<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Archives des Racisme - A2C - Autonomie de classe</title>
	<atom:link href="https://www.autonomiedeclasse.org/tag/racisme/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://www.autonomiedeclasse.org/tag/racisme/</link>
	<description>Pour l&#039;autonomie de classe !</description>
	<lastBuildDate>Mon, 20 Jul 2026 19:51:22 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=6.9.5</generator>

<image>
	<url>https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2019/11/cropped-A2C_icon2-1-150x150.png</url>
	<title>Archives des Racisme - A2C - Autonomie de classe</title>
	<link>https://www.autonomiedeclasse.org/tag/racisme/</link>
	<width>32</width>
	<height>32</height>
</image> 
	<item>
		<title>Comment Minneapolis, solidaire et antiraciste, a résisté à ICE ? </title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/comment-minneapolis-solidaire-et-antiraciste-a-resiste-a-ice/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ahmed Hammad]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 20 Jul 2026 19:51:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Retours militants]]></category>
		<category><![CDATA[Antifascisme]]></category>
		<category><![CDATA[Fascisme]]></category>
		<category><![CDATA[Migrants]]></category>
		<category><![CDATA[Minnepolis]]></category>
		<category><![CDATA[no kings]]></category>
		<category><![CDATA[Racisme]]></category>
		<category><![CDATA[Sans-papiers]]></category>
		<category><![CDATA[Trump]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=10992</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">À Minneapolis, la résistance des habitant&#8216;es face aux exactions du service d’immigration et des douanes (ICE &#38; CBP) contre sa population depuis décembre 2025 a été exemplaire. Les Minneapolitain&#8216;es ont mis en place une organisation <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/comment-minneapolis-solidaire-et-antiraciste-a-resiste-a-ice/" title="Comment Minneapolis, solidaire et antiraciste, a résisté à ICE ? ">[...]</a></div>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/comment-minneapolis-solidaire-et-antiraciste-a-resiste-a-ice/">Comment Minneapolis, solidaire et antiraciste, a résisté à ICE ? </a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>À Minneapolis, la résistance des habitant</em>&lsquo;<em>es face aux exactions du service d’immigration et des douanes (ICE &amp; CBP) contre sa population depuis décembre 2025 a été exemplaire. Les Minneapolitain</em>&lsquo;<em>es ont mis en place une organisation entre habitant&rsquo;es qui a contraint Donald Trump à mettre un terme à l’opération anti-immigration « Metro Surge » le 12 février. Nous vous retranscrivons ici l’échange que nous avons eu avec Leo, un étudiant militant et révolutionnaire de Minneapolis qui nous raconte la résistance de ces derniers mois.</em></p>



<p class="has-text-align-right has-luminous-vivid-amber-background-color has-background" style="font-size:11px;text-transform:uppercase"><strong>Les Cahiers d’A2C #21 – Mars 2026</strong></p>



<p><strong>Question : Trump a annoncé le retrait d’ICE de Minneapolis. Est-ce vrai ? Ils partent en ayant fait 2 mort&rsquo;es et des milliers d’enlèvements, mais ils ont fait face à une résistance sans précédent. Est-ce une victoire pour notre camp ?&nbsp;</strong><br><strong>Réponse :</strong> ICE n’est pas encore totalement parti. Ils sont passés de 4000 agent&rsquo;es lors de l’opération « Metro Surge » à quelques centaines aujourd’hui. Ils ont changé leurs tactiques et sont désormais plus discrets. Il y a encore des enlèvements, mais moins qu’avant. La ville est survolée par des hélicoptères et des drones, on se sent toujours sous occupation.&nbsp;<br>Mais, oui, c’est une première victoire. Greg Bovino, le commandant qui s’habillait comme un Nazi, a été retiré de la ville, et l’opération « Metro surge » a officiellement été arrêtée. Nous voulons plus, nous voulons l’abolition de ICE et de DHS (NdT : Department of Homeland Security, équivalent du ministère de l’intérieur dont dépend ICE), mais il faut célébrer cette victoire partielle qui a été obtenue par la résistance.</p>



<p><strong>Q : Tu nous dis que ICE n’est pas totalement parti, mais qu’en est-il de la résistance ? Est-elle toujours aussi bien organisée ?&nbsp;</strong><br><strong>R :</strong> C’est moins intense qu’avant, il y a moins de confrontations directes avec les agents d’ICE. Mais la résistance est toujours organisée. Les aspects de défense collective existent toujours, la solidarité financière aussi, et un mouvement pour un moratoire sur les loyers est en train de naître. Les gens continuent de vouloir s’organiser de nouvelles manières. Un militant socialiste et syndicaliste qui a vécu le mouvement antiraciste de 2020 (NdT : George Floyd, dont la mort a déclenché Black Lives Matter, a été tué par la police de Minneapolis) m’a dit qu’en comparaison, plus de personnes et de collectifs s’organisent dans la durée cette fois-ci, alors que la vague était retombée assez vite en 2020. Nous avons les dates du 28 mars (NdT : No Kings Day, journée de manifestations nationales contre Trump) et le 1er mai en ligne de mire, donc des choses concrètes à faire pour les prochaines semaines.</p>



<p><strong>Q : Quelle était selon toi la différence entre Minneapolis et des villes comme Los Angeles, New York et Chicago où la résistance à ICE était là mais pas assez forte pour créer une crise politique face à Trump ? </strong><br><strong>R :</strong> Je n’ai pas de réponse complète. Je n’étais pas à LA, NY et Chicago. Mais les raids de ICE là-bas étaient peut-être des tests grandeur nature, moins longs et moins intenses. Ici, le niveau de violence et l’intensité ont fait qu’on n’avait pas le choix. On a senti qu’organiser une résistance était une question de vie ou de mort. Et bien sûr, on ne partait pas de zéro. Il y a des traditions à Minneapolis, Black Lives Matter qui est parti de là en 2020, il y a un mouvement syndical réel sur le terrain. </p>



<p><strong>Q : Concrètement, qui s’est battu contre ICE à Minneapolis ?&nbsp;</strong><br><strong>R :</strong> Beaucoup d’organisations antiracistes, antifascistes, syndicales, etc, ont joué un rôle dans la résistance, qui était très décentralisée au tout début. Parmi les syndicats je me souviens de SEIU (NdT : syndicat des travailleur.e.s de l’entretien des bâtiments), du syndicat des transports et de l’éducation. Beaucoup ont commencé à se préparer dès l’élection de Trump. Par exemple, une association (parmi d’autres) a annoncé en janvier qu’elle avait formé près de 40 000 personnes au rôle « d’observateur&rsquo;ice légal&rsquo;e » des actions de ICE. Ce sont les gens qui filment, qui utilisent leur sifflet, qui alertent le quartier qu’un raid est en cours. Ça donne une idée du nombre de personnes qui ont cherché à s’organiser pour résister.</p>



<p><strong>Q : Quel rôle ont joué les espaces partagés comme les écoles, les lieux de culte, les quartiers, etc, dans l’organisation de la résistance ?&nbsp;</strong><br><strong>R :</strong> Les lieux de culte et les écoles ont joué des rôles fondateurs de la résistance. Auparavant, c’étaient des lieux « sanctuaires », mais Trump a changé ça. Je ne dis pas que kidnapper des gens dans la rue est acceptable, mais quand ICE entre dans les églises pour arrêter votre voisin&rsquo;e, quand des élèves sont cueilli&rsquo;es à la sortie des écoles, c’est particulièrement choquant, ça ne passe pas. Quand tu vois le pupitre vide d’un&rsquo;e élève qui s’est fait kidnapper, que la personne que tu voyais à l’église tous les dimanches n’est plus là&#8230; Tout le monde dans ces lieux se sent concerné. C’est plus puissant que de voir une vidéo sur TikTok, Instagram ou à la télé. Alors beaucoup de choses sont parties des écoles et des églises, comme les réseaux d’entraide ou les groupes de voisin&rsquo;es.&nbsp;<br>Des groupes de voisin&rsquo;es se sont aussi formés au niveau des rues ou des quartiers, pour organiser des patrouilles et donner l’alerte quand ICE débarquait au petit matin. C’est comme ça que des rassemblements de quelques dizaines ou quelques centaines de personnes se formaient très rapidement pour résister aux raids. Même les scouts ont participé à la résistance, simplement parce que des enfants qui faisaient partie des scouts ont été enlevés par ICE.&nbsp;</p>



<p><strong>Q : Tu as beaucoup parlé des voisin&rsquo;es qui aident à organiser la résistance. Et les voisin&rsquo;es racistes dans tout ça ? Qui a aidé ICE à Minneapolis ?&nbsp;</strong><br><strong>R :</strong> C’est principalement la police de Minneapolis qui a aidé ICE. Malgré les déclarations du maire démocrate de la ville (NdT : dont la police dépend) qui demandait publiquement à ICE de partir, la police a aidé ICE, a repoussé les manifestant&rsquo;es, etc. Ça a été un choc, peut-être pas pour les militant&rsquo;es, mais pour une bonne partie de la population. Concernant les voisin&rsquo;es : sans doute, comme souvent, des racistes ont dû appeler ICE pour dénoncer des voisin&rsquo;es. Mais je ne sais pas si c’était un phénomène massif. Minneapolis est une ville marquée à gauche. Mon expérience personnelle, j’ai fait beaucoup de porte à porte et pas une fois je ne suis tombé sur quelqu’un qui soutenait ICE ouvertement. Donc en tout cas, les racistes ne se sont pas exprimé&rsquo;es publiquement. Après, dans les comtés plus ruraux du Minnesota, c’est peut-être plus nuancé, je ne sais pas.&nbsp;</p>



<p><strong>Q : Des organisations fascistes comme les Proud Boys ont essayé de venir à Minneapolis pour soutenir ICE, non ? Comment ça s’est passé ?&nbsp;</strong><br><strong>R :</strong> Je vois de quoi vous parlez, ça n’était pas officiellement les Proud Boys, mais un des organisateurs du 6 janvier (NdT : l’émeute du Capitole suite à la défaite électorale de Trump face à Biden en 2021), Jake Lang. Il est venu à Minneapolis avec quelques soutiens pour organiser un rassemblement pro-ICE et anti-Islam visant spécialement la communauté somalienne de Minneapolis. Finalement lui et ses soutiens n’étaient qu’une grosse dizaine, ils ont été complètement cernés par des centaines de manifestant&rsquo;es antifascistes, il s’est fait frapper, on lui a jeté des ballons à eau. Se retrouver trempé d’eau par -20°C, c’est difficile. Bref, il a passé un mauvais moment.&nbsp;<br>C’était très positif car ça en a dissuadé d’autres. Il y avait beaucoup de débats au sein du mouvement de résistance, des gens voulaient plutôt faire profil bas, au prétexte de ne pas leur faire de pub, ou de ne pas mettre les personnes racisé&rsquo;es en danger. Mais la majorité dans les AG a décidé de les affronter et de montrer qu’on n’allait pas accepter de manifestation fasciste à Minneapolis, et ça s’est finalement très bien passé pour nous. Son visage était moitié ensanglanté moitié gelé (les ballons à eau !), il est monté dans la voiture d’une femme trans et d’une femme mexicaine pour essayer de s’enfuir, elles l’ont jeté dehors quand elles ont compris qui il était&#8230; Beaucoup de gens sont arrivés sur place une fois qu’il était déjà parti, iels ont ensuite formé des groupes pour patrouiller dans la ville et essayer de le retrouver ainsi que ses copains. Bref, c’était vraiment important de montrer qu’on n’avait aucune tolérance pour les fascistes à Minneapolis et super de voir autant de personnes s’organiser pour les rejeter.</p>



<p><strong>Q : Que peux-tu nous dire de la journée du 23 janvier ? Appeler ça une grève générale peut sembler exagéré, mais les manifestations étaient immenses et il y a eu quelques grèves.&nbsp;</strong><br><strong>R :</strong> Oui, le 23 janvier était immense. Plus de 50000 personnes ont manifesté par une température de -34°C. Je ne sais pas si vous êtes déjà sortis dans un froid pareil, mais même mes cils étaient gelés.&nbsp;<br>Près de 700 petits commerces étaient fermés, soit en solidarité soit parce que les salarié&rsquo;es étaient en grève. Les syndicats que j’avais mentionnés ci-dessus ont appelé à la grève, ainsi que des partis politiques comme la section locale des Democratic Socialists of America.&nbsp;<br>Je suis étudiant donc pas membre d’un syndicat, mais j’ai participé à beaucoup de réunions et d’assemblées d’organisation pour le 23 janvier. De nombreux&rsquo;ses militant&rsquo;es syndicaux&rsquo;les de terrain ont fait énormément de travail pour convaincre leurs collègues de faire grève. De ce que j’ai entendu, les directions n’ont pas vraiment aidé, elles semblent très bureaucratiques et un peu loin du terrain. Donc il y a eu un gros travail, beaucoup d’arguments, et ça a pris même dans des entreprises sans syndicats comme Starbucks ou Target (NdT : une chaîne de magasins), des gens ont fini par faire grève le 23 janvier. La pression du mouvement était telle que des patrons ont fini par garantir à leurs salarié&rsquo;es qu’iels ne se feraient pas réprimer pour la grève, alors qu’au début le discours était plutôt : si tu ne veux pas venir le 23 janvier alors pose un jour de congé.<br>C’est donc la solidarité qui a permis à beaucoup de gens de faire grève sans crainte de représailles, car le nombre était de notre côté.</p>



<p><strong>Q : Comment vois-tu la suite ? On sait que « No Kings Day » est prévu pour le 28 mars, tu as aussi parlé du 1er mai un peu plus haut.&nbsp;</strong><br><strong>R :</strong> On pense que le 28 mars va être énorme. Déjà le précédent No Kings Day en octobre 2025 était très gros à Minneapolis. Mais ce qui est intéressant, c’est que tout le monde, les ami&rsquo;es, les gens dans le mouvement, tout le monde parle de grève maintenant. Que nous devons utiliser ce pouvoir que nous avons, de faire une grève reconductible qui puisse rassembler autour de revendications claires. Que ce soit le 28 mars, le 1er mai, je ne sais pas précisément, mais j’ai l’impression que tout le monde en parle, que ça doit être la prochaine étape. Car le gouvernement et les grandes entreprises ne comprennent que la langue de la force et de l’argent.<br>Encore une fois, je ne suis pas dans un syndicat et je ne suis peut-être pas la meilleure personne pour en parler, mais on est nombreux à penser qu’on ne peut pas se contenter de venir manifester avec quelques pancartes le 28 mars ou le 1er mai puis rentrer chez nous. Il faut une lutte qui dure.&nbsp;<br>Ce n’est pas pour diminuer la portée ou l’importance de la résistance actuelle et de la solidarité. Sans ça, plus de personnes seraient en détention ou déportées, plus de personnes seraient à la rue, plus de personnes seraient mortes. Mais maintenant qu’on a fait cette expérience, on sent que ça n’était qu’un début, un pansement sur une grosse plaie, et qu’il faut aller plus loin. C’est comme ça que toute la conversation et les arguments sur la grève sont venus dans le mouvement.&nbsp;</p>



<p><strong>Q : On dirait donc que ce qui s’est passé à Minneapolis peut être un marchepied pour quelque chose de plus grand ?&nbsp;</strong><br><strong>R :</strong> Oui, oui, sûrement, même si on ne peut pas encore prédire quelle forme exacte ça peut prendre. Je fais partie d’un groupe socialiste de débats et discussions, et une nouvelle personne nous a rejoint récemment. Il est syndicaliste et tourneur-fraiseur, a toujours voté démocrate, et nous a raconté qu’il a toujours cru que s’il travaillait assez dur, il aurait une vie plus facile. Mais son loyer augmente, son assurance médicale augmente, il a mal partout et ne peut pas prendre de pause. Il nous a dit que tout ça montait en lui, mais voir sa ville occupée par ICE, c’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase, que c’était comme une claque qui lui a fait prendre conscience que le capitalisme allait nous mener à la catastrophe. C’est une anecdote, bien sûr, mais il y a des milliers et des milliers de personnes qui se radicalisent, qui ont senti leur pouvoir à Minneapolis et ailleurs.</p>



<p>Propos recueillis par&nbsp;Emil (Paris 20e), Anne-Julia (Rennes) et Jad (Paris 18e)</p>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/comment-minneapolis-solidaire-et-antiraciste-a-resiste-a-ice/">Comment Minneapolis, solidaire et antiraciste, a résisté à ICE ? </a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Lutte des sans-papiers à Saint-Brieuc : déjouer la peur, choisir la résistance collective</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/lutte-des-sans-papiers-a-saint-brieuc-dejouer-la-peur-choisir-la-resistance/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Emil]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 18 Jul 2026 10:30:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[logement]]></category>
		<category><![CDATA[Migrants]]></category>
		<category><![CDATA[occupation]]></category>
		<category><![CDATA[Racisme]]></category>
		<category><![CDATA[Sans-papiers]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=11452</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Permis de tuer, règlement retour, loi darmanin… En pleine crise du néolibéralisme nos classes dirigeantes surenchérissent de racisme pour toujours plus exploiter, diviser et écraser notre classe. Alors que celles et ceux qui subissent frontalement <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/lutte-des-sans-papiers-a-saint-brieuc-dejouer-la-peur-choisir-la-resistance/" title="Lutte des sans-papiers à Saint-Brieuc : déjouer la peur, choisir la résistance collective">[...]</a></div>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/lutte-des-sans-papiers-a-saint-brieuc-dejouer-la-peur-choisir-la-resistance/">Lutte des sans-papiers à Saint-Brieuc : déjouer la peur, choisir la résistance collective</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>Permis de tuer, règlement retour, loi darmanin… En pleine crise du néolibéralisme nos classes dirigeantes surenchérissent de racisme pour toujours plus exploiter, diviser et écraser notre classe. Alors que celles et ceux qui subissent frontalement ces politiques &#8211; les immigré·es, les musulman·es, plus largement les racisé·es &#8211; sont traqué·es, enfermé·es, tué·es, c&rsquo;est parfois depuis la gauche qu&rsquo;on donne le coup de grâce : en leur déniant leur pouvoir de résister. Mais quand en réponse aux attaques racistes, ces bien-pensants disent aux migrants : « Restez chez vous ! », il en est qui décident de ne pas les écouter. À Saint-Brieuc le collectif en lutte avec les sans-papiers déjoue collectivement la peur et s&rsquo;organise pour le droit au logement pour toustes. Entretien.</em></p>



<p><strong>Est-ce que tu peux te présenter et nous raconter rapidement dans quel cadre militant tu interviens ?</strong><br>Je m&rsquo;appelle Lucie et je suis membre du collectif en lutte avec les personnes sans-papiers de Saint-Brieuc. Ce collectif&nbsp; existe depuis novembre 2025, et s&rsquo;est constitué suite à une première mobilisation durant l’été 2025.&nbsp;<br>Jusqu’alors, il y avait des espaces où des associations fournissaient un travail de plaidoyer auprès des institutions. Mais il n&rsquo;y avait pas d&rsquo;espace de lutte qui permette aux camarades sans-papiers de pouvoir se mobiliser pour défendre leurs droits.</p>



<p><strong>Est-ce que tu peux parler de la campagne que vous avez menée ces dernières semaines ?&nbsp;</strong><br>La campagne logement arrive au printemps 2026. Au départ, on a dénoncé les conséquences de l&rsquo;assignation des personnes sans-papiers dans les hôtels sur les enfants. On voulait interpeller le conseil départemental chargé de la protection de l&rsquo;enfance car la loi de protection de l&rsquo;enfance de 2022 interdit le placement des mineurs isolés à l&rsquo;hôtel, alors que les lois anti-immigration assignent les enfants de sans-papier à l&rsquo;hôtel pour des durées longues. L&rsquo;idée, c&rsquo;était de dire que les risques auxquels sont exposés les mineurs non-accompagnés et les enfants de sans-papier sont les mêmes et donc de dénoncer la différence de traitement.</p>



<p>Ça s&rsquo;est accéléré lorsqu’un camarade s&rsquo;est retrouvé mis à la rue avec ses cinq enfants et sa femme. Ça a enclenché la première vague d’occupation : celle de la mairie de la commune proche de Saint-Brieuc où ils vivaient depuis 3 ans et où les enfants étaient scolarisés. On a obtenu 2 nuits d’hôtel, on a donc réoccupé le lendemain et obtenu 3 semaines, puis 10 jours de plus… Et puis plus rien !&nbsp; On a alors décidé de rester dormir dans la mairie, le 10 juin. On avait des AG chaque jour, ça permettait de s&rsquo;organiser politiquement, d’organiser des réunions publiques, avec appel à la presse…</p>



<p>En parallèle, le 11 juin, on a appris que 7 familles de Saint-Brieuc allaient être mises à la rue. On a alors occupé le musée d&rsquo;art et d&rsquo;histoire de Saint-Brieuc, et non pas directement la mairie , parce qu&rsquo;on voulait installer l’occupation, pouvoir y dormir.&nbsp;</p>



<p>La mairie nous a transféré&rsquo;es&nbsp; dans une salle associative&nbsp; en mettant en place une pseudo solution de logement d’urgence (un CHRS).&nbsp; Cela ne correspondait en rien à nos revendications car les familles n’avaient pas encore été mises à la rue !&nbsp; Il s’agissait d’un simple affichage de la part de la mairie. On a donc&nbsp; déjoué le piège en disant :&nbsp; nous nous battons pour des logements dignes et pérennes pour tous et toutes, et nous nous battons contre la menace de la rue qui vise des familles. On voulait aussi revendiquer cette occupation comme un espace d’organisation politique, pour construire un rapport de force. On a occupé une semaine.&nbsp;</p>



<p>Le maire de Saint-Brieuc a alors tenté de casser notre l&rsquo;unité, puisqu&rsquo;on est un collectif mixte où il y a des solidaires et des sans-papiers, en proposant une rencontre&nbsp; avec les seules familles, pas au nom du collectif. Ce qui a déclenché une colère notamment des camarades sans papiers du collectif.&nbsp;</p>



<p><strong>Tu as fait face à des arguments qui amenaient à dépolitiser la lutte que mènent les sans-papiers. Ces arguments venaient à la fois de la droite &#8211; sans surprise &#8211; mais aussi de camarades de luttes. Peux-tu nous raconter ça ?</strong><br>Quand on a constitué le collectif, il y avait une majorité de personnes sans papiers, mais il y a des militants solidaires qui ont des trajectoires différentes, et parmi elleux,&nbsp; ce que j&rsquo;appelle des projections de vulnérabilité. En gros, ça consiste à dire qu’on est pas égaux, parce qu&rsquo;on n&rsquo;a pas les mêmes positions face à la police, et donc, à&nbsp; disqualifier des modalités d&rsquo;action jugées trop dangereuses :&nbsp; l&rsquo;occupation, les manifestations, etc. Ça conduit la perspective d&rsquo;action à l’échec,&nbsp; plutôt que d&rsquo;essayer de se concentrer sur les conditions de solidarité qui permettent de&nbsp; garantir la participation de tous et de toutes. On a bataillé sur la&nbsp; ligne&nbsp; « Non mais en fait, il faut y aller, et ce n&rsquo;est pas dans les manifestations ou les sans-papiers sont unis, qu’ils sont le plus exposés à la police, bien au contraire ». Mais&nbsp; elle est dure à tenir.&nbsp;</p>



<p>Cette situation va se produire à deux reprises. La première fois, quand on occupe le musée d’art et d&rsquo;histoire de Saint-Brieuc. La ville est de droite et on sent que ça se tend pendant l&rsquo;après-midi. A ce moment, des militants vont commencer à souffler aux personnes sans-papiers que ça serait bien qu&rsquo;elles s&rsquo;en aillent. On va être très peu à dire non. Ça fait des mois qu&rsquo;on déjoue la peur et qu&rsquo;on se rend compte qu’on a le droit de manifester, de prendre la parole, et qu&rsquo;on ne finit pas en prison pour cela. Il faut qu&rsquo;on continue à construire ensemble les conditions de participation à toutes les étapes de la lutte de tout le monde.&nbsp;</p>



<p>Ça a fonctionné la première fois. Mais la deuxième fois, ça a été un échec. Plutôt que d&rsquo;attendre d&rsquo;être expulsé de l&rsquo;occupation de la salle associative, c&rsquo;est la voix des camarades avec les projections de vulnérabilité qui a gagné.&nbsp; Ils ont réussi à convaincre le collectif qu&rsquo;il fallait évacuer par nous-mêmes. Ce qui nous a un peu mis dans la merde pour la suite:&nbsp; on n&rsquo;a pas obligé le maire de Saint-Brieuc à assumer l’expulsion d’un collectif mobilisé autour des familles.&nbsp;</p>



<p>Cette dépolitisation qui intervient dans nos rangs entre en écho celle de la mairie de droite. Elle a produit une communication affreuse, pour dire que le collectif était partisan et politique et que des militants y instrumentalisaient la misère des personnes sans-papiers,&nbsp; en invitant comme je l’ai dut&nbsp; les familles à une rencontre sans le collectif.&nbsp;</p>



<p>Les camarades sans-papiers ont alors décidé d&rsquo;écrire au maire leur refus d&rsquo;être reçus sans le collectif en disant:&nbsp; « nous sommes des militants politiques, nous sommes là ensemble parce que nous sommes le collectif, donc nous voulons être reçus au nom du collectif ».&nbsp;</p>



<p>Bref, la dépolitisation des camarades sans papiers revient en permanence&nbsp; de tous les côtés, et&nbsp; on doit batailler en permanence.</p>



<p>Ce qu’on a gagné c&rsquo;est qu&rsquo;on essaye de s&rsquo;adresser les uns aux autres en tant que militants, ce qui implique de ne pas avoir peur de la conflictualité entre nous, aussi avec les camarades sans-papiers. Or, ce qu’on sent c’est que la projection de vulnérabilité prendre racine dans la théorie des privilèges, et a&nbsp; pour conséquence de sacraliser la parole des personnes sans-papiers. Mais le fait de sacraliser leur parole annule la possibilité du conflit, donc la possibilité d&rsquo;avoir un débat politique avec eux.</p>



<p><strong>En réalité vous avez fait face à un choix extrêmement politique : mener une lutte sur le plan strictement humanitaire ou mener une lutte politique, ce qui implique forcement des débats dans le collectif et donc aussi avec les camarades sans-papiers. Qu’est ce que ca signifie en pratique ?</strong><br>Ce sont des arguments très minoritaires et difficiles à tenir dans le collectif. Mais ça va finir, petit à petit, par être approprié par les camarades sans-papiers.&nbsp;</p>



<p>On a déjoué la peur, face à toutes les pressions de découragement que les sans-papiers reçoivent de la part de la droite, des humanitaires, et même dans nos rangs. Un élément central a été d&rsquo;avoir des AG régulières et de pouvoir en parler, en s’appuyant sur des exemples de luttes comme celle des mineurs de Belleville à Paris.&nbsp;</p>



<p>L’autre chose qui a permis de donner la confiance, c’est de se donner les moyens de s’exprimer, notamment au travers d’ateliers de prise de parole, à chaque manifestation. Ça a vraiment participé à la politisation de chacun, chacune. D’apprendre à se dire qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;on veut, pourquoi on est ensemble. Pourquoi on est en colère contre le racisme ? C&rsquo;est quoi l&rsquo;implication dans nos vies ? Et derrière, c&rsquo;est quoi nos revendications ? Ce travail de construction, puis d&rsquo;incarnation d&rsquo;un discours a aussi bougé les lignes très fortement, parce que ces prises de parole se passaient en public, face à l&rsquo;intersyndicale et à la Coordination Solidarité Migrant. Elles ont vu tout à coup des personnes qu&rsquo;elles ne reconnaissaient pas tout à fait comme des sujets politiques, se dresser publiquement comme tels. Ça a été vraiment déterminant. Un camarade a pu le résumer en AG : “En fait, il faut que tout le monde apprenne à parler ici. »</p>



<p><strong>Ton collectif s’est relié au réseau de la Marche des Solidarités. Est-ce que ça a aidé à construire la confiance et à faire de la politique dans le collectif ?&nbsp;Comment avez-vous articulé ce rattachement à une campagne nationale avec une construction des luttes locales ? </strong><br>Le Front commun antifasciste était en lien avec la Marche des Solidarités. Depuis, avec le collectif on a construit le 18 décembre, puis le 21 mars, et pendant la campagne action logement, on s’est saisi&rsquo;es du 21 juin.</p>



<p>Ça nous a donné des occasions de pouvoir sortir, nous montrer, nous imposer dans le paysage local, en articulant&nbsp; avec la construction d’un rapport de force à l’échelle nationale. Ca nous a permis de faire exister la lutte des sans-papiers dans une perspective antiraciste, ce qu’on n’avait pas encore réussi à atteindre au niveau simplement local. Ça a été des occasions de prendre la rue et la parole, en permettant la construction politique du collectif.&nbsp;</p>



<p>Et le fait de se dire qu&rsquo;on est tout un pays, donne la confiance de lutter face à notre mairie de droite. Ça permet d’imposer un rapport de force : sachez que si jamais vous nous touchez, ça soulèvera de la colère et de la solidarité partout dans le réseau. Et ça, alors que les camarades étaient au début très flippés à l&rsquo;idée de manifester parce qu&rsquo;ils avaient des OQTF, etc&#8230; ça a aidé.&nbsp;</p>



<p>Ca permet aussi de voir qu&rsquo;ailleurs, il y avait des victoires des militants sans-papiers qui étaient engagés dans la lutte depuis très longtemps. Et inversement, de se rendre compte, quand on est allé&rsquo;es aux rencontres nationales de la Marche des Solidarités en juin à Paris, que notre collectif était connu. Pouvoir participer à introduire des ateliers en tant que collectif, ça a vraiment renforcé vraiment la confiance.&nbsp;</p>



<p>Tous ces liens sont précieux à condition qu’ils soient articulés avec une recherche d&rsquo;intervention localisée. S’il s’agit juste de&nbsp; répondre aux appels nationaux où on fait la manif et puis on s&rsquo;en va, il manque un truc.</p>



<p>Et en fait, ce qu’on a fait dans le même temps, c&rsquo;était de se dire, OK, on est en train de chercher pourquoi on est ensemble et ce qu&rsquo;on peut faire ensemble dans une perspective d&rsquo;action directe. Et petit à petit, en faisant les tournées dans les hôtels, on a commencé à comprendre qu&rsquo;on allait pouvoir imposer nos revendications.. L’enjeu a été de comprendre quels étaient les nœuds particuliers à Saint-Brieuc dans les parcours que vivent les personnes sans papiers, chercher les brèches pour se dire qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;on peut faire comme action. Vraiment un travail de recherche qui amène à de la créativité.&nbsp;</p>



<p>Par exemple, on s&rsquo;est rendu compte, autour de la campagne d&rsquo;action logement, qu&rsquo;il y avait 16 enfants menacés de rue. On a alerté les écoles, les associations de parents d&rsquo;élèves, et on a pu voir que le Réseau Éducation Sans Frontières s&rsquo;était complètement cassé la gueule et avait disparu. Et qu&rsquo;il y avait un enjeu à recréer un réseau de vigilance autour des enfants de sans-papiers pour avoir des réflexes militants autour des groupes scolaires quand il y avait des enfants menacés. C&rsquo;est en cours, on va démarrer l&rsquo;année avec une AG Enfance et Éducation à l&rsquo;initiative des sans-papiers. En parallèle, le collectif tisse aussi des liens avec les syndicats locaux, et se projette dans la construction de la grève antiraciste du 18 décembre.&nbsp;</p>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/lutte-des-sans-papiers-a-saint-brieuc-dejouer-la-peur-choisir-la-resistance/">Lutte des sans-papiers à Saint-Brieuc : déjouer la peur, choisir la résistance collective</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Brest contre les fachos : pour dépasser la peur, construire l&#8217;unité et reprendre la rue</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/brest-contre-les-fachos-pour-depasser-la-peur-construire-lunite-et-reprendre-la-rue/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Emil]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 02 May 2026 10:42:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[Antifascisme]]></category>
		<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[Retours militants]]></category>
		<category><![CDATA[Brest]]></category>
		<category><![CDATA[Bretagne]]></category>
		<category><![CDATA[Extrême-droite]]></category>
		<category><![CDATA[Fascisme]]></category>
		<category><![CDATA[fasciste]]></category>
		<category><![CDATA[FN]]></category>
		<category><![CDATA[Manifestation]]></category>
		<category><![CDATA[Racisme]]></category>
		<category><![CDATA[RN]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=11214</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">A Brest, dans la nuit du 10 au 11 avril dernier, a eu lieu une violente agression raciste et pour riposter, a été organisée 15 jours plus tard, le 25 avril, une manifestation antiraciste par <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/brest-contre-les-fachos-pour-depasser-la-peur-construire-lunite-et-reprendre-la-rue/" title="Brest contre les fachos : pour dépasser la peur, construire l&#8217;unité et reprendre la rue">[...]</a></div>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/brest-contre-les-fachos-pour-depasser-la-peur-construire-lunite-et-reprendre-la-rue/">Brest contre les fachos : pour dépasser la peur, construire l&rsquo;unité et reprendre la rue</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>A Brest, dans la nuit du 10 au 11 avril dernier, a eu lieu une violente agression raciste et pour riposter, a été organisée 15 jours plus tard, le 25 avril, une manifestation antiraciste par l&rsquo;AG antifasciste de Brest qui a rassemblé 800 personnes.<br>Nico, de l&rsquo;AG antifasciste de Brest et d&rsquo;Autonomie de Classe, nous raconte comment est-ce que pour dépasser la peur face aux fascistes, on peut construire l&rsquo;unité pour reprendre la rue et reprendre confiance en nous.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-rich is-provider-spotify wp-block-embed-spotify wp-embed-aspect-21-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="Spotify Embed: Brest contre les fachos : pour dépasser la peur, construire l&amp;apos;unité et reprendre la rue" style="border-radius: 12px" width="100%" height="152" frameborder="0" allowfullscreen allow="autoplay; clipboard-write; encrypted-media; fullscreen; picture-in-picture" loading="lazy" src="https://open.spotify.com/embed/episode/2oEXZOr6AXfuRrRtA0ieTy?si=8cc6e1d2ba064c24&amp;utm_source=oembed"></iframe>
</div></figure>



<p><strong>Est-ce que tu peux revenir sur la forme que prend la menace fasciste dans ta ville, revenir sur ce qui s&rsquo;est passé ces dernières années et comment vous vous êtes organisé pour y faire face et revenir aussi sur les événements des dernières semaines ?</strong></p>



<p>À Brest, l&rsquo;engagement passe par l&rsquo;AG antifasciste qui s&rsquo;est montée en fin d’été dernier, suite à des agressions fascistes, de groupuscules néonazis, qui ont fait des agressions homophobes, contre des militant·es de gauche, et racistes. C&rsquo;est au sein de cet AG qu&rsquo;on s&rsquo;organise et qu&rsquo;on essaye d&rsquo;avoir une riposte. La menace fasciste, elle est assez présente à Brest par le biais de hooligans et par le biais de groupuscules néonazis et aussi par le biais de militants du RN.</p>



<p>Si tu veux, j&rsquo;ai l&rsquo;impression que les agressions clairement fascistes, racistes qu&rsquo;il y a eu il y a un an et demi, elles ne viennent pas de nulle part. Il y a toujours eu des groupuscules néonazis, identitaires en Bretagne. Il y a deux ans, il y a eu une manif fasciste soutenue par le RN contre l&rsquo;ouverture d&rsquo;un centre pour accueillir des personnes migrantes, en centre-Bretagne, et ils étaient déjà là. Donc, ce qui s&rsquo;est passé à Brest, c&rsquo;est que ça a touché des quartiers populaires, des endroits bien populaires, qui ont fédéré tout d&rsquo;un coup une réaction assez forte de la population et pas forcément de la population militante, ce qui a entraîné depuis un an une dynamique avec l’AG antifasciste qui existe.</p>



<p>Et il y a deux semaines, il y a eu une agression d&rsquo;une personne isolée, racisée, qui était tranquille sur le port et qui s&rsquo;est fait agresser lâchement. Il s&rsquo;est pris une droite qui l&rsquo;a mis KO, il est resté inconscient. Il a eu deux semaines d&rsquo;ITT.</p>



<p>Un des buts de l’AG antifasciste, c’est d&rsquo;organiser tout de suite un soutien aux victimes. Ce collectif rassemble différents militants de Brest, des gens soit qui sont syndiqués, qui militent dans les syndicats, soit qui militent dans des groupes de gauche, soit qui ne militent pas… Ca a créé une espèce d&rsquo;unité antifasciste qui se mobilise assez rapidement. Donc, rapidement, on a pu, en quelques jours, organiser une manif de soutien. C&rsquo;est ça qui est intéressant pour nous au sein de cette AG&nbsp;: avoir assez rapidement la possibilité d&rsquo;organiser des choses avec l&rsquo;aide des syndicats, des associations locales. Et, en cinq jours, on a organisé une manif de soutien, des prises de parole. Ca a rassemblé 800 personnes&nbsp;!</p>



<p>Et ce qui est intéressant, c&rsquo;est qu&rsquo;on arrive à pousser nos mots d&rsquo;ordre à nous, de s&rsquo;organiser à la base, dans les quartiers, dans les campagnes, sur nos lieux de vie, de travail.</p>



<p><strong>Et comment on peut faire pour dépasser la peur qui, parfois, justement, est un frein à la mobilisation par en bas contre les fascistes ?</strong></p>



<p>C’est sûr qu&rsquo;en fait, ça sidère un peu plein de gens, dans le milieu militant ou non, qui se demandent, du coup, s&rsquo;ils peuvent aller aux manifs ou s&rsquo;ils peuvent sortir tranquilles, en gros. Et on deal avec la peur en se disant que, de toute façon, c&rsquo;est la stratégie de l&rsquo;extrême droite et de la violence politique que porte l&rsquo;extrême droite de tétaniser et de faire peur et d&#8217;empêcher les gens de se réunir et de s&rsquo;organiser. Ça fait partie de leur stratégie. Donc ne nous laissons pas faire, parce qu&rsquo;en fait, on se rend compte que, mine de rien, on est nombreux et on a la force pour s&rsquo;organiser. Ce qui est intéressant, c&rsquo;est que là, les syndicats à Brest et les associations d&rsquo;aide aux migrants, les associations comme la Ligue de droit de l&rsquo;homme, tout de suite, ils sont partants. Parce qu&rsquo;on se connaît, on a l&rsquo;habitude de faire des choses. On n&rsquo;est pas d&rsquo;accord sur tout. Mais en fait, tout de suite, ça va assez vite d&rsquo;organiser la manifestation.</p>



<p>Et moi, je me dis, c’est grâce à ce qu&rsquo;on a pu forger à l’AG antifasciste&nbsp;: se faire confiance. On a organisé un gros festival en début d&rsquo;année qui a permis d&rsquo;occuper la place et de faire plein de choses pour nous redonner confiance, pour nous unir assez rapidement.</p>



<p>Maintenant, on est capable de s&rsquo;organiser vite et d&rsquo;aller tout de suite organiser une manif et de faire une occupation de la rue et de ne pas laisser la rue à la menace fasciste ou aux discours d&rsquo;extrême droite, aux actions de l&rsquo;extrême droite.</p>



<p>Et ça, c&rsquo;est vachement important. C&rsquo;est vachement important parce qu&rsquo;on se rend compte que la menace fasciste ou en tout cas la menace d&rsquo;action raciste, homophobe, anti-gauche, elle est réelle. Il y a des groupuscules qui s&rsquo;organisent, il y a des discours islamophobes à volonté déversés par les médias d&rsquo;extrême droite qui vont légitimer le passage à l&rsquo;acte. C’est important déjà de dire, on ne laisse pas faire, on se bat politiquement, symboliquement, on résiste. Et donc, c&rsquo;est important d&rsquo;occuper la place et de pouvoir réagir en masse, en tout cas de manière unitaire, avec les syndicats et les autres forces, et de ne pas laisser faire des choses qui sont inacceptables. Après, plus généralement, c&rsquo;est important parce qu&rsquo;on se rend compte que la montée de l&rsquo;extrême droite, la montée de la menace fasciste, elle est réelle et pas seulement en France, en Europe, dans le monde. Ils s&rsquo;organisent, ils ne sont pas inactifs, ils sont à l&rsquo;affût. Électoralement, le RN est le premier parti du pays, qu&rsquo;on le veuille ou non. Il fait des résultats impressionnants, ils sont en masse, ils ont des appuis d&rsquo;une partie de la classe patronale et de la classe politique qui commencent à faire leur relais. Alors, essayer de s&rsquo;organiser et d&rsquo;arriver à organiser des manifs et des ripostes sur le terrain, c&rsquo;est important. Essayer d&rsquo;unir les forces de gauche, et créer des dynamiques pour la suite, c&rsquo;est ça qui est intéressant. Notre manifestation, notre rassemblement en soutien à la victime, elle permet une dynamique, elle va permettre qu&rsquo;on continue au 1er mai d&rsquo;être dynamique sur ces questions-là, sur les questions antiracistes et aussi de montrer le racisme d&rsquo;État qui est réel.</p>



<p>Donc, face à la peur, on prend cette question au sérieux. Quand on fait des événements, on va réfléchir. Comment on fait un service d&rsquo;ordre ? Comment on riposte ? Sans avoir de réponse préétablie&nbsp;: on fait des bilans, etc. Et du coup, ça veut dire tout simplement qu&rsquo;en fait, la rue, on l&rsquo;abandonne pas. Mais moi, j&rsquo;ai envie de dire, ça va se construire petit à petit. Ça va être, par exemple, en organisant des festivals qui sont à la fois des moments où on se rencontre entre nous, on se fait confiance, on approfondit des questions, on discute stratégie politique et on se rend compte que tout se passe bien, qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de problème, on n&rsquo;a pas d&rsquo;agression, parce qu&rsquo;en fait, on n&rsquo;est plus nombreux qu&rsquo;eux. Il y a une division des forces, il faut arriver à s&rsquo;unir. Mais en vrai, on n&rsquo;est plus nombreux qu&rsquo;eux. Et la peur, au bout d&rsquo;un moment, elle change de nature. On se rend compte que ça peut nous mettre des freins, ça peut nous faire dire, faisons attention, soyons vigilants. Mais on se rend compte qu&rsquo;en fait, avec la confiance, on y fait face. C’est pas évident mais ça se fait sur le long terme. Ca se fait en se rencontrant, en organisant aussi des réunions publiques de façon régulière, petit à petit.</p>



<p><strong>Et maintenant, ça va être quoi les suites pour continuer à construire la dynamique antifasciste à Brest ?</strong></p>



<p>Alors là, on fait partie du 1er mai en tant qu’AG antifasciste. Ce qui est intéressant, c&rsquo;est que quand même, on est repéré par les forces syndicales et les forces politiques locales, même LFI par exemple. On est repéré comme, on va dire, une organisation de base qui compte, qui a sa voix au chapitre. Du coup, l’AG antifasciste va avoir son cortège pendant le 1er mai. Ensuite, il va y avoir le 9 mai&nbsp;: il va falloir faire des rassemblements contre les rassemblements fascistes qui ont lieu à Paris. Je fais référence au comité du 9 mai, qui est un mouvement néofasciste depuis quelques années, qui essaie de rassembler toutes les forces d&rsquo;extrême-droite de France et d&rsquo;Europe. Et nous, on a lancé tout de suite quelque chose pour le 9 mai, en lien avec les syndicats, et du coup, ça donne de la force. Ca permet vraiment de continuer sur une dynamique, et d&rsquo;approfondir ce qu&rsquo;on porte comme revendications et comme mots d&rsquo;ordre&nbsp;: Par exemple, le soutien aux personnes étrangères, la régularisation de tous les sans-papiers, des choses comme ça. Et ensuite, ça permet tout un travail qu&rsquo;on a construit depuis des mois avec tous ces acteurs, toutes ces associations dont j&rsquo;ai parlé, avec les syndicats, pour imaginer un autre festival antiraciste et antifasciste qui va se tenir à Brest, pour organiser des liens sur la lutte du peuple palestinien, etc. Donc en fait, on est pris dans une dynamique en réagissant à l&rsquo;actualité, en se greffant aux événements nationaux, comme le 1er mai, la Marche des Solidarités, la lutte en solidarité au peuple palestinien, et petit à petit, voilà, ça tient comme ça.</p>



<p>Là, on est parti sur une année qui va être très importante, avec au mois de mai prochain les élections présidentielles. Ça va être une année charnière. Du coup, si on arrive à avoir des mobilisations tout au long de l&rsquo;année pour arriver en force au printemps 2027, je me dis qu&rsquo;il y a quelque chose à faire. Au moins arriver en confiance, arriver en force, arriver unis.</p>



<p>Propos de Nico de Brest recueillis par Milig Sinou de Paris 19</p>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/brest-contre-les-fachos-pour-depasser-la-peur-construire-lunite-et-reprendre-la-rue/">Brest contre les fachos : pour dépasser la peur, construire l&rsquo;unité et reprendre la rue</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>1er Mai antiraciste, contre le génocide et contre la guerre : montrer à notre classe qu&#8217;on va continuer à se battre pour gagner</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/1er-mai-antiraciste-contre-le-genocide-et-contre-la-guerre-montrer-a-notre-classe-quon-va-continuer-a-se-battre-pour-gagner/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Mathilde]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 24 Apr 2026 12:58:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[1er mai]]></category>
		<category><![CDATA[Antifascisme]]></category>
		<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[Antisionisme]]></category>
		<category><![CDATA[guerre]]></category>
		<category><![CDATA[Impérialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Manifestation]]></category>
		<category><![CDATA[Marche des solidarités]]></category>
		<category><![CDATA[Minneapolis]]></category>
		<category><![CDATA[Palestine]]></category>
		<category><![CDATA[Racisme]]></category>
		<category><![CDATA[Révolution]]></category>
		<category><![CDATA[sionisme]]></category>
		<category><![CDATA[urgence palestine]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=11193</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Dans plusieurs villes en France, se constituent à l&#8217;occasion du premier mai des cortèges contre le racisme, contre le fascisme, contre le colonialisme et contre la guerre. À Paris, un pôle appelé par la Marche <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/1er-mai-antiraciste-contre-le-genocide-et-contre-la-guerre-montrer-a-notre-classe-quon-va-continuer-a-se-battre-pour-gagner/" title="1er Mai antiraciste, contre le génocide et contre la guerre : montrer à notre classe qu&#8217;on va continuer à se battre pour gagner">[...]</a></div>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/1er-mai-antiraciste-contre-le-genocide-et-contre-la-guerre-montrer-a-notre-classe-quon-va-continuer-a-se-battre-pour-gagner/">1er Mai antiraciste, contre le génocide et contre la guerre : montrer à notre classe qu&rsquo;on va continuer à se battre pour gagner</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Dans plusieurs villes en France, se constituent à l&rsquo;occasion du premier mai des cortèges contre le racisme, contre le fascisme, contre le colonialisme et contre la guerre. À Paris, un pôle appelé par la Marche des solidarités et Urgence Palestine articulera ces revendications. Entretien avec Mathieu Pastor, d&rsquo;A2C et de la Marche des solidarités, qui nous explique pourquoi et comment se saisir du 1er mai pour engager notre classe sur le terrain de la lutte politique, dans un contexte de polarisation marquée.</p>



<p><strong>Pendant le mois de mars, en France avec le 8 mars et le 14 mars, et à l&rsquo;international avec des mobilisations autour du 28 mars, on a vu des mobilisations massives, très politiques, des gens qui descendaient dans la rue en se posant à la fois la question de lutter contre le patriarcat, contre les fascistes, contre le racisme, et aussi contre la guerre, contre l&rsquo;impérialisme. Est-ce que tu pourrais revenir un petit peu sur ce qu&rsquo;on doit apprendre de cette période et nous dire si le 1er mai et le mois qui va suivre pourraient s’inscrire dans la continuité du mois de mars ?</strong>&nbsp;</p>



<p>Je pense que le premier enseignement de cette période, c&rsquo;est se dire qu&rsquo;il y a quelque chose qui est possible. Ce qu&rsquo;on ressort de cette séquence, c’est que malgré ce qu’on se prend dans la tête, c&rsquo;est-à-dire les guerres, l&rsquo;autoritarisme, le racisme, le fascisme, il y a des volontés de se battre.</p>



<p>C&rsquo;est ce qu&rsquo;on nomme la polarisation, c&rsquo;est-à-dire d’un côté l&rsquo;augmentation de l&rsquo;offensive de la classe dirigeante &#8211; et à travers ça de la capacité des fascistes à s&rsquo;organiser &#8211; et d’un autre côté, un écho de plus en plus large pour se battre contre cette trajectoire-là et pour s&rsquo;engager.</p>



<p>C’est ce qu’on a vu le 8 mars, avec toustes celleux qui ont manifesté pour les droits des femmes, et qui, dans certaines villes, <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/feminisme/retour-dexperience-sur-le-08-mars-2026/">se sont battu·es pour virer les fascistes et les sionistes</a>. C’est ce qu’on a revu <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/manifestations-antiracistes-et-antifascistes-du-14-mars-une-opportunite-pour-construire-un-front-antiraciste/">le 14 mars</a>, les mobilisations massives dans 102 villes, contre le racisme, le fascisme et les violences policières. Et c’est ce qu&rsquo;on a vu plutôt à l&rsquo;international le 28 mars : aux États-Unis avec des mobilisations dans 3000 villes ; à Rome, où pour la première fois depuis que Meloni est arrivée au pouvoir, il y a eu une mobilisation de 300 000 personnes contre son gouvernement et contre le fascisme ; et à Londres, où il y a eu 500 000 personnes mobilisées, soit la plus grande manif de l&rsquo;histoire d’Angleterre contre le racisme et le fascisme. Donc ce qu’on voit, c’est que les gens ont envie de se battre, et à une échelle très importante. Dès qu&rsquo;on propose une stratégie qui démontre qu&rsquo;en se mobilisant ça va compter, il y a un écho pour ça.</p>



<p>Le meilleur des exemples pour se rendre compte de ce qui est en train de se passer, c&rsquo;est les États-Unis. Trump arrive il y a un an et demi pour son second mandat et il paraît avoir un boulevard devant lui. La gauche, aux États-Unis et dans le monde entier, est presque tétanisée face à sa prise de pouvoir. Il a démontré qu&rsquo;il était prêt à s’engager dans ce boulevard, que ce soit par les premières attaques contre les migrant·es, l&rsquo;offensive au Venezuela… Et puis là soudainement, déjà l&rsquo;année dernière avec les <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/videos/session-douverture-du-festival-des-idees-revolutionnaires-da2c/">premières mobilisations à Los Angeles</a> dans les quartiers contre ICE, et puis de manière plus éclairante <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/comment-minneapolis-solidaire-et-antiraciste-a-resiste-a-ice/">à partir de la fin 2025 à Minneapolis</a>, on voit qu&rsquo;il y a un espoir qui renaît, et que quand cet espoir renaît, et que tout le monde sent qu&rsquo;en s&rsquo;engageant il y a moyen de gagner, le mouvement peut prendre une ampleur où soudainement le rapport de force paraît presque de notre côté. Aux États-Unis, il n&rsquo;y a pas de jour férié le 1er mai, donc les travailleurs et les travailleuses travaillent ce jour-là. Mais là, il faut voir le <a href="https://www.iceoutnowmn.com/">programme du 1er mai</a>. C&rsquo;est très impressionnant. Il y a un appel à la grève. Par exemple, Minneapolis appelle à la grève dès le matin et l’après-midi à une grande marche contre ICE et pour la régularisation des sans-papiers.</p>



<p>Et ici en France, le 1er mai, une date qui est déjà présente dans la tête de beaucoup de monde, comme une date emblématique de la lutte contre le capitalisme, de la lutte de solidarité internationale des travailleurs et des travailleuses, ça va être une date très importante pour mesurer où on en est du mouvement. Je pense que beaucoup de personnes ont prévu de s&rsquo;en saisir, et que beaucoup de collectifs ont prévu d&rsquo;y intervenir.</p>



<p><strong>À A2C on pense que c&rsquo;est cette classe des travailleureuses que tu as citée, qui peut changer le système. Pour s&rsquo;adresser largement à la classe qui n&rsquo;est pas spontanément révolutionnaire, on a tendance à se dire qu&rsquo;il faut parfois limiter les mots d&rsquo;ordre &#8211; construire des fronts contre le racisme, qui soient aussi indépendants des fronts pour la Palestine, des fronts contre l&rsquo;impérialisme, des fronts féministes… Comment est-ce qu&rsquo;on peut articuler la nécessité d’adresser largement toutes ces revendications, et le fait qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui, des milliers de personnes en train de se politiser en viennent à penser une riposte globale contre un système global ? Quelle forme ça va prendre pour le 1er mai ? Et quelles suites est-ce que ça peut donner ? </strong></p>



<p>Déjà je pense que pour l&rsquo;ensemble des collectifs qui ont mené les combats de ces dernières semaines, que ce soit au sein du front féministe, que ce soit au sein du front antiraciste, antifasciste, la première des conditions pour s&rsquo;adresser à la classe dans cette période, c&rsquo;est d&rsquo;en être le 1er mai. C&rsquo;est d&rsquo;en être et d&rsquo;y intervenir collectivement. Ensuite je pense que justement, il y a un écho en ce moment pour des mots d&rsquo;ordre qui, même lorsqu’ils sont pris « séparément » (au sein des fronts spécifiques qui les formulent), ne sont pas des mots d’ordres au rabais, mais qui au contraire engagent au combat et proposent une stratégie.&nbsp;</p>



<p>Par exemple, au sein de la <a href="https://www.antiracisme-solidarite.org/accueil">Marche des solidarités</a>, on mobilise sur la question de la régularisation des sans-papiers. Derrière cette revendication, tu poses forcément la question de l&rsquo;unité, de la solidarité, du fait que même si tu n&rsquo;es pas sans-papiers, tu es concerné·e par la régularisation de tout le monde. Si on propose des mots d&rsquo;ordre contre l&rsquo;islamophobie pour se défendre face aux attaques de l’État contre toutes celles et ceux qui parmi nous sont musulmans et musulmanes, contre les attaques des mosquées par les fascistes, c’est pareil, ce ne sont pas des mots d&rsquo;ordre au rabais. Ce sont des revendications qui, par ailleurs, il y a quelques années, pouvaient paraître hyper radicales, mais qui au fur et à mesure de ces dernières années sont de plus en plus reprises largement. On ne va pas noyer tous ces fronts dans une lutte anticapitaliste, anti-impérialiste. Il y a besoin de combats sur des front spécifiques, qui ont besoin d’implication spécifiques, car on a besoin de victoires sur ces fronts-là. Mais on va montrer qu’on peut mener ces combats tout en disant « Oui, on se bat ensemble contre ce système ». Toutes et tous ensemble, on va appeler à la régularisation des sans-papiers. Toutes et tous ensemble, on va appeler à la solidarité avec la Palestine. Toutes et tous ensemble, on va appeler à la solidarité contre l&rsquo;islamophobie.</p>



<p>Pour revenir sur le 1er mai, je pense que ce qui va compter pour s&rsquo;adresser à la classe, c&rsquo;est de montrer qu&rsquo;on est prêts et prêtes à se battre. Un des moyens à travers lesquels on compte faire ça en région parisienne, c&rsquo;est d&rsquo;appeler à un grand pôle dans la manifestation, un pôle antiraciste, antifasciste, antisioniste et anticolonialiste contre la guerre, qui va s&rsquo;appuyer sur deux forces : la Marche des solidarités avec les collectifs de sans-papiers et les mineurs isolés en lutte, les collectifs de quartiers contre le racisme et contre le fascisme, et <a href="https://www.urgence-palestine.com/">Urgence Palestine</a>, qui se bat pour la solidarité avec le peuple palestinien. L&rsquo;année dernière déjà, on avait mené une première fois cette expérience, et à Paris, ça avait été le 2e cortège le plus important de la manifestation derrière celui de la CGT, ce qui est quand même significatif.&nbsp;</p>



<p>Et là, nous, on veut un pôle le plus massif possible, pas juste pour envoyer un message de visibilité, pas juste pour faire une démonstration de force. On veut envoyer le message qu’on est déterminé·es à se battre et que le combat va continuer dès les prochaines semaines, que ce soit pour le 9 mai virer les fachos qui veulent marcher dans Paris <em>[Une contre-manifestation partira le 9 mai à 14h de la station Saint-Michel contre le C9M, marche annuelle de militants néonazis]</em>, que ce soit pour gagner des régularisations, que ce soit pour affirmer notre solidarité à la Palestine ou pour renforcer notre capacité à riposter face à la marche vers la guerre, comme on a pu voir ces dernières semaines dans les mobilisations lycéennes et du secteur de l’éducation.&nbsp;</p>



<p>Et je pense que ça, c&rsquo;est la première des choses à faire pour s&rsquo;adresser à la classe dans la période dans laquelle on est. Les gens, ils n&rsquo;ont pas envie de défiler pour la gloire. Ils ont envie de se battre pour gagner. Et donc, c&rsquo;est comme ça qu&rsquo;on va le faire en région parisienne et il y a des échos qu&rsquo;il va y avoir des cortèges similaires dans d&rsquo;autres villes, à Marseille, à Rennes, à Rouen, à Toulouse, à Saint-Brieuc&#8230; Voilà comment on s&rsquo;adresse massivement à la classe.</p>



<p><strong>Comment est-ce que les révolutionnaires peuvent espérer soutenir, construire cette dynamique-là qui est en train d&rsquo;émerger ? Et quelles sont nos tâches pour mieux l&rsquo;accompagner, convaincre que c&rsquo;est la bonne et poser la question de quelle stratégie pour gagner</strong> ?</p>



<p>Donc, il y a déjà ce mouvement-là, qui démontre qu&rsquo;il y a un potentiel pour lutter largement. Maintenant, toute la question est, quelle est la stratégie pour gagner ? Car ce n&rsquo;est pas parce qu&rsquo;il y a un mouvement que la stratégie est spontanément dirigée vers le renforcement de ce mouvement et le renforcement de ses capacités pour gagner. Et pour tout ça, il y a besoin de débats sur quelles stratégies on doit mener, sur ces différents fronts dont j&rsquo;ai parlé. Quelle stratégie dans le front antiraciste, antifasciste ? Quelle stratégie dans le front anticolonialiste et de solidarité avec la Palestine ? Quelle stratégie dans le front contre la guerre ? Et pour ça, le mouvement seul, ça ne suffit pas. Ce n&rsquo;est pas uniquement des collectifs de militants et de militantes qui vont, dans chacun de ces fronts, devoir se poser la question de quelle stratégie. Il faut aussi une intervention révolutionnaire, organisée.</p>



<p>À A2C, on pense que la stratégie pour gagner, elle doit s’élaborer par la combinaison d&rsquo;une analyse théorique marxiste et de son expérimentation, de sa pratique dans le mouvement. Et pour ça, on propose un grand événement à Paris, le 16 et 17 mai, un <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/boussoles-2/">festival <em>Boussoles</em></a>, où il va y avoir 25 discussions, qui visent à dénouer des questions qui se posent dans le mouvement :&nbsp;</p>



<p>La libération de la Palestine se joue-t-elle uniquement en Palestine, ou doit-elle passer par le soulèvement des classes ouvrières des pays arabes environnants ?&nbsp;</p>



<p>Qu’est ce qui va compter dans le mouvement antiraciste ? Mettre une priorité à se battre contre les attaques de la classe dirigeante, massivement dirigées contre celles et ceux qui, parmi nous, sont migrants et migrantes, celles et ceux qui, parmi nous, sont musulmans et musulmanes, en pensant qu&rsquo;à travers la riposte face à ces attaques-là, on va renforcer l&rsquo;ensemble du mouvement antiraciste ? Le fait d&rsquo;avoir une représentativité d&rsquo;élus issus des classes populaires racisées va-t-il être déterminant ?&nbsp;</p>



<p>Faut-il penser que le Rassemblement National est l’incarnation du danger fasciste en France, et penser que c’est via le développement de ce parti que l’ensemble du mouvement fasciste, que ce soit les groupuscules, les milliardaires à la Bolloré, les médias, se renforce ? Ou doit-on, sur un plan stratégique, penser que se battre contre Bolloré équivaut à se battre contre Le Pen ?&nbsp;</p>



<p>Toutes celles et ceux qui font l&rsquo;expérience de l&rsquo;implication dans ces fronts-là se confrontent à ces questions et toutes ces questions-là vont être présentes à ce festival.</p>



<p>En plus d’un regroupement d’activistes et révolutionnaires en France, on a invité des camarades syndicalistes de Minneapolis, qui interviendront pour nous raconter leurs expériences, mais aussi des <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/greve-pour-gaza-le-28-novembre-en-italie-notre-defi-est-de-relier-la-lutte-pour-la-palestine-aux-conditions-economiques-et-de-travail-en-italie/">camarades d’Italie</a>, où on a vu comment, justement, l&rsquo;ensemble de la classe, elle redresse la tête et elle reprend confiance dans ses capacités à gagner à travers un grand mouvement de grève en solidarité avec la Palestine, ou encore des camarades de Grande-Bretagne, là où la constitution d&rsquo;un front large contre le fascisme et le racisme est en train de redonner espoir dans la capacité de gagner de l&rsquo;ensemble de la classe.</p>



<p>On a besoin d&rsquo;espaces de discussion, d&rsquo;élaboration stratégique, à partir de boussoles et d&rsquo;analyses théoriques, à partir d’expériences vécues, et nous, c&rsquo;est ça qu&rsquo;on veut proposer à travers <em>Boussoles</em>.&nbsp;</p>



<p><strong>Mathieu Pastor, Paris 20e. Propos recueillis par Milig Sinou, Paris 19e.</strong></p>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/1er-mai-antiraciste-contre-le-genocide-et-contre-la-guerre-montrer-a-notre-classe-quon-va-continuer-a-se-battre-pour-gagner/">1er Mai antiraciste, contre le génocide et contre la guerre : montrer à notre classe qu&rsquo;on va continuer à se battre pour gagner</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Ni relégués ni déclassés, les racines sociales du vote RN dans le périurbain. Recension de Le vote FN au village.</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/ni-relegues-ni-declasses-les-racines-sociales-du-vote-rn-dans-le-periurbain-recension-de-le-vote-fn-au-village/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Emil]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 13 Mar 2026 10:01:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Antifascisme]]></category>
		<category><![CDATA[Classes sociales]]></category>
		<category><![CDATA[classes populaires]]></category>
		<category><![CDATA[Extrême-droite]]></category>
		<category><![CDATA[Fascisme]]></category>
		<category><![CDATA[fasciste]]></category>
		<category><![CDATA[Racisme]]></category>
		<category><![CDATA[RN]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=11009</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">On a l’habitude d’entendre, dans le débat public et médiatique, que les petites villes périurbaines seraient le terreau de l’extrême droite et du vote FN/RN. Les classes populaires vivant dans ces régions seraient « naturellement <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/ni-relegues-ni-declasses-les-racines-sociales-du-vote-rn-dans-le-periurbain-recension-de-le-vote-fn-au-village/" title="Ni relégués ni déclassés, les racines sociales du vote RN dans le périurbain. Recension de Le vote FN au village.">[...]</a></div>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/ni-relegues-ni-declasses-les-racines-sociales-du-vote-rn-dans-le-periurbain-recension-de-le-vote-fn-au-village/">Ni relégués ni déclassés, les racines sociales du vote RN dans le périurbain. Recension de Le vote FN au village.</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>On a l’habitude d’entendre, dans le débat public et médiatique, que les petites villes périurbaines seraient le terreau de l’extrême droite et du vote FN/RN. Les classes populaires vivant dans ces régions seraient « naturellement » portées vers le racisme, subiraient un déclassement et seraient nostalgiques d’un passé disparu.</em></p>



<p class="has-text-align-right has-luminous-vivid-amber-background-color has-background" style="font-size:11px"><strong>Les Cahiers d’A2C #21 – Mars 2026</strong></p>



<p>Cette vision des espaces périurbains comme foyers de relégation et bastions du vote Front national s’est appuyée sur des sondages de l’IFOP et les analyses de Christophe Guilluy, notamment dans Fractures françaises (2010) et La France périphérique (2014). Dans cet ouvrage, Violaine Girard vient déconstruire tous ces clichés à l’aide d’une enquête menée entre 2003 et 2008, puis en 2012.</p>



<p><strong>La situation sociale des habitant&rsquo;es</strong><br>L’enquête montre en effet qu’à rebours d’une vision misérabiliste des populations des espaces périurbains (qui constituent la majorité de la population française), les ménages de ces régions sont en ascension sociale et fiers d’accéder à une propriété souvent moins coûteuse que dans les grands centres urbains. Ils accèdent à la propriété et à de meilleurs postes dans de nouvelles industries comme l’industrie nucléaire. Dans les années 70, ce sont donc de nouveaux emplois, une tertiarisation de l’économie et un rejet des « opérateurs » (ouvrier&rsquo;es non qualifié&rsquo;es). L’une des raisons de cette implantation dans ces régions périurbaines, c’est la politique capitaliste agressive sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing ; les zones périurbaines ont été la priorité du patronat pour déstabiliser les bastions syndicaux construits tout au long du XXe siècle et acquérir « la paix sociale ». Girard montre bien les liens entre les politiques locales et les patrons pour contrer l’action syndicale. Tout ce travail antisyndical a rompu les liens avec l’identité ouvrière et la gauche traditionnelle.<br>Sur le plan professionnel, ces populations disposent de postes qui les distinguent des catégories les plus précaires. Ils accèdent souvent à des emplois stables et, parfois, à une progression vers la maîtrise ou l’indépendance, davantage par la valorisation de leurs compétences techniques que par les diplômes. Malgré les restructurations industrielles, les personnes résidant ces régions restent globalement à l’abri du déclassement.</p>



<p><strong>Le lien avec le vote RN</strong><br>Comment expliquer alors leur défiance politique, la progression de l’abstention et l’intérêt pour le FN/RN ? Girard montre que leur rapport au politique est façonné par le désir de sortir de la condition ouvrière et de se distinguer des plus défavorisés. Convaincu&rsquo;es que leur réussite tient à leurs propres efforts, ils se sentent peu redevables envers les responsables politiques. Se dessine ainsi une conscience sociale « triangulaire » : ces ménages cherchent à se distinguer à la fois du bas de l’échelle sociale et d’une partie du haut de l’échelle. Ils se montrent sensibles à des valeurs plutôt ancrées à droite : mérite, travail, entrepreneuriat, stabilité familiale. Les petits patrons et artisans constituent souvent un groupe de référence. On voit ici une belle démonstration que le fascisme et le vote FN/RN se construisent majoritairement à l’aide de la petite-bourgeoisie et non pas à l’aide du vote ouvrier (voir notre brochure sur le fascisme).<br>Le contexte local joue également un rôle décisif. Le territoire étudié est historiquement ancré à droite et le passage au vote FN concerne surtout d’anciens abstentionnistes ou électeurs de droite classique. Les politiques d’aménagement, favorisant la propriété individuelle et l’implantation d’entreprises dans des zones peu syndiquées, ont contribué à un climat social peu conflictuel et à une proximité valorisée avec les employeurs. Enfin, l’action municipale a renforcé l’entre-soi des familles « respectables » en limitant le logement social et en favorisant des pratiques racistes d’accès au logement assumées. Sans se traduire mécaniquement par un vote FN, cette mise à distance a pu banaliser certains discours et, à terme, faciliter un rapprochement avec cette offre politique.</p>



<p>Jack, Paris 20e.</p>



<p><em>Le vote FN au village : trajectoires de ménages populaires du périurbain, de Violaine Girard, 2017, Éditions du Croquant.</em></p>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/ni-relegues-ni-declasses-les-racines-sociales-du-vote-rn-dans-le-periurbain-recension-de-le-vote-fn-au-village/">Ni relégués ni déclassés, les racines sociales du vote RN dans le périurbain. Recension de Le vote FN au village.</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Réunion publique : Face aux offensives fascistes, quelle riposte construire ?</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/reunion-publique-face-aux-offensives-fascistes-quelle-riposte-construire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Emil]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 20 Feb 2026 16:10:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[Antifascisme]]></category>
		<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[Fascisme]]></category>
		<category><![CDATA[nazi]]></category>
		<category><![CDATA[quentin]]></category>
		<category><![CDATA[Racisme]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=10881</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">La mort d&#8217;un facho à Lyon et le traitement médiatique qui en est fait sont l&#8217;occasion d&#8217;une offensive des fascistes : depuis vendredi, ils se rassemblent ou appellent à se rassembler un peu partout, jusque <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/reunion-publique-face-aux-offensives-fascistes-quelle-riposte-construire/" title="Réunion publique : Face aux offensives fascistes, quelle riposte construire ?">[...]</a></div>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/reunion-publique-face-aux-offensives-fascistes-quelle-riposte-construire/">Réunion publique : Face aux offensives fascistes, quelle riposte construire ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>La mort d&rsquo;un facho à Lyon et le traitement médiatique qui en est fait sont l&rsquo;occasion d&rsquo;une offensive des fascistes : depuis vendredi, ils se rassemblent ou appellent à se rassembler un peu partout, jusque dans des quartiers connus pour leur histoire antifasciste.</p>



<p>Dans plus d&rsquo;une dizaine de villes, des locaux politiques, syndicaux, des mosquées et des lycées ont été ciblés par les fascistes. Des rassemblements fascistes se sont aussi tenus partout en France.</p>



<p>Il est impératif de mobiliser partout sur la question, sans attendre que les fascistes appellent à des rassemblements, s&rsquo;il le font, chercher à les faire annuler par notre présence massive. Et de renforcer la diffusion de tracts sur les marchés, le collage d&rsquo;affiches…<br>C&rsquo;est l&rsquo;urgence absolue : rendre visible une opposition large et populaire au fascisme et au racisme.</p>



<p>●<strong> Face à l&rsquo;offensive fasciste, unité et solidarité</strong> avec les organisations attaquées ou menacées, défense des lieux attaqués ou menacés, renforcement des réseaux de défense des sans-papiers etc.</p>



<p>● <strong>Il faut relégitimer la lutte antifasciste</strong> : il était juste de combattre le fascisme avant Lyon et c&rsquo;est toujours juste après. Il faut maintenir et développer la mobilisation dans nos quartiers contre la propagande électorale des fascistes et contre le racisme au pouvoir.<br>Les prochaines échéances du mouvement doivent nous permettre de renforcer la construction du mouvement antifasciste par en bas, avec tout le monde : le 8 mars en virant Nemesis et les sionistes, en s&rsquo;organisant pour empêcher les fachos d&rsquo;apparaître publiquement dans le cadre de la campagne des municipales, et en manifestant partout le 14 mars, à l&rsquo;appel de la Marche des Solidarités, contre le racisme et le fascisme.</p>



<p>● <strong>Nous ne laisserons pas un centimètre aux fachos</strong> qui tuent sans vergogne et s&rsquo;enorgueillissent<br>de frapper. A Lyon Deranque était membre des groupes nazis qui cherchaient à développer un climat de terreur contre les immigré.es, les musulman.es, les féministes et les militant.es LGBTq+ et toute la gauche politique et syndicale.</p>



<p>Connectez-vous <strong>dimanche, à 18h, sur zoom, </strong>pour une introduction et une discussion avec des camarades d’A2C impliqué’es dans les fronts antiracistes et antifascistes.</p>



<p><strong>ID de réunion : 865 0533 4715</strong></p>



<p><strong>Mot de passe : 915793</strong></p>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/reunion-publique-face-aux-offensives-fascistes-quelle-riposte-construire/">Réunion publique : Face aux offensives fascistes, quelle riposte construire ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Pas de front commun antifasciste sans luttes contre l&#8217;islamophobie</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/pas-de-front-commun-antifasciste-sans-luttes-contre-lislamophobie-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Emil]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 13 Feb 2026 12:26:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[Antifascisme]]></category>
		<category><![CDATA[Fascisme]]></category>
		<category><![CDATA[Impérialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Islamophobie]]></category>
		<category><![CDATA[Palestine]]></category>
		<category><![CDATA[Racisme]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=10866</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">« Quand vous entendez dire du mal des Juifs, dressez l’oreille : on parle de vous. » Citant une punch-line de son professeur de philosophie antillais dans « Peau noire, masques blancs » (1952), Frantz <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/pas-de-front-commun-antifasciste-sans-luttes-contre-lislamophobie-2/" title="Pas de front commun antifasciste sans luttes contre l&#8217;islamophobie">[...]</a></div>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/pas-de-front-commun-antifasciste-sans-luttes-contre-lislamophobie-2/">Pas de front commun antifasciste sans luttes contre l&rsquo;islamophobie</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>« Quand vous entendez dire du mal des Juifs, dressez l’oreille : on parle de vous. »</em></p>



<p>Citant une punch-line de son professeur de philosophie antillais dans <em>« Peau noire, masques blancs » </em>(1952), Frantz Fanon nous met en garde sur l&rsquo;unicité du racisme dont l&rsquo;antisémitisme était à cette époque la pointe avancée. Dit d&rsquo;une autre façon, il ajoute : <em>« Depuis lors, j’ai compris qu’il voulait tout simplement dire : un antisémite est forcément négrophobe »</em>.</p>



<p>Quelque 70 ans plus tard, cette phrase garde tout son sens en parlant des musulman·es. Si l&rsquo;antisémitisme n&rsquo;a pas disparu, c&rsquo;est l&rsquo;islamophobie qui est aujourd&rsquo;hui le racisme assumé par le camp réactionnaire dans la bataille politique : rapport sur « l&rsquo;entrisme des Frères Musulmans <em>»</em> présenté en conseil de défense, expulsions d&rsquo;imams, multiples lois visant les musulman·es…</p>



<p>Ainsi, une partie de notre classe fait face à un arsenal de théories racistes, de plus en plus épaulées par les appareils d’État et la bourgeoisie. Cette sinistre idéologie de l&rsquo;ennemi de l&rsquo;intérieur, secondée par le matraquage de la laïcité à tout va, est la colonne vertébrale de l&rsquo;islamophobie.</p>



<p>Mais cette idéologie a une fonction. De la même façon que le racisme anti-noir a servi de légitimation de la mise en esclavage des africain·es et de la domination coloniale, l&rsquo;islamophobie sert un agenda politique raciste pour renforcer le camp réactionnaire et alimenter la funèbre logique de l&rsquo;impérialisme occidental.</p>



<h1 class="wp-block-heading"><strong>Derrière l&rsquo;islamophobie,  se cache l&rsquo;impérialisme</strong></h1>



<p>Quel lien entre un racisme qui explose, la course effrénée au développement de nouvelles technologies comme l&rsquo;IA, l&rsquo;austérité imposée aux peuples du monde entier et l&rsquo;explosion des budgets d&rsquo;armement et de ses guerres coloniales associées ? Le capitalisme. Et pour comprendre pourquoi le capitalisme alimente racisme et guerres impériales, il faut comprendre la logique même d&rsquo;un système économique basé sur l&rsquo;accumulation de capital.</p>



<p>Pour accumuler du capital, une entreprise a besoin d&rsquo;être compétitive. Sauf que sur le marché, la concurrence est rude. Par exemple, au cours des années 2010 et la généralisation d&rsquo;achats sur internet, les entreprises de vente en ligne voyaient leur marge nettement augmenter. Après le COVID, entre la concurrence accrue et les monopoles des géants comme Amazon, les prix ont drastiquement baissé (donc les profits avec). C&rsquo;est la trajectoire même du capital, appelée aussi « la baisse tendancielle du taux de profit <em>»</em>. Les profits baissent, mais il faut continuer d&rsquo;en faire coûte que coûte pour la survie de l&rsquo;entreprise. Pour cela, plusieurs solutions : baisser les salaires et supprimer des emplois (austérité) ; développer des nouvelles technologies (augmenter la productivité) ; étendre son marché vers d&rsquo;autres pays ou d&rsquo;autres secteurs et créer un monopole (guerres impérialistes).</p>



<p>C&rsquo;est vrai dans tous les domaines. Alors quand on parle ressources et matériaux (pétrole, uranium, terres rares&#8230;), on voit vite comment les enjeux territoriaux peuvent être énormes. Ainsi, la guerre économique entre les entreprises peut rapidement se muer en guerre tout court pour l&rsquo;accès aux ressources.</p>



<p>Cela explique en partie la situation au Yémen : depuis 2015, la coalition de pays arabes dirigée par l&rsquo;Arabie saoudite (et soutenue par les pays occidentaux) maintient le pays sous blocus naval et aérien, causant plus de 377 000 morts (par famine et bombardements indiscriminés). Objectifs : affaiblir le mouvement Ansarullah (Houthis, alliés de l&rsquo;Iran) pour sécuriser les routes commerciales comme le détroit de Bab el-Mandeb (12 % du pétrole mondial) et protéger les intérêts des multinationales pétrolières occidentales comme BP et Chevron.</p>



<p>Mais les guerres impérialistes ont un coût, et pour faire accepter ce coût à son peuple, un État doit trouver des justifications. C&rsquo;est là qu&rsquo;intervient la construction d&rsquo;un ennemi commun contre lequel l’État, tel un pompier-pyromane, nous garantira protection en échange de concessions politiques (restrictions des libertés) et économiques (l&rsquo;austérité).</p>



<p>Depuis la révolution iranienne de 1979, dans laquelle les États-Unis (alliés du pouvoir déchu) craignaient pour leurs intérêts, cet ennemi commun, ce sont les musulman·es ou supposé·es comme tels, et les pays dits musulmans. Ensuite, l&rsquo;attaque du 11 septembre a largement été exploitée pour accélérer cette doctrine.</p>



<p>Ennemi de l&rsquo;extérieur pour justifier le colonialisme et les guerres impérialistes. Ennemi de l&rsquo;intérieur pour empêcher l&rsquo;unification de notre classe et favoriser l&rsquo;exploitation.</p>



<h1 class="wp-block-heading"><strong>Défendre l&rsquo;unité, c&rsquo;est défendre les musulman·es</strong></h1>



<p>Si l&rsquo;islamophobie est aujourd&rsquo;hui la pointe avancée de l&rsquo;impérialisme occidental, elle s&rsquo;attaque en 1ᵉʳ lieu aux musulman·es, ou supposé·es, en instrumentalisant la lutte contre le terrorisme : invasion de l’Afghanistan par les USA en 2001, attaques « préventives <em>»</em> contre l&rsquo;Iran par Israël l&rsquo;année dernière, ostracisation des musulman·es de France… La liste est longue, et chacun de ses tirets devrait nous révolter en soi.</p>



<p>En plus de ces innombrables violences, l&rsquo;exclusion sociale des musulman·es nous divise et sert l&rsquo;exploitation de l&rsquo;ensemble de la classe ouvrière. Car face à une classe faible et divisée, dans laquelle on a laissé le racisme s&rsquo;immiscer, le patronat peut aisément imposer des conditions de travail qui nous sont de plus en plus défavorables. C&rsquo;est ce qu’explique le sociologue marxiste Al Szymanski. Il nous dit à propos des États-Unis des années 70 : « Plus la discrimination raciale est intense, plus bas sont les salaires des Blancs du fait de la variable intermédiaire de la solidarité de la classe ouvrière – en d’autres termes, le racisme désavantage économiquement les travailleurs blancs parce qu’il affaiblit l’organisation syndicale en détruisant la solidarité entre travailleurs noirs et blancs »<sup data-fn="ea20736e-21d6-4aa2-9840-499fc5bc51dc" class="fn"><a href="#ea20736e-21d6-4aa2-9840-499fc5bc51dc" id="ea20736e-21d6-4aa2-9840-499fc5bc51dc-link">1</a></sup>.</p>



<p>Quand les musulman·es se font attaquer, c&rsquo;est tout le camp social qui perd de la force.</p>



<p>De la même façon, l&rsquo;accélération des dissolutions d&rsquo;associations de ces dernières années a d&rsquo;abord visé des organisations cultuelles musulmanes (comme celle de la mosquée de Lagny-sur-Marne), puis celles de lutte contre l&rsquo;islamophobie (le CCIF<sup data-fn="4fca8dec-9b22-4747-a07c-d58a634568a7" class="fn"><a href="#4fca8dec-9b22-4747-a07c-d58a634568a7" id="4fca8dec-9b22-4747-a07c-d58a634568a7-link">2</a></sup>, aujourd&rsquo;hui réformé en CCIE<sup data-fn="7de86080-24b6-4006-8eef-2bd0e628ebb9" class="fn"><a href="#7de86080-24b6-4006-8eef-2bd0e628ebb9" id="7de86080-24b6-4006-8eef-2bd0e628ebb9-link">3</a></sup>). Devant la non-réaction du camp social, pourquoi le gouvernement n&rsquo;étendrait-il pas ces attaques à des collectifs antifascistes ou écologistes ? C&rsquo;est exactement le déroulé de ces 10 dernières années, où la réaction de notre camp a réellement commencé qu&rsquo;avec la tentative de dissolution des Soulèvements de la Terre, puis celle de la Jeune Garde ou d&rsquo;Urgence Palestine.</p>



<h1 class="wp-block-heading"><strong>La laïcité comme arme de guerre</strong></h1>



<p>Parmi les nombreux outils pour attaquer les musulman·es, la laïcité revient souvent sur la table. Elle est brandie messianiquement à chaque fois qu&rsquo;il s&rsquo;agit de taper sur les musulman·es. Sur les plateaux télé évidemment, mais aussi pour faire passer la batterie de lois islamophobes persécutant et excluant de l&rsquo;espace public et de l&rsquo;école nos camarades musulman·es (par exemple avec la loi de 2004 sur les signes religieux qui a servi de pied dans la porte des nombreuses lois islamophobes qui ont suivi).</p>



<p>À en croire les dires de l’État et de ses relais médiatiques, le musulman menacerait par définition les valeurs de la République, notamment parce qu&rsquo;il serait en contradiction avec la laïcité définie par la loi de 1905.</p>



<p>Il serait communautariste (voire séparatiste) lorsqu&rsquo;il prend soin de sa communauté. Autrement, il est taxé d&rsquo;entriste quand il correspond aux attentes républicaines, du style quand le lycée Averroès obtient des résultats exceptionnels au bac.</p>



<p>Pile tu perds, face tu perds.</p>



<p>À gauche, c&rsquo;est un peu plus subtil. Pour la loi de 2004 et pendant plus de 10 ans, c&rsquo;était surtout complaisance et grand silence. Aujourd&rsquo;hui, dans les balbutiements de soutien, il a souvent été pointé la non-exemplarité politique (impossible à avoir) des musulman·es visé·es par les violences d’État en scrutant chacune de leurs déclarations et de leurs liens passés.&nbsp;</p>



<h1 class="wp-block-heading"><strong>Islamophobie : les blocages à gauche</strong></h1>



<p>Pour que la gauche s’engage pleinement, déjà il lui faut dépasser son islamophobie encore présente jusque dans les cercles militants. Par exemple à Rennes, dans le mouvement pour la Palestine, une proposition en interne de l&rsquo;AG Palestine fut de faire une doha (prière) pour les morts à Gaza, mais celle-ci a été empêchée. De même pour les slogans en arabe, ça a été difficile de les faire accepter.</p>



<p>C&rsquo;est parfois une doctrine moraliste anti-religieuse qui empêche la solidarité. À l&rsquo;image de cette citation de Bakounine, dans son livre Dieu et l&rsquo;État, qui fut pourtant pendant longtemps sur ma table de chevet : <em>« Si Dieu est, l&rsquo;homme est esclave ; or l&rsquo;homme peut, doit être libre, donc Dieu n&rsquo;existe pas »</em>. Une vision binaire de la croyance, opposée à toute religion qui serait naturellement obscurantiste. Cela nous empêche d&rsquo;avoir une lecture matérialiste des structures oppressantes réellement à l’œuvre, en vue de les combattre.</p>



<p>Enfin, c&rsquo;est aussi une volonté de détruire le potentiel outil de résistance qu&rsquo;est l&rsquo;islam.&nbsp;</p>



<p>À droite, pour briser la résistance à l&rsquo;hégémonie capitaliste et impérialiste.</p>



<p>À gauche, car la seule identité légitime pour faire la révolution serait celle du prolétaire, toute autre identité est vue comme divisant la classe ouvrière. Si notre classe est effectivement traversée par des contradictions, c&rsquo;est une erreur de ne pas les prendre en charge et de laisser une partie de notre classe (ici les musulman·es) seule face aux violences racistes. Car l&rsquo;unicité se construit en opposition aux stratégies de division de la classe dirigeante.</p>



<h1 class="wp-block-heading"><strong>Lutter aux côtés des musulman·es</strong></h1>



<p>Face à ceux et celles qui nous accusent de complicité avec les musulman·es, il faut plaider coupable<sup data-fn="0e8a3ec6-6f73-47c1-903e-2dac028b7eea" class="fn"><a href="#0e8a3ec6-6f73-47c1-903e-2dac028b7eea" id="0e8a3ec6-6f73-47c1-903e-2dac028b7eea-link">4</a></sup>. Coupable de défendre la liberté de culte. Coupable de défendre la Palestine, de la mer au Jourdain. Coupable de défendre la liberté, l&rsquo;égalité et la fraternité réelle pour toutes et tous. Chaque musulman·e attaqué·e pour ce qu&rsquo;il est, se doit d&rsquo;être défendu·e, qu&rsquo;importe les différents politiques existant. Que ce soit l&rsquo;imam Hassan Iquioussen victime de la loi séparatisme et menacé d&rsquo;expulsion, ou Omar Alsoumi arrêté pour « apologie de terrorisme <em>»</em> pour avoir soutenu la résistance palestinienne, ou une mosquée attaquée, nous devons réagir depuis nos collectifs. Chaque solidarité effective contre les violences islamophobes participe à l&rsquo;unification de notre classe, et donc nous renforce collectivement.</p>



<p>Malgré tout, dans les moments critiques, nous pouvons entrapercevoir nos possibles alliances. Lors de l&rsquo;horrible meurtre filmé d&rsquo;Aboubakar Cissé en pleine prière, une partie de la gauche radicale a rapidement réagi pour participer aux mobilisations.</p>



<p>De la même façon, les 2 dernières années de lutte contre le génocide à Gaza et la colonisation en Cisjordanie sont parties d&rsquo;un mouvement par en bas et ont montré qu&rsquo;avec un objectif clair (arrêter le génocide), il est possible de dépasser nos contradictions et de lutter au coude à coude, musulmans ou non. Pour autant, les quelques ponts qui se sont créés se sont faits au prix du sacrifice de centaines de milliers de palestinien·nes, et globalement la réaction de notre camp reste très loin d&rsquo;être satisfaisante.</p>



<p>Maintenant, il faut arrêter d&rsquo;essentialiser les organisations musulmanes ou de les voir comme un bloc homogène, pour les considérer pour ce qu&rsquo;elles sont : des forces politiques avec lesquelles il est possible de s&rsquo;allier pour les prochains combats à mener, en particulier pour créer un front commun conséquent contre le racisme et le fascisme.</p>



<p><strong><em>Camille (A2C Rennes)</em></strong></p>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="ea20736e-21d6-4aa2-9840-499fc5bc51dc">A. Szymanski, <em><a href="https://www.jstor.org/stable/2094250">« Racial Discrimination and White Gain »</a></em>, American Sociological Review, 41 (1976), pp. 409-412. <a href="#ea20736e-21d6-4aa2-9840-499fc5bc51dc-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li><li id="4fca8dec-9b22-4747-a07c-d58a634568a7">CCIF : Collectif Contre l&rsquo;Islamophobie en France <a href="#4fca8dec-9b22-4747-a07c-d58a634568a7-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2">↩︎</a></li><li id="7de86080-24b6-4006-8eef-2bd0e628ebb9">CCIE : Collectif Contre l&rsquo;Islamophobie en Europe <a href="#7de86080-24b6-4006-8eef-2bd0e628ebb9-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3">↩︎</a></li><li id="0e8a3ec6-6f73-47c1-903e-2dac028b7eea">Inspiré de l&rsquo;article <em><a href="https://www.lignes-de-cretes.org/contre-lslamophobie-le-11-mai-et-apres-aimez-nous-vivants/">« Contre l’islamophobie : le 11 mai et après, aimez-nous vivants »</a></em>, Nadia Meziane, lignes-de-cretes.org <a href="#0e8a3ec6-6f73-47c1-903e-2dac028b7eea-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4">↩︎</a></li></ol><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/pas-de-front-commun-antifasciste-sans-luttes-contre-lislamophobie-2/">Pas de front commun antifasciste sans luttes contre l&rsquo;islamophobie</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Vérité et justice pour El Hacen Diarra : la lutte continue</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/retour-sur-la-lutte-pour-la-verite-et-la-justice-pour-el-hacen-diarra/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Emil]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 11 Feb 2026 11:35:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[Diarra]]></category>
		<category><![CDATA[Fascisme]]></category>
		<category><![CDATA[police]]></category>
		<category><![CDATA[Racisme]]></category>
		<category><![CDATA[solidarité]]></category>
		<category><![CDATA[violence]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=10851</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Interview de Mathieu, camarade d’autonomie de classe impliqué dans la Marche Des Solidarité et actif dans la lutte pour la vérité et la justice pour El Hacen Diarra. Interview réalisée le vendredi 6 février. A <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/retour-sur-la-lutte-pour-la-verite-et-la-justice-pour-el-hacen-diarra/" title="Vérité et justice pour El Hacen Diarra : la lutte continue">[...]</a></div>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/retour-sur-la-lutte-pour-la-verite-et-la-justice-pour-el-hacen-diarra/">Vérité et justice pour El Hacen Diarra : la lutte continue</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>Interview de Mathieu, camarade d’autonomie de classe impliqué dans la Marche Des Solidarité et actif dans la lutte pour la vérité et la justice pour El Hacen Diarra.</em> <em>Interview réalisée le vendredi 6 février. A retrouver au format <a href="https://open.spotify.com/episode/5otc5Weh3LZSCt5aARQ1CH?si=1940ce2b547b4052" type="link" id="https://open.spotify.com/episode/5otc5Weh3LZSCt5aARQ1CH?si=1940ce2b547b4052">podcast ici</a></em></p>



<p><em>Salut Mathieu, tu es un camarade d’autonomie de classe, tu es habitant et activiste du 20ème arrondissement et tu milites à la Marche Des Solidarité qui est une organisation nationale qui rassemble des collectifs de sans papiers et des collectifs de lutte contre le racisme. Dans la nuit du 14 au 15 janvier, El Hacen Diarra a été brutalement assassiné par la police dans le XXème arrondissement. Tu es actif aux cotés de sa famille et de ses proches pour construire la riposte et exiger vérité et justice. Est-ce que tu peux revenir sur ce qui s’est passé ?&nbsp;</em></p>



<p>Dans la nuit du 14 au 15 janvier, El Hacen Diarra, un homme de 35 ans, résident du foyer des travailleurs migrants des Muriés, prenait son café, fumait une cigarette devant le foyer, quand autour de 22h, une voiture de police est venue le contrôler. Et sans qu&rsquo;on sache précisément encore tout ce qui s&rsquo;est passé, deux heures plus tard, il était mort.&nbsp;</p>



<p>Selon des images qui sont ressorties, des témoignages que certains voisins ont commencé à partager, il semblerait que très vite, les trois premiers policiers qui l&rsquo;ont contrôlé, l&rsquo;ont frappé, l&rsquo;ont tenu au sol, l&rsquo;ont étranglé. Selon plusieurs membres de sa famille &#8211; et je partage ce qu’ils disent &#8211; il a été tué devant le foyer. Ce qui nous fait penser ça, c&rsquo;est qu&rsquo;il y a eu de très nombreux renforts policiers qui sont arrivés dans les minutes qui ont suivi son contrôle. Les voisins parlent de six voitures de police, dans la demi-heure qui a suivi le début de son contrôle. Des renforts de différents services, pas uniquement du commissariat du 20ème arrondissement, mais également de la BAC et d’autres. Donc il a été tué cette nuit-là. Ce qu&rsquo;il faut avoir en tête, c&rsquo;est que les policiers qui on tué El Hacen ce jour-là, font partie d’un commissariat qui a déjà tué et qui s’inscrit dans un long passé de violence policière.&nbsp;</p>



<p>En 2023, des policiers de ce commissariat avaient renversé trois jeunes : Safiatou, Salif et Ilan, de 16, 15 et 13 ans, qui rentraient de la mosquée un soir de ramadan dans la rue de Bagnolet. Les policiers leur étaient rentrés dedans en voiture, les avaient fait tomber au sol, leur avaient sauté dessus, maintenus au sol, frappés, et avaient ensuite menti. Ils avaient adopté la même stratégie qu’actuellement avec le meurtre d’El Hacen à savoir la mise à contribution de toute la hiérarchie policière (le commissariat, les institutions, la préfecture et le ministère) pour se couvrir. Ils avaient tué la Lamine Dieng en 2007, dans un fourgon devant le commissariat, et maintenant ils viennent de tuer El Hacen Diarra.&nbsp;</p>



<p>El Hacen ainsi que plusieurs membres de sa famille ont résidé plusieurs années dans ce foyer. El Hacen est Mauritanien. Il y a plusieurs personnes de sa famille qui résident au foyer, comme lui : un frère, un cousin, son père, et d&rsquo;autres membres de sa famille sont soit dans d&rsquo;autres foyers de région parisienne, soit dans des résidences plus classiques. Il a même un de ses frères qui est membre de la coordination sans-papiers 75, militant de la lutte pour l&rsquo;égalité des droits et la régularisation.</p>



<p>Quelques jours après son assassinat, il y a eu un grand rassemblement devant le foyer, organisé par la famille, par les résidents, par les collectifs de sans-papiers, la Marche des Solidarités, qui a rassemblé des centaines de personnes pour un premier hommage. <strong>Ce premier hommage n&rsquo;était pas uniquement un hommage de recueillement car immédiatement dans les prises de parole de la famille d&rsquo;El Hacen et des résidents, une volonté de se battre a émergé, pour ne pas laisser passer ce qui lui est arrivé, pour savoir ce qui lui est arrivé, pour faire que ces tueurs et ceux qui l&rsquo;ont couvert soient condamnés et suspendus jusqu&rsquo;à leur condamnation, mais aussi pour lancer un mouvement qui redonne la confiance pour que ces crimes cessent</strong>.&nbsp;Et juste après le premier rassemblement en hommage,&nbsp;il y a Laurent Nunez, ministre de l&rsquo;Intérieur,&nbsp;qui a fait le tour des médias&nbsp;pour dire que les policiers ne seraient pas suspendus&nbsp;et que lui ne voyait pas pourquoi ils devraient l&rsquo;être. Et ça, c&rsquo;est un message envoyé à tous les policiers.&nbsp;Vous pouvez tuer, vous serez couverts.&nbsp;C&rsquo;est un message envoyé aux policiers qui ont tué El Hacen que l&rsquo;institution sera derrière eux. Avec ces messages envoyés par le plus haut sommet de l&rsquo;État,&nbsp;il y a fort à parier que les policiers&nbsp;se sentent en toute légitimité/tranquillité de recommencer. Dond quand ils passent devant un des 7 foyers du 20e arrondissement,&nbsp;un des 200 foyers de travailleurs migrants du reste de la région parisienne,&nbsp;quand ils passent dans les quartiers populaires,&nbsp;quand ils contrôlent des personnes noires, des personnes arabes,&nbsp;on sent que la police se sent en toute impunité de tuer car ils savent que l&rsquo;institution sera derrière elles.</p>



<p>Nous, ce qu&rsquo;on a voulu faire,&nbsp;c&rsquo;est commencer un mouvement qui renverse ça.&nbsp;Après ce premier rassemblement, comptant des centaines de personnes,&nbsp;il y a eu une manifestation la semaine d&rsquo;après, le dimanche 25 janvier,&nbsp;où 3000 personnes sont venues et ont marché du foyer jusqu&rsquo;en direction du commissariat,&nbsp;avec, l&rsquo;envie de continuer à rendre hommage,&nbsp;mais trop en colère pour s&rsquo;en tenir aux hommages.&nbsp;Et par exemple, ce qu&rsquo;on avait appelé à faire à ce moment-là,&nbsp;et qui a assez bien marché, avec la famille et les résidents,&nbsp;et les collectifs de sans-papiers,&nbsp;c&rsquo;est que les murs se recouvrent de messages,&nbsp;avec toujours ce double objectif.</p>



<p>On n&rsquo;oublie pas la scène.&nbsp;On est avec toutes celles et ceux qui subissent le racisme.&nbsp;On arrête de reculer, et surtout, on montre à la police que maintenant,&nbsp;quand il n&rsquo;y a pas de roues dans certains quartiers,&nbsp;on leur est explicitement hostile.</p>



<p>Ils le voient sur les murs, ils le voient sur les affiches.&nbsp;Et ça, on souhaiterait que ça continue dans ce sens.&nbsp;Et la prochaine étape que la famille veut construire,&nbsp;ce sera le samedi 21 février.</p>



<p>À Paris, une marche en direction du ministère de l’Intérieur.</p>



<p><em>On le voit à chaque nouveau crime policier.&nbsp;Beaucoup dans le champ politique en appellent à l’IGPN. En fait, ça découle d&rsquo;une idée tenace, à gauche y compris,&nbsp;qui est celle que les crimes policiers seraient le fait de brebis galeuses&nbsp;dans la police, et qu&rsquo;il serait possible,&nbsp;c&rsquo;est ce que propose la France insoumise dans son programme, par exemple,&nbsp;de refonder une police républicaine en expurgeant les mauvais éléments.&nbsp;Qu&rsquo;est-ce que tu penses de ces raisonnements et de ces propositions ?&nbsp;Est-ce que tu peux nous expliquer ce que les flics et l&rsquo;IGPN ont fait&nbsp;pour El Hacen Diarra dès le premier soir,&nbsp;pour empêcher que vérité et justice soient faites ?&nbsp;</em></p>



<p>Les policiers ont tout de suite cherché toutes les caméras qu&rsquo;il pouvait y avoir dans la rue, toutes les fenêtres qui étaient allumées, et dès le lendemain, l&rsquo;IGPN était à la porte de chacun des voisins qui auraient pu avoir quelque chose, pour mettre des coups de pression afin d’essayer de récupérer des témoignages.&nbsp;</p>



<p>La famille d&rsquo;El Hacen n&rsquo;a rien su avant le lendemain matin quand ils sont allés au commissariat du 20ème arrondissement, là où on leur avait dit qu&rsquo;El Hacen avait été mis en garde à vue. Quand ils sont arrivés au commissariat, on leur a rien dit, on les a emmenés directement à l&rsquo;IGPN. Et c’est seulement une fois arrivés à l&rsquo;IGPN, qu&rsquo;ils ont appris qu&rsquo;El Hacen était mort. Ils ont ensuite été immédiatement interrogés pour savoir si El Hacen était cardiaque, s&rsquo;il avait des problèmes de santé, s&rsquo;il prenait des médicaments, etc…</p>



<p>Le lendemain de son assassinat, je crois qu&rsquo;il y avait un article qui est sorti tout de suite, très vite, dans Le Parisien, qui donnait un peu les éléments de défense qui sont ceux de la police, de la préfecture et du ministère de l&rsquo;Intérieur depuis son assassinat à savoir : El Hacen est mort d&rsquo;une crise cardiaque en garde à vue au commissariat. Il y a été emmené suite à un contrôle de police où il aurait été arrêté parce qu&rsquo;il fumait du cannabis. Ça, c&rsquo;est le récit que la préfecture, le ministère de l&rsquo;Intérieur et le commissariat maintiennent depuis maintenant plusieurs semaines. <strong>Donc voilà ce que fait l’IGPN : elle cherche à donner de la matière à la thèse de la police pour que justice ne soit jamais faite.</strong> J&rsquo;aimerais bien que les personnes qui pointent les brebis galeuses me disent où elles sont dans cette affaire. Parce que là, on voit très clairement : les trois premiers policiers qui le tuent, puis les six voitures qui débarquent derrière &#8211; donc ils sont déjà au moins une vingtaine à couvrir leurs collègues qui viennent de tuer- puis le commissariat du 20ème arrondissement dans sa globalité couvre les assassins. Puis la préfecture de Paris couvre les assassins. Puis le ministère de l&rsquo;Intérieur couvre les assassins. Et là, on voit bien qu&rsquo;ils sont tous dans le même bateau. Et je pense que là-dessus, il y a plusieurs choses à développer :</p>



<p>Déjà, dans un premier temps, toutes les dernières élections le démontrent, que ce soit dans les sondages ou que ce soit dans les bureaux de vote les plus proches de casernes, de gendarmerie ou d&rsquo;endroits où on sait qu&rsquo;il y a beaucoup de policiers qui vivent : les policiers votent très majoritairement pour le Rassemblement national. Les policiers sont des racistes. Et tous les électeurs du Rassemblement national sont des racistes. Ça, c&rsquo;est déjà les prendre à une échelle individuelle. Mais ensuite, c&rsquo;est à prendre d&rsquo;un point de vue de l’institution. Et là, on rentre vraiment sur la question avec laquelle la gauche en France a le plus de mal : c’est la question de l&rsquo;État. La question de l&rsquo;État et de comment on l’affronte cet État. De ce point de vue-là, on sait très bien que ce qui domine, c&rsquo;est le réformisme. Derrière ça, c&rsquo;est le fait que l&rsquo;État serait un terrain neutre qui serait à conquérir. Et si jamais c&rsquo;est la gauche ou une forme de progressisme qui parvient à le conquérir, alors l&rsquo;État deviendrait magiquement de notre camp, de notre côté, du côté de la classe. Et je pense qu&rsquo;il y a de ça derrière ce que tu dis sur la question des brebis galeuses : une institution qui serait réformable. Mais l&rsquo;État, il est raciste. L&rsquo;État, il est autoritaire. Et pour asseoir cette autorité, il s&rsquo;appuie très fortement et depuis toujours sur l&rsquo;institution policière qui n&rsquo;a pas attendu 2026 pour tuer. Nombreux sont les crimes, que ce soit les morts de Charonne, les morts du 14 juillet 1956, les morts dans les quartiers populaires, la répression de toute forme de révolte, la répression de tous mouvements sociaux de ces dernières années, les témoignages qui sont sortis des écoutes qu&rsquo;on avait à Sainte-Soline sur plein d’aspects… <strong>La police n&rsquo;est que le bras armé d&rsquo;un État qui est autoritaire et qui va l&rsquo;être de plus en plus, d&rsquo;un État qui est raciste et qui va l&rsquo;être de plus en plus.</strong></p>



<p>Du fait du développement général des conflits et de l&rsquo;impérialisme, la classe dominante n&rsquo;a pas d&rsquo;autre choix que de se doter d&rsquo;un État raciste et autoritaire et pour asseoir cela, il va falloir une institution policière qui affronte la population. Donc de ce point de vue-là, il n&rsquo;y a rien à sauver. Et toutes les formes de réformes qu&rsquo;on a pu entendre ces dernières années, ces dernières décennies, prenons l&rsquo;exemple de la mise en place de caméras sur les policiers pour, -je ne sais pas pourquoi d’ailleurs ?-, pour que lorsqu’ils tuent, on puisse voir comment le crime a été commis ? Je ne sais pas quel était l&rsquo;objectif exactement. Moi, ce que je sais, c&rsquo;est qu&rsquo;aucun des 20 raclures de policiers qui ont couvert les tueurs de El Hacen n&rsquo;avait sa caméra allumée. C&rsquo;est ce type de réformes dont on parle donc il faut arrêter de s&rsquo;épuiser à penser que c&rsquo;est ça qui va résoudre la situation. Il n&rsquo;y a pas de bonne police, qu&rsquo;elle soit nationale, qu&rsquo;elle soit de proximité, qu&rsquo;elle soit municipale, il n&rsquo;y en a aucune. Là, on l&rsquo;a vu, ils se sont tous couverts dans le meurtre d’El Hacen. Qu&rsquo;est-ce que fait la police municipale ensuite ? Elle efface les tags de soutien à El Hacen. Il n&rsquo;y a pas de bonne police. Malheureusement, ce qui est arrivé à El Hacen Diarra en est une démonstration. L&rsquo;accroissement ces dernières années du nombre de tués par la police nous démontre que ce n&rsquo;est pas prêt de s&rsquo;arranger, à moins qu&rsquo;il y ait un grand mouvement qui s&rsquo;organise dans lequel on se donne les moyens de la défier, cette police, de lui montrer qu&rsquo;on la surveille, qu&rsquo;on s&rsquo;y oppose, qu&rsquo;on est plus nombreux et nombreuses qu&rsquo;elle, que dès qu&rsquo;ils contrôlent l’un·e d&rsquo;entre nous, on est en solidarité, que dès qu&rsquo;ils raflent dans un quartier, on s&rsquo;y oppose et on est nombreux et nombreuses. <strong>Pour faire ça, il faut développer une stratégie dans laquelle on n&rsquo;essaie pas, dans le mouvement, d&rsquo;adoucir le niveau de conflictualité avec l&rsquo;État, mais au contraire qu’on essaie de l&rsquo;aiguiser, de le porter le plus loin possible car ça devient de plus en plus une question de survie, ce qui est arrivé à notre frère El Hacen en est une démonstration.</strong> Il faut faire circuler dans tous les quartiers du 20e arrondissement, et plus largement dans tous les quartiers, sur tout le territoire, que la police est un danger de mort pour toutes celles et ceux qui, parmi nous, sont racisé·es, toutes celles et ceux qui, parmi nous, sont étrangèr·es, avec ou sans papiers, sont musulman·es. Bientôt, le ramadan va démarrer et on sait très bien ce que la police fait pendant cette période. Je vous ai parlé tout à l&rsquo;heure de ce qu&rsquo;ils ont fait en 2023 quand ils ont renversé Safiatou Salif et Ilan, qui revenaient de la mosquée dans le 20ème arrondissement. Lors de la période de l&rsquo;Aïd, la police, dès le matin, se met dans les quartiers, mitraillette en bandoulière et contrôle toutes les personnes qui sont en tenue de fête. L&rsquo;Aïd, c&rsquo;est une journée de fête, une journée où nos frères et sœurs musulman·es veulent faire la fête, s&rsquo;habillent en tenue de fête, veulent être dehors, veulent être ensemble. Ces jours-là, la police verrouille les quartiers, contrôle les anciens, les plaque contre le mur… Elle veut faire baisser la tête à tout le monde.</p>



<p><em>Exiger vérité et justice,&nbsp;c&rsquo;est vouloir faire cesser l&rsquo;impunité et les crimes policiers. C&rsquo;est se battre contre l&rsquo;État qui, tu l&rsquo;as rappelé,&nbsp;n&rsquo;est pas prêt à faire des concessions en cette période.&nbsp;Face à tout ça, quelle stratégie adopter ?&nbsp;</em></p>



<p>Déjà, comme tu l&rsquo;as dit,&nbsp;c&rsquo;est de comprendre que ce que l’on affronte,&nbsp;ce n&rsquo;est pas une anomalie de l&rsquo;État, c&rsquo;est bien sa nature.&nbsp;Et qu&rsquo;en plus, cette nature va aller en s&rsquo;aggravant. On est dans une situation politique générale&nbsp;dans laquelle il faut s&rsquo;attendre à ce que l&rsquo;autoritarisme de l&rsquo;État se développe.&nbsp;On voit bien, là, depuis maintenant plusieurs mois, plusieurs années,&nbsp;le niveau d&rsquo;instabilité du pouvoir&nbsp;qui ne parvient plus, par les moyens traditionnels de la démocratie bourgeoise,&nbsp;à asseoir son pouvoir.&nbsp;Et de ce fait-là, la classe dirigeante n&rsquo;a pas d&rsquo;autre choix que de s’armer, d&rsquo;armer l’État, la police et de renforcer l’armée. Ils n&rsquo;ont pas le choix.&nbsp;Donc, ce qui est arrivé à El Hacen, ce n&rsquo;est pas un accident.&nbsp;Et malheureusement, si on ne réagit pas,&nbsp;il va y avoir de plus en plus d’El Hacen Diarra,&nbsp;de Zyed et Bouna, d&rsquo;Adama Traoré, de Lamine Dieng…&nbsp;</p>



<p>C&rsquo;est important de développer l’analyse de la trajectoire du capital,&nbsp;qui, pour l&rsquo;instant, n&rsquo;est absolument pas du fait des fascistes mais pourtant ce contexte-là renforce&nbsp;Le Rassemblement National, Reconquête et les formes d&rsquo;organisation des fascistes.Mais ce n&rsquo;est absolument pas le fait d&rsquo;une certaine « fascisation »&nbsp;qui serait vraiment dédouaner la bourgeoisie&nbsp;et la classe dirigeante des meurtres qu&rsquo;elle est en train de commettre.&nbsp;Et donc, il faut armer notre camp, armer notre classe de ces analyses-là,&nbsp;parce que ce sont de ces analyses-là que l&rsquo;on doit déduire&nbsp;qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas d&rsquo;autre solution que de s&rsquo;organiser par en bas,&nbsp;d&rsquo;organiser notre classe,&nbsp;et que cette organisation ne sera pas possible sans une lutte,&nbsp;plus que conséquente, une lutte de tous et toutes contre le racisme,&nbsp;de tous et toutes, de partout, dans tous nos quartiers, dans tous nos lieux de travail.&nbsp;Si on ne combat pas et qu&rsquo;on ne s&rsquo;organise pas contre le racisme,&nbsp;alors il n&rsquo;y a aucun espoir.</p>



<p>Par rapport à ta question sur comment on obtient vérité et justice,&nbsp;déjà, ça passe par le fait de dire que c&rsquo;est notre frère qui a été tué,&nbsp;c&rsquo;est notre voisin, c&rsquo;est pas juste l&rsquo;enfant de ses parents,&nbsp;le frère de sa fratrie.&nbsp;C&rsquo;est quelque chose qu&rsquo;il faut qu&rsquo;on réinstaure : quand quelque chose comme ça se passe,&nbsp;on est tous et toutes concerné·es, visé·es,&nbsp;et donc notre réaction, ça doit être la réaction de tous et toutes.&nbsp;Il y a beaucoup dans ces cas-là, la question de la marche blanche,&nbsp;de <strong>la place des hommages et de la place de la lutte,&nbsp;qui seraient des choses distinctes. Il faut bien comprendre que la peine des proches et de la famille d’El Hacen,&nbsp;non seulement elle gigantesque, mais elle ne va pas disparaître.&nbsp;El Hacen ne va pas revenir.&nbsp;Par contre, ce dont elle a besoin, la famille,&nbsp;et elle l&rsquo;exprime, c&rsquo;est de ne pas être la seule à la porter, cette peine.</strong></p>



<p>Ce n&rsquo;est pas juste venir à un hommage,&nbsp;mais c&rsquo;est s&rsquo;organiser dans le temps.&nbsp;Parce que là, le combat va être très long,&nbsp;non seulement d&rsquo;un point de vue judiciaire &#8211;&nbsp;on sait que les affaires comme celle-là durent dix ans,&nbsp;pour obtenir peut-être derrière quelque chose, et encore c&rsquo;est rare &#8211;&nbsp;mais aussi parce que l&rsquo;adversaire, il est gigantesque, c&rsquo;est l&rsquo;État.&nbsp;L&rsquo;État, on ne va pas le faire plier par des pétitions,&nbsp;on ne va pas le faire plier en une ou deux manifestations,&nbsp;on ne peut le faire plier que par notre organisation,&nbsp;par notre nombre, et par la confiance qu&rsquo;en réalité,&nbsp;le nombre, est de notre côté.</p>



<p>Les policiers du 20e arrondissement, sont quelques centaines,&nbsp;alors que nous sommes 200 000 habitants et habitantes.&nbsp;Les forces de police en France, elles sont plusieurs dizaines de milliers,&nbsp;peut-être un peu plus de 100 000, je ne sais pas exactement.&nbsp;Notre classe, elle est forte de dizaines de millions de membres,&nbsp;et il faut qu&rsquo;on arme cette classe car elle seule est la solution face à ce qui se passe. Pour représenter la solution, il faut qu&rsquo;elle s&rsquo;engage contre le racisme,&nbsp;parce que justement, comme je le disais, la situation générale impose à la classe dirigeante&nbsp;de développer un État raciste et autoritaire et on l&rsquo;a appris dans l&rsquo;histoire,&nbsp;ça passe par le développement du nationalisme et par le développement du racisme. La gauche américaine était paralysée face à Trump.&nbsp;Là où réside l&rsquo;espoir et la révolte,&nbsp;c&rsquo;est dans la solidarité avec tous et toutes les migrants et migrantes&nbsp;ciblé·es par la police de l’immigration (ICE). C&rsquo;est venu dans les quartiers de Los Angeles il y a quelques mois,&nbsp;dans les quartiers des grandes villes,&nbsp;et aujourd&rsquo;hui, dans la résistance à Minneapolis,&nbsp;qui s&rsquo;est développée d&rsquo;abord en empêchant les rafles,&nbsp;et ensuite, à travers la confiance acquise,&nbsp;jusqu&rsquo;à la grève contre le racisme.&nbsp;</p>



<p>En France, on a eu un premier test il n&rsquo;y a pas longtemps&nbsp;lors de la Journée internationale des migrants et des migrantes,&nbsp;autour des collectifs de sans-papiers,&nbsp;qui a permis de faire passer une certaine idée,&nbsp;qui a permis à des réseaux de syndicalistes dans certains secteurs&nbsp;de commencer à se redonner la confiance, de croire qu’il y a une possibilité dès lors qu&rsquo;on s&rsquo;organise contre le racisme. Il faut qu&rsquo;on continue dans les mois qui viennent à pousser dans ce sens-là. <strong>Ça va être central d&rsquo;articuler la question du racisme avec la lutte des classes,&nbsp;et la lutte des classes avec la question du racisme. De faire en sorte que tous et toutes, on se bat ensemble,&nbsp;et surtout, on laisse plus faire :&nbsp;on arrête de reculer,&nbsp;et on le fait avec la confiance qu&rsquo;on est la majorité à ne pas être raciste.&nbsp;Ce qui manque maintenant, c&rsquo;est que cette majorité qui n&rsquo;est pas raciste se transforme en millions de personnes qui deviennent antiracistes,&nbsp;c’est-à-dire qui s&rsquo;engagent activement.&nbsp;Cela représente la clé des prochains mois et des prochaines années,&nbsp;en France et ailleurs.</strong></p>



<p><em>Tu l&rsquo;as évoqué à plusieurs reprises déjà,&nbsp;je pense que le monde entier a les yeux rivés sur Minneapolis,&nbsp;c&rsquo;est la lutte qui s&rsquo;y joue depuis plusieurs mois contre Trump et ICE,&nbsp;la police de l&rsquo;immigration.&nbsp;Il y a deux semaines, Trump a dû reculer face à la mobilisation,&nbsp;face à la grève générale,&nbsp;et a dû décider de retirer ses troupes de la ville.&nbsp;Est-ce que tu peux nous dire comment on peut s&rsquo;inspirer de ça ici en France,&nbsp;et quelles vont être les prochaines perspectives pour la lutte pour El Hacen,&nbsp;mais aussi plus globalement pour la lutte contre le racisme en France&nbsp;dans les prochaines semaines et les prochains mois ?&nbsp;</em></p>



<p>Peut-être avant de parler d&rsquo;El Hacen, je vais parler un peu de Minneapolis. Je pense qu&rsquo;il faut qu&rsquo;on se dise que ce qui est en train de se jouer à Minneapolis&nbsp;concerne tout le monde.&nbsp;En tout cas, une victoire à Minneapolis sera un espoir pour tout le monde ; car iels sont engagé·es contre le racisme&nbsp;au cœur de la première puissance du monde,&nbsp;au cœur d&rsquo;une offensive raciste très importante.&nbsp;Pourtant ça ne signifie pas qu&rsquo;il suffit tous et toutes de regarder&nbsp;ce qui se passe à Minneapolis et d&rsquo;espérer que ça tombe du bon côté ! Mais plutôt réaliser qu’il y a un espoir.&nbsp;Et que cet espoir, il doit nous animer&nbsp;et nous donner la confiance d&rsquo;argumenter partout : là où l’on travaille, là où l’on s&rsquo;organise, dans son quartier… La réponse doit venir de notre organisation à tous et toutes. En France, il y a des échéances très bientôt, les élections municipales dont le premier tour est le 15 mars et le deuxième tour le 22 mars.&nbsp;Il faut qu’on se saisisse de cette occasion-là pour justement dire&nbsp;« voter ne suffira pas, il faut s&rsquo;organiser,&nbsp;il faut qu&rsquo;on s&rsquo;organise de partout ».&nbsp;Il y a une proposition qui est lancée&nbsp;par les collectifs de sans-papiers, collectifs de mineur·es isolé·es,&nbsp;la Marche Des Solidarités, les familles de victimes de violences policières,&nbsp;les collectifs qui luttent contre les violences policières,&nbsp;les collectifs qui luttent contre l’islamophobie : celle&nbsp;d&rsquo;un grand mouvement la veille du premier tour,&nbsp;des manifestations partout sur le territoire le samedi 14 mars avec comme message : « ce qu&rsquo;il faut c&rsquo;est l&rsquo;unité,&nbsp;mais pas l&rsquo;unité de façade, l&rsquo;unité dans l&rsquo;action, dans la rue,&nbsp;la construction de la solidarité comme moyen aussi bien que comme objectif » .&nbsp;Et ça je pense que c&rsquo;est une perspective dont tout le monde doit se saisir&nbsp;et que la meilleure manière pour que le samedi 14 mars soit massif,&nbsp;c&rsquo;est qu&rsquo;on n&rsquo;attende pas le samedi 14 mars.&nbsp;C&rsquo;est-à-dire que le samedi 14 mars,&nbsp;ça doit être le moment où on sort tous et toutes ensemble&nbsp;et que d&rsquo;ici à là, on doit s&rsquo;organiser partout&nbsp;et à travers des déambulations de quartier,&nbsp;des campagnes d&rsquo;affichage et de collage,&nbsp;des réunions publiques, des rassemblements,&nbsp;qu&rsquo;on combatte l&rsquo;immobilisme, qu&rsquo;on combatte le substitutisme,&nbsp;qu&rsquo;on combatte l&rsquo;idée qu&rsquo;il suffirait de délire les bonnes personnes aux élections municipales&nbsp;pour régler tous nos problèmes.</p>



<p>Je pense qu&rsquo;en ce moment, se développe quand même la conviction&nbsp;qu&rsquo;on est dans une période grave et très dangereuse de marche vers la guerre,&nbsp;d&rsquo;austérité, d&rsquo;attaques gigantesques contre notre classe&nbsp;et que ça, il faut s&rsquo;appuyer dessus pour dire la conséquence de ça,&nbsp;c&rsquo;est qu&rsquo;on ne peut pas juste déléguer à d&rsquo;autres le combat qu&rsquo;on doit mener,&nbsp;on doit tous et toutes s&rsquo;y engager.&nbsp;Et on sait que se prépare un appel pour le 28 mars.&nbsp;Il va y avoir des mobilisations dans de nombreux pays&nbsp;contre le racisme et le fascisme.</p>



<p>Par exemple, des mobilisations No Kings devraient avoir lieu le 28 mars&nbsp;et il y a de fortes chances qu&rsquo;elles soient gigantesques.&nbsp;Des grandes manifestations en Grande-Bretagne vont avoir lieu le 28 mars&nbsp;de ripostes contre le racisme et le fascisme dans de nombreux pays.&nbsp;En France, nous, on va commencer par le 14 mars&nbsp;parce qu&rsquo;il y a un contexte local politique très particulier avec les municipales.</p>



<p>Mais il y a de très fortes chances que si le 14 mars soit massif,&nbsp;dès les jours qui suivent, il y a un appel à continuer&nbsp;et à retourner dans la rue le 28 mars.&nbsp;Quels que soient les résultats des municipales, on le sait déjà,&nbsp;le Rassemblement national va gagner à certains endroits,&nbsp;va gagner en légitimité.&nbsp;Les racistes vont gagner en confiance.</p>



<p>Quelques jours après la mort de El Hacen Diarra,&nbsp;moi, dans le quartier où je vis, dans le 20e, à Saint-Fargeau,&nbsp;il y a deux néo-nazis qui ont attaqué la présidente d&rsquo;une association,&nbsp;Maria, une personne racisée.&nbsp;Ils ont voulu la sortir de sa voiture et l&rsquo;agresser.&nbsp;Et ils l&rsquo;ont dit, c&rsquo;était le 19 janvier, 5 jours après la mort d&rsquo;El Hacen,&nbsp;ils l&rsquo;ont dit qu&rsquo;ils voulaient lui faire la même chose&nbsp;que ce qui est arrivé à son frère.</p>



<p>Ça, ça signifie que non seulement il faut qu&rsquo;on s&rsquo;oppose au racisme,&nbsp;mais il faut qu&rsquo;on ait une lutte aussi très spécifique contre les fascistes,&nbsp;qu&rsquo;on leur empêche l&rsquo;apparition dans la rue.&nbsp;Et ça, ça va être des enjeux très forts des prochaines années,&nbsp;la combinaison d&rsquo;une lutte de tous et toutes contre le racisme&nbsp;et d&rsquo;une lutte très spécifique contre les organisations fascistes.&nbsp;Et dans ce grand mouvement du 14 mars,&nbsp;la famille El Hacen va construire une première manifestation&nbsp;le 21 février pour aller jusqu&rsquo;au ministère de l&rsquo;Intérieur&nbsp;pour dire à Nunez qu&rsquo;on a très bien entendu ce qu&rsquo;il a dit,&nbsp;qu&rsquo;on n&rsquo;attend rien de sa part.</p>



<p>Mais par contre, qu&rsquo;il lui comprenne qu&rsquo;on va plus reculer,&nbsp;qu&rsquo;on va s&rsquo;organiser et que maintenant, sa police,&nbsp;on va la surveiller, on ne va plus la laisser faire.&nbsp;Et ça, c&rsquo;est ce que veut faire la famille El Hacen&nbsp;et je pense que c&rsquo;est le plus beau des hommages qu&rsquo;on peut rendre à El Hacen.&nbsp;C&rsquo;est que sa mort ne soit pas oubliée jusqu&rsquo;à ce que justice soit faite&nbsp;et que surtout, elle permette de s&rsquo;organiser pour qu&rsquo;il n&rsquo;y ait plus de morts comme lui. Des discussions que j&rsquo;ai régulièrement avec la famille,&nbsp;ce lien n&rsquo;est pas artificiel : ils lient vraiment les deux sujets.&nbsp;La meilleure manière de ne pas oublier El Hacen, c&rsquo;est de se battre. Et dans cette bagarre-là, lui rendre hommage en rappelant qu&rsquo;ils ont tué notre frère.</p>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/retour-sur-la-lutte-pour-la-verite-et-la-justice-pour-el-hacen-diarra/">Vérité et justice pour El Hacen Diarra : la lutte continue</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Capitalisme et racisme</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/capitalisme-et-racisme/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alice]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 21 Oct 2025 23:32:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[Théorie]]></category>
		<category><![CDATA[Capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[colonialisme]]></category>
		<category><![CDATA[enclosure]]></category>
		<category><![CDATA[esclavage]]></category>
		<category><![CDATA[Oppression]]></category>
		<category><![CDATA[Racisme]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=10123</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">À la fin du Moyen Âge les classes dominantes généralisent la privatisation des terres communales. En Angleterre au 15e et 16e siècle, la campagne repose en grande partie sur les champs ouverts : cultures collectives, <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/capitalisme-et-racisme/" title="Capitalisme et racisme">[...]</a></div>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/capitalisme-et-racisme/">Capitalisme et racisme</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>À la fin du Moyen Âge les classes dominantes généralisent la privatisation des terres communales. En Angleterre au 15e et 16e siècle, la campagne repose en grande partie sur les champs ouverts : cultures collectives, usage commun des bois, pâturages et marais etc. Chaque foyer paysan y dispose d’un accès garanti ce qui assure non seulement sa subsistance mais aussi une relative autonomie vis-à-vis des seigneurs.&nbsp;</p>



<p><strong>L’émergence du capitalisme</strong></p>



<p>Portés par l’essor du commerce textile européen et la demande de laine, grands propriétaires et bourgeoisie montante clôturent les terres communes, les transforment en pâturages à mouton et développent un élevage intensif tourné vers l’exportation. Ce basculement devient un moteur décisif des débuts du capitalisme anglais. Les enclosures prennent une telle ampleur que la Couronne est contrainte de légiférer pour les freiner et limiter le nombre de moutons, sans succès. Cela n’empêche pas des vagues massives d’expropriation. Les Enclosure Acts, votés par des Parlements dominés par les propriétaires terriens, imposent clôtures et redistribution au profit d’une minorité. Du 17e au 19e siècle, des milliers de lois privatisent des millions d’acres. Par endroits, jusqu’à 70 % des terres passent en quelques décennies de l’usage collectif à la propriété privée exclusive <sup data-fn="3ecec6d0-6d7b-4aef-99f4-5401697b89f9" class="fn"><a id="3ecec6d0-6d7b-4aef-99f4-5401697b89f9-link" href="#3ecec6d0-6d7b-4aef-99f4-5401697b89f9">1</a></sup>. Le paysage rural est radicalement reconfiguré&nbsp;: chemins fermés, haies dressées, communs amputés. Des centaines de milliers de paysan·ne·s sont expulsé·es, bientôt des millions avec l’extinction des droits d’usage. Arraché·es à leur moyen de subsistance, iels sont forcé·es de migrer vers les villes ou encore les grandes fermes. Iels y deviennent des travailleur.euses libres, au sens double &#8211; libre en droit, mais libre aussi de tout moyen de production, iels sont contraint·es de vendre leur force de travail pour survivre.</p>



<p>Pour contraindre les exproprié·es au travail, l’État accompagne l’expropriation d’un arsenal répressif (Vagabonds Acts, Poor Laws) qui criminalise errance, vagabondage, pauvreté et résistance. Le marché du travail n’apparaît pas de lui-même, il est construit par la privatisation des communaux, l’extinction des droits d’usage, la criminalisation du vagabondage et l’enfermement dans des workhouses (atelier-prison) jusqu’à faire de l’emploi une condition de survie. L’accumulation s’appuie sur l’exploitation de tou·te·s, y compris massivement d’enfants dès 6 ans dans les filatures, mines et manufactures ; journées de 14, 16, voire 18 heures. Malnutrition, maladies, mutilations et corps déformés sont la norme. Les salaires des enfants et des femmes servent de levier pour abaisser ceux des hommes. En fragmentant la classe ouvrière par âge, sexe, statut et nationalité (jusqu’aux afflux d’Irlandais·es fuyant famine et expropriation), les élites et l’État organisent la concurrence entre prolétaires, brisent les solidarités et cherchent à enrôler les ouvrier·es anglais·es à des idées racistes.</p>



<p>Juin 1863, la presse londonienne titre « Mort par simple excès de travail&nbsp;», le Morning Star parle d’esclaves blancs, tandis que les pro-esclavagistes, The Times, le Standard relativisent l’esclavage des Noir.es «les esclavagistes nourrissent …bien leurs esclaves, les font travailler modérément » (Le Capital, I, X.3). Dès l’industrialisation naissante, expropriation et exploitation font chuter l’espérance de vie ouvrière. Ce n’est ni lié au hasard, ni à la cruauté de quelques patrons, c’est la logique d’un système &#8211; course au profit, concurrence, allongement des journées, intensification des cadences, répression des résistances. Dans ce cadre, le·la travailleur·euse est libre en droit mais dépossédé·e : iel ne vend pas un produit, mais sa capacité à produire ; sa force de travail devient marchandise. La relation paraît libre parce que contractuelle, mais c’est le besoin vital qui oblige ; l’écart entre la valeur créée et le salaire alimente l’accumulation. Propriétaires, État et capitalistes agissent de concert : les premier·ères s’approprient la terre, la loi et la police en assurent l’installation et la pérennité, les capitalistes recrutent la main-d’œuvre dépossédée et la placent en concurrence permanente. Un vaste réservoir de travailleur·euse, l’« armée industrielle de réserve » <sup data-fn="3358852a-b724-4be5-a587-62fb749c3558" class="fn"><a id="3358852a-b724-4be5-a587-62fb749c3558-link" href="#3358852a-b724-4be5-a587-62fb749c3558">2</a></sup> pèse sur les salaires, tandis que la division par âge, sexe et origine, bientôt par la couleur, fragmente le monde du travail et renforce la discipline. Cette architecture à la fois économique et institutionnelle pérennise l’exploitation d’une population et prépare l’articulation avec l’ordre colonial, où la racialisation devient un outil central de gestion du travail.</p>



<p><strong>Le colonialisme et l’esclavage</strong></p>



<p>L’autre pilier de l’accumulation primitive se joue hors d’Europe avec la conquête du Nouveau Monde, l’exploitation coloniale et la traite négrière. 1492 ouvre une ère de pillage systématique. Espagne et Portugal se partagent des territoires immenses, en quelques décennies des empires puissants sont écrasés. Des systèmes de travail forcé (mita, encomienda <sup data-fn="b79ffc99-2215-4b81-b8c3-218d9ab7ad97" class="fn"><a id="b79ffc99-2215-4b81-b8c3-218d9ab7ad97-link" href="#b79ffc99-2215-4b81-b8c3-218d9ab7ad97">3</a></sup>) se généralisent dans les mines, chantiers et plantations, l’asservissement des peuples indigènes, combiné aux épidémies venues d’Europe, provoque des hécatombes. Des montagnes d’argent et d’or affluent vers l’Europe, ces métaux, accumulés comme trésors, mais ne produisent rien d’eux-mêmes. Ils deviennent des leviers d’accumulation dès qu’ils sont saisis par des rapports capitalistes (banques, compagnies de commerce et d’assurance, dette publique, impôts) et insérés dans un système productif capable de convertir ce butin en capital. C’est l’articulation au travail exploité qui transforme le pillage en puissance économique. Cette conversion s’opère par leur insertion dans des chaînes de production et de circulation marchande fondées sur l’exploitation du travail et la mise en valeur du capital. Une fois pris dans ces circuits ces flux alimentent les caisses des États, grossissent les fonds des banques et financent l’essor des compagnies.</p>



<p>Ce n’est pas le pillage seul qui explique l’essor du capitalisme, l’exemple de l’Espagne et du Portugal l’éclaire. Gavés de métaux précieux, ils restent pourtant marqués par les hiérarchies des régimes féodaux où noblesse terrienne et Église dominent. L’argent colonial finance guerres et faste, loin de stimuler une industrialisation, ces pays importent des produits manufacturés de l’étranger. À l’inverse, l’Angleterre combine accumulation interne (expropriation, prolétarisation) et accumulation externe (pillage, esclavage, commerce triangulaire) leur interaction donne l’élan décisif. Ce système relie l’extraction de matières premières coloniales (sucre, coton, tabac, café) aux manufactures anglaises (et plus largement européennes) où elles sont transformées par une main-d’œuvre prolétarisée, générant profit et accélération de l’accumulation. Séparément, ni le pillage ni la prolétarisation n’auraient rendu possible l’émergence du capitalisme mais c’est leur combinaison qui fait basculer l’échelle. Sans expropriation interne, les richesses coloniales auraient été dissipées ; sans richesses coloniales, il aurait manqué l’accélérateur des matières premières. La quête systématique du profit place ainsi l’esclavage au cœur de l’accumulation mondiale et les plantations deviennent un enjeu central. C’est dans cette combinaison que le racisme va naître.</p>



<p><strong>L’oppression raciste</strong></p>



<p>Pour remplacer la main-d’œuvre indigène décimée les élites coloniales s’orientent d’abord vers l’Europe. Se déploie un marché de serviteurs·euses sous contrat (3-7 ans), de condamné·e·s déporté·e·s, « rédempteurs », un trafic organisé de main d’œuvre européenne vers les colonies, surtout des plantations. Ce dispositif résout provisoirement le « problème du travail » colonial. En 1606, le député Bacon parle d’un « double avantage »&nbsp;: mettre les pauvres au travail, décharger la métropole des indésirables et peupler les colonies. Le recrutement mêle fraude, violence et enlèvements et quand la demande l’exige, workhouses et orphelinats sont vidés et la déportation pénale enfle rapidement.<br>Dans les plantations, les engagé·e·s blanc·hes et les captif·ves africain·es, alors minoritaires, travaillent côte à côte sous une discipline de fer : moulins, fourneaux, champs de canne, fouet. Mais lorsque le sucre devient l’axe de l’économie antillaise, profits élevés et demande européenne en plein essor, les planteurs, appuyés par les marchands capitalistes et les États, concentrent la terre, chassent les petits colons, les petits fermiers et installent des « usines à sucre » qui exigent des bras en permanence. La servitude blanche atteint vite ses limites, approvisionnement incertain et insuffisant, termes qui expirent, fuites difficiles à contenir ; une fois libéré·es, les engagé·es revendiquent salaire ou accès à la terre. Dès 1680, les planteurs invoquent des « preuves positives que l’Africain satisfait mieux aux nécessités » de la production : achat à vie et héréditaire, repérable à sa couleur de peau qui facilite le contrôle, calcul selon lequel « trois noirs travaillent mieux et moins cher qu’un homme blanc » <sup data-fn="fda5b6fc-6803-4434-a351-8fe00d4ecb2f" class="fn"><a id="fda5b6fc-6803-4434-a351-8fe00d4ecb2f-link" href="#fda5b6fc-6803-4434-a351-8fe00d4ecb2f">4</a></sup>. Dès lors, l’esclavage africain s’impose comme la solution optimale du point de vue du profit.</p>



<p>Le commerce triangulaire s’institutionnalise, des navires partent d’Europe chargés de textiles, armes et alcools, troqués contre des captif·ves sur les côtes africaines ; la traversée vers les Amériques entasse, enchaîne et tue ; les survivant·e·s sont vendu·e·s aux plantations ; les bateaux repartent vers l’Europe chargés de sucre, coton, tabac, café. Le coton cultivé par les esclaves sous la contrainte alimente directement les filatures de Manchester, où des ouvrier·es, nombre de femmes et enfants, transforment la fibre brute en tissus vendus sur le marché mondial. Les profits sont réinvestis dans l’extension des usines, la modernisation des machines et l’expansion des plantations, entretenant la spirale de l’accumulation ; même logique pour le sucre, le café ou le tabac. Au total, 12 à 13 millions de personnes sont déportées d’Afrique vers les Amériques entre le 16e et 19e siècle.&nbsp;</p>



<p>Grâce à l’esclavage les plantations fournissent à la fois des gisements de matières premières à bas coût, des marchés pour les produits britanniques et des machines à profits immenses qui alimentent massivement l&rsquo;industrialisation. Ces capitaux sont à leur tour réinvestis dans la flotte marchande, nouvelles méthode de fabrication, réseaux ferroviaires&#8230; L&rsquo;esclavage est ainsi un pivot central de l&rsquo;économie pour l&rsquo;Angleterre qui s’affirme rapidement comme puissance impériale mondiale.</p>



<p>« [Le planteur] serait allé sur la lune, s&rsquo;il le fallait, pour trouver une force de travail bon marché. L&rsquo;Afrique était plus proche que la lune, plus proche aussi que les pays plus peuplés de l&rsquo;Inde et de la Chine. Mais leur tour viendrait bientôt. » <sup data-fn="f91d9d77-d986-470a-8c10-1ae808e7bcef" class="fn"><a href="#f91d9d77-d986-470a-8c10-1ae808e7bcef" id="f91d9d77-d986-470a-8c10-1ae808e7bcef-link">5</a></sup></p>



<figure class="wp-block-image size-full is-style-default"><img data-dominant-color="8b8579" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #8b8579;" fetchpriority="high" decoding="async" width="686" height="386" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/10/hq720.webp" alt="" class="wp-image-10128 not-transparent" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/10/hq720.webp 686w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/10/hq720-300x169.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/10/hq720-678x381.webp 678w" sizes="(max-width: 686px) 100vw, 686px" /></figure>



<p>Avec l’essor du commerce triangulaire et des plantations, la demande de main-d’œuvre, capturée, déportée et surexploitée explose alors même que le monde des Lumières proclame l’égalité. Il devient indispensable de naturaliser l’inégalité, de présenter la domination non comme un rapport imposé mais comme l’ordre normal des choses. La catégorie de «&nbsp;race&nbsp;» prend alors forme, elle hiérarchise l’humanité, assignant à une place fixe et permanente des groupes entiers, et transforme un rapport de force en différence naturelle. Pour entériner cette exclusion, on mobilise le religieux puis une pseudo-science chargés de la rationaliser.</p>



<p>Le racisme s’enracine et prend corps dans les institutions (lois, frontières, police, école), et ne se limite pas aux seules pratiques d’État, il se prolonge aussi dans un marché du travail à plusieurs vitesses (statuts, sans-papiers, précarités) qui sert à diviser et discipliner la classe ouvrière ; un levier que le patronat et les gouvernements exploitent pour tirer tout le monde vers le bas. D’où l’enjeu stratégique de s&rsquo;attaquer à la reproduction institutionnelle et économique du racisme tout en construisant dans la lutte l’unité de la classe. L’unité ne procède par proclamations elle se construit dans l’action, dans les luttes communes pour exiger mêmes droits, mêmes salaires, régularisation de toustes. Des revendications d&rsquo;égalité des droits qui mettent en échec la stratégie patronale et tirent tout le monde vers le haut.</p>



<p>Meriem (Paris 20<sup>e</sup>)</p>



<p>Pour avoir une version audio qui traite de racisme et d&rsquo;exploitation, voici un lien vers notre ✨super✨ compte Spotify ! :</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-rich is-provider-spotify wp-block-embed-spotify wp-embed-aspect-21-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="Spotify Embed: Pourquoi l’articulation entre racisme et exploitation doit être une priorité de notre classe" style="border-radius: 12px" width="100%" height="152" frameborder="0" allowfullscreen allow="autoplay; clipboard-write; encrypted-media; fullscreen; picture-in-picture" loading="lazy" src="https://open.spotify.com/embed/episode/4q9fH28hgjEJupiKoK7aRV?utm_source=oembed"></iframe>
</div></figure>



<p>Notes :</p>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="3ecec6d0-6d7b-4aef-99f4-5401697b89f9">Chiffres : https://eprints.nottingham.ac.uk/12489/1/Tom%27s_<br>Thesis_complete_%28slimline%29.pdf (p.158) Nearly 70% of Scawby parish was enclosed by parliamentarymeans in 1770-1 leaving about one thousand acres which had been<br>enclosed by other means.<br>Mais le phénomène est plus vaste ça c’est les conséquences directes<br>des lois parlementaires, mais si on y ajoute les enclosures non<br>parlementaires c’est énorme.<br>(Archives Parlement UK) : https://www.parliament.uk/about/living-<br>heritage/transformingsociety/towncountry/landscape/overview/<br>enclosingland/ <a href="#3ecec6d0-6d7b-4aef-99f4-5401697b89f9-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li><li id="3358852a-b724-4be5-a587-62fb749c3558">Capital I,. XXV, -3 Production croissante d’une surpopulation relative ou d’une armée industrielle de réserve. <a href="#3358852a-b724-4be5-a587-62fb749c3558-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2">↩︎</a></li><li id="b79ffc99-2215-4b81-b8c3-218d9ab7ad97">Mita : corvée, travail forcé par roulement imposée aux communautés<br>indigènes, système quasi-esclavagiste par les colons qui oblige chaque<br>communauté à fournir continuellement des hommes pour les mines et<br>autres travaux ((hérité des autochtones mais réactivée et durcit par les<br>colons)<br>Encomienda : attribution de terres et de populations indigènes à un<br>colon (couronne espagnole), avec obligation théorique d’évangélisation<br>mais pratique d’exploitation. <a href="#b79ffc99-2215-4b81-b8c3-218d9ab7ad97-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3">↩︎</a></li><li id="fda5b6fc-6803-4434-a351-8fe00d4ecb2f">E.Williams, Capitalisme et Esclavage. p.22-25 <a href="#fda5b6fc-6803-4434-a351-8fe00d4ecb2f-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4">↩︎</a></li><li id="f91d9d77-d986-470a-8c10-1ae808e7bcef">E.Williams, Capitalisme et Esclavage. p.22-25 <a href="#f91d9d77-d986-470a-8c10-1ae808e7bcef-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5">↩︎</a></li></ol><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/capitalisme-et-racisme/">Capitalisme et racisme</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Crise du pouvoir : contre la loi Darmanin-Le Pen et pour la Palestine, saisir la brèche</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/editorial/crise-du-pouvoir-contre-la-loi-darmanin-le-pen-et-pour-la-palestine-saisir-la-breche/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jakubowski]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 21 Jan 2024 16:32:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Immigration]]></category>
		<category><![CDATA[Palestine]]></category>
		<category><![CDATA[Racisme]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=8166</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">La crise politique que traverse le gouvernement ne cesse de se renforcer. Après six mois de mouvement social contre la réforme des retraites, trois jours et nuits de révoltes contre les crimes policiers, le gouvernement <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/editorial/crise-du-pouvoir-contre-la-loi-darmanin-le-pen-et-pour-la-palestine-saisir-la-breche/" title="Crise du pouvoir : contre la loi Darmanin-Le Pen et pour la Palestine, saisir la brèche">[...]</a></div>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/editorial/crise-du-pouvoir-contre-la-loi-darmanin-le-pen-et-pour-la-palestine-saisir-la-breche/">Crise du pouvoir : contre la loi Darmanin-Le Pen et pour la Palestine, saisir la brèche</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p style="font-style:normal;font-weight:600">La crise politique que traverse le gouvernement ne cesse de se renforcer. Après six mois de mouvement social contre la réforme des retraites, trois jours et nuits de révoltes contre les crimes policiers, le gouvernement est fragilisé pour mener sa politique. Acculé dans une période de crise économique et politique, il ne peut nous concéder de victoires et n’a pas d’autre choix pour mettre fin aux conflits sociaux ou politiques, que d’accroître la répression de nos luttes par tous les moyens possibles et de renforcer les discours et attaques racistes. Les attaques racistes et l’alimentation des discours réactionnaires sont une arme pour empêcher l’unité de notre classe qui pourrait lui être fatale dans la période. La loi immigration de Darmanin émerge dans ce contexte de crise du gouvernement Macron. À nous de nous enfoncer dans cette brèche pour faire tomber cette loi et le gouvernement !</p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #11 &#8211; Janvier 2024</h6>



<h2 class="wp-block-heading">Perte d’influence de l’impérialisme en Afrique de l’Ouest et sursaut internationaliste contre Israël et les impérialistes occidentaux</h2>



<p class="has-drop-cap">La crise du gouvernement est inscrite dans une crise plus globale de l’impérialisme français à l’international. Après les mouvements « France dégage ! » en Afrique de l’Ouest et les différents coups d’États au Mali, Burkina Faso et récemment au Niger, le mouvement de solidarité pour la Palestine vient accentuer la crise de l’impérialisme français. À la suite du 7&nbsp;octobre 2023, des millions de personnes ont défilé dans toutes les villes du monde en solidarité avec la résistance palestinienne. En France, en cette fin d’année 2023, malgré un génocide documenté en tant réel, le gouvernement français a réprimé sans commune mesure en septembre, toutes marques de solidarité avec la Palestine et continue d’envoyer des armes en Israël.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Le génocide colonial et l’absence d’un cessez-le-feu traduit la barbarie sans nom du gouvernement d’extrême droite de Netanyahou et l’incapacité internationale à mettre fin à ce bain de sang. Le mouvement de solidarité pour la Palestine vient de nouveau fragiliser le gouvernement en montrant son impuissance à mettre fin au génocide et jette la lumière sur les intérêts de la France à la présence d’Israël au Moyen-Orient.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Réprimer une lutte de solidarité avec un peuple massacré en direct a nécessité pour le gouvernement un renforcement toujours plus fort de l’islamo­phobie, en reprenant l’idéologie qui assimile Palestinien·nes, musulman·es, arabes et terrorisme. Dans les écoles, plusieurs centaines d’élèves ont été accusés d’apologie du terrorisme pour n’avoir pas respecté la minute de silence.&nbsp;</p>



<p>Dans la construction de cette idéologie, le gouvernement s’est retrouvé à marcher contre l’antisémitisme, main dans la main avec le RN. En s’associant avec un parti bâti sur le négationnisme, il ne s’agissait donc pas d’une marche contre l’antisémitisme mais bien d’une marche islamophobe, contre les musulman·es et contre la solidarité envers le peuple palestinien.&nbsp;</p>



<p>Dans une période de crise, le racisme est exacerbé car il permet à la fois d’assurer la division de notre classe face aux politiques antisociales et aux réformes autoritaires mais aussi de construire un bouc-émissaire intérieur et extérieur pour justifier du renforcement militaire voire des attaques envers les luttes de libération ou de résistances des pays colonisés (Palestine) ou des pays anciennement colonisés sous influence de la France (Mayotte, Afrique de l’Ouest). Le racisme est un pivot idéologique empêchant l’unité de notre classe, permettant le renforcement des partis et des groupes fascistes et la victoire de l’impérialisme à l’international. Comment légitimer un génocide colonial sans étiqueter les victimes comme terroristes ? Comment convaincre du besoin de réarmement militaire sans instaurer la crainte d’une menace terroriste nécessitant une défense commune ?&nbsp;</p>



<p>Voulant résorber la crise politique en unifiant autour d’un projet raciste, la loi immigration, basée sur les aspirations idéologiques de l’extrême droite, a finalement fragilisé davantage la majorité à l’Assemblée nationale. 37&nbsp;députéEs LREM ont voté contre la loi et de nombreux départements ont annoncé ne pas vouloir l’appliquer et ont promu la désobéissance civile. Cette crise de la macronie signe aujourd’hui une victoire idéologique pour le Rassemblement national. Celui-ci en tire avantage pour étendre son influence dans l’espace médiatique et politique. Dans la rue, des groupes fascistes multiplient les apparitions et les attaques, surfant sur les discours médiatiques nauséabonds pour nourrir leur haine contre les musulman·es, les arabes et les Noir·es dans la plus grande impunité. Dans le même temps, des militant·es sont arrêté·es pour la seule raison d’avoir sorti un drapeau aux couleurs de la Palestine.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un gouvernement qui, dans sa crise, veut&nbsp;rester à l’offensive&nbsp;</h2>



<p>Macron l’a annoncé de ses vœux : il veut faire de 2024 une année de la détermination. Après s’être réjoui de la mise en place de la réforme des retraites, après une réforme de l’assurance chômage qui fait travailler gratuitement les plus précaires d’entres nous, le gouvernement veut réformer la sécurité sociale. Pour cacher ses mesures antisociales, l’inflation galopante, la hausse des loyers et la misère qui en découle, le gouvernement nourrit sans relâche la fiction du problème de l’immigration. La macronie, dans sa fragilité politique continue à nous précariser toutes et tous.&nbsp;&nbsp;</p>


<div class="wp-block-image wp-duotone-333-rgb255183183-1">
<figure class="aligncenter size-full"><img data-dominant-color="2f2318" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #2f2318;" decoding="async" width="960" height="614" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_Edito_Illustr1-jpg.webp" alt="" class="wp-image-8168 not-transparent" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_Edito_Illustr1-jpg.webp 960w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_Edito_Illustr1-300x192.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_Edito_Illustr1-768x491.webp 768w" sizes="(max-width: 960px) 100vw, 960px" /></figure>
</div>


<h2 class="wp-block-heading">Construire la riposte et contrer les mobilisations sans lendemains et les aspirations réformistes.&nbsp;</h2>



<p>Toutefois, l’ampleur de la crise de la macronie, tant dans sa politique intérieure qu’extérieure, pourrait nous permettre des victoires. C’est dans les périodes de crises et de guerres qu’adviennent les révolutions. Si nous déjouons les pièges du racisme et de l’islamophobie qui menace l’unité de notre classe. Si nous sommes en capacité de montrer un plan de bataille à la hauteur des enjeux, contre l’extrême droite, pour la libération de la Palestine et contre la misère et la hausse de l’exploitation, nous pourrons nous engouffrer dans la brèche ouverte et gagner face au gouvernement.&nbsp;</p>



<p>Mais nous devons nous saisir de son manque de force politique et des crises produites par nos luttes et la conjoncture politique et économique. Nous devons faire reculer le gouvernement à partir d’une riposte d’ampleur contre sa loi immigration.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>La date du 14&nbsp;janvier a été choisie comme journée de mobilisation nationale contre cette loi. Une journée ne sera évidemment pas suffisante. Mais elle déterminera la suite. Si les directions syndicales n’appelleront pas à la grève contre cette loi, nous devons les pousser en faisant une démonstration dans la rue de l’opposition de notre camp à cette loi raciste. C’est à partir de cette base que nous pourrons infléchir l’idée d’une simple mobilisation aux attentes réformistes en un plan de bataille conséquent face au gouvernement et à sa politique sur des bases antiracistes. Attendre l’avis du Conseil constitutionnel sur certaines mesures de la loi, ça veut dire lutter pour un racisme acceptable et déléguer la situation à des instances qui n’ont pas été des remparts face aux dernières mesures racistes. Il n’y a pas de racisme acceptable comme il n’y a pas de génocide acceptable. Ce plan de bataille doit commencer par une mobilisation d’ampleur contre la loi immigration de Darmanin-Ciotti-LePen, qui en attaquant les droits des étranger·es, les droits des sans-papiers, attaquent nos droits à tous et à toutes. Une forte opposition antiraciste à cette loi d’immigration est essentielle pour isoler le projet fasciste et déjouer toute victoire idéologique du RN. Cette lutte doit s’articuler avec une solidarité internationale, soulignant que le racisme est une arme vitale pour justifier les crimes en Palestine. Privé de son arsenal idéologique raciste et islamophobe, le gouvernement serait affaibli dans ses ambitions impérialistes, tant au Moyen-Orient qu’en Afrique. Les directions syndicales ne voudront pas sauter dans la brèche qu’ouvre la période de peur de se faire dépasser par le mouvement, mais si nous ne dépassons pas la simple journée de mobilisation du 14&nbsp;janvier et les velléités réformistes, nous ne gagnerons pas et nous laisserons la victoire au Rassemblement national. Pour une riposte à la hauteur des enjeux, tous et toutes dans la rue le 14&nbsp;janvier. La suite devra être construite à partir de là, par en bas, dans des assemblées générales, dans nos syndicats et dans nos quartiers. Faisons de l’antiracisme la base d’un mouvement d’ampleur dans la brèche de la crise de la macronie.</p>



<h5 class="wp-block-heading">Anouk Brunet (Marseille)</h5>



<figure class="wp-block-image size-large wp-duotone-333-rgb223255232-2"><img data-dominant-color="6c6658" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #6c6658;" decoding="async" width="1100" height="623" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_Edito_Illustr2-1100x623.webp" alt="" class="wp-image-8169 not-transparent" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_Edito_Illustr2-1100x623.webp 1100w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_Edito_Illustr2-300x170.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_Edito_Illustr2-768x435.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_Edito_Illustr2-jpg.webp 1200w" sizes="(max-width: 1100px) 100vw, 1100px" /></figure>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/editorial/crise-du-pouvoir-contre-la-loi-darmanin-le-pen-et-pour-la-palestine-saisir-la-breche/">Crise du pouvoir : contre la loi Darmanin-Le Pen et pour la Palestine, saisir la brèche</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
