rsquo;attentisme. Pour l&rsquo;instant, il y a des discussions syndicales pour savoir si on manifeste, si on organise juste des rassemblements ou si on rejoint celui de la CGT région parisienne qui à la base est consacré à l&#8217;emploi et à la réindustrialisation. »</p>



<p>Une camarade AED à Marseille :</p>



<p>« Malgré l’appel à reconduire issue de l’AG de grévistes et la détermination des prises de parole, peu ont réellement saisi la nécessité de s’organiser pour construire la grève en AG et en tournées d’établissements. Les possibilités à construire la grève se sont révélés reposer sur quelques dizaines de militant.es sur la ville et des difficultés à remobiliser les collègues dans mon établissement. Si peu d’espoir sont placés en un nouveau gouvernement, peu d’espoir sont désormais placés dans la perspective d’une grosse mobilisation cette semaine. A quelques un.es, ce mardi nous avons fais une tournée des établissements, la plupart des collègues n’étaient pas informées de cette nouvelle date de grève et encore moins de la grève reconductible votée en assemblée générale. »<br></p>



<p>Encore une fois, c’est toujours plus dur de devoir prendre en charge les choses soi-même lorsque l’on sait que personne d’autre ne le fera vraiment à notre place. L’initiative et la détermination à essayer de poursuivre vont compter triple dans les prochains jours…Pour réussir à faire changer la donne, nous devrons être plus de militant.es organisé.es autour de la nécessité de renforcer l’auto-organisation de notre classe et d’argumenter dans les AG et sur les établissements sur des mots d’ordre politique qui révèlent les impossibilités de la classe dirigeante à répondre à nos intérêts et qui pousse sur la nécessité de s’opposer au racisme et au danger fasciste par en bas, en dehors des magouilles politiciennes qui nous désarment de notre véritable pouvoir et de la véritable solution et ne font que renforcer les dangers qui nous guettent.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Les camarades A2C dans travailleurs de l&rsquo;Education.</p>
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		<title>Syrie, la fin d&#8217;un despote : immense espoir mais pas encore la libération</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/syrie-la-fin-dun-despote-immense-espoir-mais-pas-encore-la-liberation/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[A2C-WP_Anouk]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 10 Dec 2024 15:56:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[internationalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Révolution]]></category>
		<category><![CDATA[Situation]]></category>
		<category><![CDATA[Syrie]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">La fin pathétique d’Assad et les possibilités pour le futur Le 8 décembre 2024, la dictature d’al-Assad est tombée lorsque les rebelles d’Idlib ont pris Damas au bout d’une campagne militaire éclair. L’armée a abandonné <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/syrie-la-fin-dun-despote-immense-espoir-mais-pas-encore-la-liberation/" title="Syrie, la fin d&#8217;un despote : immense espoir mais pas encore la libération">[...]</a></div>
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<h3 class="wp-block-heading"><strong>La fin pathétique d’Assad et les possibilités pour le futur</strong></h3>



<p>Le 8 décembre 2024, la dictature d’al-Assad est tombée lorsque les rebelles d’Idlib ont pris Damas au bout d’une campagne militaire éclair. L’armée a abandonné position après position, ville après ville sans même faire semblant d’opposer une résistance. Après plus d’un demi-siècle de domination de la Syrie, Bachar al-Assad n’a trouvé personne pour défendre son régime.</p>



<p>Tout.e révolutionnaire, tout.e anti-impérialiste digne de ce nom doit se réjouir de la fin de cette dictature capitaliste brutale, qui exploite cyniquement la cause palestinienne tout en ayant tué et emprisonné des dizaines de milliers de militant.e.s de gauche, islamistes et syndicalistes, syrien.ne.s et palestinien.ne.s.&nbsp;</p>



<p>La fin pathétique d’Assad est un camouflet évident pour la Russie et l’Iran, mais aussi une condamnation sans appel de la stratégie du Hezbollah. Convaincu que la résistance avait un besoin vital d&rsquo;une alliance avec le régime, le Hezbollah a envoyé des milliers de ses combattants pour défendre Assad dans la guerre qu’il a menée contre le peuple syrien. Mais l’histoire des luttes anticoloniales et les événements des derniers mois en Palestine et au Liban montrent que la véritable force de la résistance ne vient pas du soutien d’États oppressifs, mais de la solidarité et de l’esprit de&nbsp; sacrifice qui animent les peuples en lutte.&nbsp;</p>



<p>Si le Hezbollah sera sans doute affaibli militairement à court terme, l’ouverture des possibilités de luttes populaires en Syrie pourrait constituer une victoire historique pour tous les peuples de la région qui ont intérêt à démanteler le système de rivalités impérialistes dont Israël constitue la base avancée.&nbsp;</p>



<p>En effet, si le régime syrien affichait un soutien de façade à la cause palestinienne, il constituait en réalité un gage de stabilité pour l’entité coloniale sioniste. C&rsquo;est son intervention militaire en 1976 aux côtés de la droite qui a empêché la gauche libanaise et palestinienne de prendre le pouvoir au Liban. Non content d’opprimer son propre peuple, sa répression brutale des militant.e.s et du peuple palestinien.ne.s sur le territoire syrien a culminé dans le siège infâme du camp de Yarmouk en 2014 qui a déplacé des dizaines de milliers de Palestinien.ne.s par les bombes et la famine. Enfin, l’armée du régime n’a pas tiré une balle sur Israël pour tenter de récupérer le Golan annexé depuis 1973.&nbsp;</p>



<p>Israël en est conscient, et si Netanyahu se réjouit publiquement de la chute d’un allié de l’Iran, il regarde les événements syriens d’un œil inquiet. Son armée a repris les positions abandonnées par l’armée syrienne et mène une énorme campagne de bombardements depuis le 8 décembre pour détruire les stocks d’armes de l’armée de Bachar al-Assad, par peur qu’elles ne tombent entre des mains moins raisonnables que celles du régime.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Prise de pouvoir des rebelles sur un régime affaibli par la révolution de 2011</strong></h3>



<p>La coalition rebelle menée par les islamistes de Hay’at Tahrir al Cham (HTC, Organisation de libération du Levant) et soutenue par la Turquie, est tombée sur un pouvoir ossifié qui ne contrôlait la majeure partie du territoire syrien uniquement grâce à l’aide de la Russie, de l’Iran et de ses alliés. La Syrie est ouverte aux quatre vents des interventions directes et indirectes par les puissances régionales et mondiales, et est divisée en zones d’influences de différentes organisations armées. Cette situation de fragilité du régime trouve ses racines dans la guerre déclenchée par le régime contre le soulèvement populaire de 2011, dans le sillage des révolutions tunisienne et égyptienne.&nbsp;</p>



<p>Si ce n’est pas un soulèvement populaire qui a donné le coup de grâce au régime syrien, c’est bien la révolution de 2011 qui a affaibli le régime et créé les conditions de sa chute.&nbsp;</p>



<p>La révolution de 2011 se déclenche contre la répression et la hagra quotidiennes, alors que les inégalités et la pauvreté extrême avaient fortement augmenté dans les années précédentes. Une grande partie du peuple syrien, ayant vu les révolutionnaires en Tunisie et en Egypte renverser des dictateurs installés depuis des décennies, s’engage contre le régime de Bachar al-Assad. Mais contrairement aux Tunisien.ne.s et aux Egyptien.ne.s, les Syrien.ne.s partaient presque de zéro : ils et elles n’ont pas pu bénéficier de réseaux et d’expériences militantes établies dans les années précédentes, durant lesquelles des mouvements étudiants, syndicaux et politiques s’étaient développés en Tunisie et en Egypte. Il s’agit d’un élément important qui explique le développement particulier de la révolution syrienne.&nbsp;</p>



<p>En 2010-2011, les soulèvements en Tunisie et en Egypte ont rapidement pris les grandes villes et lancé de fait des grèves générales, paralysant les régimes et limitant leur capacité à réprimer et à diviser. &nbsp;</p>



<p>La révolution en Syrie s’est développée plus lentement et de manière plus éparse.&nbsp;</p>



<p><strong>Révolution syrienne : du soulèvement de masse à la lutte des groupes armés.</strong></p>



<p>Le régime a pu déployer une stratégie d’écrasement de la révolte foyer par foyer. Mais quand des soldats refusent de tirer sur le peuple et se rangent de son côté, ils forment des groupes armés locaux qui essaient de libérer des quartiers et des territoires. Le régime réagit en se retirant de certaines localités pour les dévaster par des sièges et des bombardements. Cette politique de la terre brûlée a pour double effet d’accélérer la militarisation de la révolution et de faire reculer les possibilités d’auto-organisation populaire, et donc de contrôle politique des groupes armés par le reste du mouvement.&nbsp;</p>



<p>Les groupes armés, pour la plupart formés de révolutionnaires, croyaient sincèrement faire avancer la révolution, mais la guerre finit par imposer sa propre logique. Pour s’armer et espérer avoir une chance de se défendre face au régime, ils se tournent vers des donateurs de puissances régionales comme l’Arabie Saoudite, les Emirats Arabes Unis, le Qatar ou encore la Turquie. Ces derniers y voient une opportunité de faire avancer leurs intérêts, et par les financements sélectifs, des batailles fratricides et des regroupements, ce sont les organisations djihadistes, dont les dirigeants ne partagent pas les objectifs de la révolution syrienne, qui finissent par dominer. Après être passée par de nombreuses transformations, une de ces organisations devint <em>HTC</em>, la principale force de la coalition d’Idlib et le fer de lance de l’offensive décisive contre le régime de ces derniers jours.</p>



<p>Le régime a donc réussi à écraser le soulèvement populaire au prix de la destruction du tissu social de la Syrie, dévastant des quartiers et des villes entières. Il en est ressorti avec une armée sclérosée, composée d’engagés de force, et une dépendance totale envers l’Iran et la Russie pour sa survie. Il finit par s’effondrer comme un château de cartes face à une organisation qu’il avait lui-même contribué à créer en écrasant la révolution.&nbsp;</p>



<p>De par son idéologie et son organisation, HTC n’a rien à voir avec la révolution syrienne de 2011. Si elle a modéré son discours et ses pratiques ces dernières années, elle reste une organisation militaire, islamiste et conservatrice qui n’a pas hésité à réprimer des mouvements populaires dans la province d’Idlib qu’elle a longtemps contrôlée.&nbsp;</p>



<p>La situation peut sembler comme une victoire pour la Turquie, dont l’objectif principal reste d’empêcher l’émancipation du peuple kurde des deux côtés de la frontière. Mais un tel constat serait trop hâtif : d’abord, parce qu&rsquo;il sous-estime le caractère <em>syrien </em>des HTC et des autres organisations, certes soutenues par la Turquie mais qui ont leurs propres bases et leurs propres motivations. Ensuite, et plus fondamentalement, la chute spectaculaire du régime illustre l’instabilité au niveau régional, mais aussi et surtout social et politique en Syrie. La dynamique du terrain ne peut être pilotée à volonté depuis Ankara, Washington ou Téhéran.&nbsp;</p>



<p>Avec la chute d’Assad, le peuple kurde voit lui aussi un de ses grands oppresseurs mordre la poussière et c’est en soi une bonne nouvelle. Mais le peuple kurde ne pourra jamais s’émanciper derrière le dos du reste de la société. La stratégie actuelle de ses organisations qui consiste à se trouver un allié parmi telle ou telle puissance impérialiste ne lui permet que de construire des îlots précaires dont il ne contrôle pas le destin. Des alliances plus prometteuses seraient à trouver avec les peuples de la région dans une dynamique révolutionnaire qui viendrait remettre en cause les entités créées par le colonialisme et l’impérialisme.&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Face à la chute du pouvoir d&rsquo;Assad, l&rsquo;espoir est dans les mobilisations populaires</strong></h3>



<p>Les événements des deux dernières semaines ne s’inscrivent donc pas dans la continuité d’un processus révolutionnaire qui est défait depuis longtemps. Mais c&rsquo;est bien la révolution populaire de 2011 qui est à l’origine de la fragilisation du régime, et ce dernier ne s&rsquo;en est jamais remis.&nbsp;</p>



<p>Par contre, les groupes armés qui ont fait chuter le régime ne représentent plus depuis longtemps la révolution syrienne. Les groupes armés, sans alternative politique menée par les peuples syriens eux-mêmes, pourraient précipiter le sort des Syrien.ne.s vers une nouvelle forme de domination politique et économique.&nbsp;</p>



<p>Mais l’effondrement du régime réveille également de grands espoirs et de grandes attentes. Les scènes de liesse populaire, d’unité affichée entre Syrien.ne.s de différentes confessions sous les slogans des premiers jours de la révolution, les prises d’assaut des prisons pour libérer des dizaines de milliers de prisonnier.e.s &#8211; et de militant.e.s &#8211; ne sont pas anecdotiques. Elles signalent la possibilité du retour de la solidarité et de la politique par en-bas,<strong> seule porteuse de véritable espoir d’émancipation pour <em>tous les peuples</em> de Syrie et de la région.&nbsp;</strong></p>



<p>Jad Bouharoun A2C 18e</p>
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