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	<title>Archives des révolutionnaire - A2C - Autonomie de classe</title>
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	<title>Archives des révolutionnaire - A2C - Autonomie de classe</title>
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		<title>Faisons entrer notre classe pour sortir les fascistes !</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/editorial/faisons-entrer-notre-classe-pour-sortir-les-fascistes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Emil]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 11 Sep 2026 15:31:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[Antifascisme]]></category>
		<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Les Cahiers d&#8217;A2C #23 &#8211; Septembre 2026 L’été et la rentrée de l’année dernière avaient été marqués par un mouvement de classe qui s’était construit par en bas contre le budget de guerre, le racisme, <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/editorial/faisons-entrer-notre-classe-pour-sortir-les-fascistes/" title="Faisons entrer notre classe pour sortir les fascistes !">[...]</a></div>
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<p class="has-text-align-right has-luminous-vivid-amber-background-color has-background wp-block-paragraph"><strong>Les Cahiers d&rsquo;A2C #23 &#8211; Septembre 2026</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>L’été et la rentrée de l’année dernière avaient été marqués par un mouvement de classe qui s’était construit par en bas contre le budget de guerre, le racisme, le fascisme, le génocide à Gaza et qui avait fait tomber le gouvernement Bayrou en dépit de directions syndicales et d’une partie de la gauche qui avaient tout fait dans les mois qui avaient précédé pour ne pas en arriver là : la participation aux conclaves sur les retraites au printemps 2025 est une des nombreuses illustrations de cette stratégie. Le mouvement Bloquons-tout n’a pas perduré en tant que tel au-delà de la destitution de Bayrou. Ce n’était pas faute de combativité, mais plutôt par manque de perspectives et de revendications une fois Bayrou dégagé ! La défaite dans la victoire. </em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette rentrée s’annonce tout aussi mouvementée avec la mise en mouvement de nombreux fronts et l’appel à la grève dans plusieurs secteurs : Mobilisation féministe du 7 septembre contre les violences sexistes et sexuelles, grèves de la santé le 15, manifestations antiracistes contre la loi « permis de tuer » le 20 septembre, mobilisations écologiques et des pompiers le 26, grève de la fonction publique le 29&#8230;<br>Comme le mouvement Bloquons-Tout était une expression des enseignements que notre classe tirait des expériences précédentes &#8211; notamment sur la période de 2023 avec le mouvement contre la réforme des retraites, le combat contre la loi Darmanin et les révoltes à la suite du meurtre de Nahel par la police &#8211; le mouvement de septembre 2026 continue à illustrer la combativité de notre classe. C’est dans cette mise en action et à travers les bilans qui en sont faits que peuvent s’accumuler les expériences qui renforcent notre capacité collective à agir.<br>Il faut donc construire chacune de ces dates, argumenter pour que les mobilisations ne soient pas juste un moyen de pression dans le contexte d’élections mais plutôt pousser pour que les discussions tournent autour de la question de comment continuer et amplifier, comment élargir la base de celles et ceux qui organisent ces mobilisations et leurs suites.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’unité doit se construire à travers le mouvement antifasciste et antiraciste</strong><br>C’est dans ce contexte que les mobilisations antifascistes qui s’annoncent contre le congrès du RN et le meeting de lancement de campagne de Le Pen à Orléans le weekend du 24 et 25 octobre sont déterminantes pour les mois à venir. Le danger avec le RN, ça n’est pas juste leur éventuelle victoire aux prochaines élections présidentielles et législatives. Le véritable danger, c’est le fascisme. Les empêcher de faire campagne est une nécessité pour empêcher le fascisme de progresser. Partout où le RN et Reconquête seront en capacité d’organiser des meetings, de coller des affiches, de diffuser des tracts, d’assurer une présence dans un quartier, un marché, une ville, un village, la capacité de notre classe à s’organiser dans ces endroits sera amoindrie et les racistes et les fascistes prendront la confiance et s’organiseront. La vague de violences racistes et les groupes fascistes dans les rues dans les semaines qui ont précédé les élections législatives de 2024 qui étaient promises au RN sont l’illustration que le danger n’attend pas les élections. Les suites du mouvement de septembre, pour chacun des fronts qui s’y engagent, pour l’ensemble de notre classe se jouent dans notre capacité à construire l’unité dans l’action la plus large pour confronter et isoler les fascistes à Orléans. C’est pour cela qu’il est déterminant qu’on soit le plus nombreuses et nombreux possibles dans la rue à Orléans contre le RN et qu’il y ait le plus possible de villes et villages qui organisent des déplacements pour en être.<br>Le RN cherchera à faire une démonstration de force pour galvaniser ses troupes et prouver à la bourgeoisie qu’il a la capacité de prendre les rênes du pays. L’enjeu est d’autant plus grand qu’en tant que premier meeting, ce qu’il suscitera (enthousiasme ou déception?) jettera les bases de la campagne à venir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La riposte s’organise localement et de nombreuses organisations (CGT, Marche des Solidarités, collectifs antifascistes) appellent à la renforcer et à en faire une riposte nationale. Que la démonstration de force soit de notre côté ! Soyons les plus nombreux et nombreuses possible à construire la mobilisation nationalement.<br>Cette dynamique sera le marchepied pour la construction de campagnes locales antifascistes pour que nulle part ailleurs les fascistes ne se sentent en confiance de s’afficher. Elle nous donnera la confiance nécessaire à agir partout jusqu’aux élections.<br>L’audience pour ce mouvement antifasciste et antiraciste existe donc et les forces pour continuer à le construire sont là. Ces derniers mois, des milliers de personnes se sont engagées dans toute la France pour construire des mobilisations contre les fascistes (par exemple contre le défilé néonazi du C9M, contre les apparitions du RN et de Reconquête pendant les municipales et jusque pendant les vacances des fascistes cet été), ou contre les politiques racistes, pour le droit au logement de toutes et tous, pour la régularisation des sans-papiers, etc. Ces réseaux antiracistes et antifascistes existants doivent être renforcés, de nouveaux doivent essaimer&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Et les élections ? Votons LFI, mais surtout organisons-nous pour lutter dès maintenant.</strong><br>Mélenchon est désormais donné au second tour. La politique de la FI, qui décide depuis les échecs répétés des unions de la gauche de jouer la carte de la polarisation – contrairement au reste de la gauche, directions syndicales comprises, qui aspire à lisser les contradictions sociales (rappelons-nous la canalisation de Bloquons-Tout) – porte ses fruits.<br>Ainsi notre classe, et en particulier la jeunesse, est largement galvanisée par la candidature Mélenchon.<br>Des dizaines de milliers de jeunes voient en la victoire de la FI un débouché pour leurs aspirations politiques, contre les inégalités, contre le racisme, le sexisme, pour l’écologie etc. Cet enthousiasme est largement démontré par la participation et la ferveur rencontrées aux rassemblements FI de ces derniers mois : meeting à Saint-Denis, concert de la fête de la musique à Paris, universités d’été&#8230; Ce qui apparaît possible avec la FI, c’est non seulement de gagner contre les fascistes mais aussi contre l’ensemble des politiques racistes, néolibérales, qui les ont renforcés ces dernières années.<br>La FI à besoin des luttes pour gagner. Elle sait que c’est la combativité dont fera preuve notre classe ces prochains mois qui fera la différence dans les urnes en avril. La manifestation contre le racisme et l’extrême-droite du 21 juin initiée par Bally Bagayoko dans une perspective unitaire &#8211; s’efforçant de rassembler largement les autres organisations de gauche autour de cette date &#8211; est une démonstration de ce qui pourrait être la démarche insoumise ces prochains mois. À ce titre, ces prochains mois les révolutionnaires ne doivent certainement pas céder au sectarisme vis-à-vis de la France Insoumise, comme il en a été lors de la manifestation parisienne du 21 juin contre le racisme et l’extrême-droite, boudée par les organisations de gauche radicale ! Au contraire, l’engouement de la jeunesse donné plus haut doit nous réjouir et il nous impose. Personne ne se bat pour perdre : cet engouement est un moteur pour l’action ! Aux révolutionnaires d’être de toutes les expériences que mènera cette frange de notre classe. Expérience électorale&#8230; incluse. Il faut voter LFI aux présidentielles.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Se séparer pour unir la classe dans la lutte</strong><br>Ne pas attendre les élections, penser et construire l’unité, argumenter pour que nos cadres de luttes s’ouvrent et s’adressent à notre classe dans son ensemble, faire de la politique à partir de nos lieux de travail et d’études, avec la conviction que chaque nouvelle initiative par en bas renforce la capacité d’agir de nous toutes et tous&#8230; Ces conceptions ne naissent pas toutes faites dans la tête des exploité·es et des opprimé·es ! On peut au contraire préférer tempérer nos luttes pour garantir une victoire électorale, séparer les champs du social et du politique – « la grève c’est pour les salaires, pas contre le racisme ! » – et penser la transformation par en haut – « la rue, d’accord, mais le débouché c’est l’assemblée ! ». La lutte des classes c’est aussi mener des batailles à l’intérieur de notre camp. Pour les gagner, formuler des analyses et proposer des stratégies dans le mouvement, synthétiser les leçons qu’on tire de nos luttes&#8230; les révolutionnaires doivent construire des organisations où ils et elles se rassemblent pour mieux intervenir dans la classe et mener les combats pour défendre une certaine stratégie. Les prochains mois seront intenses et nous ne pouvons pas faire l’économie de débats, pour toutes celles et ceux qui veulent triompher sur l’exploitation et l’oppression. C’est à ce titre que Les Cahiers d’A2C paraîtront désormais une fois par mois, et que nous ouvrons une rubrique « courriers des lecteur·ices ». Cette revue vous plaît ? Vous souhaitez répondre à un article ? Vous abonner, vous ou un·e proche ? Participer à une réunion pour débattre ou vous-même organiser une réunion publique autour d’un article ? Écrivez-nous !</p>



<p class="wp-block-paragraph">A2C</p>
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		<item>
		<title>Pourquoi le marxisme ?</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/theorie/pourquoi-le-marxisme/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alice]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 25 Oct 2025 09:49:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Théorie]]></category>
		<category><![CDATA[émancipation]]></category>
		<category><![CDATA[Lutte des classes]]></category>
		<category><![CDATA[minorité]]></category>
		<category><![CDATA[politique]]></category>
		<category><![CDATA[Révolution]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">«&#160;L’histoire de toute société jusqu’à nos jours n’a été que l’histoire de luttes de classes. (&#8230;) Oppresseurs et opprimés, en opposition constante, ont mené une guerre ininterrompue, tantôt ouverte, tantôt dissimulée, une guerre qui finissait <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/theorie/pourquoi-le-marxisme/" title="Pourquoi le marxisme ?">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;L’histoire de toute société jusqu’à nos jours n’a été que l’histoire de luttes de classes. (&#8230;) Oppresseurs et opprimés, en opposition constante, ont mené une guerre ininterrompue, tantôt ouverte, tantôt dissimulée, une guerre qui finissait toujours soit par une transformation révolutionnaire de la société toute entière, soit par la destruction des deux classes en lutte.&nbsp;»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Voilà comment commence le <em>Manifeste du parti communiste</em> de Marx.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si l’on définit par marxisme toutes les expériences, luttes et analyses développées sur la base des écrits de Marx, alors le marxisme est la théorie de la lutte contre le capitalisme, la théorie de la révolution.</p>



<p class="has-medium-font-size wp-block-paragraph"><strong>Révolutionnaire</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les idéologues dominants ne nient pas qu’il existe une histoire. Mais cette histoire s’arrête au capitalisme qui, quels que soient ses défauts, serait l’organisation sociale «&nbsp;naturelle&nbsp;», celle qui correspondrait le mieux à ce qui serait la «&nbsp;nature humaine&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Marx, le capitalisme, en tant que société de classes, peut et doit être dépassé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’histoire est faite par les êtres humains sur la base de leurs intérêts matériels et non par de grands principes, le progrès, la raison, la civilisation&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">A rebours des livres qui résument l’histoire à celle des grands hommes, rois, reines, intellectuels, présidents, etc., l’histoire selon Marx est faite par les grandes masses.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le marxisme est la théorie qui montre que la révolution est non seulement nécessaire mais surtout qu’elle est possible.</p>



<p class="has-medium-font-size wp-block-paragraph"><strong>Bases matérielles</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est la simplicité évidente du point de départ de Marx qui est subversive&nbsp;: toute société humaine s’explique d’abord par la manière dont les êtres humains s’organisent pour produire ce dont ils et elles ont besoin. Cette organisation est fonction des conditions naturelles et des connaissances et moyens disponibles pour en utiliser les ressources (moyens de production et formes de coopération, ce que Marx a appelé forces productives).&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il a fallu des milliers d’années à l’humanité pour développer des connaissances, des techniques et des formes d’organisation capables de dépasser la production de moyens de survie immédiate (cueillette, chasse&#8230;).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a 10 000 ans, de nouvelles formes de subsistance (culture, élevage) permirent&nbsp; la production d’un surplus. L’existence matérielle de ce surplus a entraîné le développement d’une couche sociale, détachée de la production directe, vouée à la «&nbsp;gouvernance&nbsp;»&nbsp; de ce surplus et en vivant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il fallut encore des milliers d’années pour que cela provoque une réorganisation profonde des rapports sociaux et une division de la société en classes aux intérêts antagonistes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La minorité vivant du travail de la majorité s’est mise à identifier ses intérêts propres, l’extraction d’une part plus importante des produits du travail, avec l’intérêt général. Marx appelle cette extraction du surplus, l’exploitation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Commence alors cette phase décrite par le <em>Manifeste</em> où l’histoire devient l’histoire des luttes de classes.&nbsp;</p>



<p class="has-medium-font-size wp-block-paragraph"><strong>Lutte de classe, histoire et révolution</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Un philosophe allemand, Hegel avait écrit que la contradiction est <em>«&nbsp;à la racine de tout mouvement et de toute vie&nbsp;»</em>, la seule réalité est le changement, le mouvement.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Marx le mouvement de l’histoire est le produit des contradictions de classe qui mènent au conflit permanent, «&nbsp;tantôt ouvert, tantôt caché&nbsp;» entre la minorité vivant du surtravail et les producteurs et productrices.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et, <em>«&nbsp;à un certain niveau de leur développement, les forces productives </em>[découvertes technologiques, «&nbsp;amélioration&nbsp;» de l’organisation du travail&#8230;- DG]<em> entrent en conflit avec les rapports de production existants </em>[la division en classe correspondant &#8211; DG]<em>. (&#8230;) De formes de développement des forces productives, ces rapports en deviennent des entraves.&nbsp;»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le capitalisme est un exemple extrême de ce développement. La pression à l’accumulation du capital, la division du travail ont permis un développement prodigieux de la production et des techniques. Mais ce sont aujourd’hui les mêmes impératifs du capital qui font que la surproduction côtoie la famine ou que des moyens considérables de contrôle, de surveillance et de répression sont développés pour empêcher des millions d’êtres humains d’utiliser les prodiges technologiques permettant de se déplacer sur toute la planète&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est alors, dit Marx, que la société entre dans des crises profondes, économiques, sociales et politiques, situations qui ne peuvent être résolues positivement que par la transformation révolutionnaire de la société c’est-à-dire le renversement de l’organisation sociale existante et de la classe sociale qui en bénéficie et la défend.</p>



<p class="has-medium-font-size wp-block-paragraph"><strong>Lutte politique</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’organisation sociale ne se réduit pas aux rapports de production. Marx explique comment se construit, sur cette base, tout un édifice social, politique, militaire, idéologique <em>«&nbsp;à quoi répondent des formes déterminées de la conscience&nbsp;»</em>. Édifice dont l’institution centrale est l’État et qui assure la reproduction du système.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il s’ensuit que la lutte de classe n’est pas une lutte limitée aux rapports de production. Elle prend la forme de luttes idéologiques, politiques, de luttes contre l’État&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">A celles et ceux qui &#8211; déjà&nbsp;! &#8211; réduisaient le marxisme à l’économisme, le compagnon de Marx, Engels&nbsp; expliquait&nbsp;: <em>«&nbsp;D’après la conception matérialiste de l’histoire, le facteur déterminant est, en dernière instance, la production et la reproduction de la vie réelle. Ni Marx ni moi n’avons jamais affirmé davantage. Si quelqu’un dénature cette position en ce sens que le facteur économique est le seul déterminant, il la transforme ainsi en une phrase vide, abstraite, absurde.&nbsp;»</em></p>



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<p class="has-medium-font-size wp-block-paragraph"><strong>La folie du capitalisme</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans tous les systèmes qui ont précédé le capitalisme le travail était destiné à la consommation, fût-elle celle des exploiteurs. Marx explique ainsi que sous le féodalisme l’exploitation était limitée par <em>«&nbsp;les parois de l’estomac du seigneur&nbsp;»</em> (entretien de la cour, levée d’une armée&#8230;).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais une fois que les «&nbsp;besoins&nbsp;» étaient couverts, il n’y avait pas de pression pour produire davantage.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sous le capitalisme, le profit n’est pas orienté essentiellement vers la consommation – soit-elle celle des capitalistes. Il est évident que Bernard Arnault ou Elon Musk ne vivent pas du tout comme nous. Il n’en reste pas moins que l’essentiel des profits de leurs entreprises est dirigé vers l’investissement ou les marchés financiers dans le but de créer plus de profit. Marx nomme ce processus l’accumulation du capital.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Augmenter constamment les profits pour pouvoir les réinvestir dans de nouveaux moyens de production, de nouvelles technologies et machines est indispensable pour augmenter la productivité et assurer la compétitivité vis-à-vis des capitalistes concurrents.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D’où le cycle infernal de la pression à l’accumulation, à l’augmentation permanente du taux d’exploitation.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;Accumuler pour accumuler, produire pour produire, tel est le mot d&rsquo;ordre de l&rsquo;économie politique proclamant la mission historique de la période bourgeoise&nbsp;».</em></p>



<p class="has-medium-font-size wp-block-paragraph"><strong>Bases pour un autre système</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’accumulation sans limites explique le dynamisme du capitalisme. C’est le premier système dans l’histoire de l’humanité à avoir tellement développé les richesses, ou la capacité à les produire, qu’il n’existe aucune raison à la misère, à la faim, à la pauvreté. Pendant des milliers d’années des êtres humains sont morts parce qu’il n’y avait pas assez de nourriture. Sous le capitalisme des gens meurent de faim parce qu’il y a trop de nourriture.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il existe aujourd’hui les bases matérielles pour une organisation sociale qui ne soit plus déterminée par la lutte pour la survie, pour passer «&nbsp;du règne de la nécessité à celui de la liberté&nbsp;», ce qu’on peut appeler le communisme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le capitalisme a développé une autre base pour une société sans classe. La classe ouvrière est en effet la première classe exploitée de l’histoire de l’humanité à avoir été totalement dépossédée des moyens de production. Les prolétaires sont celles et ceux qui ne possèdent que leur force de travail.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est ce qui fait, pour Marx, de la classe ouvrière la classe potentiellement universelle. Car la prise de pouvoir des travailleurs et travailleuses signifie l’organisation de la production – et donc de toute la société &#8211; sur une base collective et la disparition des classes sociales.</p>



<p class="has-medium-font-size wp-block-paragraph"><strong>Système en crise</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les mêmes raisons qui expliquent le dynamisme du capitalisme le poussent vers des crises non seulement régulières mais aussi de plus en plus profondes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La production capitaliste combine la planification de la production avec l’anarchie du marché. Il faut une division du travail très poussée et une planification très précise pour la production et l’assemblage d’un ordinateur, d’une voiture ou d’un téléphone. Par contre la concurrence règne entre différents groupes et il n’y a pas de planification entre différentes branches, entre la production et le marché du travail, l’approvisionnement en matière première ou l’apport de capitaux. Ce qui fait que la chaîne globale du capitalisme entre dans des crises régulières.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais s’ajoute à cela le fait que ces crises sont de plus en plus profondes. L’accumulation du capital, poussée par la concurrence entre capitaux, amène les capitalistes à investir de plus en plus dans de nouvelles technologies et de nouvelles machines pour augmenter la productivité. Cette augmentation de la part relative des machines dans le capital, au détriment de la force du travail, provoque ce que Marx appelle la baisse tendancielle du taux de profit. Cette baisse des taux de profits est à la base des crises de plus en plus profondes qui ébranlent tout le système politique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette double dynamique du capitalisme a amené Engels et la révolutionnaire polonaise Rosa Luxemburg à parler de l’alternative, socialisme ou barbarie. La barbarie porte aujourd’hui les noms de génocide, guerre, fascisme et catastrophe environnementale.</p>



<p class="has-medium-font-size wp-block-paragraph"><strong>L’émancipation</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le mot d’ordre sans doute le plus connu de Marx est <em>«&nbsp;l’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes&nbsp;»</em> qu’il nous faut impérativement féminiser.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Condensé de toute l’analyse de Marx c’est aussi une boussole pour déterminer ou juger toute stratégie révolutionnaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D’abord il n’y a pas de fatalisme chez Marx. Son analyse de l’histoire et du capitalisme ne détermine aucun but&nbsp;: socialisme ou barbarie. Les êtres humains ne choisissent pas les conditions dans lesquelles ils et elles font l’histoire. C’est bien pour cela qu’il faut s’efforcer de connaître et comprendre au mieux ces conditions. Mais ce sont eux et elles qui font l’histoire&nbsp;: l’issue de la lutte de classe ne peut être déterminée que par les classes elles-mêmes, leur niveau de conscience, d’organisation, de détermination.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ensuite la classe ouvrière ne peut obtenir son émancipation de l’extérieur&nbsp;: l’émancipation des travailleurs et des travailleuses ne sera pas l’œuvre d’une minorité, d’un parti, d’un bon gouvernement ou d’un État, elle sera l’œuvre de dizaines de millions, de centaines de millions de travailleurs et de travailleuses. Marx a écrit que la révolution n’était pas seulement nécessaire pour changer les structures sociales et politiques. <em>«&nbsp;</em><em>Elle l’est également parce que seule une révolution permettra à la classe qui renverse l’autre de balayer toute la pourriture du vieux système qui lui colle après et de devenir apte à fonder la société sur des bases nouvelles.&nbsp;»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Denis Godard (Paris 20)</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Recommandations de lecture sur le sujet</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour commencer avec Marx&nbsp;(sur marxists.org) :&nbsp;</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Le Manifeste du parti communiste (<a href="https://www.marxists.org/francais/marx/works/1847/00/kmfe18470000.htm">https://www.marxists.org/francais/marx/works/1847/00/kmfe18470000.htm</a>)</li>



<li>Travail salarié et Capital (<a href="https://www.marxists.org/francais/marx/works/1847/12/km18471230-4.htm">https://www.marxists.org/francais/marx/works/1847/12/km18471230-4.htm</a>)</li>



<li>Salaires, prix et profits (<a href="https://www.marxists.org/francais/marx/works/1865/06/km18650626.htm">https://www.marxists.org/francais/marx/works/1865/06/km18650626.htm</a>)</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Une bonne introduction des idées de Marx&nbsp;:<br>Alex Callinicos, <em>Les idées révolutionnaires de Karl Marx</em>, éditions Syllepse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un livre magistral sur l’histoire&nbsp;:<br>Chris Harman, <em>Une histoire populaire de l’humanité</em>, éditions La Découverte.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Recommandation audio sur le sujet :</strong></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-rich is-provider-spotify wp-block-embed-spotify"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="Spotify Embed: Le matérialisme - comment Marx est devenu marxiste" style="border-radius: 12px" width="100%" height="152" frameborder="0" allowfullscreen allow="autoplay; clipboard-write; encrypted-media; fullscreen; picture-in-picture" loading="lazy" src="https://open.spotify.com/embed/episode/5xF7e1iEU9A4suxukgVNMG?utm_source=oembed"></iframe>
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