<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Archives des Sans-papiers - A2C - Autonomie de classe</title>
	<atom:link href="https://www.autonomiedeclasse.org/tag/sans-papiers/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://www.autonomiedeclasse.org/tag/sans-papiers/</link>
	<description>Pour l&#039;autonomie de classe !</description>
	<lastBuildDate>Mon, 20 Jul 2026 19:51:22 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=6.9.5</generator>

<image>
	<url>https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2019/11/cropped-A2C_icon2-1-150x150.png</url>
	<title>Archives des Sans-papiers - A2C - Autonomie de classe</title>
	<link>https://www.autonomiedeclasse.org/tag/sans-papiers/</link>
	<width>32</width>
	<height>32</height>
</image> 
	<item>
		<title>Comment Minneapolis, solidaire et antiraciste, a résisté à ICE ? </title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/comment-minneapolis-solidaire-et-antiraciste-a-resiste-a-ice/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ahmed Hammad]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 20 Jul 2026 19:51:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Retours militants]]></category>
		<category><![CDATA[Antifascisme]]></category>
		<category><![CDATA[Fascisme]]></category>
		<category><![CDATA[Migrants]]></category>
		<category><![CDATA[Minnepolis]]></category>
		<category><![CDATA[no kings]]></category>
		<category><![CDATA[Racisme]]></category>
		<category><![CDATA[Sans-papiers]]></category>
		<category><![CDATA[Trump]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=10992</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">À Minneapolis, la résistance des habitant&#8216;es face aux exactions du service d’immigration et des douanes (ICE &#38; CBP) contre sa population depuis décembre 2025 a été exemplaire. Les Minneapolitain&#8216;es ont mis en place une organisation <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/comment-minneapolis-solidaire-et-antiraciste-a-resiste-a-ice/" title="Comment Minneapolis, solidaire et antiraciste, a résisté à ICE ? ">[...]</a></div>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/comment-minneapolis-solidaire-et-antiraciste-a-resiste-a-ice/">Comment Minneapolis, solidaire et antiraciste, a résisté à ICE ? </a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>À Minneapolis, la résistance des habitant</em>&lsquo;<em>es face aux exactions du service d’immigration et des douanes (ICE &amp; CBP) contre sa population depuis décembre 2025 a été exemplaire. Les Minneapolitain</em>&lsquo;<em>es ont mis en place une organisation entre habitant&rsquo;es qui a contraint Donald Trump à mettre un terme à l’opération anti-immigration « Metro Surge » le 12 février. Nous vous retranscrivons ici l’échange que nous avons eu avec Leo, un étudiant militant et révolutionnaire de Minneapolis qui nous raconte la résistance de ces derniers mois.</em></p>



<p class="has-text-align-right has-luminous-vivid-amber-background-color has-background" style="font-size:11px;text-transform:uppercase"><strong>Les Cahiers d’A2C #21 – Mars 2026</strong></p>



<p><strong>Question : Trump a annoncé le retrait d’ICE de Minneapolis. Est-ce vrai ? Ils partent en ayant fait 2 mort&rsquo;es et des milliers d’enlèvements, mais ils ont fait face à une résistance sans précédent. Est-ce une victoire pour notre camp ?&nbsp;</strong><br><strong>Réponse :</strong> ICE n’est pas encore totalement parti. Ils sont passés de 4000 agent&rsquo;es lors de l’opération « Metro Surge » à quelques centaines aujourd’hui. Ils ont changé leurs tactiques et sont désormais plus discrets. Il y a encore des enlèvements, mais moins qu’avant. La ville est survolée par des hélicoptères et des drones, on se sent toujours sous occupation.&nbsp;<br>Mais, oui, c’est une première victoire. Greg Bovino, le commandant qui s’habillait comme un Nazi, a été retiré de la ville, et l’opération « Metro surge » a officiellement été arrêtée. Nous voulons plus, nous voulons l’abolition de ICE et de DHS (NdT : Department of Homeland Security, équivalent du ministère de l’intérieur dont dépend ICE), mais il faut célébrer cette victoire partielle qui a été obtenue par la résistance.</p>



<p><strong>Q : Tu nous dis que ICE n’est pas totalement parti, mais qu’en est-il de la résistance ? Est-elle toujours aussi bien organisée ?&nbsp;</strong><br><strong>R :</strong> C’est moins intense qu’avant, il y a moins de confrontations directes avec les agents d’ICE. Mais la résistance est toujours organisée. Les aspects de défense collective existent toujours, la solidarité financière aussi, et un mouvement pour un moratoire sur les loyers est en train de naître. Les gens continuent de vouloir s’organiser de nouvelles manières. Un militant socialiste et syndicaliste qui a vécu le mouvement antiraciste de 2020 (NdT : George Floyd, dont la mort a déclenché Black Lives Matter, a été tué par la police de Minneapolis) m’a dit qu’en comparaison, plus de personnes et de collectifs s’organisent dans la durée cette fois-ci, alors que la vague était retombée assez vite en 2020. Nous avons les dates du 28 mars (NdT : No Kings Day, journée de manifestations nationales contre Trump) et le 1er mai en ligne de mire, donc des choses concrètes à faire pour les prochaines semaines.</p>



<p><strong>Q : Quelle était selon toi la différence entre Minneapolis et des villes comme Los Angeles, New York et Chicago où la résistance à ICE était là mais pas assez forte pour créer une crise politique face à Trump ? </strong><br><strong>R :</strong> Je n’ai pas de réponse complète. Je n’étais pas à LA, NY et Chicago. Mais les raids de ICE là-bas étaient peut-être des tests grandeur nature, moins longs et moins intenses. Ici, le niveau de violence et l’intensité ont fait qu’on n’avait pas le choix. On a senti qu’organiser une résistance était une question de vie ou de mort. Et bien sûr, on ne partait pas de zéro. Il y a des traditions à Minneapolis, Black Lives Matter qui est parti de là en 2020, il y a un mouvement syndical réel sur le terrain. </p>



<p><strong>Q : Concrètement, qui s’est battu contre ICE à Minneapolis ?&nbsp;</strong><br><strong>R :</strong> Beaucoup d’organisations antiracistes, antifascistes, syndicales, etc, ont joué un rôle dans la résistance, qui était très décentralisée au tout début. Parmi les syndicats je me souviens de SEIU (NdT : syndicat des travailleur.e.s de l’entretien des bâtiments), du syndicat des transports et de l’éducation. Beaucoup ont commencé à se préparer dès l’élection de Trump. Par exemple, une association (parmi d’autres) a annoncé en janvier qu’elle avait formé près de 40 000 personnes au rôle « d’observateur&rsquo;ice légal&rsquo;e » des actions de ICE. Ce sont les gens qui filment, qui utilisent leur sifflet, qui alertent le quartier qu’un raid est en cours. Ça donne une idée du nombre de personnes qui ont cherché à s’organiser pour résister.</p>



<p><strong>Q : Quel rôle ont joué les espaces partagés comme les écoles, les lieux de culte, les quartiers, etc, dans l’organisation de la résistance ?&nbsp;</strong><br><strong>R :</strong> Les lieux de culte et les écoles ont joué des rôles fondateurs de la résistance. Auparavant, c’étaient des lieux « sanctuaires », mais Trump a changé ça. Je ne dis pas que kidnapper des gens dans la rue est acceptable, mais quand ICE entre dans les églises pour arrêter votre voisin&rsquo;e, quand des élèves sont cueilli&rsquo;es à la sortie des écoles, c’est particulièrement choquant, ça ne passe pas. Quand tu vois le pupitre vide d’un&rsquo;e élève qui s’est fait kidnapper, que la personne que tu voyais à l’église tous les dimanches n’est plus là&#8230; Tout le monde dans ces lieux se sent concerné. C’est plus puissant que de voir une vidéo sur TikTok, Instagram ou à la télé. Alors beaucoup de choses sont parties des écoles et des églises, comme les réseaux d’entraide ou les groupes de voisin&rsquo;es.&nbsp;<br>Des groupes de voisin&rsquo;es se sont aussi formés au niveau des rues ou des quartiers, pour organiser des patrouilles et donner l’alerte quand ICE débarquait au petit matin. C’est comme ça que des rassemblements de quelques dizaines ou quelques centaines de personnes se formaient très rapidement pour résister aux raids. Même les scouts ont participé à la résistance, simplement parce que des enfants qui faisaient partie des scouts ont été enlevés par ICE.&nbsp;</p>



<p><strong>Q : Tu as beaucoup parlé des voisin&rsquo;es qui aident à organiser la résistance. Et les voisin&rsquo;es racistes dans tout ça ? Qui a aidé ICE à Minneapolis ?&nbsp;</strong><br><strong>R :</strong> C’est principalement la police de Minneapolis qui a aidé ICE. Malgré les déclarations du maire démocrate de la ville (NdT : dont la police dépend) qui demandait publiquement à ICE de partir, la police a aidé ICE, a repoussé les manifestant&rsquo;es, etc. Ça a été un choc, peut-être pas pour les militant&rsquo;es, mais pour une bonne partie de la population. Concernant les voisin&rsquo;es : sans doute, comme souvent, des racistes ont dû appeler ICE pour dénoncer des voisin&rsquo;es. Mais je ne sais pas si c’était un phénomène massif. Minneapolis est une ville marquée à gauche. Mon expérience personnelle, j’ai fait beaucoup de porte à porte et pas une fois je ne suis tombé sur quelqu’un qui soutenait ICE ouvertement. Donc en tout cas, les racistes ne se sont pas exprimé&rsquo;es publiquement. Après, dans les comtés plus ruraux du Minnesota, c’est peut-être plus nuancé, je ne sais pas.&nbsp;</p>



<p><strong>Q : Des organisations fascistes comme les Proud Boys ont essayé de venir à Minneapolis pour soutenir ICE, non ? Comment ça s’est passé ?&nbsp;</strong><br><strong>R :</strong> Je vois de quoi vous parlez, ça n’était pas officiellement les Proud Boys, mais un des organisateurs du 6 janvier (NdT : l’émeute du Capitole suite à la défaite électorale de Trump face à Biden en 2021), Jake Lang. Il est venu à Minneapolis avec quelques soutiens pour organiser un rassemblement pro-ICE et anti-Islam visant spécialement la communauté somalienne de Minneapolis. Finalement lui et ses soutiens n’étaient qu’une grosse dizaine, ils ont été complètement cernés par des centaines de manifestant&rsquo;es antifascistes, il s’est fait frapper, on lui a jeté des ballons à eau. Se retrouver trempé d’eau par -20°C, c’est difficile. Bref, il a passé un mauvais moment.&nbsp;<br>C’était très positif car ça en a dissuadé d’autres. Il y avait beaucoup de débats au sein du mouvement de résistance, des gens voulaient plutôt faire profil bas, au prétexte de ne pas leur faire de pub, ou de ne pas mettre les personnes racisé&rsquo;es en danger. Mais la majorité dans les AG a décidé de les affronter et de montrer qu’on n’allait pas accepter de manifestation fasciste à Minneapolis, et ça s’est finalement très bien passé pour nous. Son visage était moitié ensanglanté moitié gelé (les ballons à eau !), il est monté dans la voiture d’une femme trans et d’une femme mexicaine pour essayer de s’enfuir, elles l’ont jeté dehors quand elles ont compris qui il était&#8230; Beaucoup de gens sont arrivés sur place une fois qu’il était déjà parti, iels ont ensuite formé des groupes pour patrouiller dans la ville et essayer de le retrouver ainsi que ses copains. Bref, c’était vraiment important de montrer qu’on n’avait aucune tolérance pour les fascistes à Minneapolis et super de voir autant de personnes s’organiser pour les rejeter.</p>



<p><strong>Q : Que peux-tu nous dire de la journée du 23 janvier ? Appeler ça une grève générale peut sembler exagéré, mais les manifestations étaient immenses et il y a eu quelques grèves.&nbsp;</strong><br><strong>R :</strong> Oui, le 23 janvier était immense. Plus de 50000 personnes ont manifesté par une température de -34°C. Je ne sais pas si vous êtes déjà sortis dans un froid pareil, mais même mes cils étaient gelés.&nbsp;<br>Près de 700 petits commerces étaient fermés, soit en solidarité soit parce que les salarié&rsquo;es étaient en grève. Les syndicats que j’avais mentionnés ci-dessus ont appelé à la grève, ainsi que des partis politiques comme la section locale des Democratic Socialists of America.&nbsp;<br>Je suis étudiant donc pas membre d’un syndicat, mais j’ai participé à beaucoup de réunions et d’assemblées d’organisation pour le 23 janvier. De nombreux&rsquo;ses militant&rsquo;es syndicaux&rsquo;les de terrain ont fait énormément de travail pour convaincre leurs collègues de faire grève. De ce que j’ai entendu, les directions n’ont pas vraiment aidé, elles semblent très bureaucratiques et un peu loin du terrain. Donc il y a eu un gros travail, beaucoup d’arguments, et ça a pris même dans des entreprises sans syndicats comme Starbucks ou Target (NdT : une chaîne de magasins), des gens ont fini par faire grève le 23 janvier. La pression du mouvement était telle que des patrons ont fini par garantir à leurs salarié&rsquo;es qu’iels ne se feraient pas réprimer pour la grève, alors qu’au début le discours était plutôt : si tu ne veux pas venir le 23 janvier alors pose un jour de congé.<br>C’est donc la solidarité qui a permis à beaucoup de gens de faire grève sans crainte de représailles, car le nombre était de notre côté.</p>



<p><strong>Q : Comment vois-tu la suite ? On sait que « No Kings Day » est prévu pour le 28 mars, tu as aussi parlé du 1er mai un peu plus haut.&nbsp;</strong><br><strong>R :</strong> On pense que le 28 mars va être énorme. Déjà le précédent No Kings Day en octobre 2025 était très gros à Minneapolis. Mais ce qui est intéressant, c’est que tout le monde, les ami&rsquo;es, les gens dans le mouvement, tout le monde parle de grève maintenant. Que nous devons utiliser ce pouvoir que nous avons, de faire une grève reconductible qui puisse rassembler autour de revendications claires. Que ce soit le 28 mars, le 1er mai, je ne sais pas précisément, mais j’ai l’impression que tout le monde en parle, que ça doit être la prochaine étape. Car le gouvernement et les grandes entreprises ne comprennent que la langue de la force et de l’argent.<br>Encore une fois, je ne suis pas dans un syndicat et je ne suis peut-être pas la meilleure personne pour en parler, mais on est nombreux à penser qu’on ne peut pas se contenter de venir manifester avec quelques pancartes le 28 mars ou le 1er mai puis rentrer chez nous. Il faut une lutte qui dure.&nbsp;<br>Ce n’est pas pour diminuer la portée ou l’importance de la résistance actuelle et de la solidarité. Sans ça, plus de personnes seraient en détention ou déportées, plus de personnes seraient à la rue, plus de personnes seraient mortes. Mais maintenant qu’on a fait cette expérience, on sent que ça n’était qu’un début, un pansement sur une grosse plaie, et qu’il faut aller plus loin. C’est comme ça que toute la conversation et les arguments sur la grève sont venus dans le mouvement.&nbsp;</p>



<p><strong>Q : On dirait donc que ce qui s’est passé à Minneapolis peut être un marchepied pour quelque chose de plus grand ?&nbsp;</strong><br><strong>R :</strong> Oui, oui, sûrement, même si on ne peut pas encore prédire quelle forme exacte ça peut prendre. Je fais partie d’un groupe socialiste de débats et discussions, et une nouvelle personne nous a rejoint récemment. Il est syndicaliste et tourneur-fraiseur, a toujours voté démocrate, et nous a raconté qu’il a toujours cru que s’il travaillait assez dur, il aurait une vie plus facile. Mais son loyer augmente, son assurance médicale augmente, il a mal partout et ne peut pas prendre de pause. Il nous a dit que tout ça montait en lui, mais voir sa ville occupée par ICE, c’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase, que c’était comme une claque qui lui a fait prendre conscience que le capitalisme allait nous mener à la catastrophe. C’est une anecdote, bien sûr, mais il y a des milliers et des milliers de personnes qui se radicalisent, qui ont senti leur pouvoir à Minneapolis et ailleurs.</p>



<p>Propos recueillis par&nbsp;Emil (Paris 20e), Anne-Julia (Rennes) et Jad (Paris 18e)</p>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/comment-minneapolis-solidaire-et-antiraciste-a-resiste-a-ice/">Comment Minneapolis, solidaire et antiraciste, a résisté à ICE ? </a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Lutte des sans-papiers à Saint-Brieuc : déjouer la peur, choisir la résistance collective</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/lutte-des-sans-papiers-a-saint-brieuc-dejouer-la-peur-choisir-la-resistance/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Emil]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 18 Jul 2026 10:30:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[logement]]></category>
		<category><![CDATA[Migrants]]></category>
		<category><![CDATA[occupation]]></category>
		<category><![CDATA[Racisme]]></category>
		<category><![CDATA[Sans-papiers]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=11452</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Permis de tuer, règlement retour, loi darmanin… En pleine crise du néolibéralisme nos classes dirigeantes surenchérissent de racisme pour toujours plus exploiter, diviser et écraser notre classe. Alors que celles et ceux qui subissent frontalement <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/lutte-des-sans-papiers-a-saint-brieuc-dejouer-la-peur-choisir-la-resistance/" title="Lutte des sans-papiers à Saint-Brieuc : déjouer la peur, choisir la résistance collective">[...]</a></div>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/lutte-des-sans-papiers-a-saint-brieuc-dejouer-la-peur-choisir-la-resistance/">Lutte des sans-papiers à Saint-Brieuc : déjouer la peur, choisir la résistance collective</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>Permis de tuer, règlement retour, loi darmanin… En pleine crise du néolibéralisme nos classes dirigeantes surenchérissent de racisme pour toujours plus exploiter, diviser et écraser notre classe. Alors que celles et ceux qui subissent frontalement ces politiques &#8211; les immigré·es, les musulman·es, plus largement les racisé·es &#8211; sont traqué·es, enfermé·es, tué·es, c&rsquo;est parfois depuis la gauche qu&rsquo;on donne le coup de grâce : en leur déniant leur pouvoir de résister. Mais quand en réponse aux attaques racistes, ces bien-pensants disent aux migrants : « Restez chez vous ! », il en est qui décident de ne pas les écouter. À Saint-Brieuc le collectif en lutte avec les sans-papiers déjoue collectivement la peur et s&rsquo;organise pour le droit au logement pour toustes. Entretien.</em></p>



<p><strong>Est-ce que tu peux te présenter et nous raconter rapidement dans quel cadre militant tu interviens ?</strong><br>Je m&rsquo;appelle Lucie et je suis membre du collectif en lutte avec les personnes sans-papiers de Saint-Brieuc. Ce collectif&nbsp; existe depuis novembre 2025, et s&rsquo;est constitué suite à une première mobilisation durant l’été 2025.&nbsp;<br>Jusqu’alors, il y avait des espaces où des associations fournissaient un travail de plaidoyer auprès des institutions. Mais il n&rsquo;y avait pas d&rsquo;espace de lutte qui permette aux camarades sans-papiers de pouvoir se mobiliser pour défendre leurs droits.</p>



<p><strong>Est-ce que tu peux parler de la campagne que vous avez menée ces dernières semaines ?&nbsp;</strong><br>La campagne logement arrive au printemps 2026. Au départ, on a dénoncé les conséquences de l&rsquo;assignation des personnes sans-papiers dans les hôtels sur les enfants. On voulait interpeller le conseil départemental chargé de la protection de l&rsquo;enfance car la loi de protection de l&rsquo;enfance de 2022 interdit le placement des mineurs isolés à l&rsquo;hôtel, alors que les lois anti-immigration assignent les enfants de sans-papier à l&rsquo;hôtel pour des durées longues. L&rsquo;idée, c&rsquo;était de dire que les risques auxquels sont exposés les mineurs non-accompagnés et les enfants de sans-papier sont les mêmes et donc de dénoncer la différence de traitement.</p>



<p>Ça s&rsquo;est accéléré lorsqu’un camarade s&rsquo;est retrouvé mis à la rue avec ses cinq enfants et sa femme. Ça a enclenché la première vague d’occupation : celle de la mairie de la commune proche de Saint-Brieuc où ils vivaient depuis 3 ans et où les enfants étaient scolarisés. On a obtenu 2 nuits d’hôtel, on a donc réoccupé le lendemain et obtenu 3 semaines, puis 10 jours de plus… Et puis plus rien !&nbsp; On a alors décidé de rester dormir dans la mairie, le 10 juin. On avait des AG chaque jour, ça permettait de s&rsquo;organiser politiquement, d’organiser des réunions publiques, avec appel à la presse…</p>



<p>En parallèle, le 11 juin, on a appris que 7 familles de Saint-Brieuc allaient être mises à la rue. On a alors occupé le musée d&rsquo;art et d&rsquo;histoire de Saint-Brieuc, et non pas directement la mairie , parce qu&rsquo;on voulait installer l’occupation, pouvoir y dormir.&nbsp;</p>



<p>La mairie nous a transféré&rsquo;es&nbsp; dans une salle associative&nbsp; en mettant en place une pseudo solution de logement d’urgence (un CHRS).&nbsp; Cela ne correspondait en rien à nos revendications car les familles n’avaient pas encore été mises à la rue !&nbsp; Il s’agissait d’un simple affichage de la part de la mairie. On a donc&nbsp; déjoué le piège en disant :&nbsp; nous nous battons pour des logements dignes et pérennes pour tous et toutes, et nous nous battons contre la menace de la rue qui vise des familles. On voulait aussi revendiquer cette occupation comme un espace d’organisation politique, pour construire un rapport de force. On a occupé une semaine.&nbsp;</p>



<p>Le maire de Saint-Brieuc a alors tenté de casser notre l&rsquo;unité, puisqu&rsquo;on est un collectif mixte où il y a des solidaires et des sans-papiers, en proposant une rencontre&nbsp; avec les seules familles, pas au nom du collectif. Ce qui a déclenché une colère notamment des camarades sans papiers du collectif.&nbsp;</p>



<p><strong>Tu as fait face à des arguments qui amenaient à dépolitiser la lutte que mènent les sans-papiers. Ces arguments venaient à la fois de la droite &#8211; sans surprise &#8211; mais aussi de camarades de luttes. Peux-tu nous raconter ça ?</strong><br>Quand on a constitué le collectif, il y avait une majorité de personnes sans papiers, mais il y a des militants solidaires qui ont des trajectoires différentes, et parmi elleux,&nbsp; ce que j&rsquo;appelle des projections de vulnérabilité. En gros, ça consiste à dire qu’on est pas égaux, parce qu&rsquo;on n&rsquo;a pas les mêmes positions face à la police, et donc, à&nbsp; disqualifier des modalités d&rsquo;action jugées trop dangereuses :&nbsp; l&rsquo;occupation, les manifestations, etc. Ça conduit la perspective d&rsquo;action à l’échec,&nbsp; plutôt que d&rsquo;essayer de se concentrer sur les conditions de solidarité qui permettent de&nbsp; garantir la participation de tous et de toutes. On a bataillé sur la&nbsp; ligne&nbsp; « Non mais en fait, il faut y aller, et ce n&rsquo;est pas dans les manifestations ou les sans-papiers sont unis, qu’ils sont le plus exposés à la police, bien au contraire ». Mais&nbsp; elle est dure à tenir.&nbsp;</p>



<p>Cette situation va se produire à deux reprises. La première fois, quand on occupe le musée d’art et d&rsquo;histoire de Saint-Brieuc. La ville est de droite et on sent que ça se tend pendant l&rsquo;après-midi. A ce moment, des militants vont commencer à souffler aux personnes sans-papiers que ça serait bien qu&rsquo;elles s&rsquo;en aillent. On va être très peu à dire non. Ça fait des mois qu&rsquo;on déjoue la peur et qu&rsquo;on se rend compte qu’on a le droit de manifester, de prendre la parole, et qu&rsquo;on ne finit pas en prison pour cela. Il faut qu&rsquo;on continue à construire ensemble les conditions de participation à toutes les étapes de la lutte de tout le monde.&nbsp;</p>



<p>Ça a fonctionné la première fois. Mais la deuxième fois, ça a été un échec. Plutôt que d&rsquo;attendre d&rsquo;être expulsé de l&rsquo;occupation de la salle associative, c&rsquo;est la voix des camarades avec les projections de vulnérabilité qui a gagné.&nbsp; Ils ont réussi à convaincre le collectif qu&rsquo;il fallait évacuer par nous-mêmes. Ce qui nous a un peu mis dans la merde pour la suite:&nbsp; on n&rsquo;a pas obligé le maire de Saint-Brieuc à assumer l’expulsion d’un collectif mobilisé autour des familles.&nbsp;</p>



<p>Cette dépolitisation qui intervient dans nos rangs entre en écho celle de la mairie de droite. Elle a produit une communication affreuse, pour dire que le collectif était partisan et politique et que des militants y instrumentalisaient la misère des personnes sans-papiers,&nbsp; en invitant comme je l’ai dut&nbsp; les familles à une rencontre sans le collectif.&nbsp;</p>



<p>Les camarades sans-papiers ont alors décidé d&rsquo;écrire au maire leur refus d&rsquo;être reçus sans le collectif en disant:&nbsp; « nous sommes des militants politiques, nous sommes là ensemble parce que nous sommes le collectif, donc nous voulons être reçus au nom du collectif ».&nbsp;</p>



<p>Bref, la dépolitisation des camarades sans papiers revient en permanence&nbsp; de tous les côtés, et&nbsp; on doit batailler en permanence.</p>



<p>Ce qu’on a gagné c&rsquo;est qu&rsquo;on essaye de s&rsquo;adresser les uns aux autres en tant que militants, ce qui implique de ne pas avoir peur de la conflictualité entre nous, aussi avec les camarades sans-papiers. Or, ce qu’on sent c’est que la projection de vulnérabilité prendre racine dans la théorie des privilèges, et a&nbsp; pour conséquence de sacraliser la parole des personnes sans-papiers. Mais le fait de sacraliser leur parole annule la possibilité du conflit, donc la possibilité d&rsquo;avoir un débat politique avec eux.</p>



<p><strong>En réalité vous avez fait face à un choix extrêmement politique : mener une lutte sur le plan strictement humanitaire ou mener une lutte politique, ce qui implique forcement des débats dans le collectif et donc aussi avec les camarades sans-papiers. Qu’est ce que ca signifie en pratique ?</strong><br>Ce sont des arguments très minoritaires et difficiles à tenir dans le collectif. Mais ça va finir, petit à petit, par être approprié par les camarades sans-papiers.&nbsp;</p>



<p>On a déjoué la peur, face à toutes les pressions de découragement que les sans-papiers reçoivent de la part de la droite, des humanitaires, et même dans nos rangs. Un élément central a été d&rsquo;avoir des AG régulières et de pouvoir en parler, en s’appuyant sur des exemples de luttes comme celle des mineurs de Belleville à Paris.&nbsp;</p>



<p>L’autre chose qui a permis de donner la confiance, c’est de se donner les moyens de s’exprimer, notamment au travers d’ateliers de prise de parole, à chaque manifestation. Ça a vraiment participé à la politisation de chacun, chacune. D’apprendre à se dire qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;on veut, pourquoi on est ensemble. Pourquoi on est en colère contre le racisme ? C&rsquo;est quoi l&rsquo;implication dans nos vies ? Et derrière, c&rsquo;est quoi nos revendications ? Ce travail de construction, puis d&rsquo;incarnation d&rsquo;un discours a aussi bougé les lignes très fortement, parce que ces prises de parole se passaient en public, face à l&rsquo;intersyndicale et à la Coordination Solidarité Migrant. Elles ont vu tout à coup des personnes qu&rsquo;elles ne reconnaissaient pas tout à fait comme des sujets politiques, se dresser publiquement comme tels. Ça a été vraiment déterminant. Un camarade a pu le résumer en AG : “En fait, il faut que tout le monde apprenne à parler ici. »</p>



<p><strong>Ton collectif s’est relié au réseau de la Marche des Solidarités. Est-ce que ça a aidé à construire la confiance et à faire de la politique dans le collectif ?&nbsp;Comment avez-vous articulé ce rattachement à une campagne nationale avec une construction des luttes locales ? </strong><br>Le Front commun antifasciste était en lien avec la Marche des Solidarités. Depuis, avec le collectif on a construit le 18 décembre, puis le 21 mars, et pendant la campagne action logement, on s’est saisi&rsquo;es du 21 juin.</p>



<p>Ça nous a donné des occasions de pouvoir sortir, nous montrer, nous imposer dans le paysage local, en articulant&nbsp; avec la construction d’un rapport de force à l’échelle nationale. Ca nous a permis de faire exister la lutte des sans-papiers dans une perspective antiraciste, ce qu’on n’avait pas encore réussi à atteindre au niveau simplement local. Ça a été des occasions de prendre la rue et la parole, en permettant la construction politique du collectif.&nbsp;</p>



<p>Et le fait de se dire qu&rsquo;on est tout un pays, donne la confiance de lutter face à notre mairie de droite. Ça permet d’imposer un rapport de force : sachez que si jamais vous nous touchez, ça soulèvera de la colère et de la solidarité partout dans le réseau. Et ça, alors que les camarades étaient au début très flippés à l&rsquo;idée de manifester parce qu&rsquo;ils avaient des OQTF, etc&#8230; ça a aidé.&nbsp;</p>



<p>Ca permet aussi de voir qu&rsquo;ailleurs, il y avait des victoires des militants sans-papiers qui étaient engagés dans la lutte depuis très longtemps. Et inversement, de se rendre compte, quand on est allé&rsquo;es aux rencontres nationales de la Marche des Solidarités en juin à Paris, que notre collectif était connu. Pouvoir participer à introduire des ateliers en tant que collectif, ça a vraiment renforcé vraiment la confiance.&nbsp;</p>



<p>Tous ces liens sont précieux à condition qu’ils soient articulés avec une recherche d&rsquo;intervention localisée. S’il s’agit juste de&nbsp; répondre aux appels nationaux où on fait la manif et puis on s&rsquo;en va, il manque un truc.</p>



<p>Et en fait, ce qu’on a fait dans le même temps, c&rsquo;était de se dire, OK, on est en train de chercher pourquoi on est ensemble et ce qu&rsquo;on peut faire ensemble dans une perspective d&rsquo;action directe. Et petit à petit, en faisant les tournées dans les hôtels, on a commencé à comprendre qu&rsquo;on allait pouvoir imposer nos revendications.. L’enjeu a été de comprendre quels étaient les nœuds particuliers à Saint-Brieuc dans les parcours que vivent les personnes sans papiers, chercher les brèches pour se dire qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;on peut faire comme action. Vraiment un travail de recherche qui amène à de la créativité.&nbsp;</p>



<p>Par exemple, on s&rsquo;est rendu compte, autour de la campagne d&rsquo;action logement, qu&rsquo;il y avait 16 enfants menacés de rue. On a alerté les écoles, les associations de parents d&rsquo;élèves, et on a pu voir que le Réseau Éducation Sans Frontières s&rsquo;était complètement cassé la gueule et avait disparu. Et qu&rsquo;il y avait un enjeu à recréer un réseau de vigilance autour des enfants de sans-papiers pour avoir des réflexes militants autour des groupes scolaires quand il y avait des enfants menacés. C&rsquo;est en cours, on va démarrer l&rsquo;année avec une AG Enfance et Éducation à l&rsquo;initiative des sans-papiers. En parallèle, le collectif tisse aussi des liens avec les syndicats locaux, et se projette dans la construction de la grève antiraciste du 18 décembre.&nbsp;</p>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/lutte-des-sans-papiers-a-saint-brieuc-dejouer-la-peur-choisir-la-resistance/">Lutte des sans-papiers à Saint-Brieuc : déjouer la peur, choisir la résistance collective</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Le 18 décembre : La « Journée sans nous » doit être une journée sans nous toustes !</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/le-18-decembre-la-journee-sans-nous-doit-etre-une-journee-sans-nous-toustes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alice]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 10 Dec 2025 10:23:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[Grève]]></category>
		<category><![CDATA[Manifestation]]></category>
		<category><![CDATA[Sans-papiers]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=10441</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Interview de Mathieu et Denis, deux camarades d’a2c impliqués dans la Marche des Solidarités et la construction de la “journée sans nous” du 18 décembre. Cette interview a été réalisée le vendredi 5 décembre, disponible <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/le-18-decembre-la-journee-sans-nous-doit-etre-une-journee-sans-nous-toustes/" title="Le 18 décembre : La « Journée sans nous » doit être une journée sans nous toustes !">[...]</a></div>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/le-18-decembre-la-journee-sans-nous-doit-etre-une-journee-sans-nous-toustes/">Le 18 décembre : La « Journée sans nous » doit être une journée sans nous toustes !</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading has-medium-font-size"><em>Interview de Mathieu et Denis, deux camarades d’a2c impliqués dans la Marche des Solidarités et la construction de la “journée sans nous” du 18 décembre.</em></h2>



<p><em>Cette interview a été réalisée le vendredi 5 décembre, disponible en version audio et texte.</em></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-rich is-provider-spotify wp-block-embed-spotify wp-embed-aspect-21-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="Spotify Embed: 18 décembre 2025 : la “Journée sans nous&quot; doit être une journée sans nous toustes ! Interview de Mathieu et Denis, camarades d’a2c impliqués dans la Marche des Solidarités et dans la mobilisation." style="border-radius: 12px" width="100%" height="152" frameborder="0" allowfullscreen allow="autoplay; clipboard-write; encrypted-media; fullscreen; picture-in-picture" loading="lazy" src="https://open.spotify.com/embed/episode/6ewI7nvaTcbIgBbuQigkvj?utm_source=oembed"></iframe>
</div></figure>



<p class="has-medium-font-size"><em><mark style="background-color:#fcb9001a" class="has-inline-color">Ça fait plusieurs années maintenant qu&rsquo;il y a des manifestations le 18 décembre&nbsp;à l&rsquo;occasion de la journée internationale des migrants et migrantes. Est-ce que, pour vous, il y a quelque chose de particulier cette année ?&nbsp;</mark></em></p>



<p>Mathieu&nbsp;: Ce qui est particulier c&rsquo;est que, en plus de ce qu&rsquo;on organisait habituellement &#8211; des manifestations, des actions, toujours avec l&rsquo;idée&nbsp;de les faire le jour même &#8211; cette année, on a également décidé, après de nombreuses discussions,&nbsp;notamment la coordination Sans-papiers 75, et à partir du bilan des discussions de l&rsquo;année&nbsp;dernière, notamment avec la CGT, d&rsquo;<strong>appeler aussi à la grève</strong>. La grève en&nbsp;solidarité avec les migrants et migrantes, la grève pour l&rsquo;égalité des droits, la grève&nbsp;contre le racisme et contre le fascisme. Et ça, je pense que ça a changé beaucoup&nbsp;de choses, avec l&rsquo;idée que, de toute façon, c&rsquo;était ça qu&rsquo;il fallait construire dans&nbsp;la période.&nbsp;On verra ce que ça va donner pour cette année, mais on avait en tête qu&rsquo;en tout cas, ça allait être important&nbsp;pour la suite.&nbsp;Donc, je pense qu&rsquo;il y a ça quand même qui change énormément.</p>



<p>Denis&nbsp;:&nbsp;Il y a un autre élément, c&rsquo;est le 10 septembre.&nbsp; Il y avait eu un accord avec la CGT l&rsquo;année dernière pour lancer une vague de luttes, dont la grève était un élément. Et la CGT a reculé là-dessus, au niveau général.&nbsp;Mais forcément, ça a commencé à inscrire cette idée, et du coup, ce sont les collectifs&nbsp;de sans-papier, c&rsquo;est notamment Anzoumane Sissoko [porte-parole de la Coodination des Sans-papiers 75, CSP75, ndt] qui a lancé cette idée-là, dès l&rsquo;été. Mais ce n&rsquo;est pas un hasard, c&rsquo;était au moment où la Marche des Solidarités a décidé, donc très très tôt, de rejoindre la dynamique&nbsp;du 10 septembre. Et donc, c&rsquo;était aussi la dynamique du 10 septembre qui a poussé pour faire ça en&nbsp;décembre.&nbsp;Et d&rsquo;un certain côté, c&rsquo;est aussi une<strong> suite du 10 septembre.&nbsp;</strong></p>



<p class="has-medium-font-size"><em><mark style="background-color:#fcb9001a" class="has-inline-color has-black-color">Donc, ce qui est proposé cette année, c&rsquo;est une journée de grève, en plus d’une&nbsp;manifestation. Est-ce que vous pouvez nous présenter où on en est, dans cette perspective-là ?</mark></em></p>



<p>Mathieu&nbsp;: Il y a plusieurs secteurs qui ont pris position.&nbsp;</p>



<p>Le premier secteur qui a appelé, c&rsquo;est le secteur du travail social, qui a appelé à rejoindre l&rsquo;appel de La Marche sur la grève du 18, mais aussi à faire grève dès&nbsp;le 16 décembre. En réalité, c’est sur des revendications propres au secteur du travail social, dans&nbsp;une dynamique de lutte de ce secteur-là, mais il appelle à se joindre aussi à l&rsquo;appel du 18.&nbsp;Et donc, ça a poussé à l&rsquo;organisation de ce secteur-là dans plusieurs villes, avec des AG intersyndicales de ce secteur qui préparent la grève.</p>



<p>Il y a le secteur de l&rsquo;éducation. Pour l&rsquo;instant, il n&rsquo;y a pas encore&nbsp;d&rsquo;appel à la grève au niveau national.&nbsp;En revanche, il y a, à Paris et à Marseille, et en région parisienne, des sections syndicales&nbsp;de Solidaires, de la CGT, qui ont rejoint l&rsquo;appel et qui organisent la grève. Ça se fait pas mal en écho avec les mobilisations récentes aux côtés des collectifs de mineurs&nbsp;isolés en lutte.</p>



<p>Il y a également le secteur de la culture.&nbsp;On ne sait pas vraiment dire encore si ça va se matérialiser par des grèves&nbsp;mais en tout cas, il y a des actions de visibilisation jusqu&rsquo;au 18 décembre, qui sont organisées&nbsp;par des intermittents, des intermittentes, et il va y avoir, je pense, des cortèges le&nbsp;18.&nbsp;</p>



<p>Il y a le secteur café, hôtellerie, restauration,&nbsp;avec un collectif auto-organisé de travailleurs et travailleuses qui s&rsquo;appelle&nbsp;Mise En Place, qui est notamment à Paris et à Marseille. Il est en lien avec les&nbsp;syndicats, mais il n&rsquo;est pas dans un syndicat et, de manière hyper impressionnante,&nbsp;prépare la grève dans ce secteur. Et ce qui est impressionnant, c&rsquo;est que c&rsquo;est un collectif qui s&rsquo;est organisé je pense&nbsp;il y a maintenant un an à peu près, et <strong>dès le début, dans leurs revendications, il y a eu la question de la régularisation&nbsp;des sans-papiers</strong>. Alors que ce n&rsquo;est pas un collectif uniquement de travailleurs sans-papiers. Mais avec l&rsquo;analyse&nbsp;faite par des camarades de ce collectif que c&rsquo;est un secteur dans lequel il y a de très&nbsp;nombreux et nombreuses sans-papiers, et que pour construire le rapport de force, il fallait&nbsp;forcément se battre pour la régularisation de ses collègues. Pour espérer renverser&nbsp;la situation dans un secteur dans lequel, souvent, t&rsquo;as un lieu de travail, t&rsquo;as un&nbsp;patron, une ou deux salarié·es, et c&rsquo;est pas facile de tenir tête et de faire grève.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-medium-font-size is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow" style="border-width:1px;border-top-left-radius:1px;border-top-right-radius:1px;border-bottom-left-radius:1px;border-bottom-right-radius:1px">
<p>La question du racisme est une question de classe, les attaques actuelles et le renforcement des attaques sur les immigré·es, c&rsquo;est une question de classe. Si notre classe, en général, laisse passer les attaques sur les immigré·es, on va toustes s&rsquo;en prendre plein la gueule. Tout le monde n&rsquo;est pas dans la même situation par rapport aux attaques racistes mais tout le monde est concerné.</p>
</blockquote>



<p>Et enfin, il y a des secteurs sur lesquels, pour l&rsquo;instant, on n&rsquo;a pas forcément eu encore confirmation, mais je pense qu&rsquo;il va y avoir des choses par exemple dans le secteur de la santé.&nbsp;Donc voilà où on en est.&nbsp;</p>



<p>Et ce qui est particulièrement impressionnant, c&rsquo;est qu&rsquo;en plus des secteurs, il y a des unions locales, des unions départementales, de Solidaires, de la CGT, qui signent. Et on sent que ça a eu des effets, même sur les confédérations.&nbsp; Ça commence un peu sur les mêmes mécanismes que pour le 10 septembre. Même si on a moins d&rsquo;impulsion&nbsp;que cette date avait connue, on sent que les confédérations ont une pression qui vient de la base, et qu&rsquo;il&nbsp;y a probablement, dans beaucoup de villes, des syndicalistes qui argumentent sur le&nbsp;fait de faire grève.</p>



<p>Denis&nbsp;: Solidaires te l&rsquo;a dit :&nbsp;Iels ont signé il y a deux jours, et iels ont dit ouvertement que c&rsquo;était parce qu&rsquo;<strong>il&nbsp;commençait à y avoir tellement d&rsquo;unions locales qui signent que, du coup, il fallait&nbsp;qu&rsquo;ils signent au niveau national</strong>. Je pense qu’il y a un truc qui est à la fois impressionnant et en même temps, il faut avoir en tête les proportions. La vérité, c&rsquo;est qu&rsquo;aucune direction syndicale ne veut de cette grève, elles sont hostiles&nbsp;à cette idée. Il n&rsquo;y a aucun syndicat au départ &#8211; Solidaires vient de signer &#8211; qui avait signé l&rsquo;appel de la Marche. Et la seule raison pour laquelle ils ne signent pas l&rsquo;appel&nbsp;de la Marche cette année, c&rsquo;est sur cette question, sur les modalités et l&rsquo;appel&nbsp;à la grève.&nbsp;Donc c&rsquo;est en opposition avec la logique des syndicats que cette initiative est prise. C&rsquo;est pareil que pour le 10 septembre, l&rsquo;atmosphère&nbsp;générale, ce qui se passe dans ces conditions-là,&nbsp;sur la question du racisme, avec très peu de liens jusqu&rsquo;ici de la Marche&nbsp;des Solidarités et avec les réseaux syndicaux de base, c&rsquo;est très très impressionnant déjà ce qu&rsquo;il y a, tout&nbsp;ce que tu viens de citer.</p>



<p>Maintenant, en termes de réalité pour le jour J, ça veut dire qu’au niveau de la grève, a priori ça ne devrait pas être énorme. Mais c&rsquo;est très significatif parce que ça inscrit cette&nbsp;question dans le paysage et que ça réussit déjà à mettre la pression, donc ça signifie&nbsp;quand même quelque chose. Et c&rsquo;est une question clé celle de la place des syndicats dans cette lutte-là, comme pour la Palestine. Si je fais le parallèle&nbsp;avec la Palestine, c’est qu’on n&rsquo;est pas au niveau de ce qu&rsquo;ont réussi à faire des syndicats&nbsp;très minoritaires en Italie sur la question de la Palestine, mais c&rsquo;est la même logique.&nbsp;</p>



<p class="has-medium-font-size"><em><mark style="background-color:#fcb9001c" class="has-inline-color">Dans ce parallèle avec le 10 septembre, les directions syndicales ont fait le choix de plutôt proposer la grève du 18 septembre. Est-ce que ce&nbsp;que tu décris pour le 18 décembre c&rsquo;est selon toi la même logique, ou est-ce qu&rsquo;on peut&nbsp;trouver une explication autre aux hostilités dont tu as parlé&nbsp;?</mark></em></p>



<p>Denis&nbsp;: Je pense qu&rsquo;il y a des raisons spécifiques et il y a des&nbsp;raisons communes, parce que par ailleurs, la direction de Solidaires et la direction&nbsp;de la CGT ont finalement appelé au 10 septembre à la fin, mais elles y ont été forcées. La logique commune, c&rsquo;est que la <strong>politique actuelle</strong> des directions syndicales est aujourd&rsquo;hui d&rsquo;essayer&nbsp;d&rsquo;<strong>éviter la confrontation directe </strong>avec la classe dirigeante, avec le patronat, avec l&rsquo;État.&nbsp;C&rsquo;est en gros la même logique politique que celle du PS, qui est de se dire que pour éviter le pire,&nbsp;il faut y aller mollo, parce que si on y va trop dur, ça va pousser les&nbsp;gens dans les bras du RN.</p>



<p>Donc il y a une logique commune avec le fait de faire obstacle au développement de la dynamique du 10 septembre qu&rsquo;elles ne maîtrisaient pas, qu&rsquo;elles&nbsp;ne contrôlaient pas. Le bout du film c’est cette date pathétique du 2 décembre. Ça, c&rsquo;est une logique qui vaut particulièrement, on va dire, sur la question du racisme.</p>



<p>Mais il y&nbsp;a un élément supplémentaire, c&rsquo;est de penser que, la faute de tout ça, c&rsquo;est qu&rsquo;on n&rsquo;a pas le rapport de force parce que les travailleurs, les travailleuses, ne “veulent pas faire grève, ne veulent pas se mobiliser”. Ce ne serait pas Sophie Binet&nbsp;qui ne veut pas se mobiliser, ce serait les gens qui ne veulent pas faire grève. Et alors c&rsquo;est encore pire sur la question du racisme.</p>



<p>Donc elles ne veulent pas y aller. Alors, je reprends encore l&rsquo;exemple du 10 septembre, ou l&rsquo;exemple de la Palestine en Italie. Ça ne veut pas&nbsp;dire que t&rsquo;as forcément directement des millions de gens. Mais t&rsquo;as plein de personnes prêt·es à y aller. C&rsquo;est l&rsquo;écho qu’on a. Le transformer en action concrète, c&rsquo;est plus&nbsp;difficile. Mais en ce moment, il suffit d&rsquo;aller distribuer des tracts pour s’en rendre compte. On est allé.es diffuser des tracts au dépôt de bus RATP de Lagny [à Paris], ou bien dans les quartiers etc. Les gens, il y a un côté où ça les enthousiasme cette idée de prendre le truc totalement à rebours&nbsp;: il n&rsquo;y a pas de problème avec l&rsquo;immigration, l&rsquo;immigration, ça fait partie de l&rsquo;histoire de ce pays, les immigré·es font partie de l&rsquo;histoire de&nbsp;ce pays. Sans les immigrés, ce pays n&rsquo;existe pas !</p>



<p>Mathieu&nbsp;: Ce que tu dis, ça me fait penser aussi à quel point justement dans la construction, on commence à voir des effets. Par exemple, une des choses que font&nbsp;historiquement les syndicats, c&rsquo;est des grèves de sans-papiers pour la régularisation. Les sans-papiers se battent pour&nbsp;leurs droits. Mais si t&rsquo;es un travailleur et que t&rsquo;as des papiers, ça ne te regarde pas. Tu ne te mets pas en grève.&nbsp;Et les grèves massives de ces dernières années, sur ces questions-là, c&rsquo;est des grèves uniquement de sans-papiers.&nbsp;La dernière, en 2023, de la CGT, c&rsquo;est ce qu’il s’est passé.&nbsp;</p>



<p>Et on sentait, quand l&rsquo;année dernière les dirigeants de la CGT&nbsp; étaient venus discuter avec La Marche, que c&rsquo;était encore un peu ça qu&rsquo;ils avaient en tête. Une grève de sans-papiers et – pour augmenter leur rapport de force – un mouvement de soutien à côté. Mais pas une grève de tous et toutes. Et pour moi, ce qu&rsquo;on commence à voir, c’est qu’on se bat depuis le début pour dire que <strong>c&rsquo;est une grève de tout le monde</strong>.&nbsp;Et j&rsquo;ai l&rsquo;impression que le fait que dans certains secteurs ça prenne, ça redonne confiance aux collectifs de sans-papiers. Par exemple, ça fait quand même des années que les camarades des collectifs de sans-papiers ne retournent plus dans les foyers pour mobiliser. Ils nous disaient que dans les foyers les gens ne voulaient pas se battre. En tout cas, les collectifs de sans-papiers ont eu du mal dans les foyers ces dernières années. Et là, quand même, ils ont organisé&nbsp;aujourd&rsquo;hui et demain une tournée des foyers. Alors qu’ils ont la même analyse que nous : ils ont bien vu que c&rsquo;est pas encore une grève de millions de personnes qui s&rsquo;annonce.&nbsp;Mais ils ont senti que quelque chose se passait, et que ça pouvait leur permettre de gagner. Et ça redonne de la confiance.</p>



<p>Et franchement, tu ne sais jamais&nbsp;si ça va se reproduire de la même manière, mais la dernière fois que les collectifs de sans-papiers ont fait un vrai taf sur les foyers, ça a donné&nbsp;la manifestation de 2020 pendant le confinement, où les collectifs de sans-papiers défient l&rsquo;interdiction de manifester. Il y a 15 000 sans-papiers dans la rue. Et ils le disent encore très régulièrement qu&rsquo;une des choses qui avait permis ça, c&rsquo;est le taf qu&rsquo;ils avaient fait dans les foyers. Donc on voit&nbsp;comment cette question de la grève, de comment elle a été construite, ça change déjà des choses.&nbsp;</p>



<p>Denis&nbsp;: Je pense que plus généralement &#8211; et peut-être que c&rsquo;est ça le débat avec les directions des syndicats &#8211; nous, ce qu&rsquo;on essaye de développer, en tant que membres d&rsquo;A2C dans la Marche, c&rsquo;est que c&rsquo;est une question de classe,&nbsp;que <strong>la question du racisme est une question de classe</strong>, que les attaques actuelles et le renforcement des attaques sur les immigré·es, c&rsquo;est une question de classe. <strong>Que si notre classe, en général, laisse passer les attaques sur les immigré·es, on va toustes s&rsquo;en prendre plein la gueule.</strong> Tout le monde n&rsquo;est pas dans la même situation par rapport aux attaques racistes, etc. Tout le monde n&rsquo;est pas&nbsp;dans la même situation, mais <strong>tout le monde est concerné.</strong></p>



<p>L&rsquo;idée qu&rsquo;il y aurait des concerné·es, les théories du privilège, c&rsquo;est de la merde : ça nous empêche de lutter aussi bien contre le racisme que contre le système, d&rsquo;être fort·es. C&rsquo;est ça, aussi, la nouveauté : le lien entre le 10 septembre&nbsp;et le 18 décembre, et on l’espère, le lien entre le 18 décembre et des campagnes pour reprendre la dynamique du 10 septembre. Il y a toutes les discussions&nbsp;sur la Semaine Noire [initiative émanant d’une assemblée de quartier issue du mouvement <em>Bloquons Tout</em> qui propose qu’on organise une « semaine noire » en mars avec grèves et blocages, ndt], il y a le combat pour faire campagne pendant les municipales pour se battre contre l&rsquo;implantation du RN, etc.</p>



<p>Le truc nouveau qu&rsquo;il y a eu sur le 10 septembre, c&rsquo;est qu’entre la lutte contre le budget d&rsquo;austérité de Bayrou et la lutte&nbsp;contre le racisme, il y avait un lien direct. Donc, cette question, c&rsquo;est une question de classe. Et ça, bien sûr que c&rsquo;est un problème&nbsp;pour les directions syndicales. <strong>Parce que qui dit question de classe dit pas de négociation, d’aménagement, de compromis, on est dans un rapport d&rsquo;affrontement&nbsp;et de confrontation directe avec la classe dirigeante, avec le gouvernement.</strong></p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized is-style-default"><img data-dominant-color="ad4e4a" data-has-transparency="false" fetchpriority="high" decoding="async" width="819" height="1024" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/12/592496574_18305414635282613_8954869833689771202_n-819x1024.webp" alt="" class="wp-image-10443 not-transparent" style="--dominant-color: #ad4e4a; aspect-ratio:0.8000207196629602;width:383px;height:auto" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/12/592496574_18305414635282613_8954869833689771202_n-819x1024.webp 819w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/12/592496574_18305414635282613_8954869833689771202_n-240x300.webp 240w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/12/592496574_18305414635282613_8954869833689771202_n-768x960.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/12/592496574_18305414635282613_8954869833689771202_n.webp 1080w" sizes="(max-width: 819px) 100vw, 819px" /></figure>



<p class="has-medium-font-size"><mark style="background-color:#fcb9001a" class="has-inline-color"><em>Il y a un débat à l&rsquo;heure actuelle dans les syndicats&nbsp;sur le positionnement que les syndicats devraient avoir par rapport à des questions que certaines estiment en-dehors du champ de leur activité. Et donc, parfois, le raisonnement est qu&rsquo;il faudrait d&rsquo;abord entraîner nos collègues sur des questions qui les concernent, qui sont les questions sociales.&nbsp;Et à partir de là, on pourra peut-être envisager d&rsquo;autres questions. Qu&rsquo;est-ce que vous répondez à ça ?&nbsp;</em></mark></p>



<p>Mathieu : Je pense que c&rsquo;est en partie ce que vient de dire Denis. On part sur la base que c&rsquo;est une question de classe et qu&rsquo;on s&rsquo;attaque à ce qui empêche la classe de s&rsquo;organiser, d&rsquo;être forte, de se sentir en capacité de gagner&#8230; Avec la façon de voir que tu exposes, on ne convainc pas qu&rsquo;on peut tout simplement changer les choses et gagner. Je pense qu&rsquo;il y a une <strong>conscience assez importante de la vague raciste de ces dernières années</strong>. Mais en revanche, il y a <strong>très peu de propositions de s&rsquo;en saisir</strong>. Et ça rejoint des expériences que je fais dans mon syndicat aussi. Je vois que ça peut, de temps en temps, être difficile de mobiliser uniquement sur les questions les plus traditionnelles du syndicat. Mais en revanche, dès que les syndicats font de la politique sur la Palestine, contre le fascisme, contre le racisme, moi, je vois beaucoup de mes collègues réagir positivement, les mêmes avec qui c&rsquo;est difficile de discuter uniquement de conditions salariales parce qu&rsquo;ils ne croient plus qu&rsquo;on peut changer les choses, mais par contre, ils ont faim sur le reste. Et je pense que le 10 septembre, c&rsquo;est aussi un peu ça qu&rsquo;on a vu.&nbsp;Quand on était dans la rue le 10 septembre, les gens, ils n’étaient pas là pour crier uniquement des slogans sur les salaires. Ils criaient qu&rsquo;on est là pour libérer la Palestine, on est là pour virer les fachos et on est là pour se battre et gagner.&nbsp;Et c&rsquo;était les slogans antiracistes, notamment, qui avaient une place importante.</p>



<p>Denis :&nbsp;Alors moi ce que je réponds d’abord, c&rsquo;est que c&rsquo;est une position de blanc. Quand t&rsquo;es racisé·e, quand t&rsquo;es noir·e, arabe, justement, la première chose que tu te prends dans la gueule, c&rsquo;est la discrimination raciste. Je ne parle même pas de quand t&rsquo;es sans papier. Et que du coup, vas-y, va convaincre tes collègues de se battre ensemble sur la question de la retraite, du salaire, etc.,&nbsp;si t&rsquo;as laissé passer celle du racisme&#8230; Donc c&rsquo;est une position de blanc.</p>



<p>La deuxième chose, c&rsquo;est que c&rsquo;est faux. Là, on en a la preuve. En Italie, depuis quand n&rsquo;y avait-il pas eu de grève générale ? Et là, il y a une grève générale, sur quoi ? Sur la solidarité avec la Palestine. C&rsquo;est pas sur les conditions de travail et salaire. Ce n&rsquo;est même pas sur des questions internes.&nbsp;Alors, les gens font la connexion, certainement parce que les gens ne sont pas débiles. C&rsquo;est ça, la politique.&nbsp;<strong>Quand tu parles de la Palestine, en fait, tu parles de tout.&nbsp;</strong></p>



<p>Et la troisième réponse, c&rsquo;est qu&rsquo;en fait, c&rsquo;est des discours…J&rsquo;allais dire au départ, c&rsquo;est des discours de bureaucrates mais en fait, il n&rsquo;y a pas que les bureaucrates. C&rsquo;est le discours des gens qui ont abandonné la perspective de la lutte, tout simplement. Ça veut pas dire que l&rsquo;argument est facile, qu’il suffit de dire qu’on va faire une grève contre le racisme.&nbsp;Qu’en fait, c&rsquo;est juste qu&rsquo;il y en a qui font obstacle à ça, mais sinon tout le monde se soulèverait.&nbsp;Non, ce n’est pas vrai. C&rsquo;est un combat de convaincre que c&rsquo;est possible. Mais par contre, c&rsquo;est un combat à mener. Et la réalité, c&rsquo;est qu&rsquo;en fait, celleux qui disent ça, iels ont lâché l&rsquo;affaire sur tout.&nbsp;Ce sont les mêmes qui nous ont expliqué qu&rsquo;il fallait faire 13 journées de grève séparées sur les retraites parce que les gens ne veulent pas se battre, que déjà, c’est dur de les convaincre de perdre une journée de salaire, etc. Ils nous ont mené·es dans un mur avec leur pessimisme. En plus, c&rsquo;est du paternalisme complètement dingue parce qu’iels vont dire “nous, on est antiracistes mais les gens ne veulent pas se mobiliser. Donc ce n’est pas de notre faute.” Donc ce sont des gens qui, en fait, essayent de faire passer sur le dos de tout le monde leur refus d&rsquo;organiser le combat.</p>



<p class="has-medium-font-size"><em><mark style="background-color:#fcb9001a" class="has-inline-color">Quand cette interview sera publiée, il restera une semaine avant le 18 décembre. Qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;on peut faire sur la semaine qui nous reste ?</mark></em></p>



<p>Denis : Plein de choses. Mais ça dépend. Pour ceux et celles qui n’ont encore rien fait, récupérez une vidéo, récupérez un tract. Allez en parler autour de vous. Tout simplement, <strong>ramenez des gens.</strong> Il va y avoir des manifestations partout. Il suffit d&rsquo;aller regarder sur le <a href="https://www.antiracisme-solidarite.org">site de la Marche</a>. Donc c&rsquo;est possible. Quand on n&rsquo;a pas fait le boulot pendant des mois, des semaines,&nbsp;ça veut dire qu&rsquo;il reste moins de temps, et donc qu’il faut faire vite et aller toucher des personnes de son entourage. 3, 4, 5 personnes qui commencent à s&rsquo;organiser ensemble sur un lieu de travail ou un quartier, c&rsquo;est de l&rsquo;or pour la suite.&nbsp;Donc c&rsquo;est ça qu&rsquo;il faut faire.&nbsp;</p>



<p>Parce que<strong> la lutte ne va pas s&rsquo;arrêter le 18.</strong>&nbsp;Le 18 pourrait être un super boost,&nbsp;il y aura des suites. Il va sortir un appel le jour du 18 pour continuer. On va discuter pour savoir si la Marche Des Solidarités adopte, comme elle l&rsquo;a fait pour le 10 septembre, la perspective de la Semaine Noire [en mars, ndt]. Mais de toute façon on va le relier avec la mobilisation pour le 21 mars [journée internationale pour l&rsquo;élimination de la discrimination raciale, ndt]. Pareil, on va avoir des discussions : [le weekend du 21-22 mars] c&rsquo;est le week-end de la fête de l&rsquo;Aïd, le ramadan va finir deux jours avant.</p>



<p>Ce qui est pensé au niveau de la Marche des solidarités, c&rsquo;est que toute cette campagne&nbsp;sur le 21 mars soit pour aller péter les racistes et les fascistes dans la campagne des Municipales&#8230; Ne pas les laisser s&rsquo;implanter dans nos quartiers, avec comme point d&rsquo;orgue le 21 mars, Journée internationale contre le racisme, qui est la veille du second tour.&nbsp;Ça peut être la plus grande fête de l&rsquo;Aïd, <strong>un Aïd de solidarité et de lutte dans la rue</strong>. Donc de lutte contre l&rsquo;islamophobie. C&rsquo;est un truc qui va être renvoyé à la face des fachos et des racistes.&nbsp;</p>



<p>Donc, pour quelqu&rsquo;un qui n’est pas encore impliqué : organise 2, 3, 4 personnes pour aller à la manif avec toi. Ces 3, 4 personnes, ce sera de l&rsquo;or pour préparer la suite. <strong>Et mets-toi en grève. Tout le monde est couvert. Tout le monde peut faire grève.</strong></p>



<p>Écoutez la version audio de l&rsquo;interview juste ici : </p>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/le-18-decembre-la-journee-sans-nous-doit-etre-une-journee-sans-nous-toustes/">Le 18 décembre : La « Journée sans nous » doit être une journée sans nous toustes !</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>[Vidéo] Session d&#8217;ouverture du festival des idées révolutionnaires d&#8217;a2C &#8211; Juin 2025</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/videos/session-douverture-du-festival-des-idees-revolutionnaires-da2c/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Vanina]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Jul 2025 14:12:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Vidéos]]></category>
		<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[Migrants]]></category>
		<category><![CDATA[Révolution]]></category>
		<category><![CDATA[Sans-papiers]]></category>
		<category><![CDATA[Stratégie]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=9750</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">On y parle de la situation politique internationale, de la crise globale du capitalisme et des révoltes à travers le monde.</div>
<p> <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/videos/session-douverture-du-festival-des-idees-revolutionnaires-da2c/" title="[Vidéo] Session d&#8217;ouverture du festival des idées révolutionnaires d&#8217;a2C &#8211; Juin 2025">[...]</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/videos/session-douverture-du-festival-des-idees-revolutionnaires-da2c/">[Vidéo] Session d&rsquo;ouverture du festival des idées révolutionnaires d&rsquo;a2C &#8211; Juin 2025</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-text-align-center"><strong>Vers une économie d&rsquo;armement généralisée : la guerre est-elle inévitable ?</strong></p>



<p>On y parle de la situation politique internationale, de la crise globale du capitalisme et des révoltes à travers le monde.</p>



<p>Victor Fernandez, activiste pour le droit des migrant·Es à Los Angeles et membre de l&rsquo;organisation Marx 21 nous raconte les insurrections contre les rafles organisées par Trump. Une intervention inspirante pour toutes celles et ceux qui militent au quotidien contre le racisme et pour les droits des personnes sans papier, en ayant parfois le sentiment que leur collectif est trop petit pour gagner. </p>



<p>Juliette Bonneterre, d&rsquo;a2c Marseille, ouvre le festival. Elle explique que si on a décidé de commencer le festival par cette question, c&rsquo;est que l&rsquo;impérialisme et la guerre ne sont pas juste une des modalités du capitalisme, mais sa trajectoire principale. La guerre est-elle inévitable ? C&rsquo;est une question que tout le monde se pose. Depuis la rationalité des capitalistes, la réponse est oui. Mais depuis nos luttes, l&rsquo;issue n&rsquo;est jamais écrite. Cela dépend de nos capacités à nous auto-organiser. La situation comprend la possibilité de la guerre et du fascisme, comme celui de la révolution. Ce festival, c&rsquo;est un moyen de prendre le temps de nous retrouver pour échanger et élaborer des stratégies pour transformer la guerre entre les États en guerre des classes.</p>



<p>Bon visionnage !</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="Vers une économie d&#039;armement généralisée : la guerre est elle inévitable ?" width="678" height="381" src="https://www.youtube.com/embed/g84ItW5CdRw?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<p>Victor « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=g84ItW5CdRw&amp;list=PLM46FB14-A3P0qdcehFb5_6M3JJil8yuR&amp;index=1&amp;t=197s">03:17</a>« </p>



<p>Juliette « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=g84ItW5CdRw&amp;list=PLM46FB14-A3P0qdcehFb5_6M3JJil8yuR&amp;index=1&amp;t=1735s">28:55</a>« </p>



<p>Discussion : « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=g84ItW5CdRw&amp;list=PLM46FB14-A3P0qdcehFb5_6M3JJil8yuR&amp;index=1&amp;t=2350s">39:10</a> » </p>



<p>Conclusion de Victor « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=g84ItW5CdRw&amp;list=PLM46FB14-A3P0qdcehFb5_6M3JJil8yuR&amp;index=1&amp;t=5270s">1:27:50</a>« </p>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/videos/session-douverture-du-festival-des-idees-revolutionnaires-da2c/">[Vidéo] Session d&rsquo;ouverture du festival des idées révolutionnaires d&rsquo;a2C &#8211; Juin 2025</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Après les manifestations du 22 mars, quelle stratégie contre le racisme ?</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/apres-les-manifestations-du-22-mars-quelle-strategie-contre-le-racisme/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Vic]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 24 Jul 2025 14:11:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[Antifascisme]]></category>
		<category><![CDATA[CGT]]></category>
		<category><![CDATA[LFI]]></category>
		<category><![CDATA[Marche des solidarités]]></category>
		<category><![CDATA[Sans-papiers]]></category>
		<category><![CDATA[Syndicats]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=9720</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Le 22 mars a été la mobilisation la plus forte jamais organisée en France autour de la journée internationale contre le racisme du 21 mars. Qu’est-ce que ça nous dit ? Qu’est-ce que ça ouvre ?1 Les <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/apres-les-manifestations-du-22-mars-quelle-strategie-contre-le-racisme/" title="Après les manifestations du 22 mars, quelle stratégie contre le racisme ?">[...]</a></div>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/apres-les-manifestations-du-22-mars-quelle-strategie-contre-le-racisme/">Après les manifestations du 22 mars, quelle stratégie contre le racisme ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>Le 22 mars a été la mobilisation la plus forte jamais organisée en France autour de la journée internationale contre le racisme du 21 mars. Qu’est-ce que ça nous dit ? Qu’est-ce que ça ouvre ?</em><sup data-fn="19ff29c2-937a-422c-a1ae-919ee41824d5" class="fn"><a id="19ff29c2-937a-422c-a1ae-919ee41824d5-link" href="#19ff29c2-937a-422c-a1ae-919ee41824d5">1</a></sup></p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #17 &#8211; JUIN 2025</h6>



<p>Plus de 500 organisations, locales et nationales, ont appelé à manifester à l’appel de la Marche des Solidarité et des Collectifs de sans-papiers.</p>



<p>Des manifestations ont eu lieu dans au moins 200 villes et villages, dans les métropoles comme les campagnes.</p>



<p>Ces manifestations ont été, partout, beaucoup plus nombreuses que les années précédentes. Il y a notamment eu 100 000 manifestant·es à Paris et des milliers à Marseille, Nantes, Rennes, Bordeaux, Toulouse, Montpellier, Nice, Grenoble, Lyon, St Etienne, Lille, Strasbourg…</p>



<h2 class="wp-block-heading">Pas de fatalité : le combat est possible</h2>



<p>Ce succès de la mobilisation<sup data-fn="1c5fb626-1b4e-4d95-8807-4d10f995eb24" class="fn"><a id="1c5fb626-1b4e-4d95-8807-4d10f995eb24-link" href="#1c5fb626-1b4e-4d95-8807-4d10f995eb24">2</a></sup> est un contre-argument à toustes celles et ceux qui disent que le racisme est une tendance dominante dans la société, une vague qui emporte tout, et que la politique des dominants et le discours des médias ne font que refléter l’opinion populaire, répondre à une demande « d’en bas ».</p>



<p>C’est l’opposé qui est principalement vrai. Le racisme est une construction. Ce n’est pas seulement une construction historique, sur le long terme<sup data-fn="40736bca-4af1-49e1-a13e-6963c6a7d2c2" class="fn"><a id="40736bca-4af1-49e1-a13e-6963c6a7d2c2-link" href="#40736bca-4af1-49e1-a13e-6963c6a7d2c2">3</a></sup>. Il est aussi une construction conjoncturelle, au travers des politiques racistes de l’État, des discours et faits divers diffusés ad-nauseum dans les médias dominants, des arguments repris de l’extrême droite jusqu’à la gauche contre l’immigration, contre les musulman·es. Ce « racisme d’en haut » a d’autant plus d’influence sur le « racisme d’en bas » qu’il devient légitimé par l’absence de riposte et de contre arguments sans concession.</p>



<p><strong>Le 22 mars vient de montrer que cette construction du racisme n’a pas gangréné toute la société, qu’il est possible de mobiliser massivement contre le racisme et contre le fascisme.</strong></p>



<p>La force du 22 mars est que le thème de la mobilisation était sans ambiguïté : contre le racisme et en solidarité avec les migrant·es mais aussi contre le fascisme (même si ce terme n’apparaissait pas dans un des deux appels).</p>



<p>Mais la possibilité du succès de la mobilisation du 22 mars était déjà présente dans les manifestations qui ont suivi la dissolution de l’Assemblée cet été, à commencer par les 800&nbsp;000 manifestant·es du 14 juin même si les mots d’ordre de ces manifestations n’étaient pas tournés explicitement contre le racisme et le fascisme. Elle était aussi présente dans le succès de la mobilisation du 8 mars et la volonté d’en chasser les fascistes et les sionistes d’extrême droite.</p>



<p><strong>Aucune organisation de gauche ne peut aujourd’hui se cacher en prétextant que «&nbsp;les gens ne veulent pas se mobiliser contre le racisme ou contre le fascisme&nbsp;». Le combat est possible&nbsp;: voulez-vous le mener&nbsp;?</strong></p>



<h2 class="wp-block-heading">Pas seulement des nombres</h2>



<p>Il serait stupide de nier la progression du racisme. C’est d’ailleurs cela qui rend crucial le développement d’une riposte. Le racisme n’est pas l’exclusivité des électeur·ices du RN. Par contre c’est la caractéristique commune des 11 millions qui ont voté RN aux dernières législatives. Le dernier rapport de la CNDH indique que 56 % des sondé·es (chiffres de 2023 en progression de 3 % en un an) pensent « qu’il y a trop d’immigrés en France »<sup data-fn="8f1dbb7c-4e87-4496-abed-968a8b54ae3a" class="fn"><a id="8f1dbb7c-4e87-4496-abed-968a8b54ae3a-link" href="#8f1dbb7c-4e87-4496-abed-968a8b54ae3a">4</a></sup>. </p>



<p>Disons d’abord que cela signifie qu’il y a aussi des millions qui ne votent pas pour des partis racistes, ne pensent pas qu’il y a trop d’immigré·es en France. Disons ensuite que ces opinions ne sont pas figées. Au-delà des noyaux durs, les évolutions dans un sens peuvent être renversées dans l’autre. D’autant plus que ces opinions peuvent être très contradictoires. 52 % pensent aussi « qu’il faut que les étrangers aient les mêmes droits que les Français »<sup data-fn="ce61352e-02fa-4dec-9fbb-a619549efbc8" class="fn"><a id="ce61352e-02fa-4dec-9fbb-a619549efbc8-link" href="#ce61352e-02fa-4dec-9fbb-a619549efbc8">5</a></sup>.</p>



<p>L’élément déterminant n’est pas tant le débat «&nbsp;rationnel&nbsp;». Mais l’activité.</p>



<p>Après 2001 et la destruction des tours jumelles à New York, la guerre contre l’Afghanistan puis contre l’Irak fut justifiée par la théorie de «&nbsp;la guerre des civilisations&nbsp;». Guerre entre l’Occident – blanc et chrétien &#8211; censé être libéral et démocratique et l’Orient – arabe et musulman &#8211; présenté comme barbare.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-large is-resized"><img data-dominant-color="6b686b" data-has-transparency="false" decoding="async" width="1100" height="642" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/07/Manifestation-contre-la-Guerre-a-Londres-15-Fev-2003-Credit-_-W.-M.-Connolley-1100x642.webp" alt="" class="wp-image-9721 not-transparent" style="--dominant-color: #6b686b; width:339px;height:auto" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/07/Manifestation-contre-la-Guerre-a-Londres-15-Fev-2003-Credit-_-W.-M.-Connolley-1100x642.webp 1100w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/07/Manifestation-contre-la-Guerre-a-Londres-15-Fev-2003-Credit-_-W.-M.-Connolley-300x175.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/07/Manifestation-contre-la-Guerre-a-Londres-15-Fev-2003-Credit-_-W.-M.-Connolley-768x448.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/07/Manifestation-contre-la-Guerre-a-Londres-15-Fev-2003-Credit-_-W.-M.-Connolley.webp 1200w" sizes="(max-width: 1100px) 100vw, 1100px" /><figcaption class="wp-element-caption">Manifestation contre la guerre à Londres &#8211; 15 fevr 2003</figcaption></figure>
</div>


<p>Le 15 février 2003 a eu lieu la mobilisation contre la guerre qui, à ce jour, reste la mobilisation record de l’histoire de l’humanité<sup data-fn="1c47b102-fca3-4b66-b80f-d46f6dea4498" class="fn"><a id="1c47b102-fca3-4b66-b80f-d46f6dea4498-link" href="#1c47b102-fca3-4b66-b80f-d46f6dea4498">6</a></sup>. Le New York Times déclare « qu’il existe désormais deux superpuissances sur la planète, les Etats-Unis et l’opinion publique mondiale ». Pour des millions, la vision raciste de la guerre de civilisation fut remplacée par celle d’une guerre entre l’impérialisme et les peuples du monde entier.</p>



<p>Il y a donc une différence essentielle de nature entre les millions de voix dans l’isoloir, les sondages au téléphone, les idées exprimées derrière un écran et les centaines de milliers de cet été, du 8 mars et du 22 mars. Les premier·es sont des individus atomisés, fragmentés. Les second sont une force collective susceptible d’agir et de donner à voir une autre réalité que celle présentée par les discours dominants.</p>



<p>Un des aspects qui a permis ce succès a été la décision prise par la France Insoumise mi-février d’en faire une échéance nationale et centrale après la nomination du gouvernement Bayrou. Au travers des interventions systématiques de ses député·es dans les médias, de l’audience de ses réseaux sociaux et aussi de la confiance ainsi donnée à ses soutiens, la participation de la France Insoumise à la mobilisation aux côtés de la Marche des Solidarités a joué un rôle déterminant dans le succès des manifestations.</p>



<p>On doit préciser la signification politique de ce soutien. Après les élections de l’été dernier, la France Insoumise avait participé à diffuser l’illusion institutionnelle (à la fois l’illusion de la possibilité d’un gouvernement «&nbsp;de gauche&nbsp;» et l’illusion de ce gouvernement comme une solution).</p>



<p>La nomination de Bayrou et de son gouvernement et l’échec de la censure, ont mis – temporairement &#8211;&nbsp; fin à la possibilité même de l’illusion ouvrant à la décision de faire appel à la rue.</p>



<p>La Marche des Solidarités et les collectifs de sans-papiers ont immédiatement réagi positivement. Ce ne sera pas le cas de toutes les forces impliquées.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Manifestations pas suffisantes : l’alliance avec la CGT</h2>



<p>Aussi essentielles soient-elles, les manifestations ne suffisent pas. C’est ce qu’a démontré le mouvement des retraites de 2023.</p>



<p>Au sein de la Marche des Solidarités nous avons toujours argumenté sur l’importance des syndicats. Parce que ce sont les principales organisations de masse. La CGT a 600&nbsp;000 membres. Mais surtout parce que leur organisation sur les lieux de travail donne un pouvoir que n’a aucun autre front. <strong>Imaginez ce qu’une grève des travailleurs et travailleuses dans l’aviation aurait comme pouvoir pour arrêter les expulsions, une grève de l’éducation pour le droit des jeunes mineurs, une grève des travailleurs du bâtiment pour la régularisation de leurs collègues sans-papiers…</strong></p>



<p>En octobre dernier, la CGT a demandé à rencontrer une délégation de la Marche des Solidarités pour proposer de participer à la mobilisation autour du 18 décembre (Journée Internationale des Migrant·es).</p>



<p>La CGT pensait alors que le gouvernement Barnier allait tenir quelque temps avec le soutien, temporaire, du RN. Dans ces conditions il ne pouvait exister la moindre marge de négociation sur le terrain du racisme et de la régularisation des sans-papiers. Y compris pour la CGT.</p>



<p>La CGT a indiqué alors vouloir organiser une vague de grèves pour les papiers au premier trimestre 2025. Cela nécessitait un rapport de force allant au-delà de la CGT ainsi que la nécessité de gagner le soutien d’une partie importante de l’opinion.</p>



<p>Pour la Marche des Solidarités restaient ouverts un certain nombre de débats sur les modalités de cette vague de lutte: Le mouvement de grève devait être ouvert au-delà des structures de la CGT. La discussion devait aussi porter sur l’implication dans la grève des travailleurs et travailleuses « avec » papiers.</p>



<p>Par ailleurs, la porte que pouvait ainsi ouvrir cette vague devait être poussée le plus largement possible. En même temps que les grèves pour la régularisation devaient se lancer d’autres formes de luttes permettant de relayer les revendications des jeunes mineurs isolé·es en lutte, la lutte dans les écoles, contre les centres de rétention, etc…</p>



<p>Mais décision fut prise au sein de la Marche de relever le défi et saisir l’opportunité.</p>



<p>C’est ainsi que fut décidée une coopération active entre la Marche et la CGT dans la mobilisation autour de la journée du 18 décembre puis du 22 mars.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’unité, moteur ou obstacle ?</h2>



<p>L’unité est toujours présentée comme quelque chose de positif à gauche. Il est évident que notre classe étant diverse, <strong>l’unité est absolument nécessaire pour gagner. A condition que cette unité soit claire sur ses objectifs et permette l’action commune.</strong></p>



<p>Officiellement, les manifestations du 22 mars ont été appelées par plusieurs cadres regroupant finalement presque tout ce que la gauche peut compter d’organisations syndicales, associatives et politiques.</p>



<p>Cette unité ne permet pas seulement de mettre en mouvement une multiplicité de réseaux et d’individus et de ressources diverses. Elle donne aussi confiance en propageant l’idée que, cette fois, ça pourrait compter.</p>



<p>Des mobilisations du 18 décembre au 22 mars, la Marche des Solidarités a défendu, en permanence, ce qui permettait cette unité la plus large.</p>



<p>Mais plus on avançait vers le 22 mars et plus la CGT et les organisations qui l’entouraient ont cherché à se différencier de l’appel unitaire&nbsp;: en décidant un appel spécifique puis une communication spécifique.</p>



<p>Dès janvier, lors d’une rencontre entre la CGT et la Marche, les représentant·es de la CGT ont commencé à être moins affirmatif·ves sur la perspective d’une vague de luttes.</p>



<p>La portée de cette différenciation est devenue claire quand la France Insoumise a décidé, mi-février, de s’impliquer dans la mobilisation pour le 22 mars.</p>



<p>Dès lors la CGT et la LDH, soutenues par des organisations comme SOS-Racisme ont, de fait, abandonné clairement tout effort pour mobiliser pour le 22 mars justifiant leur attentisme par la nécessité de clarifier les rapports avec la France Insoumise. D’abord prétextant les volontés hégémoniques de la FI. Puis, utilisant la polémique autour de l’affiche contre Hanouna pour la dénoncer et refuser toute mobilisation commune.</p>



<p>Il faut donc le dire&nbsp;: officiellement la mobilisation est apparue comme regroupant un large spectre d’organisations. Elle a pu être vécue de cette manière dans de nombreux milieux et structures locales des organisations, donnant la confiance de se mobiliser, de prendre des initiatives de convergence, etc.&nbsp;</p>



<p>Dans la réalité un certain nombre de forces (je parle là des directions nationales, celles notamment de la CGT et de la LDH) n’ont construit que marginalement la mobilisation concrète<sup data-fn="2dcd4711-322a-4246-800e-78fdbc6cc7b0" class="fn"><a id="2dcd4711-322a-4246-800e-78fdbc6cc7b0-link" href="#2dcd4711-322a-4246-800e-78fdbc6cc7b0">7</a></sup>. Par certains aspects, elles ont mis des obstacles à cette mobilisation.</p>



<p>Cela ne nous amène pas à remettre en question la nécessité de l’unité et de l’implication des syndicats. Au contraire, nous en déduisons que la mobilisation aurait pu être encore plus puissante. Et que nous devons comprendre ce qui s’est joué pour pouvoir le dépasser.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Pourquoi ce changement de la CGT ?</h2>



<p>La chute du gouvernement Barnier et les conditions de nomination du gouvernement Bayrou ont mis en lumière deux stratégies différentes à gauche qui ont des conséquences immédiates sur la lutte contre le racisme et en solidarité avec les migrants.</p>



<p>La France Insoumise en a conclu qu’il n’y avait plus – temporairement – de débouché institutionnel. Et que la politique de Macron et Bayrou ouvrait directement la voie au RN. La France Insoumise en a déduit qu’une alternative de gauche ne pouvait se construire (y compris électoralement) que sur la base d’une polarisation claire contre le racisme.</p>



<p>Pour la direction de la CGT, convergeant avec la LDH, SOS-Racisme… et le PS ou le PCF, la chute du gouvernement Barnier, par le Rassemblement National, a réactivé la politique du moindre mal qui était présente derrière les appels au vote pour Macron lors des dernières présidentielles ou les appels à voter pour les candidats de droite au second tour des législatives de cet été. Ces candidats, comme Darmanin, élus avec les voix de la gauche… pour faire aujourd’hui la politique du RN. Dans cette perspective, garantir la possibilité d’un nouveau front républicain avec une partie de la droite contre le RN, exige de mettre la pédale douce sur une possible polarisation anti-raciste et antifasciste.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Quelles suites/pistes</h2>



<ol class="wp-block-list">
<li>Tout, dans la politique de Retailleau, confirme qu’il n’y a pas de marge de négociation avec ce pouvoir. Que le seul langage qu’il peut entendre, la seule possibilité d’obtenir le moindre résultat, repose sur la confrontation et le rapport de forces.</li>



<li>Il est évident que le recul de la direction de la CGT a changé les possibilités ouvertes dans l’immédiat d’une lutte frontale contre le pouvoir. Sa position pourrait à nouveau changer. Mais nous ne devons pas attendre et en dépendre. Il faut que des syndicalistes s’engagent, argumentent pour entraîner leurs sections, se coordonnent dès maintenant.</li>



<li>Nous devons favoriser le développement d’organisations locales liées à la Marche des Solidarités, ville après ville, quartier après quartier, collectifs de sans-papiers, collectifs de quartiers. C’est notamment essentiel pour riposter contre les tentatives d’expulsion, pour défendre les mosquées, pour empêcher les fascistes de s’implanter…</li>



<li>La coopération entre la France Insoumise et la Marche des Solidarités ne s’est pas arrêtée au 22 mars. Elle s’est poursuivie de manière positive dans la riposte à la tentative du RN de mobiliser ses troupes dans la rue le 6 avril en réaction à la condamnation de Marine Le Pen. Elle s’est aussi poursuivie dans la préparation des manifestations contre l’islamophobie du 11 mai. Cette coopération doit continuer tout en ouvrant aussi des débats.</li>



<li>Si un mouvement d’ensemble, une vague de luttes n’est pas immédiatement possible, cela ne signifie pas que nous devons nous contenter de développer nos organisations. Des initiatives doivent être prises pour cristalliser, y compris de manière partielle et limitée, la confrontation avec le pouvoir et obtenir des résultats concrets.</li>
</ol>



<h5 class="wp-block-heading">Denis Godard (Paris 20)</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="19ff29c2-937a-422c-a1ae-919ee41824d5">Il est important de spécifier d’où je parle. Je parle ici en tant que membre d’A2C sur la base de l’expérience de ma participation dans la mobilisation avec la Marche des Solidarités <a href="#19ff29c2-937a-422c-a1ae-919ee41824d5-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li><li id="1c5fb626-1b4e-4d95-8807-4d10f995eb24">Bien sûr ce succès est relatif si on considère les enjeux. Certains le relativisent. De manière intéressante quand nous n’étions que quelques milliers les autres années… ils et elles n’éprouvaient pas le besoin d’en parler ! <a href="#1c5fb626-1b4e-4d95-8807-4d10f995eb24-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2">↩︎</a></li><li id="40736bca-4af1-49e1-a13e-6963c6a7d2c2">Le racisme a, dès l’origine, été construit pour justifier l’esclavage puis le colonialisme lors du développement du capitalisme. C’est, historiquement, qu’il est devenu structurel. <a href="#40736bca-4af1-49e1-a13e-6963c6a7d2c2-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3">↩︎</a></li><li id="8f1dbb7c-4e87-4496-abed-968a8b54ae3a">Commission nationale consultative des droits de l’homme. Voir sur le site de la CNCDH (cncdh.fr) <a href="#8f1dbb7c-4e87-4496-abed-968a8b54ae3a-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4">↩︎</a></li><li id="ce61352e-02fa-4dec-9fbb-a619549efbc8">La contradiction persiste avec le chiffre précédent même si ce chiffre est, lui, en recul de 5% en un an (exprimant ainsi une dynamique qui va dans le même sens). <a href="#ce61352e-02fa-4dec-9fbb-a619549efbc8-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5">↩︎</a></li><li id="1c47b102-fca3-4b66-b80f-d46f6dea4498">Avec des manifestations de masse sur tous les continents : https://lanticapitaliste.org/opinions/histoire/15-fevrier-2003-la-plus-grande-manifestation-de-lhistoire <a href="#1c47b102-fca3-4b66-b80f-d46f6dea4498-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6">↩︎</a></li><li id="2dcd4711-322a-4246-800e-78fdbc6cc7b0">Cela s’est traduit d’ailleurs par la taille de certains cortèges dans la manifestation parisienne : celui de la CGT – limité aux sans-papiers – étant même plus faible que le 14 décembre. <a href="#2dcd4711-322a-4246-800e-78fdbc6cc7b0-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 7">↩︎</a></li></ol><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/apres-les-manifestations-du-22-mars-quelle-strategie-contre-le-racisme/">Après les manifestations du 22 mars, quelle stratégie contre le racisme ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Le collectif auto-organisé des personnes sans papiers de Rennes voit le jour !</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/le-collectif-auto-organise-des-personnes-sans-papiers-de-rennes-voit-le-jour/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Vic]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 18 Mar 2025 16:11:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Retours militants]]></category>
		<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[Marche des solidarités]]></category>
		<category><![CDATA[Mineurs isolés étrangers]]></category>
		<category><![CDATA[Sans-papiers]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=9420</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Suite à la participation au deuxième week-end national de la Marche des Solidarités de janvier 2025, le collectif des personnes sans papier se créé : le collectif des Immigrés Abandonnés et Mineurs Isolés de Rennes <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/le-collectif-auto-organise-des-personnes-sans-papiers-de-rennes-voit-le-jour/" title="Le collectif auto-organisé des personnes sans papiers de Rennes voit le jour !">[...]</a></div>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/le-collectif-auto-organise-des-personnes-sans-papiers-de-rennes-voit-le-jour/">Le collectif auto-organisé des personnes sans papiers de Rennes voit le jour !</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Suite à la participation au deuxième week-end national de la Marche des Solidarités de janvier 2025, le collectif des personnes sans papier se créé : le collectif des Immigrés Abandonnés et Mineurs Isolés de Rennes !</strong></p>



<p><em>Personne ne pourra lutter à la place des personnes sans papier, mais tout le monde devra lutter ensemble. Le week-end national organisé par la Marche des Solidarités nous a à tous remis les idées au clair sur comment continuer la lutte contre le racisme à Rennes : l’auto-organisation est vitale !</em></p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #16 &#8211; mars 2025</h6>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Contexte et départ collectif au WE de janvier </strong></h2>



<p>Il faut savoir qu’à Rennes, aucun collectif de personnes sans papiers n’existait encore. Il y a eu, ces dernières années, plusieurs collectifs qui ont émergés (collectifs des exilé•es de Rennes, les femmes exilées, le syndicat des sans papiers<sup data-fn="f3a192c5-2acd-4734-ba66-5946b36a7ce2" class="fn"><a id="f3a192c5-2acd-4734-ba66-5946b36a7ce2-link" href="#f3a192c5-2acd-4734-ba66-5946b36a7ce2">1</a></sup>) que je ne détaillerai pas ici mais qu’il serait intéressant dans un prochain article. </p>



<p>Actuellement, deux gymnases sont occupés par plus de 300 personnes qui sont menacées d’expulsion à la fin de la trêve hivernale du 31 mars. L&rsquo;inter-organisation de soutien aux personnes sans papiers est une des principales organisations en lutte auprès des personnes sans papiers (elle regroupe différentes associations, collectifs, et un membre de la CGT). Elle se mobilise notamment sur le soutien matériel, l’ouverture de lieux et propose des assemblées dans les gymnases.</p>



<p>Je fais partie de l’assemblée Rennes Sud Mobilisé contre le racisme (RSM)<sup data-fn="286add15-60f9-416c-ba59-d1d9c05dfb9b" class="fn"><a id="286add15-60f9-416c-ba59-d1d9c05dfb9b-link" href="#286add15-60f9-416c-ba59-d1d9c05dfb9b">2</a></sup> et en novembre, lors d’une assemblée au Polyblosne, lieu associatif du quartier, ce sont ces personnes qui, expulsées des parcs, sont venues et ont occupé le lieu quelques jours. Puis deux gymnases ont été ouverts (ceux actuellement) et le lien avec les militants de RSM a continué à se renforcer. Pendant notamment l’organisation de la journée du 18 décembre, Journée nationale de lutte pour les droits des personnes migrantes (banderole, départ commun, manifestation, cortèges communs).</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-large is-resized"><img data-dominant-color="64404c" data-has-transparency="false" loading="lazy" decoding="async" width="768" height="1024" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/03/Lorchestre-des-jeunes-lors-de-la-soiree-de-soutien-du-25_01_25-aux-Amarres-Paris-768x1024.webp" alt="" class="wp-image-9422 not-transparent" style="--dominant-color: #64404c; width:344px;height:auto" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/03/Lorchestre-des-jeunes-lors-de-la-soiree-de-soutien-du-25_01_25-aux-Amarres-Paris-768x1024.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/03/Lorchestre-des-jeunes-lors-de-la-soiree-de-soutien-du-25_01_25-aux-Amarres-Paris-225x300.webp 225w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/03/Lorchestre-des-jeunes-lors-de-la-soiree-de-soutien-du-25_01_25-aux-Amarres-Paris.webp 1200w" sizes="auto, (max-width: 768px) 100vw, 768px" /></figure>
</div>


<p>En décembre, je suis allée à un des rassemblements devant la Gaité Lyrique organisé par les jeunes en lutte<sup data-fn="0b8670d9-0c48-4a7c-8af3-331396da77df" class="fn"><a id="0b8670d9-0c48-4a7c-8af3-331396da77df-link" href="#0b8670d9-0c48-4a7c-8af3-331396da77df">3</a></sup>. Je me suis dit : il faut absolument qu’un maximum de personnes les voit pour y croire, pour croire que la lutte est possible et qu’elle peut être puissante. Les vidéos ça ne suffit pas. Je suis revenue avec des paillettes dans les yeux et une envie : faire passer le message des jeunes qui disent que l’auto-organisation n’est pas une option mais une condition pour gagner.</p>



<p>En janvier, un deuxième week-end national de la MDS s’organise. Lors du premier week-end national de septembre, un départ avait déjà été organisé par des militant·e·s de RSM. Je me suis dit : il faut absolument y retourner.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La nécessité de l’auto-organisation nous a tou·tes convaincu </strong></h2>



<p>Nous sommes deux camarades d’A2C faisant partie de l’assemblée RSM à avoir organisé un départ de Rennes avec pour objectif de proposer au maximum de personnes des gymnases à venir. Grâce aux contacts existant via RSM et l&rsquo;inter-orga, 7 personnes des gymnases se sont rejointes à nous. Grâce à leur détermination à vouloir participer aux ateliers de cet événement, nous étions finalement 9 personnes (dont&nbsp; 4 femmes) à répondre présent•es à ce départ !&nbsp;</p>



<p>À la participation des différents ateliers, nous avons été impressionnés par le niveau de politisation des jeunes présent•es au week-end. Chaque prise de parole etaient claires sur l&rsquo;état de la situation et sur comment agir : personne ne pourra lutter à la place des personnes concernées, et tout le monde devra s&rsquo;y mettre. Pour s&rsquo;engager dans la lutte, il faudra être convaincu qu&rsquo;on peut changer les choses grâce à soi-même et collectivement.</p>



<p>Les 7 camarades avec qui nous sommes venu•es ont verbalisé dans le retour en voiture tout ce que ces rencontres ont permis de comprendre : <strong>la nécessité d&rsquo;inverser la situation à Rennes, de s&rsquo;organiser, de créer un collectif, de décider ensemble, d&rsquo;imposer leur parole, leurs revendications, de prendre les devant et de casser l&rsquo;immobilisme</strong> dans lequel les associations et les soutiens les maintiennent. Et que la lutte ne se fera pas séparément mais bien ensemble.</p>



<p>Les objectifs étaient clairs : créer un groupe WhatsApp sans nous [les trois soutiens du groupe pour organiser le départ] et organiser une rencontre entre les occupant•es des deux gymnases pour proposer la&nbsp; création d’un collectif auto-organisé. Comme a dit un camarade « il va falloir battre le fer tant qu&rsquo;il est chaud ». Ça nous a frappé en rentrant à quel point le gymnase est invisible, isolé et que ce qu&rsquo;il va falloir faire, c&rsquo;est faire sortir des murs la réalité, se rendre visible et faire…. des Gaités Lyriques partout !</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le collectif se crée !</strong></h2>



<p>Dans les jours qui suivent notre retour, nous nous retrouvons pour faire un bilan et pleins de choses sont exprimées : la force que nous ont donné les camarades en lutte des autres villes, l&rsquo;impasse dans laquelle les assos coincent les occupant•es en promettant des solutions individuelles, le paternalisme de certains soutiens et la nécessité de l&rsquo;auto-organisation.</p>



<p>Une assemblée était proposée par l&rsquo;inter-orga le dimanche suivant dans un des deux gymnases : les camarades leur ont demandé de décaler cette AG pour leur permettre de s’auto-organiser et de proposer à la place la création d’un collectif. <strong>L’assemblée organisée par et pour les occupant</strong>•<strong>es a réunis une soixantaine de personne et a permis, d’une part, de réunir beaucoup plus de personnes concernées que les assemblées organisées par l’inter-orga, et d’autres part, d’impulser une dynamique commune </strong>(cette demande a été directement acceptée et comprise par les membres de l’inter-orga, qui, par ailleurs, sont convaincu•es de la nécessité de l’auto-organisation des premières concernées).</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-full is-resized"><img data-dominant-color="c7b4ab" data-has-transparency="false" loading="lazy" decoding="async" width="500" height="500" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/03/Le-premier-logo-du-Collectif-des-Immigres-Abandonnes-et-Mineurs-Isoles-de-Rennes-CIAMIR.webp" alt="" class="wp-image-9423 not-transparent" style="--dominant-color: #c7b4ab; width:314px;height:auto" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/03/Le-premier-logo-du-Collectif-des-Immigres-Abandonnes-et-Mineurs-Isoles-de-Rennes-CIAMIR.webp 500w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/03/Le-premier-logo-du-Collectif-des-Immigres-Abandonnes-et-Mineurs-Isoles-de-Rennes-CIAMIR-300x300.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/03/Le-premier-logo-du-Collectif-des-Immigres-Abandonnes-et-Mineurs-Isoles-de-Rennes-CIAMIR-150x150.webp 150w" sizes="auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px" /></figure>
</div>


<p>« Le collectif a bel et bien vu le jour. C&rsquo;est une nouvelle page qui vient de s&rsquo;ouvrir. Désormais ce sont nos voix qui parleront et revendiquerons nos droits avec l&rsquo;appui de toustes les militants. » nous a écrit un camarade le lendemain.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Construire, s’organiser, lutter !</strong></h2>



<p>Rien n&rsquo;est encore gagné. Comme l&rsquo;ont dit Fousseini et Mathieu dans l&rsquo;article <em>Laissez parler les jeunes</em><sup data-fn="c96f2317-f3a8-432d-a67a-690ebe91c084" class="fn"><a id="c96f2317-f3a8-432d-a67a-690ebe91c084-link" href="#c96f2317-f3a8-432d-a67a-690ebe91c084">4</a></sup> : « le premier obstacle à la lutte, il est en nous ». « Si tu veux t&rsquo;engager dans une lutte il faut que tu sois convaincu que tu peux la gagner et que tu sois convaincu que c&rsquo;est un choix que tu as fait, un choix réel que tu as fait avant de t&rsquo;y mettre, sinon tu vas juste attendre les actions de tes camarades. »</p>



<p>Les objectifs seront de construire largement la date du 22 mars, <strong>journée internationale contre le racisme, appel national de riposte lancé par la Marche des Solidarités</strong>. D’ici là, soutenir les camarades dans la construction de leur collectif, lutter ensemble, apporter un soutien matériel et politique, aller à la manifestation régionale <em>Pour une Bretagne Ouverte et Solidaire, contre l’extrême droite et pour la justice sociale </em>du dimanche 2 mars à Lorient. Tout reste à construire mais l’espoir est immense.</p>



<h5 class="wp-block-heading">Mathilda Demarbre, membre de Rennes Sud Mobilisé et Hafiz Moussa, membre du collectif des Immigrés Abandonnés et Mineurs Isolés de Rennes pour sa relecture.</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="f3a192c5-2acd-4734-ba66-5946b36a7ce2">Voir l&rsquo;article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/la-lutte-contre-les-frontieres-et-la-creation-dun-syndicat-de-travailleur%c2%b7ses-sans-papiers-a-rennes/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">« La lutte contre les frontières et la création d’un syndicat de travailleur·ses sans papiers à Rennes »</a> <a href="#f3a192c5-2acd-4734-ba66-5946b36a7ce2-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li><li id="286add15-60f9-416c-ba59-d1d9c05dfb9b">Voir l&rsquo;article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/un-quartier-contre-le-fascisme-rennes-sud/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">« Un quartier contre le fascisme : Rennes-sud »</a> <a href="#286add15-60f9-416c-ba59-d1d9c05dfb9b-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2">↩︎</a></li><li id="0b8670d9-0c48-4a7c-8af3-331396da77df">Voir l&rsquo;article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/la-rafle-des-jeunes-du-parc-de-belleville/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">« La rafle des jeunes du parc de Belleville »</a> <a href="#0b8670d9-0c48-4a7c-8af3-331396da77df-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3">↩︎</a></li><li id="c96f2317-f3a8-432d-a67a-690ebe91c084">Voir l&rsquo;article <a href="http://Laissez parler les jeunes!" target="_blank" rel="noreferrer noopener">« Laissez parler les jeunes ! »</a> <a href="#c96f2317-f3a8-432d-a67a-690ebe91c084-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4">↩︎</a></li></ol>


<p></p>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/le-collectif-auto-organise-des-personnes-sans-papiers-de-rennes-voit-le-jour/">Le collectif auto-organisé des personnes sans papiers de Rennes voit le jour !</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Grève pour la régularisation, la nécessité de la grève politique !</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/greve-pour-la-regularisation-la-necessite-de-la-greve-politique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Vic]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Jan 2025 09:26:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[Darmanin]]></category>
		<category><![CDATA[Grève]]></category>
		<category><![CDATA[Manifestation]]></category>
		<category><![CDATA[Marche des solidarités]]></category>
		<category><![CDATA[racisme d'état]]></category>
		<category><![CDATA[Sans-papiers]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=9238</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Les mobilisations à l’occasion de la journée internationale des migrant·e·s qui auront lieu partout dans le pays (et dans beaucoup d’autres1) du 14 au 18 décembre seront le 1er acte d’une campagne qui va se <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/greve-pour-la-regularisation-la-necessite-de-la-greve-politique/" title="Grève pour la régularisation, la nécessité de la grève politique !">[...]</a></div>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/greve-pour-la-regularisation-la-necessite-de-la-greve-politique/">Grève pour la régularisation, la nécessité de la grève politique !</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Les mobilisations à l’occasion de la journée internationale des migrant·e·s qui auront lieu partout dans le pays (et dans beaucoup d’autres<sup data-fn="6da3f56d-8da2-4f0c-a2a2-b871cac831c5" class="fn"><a id="6da3f56d-8da2-4f0c-a2a2-b871cac831c5-link" href="#6da3f56d-8da2-4f0c-a2a2-b871cac831c5">1</a></sup>) du 14 au 18 décembre seront le 1<sup>er</sup> acte d’une campagne qui va se développer dans les mois qui viennent pour obtenir la régularisation massive de sans-papiers, lutter pour les droits des mineur·e·s isolé·e·s et l’hébergement des migrant·es à la rue et enfin pour se donner les moyens de renverser le climat raciste. De la réussite de ces mobilisations du 14 au 18 décembre dépendront nos capacités à construire cette campagne pour gagner.</p>



<p>À travers son implication et ses interventions dans la préparation de ces mobilisations, la CGT a posé concrètement la grève comme un des moyens à travers lequel la lutte pourra se développer dans cette campagne, notamment pour obtenir des régularisations. Les dernières grèves massives de travailleur·euses sans-papiers remontent à octobre 2023&nbsp;: Dès le 17 octobre, partout en Ile de France des travailleur·euses sans-papiers occupent leurs lieux de travail. Soutenus par la CNT-SO, les collectifs de sans-papiers et la Marche des Solidarités, des travailleur·euses en grève occupent un site des Jeux Olympiques. Et soutenu·es par la CGT, plus de 500 travailleur·euses occupent 33 entreprises, pour la plupart des agences d’intérim. Tous les piquets de grève soutenus par la CGT parviendront à obtenir quelques mois plus tard un accord de la part de Darmanin pour que tous·tes les grévistes soient régularisé·es avec plusieurs dizaines de leurs camarades du Nord, de la Marne et de Seine-Maritime en lutte à Emmaüs, Amazon ou encore en tant que saisonnièr·es agricoles.</p>



<p>Entre le début de cette grève et l’obtention des régularisations, la loi Darmanin avait été votée par la majorité présidentielle et les député·es fascistes du Rassemblement National. Déjà pour les grévistes de 2023, les accords ont été plus difficiles à obtenir que lors des mouvements précédents et ils n’ont pas concerné les grévistes du chantier des JO. Comme pour d’autres luttes récentes telles que celle soutenue par le syndicat Solidaires à Chronopost, cela illustrait déjà un durcissement en cours du pouvoir sur les questions de régularisation. L’Etat met désormais en application la loi Darmanin et impose à tout mouvement pour la régularisation d’élever le rapport de force requis pour gagner.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La bascule raciste de la loi Darmanin</strong></h2>



<p>A la suite du mouvement de grève de milliers de travailleurs sans-papiers de 2008 à 2010, l’objectif principal des grèves de travailleur·euses sans-papiers qui ont suivi étaient d’obtenir l’ensemble des pièces éxigées par la circulaire Valls établie en 2012. Cette circulaire précise tout un ensemble de critères donnant droit à une régularisation&nbsp;: Il faut disposer d’un certain nombre de fiches de paie, de justificatifs, de preuves de présence ainsi que la reconnaissance de l’emploi par les patron·nes, à travers des CERFA ou des certificats de concordance selon que les travailleur·euses sans-papiers travaillent sous de faux papiers ou sous l’identité d’une autre personne.&nbsp;</p>



<p>La circulaire Valls précisant des critères de régularisation, un des enjeux de la lutte consistait à arracher l’ensemble des preuves aux patrons et d’imposer aux préfet·es d’y répondre positivement car celleux-ci ont toujours eu sur cette circulaire Valls un pouvoir discrétionnaire. Le rapport de force devait s’établir au niveau des patron·nes afin de remplir l’ensemble des critères et vis-à-vis des préfectures pour qu’elles traitent les dossiers.&nbsp;</p>



<p>L’application de la loi Darmanin a changé la situation et impose un rapport de force d’un niveau supérieur. Les collectifs de sans-papiers, les réseaux de solidarité, les syndicats, les associations sont unanimes sur l’ensemble du territoire&nbsp;: le nombre de refus de demandes de régularisation ou de renouvellements de carte de séjour est en train d’augmenter fortement et rapidement et cela concerne toutes les préfectures. Les délais sont encore plus longs qu’avant et, même quand les récépissés sont parfois obtenus, ils ne se transforment que trop rarement en titres de séjour effectifs. Et quant aux refus, ils s’accompagnent systématiquement d’OQTF.&nbsp;</p>



<p>Cette situation concerne directement des millions de personnes avec et sans-papiers parmi nous. Darmanin avait annoncé la couleur de cette loi qu’il qualifiait lui-même de « texte le plus ferme avec les mesures les plus dures depuis ces trente dernières années. »<sup data-fn="6738d328-6610-4b8a-bc09-6997f01ee18d" class="fn"><a id="6738d328-6610-4b8a-bc09-6997f01ee18d-link" href="#6738d328-6610-4b8a-bc09-6997f01ee18d">2</a></sup> dont il ne cachait pas les ambitions : « On veut ceux qui bossent, pas ceux qui rapinent »<sup data-fn="6ba4ccd0-5586-46d8-95a4-10cec833fe60" class="fn"><a id="6ba4ccd0-5586-46d8-95a4-10cec833fe60-link" href="#6ba4ccd0-5586-46d8-95a4-10cec833fe60">3</a></sup> et le ministère de l’Intérieur met désormais tout cela en œuvre en exigeant des préfet·es de réduire l’immigration légale comme illégale par tous les moyens à leur disposition<sup data-fn="3da57ab8-d80a-4097-a905-3dfc12cb353d" class="fn"><a id="3da57ab8-d80a-4097-a905-3dfc12cb353d-link" href="#3da57ab8-d80a-4097-a905-3dfc12cb353d">4</a></sup>. Et ces nouvelles conditions s’accompagnent d’une situation générale où 143 député·es fascistes siègent à l’assemblée et le RN qui semble de plus en en capacité de prendre le pouvoir.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Nécessité de la grève politique</strong></h2>



<p>Pour qu’une prochaine vague de grèves de sans-papiers arrache des régularisations, il faudra évidemment en premier lieu que les grévistes sans-papiers soient les plus nombreuses et nombreux, qu’il y ait des piquets dans le plus de villes et de quartiers différents, que les locaux des entreprises soient occupés, que les piquets soient organisés par les grévistes et ouverts sur les quartiers alentours. Un des points notables des grands mouvements de grève de travailleur.se.s sans-papiers jusqu’à maintenant, est que les grévistes ont été très majoritairement des hommes. La diversité des secteurs impliqués dans le prochain mouvement de grèves sera un atout pour donner la capacité à un nombre important de femmes sans-papiers de faire grève : l’hôtellerie, la restauration, l’aide à domicile, la santé, le médico-social…&nbsp;</p>



<p>Mais plus encore que d’étendre la grève parmi les sans-papiers, il faudra aussi se donner les moyens que ça puisse être une grève de toutes et tous. Et partout où cela sera rendu possible, ce sera aussi bien des exemples pour la suite que des forces pour tout de suite.&nbsp;</p>



<p>Dans les entreprises où des travailleur·euses sans-papiers feront grève, il faudra encourager que leurs collègues «&nbsp;avec papiers&nbsp;» fassent également grève&nbsp;! Il faudra également saisir toutes les opportunités pour développer la grève dans les secteurs où des luttes sont déjà engagées en solidarité avec les migrant·es et contre le racisme, comme les écoles, les collèges et les lycées ou le travail social, etc. Et enfin dans les secteurs qui seront déjà engagés dans des grèves au moment où celles des travailleur·euses sans-papiers se déclenchent. Faire grève pour l’égalité des droits, pour la solidarité, pour imposer la régularisation, pour créer les conditions de l’unité de notre classe et un rapport de force général plus propice à gagner également sur d’autres revendications, qu’elles soient pour des salaires, de nouveaux droits, contre des réformes ou pour les retraites.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>LA RUE, LA RUE, LA RUE</strong></h2>



<p>Avant les grèves de travailleur·euses sans-papiers de 2008-2010, le mouvement des sans-papiers avait déjà développé d’autres modalités de lutte que la grève, qui ont perduré notamment à travers les collectifs de sans-papiers et les réseaux de solidarité&nbsp;: occupations, manifestations, actions, marche nationale, etc. Les victoires des collectifs de mineur·es isolé·es récemment constitués sont des exemples du potentiel de ces modes d’action.</p>



<p>Une grève qui veut gagner des régularisations pour des travailleur·euses devra se battre pour l’égalité des droits de toutes et tous et se combiner avec des revendications et des modes d’action d’un mouvement plus large. En plus des grèves, il faudra lancer des occupations pour réclamer un logement et la reconnaissance des mineur·es isolé·es, organiser des rassemblements de soutien dans les quartiers où des grèves et des occupations seront organisées, des grandes manifestations qui rassemblent l’ensemble des collectifs en lutte et appellent toutes celles et tous ceux qui veulent se battre contre le racisme et qui veulent faire reculer les fascistes à se joindre à la bagarre.</p>



<p>A ce stade de développement du racisme d’État en France, un mouvement de grève pour la régularisation se retrouvera nécessairement à devoir se hisser à des niveaux de confrontation sociale qu’il ne pourra affronter que s’il est partie prenante d’un mouvement plus large qui se bat pour l’égalité des droits, pour la reconnaissance de minorité, pour un logement pour tous·tes, contre les CRA et contre le racisme. Seul un tel mouvement pourrait permettre de renverser la vapeur et le fond de l’air raciste, de commencer à faire reculer les fascistes.</p>



<h5 class="wp-block-heading">Mathieu Pastor – A2C Paris20</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="6da3f56d-8da2-4f0c-a2a2-b871cac831c5"><a href="https://worldagainstracism.org/2025-waraf/london-calling-fr/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">London Calling : action mondiale contre le racisme et le fascisme</a> <a href="#6da3f56d-8da2-4f0c-a2a2-b871cac831c5-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li><li id="6738d328-6610-4b8a-bc09-6997f01ee18d">Franceinfo, <a href="http://Projet de loi sur l'immigration : Gérald Darmanin défend le &quot;texte le plus ferme depuis ces trente dernières années&quot;, dans un entretien au &quot;JDD&quot;" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Projet de loi sur l&rsquo;immigration : Gérald Darmanin défend le « texte le plus ferme depuis ces trente dernières années », dans un entretien au « JDD »</a> <a href="#6738d328-6610-4b8a-bc09-6997f01ee18d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2">↩︎</a></li><li id="6ba4ccd0-5586-46d8-95a4-10cec833fe60">BFMFV, <a href="https://www.bfmtv.com/politique/gouvernement/on-veut-ceux-qui-bossent-pas-ceux-qui-rapinent-gerald-darmanin-defend-le-projet-de-loi-immigration_AN-202212060250.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">« On veut ceux qui bossent, pas ceux qui rapinent »: Gérald Darmanin défend le projet de loi immigration</a> <a href="#6ba4ccd0-5586-46d8-95a4-10cec833fe60-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3">↩︎</a></li><li id="3da57ab8-d80a-4097-a905-3dfc12cb353d">Le Monde, <a href="https://www.lemonde.fr/societe/article/2024/10/09/bruno-retailleau-annonce-deux-circulaires-pour-reduire-l-immigration_6347291_3224.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Bruno Retailleau annonce deux circulaires pour réduire l’immigration</a> <a href="#3da57ab8-d80a-4097-a905-3dfc12cb353d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4">↩︎</a></li></ol><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/greve-pour-la-regularisation-la-necessite-de-la-greve-politique/">Grève pour la régularisation, la nécessité de la grève politique !</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Loi Darmanin : anatomie d’une défaite</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/loi-darmanin-anatomie-dune-defaite/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jakubowski]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 03 May 2024 12:33:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Retours militants]]></category>
		<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[Les Lilas]]></category>
		<category><![CDATA[Marseille]]></category>
		<category><![CDATA[Migrants]]></category>
		<category><![CDATA[Paris]]></category>
		<category><![CDATA[Rennes]]></category>
		<category><![CDATA[retour d&#039;experience]]></category>
		<category><![CDATA[Romainville]]></category>
		<category><![CDATA[Sans-papiers]]></category>
		<category><![CDATA[Toulouse]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=8351</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">« Résolution 2023 : ne pas laisser passer la loi Darmanin ». Notre éditorial de janvier 2023 proposait une stratégie pour combattre ce qui était encore un projet de loi. Cette analyse en a entraîné bien d’autres durant ces <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/loi-darmanin-anatomie-dune-defaite/" title="Loi Darmanin : anatomie d’une défaite">[...]</a></div>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/loi-darmanin-anatomie-dune-defaite/">Loi Darmanin : anatomie d’une défaite</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p style="font-style:normal;font-weight:600">« <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/editorial/resolution-2023-ne-pas-laisser-passer-la-loi-darmanin/">Résolution 2023 : ne pas laisser passer la loi Darmanin </a>». Notre éditorial de janvier 2023 proposait une stratégie pour combattre ce qui était encore un projet de loi. Cette analyse en a entraîné bien d’autres durant ces derniers mois quant aux liens intrinsèques entre l’explosion du racisme, du nationalisme et du danger du fascisme. Plus de deux mois après la promulgation de la loi Darmanin, le constat est limpide : le mouvement qui s’est enraciné durant plus d’un an a perdu une bataille. Cette défaite pourrait avoir des conséquences ignobles pour beaucoup d’immigré·es. Elle va aussi affaiblir l’ensemble de notre classe en brisant plus encore l’égalité entre toutes et tous. Une autre question est de savoir si l’ensemble des forces qui ont combattues sortent renforcées ou affaiblies d’une telle séquence.</p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #12 &#8211; MARS 2024</h6>



<p class="has-drop-cap">Pour entamer l’analyse nécessaire de la situation créée par le passage de la loi, des tâches qui en découlent et des leçons à en tirer, nous avons décidé de commencer par des remontées d’expériences faites par des camarades d’A2C dans plusieurs villes avec la conscience que celles-ci restent bien entendu limitées. N’hésitez pas à nous faire parvenir vos expériences, questionnements ou éléments de débats. </p>



<h2 class="wp-block-heading">Automne 2022, le front se lève</h2>



<p><strong>À Marseille :</strong> Nous sommes impliqué·es dans le lancement de Marseille contre Darmanin en novembre 2022. Au départ, nous pensons ce collectif comme une coordination dans laquelle s’impliquent des collectifs de personnes migrantes et de quartier. </p>



<p><strong>À Paris : </strong>Une spécificité est l’existence de collectifs de sans-papiers et celle de la Marche des Solidarités qui, depuis plusieurs années, au travers de réunions hebdomadaires, permet de coordonner plusieurs collectifs de sans-papiers avec, selon les périodes et les campagnes, d’autres collectifs, associations et syndicats. C’est la Marche des Solidarités et les collectifs de sans-papiers qui ont lancé dès avant le 18 décembre 2022 la lutte contre la loi Darmanin.          </p>



<p><strong>À Toulouse : </strong>Des mobilisations ont eu lieu contre la loi Darmanin à l’initiative d’une Assemblée proposée par des membres d’a2c en janvier 2023. Le but est de lutter contre la loi, nous proposons de suivre le calendrier national de la Marche des Solidarités sur Toulouse. La première AG a regroupé environ 50 personnes de différents milieux : luttes antiracistes, étudiant·es et profs de la fac du Mirail, et des camarades actif·ves dans l’accès aux droits de personnes migrantes, des organisations féministes, membres d’un club de foot militant, des militant·es autonomes et une partie de la gauche révolutionnaire. </p>



<h2 class="wp-block-heading">« Retraite pour tou·tes, papiers pour tou·tes ! »</h2>



<p><strong>À Paris 18<sup>e</sup> :</strong> C’est 18<sup>e</sup> en lutte, le collectif issu de l’assemblée interprofessionnelle de Paris 18<sup>e</sup>, active pendant le mouvement des retraites de 2019, qui construit les mobilisations de la Marche des Solidarités sur le quartier. C’est aussi lui qui a pris l’initiative, conjointement avec l’UL CGT, d’appeler à la constitution d’une nouvelle assemblée interpro lors du dernier mouvement des retraites. </p>



<p>Dès janvier et le début de la mobilisation retraite on sort des affiches et pancartes qui font le lien : <em>« Ni tri des migrant·es ni retraite à 64 ans »</em> et <em>« Liberté de circulation, liberté d’installation = + d’argent pour nos pensions »</em> qui nous suivront dans toute la période. </p>



<p>La question est systématiquement discutée dans l’interpro locale et fait très vite consensus. Une introduction contre la loi Darmanin est actée dès la première réunion publique qui a lieu à la Mairie du 18<sup>e</sup>, le 13 février 2023 et réunit environ 70 personnes.</p>



<p><strong>À Rennes :</strong> Avant le vote de la loi, des manifestations ont eu lieu. D’abord des tentatives durant le mouvement contre la réforme des retraites, où avec des camarades du cadre Rennes vs Darmanin, nous avons distribué des tracts pour appeler à des soirées, à des réunions, à des manifestations notamment celles du 25 mars 2023 puis du samedi 29 avril 2023. Nous étions 47 personnes à la Maison Internationale de Rennes, venues à titre individuel et issues de différentes organisations, pour lancer le cadre Rennes contre Darmanin (syndicats, asso, partis, collectifs, personnes solidaires sur les campements).</p>



<p>Et puis il ne s’est plus rien passé pour de vrai, les réunions, les tâches pratiques et la liste mail, ont commencé à être portées par les militant·es habituel·les, les nouvelles personnes ont arrêté de venir.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-full is-resized"><img data-dominant-color="6a6a6a" data-has-transparency="false" loading="lazy" decoding="async" width="750" height="721" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Darmanin_Illustr1-jpg.webp" alt="" class="wp-image-8353 not-transparent" style="--dominant-color: #6a6a6a; width:287px;height:auto" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Darmanin_Illustr1-jpg.webp 750w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Darmanin_Illustr1-300x288.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 750px) 100vw, 750px" /></figure>
</div>


<p><strong>À Toulouse :</strong> Les mobilisations contre la réforme des retraites ont donné de la force à l’AG contre Darmanin. Les participant·es étaient convaincu·es qu’il fallait faire le lien entre réforme des retraites et loi Darmanin,. Toutefois, nous avons rencontré des difficultés au début pour convaincre qu’il fallait faire ce lien. Plusieurs organisations syndicales avaient peur que ça divise la lutte. Nous avons beaucoup argumenté sur le besoin de traiter les deux questions et unifier les travailleur·euses dans la compréhension que la réforme des retraites et la loi anti-immigration faisaient partie d’une même offensive à l’encontre de toute notre classe. </p>



<p>Peu à peu, l’AG a gagné de l’espace dans l’AG interpro qui avait lieu après les manifs contre la réforme. À chaque prise de parole on a essayé de mettre sur la table l’importance de lutter contre la loi Darmanin. Pendant les manifs contre la réforme, l’AG contre Darmanin a commencé à organiser des cortèges avec notre principal slogan :<em> « On est toustes exploité·es, toustes solidaires, contre la réforme et contre les frontières ! »</em></p>



<p><strong>À Marseille :</strong> Dès le début du mouvement retraites, la Coordination contre Darmanin est visible et appelle aux échéances propres à la lutte contre la loi lors des manifestations. Nous assumons une banderole mise en débat dans la coordination <em>« Même Classe Même Lutte »</em> et nous organisons des points fixes pour diffuser notre matériel. La coordination contre Darmanin est alors rejointe par des collectifs féministes, des collectifs anti­fascistes et des syndicalistes. Commencent à émerger des assemblées publiques pour argumenter sur la nécessité de combattre la loi Darmanin en lien avec le mouvement des retraites. La Coordination contre la loi Darmanin parvient ainsi à s’adresser à beaucoup de monde. </p>


<div class="wp-block-image wp-duotone-rgb060105-rgb200225255-1">
<figure class="aligncenter size-full"><img data-dominant-color="6c7176" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #6c7176;" loading="lazy" decoding="async" width="750" height="480" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Darmanin_Illustr2-jpg.webp" alt="" class="wp-image-8354 not-transparent" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Darmanin_Illustr2-jpg.webp 750w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Darmanin_Illustr2-300x192.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 750px) 100vw, 750px" /></figure>
</div>


<h2 class="wp-block-heading">L’auto-organisation des opprimé.es ?</h2>



<p><strong>À Paris :</strong> Au début de la séquence la Marche des Solidarités existe déjà avec une véritable visibilité due à de nombreuses campagnes menées les années précédentes. Ses réunions hebdomadaires regroupent en général une dizaine de personnes (représentant·es des collectifs de sans-papiers et quelques soutiens). Pendant plusieurs semaines dès l’automne 2022 de nombreuses discussions vont être nécessaires avec et entre collectifs de sans-papiers pour arriver à une position d’opposition totale à la loi Darmanin. L’argument est progressivement acquis que le volet « métiers en tension » est en réalité un outil pour limiter et précariser davantage les possibilités de régularisation. Il s’avèrera, a posteriori, que cette phase assez longue de discussions, qui va diffuser au sein des collectifs, permet de comprendre le rôle moteur et dirigeant joué par les collectifs de sans-papiers dans la lutte.</p>



<p><strong>À Montreuil :</strong> En parallèle de la mobilisation contre la loi Darmanin, faiblement suivie par les sans-papiers organisé·es au CSP Montreuil lors des premiers mois de la campagne, de nombreuses luttes locales issues de l’immigration, certaines particulièrement exemplaires, s’enracinent à Montreuil entre décembre 2022 et décembre 2023. </p>



<p>Celle du foyer Branly : ce foyer de plus 600 travailleurs maliens est le troisième de la ville à être menacé de démolition pour reconstruire une Résidence Sociale<sup data-fn="c96cd333-779d-4e84-9876-8f4349dd8fd3" class="fn"><a id="c96cd333-779d-4e84-9876-8f4349dd8fd3-link" href="#c96cd333-779d-4e84-9876-8f4349dd8fd3">1</a></sup>. Durant la destruction de ces foyers ce sont souvent plus des 2/3 des habitant·es qui sont mis·es à la rue. Il s’agit de sans-papiers ou de personnes régularisées qui ne sont pas sur les baux. Pour la première fois sur la ville, les délégués, le comité des résidents en lutte, et l’ensemble des résidents avec ou sans papiers ont su imposer leur volonté quant à la rénovation du foyer que les décideurs pensaient imaginer sans eux. Les résidents en lutte participaient individuellement à des manifestations contre la loi Darmanin systématiquement relayée par le COPAF et le comité de soutien. Mais c’est d’abord sur l’expérience de la lutte de défense du foyer et de la dignité des résidents que s’est développée l’auto-organisation, un collectif de sans-papiers du foyer notamment, est né de cette lutte. </p>



<p><strong>À Marseille : </strong>Les émeutes à Marseille suite à l’assassinat de Nahel constituent un moment décisif pour la Coordination contre Darmanin. Dans le local de Solidaires, nous organisons une grosse AG avec un autre collectif, Mémoire en Marche, qui travaille aux 40 ans de la Marche de 1983. </p>



<p>Cela a pu créer des grosses dissensions lorsque nous sommes allé·es discuter dans les quartiers populaires. On nous reprochait d’être des militant·es blanc·hes du centre-ville sans lien avec les populations immigrées. Cette caractérisation était en partie vraie, de moins en moins de personnes immigrées se liaient à la Coordination contre la Loi Darmanin durant l’été 2023. De plus, nous étions essoufflé·es par les rythmes d’un agenda de mobilisation très parisien qui a pu également faire débat. </p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-full is-resized"><img data-dominant-color="cdb0ae" data-has-transparency="false" loading="lazy" decoding="async" width="596" height="842" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Darmanin_Illustr3-jpg.webp" alt="" class="wp-image-8355 not-transparent" style="--dominant-color: #cdb0ae; width:250px;height:auto" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Darmanin_Illustr3-jpg.webp 596w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Darmanin_Illustr3-212x300.webp 212w" sizes="auto, (max-width: 596px) 100vw, 596px" /></figure>
</div>


<p><strong>À Paris :</strong> À partir d’octobre, sur la région parisienne, l’organisation d’une action d’occupation d’un chantier des JO avec des grévistes sans-papiers et la focalisation, en termes de manifestation, sur la date du 18 décembre a créé une dynamique inédite autour de la Marche avec des réunions hebdomadaires réunissant régulièrement une centaine de <a href="http://participant.es/">participant·es</a> et l’agrégation autour de la Marche et des Collectifs de sans-papiers de différents réseaux (Soulèvements de la Terre, Assemblée féministe, syndicalistes de l’éducation, des hôpitaux, du travail social, <a href="http://xn--tudiant-9xa.es/">étudiant·es</a> et lycéen·nes). </p>



<p>Pour la première fois de son histoire la Marche a même lancé des appels aux syndicats pour qu’ils organisent la grève. Cela a notamment permis le succès de la manifestation parisienne du 18 décembre, la plus grosse de toute la séquence avant le vote de la loi (15 000 <a href="http://manifestant.es/">manifestant·es</a>). Même si nous savions que ce ne serait pas suffisant.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Après le vote, sursaut antifasciste ? </h2>



<p>Alors que l’opposition à la loi avait été limitée, le vote par les députés fachos et par la Macronie, le 19 décembre 2023, produit une riposte. </p>



<p><strong>À Rennes : </strong>Dès le soir du vote de la loi, trois jours plus tard, il y a eu 2 000 personnes dans la rue, et la manifestation a gonflé de minute en minute. Le rassemblement initial s’est transformé en manifestation impressionnante de dynamisme, très jeune, avec un long cortège qui chante, qui crie… une des manifestations les plus dynamiques des dernières années, qui a pu défiler dans le centre-ville contre le fascisme et le racisme. </p>



<p><strong>À Paris :</strong> Le 14 janvier va être une manifestation à Paris qui articule lutte contre la loi Darmanin (le racisme) et lutte contre le fascisme. L’ambiance y est extrêmement combative. Elle reflète et amplifie les dynamiques autour de la Marche et des collectifs de sans-papiers constatées avant le vote de la loi : forte mobilisation des collectifs de sans-papiers qui encadrent et animent la manifestation, jonction avec les jeunes mineurs isolés, cortèges des écoles, cortège féministe, cortèges « environnement », forte présence de la jeunesse. Il y a 20 à 25 000 manifestant·es.</p>



<p><strong>À Toulouse : </strong>Le soir du vote de la loi : rassemblement appelé par la CGT d’environ 2 000 personnes à Jean-Jaurès avec la présence des syndicats et des partis politiques. Ce vote du gouvernement avec le RN a été un moment de réveil pour beaucoup de monde à Toulouse. </p>



<p>Le 14 janvier : Très peu de personnes mobilisées au sein de l’AG, le peu de personnes présentes, très investies dans le mouvement pour la Palestine, favorisent la date du 13 janvier. À cette date, se tient aussi une journée de mobilisation au Bikini (salle de concert) en soutien aux occupations d’écoles par les familles à la rue. Cette journée organisée par le collectif Jamais sans toit composé d’enseignant·es et de parents d’élèves avec le soutien de RESF et du DAL 31. </p>



<p>Le 20 janvier : La manifestation de Toulouse se tient un jour avant l’appel national. Environ 4 000 personnes sont mobilisées. Présence des syndicats, des partis, des orgas nationales liées à la question de l’exil (LDH, Amnesty, secours cath). C’est pratiquement la seule fois où l’on aura vu les partis et syndicats réformistes mobilisés à Toulouse contre la loi.</p>



<p><strong>À Paris 18<sup>e</sup> :</strong> Dans les manifs de janvier, on a réussi à maintenir des cortèges dynamiques 18<sup>e</sup> en lutte-UL CGT 18<sup>e</sup> et à entraîner plusieurs sans-papiers de la permanence. L’essentiel de la mobilisation étant toujours portée par le collectif 18<sup>e</sup> en lutte.</p>



<p>Depuis le centre de gravité de la mobilisation a un peu changé, en plus de 18<sup>e</sup> en lutte (encore incontournable pour les diffs et collages) les permanences sans-papiers de la CGT du 18<sup>e </sup>commencent à devenir le lieu privilégié où se construit la mobilisation.</p>



<p><strong>À Marseille : </strong>La coordination contre Darmanin était devenue ces derniers temps un collectif en propre. Lorsque nous préparons le 18 décembre 2023, nos assemblées regroupent encore des dizaines de personne. Avant le départ de la manif, nous organisons des cours de français et des permanences juridiques en lien avec des enseignant·es et des militant·es associatifs et associatives. </p>



<p>Après le 19 décembre, notre groupe WhatsApp passe de 150 personnes à plus de 700. Les mobilisations de janvier 2024 ont pu prendre la forme de grèves, comme dans le secteur de l’associatif par exemple ou dans les écoles avec Sud Éducation 13. </p>



<p>Pour le 14 janvier cela a moins bien marché. La CGT 13 a appelé à cette date, mais n’a pas mobilisé au sens où nous l’entendons. </p>



<p>Pour le 21 janvier, les organisations syndicales se sont vues entre elles, elles n’ont pas contacté Marseille contre Darmanin, ont produit un appel pro-républicain. </p>


<div class="wp-block-image wp-duotone-rgb060105-rgb200225255-2">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img data-dominant-color="5b5a57" data-has-transparency="false" loading="lazy" decoding="async" width="1075" height="1011" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Darmanin_Illustr4-jpg.webp" alt="" class="wp-image-8356 not-transparent" style="--dominant-color: #5b5a57; width:353px;height:auto" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Darmanin_Illustr4-jpg.webp 1075w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Darmanin_Illustr4-300x282.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Darmanin_Illustr4-768x722.webp 768w" sizes="auto, (max-width: 1075px) 100vw, 1075px" /></figure>
</div>


<p><strong>À Montreuil :</strong> La Kermesse Antifasciste dans laquelle nous sommes investi·es appelle à deux assemblées publiques entre le 21 décembre 2023 et le 14 janvier 2024 regroupant une vingtaine de personnes pour chacune d’entre elle. Le Maire de la Ville réunie quant à lui plus de 500 personnes le lendemain du vote de la loi. Le CSP Montreuil est invité à ouvrir les prises de parole. </p>



<p>Le CSP Montreuil reprend confiance en sa capacité d’initiative. Une déambulation se tient à son appel le 7 janvier qui regroupera près de 50 personnes. Des affiches pour la manif du 14 janvier sont collées dans tous les quartiers de la ville en l’espace d’une semaine. Le jour de la manif, entre 50 et 100 militant·es prennent part au départ collectif.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des graines semées</h2>



<p><strong>À Romainville &#8211; Les Lilas :</strong> Au moment du mouvement des retraites, des zemouristes viennent diffuser sur les marchés de la ville. Des camarades investi·es dans l’assemblée interpro locale lancent l’idée d’agir spécifiquement contre le racisme et le fascisme. </p>



<p>Le 2 mars 2024, la première réunion se tient. Elle est annoncée par des collages et des diffusions de tract. Sur les 20 personnes présentes, 4 disent être là en raison du travail de militantisme de terrain. Pour le reste, ce sont des camarades de différentes traditions militantes locales qui participent au lancement de ce collectif.</p>



<p>Le samedi 16 mars, les salarié·es de l’éducation appellent à une manifestation allant de la mairie de Romainville aux Lilas. Elle réunit 600 personnes.. </p>



<p>Le dimanche 17, les zemouristes sont de retour sur le marché des Lilas. Ce qui s’est construit sur le terrain ces derniers mois contre la loi immigration et la constitution du collectif permet de diffuser l’information assez tôt. C’est finalement lorsqu’une camarade prend un coup de l’une de ces pourritures qu’ils se font gicler du marché par l’ensemble des personnes présentes. </p>



<h5 class="wp-block-heading">Coordonné par Gaël Braibant (Montreuil)</h5>


<div class="wp-block-image wp-duotone-rgb060105-rgb200225255-3">
<figure class="aligncenter size-full"><img data-dominant-color="7e6775" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #7e6775;" loading="lazy" decoding="async" width="750" height="751" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Darmanin_Illustr5-jpg.webp" alt="" class="wp-image-8357 not-transparent" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Darmanin_Illustr5-jpg.webp 750w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Darmanin_Illustr5-300x300.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Darmanin_Illustr5-150x150.webp 150w" sizes="auto, (max-width: 750px) 100vw, 750px" /></figure>
</div>


<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-dots"/>



<h6 class="wp-block-heading">NOTES</h6>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="c96cd333-779d-4e84-9876-8f4349dd8fd3">Lire sur le site du COPAF déclaration du 14 mars 2012 critiquant la politique de transformation des foyers de travailleurs immigrés en résidences sociales et formulant des propositions pour son amélioration. <a href="#c96cd333-779d-4e84-9876-8f4349dd8fd3-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li></ol><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/loi-darmanin-anatomie-dune-defaite/">Loi Darmanin : anatomie d’une défaite</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>La France à un tournant : première vague de riposte contre le racisme et le fascisme</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/la-france-a-un-tournant-premiere-vague-de-riposte-contre-le-racisme-et-le-fascisme/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[A2C-WP_Aude]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 21 Jan 2024 19:58:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[Antifascisme]]></category>
		<category><![CDATA[Manifestation]]></category>
		<category><![CDATA[Sans-papiers]]></category>
		<category><![CDATA[Stratégie]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=8115</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">C’est assez inédit. Un mouvement se développe en France contre le racisme et le fascisme. Portant sur le rejet d’une loi raciste particulièrement abjecte, la riposte prend forme après le vote de la loi ! <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/la-france-a-un-tournant-premiere-vague-de-riposte-contre-le-racisme-et-le-fascisme/" title="La France à un tournant : première vague de riposte contre le racisme et le fascisme">[...]</a></div>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/la-france-a-un-tournant-premiere-vague-de-riposte-contre-le-racisme-et-le-fascisme/">La France à un tournant : première vague de riposte contre le racisme et le fascisme</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p style="font-style:normal;font-weight:600">C’est assez inédit. Un mouvement se développe en France contre le racisme et le fascisme. Portant sur le rejet d’une loi raciste particulièrement abjecte, la riposte prend forme <strong>après</strong> le vote de la loi !</p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #11 &#8211; Janvier 2024</h6>



<h2 class="wp-block-heading">Une dynamique par en bas</h2>



<p class="has-drop-cap">Des dizaines de milliers de manifestants ont défilé sur tout le territoire ce dimanche 14 janvier dont 25 000 à Paris mais aussi des milliers à Rennes, Marseille, Bordeaux ou Lyon. Cela fait suite au vote de la loi dite Darmanin (du nom du ministre de l’intérieur) le 19 décembre dernier.<br>Au-delà des chiffres de manifestants, encore modestes par rapport à ce qu’il faudrait pour imposer le retrait de la loi, c’est la dynamique de la mobilisation elle-même qui peut annoncer un mouvement de fond.<br>Les jours précédents la manifestation des banderoles ont commencé à apparaître devant de nombreuses écoles pour dénoncer le caractère raciste de la loi. Elles ont été faites parfois par les parents d’élèves et parfois par les enseignants. Dans une école de la banlieue parisienne des assistantes d’éducation se sont même mises en grève pendant trois jours. Les lycéens et les étudiants sont en train de s’organiser pour lancer des blocages de lycées et d’universités. Dans plusieurs hôpitaux de la région parisienne les personnels opposés à la loi sont en train de se coordonner pour agir. Une fédération sportive et des clubs de football ont appelé à la mobilisation.</p>


<div class="wp-block-image wp-duotone-333-rgb247179217-4">
<figure class="aligncenter size-large"><img data-dominant-color="605b5b" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #605b5b;" loading="lazy" decoding="async" width="1100" height="619" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_14Janvier_Illustr1-1-1100x619.webp" alt="" class="wp-image-8164 not-transparent" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_14Janvier_Illustr1-1-1100x619.webp 1100w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_14Janvier_Illustr1-1-300x169.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_14Janvier_Illustr1-1-768x432.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_14Janvier_Illustr1-1-678x381.webp 678w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_14Janvier_Illustr1-1-1320x743.webp 1320w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_14Janvier_Illustr1-1-jpg.webp 2048w" sizes="auto, (max-width: 1100px) 100vw, 1100px" /></figure>
</div>


<h2 class="wp-block-heading">Les sans-papiers en première ligne</h2>



<p>A l’initiative notamment de la Marche des Solidarités et des collectifs de sans-papiers un mouvement de mobilisation avait eu lieu pendant des mois pour s’opposer à la loi la plus dure, la plus raciste et liberticide de ces trente dernières années. Cela avait donné notamment lieu à une journée de manifestations sur tout le territoire le 18 décembre dernier où 15 000 personnes avaient manifesté à Paris.<br>Bien que significative, la faiblesse de cette mobilisation n’avait pas permis de s’opposer au vote de la loi. La gauche et les syndicats s’étaient peu impliqués au-delà de dénonciations formelles.<br>Mais le coup de tonnerre est venu le lendemain quand une version encore plus dure de la loi a été votée par l’Assemblée nationale par une alliance entre le parti présidentiel, la droite la plus abjectement raciste et les fascistes du Rassemblement national. C’est cette alliance entre le président Macron, élu en 2022 en se présentant comme barrage au fascisme, et Marine Le Pen qui a suscité la riposte. Cela a créé une prise de conscience sur la nature de la loi (votée par les fascistes !) et sur la réalité d’un danger fasciste en France.</p>



<figure class="wp-block-gallery has-nested-images columns-default is-cropped wp-block-gallery-8 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex">
<figure class="wp-block-image size-large wp-duotone-333-rgb247179217-5"><img data-dominant-color="4b4645" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #4b4645;" loading="lazy" decoding="async" width="1100" height="619" data-id="8152" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_14Janvier_Illustr2-1100x619.webp" alt="" class="wp-image-8152 not-transparent" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_14Janvier_Illustr2-1100x619.webp 1100w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_14Janvier_Illustr2-300x169.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_14Janvier_Illustr2-768x432.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_14Janvier_Illustr2-678x381.webp 678w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_14Janvier_Illustr2-1320x743.webp 1320w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_14Janvier_Illustr2-jpg.webp 2048w" sizes="auto, (max-width: 1100px) 100vw, 1100px" /></figure>



<figure class="wp-block-image size-large wp-duotone-333-rgb247179217-6"><img data-dominant-color="8a8780" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #8a8780;" loading="lazy" decoding="async" width="1100" height="619" data-id="8154" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_14Janvier_Illustr3-1100x619.webp" alt="" class="wp-image-8154 not-transparent" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_14Janvier_Illustr3-1100x619.webp 1100w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_14Janvier_Illustr3-300x169.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_14Janvier_Illustr3-768x432.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_14Janvier_Illustr3-678x381.webp 678w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_14Janvier_Illustr3-1320x743.webp 1320w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_14Janvier_Illustr3-jpg.webp 2048w" sizes="auto, (max-width: 1100px) 100vw, 1100px" /></figure>



<figure class="wp-block-image size-large wp-duotone-333-rgb247179217-7"><img data-dominant-color="656159" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #656159;" loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" data-id="8153" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_14Janvier_Illustr4.jpg" alt="" class="wp-image-8153 not-transparent" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_14Janvier_Illustr4.jpg 1024w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_14Janvier_Illustr4-300x225.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_14Janvier_Illustr4-768x576.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_14Janvier_Illustr4-678x509.webp 678w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_14Janvier_Illustr4-326x245.webp 326w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_14Janvier_Illustr4-80x60.webp 80w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>
</figure>



<p>Des réactions ont eu immédiatement lieu après le 19 décembre. Des réactions d’en bas, blocages de lycées, rassemblements et manifestations spontanées. Et des réactions d’en haut, démission d’un ministre, déclarations de refus d’applications de la loi d’élus de régions ou de villes, opposition à la loi d’organismes de « gestion » des migrants, etc.<br>Et la dirigeante d’un des principaux syndicats, la CGT, a même appelé à la désobéissance civile.<br>C’est dans ce contexte qu’à l’initiative de la Marche des Solidarités et des Collectifs de sans-papiers un appel a été lancé à manifester le 14 janvier, appel qui a été signé par près de 500 organisations, locales ou nationales, dont des syndicats.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Vers une riposte contre le fascisme</h2>



<p>La crise, en haut, est telle que le président a dû annoncer que certaines mesures votées dans la loi allaient sans doute à l’encontre de la Constitution et pourraient être retirées lors du passage devant l’organisme contrôlant la conformité des lois avec la Constitution le 25 janvier ! L’organisation des patrons, le Medef, s’alerte lui-même d’une polarisation politique qui oblige même les directions syndicales à se mobiliser. Alors qu’après l’échec du mouvement sur les retraites ces directions syndicales avaient repris leur politique de conciliation. En effet les directions syndicales appellent à une nouvelle journée de manifestations dimanche prochain contre la loi raciste pour « la défense de la République ».</p>



<figure class="wp-block-gallery has-nested-images columns-default is-cropped wp-block-gallery-11 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex">
<figure class="wp-block-image size-large wp-duotone-333-rgb247179217-9"><img data-dominant-color="841519" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #841519;" loading="lazy" decoding="async" width="1100" height="619" data-id="8155" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_14Janvier_Illustr5-1100x619.webp" alt="" class="wp-image-8155 not-transparent" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_14Janvier_Illustr5-1100x619.webp 1100w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_14Janvier_Illustr5-300x169.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_14Janvier_Illustr5-768x432.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_14Janvier_Illustr5-678x381.webp 678w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_14Janvier_Illustr5-1320x743.webp 1320w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_14Janvier_Illustr5-jpg.webp 2048w" sizes="auto, (max-width: 1100px) 100vw, 1100px" /></figure>



<figure class="wp-block-image size-large wp-duotone-333-rgb247179217-10"><img data-dominant-color="734340" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #734340;" loading="lazy" decoding="async" width="1100" height="619" data-id="8156" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_14Janvier_Illustr6-1100x619.webp" alt="" class="wp-image-8156 not-transparent" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_14Janvier_Illustr6-1100x619.webp 1100w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_14Janvier_Illustr6-300x169.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_14Janvier_Illustr6-768x432.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_14Janvier_Illustr6-678x381.webp 678w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_14Janvier_Illustr6-1320x743.webp 1320w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_14Janvier_Illustr6-jpg.webp 2048w" sizes="auto, (max-width: 1100px) 100vw, 1100px" /></figure>
</figure>



<p>Par certains aspects les réponses politiques ressemblent à la situation des années 30. Une partie de la gauche et les directions syndicales cherchent une alliance à droite avec les secteurs les plus libéraux de la bourgeoisie contre le développement du fascisme. C’est la base de leur appel à manifester. Assez logiquement elles résistent à appeler à la grève contre la loi raciste pour ne pas s’aliéner ces « alliés ». C’est ce qui explique notamment que la CGT a refusé d’appeler aux manifestations de ce 14 janvier.<br>Mais la dynamique par en bas telle qu’elle s’est reflétée dans les manifestations du 14 janvier est d’une autre nature. Un syndicat de l’éducation appelle déjà à la grève le 25 janvier prochain contre la loi. La Marche des Solidarités appelle les syndicalistes à amplifier et généraliser cet appel, dans l’éducation et au-delà. Pour obtenir le retrait total de la loi et créer une dynamique qui barre la route au fascisme.</p>



<h5 class="wp-block-heading has-text-align-left">Denis Godard, Paris 20e</h5>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/la-france-a-un-tournant-premiere-vague-de-riposte-contre-le-racisme-et-le-fascisme/">La France à un tournant : première vague de riposte contre le racisme et le fascisme</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Pourquoi l’égalité des droits ne se gagnera que dans les luttes collectives contre le patronat et l’État</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/pourquoi-legalite-des-droits-ne-se-gagnera-que-dans-les-luttes-collectives-contre-le-patronat-et-letat/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jakubowski]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 05 Dec 2023 07:20:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[18 décembre]]></category>
		<category><![CDATA[Darmanin]]></category>
		<category><![CDATA[Immigration]]></category>
		<category><![CDATA[Régularisation]]></category>
		<category><![CDATA[Sans-papiers]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=8083</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Posé dans le débat public rapidement après les élections de 2022, le projet de loi Darmanin est au départ présenté par le gouvernement comme « équilibré », en permettant selon Darmanin d’être « gentil avec les gentils et <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/pourquoi-legalite-des-droits-ne-se-gagnera-que-dans-les-luttes-collectives-contre-le-patronat-et-letat/" title="Pourquoi l’égalité des droits ne se gagnera que dans les luttes collectives contre le patronat et l’État">[...]</a></div>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/pourquoi-legalite-des-droits-ne-se-gagnera-que-dans-les-luttes-collectives-contre-le-patronat-et-letat/">Pourquoi l’égalité des droits ne se gagnera que dans les luttes collectives contre le patronat et l’État</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p style="font-style:normal;font-weight:600">Posé dans le débat public rapidement après les élections de 2022, le projet de loi Darmanin est au départ présenté par le gouvernement comme « équilibré », en permettant selon Darmanin d’être « gentil avec les gentils et méchant avec les méchants ».</p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #10 &#8211; Novembre 2023</h6>



<p class="has-drop-cap"><strong>L</strong>e tandem Dussopt-Darmanin est supposé incarner cet équilibre. Côté Ministère du travail, le projet de loi propose de fournir au patronat dans les secteurs dits « en tension » (les secteurs dans lesquels il existe des emplois non pourvus, comprendre en réalité les secteurs de « haute exploitation » en termes de conditions de travail, d’horaires décalés, de volume horaire, de rémunération…) de la main-d’œuvre immigrée « légale » en octroyant des titres de séjour, pour une durée limitée. Côté ministère de l’Intérieur, ce projet de loi amplifie les dispositifs d’expulsion des personnes sans-papiers.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Pourquoi une 29<sup>e</sup>&nbsp;loi sur l’immigration depuis 1980 ?</h2>



<p>Au début, les médias ont beaucoup mis en avant des témoignages de patron·nes favorables à la régularisation de leurs salarié·es, laissant entendre que ce projet de loi constituerait donc une réelle avancée pour les personnes sans-papiers qui triment dans les secteurs de la restauration, du bâtiment, du nettoyage&#8230; Mais au fil des mois, le projet est apparu pour ce qu’il est réellement : une base à partir de laquelle s’opère une surenchère raciste entre le gouvernement, les Républicains et le Rassemblement national. Au point que l’article&nbsp;3 —&nbsp;celui qui crée des titres de séjour « métiers en tension »&nbsp;— est susceptible d’être supprimé et qu’aucune organisation patronale n’a finalement pris position sur ce projet, l’ancien président du Medef invoquant un débat<em>&nbsp;« pollué politiquement »</em>.</p>



<p>Faut-il voir une contradiction entre les intérêts du patronat et la surenchère politique raciste ? En fait, le concept même de titre de séjour « métiers en tension » acte que les personnes sans-papiers ne seront susceptibles d’être régularisées que si elles acceptent de se soumettre aux besoins du patronat, et uniquement pour des métiers que les autres auront préalablement refusés. C’est donc bien une tentative de synthèse politique entre les intérêts économiques immédiats de certains secteurs du patronat, et l’intérêt plus général de la classe dirigeante au renforcement du racisme et du nationalisme. Cela suffit à le rendre inacceptable. Alors qu’il a décidé de tou·te·s nous soumettre aux conditions du patronat (réformes du RSA et du chômage, généralisation de l’apprentissage pour 1/3 des lycéen·es, réforme des retraites etc.), le gouvernement a besoin de nous convaincre que les frontières, la police, l’armée, nous protègent contre les immigré·es qui sont des délinquant·es, veulent prendre les boulots, profiter du système de santé, etc. Vous pouvez constater que cela marche, à chaque fois que vous entendez quelqu’un·e se plaindre que des migrant·es vivent mieux que des Français·es.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le patronat a-t-il intérêt à la régularisation des travailleur·euses&nbsp;sans-papiers qu’il (sur)exploite ?</h2>



<p>Les capitalistes ont avant tout intérêt à l’exploitation maximale de leur main-d’œuvre. Au-delà de leur position personnelle, c’est la dynamique générale du système, la concurrence des entreprises entre elles, qui les pousse à cela. Écoutez les témoignages des personnes sans-papiers sur leur travail, c’est une démonstration de la faible considération que les patron·nes ont pour les salarié·es. Historiquement, les immigré·es ont toujours été utilisé·es par les patron·nes pour réaliser les pires boulots. Après l’abolition de l’esclavage, ce sont par exemple les travailleur·euses immigré·es qui ont été utilisé·es par les économies coloniales pour remplacer le travail des esclaves.</p>



<p>Le patronat peut avoir intérêt à ce que leurs salarié·es sans papiers soient régularisé·es, pour s’assurer de la stabilité du personnel qu’il a pris le temps de former (c’est un argument qu’on trouve par exemple chez certain·es patron·nes dans la restauration). Car en fait, le statut de « sans-papiers » n’est pas le seul moyen de permettre la surexploitation. Après tout, durant la période des Trente Glorieuses, la politique dominante était l’octroi de cartes de séjour aux travailleur·euses immigré·es, ce qui n’a pas empêché qu’ils et elles travaillent dans les mêmes secteurs qu’aujourd’hui : à la fin des années 1970, on estime que les immigré·es ont construit près d’un logement sur deux et 90 % des autoroutes. Une étude réalisée sur le devenir des personnes sans-papiers régularisées lors de la « grande régularisation » de 131 000 personnes décidée en 1981 révèle aussi que la grande majorité des personnes occupent deux ans après leur régularisation un emploi similaire à celui exercé avant le changement de statut.</p>



<p>L’absence de titre de séjour contraint les personnes à accepter les boulots les plus pénibles. Mais cette contrainte est elle-même imbriquée dans la contrainte plus générale du racisme, qui permet de justifier qu’elles fassent ces boulots-là. Par exemple, en 2019, une entreprise du BTP est condamnée pour&nbsp;<em>« discrimination raciale systémique »</em>&nbsp;vis-à-vis de 25 travailleurs maliens sans papiers. Le conseil des drud’hommes a ainsi sanctionné&nbsp;<em>« un système pyramidal d’affectation professionnelle en raison de l’origine »</em>sur les chantiers. Cette réalité, du racisme au sein des entreprises, n’est pas exceptionnelle. Nicolas Jounin, sociologue qui a réalisé sa thèse de doctorat sur les chantiers, témoigne ainsi lors du procès :&nbsp;<em>« En observant les chantiers, l’ensemble des entreprises et les salariés qui les composent, on constate une correspondance entre une hiérarchie professionnelle […] et une hiérarchie ethnique ».</em></p>



<p>Le secteur de la construction ne semble pas être une exception. N’oublions pas que plus de 20 % des emplois sont par exemple réservés en France aux personnes qui ont la nationalité française, comme ceux de la fonction publique.</p>



<p>Le racisme qui se déchaîne dans la sphère politique n’est donc pas quelque chose de séparé des enjeux économiques liés à la situation de travail des sans-papiers. Différent·es théoricien·es ont analysé l’intérêt pour la bourgeoisie au développement du racisme, dont le sociologue américain Du Bois. En voulant comprendre pourquoi l’unité entre les Blanc·hes pauvres et les Noir·es pauvres s’était arrêtée bien qu’elle se soit développée dans la lutte contre l’esclavage, il a montré comment le racisme est une construction délibérée de la classe dirigeante. Son but est d’empêcher les travailleur·euses de se rassembler pour lutter ensemble, en faisant croire aux travailleur·euses blanc·hes qu’il existe une autre voie d’avancement que la lutte des classes, leur nationalité ou leur couleur de peau leur donnant droit à un meilleur traitement que celles et ceux qui en sont exclu·es. Le sociologue marxiste américain Al Szymanski, qui a étudié les inégalités salariales entre Noir·es et Blanc·hes aux USA, a montré que&nbsp;<em>« plus la discrimination raciale est intense, plus bas sont les salaires des blancs du fait de la variable intermédiaire de la solidarité de la classe ouvrière – en d’autres termes, le racisme désavantage économiquement les travailleurs blancs parce qu’il affaiblit l’organisation syndicale en détruisant la solidarité entre travailleurs noirs et blancs »</em>.</p>



<p>Par ailleurs, l’immigration peut susciter des tensions entre les différents capitalistes, qui ont des besoins en main-d’œuvre différents. Et les besoins immédiats du patronat ne coïncident pas forcément avec leur intérêt à long terme. Cela peut donc créer des difficultés pour les États, chargés de gérer&nbsp;<em>« les affaires communes de toute la classe bourgeoise »</em>, dans leur tentative de gérer l’immigration. On comprend alors pourquoi tous les États ont pour préoccupation d’assurer les conditions d’accumulation favorables aux capitalistes de leur pays, mais peuvent opérer des choix différents. Le projet de loi anti-immigré·es proposé par Dussopt et Darmanin, tout comme les surenchères racistes des Républicains ou du RN, sont bien au fond différentes propositions politiques de gestion de ces multiples enjeux.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Alors, pourquoi la gauche est-elle divisée sur ce projet de loi ?</h2>



<p>À l’Assemblée nationale, à part La France insoumise, les député·es de la Nupes ont signé une tribune avec des député·es macronistes pour appuyer l’article&nbsp;3 et demander&nbsp;<em>« des mesures urgentes, humanistes et concrètes pour la régularisation des travailleurs sans papiers »</em>. Elle fait valoir les possibilités de régulariser des dizaines de milliers de personnes avec ce titre de séjour.&nbsp;</p>



<p>Faire des immigré·es des variables d’ajustement selon les besoins du patronat n’est pas une avancée qu’il s’agirait de promouvoir face au refus de la droite et des fascistes. Mais tous les courants associatifs, syndicaux ou politiques qui pensent les immigré·es comme un groupe à part acceptent l’attribution de statuts différents entre nationaux et immigré·es, et donc d’entamer des discussions, de formuler des amendements, sur les critères de régularisation, parce que plus généralement ils acceptent le cadre de l’État et des frontières nationales définies par le capitalisme.</p>



<p>Or, l’égalité des droits passe par l’exigence de régularisation sans condition de toutes les personnes sans-papiers, et un combat antiraciste permanent. Ce combat ne peut se mener que collectivement, personnes avec papiers et personnes sans papiers. Les employeur·euses chercheront toujours à employer des travailleur·euses aux conditions les plus mauvaises (et les immigré·es sont dans l’histoire du capitalisme des travailleur·euses tout·es désigné·es). Mais leur capacité à réussir est une question politique. Les récentes grèves de sans-papiers ont permis de démontrer qu’il n’y avait pas besoin d’une nouvelle loi répressive comme prix à payer pour régulariser les travailleur·euses sans papiers. Mais sera-t-on capable de nous mobiliser pour détruire les bases qui rendent possibles ces lois à répétition ? La solidarité entre travailleur·euses n’est pas automatique, surtout en période de développement du racisme. L’unité ou la fragmentation de notre classe dépend donc crucialement du rôle joué par les militant·es. Et pour que le sens pris par le mot travailleur·euse ne soit plus celui de la soumission mais redevienne celui de l’action commune : le 18 décembre, en plein débat parlementaire sur ce projet de loi anti-immigré·es, et à l’occasion de la journée internationale des migrant·es, proposons à nos collègues, avec ou sans papiers, de se mettre en grève pour lutter contre ce projet de loi, pour la régularisation de toutes les personnes sans-papiers, pour l’égalité des droits !</p>



<h5 class="wp-block-heading">Vanina Giudicelli (Paris 20<sup>e</sup>)</h5>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/pourquoi-legalite-des-droits-ne-se-gagnera-que-dans-les-luttes-collectives-contre-le-patronat-et-letat/">Pourquoi l’égalité des droits ne se gagnera que dans les luttes collectives contre le patronat et l’État</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
