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	<title>Archives des Palestine - A2C - Autonomie de classe</title>
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	<description>Pour l&#039;autonomie de classe !</description>
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	<title>Archives des Palestine - A2C - Autonomie de classe</title>
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	<item>
		<title>Contre le budget de guerre et l’austérité, tous&#8217;tes en grève !</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/contre-le-budget-de-guerre-et-lausterite-toustes-en-greve/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ahmed Hammad]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 31 May 2026 17:09:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Retours militants]]></category>
		<category><![CDATA[anti-impérialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Éducation]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Les Cahiers d’A2C #22 – Mai 2026 En mars 2026, un mouvement a secoué le secteur de l’éducation et la jeunesse lycéenne à Marseille contre les suppressions de postes et les baisses de moyens prévues <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/contre-le-budget-de-guerre-et-lausterite-toustes-en-greve/" title="Contre le budget de guerre et l’austérité, tous&#8217;tes en grève !">[...]</a></div>
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<p class="has-text-align-right has-luminous-vivid-amber-background-color has-background" style="font-size:11px;text-transform:uppercase"><strong>Les Cahiers d’A2C #22 – Mai 2026</strong></p>



<div class="wp-block-file"><a id="wp-block-file--media-9243803b-9046-4f69-aa9c-1aa44df22109" href="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/05/educ.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Pour lire ou imprimer l&rsquo;article maquetté</a><a href="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/05/educ.pdf" class="wp-block-file__button wp-element-button" download aria-describedby="wp-block-file--media-9243803b-9046-4f69-aa9c-1aa44df22109">Télécharger</a></div>



<p></p>



<p><em>En mars 2026, un mouvement a secoué le secteur de l’éducation et la jeunesse lycéenne à Marseille contre les suppressions de postes et les baisses de moyens prévues par le nouveau budget 2026. Ce fut la première riposte, sur les lieux de travail, au nouveau budget austéritaire de Lecornu et à l’économie de guerre.</em></p>



<p>Les journées de mobilisation du 10, 17, 19 et 26 mars ont mis plus de 2000 personnes dans les cortèges, plusieurs vies scolaires en grève et ont bloqué des dizaines de lycées contre les coupes budgétaires, la militarisation et la guerre.<br>Il existe donc des possibilités de riposte face aux conséquences de l’économie de guerre sur les travailleur&rsquo;euses. Il nous faut rendre compte de ce qui a rendu possible un tel mouvement mais aussi ses limites pour envisager sa généralisation à l’ensemble des secteurs de travail.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Des tensions impérialistes aux coupes dans le secteur de l’éducation et de la jeunesse</h3>



<p>Depuis le renforcement des tensions inter-impérialistes mondiales, avec notamment un point de bascule avec le début de la guerre en Ukraine, les États européens augmentent fortement leur budget de guerre. En France, la loi de programmation militaire 2024-2027 adoptée en 2023 prévoit 413 milliards d’euros de dépenses militaires sur sept ans, soit une hausse d’environ 40 % par rapport à la programmation précédente.</p>



<p>Cette économie de guerre ne relève pas d’un contexte sécuritaire dégradé mais bien de la dynamique structurelle du capitalisme mondial. L’augmentation des tensions entre puissances impérialistes pour le contrôle des marchés, des ressources et des zones d’influence menace de déclencher des conflits militaires. Le réarmement des pays européens montre leur volonté de se trouver une place dans un moment de reconfiguration impérialiste marqué par le recul de l’hégémonie américaine et la montée en puissance de la Chine.</p>



<p>Cette économie de guerre entraîne une restructuration du budget de l’État avec des coupes massives dans certains secteurs comme celui de l’éducation. Début février, un budget a annoncé la suppression de 4000 postes dans l’Éducation nationale. L’État fait payer la guerre aux travailleur&rsquo;euses et coupe dans les secteurs publics. Mais il a également besoin d’une jeunesse prête à combattre et multiplie les partenariats entre l’Éducation nationale et les armées, notamment avec les dispositifs « classes défense » qui multiplient les liens et les rencontres entre l’armée et les élèves.</p>



<p>Depuis 2026, un service militaire « volontaire » est mis en place pour les jeunes âgé&rsquo;es entre 18 et 25 ans pour une durée de 8 à 12 mois, rémunéré et offrant des avantages d’accès à l’emploi. Ce dispositif vise évidemment les jeunesses populaires et ouvrières qui vont voir en celui-ci une possibilité de revenu et d’accès au marché du travail. Pour justifier les saignées dans l’éducation et de tels dispositifs, Macron développe un argumentaire nationaliste et raciste pro-guerre.</p>



<p>La mobilisation des travailleur&rsquo;euses de l’Éducation nationale est un début de réponse aux contradictions des guerres impérialistes qui ne peuvent se faire sans le soutien des travailleur&rsquo;euses qui n’y ont pas intérêt et qui en paient le prix.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La mobilisation lycéenne déclenche l’opposition au budget de guerre</h3>



<p>Le mouvement a débuté le 5 mars par un blocus lycéen contre la militarisation de la jeunesse. Cette action a lieu en solidarité avec un appel des organisations lycéennes en Allemagne contre la militarisation. Ce jour a vu des grèves et manifestations dans plus de 140 villes outre-Rhin avec plus de 50 000 lycéen&rsquo;nes en manifestation.</p>



<p>En France, l’écho a été partiel mais à Marseille le blocus le 5 mars a participé du déclenchement de blocus contre la militarisation et le budget de guerre. Les jours suivants, plusieurs établissements scolaires sont bloqués. La participation des lycéen&rsquo;nes permet d’accélérer les grèves des travailleur&rsquo;euses de l’éducation qui débutent le 10 mars dans plusieurs établissements particulièrement touchés par les coupures budgétaires.</p>



<p>La détermination des lycéen&rsquo;nes permet de convaincre les enseignant&rsquo;es de la grève en affirmant la nécessité de la solidarité avec les élèves qui bloquent et subissent une répression inouïe. L’Éducation nationale et la préfecture répriment les blocus avec l’envoi systématique de CRS, des G.A.V de lycéen&rsquo;nes mobilisé&rsquo;es, des interpellations à domicile d’élèves mineur&rsquo;es et même des fichages de certain&rsquo;es élèves par le rectorat.</p>



<p>Dans les manifestations intersyndicales, les lycéen&rsquo;nes animent des cortèges dynamiques, avec des slogans contre la guerre, contre la militarisation de la jeunesse, contre le génocide en Palestine, contre l’extrême droite et pour les services publics.</p>



<p>Des assemblées générales lors des journées de mobilisation ont regroupé lycéen&rsquo;nes, parents d’élèves et enseignant&rsquo;es. Ça a favorisé la politisation du mouvement en le faisant dépasser les revendications purement économiques propres au secteur, pour lui donner un caractère plus politique, qui lie les coupes budgétaires au contexte d’économie de guerre.</p>



<p>La répression inédite des lycéen&rsquo;nes a révélé ce que l’État était prêt à faire pour éviter que le mouvement ne se diffuse dans d’autres secteurs touchés par les coupes budgétaires dans un contexte de forte augmentation du carburant qui renforce l’impopularité de la guerre.</p>



<p>Toutefois, le mouvement ne s’est pas étendu au-delà du secteur de l’éducation à Marseille. Les militant&rsquo;es syndicalistes n’ont pas perçu le potentiel de ce type de mouvement et ne s’en sont donc pas saisi. Il a pourtant le potentiel pour faire reculer le gouvernement, non seulement sur l’éducation mais dans l’ensemble des secteurs visés par l’économie de guerre.</p>



<p>En ce sens, le communiqué écrit le 17 mars, en réponse à l’appel de l’AG éducation de Marseille à généraliser la grève le 26 mars, par les enseignant&rsquo;es du lycée Voltaire à Paris est exemplaire. En appelant à la grève nationale reconductible sur des mots d’ordre « des moyens pour l’éducation, pas pour la guerre ! Nos mobilisations sont la solution », il permet d’imaginer ce que pourrait changer la présence de camarades implanté&rsquo;es dans de nombreux établissements au niveau national voulant généraliser et politiser la grève.</p>



<p>Le potentiel du mouvement des travailleur&rsquo;euses de l’éducation contre la guerre dépasse la France.</p>



<p>Un mouvement d’ampleur dans l’éducation, qui dépasserait les frontières nationales, contre la destruction de l’école publique pour financer l’armée et les génocides, est possible.</p>



<p>En Italie, après avoir été impliqué dans les grèves pour la Palestine de septembre dont les taux de grève ont dépassé ceux des dernières années, le secteur de l’éducation appelle à une grève le 7 mai 2026 contre le budget de guerre, la militarisation de la jeunesse et la réforme des lycées professionnels qui s’annonce très suivie. D’après Francesco Tirro (militant syndicaliste éducation USB Scuola, rencontré lors de la flottille pour Gaza), « ces grèves sont le résultat d’un travail conscient syndical de liaison des conditions de travail à une situation politique plus générale d’économie de guerre, de militarisation de la jeunesse et de complicité du gouvernement Méloni avec le génocide en Palestine ».</p>



<p>Cette date de grève, appelée par plusieurs syndicats avec des mots d’ordre politiques, doit être suivie de près et montre les capacités des travailleur&rsquo;euses à riposter face à la guerre et la militarisation de la jeunesse.</p>



<p><strong>Anouk Brunet (Marseille)</strong></p>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/contre-le-budget-de-guerre-et-lausterite-toustes-en-greve/">Contre le budget de guerre et l’austérité, tous&rsquo;tes en grève !</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>1er Mai antiraciste, contre le génocide et contre la guerre : montrer à notre classe qu&#8217;on va continuer à se battre pour gagner</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/1er-mai-antiraciste-contre-le-genocide-et-contre-la-guerre-montrer-a-notre-classe-quon-va-continuer-a-se-battre-pour-gagner/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Mathilde]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 24 Apr 2026 12:58:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[1er mai]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Dans plusieurs villes en France, se constituent à l&#8217;occasion du premier mai des cortèges contre le racisme, contre le fascisme, contre le colonialisme et contre la guerre. À Paris, un pôle appelé par la Marche <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/1er-mai-antiraciste-contre-le-genocide-et-contre-la-guerre-montrer-a-notre-classe-quon-va-continuer-a-se-battre-pour-gagner/" title="1er Mai antiraciste, contre le génocide et contre la guerre : montrer à notre classe qu&#8217;on va continuer à se battre pour gagner">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Dans plusieurs villes en France, se constituent à l&rsquo;occasion du premier mai des cortèges contre le racisme, contre le fascisme, contre le colonialisme et contre la guerre. À Paris, un pôle appelé par la Marche des solidarités et Urgence Palestine articulera ces revendications. Entretien avec Mathieu Pastor, d&rsquo;A2C et de la Marche des solidarités, qui nous explique pourquoi et comment se saisir du 1er mai pour engager notre classe sur le terrain de la lutte politique, dans un contexte de polarisation marquée.</p>



<p><strong>Pendant le mois de mars, en France avec le 8 mars et le 14 mars, et à l&rsquo;international avec des mobilisations autour du 28 mars, on a vu des mobilisations massives, très politiques, des gens qui descendaient dans la rue en se posant à la fois la question de lutter contre le patriarcat, contre les fascistes, contre le racisme, et aussi contre la guerre, contre l&rsquo;impérialisme. Est-ce que tu pourrais revenir un petit peu sur ce qu&rsquo;on doit apprendre de cette période et nous dire si le 1er mai et le mois qui va suivre pourraient s’inscrire dans la continuité du mois de mars ?</strong>&nbsp;</p>



<p>Je pense que le premier enseignement de cette période, c&rsquo;est se dire qu&rsquo;il y a quelque chose qui est possible. Ce qu&rsquo;on ressort de cette séquence, c’est que malgré ce qu’on se prend dans la tête, c&rsquo;est-à-dire les guerres, l&rsquo;autoritarisme, le racisme, le fascisme, il y a des volontés de se battre.</p>



<p>C&rsquo;est ce qu&rsquo;on nomme la polarisation, c&rsquo;est-à-dire d’un côté l&rsquo;augmentation de l&rsquo;offensive de la classe dirigeante &#8211; et à travers ça de la capacité des fascistes à s&rsquo;organiser &#8211; et d’un autre côté, un écho de plus en plus large pour se battre contre cette trajectoire-là et pour s&rsquo;engager.</p>



<p>C’est ce qu’on a vu le 8 mars, avec toustes celleux qui ont manifesté pour les droits des femmes, et qui, dans certaines villes, <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/feminisme/retour-dexperience-sur-le-08-mars-2026/">se sont battu·es pour virer les fascistes et les sionistes</a>. C’est ce qu’on a revu <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/manifestations-antiracistes-et-antifascistes-du-14-mars-une-opportunite-pour-construire-un-front-antiraciste/">le 14 mars</a>, les mobilisations massives dans 102 villes, contre le racisme, le fascisme et les violences policières. Et c’est ce qu&rsquo;on a vu plutôt à l&rsquo;international le 28 mars : aux États-Unis avec des mobilisations dans 3000 villes ; à Rome, où pour la première fois depuis que Meloni est arrivée au pouvoir, il y a eu une mobilisation de 300 000 personnes contre son gouvernement et contre le fascisme ; et à Londres, où il y a eu 500 000 personnes mobilisées, soit la plus grande manif de l&rsquo;histoire d’Angleterre contre le racisme et le fascisme. Donc ce qu’on voit, c’est que les gens ont envie de se battre, et à une échelle très importante. Dès qu&rsquo;on propose une stratégie qui démontre qu&rsquo;en se mobilisant ça va compter, il y a un écho pour ça.</p>



<p>Le meilleur des exemples pour se rendre compte de ce qui est en train de se passer, c&rsquo;est les États-Unis. Trump arrive il y a un an et demi pour son second mandat et il paraît avoir un boulevard devant lui. La gauche, aux États-Unis et dans le monde entier, est presque tétanisée face à sa prise de pouvoir. Il a démontré qu&rsquo;il était prêt à s’engager dans ce boulevard, que ce soit par les premières attaques contre les migrant·es, l&rsquo;offensive au Venezuela… Et puis là soudainement, déjà l&rsquo;année dernière avec les <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/videos/session-douverture-du-festival-des-idees-revolutionnaires-da2c/">premières mobilisations à Los Angeles</a> dans les quartiers contre ICE, et puis de manière plus éclairante <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/comment-minneapolis-solidaire-et-antiraciste-a-resiste-a-ice/">à partir de la fin 2025 à Minneapolis</a>, on voit qu&rsquo;il y a un espoir qui renaît, et que quand cet espoir renaît, et que tout le monde sent qu&rsquo;en s&rsquo;engageant il y a moyen de gagner, le mouvement peut prendre une ampleur où soudainement le rapport de force paraît presque de notre côté. Aux États-Unis, il n&rsquo;y a pas de jour férié le 1er mai, donc les travailleurs et les travailleuses travaillent ce jour-là. Mais là, il faut voir le <a href="https://www.iceoutnowmn.com/">programme du 1er mai</a>. C&rsquo;est très impressionnant. Il y a un appel à la grève. Par exemple, Minneapolis appelle à la grève dès le matin et l’après-midi à une grande marche contre ICE et pour la régularisation des sans-papiers.</p>



<p>Et ici en France, le 1er mai, une date qui est déjà présente dans la tête de beaucoup de monde, comme une date emblématique de la lutte contre le capitalisme, de la lutte de solidarité internationale des travailleurs et des travailleuses, ça va être une date très importante pour mesurer où on en est du mouvement. Je pense que beaucoup de personnes ont prévu de s&rsquo;en saisir, et que beaucoup de collectifs ont prévu d&rsquo;y intervenir.</p>



<p><strong>À A2C on pense que c&rsquo;est cette classe des travailleureuses que tu as citée, qui peut changer le système. Pour s&rsquo;adresser largement à la classe qui n&rsquo;est pas spontanément révolutionnaire, on a tendance à se dire qu&rsquo;il faut parfois limiter les mots d&rsquo;ordre &#8211; construire des fronts contre le racisme, qui soient aussi indépendants des fronts pour la Palestine, des fronts contre l&rsquo;impérialisme, des fronts féministes… Comment est-ce qu&rsquo;on peut articuler la nécessité d’adresser largement toutes ces revendications, et le fait qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui, des milliers de personnes en train de se politiser en viennent à penser une riposte globale contre un système global ? Quelle forme ça va prendre pour le 1er mai ? Et quelles suites est-ce que ça peut donner ? </strong></p>



<p>Déjà je pense que pour l&rsquo;ensemble des collectifs qui ont mené les combats de ces dernières semaines, que ce soit au sein du front féministe, que ce soit au sein du front antiraciste, antifasciste, la première des conditions pour s&rsquo;adresser à la classe dans cette période, c&rsquo;est d&rsquo;en être le 1er mai. C&rsquo;est d&rsquo;en être et d&rsquo;y intervenir collectivement. Ensuite je pense que justement, il y a un écho en ce moment pour des mots d&rsquo;ordre qui, même lorsqu’ils sont pris « séparément » (au sein des fronts spécifiques qui les formulent), ne sont pas des mots d’ordres au rabais, mais qui au contraire engagent au combat et proposent une stratégie.&nbsp;</p>



<p>Par exemple, au sein de la <a href="https://www.antiracisme-solidarite.org/accueil">Marche des solidarités</a>, on mobilise sur la question de la régularisation des sans-papiers. Derrière cette revendication, tu poses forcément la question de l&rsquo;unité, de la solidarité, du fait que même si tu n&rsquo;es pas sans-papiers, tu es concerné·e par la régularisation de tout le monde. Si on propose des mots d&rsquo;ordre contre l&rsquo;islamophobie pour se défendre face aux attaques de l’État contre toutes celles et ceux qui parmi nous sont musulmans et musulmanes, contre les attaques des mosquées par les fascistes, c’est pareil, ce ne sont pas des mots d&rsquo;ordre au rabais. Ce sont des revendications qui, par ailleurs, il y a quelques années, pouvaient paraître hyper radicales, mais qui au fur et à mesure de ces dernières années sont de plus en plus reprises largement. On ne va pas noyer tous ces fronts dans une lutte anticapitaliste, anti-impérialiste. Il y a besoin de combats sur des front spécifiques, qui ont besoin d’implication spécifiques, car on a besoin de victoires sur ces fronts-là. Mais on va montrer qu’on peut mener ces combats tout en disant « Oui, on se bat ensemble contre ce système ». Toutes et tous ensemble, on va appeler à la régularisation des sans-papiers. Toutes et tous ensemble, on va appeler à la solidarité avec la Palestine. Toutes et tous ensemble, on va appeler à la solidarité contre l&rsquo;islamophobie.</p>



<p>Pour revenir sur le 1er mai, je pense que ce qui va compter pour s&rsquo;adresser à la classe, c&rsquo;est de montrer qu&rsquo;on est prêts et prêtes à se battre. Un des moyens à travers lesquels on compte faire ça en région parisienne, c&rsquo;est d&rsquo;appeler à un grand pôle dans la manifestation, un pôle antiraciste, antifasciste, antisioniste et anticolonialiste contre la guerre, qui va s&rsquo;appuyer sur deux forces : la Marche des solidarités avec les collectifs de sans-papiers et les mineurs isolés en lutte, les collectifs de quartiers contre le racisme et contre le fascisme, et <a href="https://www.urgence-palestine.com/">Urgence Palestine</a>, qui se bat pour la solidarité avec le peuple palestinien. L&rsquo;année dernière déjà, on avait mené une première fois cette expérience, et à Paris, ça avait été le 2e cortège le plus important de la manifestation derrière celui de la CGT, ce qui est quand même significatif.&nbsp;</p>



<p>Et là, nous, on veut un pôle le plus massif possible, pas juste pour envoyer un message de visibilité, pas juste pour faire une démonstration de force. On veut envoyer le message qu’on est déterminé·es à se battre et que le combat va continuer dès les prochaines semaines, que ce soit pour le 9 mai virer les fachos qui veulent marcher dans Paris <em>[Une contre-manifestation partira le 9 mai à 14h de la station Saint-Michel contre le C9M, marche annuelle de militants néonazis]</em>, que ce soit pour gagner des régularisations, que ce soit pour affirmer notre solidarité à la Palestine ou pour renforcer notre capacité à riposter face à la marche vers la guerre, comme on a pu voir ces dernières semaines dans les mobilisations lycéennes et du secteur de l’éducation.&nbsp;</p>



<p>Et je pense que ça, c&rsquo;est la première des choses à faire pour s&rsquo;adresser à la classe dans la période dans laquelle on est. Les gens, ils n&rsquo;ont pas envie de défiler pour la gloire. Ils ont envie de se battre pour gagner. Et donc, c&rsquo;est comme ça qu&rsquo;on va le faire en région parisienne et il y a des échos qu&rsquo;il va y avoir des cortèges similaires dans d&rsquo;autres villes, à Marseille, à Rennes, à Rouen, à Toulouse, à Saint-Brieuc&#8230; Voilà comment on s&rsquo;adresse massivement à la classe.</p>



<p><strong>Comment est-ce que les révolutionnaires peuvent espérer soutenir, construire cette dynamique-là qui est en train d&rsquo;émerger ? Et quelles sont nos tâches pour mieux l&rsquo;accompagner, convaincre que c&rsquo;est la bonne et poser la question de quelle stratégie pour gagner</strong> ?</p>



<p>Donc, il y a déjà ce mouvement-là, qui démontre qu&rsquo;il y a un potentiel pour lutter largement. Maintenant, toute la question est, quelle est la stratégie pour gagner ? Car ce n&rsquo;est pas parce qu&rsquo;il y a un mouvement que la stratégie est spontanément dirigée vers le renforcement de ce mouvement et le renforcement de ses capacités pour gagner. Et pour tout ça, il y a besoin de débats sur quelles stratégies on doit mener, sur ces différents fronts dont j&rsquo;ai parlé. Quelle stratégie dans le front antiraciste, antifasciste ? Quelle stratégie dans le front anticolonialiste et de solidarité avec la Palestine ? Quelle stratégie dans le front contre la guerre ? Et pour ça, le mouvement seul, ça ne suffit pas. Ce n&rsquo;est pas uniquement des collectifs de militants et de militantes qui vont, dans chacun de ces fronts, devoir se poser la question de quelle stratégie. Il faut aussi une intervention révolutionnaire, organisée.</p>



<p>À A2C, on pense que la stratégie pour gagner, elle doit s’élaborer par la combinaison d&rsquo;une analyse théorique marxiste et de son expérimentation, de sa pratique dans le mouvement. Et pour ça, on propose un grand événement à Paris, le 16 et 17 mai, un <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/boussoles-2/">festival <em>Boussoles</em></a>, où il va y avoir 25 discussions, qui visent à dénouer des questions qui se posent dans le mouvement :&nbsp;</p>



<p>La libération de la Palestine se joue-t-elle uniquement en Palestine, ou doit-elle passer par le soulèvement des classes ouvrières des pays arabes environnants ?&nbsp;</p>



<p>Qu’est ce qui va compter dans le mouvement antiraciste ? Mettre une priorité à se battre contre les attaques de la classe dirigeante, massivement dirigées contre celles et ceux qui, parmi nous, sont migrants et migrantes, celles et ceux qui, parmi nous, sont musulmans et musulmanes, en pensant qu&rsquo;à travers la riposte face à ces attaques-là, on va renforcer l&rsquo;ensemble du mouvement antiraciste ? Le fait d&rsquo;avoir une représentativité d&rsquo;élus issus des classes populaires racisées va-t-il être déterminant ?&nbsp;</p>



<p>Faut-il penser que le Rassemblement National est l’incarnation du danger fasciste en France, et penser que c’est via le développement de ce parti que l’ensemble du mouvement fasciste, que ce soit les groupuscules, les milliardaires à la Bolloré, les médias, se renforce ? Ou doit-on, sur un plan stratégique, penser que se battre contre Bolloré équivaut à se battre contre Le Pen ?&nbsp;</p>



<p>Toutes celles et ceux qui font l&rsquo;expérience de l&rsquo;implication dans ces fronts-là se confrontent à ces questions et toutes ces questions-là vont être présentes à ce festival.</p>



<p>En plus d’un regroupement d’activistes et révolutionnaires en France, on a invité des camarades syndicalistes de Minneapolis, qui interviendront pour nous raconter leurs expériences, mais aussi des <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/greve-pour-gaza-le-28-novembre-en-italie-notre-defi-est-de-relier-la-lutte-pour-la-palestine-aux-conditions-economiques-et-de-travail-en-italie/">camarades d’Italie</a>, où on a vu comment, justement, l&rsquo;ensemble de la classe, elle redresse la tête et elle reprend confiance dans ses capacités à gagner à travers un grand mouvement de grève en solidarité avec la Palestine, ou encore des camarades de Grande-Bretagne, là où la constitution d&rsquo;un front large contre le fascisme et le racisme est en train de redonner espoir dans la capacité de gagner de l&rsquo;ensemble de la classe.</p>



<p>On a besoin d&rsquo;espaces de discussion, d&rsquo;élaboration stratégique, à partir de boussoles et d&rsquo;analyses théoriques, à partir d’expériences vécues, et nous, c&rsquo;est ça qu&rsquo;on veut proposer à travers <em>Boussoles</em>.&nbsp;</p>



<p><strong>Mathieu Pastor, Paris 20e. Propos recueillis par Milig Sinou, Paris 19e.</strong></p>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/1er-mai-antiraciste-contre-le-genocide-et-contre-la-guerre-montrer-a-notre-classe-quon-va-continuer-a-se-battre-pour-gagner/">1er Mai antiraciste, contre le génocide et contre la guerre : montrer à notre classe qu&rsquo;on va continuer à se battre pour gagner</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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		<title>Le sionisme, la Palestine et la classe ouvrière Égyptienne</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/international/le-sionisme-la-palestine-et-la-classe-ouvriere-egyptienne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Emil]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Mar 2026 20:34:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Théorie]]></category>
		<category><![CDATA[Colonisation]]></category>
		<category><![CDATA[egypte]]></category>
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		<category><![CDATA[intifada]]></category>
		<category><![CDATA[Israel]]></category>
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		<category><![CDATA[printemps arabe]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Nous avons porté une lecture attentive aux déclarations faites par Georges Ibrahim Abdallah dès son arrivée au Liban, libéré après 41 années de détention dans les prisons françaises. Ce militant communiste y identifie la centralité <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/le-sionisme-la-palestine-et-la-classe-ouvriere-egyptienne/" title="Le sionisme, la Palestine et la classe ouvrière Égyptienne">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>Nous avons porté une lecture attentive aux déclarations faites par Georges Ibrahim Abdallah dès son arrivée au Liban, libéré après 41 années de détention dans les prisons françaises. Ce militant communiste y identifie la centralité de la population égyptienne pour mettre fin au génocide en Palestine en raison de la proximité géographique de l’Égypte et de Gaza, mais pas seulement. La construction historique de la classe ouvrière égyptienne, son rapport à l’État égyptien et à l’impérialisme occidental, ont amené différent·es militant·es à en venir à des conclusions similaires.</em></p>



<p><br><strong>L’unité illusoire des Palestinien·nes et des Israélien·nes</strong><br>C’est le cas d’Ygael Gluckstein (plus tard connu sous le nom de Tony Cliff), un Juif palestinien et militant marxiste né en 1917. Il développe dans <a href="https://www.marxists.org/archive/cliff/works/2000/wtw/index.htm">son autobiographie</a> une analyse à partir de son expérience concrète du développement du projet sioniste : l’incapacité de la Palestine à se libérer seule et par elle-même. Sa libération exige la construction d’un mouvement mondial de solidarité, dont l&rsquo;Égypte constitue un point central.<br>Son contexte familial illustre à quel point le sionisme, à son origine, ne trouve résonance que chez la bourgeoisie d’Europe de l’Est au début du 20e siècle.<br><em>« Je suis né dans une famille de la moyenne bourgeoisie juive palestinienne. Mes parents, oncles et tantes étaient des sionistes convaincu·es. Mon père et ma mère ont quitté la Pologne russe pour la Palestine en 1902 ; un de mes oncles y était arrivé dès 1888. Mon père était un grand entrepreneur qui a construit des tronçons du chemin de fer du Hedjaz. Son associé était Chaim Weitzman, le premier président d&rsquo;Israël. Des amis de ma famille comptaient parmi les sionistes les plus influents. »</em><br>Ygael Gluckstein rompt avec le sionisme de façon progressive, et ce dès l’enfance en raison de l’exclusion des enfants arabes de son école. À l’adolescence, il en vient même à changer d’identité :<br><em>« [Mon] prénom était inspiré d&rsquo;un héros sioniste, un personnage à la John Wayne, qui avait assassiné plusieurs Arabes. À l&rsquo;âge de 13 ans, j&rsquo;ai changé mon prénom d&rsquo;Ygael en Ygal. »</em><br>Plus loin, Ygal décrit la division entre le prolétariat palestinien arabe et les colons juifs. Son analyse est à la base de celle que Vanina Giudicelli développe dans l’article « <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/pourquoi-la-classe-ouvriere-israelienne-na-pas-interet-a-la-fin-de-lapartheid/">Pourquoi la classe ouvrière israélienne a intérêt à l’apartheid</a> ».<br>Selon lui, l’unité entre ces 2 classes est rendue impossible en raison d’une particularité que prend le sionisme dès l’implantation d’un foyer national juif : le développement d’une colonie de peuplement.<br><em>« Les sionistes qui ont émigré en Palestine à la fin du 19e siècle souhaitaient que toute la population soit juive. En Afrique du Sud, en revanche, les Blancs étaient les capitalistes et leurs courtisans, tandis que les Noirs formaient la classe ouvrière. En Palestine, où le niveau de vie des Arabes était très bas comparé à celui des Européens, et où le chômage, ouvert et caché, était très répandu, l&rsquo;exclusion des Arabes s&rsquo;est faite en leur fermant l&rsquo;accès au marché du travail juif. »</em><br>À la naissance d’Ygal, environ 95 % de la population était arabe, et iels restèrent largement majoritaires pendant de nombreuses années ; en 1945, les Arabes représentaient 68 % de la population.<br>Rompant donc tour à tour avec le sionisme, puis avec le stalinisme, Ygal fonde une organisation trotskiste palestinienne, et tente d’établir des liens entre ouvrièr·es juif·ves et arabes. Il déplore :<br><em>« Le fait de ne progresser en rien devenait de plus en plus frustrant. Officiellement, nous tenions le discours attendu : les ouvrièr·es arabes devaient combattre le sionisme et l&rsquo;impérialisme et rompre avec les dirigeants arabes réactionnaires ; les ouvrièr·es juif·ves devaient rejoindre les masses arabes dans la lutte. Nous répétions sans cesse le mot “devraient”. »</em><br>Il a donc dû à son tour renoncer à cette unité, en raison des bases matérielles de l’apartheid et de l’occupation israélienne.</p>



<p><br><strong>La classe ouvrière égyptienne ou le fléau de l’impérialisme au Moyen-Orient</strong><br>L’asymétrie des rapports de force entre colons sionistes et populations indigènes palestiniennes l’amène finalement à identifier la classe ouvrière égyptienne comme clé pour battre en brèche la dynamique aboutissant à la création de l’État d’Israël. En 1939, il signe un article « La politique de classe en Palestine » sous le pseudonyme de L. Rock. Dans son autobiographie, il remet ainsi cet article en contexte :<br><em>« La classe ouvrière palestinienne ne représentait qu&rsquo;une infime partie de la classe ouvrière arabe. Elle était minuscule comparée à la classe ouvrière égyptienne. Ainsi, en 1944, le nombre total de salariés palestiniens était estimé à 160 000. À titre de comparaison, le nombre de salariés égyptiens, hors ouvriers agricoles très nombreux, dépassait les 2 millions. Le plus grand effectif de travailleurs palestiniens au sein d&rsquo;une même unité – les chemins de fer – en 1944 était de 4 000. En comparaison, en Égypte, l&rsquo;usine textile de Mekhala el-Kubra employait plus de 30 000 personnes. […] La lutte des classes en Égypte était bien plus avancée que tout ce qui se passait en Palestine. »</em><br>Dès les années 1930-1940, l’impérialisme britannique est secoué par les révoltes de la classe ouvrière égyptienne, qui s’est régulièrement mobilisée contre l’impérialisme et en solidarité avec d’autres peuples opprimés : En 1947, les dockers et les marins égyptiens ont bloqué la circulation des navires néerlandais sur le canal de Suez en solidarité avec la lutte pour l’indépendance du peuple indonésien. A la fin des années 40, elle était organisée dans près de 500 syndicats.</p>



<p><br><strong>L’Égypte des années 50 à la révolution de 2011 : Capitalisme d’état, antagonismes de classes et cause palestinienne</strong><br>Dans les années 1950, les gouvernements indépendants des pays du Sud subissent une forte pression de la part de mouvements de masse réclamant le changement social. Manœuvrant entre les superpuissances rivales, Nasser obtient les financements et l’expertise nécessaires au développement économique tout en renforçant considérablement les institutions de l’État, tant civiles que militaires. Il a restreint les capitaux privés, tout en installant des dignitaires militaires dans des secteurs privés clés. De fait, il a jeté les bases d&rsquo;une coexistence des milieux militaro-bureaucratiques et privés au sein du capitalisme égyptien.<br>Sadate a consolidé cet arrangement, tout en favorisant progressivement les intérêts privés : son infitah, ou « ouverture » au milieu des années 1970 a imposé des politiques néolibérales, et amorcé le retrait de l’État en tant qu’acteur économique.<br>Sous Moubarak, ce projet a progressé jusqu&rsquo;à ce que, dans les années 1990, le secteur public hérité de Nasser soit vendu à des capitaux privés égyptiens et, surtout, à des investisseurs de la région du Golfe. Les réformes sociales et agraires de l&rsquo;ère Nasser ont été abrogées, les subventions sur les produits alimentaires de base et le carburant réduites ou supprimées. Le coût pour la population égyptienne a été immense, le chômage, l&rsquo;insécurité, la perte des terres pour les paysans et l&rsquo;appauvrissement ayant finalement alimenté le soulèvement de 2011. L’élite des officiers n’a pas été marginalisée lors de ce processus mais bien enrichie. En 2011, les forces armées détenaient des actifs dans un vaste éventail d&rsquo;entreprises, de la construction aux transports en passant par l&rsquo;industrie manufacturière. Dans un tel contexte, l’antagonisme entre patrons et salarié·es s’est bien souvent exprimé par des formes de luttes ouvrières alliant revendications économiques et politiques.<br>Depuis les années 70 s’est aussi engagé un processus de normalisation des relations égyptiennes avec l’entité sioniste. Par le traité de paix israélo-égyptien de 1979, l&rsquo;Égypte devient le premier régime arabe à reconnaître Israël. Depuis, la complicité entre ces 2 pays a accéléré la crise révolutionnaire en raison de la solidarité historique de la classe ouvrière égyptienne avec la cause palestinienne. Pour les Socialistes Révolutionnaires égyptiens (SR), <em>« Chaque cycle de lutte palestinienne dégage l’horizon de la lutte des classes dans le monde arabe, comme a pu le faire l’Intifada de 2000 qui a ouvert le cycle de luttes en Égypte qui a culminé dans la révolution de 2011 ».</em></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img data-dominant-color="5b5555" data-has-transparency="true" style="--dominant-color: #5b5555;" fetchpriority="high" decoding="async" width="1100" height="743" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/03/egypte-2-1100x743.webp" alt="" class="wp-image-10958 has-transparency" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/03/egypte-2-1100x743.webp 1100w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/03/egypte-2-300x203.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/03/egypte-2-768x518.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/03/egypte-2.webp 1197w" sizes="(max-width: 1100px) 100vw, 1100px" /><figcaption class="wp-element-caption">Manifestation devant le parlement égyptien (Le Caire) en réaction à l’offensive d’Israel sur Gaza, 28 décembre 2008.</figcaption></figure>



<p><br><strong>La contre-révolution, la Palestine et la re-Révolution !</strong><br>Après la révolution de 2011, les Frères Musulmans (FM) et leur chef Morsi sont élus. Mais leurs politiques opportunistes et leurs tentatives de réprimer la révolution leur aliénèrent rapidement des millions de personnes.<br>En 2013, Morsi est destitué par un coup d’Etat mené par l’armée et le général Al-Sissi. La première cible de cette offensive contre-révolutionnaire fut les FM. Morsi fut enlevé et emprisonné. Dès le mois suivant, quelque 2 000 de ses partisans furent massacrés lors de manifestations ; des centaines condamnés à mort et des dizaines de milliers emprisonnés. La plupart des partis et courants politiques ayant bénéficié des libertés instaurées par la révolution soutinrent cette offensive. Organisés au sein du Front de salut national (FSN), des partisans de Moubarak, de nouveaux partis libéraux capitalistes et des organisations de gauche se mobilisèrent en soutien à Al-Sissi et son régime militaire.<br>L’Égypte traverse à présent une crise économique sans précédent. La pression sur la population ne cesse de croître. La proportion de la population vivant sous le seuil de pauvreté a doublé ces dix dernières années. Des dizaines de millions de personnes vivent avec moins de 2 dollars par jour. Le chômage a explosé, notamment chez les personnes diplômées de l&rsquo;enseignement supérieur – environ 40 % des diplômé·es ne trouvent pas d&#8217;emploi. La monnaie égyptienne s&rsquo;est effondrée. En 2013, un dollar américain permettait d&rsquo;acheter environ six livres égyptiennes. Aujourd&rsquo;hui, un dollar vaut 50 livres égyptiennes.<br>Parallèlement, la colère gronde autour de la Palestine mais la répression est intense, alimentant une immense frustration chez des millions de personnes.<br>C’est ce que constatent les SR qui précisent :<br><em>« Lorsque l&rsquo;offensive israélienne a débuté sur Gaza, une journée de manifestations a eu lieu et de nombreuses personnes ont été arrêtées. Certaines sont encore emprisonnées et, depuis, toute manifestation publique est réprimée. Les universités, qui pendant des décennies ont été le théâtre de protestations contre les régimes d&rsquo;Anouar Al-Sadate et de Moubarak, sont devenues des cimetières. Nous organisions des manifestations de solidarité devant le Syndicat des journalistes chaque semaine, mais même celles-ci ont été réprimées. Au départ, des avocats de toute l&rsquo;Égypte avaient également organisé des manifestations de solidarité, mais celles-ci ont elles aussi pris fin. »</em><br>L’Égypte d’aujourd’hui, par bien des aspects, regroupe les conditions qui avaient été nécessaires à l’explosion révolutionnaire de 2011. Malgré les immenses difficultés actuelles, la cause palestinienne peut à nouveau accélérer l’irruption révolutionnaire nécessaire à foutre le régime de Sissi en l’air. La classe ouvrière égyptienne, en raison de l’antagonisme avec l’impérialisme britannique puis américain qu’elle partage avec la cause palestinienne, et au vu de sa solidarité internationaliste historique, pourrait, si elle le décidait, entraîner les pays arabes dans un nouveau cycle de révolutions à l’échelle régionale. Seul un tel processus sera à même de démanteler l’État colonial, d’appartheid et génocidaire israélien.</p>



<p><br>Gaël Braibant (Montreuil)</p>



<p><strong>Bibliographie : </strong><br>Vanina Giudicelli (2024), « <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/pourquoi-la-classe-ouvriere-israelienne-na-pas-interet-a-la-fin-de-lapartheid/">Pourquoi la classe ouvrière israélienne n’a pas intérêt à la fin de l’apartheid</a> », Revue #13.<br>Socialistes révolutionnaires (2024), « <a href="https://isj.org.uk/infuriating-the-masses/">‘‘This infuriates the masses.’’ How palestine and economic chaos fuel rage against Egypt’s dictatorship</a> », International Socialism.<br>Tony Cliff (2000), <a href="https://www.marxists.org/archive/cliff/works/2000/wtw/index.htm">A world to win, life of a revolutionary.</a><br>Socialistes révolutionnaires (2014), « <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/entre-les-lignes-pour-une-position-revolutionnaire-a-legard-du-hamas/">Entre les lignes : Pour une position révolutionnaire à l’égard du Hamas</a> ».<br>Philip Marfleet (2017), « <a href="https://isj.org.uk/neoliberalism-the-state-and-revolution-the-case-of-egypt/">Neoliberalism, the state and revolution : the case of Egypt</a> », International Socialsm n°155<br>Atef Saïd (2009), « <a href="https://lanticapitaliste.org/index.php/actualite/international/la-longue-histoire-du-mouvement-ouvrier-egyptien">La longue histoire du mouvement ouvrier égytpien</a> », L’Anticapitaliste (re-publication).</p>
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		<title>Point de vue sur les reflux et perspectives du mouvement féministe </title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/feminisme/reflux-perspectives-mouvement-feministe/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Solen Rennes]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 17 Feb 2026 23:03:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Féminisme]]></category>
		<category><![CDATA[Fémonationalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Grève]]></category>
		<category><![CDATA[Nemesis]]></category>
		<category><![CDATA[NousToutes35]]></category>
		<category><![CDATA[Palestine]]></category>
		<category><![CDATA[Stratégie]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Un peu moins de 10 ans après Me Too, le mouvement féministe est face à de multiples questionnements : comment mener la grève féministe ? Assiste-t-on à un reflux du mouvement ? Quels enjeux face <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/feminisme/reflux-perspectives-mouvement-feministe/" title="Point de vue sur les reflux et perspectives du mouvement féministe ">[...]</a></div>
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<p class="has-light-green-cyan-to-vivid-green-cyan-gradient-background has-background"><em>Un peu moins de 10 ans après Me Too, le mouvement féministe est face à de multiples questionnements : comment mener la grève féministe ? Assiste-t-on à un reflux du mouvement ? Quels enjeux face à la tentative de récupération politique par l&rsquo;extrême droite ? Entretien avec Kim Attimon, militante à Nous Toutes 35 et à A2C. </em></p>



<p><strong>Est-ce que tu as l&rsquo;impression que le mouvement féministe est en reflux en ce moment ?</strong></p>



<p class="has-white-background-color has-background">Je pense qu&rsquo;en effet c&rsquo;est peut-être un moment de reflux du mouvement féministe. Mais du coup, qui dit reflux, dit le préalable d&rsquo;avoir assisté depuis l&rsquo;émergence de MeToo en France en 2018, à une grande vague de mobilisation féministe telle qu&rsquo;on n&rsquo;en avait pas vue depuis plusieurs décennies. Cette quatrième vague, elle s&rsquo;est particulièrement emparée de la question des violences sexuelles. C&rsquo;est ce qui la différencie en partie des précédentes. Et puis, elle a la particularité de venir de pays du Sud comme le Chili et l’Argentine.</p>



<p>Il y a plusieurs féministes qui ont théorisé la question des flux et des reflux du mouvement en parlant du fameux « backlash » (retour de bâton) qui illustre la question du rapport de force. S&rsquo;il y a un moment de reflux du mouvement, c&rsquo;est aussi parce qu&rsquo;il y a eu un mouvement extrêmement fort et très organisé ces dernières années qui a imposé un nouveau rapport de force. Une partie du mouvement s&rsquo;est vachement structurée en France, notamment autour de Nous Toutes, qui a poussé sur un certain nombre de mots d&rsquo;ordre, en premier lieu le terme même de VSS, mais aussi la réalité des féminicides ou encore le fait que la culture du viol structure la société. Si ces trois notions nous paraissent évidentes aujourd&rsquo;hui, il y a cinq ans c&rsquo;était loin d’être le cas. En plus de ça, il y a aussi les questions du consentement et du tabou de l&rsquo;inceste : c&rsquo;étaient des choses dont on ne parlait pas du tout il y a encore très peu de temps.</p>



<p>Pour le mouvement féministe révolutionnaire, il a plutôt poussé sur la question de l&rsquo;articulation oppression-exploitation avec le mot d&rsquo;ordre de la grève féministe, parti des pays du Sud, Argentine et Chili notamment, avec des grèves assez suivies là-bas. Ce mot d&rsquo;ordre a été repris en France, mais avec plus de difficultés à lui donner une existence concrète. Je pense que ça vient aussi raconter une distance certainement plus grande entre les organisations traditionnelles du mouvement ouvrier et le mouvement féministe en France par rapport à ces pays.&nbsp;</p>



<p>Si aujourd&rsquo;hui on est plusieurs à percevoir une espèce de reflux, c&rsquo;est, je pense, en partie un reflux du mouvement féministe réformiste qui est dans un moment de fragilité. Notamment Nous Toutes au national qui cette année n&rsquo;a pas organisé la manifestation du 25 novembre, et semble traverser une période difficile en interne et en externe.</p>



<p>Il y aussi des questions de tension dans le mouvement. La direction de NT est poussée à sa gauche sur certaines questions. Avec des résultats parfois pas très concluants de mon point de vue.&nbsp; Je pense par exemple à l&rsquo;année dernière où l&rsquo;appel pour le 25 novembre était contre les violences d&rsquo;État, ce qui a rendu inaudible pour un certain nombre de personnes l’objet de la manifestation à savoir la lutte contre les VSS. Alors que l’objectif de NT depuis le début, c’est un mouvement massif et large. Voilà ce qui peut se produire lorsque des groupes, qui ne représentent pas grand chose, se mettent à pousser pour des arguments qui sont extrêmement minoritaires et souvent moraux … De l’autre côté il y a l’arrière-garde du CNDF et de Grève féministe qui tire sur la droite avec leurs arguments transphobes, anti travail du sexe et islamophobes. Elles non plus ne représentent plus grand-chose en termes de base active mais elles continuent d’avoir des liens historiques avec les syndicats et certains partis. Dans une certaine mesure, ça nous complique la tâche pour construire la grève féministe avec les syndicats sur nos bases pro-choix. En parallèle, le mouvement féministe révolutionnaire et anticapitaliste s&rsquo;est pas mal structuré avec la Coordination féministe, mais avec aussi quelques difficultés. Là, il y a encore beaucoup à fabriquer, en particulier ce fameux lien avec les syndicats pour porter à la fois la question de l&rsquo;oppression et de l&rsquo;exploitation.</p>



<p>Donc le reflux, je pense qu&rsquo;il est multicausal. Mais pour l&rsquo;instant, je n&rsquo;ai pas assez de recul pour savoir vraiment pourquoi c&rsquo;est maintenant. En tout cas, je pense que la fragilité de Nous Toutes, ça a un impact, notamment en termes de visibilité, sur les dates de mobilisations et le contexte plus général doit jouer également.</p>



<p><strong>C&rsquo;est quoi l&rsquo;avenir de la grève féministe ?</strong></p>



<p>Je pense que <strong><em>pour continuer de construire la grève féministe, il n&rsquo;y a pas le choix que d&rsquo;investir les syndicats</em></strong>. Historiquement, il y a un mouvement féministe autonome très fort en France qui est lié à l&rsquo;histoire du mouvement féministe matérialiste et la deuxième vague. Mais il y a quelque chose à reconstruire pour aller vers la grève féministe, ce qui veut dire aller dans les syndicats et construire cette grève à partir des lieux de travail.</p>



<p>L&rsquo;autre hypothèse que je fais et que je défends à NT35, c&rsquo;est l’intérêt de construire des groupes de quartier qui organisent notamment de la solidarité matérielle et permettent de construire la fameuse grève du travail reproductif à des échelles plus petites que la ville mais plus grande que la famille. Si on regarde en Argentine ou au Chili la façon dont les grèves ont pris, c&rsquo;est en partie ce qu&rsquo;il s&rsquo;est passé. Pour avoir vécu en Argentine, il y a des dynamiques de solidarité de quartier qui sont extrêmement présentes et qui sont liées au fait qu&rsquo;il y a énormément d&rsquo;économie informelle et beaucoup de moyens de subsistance parallèles au marché capitaliste formel, où la place des liens avec ses voisin.es par exemple est assez centrale. Et dans la capacité à structurer un mouvement et à mettre en grève les gens, quand tu sais que derrière t&rsquo;auras à manger, du soutien sur les tâches auxquelles les femmes sont assignées et contraintes, ça change quand même beaucoup de choses.</p>



<p>C&rsquo;est les deux perspectives que je vois : la réelle implantation dans les milieux de travail pour pouvoir mettre les gens en grève du travail salarié, et travailler l&rsquo;implantation de quartier pour avoir des bases de solidarités autour de nous pour construire la grève du travail reproductif ou plutôt sa mutualisation.</p>



<p>Parce que, ce qu&rsquo;on essaie d&rsquo;articuler avec la grève féministe&nbsp; c&rsquo;est un niveau de conscience de classe qui est très fort. Et si on arrive à convaincre une frange importante du mouvement, ça peut produire des choses assez incroyables dans la décennie qui vient.</p>



<p><strong>Sur les tentatives de récupération sionistes et fascistes des mobilisations féministes, quelles sont les luttes qui sont encore à mener ?</strong></p>



<p>Je m&rsquo;attendais à ce qu&rsquo;on soit beaucoup plus divisé.es ces deux dernières années sur la question de Nemesis, et même, plus spécialement sur la question de Nous vivrons. Pour le coup, j&rsquo;ai été assez agréablement surprise des réactions. J&rsquo;ai pas l&rsquo;impression que les arguments sionistes sur le 7 octobre aient pris dans le milieu féministe. Je trouve qu&rsquo;<strong><em>il y a eu un front pro-palestinien qui a pris le devant et a remporté la bataille des arguments</em></strong>. Pour autant, je pense que ça reste le champ de bataille idéologique du féminisme contemporain, la question de l&rsquo;instrumentalisation du féminisme à des fins racistes et à des fins coloniales. C’est pour ça qu’il faut continuer d&rsquo;armer le mouvement pour tenir bon, car les attaques ne vont pas s&rsquo;arrêter. <em><strong>Le féminisme est un outil parfait de la classe dirigeante pour diviser notre classe à partir d&rsquo;enjeux racistes</strong></em>, et c&rsquo;est d&rsquo;ailleurs une tendance qui existe depuis des décennies. Que ça vienne à la fois du féminisme d&rsquo;État à la Marlène Schiappa, ou d&rsquo;une partie du mouvement féministe qui s&rsquo;est tournée vers le réformisme avec une forme d&rsquo;adhésion au moins silencieuse à cette tendance-là, parce que c&rsquo;est un féminisme institutionnel qui vit de subventions mais aussi car une partie de ces groupes ont une conception profondément raciste de l’émancipation des femmes.</p>



<p>&nbsp;Il y a beaucoup à reconstruire car les mouvements féministes des années 2000 n’ont au mieux pas été à la hauteur des attaques islamophobes ou au pire y ont contribué activement. Il faut faire en sorte que pour toutes les nouvelles générations de féministes qui entrent en action ça devienne inévitable, incontournable d’avoir une approche antiraciste. Que notre féminisme soit un féminisme de classe, qui ne se sent pas proche des bourgeoises blanches racistes et qui argumente dur face aux discours qui disent que le patriarcat aurait une couleur, une origine, une religion.</p>



<p>C&rsquo;est particulièrement pour ça que je continue de m&rsquo;impliquer dans le mouvement féministe, mais aussi parce que je pense qu&rsquo;il y a plein de grandes choses qui peuvent se passer à partir de ces questions-là.</p>



<p>Mais en vrai, je trouve que le bilan est plutôt positif. Comme je disais, il y a toute une partie du mouvement féministe qui s&rsquo;est formée à la question de la libération de la Palestine ces trois dernières années. Il reste encore à passer à l’action dans certains endroits, ça fait partie des choses sur lesquelles progresser. S&rsquo;il y a encore plein de batailles à mener, il y en a certaines qui ont été remportées.</p>



<p>Kim Attimon, militante à Nous Toutes 35 (A2C Rennes)</p>



<p><em>Merci à Val et Solen pour leurs relectures et commentaires&nbsp;</em></p>
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		<title>Pas de front commun antifasciste sans luttes contre l&#8217;islamophobie</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/pas-de-front-commun-antifasciste-sans-luttes-contre-lislamophobie-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Emil]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 13 Feb 2026 12:26:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[Antifascisme]]></category>
		<category><![CDATA[Fascisme]]></category>
		<category><![CDATA[Impérialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Islamophobie]]></category>
		<category><![CDATA[Palestine]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">« Quand vous entendez dire du mal des Juifs, dressez l’oreille : on parle de vous. » Citant une punch-line de son professeur de philosophie antillais dans « Peau noire, masques blancs » (1952), Frantz <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/pas-de-front-commun-antifasciste-sans-luttes-contre-lislamophobie-2/" title="Pas de front commun antifasciste sans luttes contre l&#8217;islamophobie">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>« Quand vous entendez dire du mal des Juifs, dressez l’oreille : on parle de vous. »</em></p>



<p>Citant une punch-line de son professeur de philosophie antillais dans <em>« Peau noire, masques blancs » </em>(1952), Frantz Fanon nous met en garde sur l&rsquo;unicité du racisme dont l&rsquo;antisémitisme était à cette époque la pointe avancée. Dit d&rsquo;une autre façon, il ajoute : <em>« Depuis lors, j’ai compris qu’il voulait tout simplement dire : un antisémite est forcément négrophobe »</em>.</p>



<p>Quelque 70 ans plus tard, cette phrase garde tout son sens en parlant des musulman·es. Si l&rsquo;antisémitisme n&rsquo;a pas disparu, c&rsquo;est l&rsquo;islamophobie qui est aujourd&rsquo;hui le racisme assumé par le camp réactionnaire dans la bataille politique : rapport sur « l&rsquo;entrisme des Frères Musulmans <em>»</em> présenté en conseil de défense, expulsions d&rsquo;imams, multiples lois visant les musulman·es…</p>



<p>Ainsi, une partie de notre classe fait face à un arsenal de théories racistes, de plus en plus épaulées par les appareils d’État et la bourgeoisie. Cette sinistre idéologie de l&rsquo;ennemi de l&rsquo;intérieur, secondée par le matraquage de la laïcité à tout va, est la colonne vertébrale de l&rsquo;islamophobie.</p>



<p>Mais cette idéologie a une fonction. De la même façon que le racisme anti-noir a servi de légitimation de la mise en esclavage des africain·es et de la domination coloniale, l&rsquo;islamophobie sert un agenda politique raciste pour renforcer le camp réactionnaire et alimenter la funèbre logique de l&rsquo;impérialisme occidental.</p>



<h1 class="wp-block-heading"><strong>Derrière l&rsquo;islamophobie,  se cache l&rsquo;impérialisme</strong></h1>



<p>Quel lien entre un racisme qui explose, la course effrénée au développement de nouvelles technologies comme l&rsquo;IA, l&rsquo;austérité imposée aux peuples du monde entier et l&rsquo;explosion des budgets d&rsquo;armement et de ses guerres coloniales associées ? Le capitalisme. Et pour comprendre pourquoi le capitalisme alimente racisme et guerres impériales, il faut comprendre la logique même d&rsquo;un système économique basé sur l&rsquo;accumulation de capital.</p>



<p>Pour accumuler du capital, une entreprise a besoin d&rsquo;être compétitive. Sauf que sur le marché, la concurrence est rude. Par exemple, au cours des années 2010 et la généralisation d&rsquo;achats sur internet, les entreprises de vente en ligne voyaient leur marge nettement augmenter. Après le COVID, entre la concurrence accrue et les monopoles des géants comme Amazon, les prix ont drastiquement baissé (donc les profits avec). C&rsquo;est la trajectoire même du capital, appelée aussi « la baisse tendancielle du taux de profit <em>»</em>. Les profits baissent, mais il faut continuer d&rsquo;en faire coûte que coûte pour la survie de l&rsquo;entreprise. Pour cela, plusieurs solutions : baisser les salaires et supprimer des emplois (austérité) ; développer des nouvelles technologies (augmenter la productivité) ; étendre son marché vers d&rsquo;autres pays ou d&rsquo;autres secteurs et créer un monopole (guerres impérialistes).</p>



<p>C&rsquo;est vrai dans tous les domaines. Alors quand on parle ressources et matériaux (pétrole, uranium, terres rares&#8230;), on voit vite comment les enjeux territoriaux peuvent être énormes. Ainsi, la guerre économique entre les entreprises peut rapidement se muer en guerre tout court pour l&rsquo;accès aux ressources.</p>



<p>Cela explique en partie la situation au Yémen : depuis 2015, la coalition de pays arabes dirigée par l&rsquo;Arabie saoudite (et soutenue par les pays occidentaux) maintient le pays sous blocus naval et aérien, causant plus de 377 000 morts (par famine et bombardements indiscriminés). Objectifs : affaiblir le mouvement Ansarullah (Houthis, alliés de l&rsquo;Iran) pour sécuriser les routes commerciales comme le détroit de Bab el-Mandeb (12 % du pétrole mondial) et protéger les intérêts des multinationales pétrolières occidentales comme BP et Chevron.</p>



<p>Mais les guerres impérialistes ont un coût, et pour faire accepter ce coût à son peuple, un État doit trouver des justifications. C&rsquo;est là qu&rsquo;intervient la construction d&rsquo;un ennemi commun contre lequel l’État, tel un pompier-pyromane, nous garantira protection en échange de concessions politiques (restrictions des libertés) et économiques (l&rsquo;austérité).</p>



<p>Depuis la révolution iranienne de 1979, dans laquelle les États-Unis (alliés du pouvoir déchu) craignaient pour leurs intérêts, cet ennemi commun, ce sont les musulman·es ou supposé·es comme tels, et les pays dits musulmans. Ensuite, l&rsquo;attaque du 11 septembre a largement été exploitée pour accélérer cette doctrine.</p>



<p>Ennemi de l&rsquo;extérieur pour justifier le colonialisme et les guerres impérialistes. Ennemi de l&rsquo;intérieur pour empêcher l&rsquo;unification de notre classe et favoriser l&rsquo;exploitation.</p>



<h1 class="wp-block-heading"><strong>Défendre l&rsquo;unité, c&rsquo;est défendre les musulman·es</strong></h1>



<p>Si l&rsquo;islamophobie est aujourd&rsquo;hui la pointe avancée de l&rsquo;impérialisme occidental, elle s&rsquo;attaque en 1ᵉʳ lieu aux musulman·es, ou supposé·es, en instrumentalisant la lutte contre le terrorisme : invasion de l’Afghanistan par les USA en 2001, attaques « préventives <em>»</em> contre l&rsquo;Iran par Israël l&rsquo;année dernière, ostracisation des musulman·es de France… La liste est longue, et chacun de ses tirets devrait nous révolter en soi.</p>



<p>En plus de ces innombrables violences, l&rsquo;exclusion sociale des musulman·es nous divise et sert l&rsquo;exploitation de l&rsquo;ensemble de la classe ouvrière. Car face à une classe faible et divisée, dans laquelle on a laissé le racisme s&rsquo;immiscer, le patronat peut aisément imposer des conditions de travail qui nous sont de plus en plus défavorables. C&rsquo;est ce qu’explique le sociologue marxiste Al Szymanski. Il nous dit à propos des États-Unis des années 70 : « Plus la discrimination raciale est intense, plus bas sont les salaires des Blancs du fait de la variable intermédiaire de la solidarité de la classe ouvrière – en d’autres termes, le racisme désavantage économiquement les travailleurs blancs parce qu’il affaiblit l’organisation syndicale en détruisant la solidarité entre travailleurs noirs et blancs »<sup data-fn="ea20736e-21d6-4aa2-9840-499fc5bc51dc" class="fn"><a href="#ea20736e-21d6-4aa2-9840-499fc5bc51dc" id="ea20736e-21d6-4aa2-9840-499fc5bc51dc-link">1</a></sup>.</p>



<p>Quand les musulman·es se font attaquer, c&rsquo;est tout le camp social qui perd de la force.</p>



<p>De la même façon, l&rsquo;accélération des dissolutions d&rsquo;associations de ces dernières années a d&rsquo;abord visé des organisations cultuelles musulmanes (comme celle de la mosquée de Lagny-sur-Marne), puis celles de lutte contre l&rsquo;islamophobie (le CCIF<sup data-fn="4fca8dec-9b22-4747-a07c-d58a634568a7" class="fn"><a href="#4fca8dec-9b22-4747-a07c-d58a634568a7" id="4fca8dec-9b22-4747-a07c-d58a634568a7-link">2</a></sup>, aujourd&rsquo;hui réformé en CCIE<sup data-fn="7de86080-24b6-4006-8eef-2bd0e628ebb9" class="fn"><a href="#7de86080-24b6-4006-8eef-2bd0e628ebb9" id="7de86080-24b6-4006-8eef-2bd0e628ebb9-link">3</a></sup>). Devant la non-réaction du camp social, pourquoi le gouvernement n&rsquo;étendrait-il pas ces attaques à des collectifs antifascistes ou écologistes ? C&rsquo;est exactement le déroulé de ces 10 dernières années, où la réaction de notre camp a réellement commencé qu&rsquo;avec la tentative de dissolution des Soulèvements de la Terre, puis celle de la Jeune Garde ou d&rsquo;Urgence Palestine.</p>



<h1 class="wp-block-heading"><strong>La laïcité comme arme de guerre</strong></h1>



<p>Parmi les nombreux outils pour attaquer les musulman·es, la laïcité revient souvent sur la table. Elle est brandie messianiquement à chaque fois qu&rsquo;il s&rsquo;agit de taper sur les musulman·es. Sur les plateaux télé évidemment, mais aussi pour faire passer la batterie de lois islamophobes persécutant et excluant de l&rsquo;espace public et de l&rsquo;école nos camarades musulman·es (par exemple avec la loi de 2004 sur les signes religieux qui a servi de pied dans la porte des nombreuses lois islamophobes qui ont suivi).</p>



<p>À en croire les dires de l’État et de ses relais médiatiques, le musulman menacerait par définition les valeurs de la République, notamment parce qu&rsquo;il serait en contradiction avec la laïcité définie par la loi de 1905.</p>



<p>Il serait communautariste (voire séparatiste) lorsqu&rsquo;il prend soin de sa communauté. Autrement, il est taxé d&rsquo;entriste quand il correspond aux attentes républicaines, du style quand le lycée Averroès obtient des résultats exceptionnels au bac.</p>



<p>Pile tu perds, face tu perds.</p>



<p>À gauche, c&rsquo;est un peu plus subtil. Pour la loi de 2004 et pendant plus de 10 ans, c&rsquo;était surtout complaisance et grand silence. Aujourd&rsquo;hui, dans les balbutiements de soutien, il a souvent été pointé la non-exemplarité politique (impossible à avoir) des musulman·es visé·es par les violences d’État en scrutant chacune de leurs déclarations et de leurs liens passés.&nbsp;</p>



<h1 class="wp-block-heading"><strong>Islamophobie : les blocages à gauche</strong></h1>



<p>Pour que la gauche s’engage pleinement, déjà il lui faut dépasser son islamophobie encore présente jusque dans les cercles militants. Par exemple à Rennes, dans le mouvement pour la Palestine, une proposition en interne de l&rsquo;AG Palestine fut de faire une doha (prière) pour les morts à Gaza, mais celle-ci a été empêchée. De même pour les slogans en arabe, ça a été difficile de les faire accepter.</p>



<p>C&rsquo;est parfois une doctrine moraliste anti-religieuse qui empêche la solidarité. À l&rsquo;image de cette citation de Bakounine, dans son livre Dieu et l&rsquo;État, qui fut pourtant pendant longtemps sur ma table de chevet : <em>« Si Dieu est, l&rsquo;homme est esclave ; or l&rsquo;homme peut, doit être libre, donc Dieu n&rsquo;existe pas »</em>. Une vision binaire de la croyance, opposée à toute religion qui serait naturellement obscurantiste. Cela nous empêche d&rsquo;avoir une lecture matérialiste des structures oppressantes réellement à l’œuvre, en vue de les combattre.</p>



<p>Enfin, c&rsquo;est aussi une volonté de détruire le potentiel outil de résistance qu&rsquo;est l&rsquo;islam.&nbsp;</p>



<p>À droite, pour briser la résistance à l&rsquo;hégémonie capitaliste et impérialiste.</p>



<p>À gauche, car la seule identité légitime pour faire la révolution serait celle du prolétaire, toute autre identité est vue comme divisant la classe ouvrière. Si notre classe est effectivement traversée par des contradictions, c&rsquo;est une erreur de ne pas les prendre en charge et de laisser une partie de notre classe (ici les musulman·es) seule face aux violences racistes. Car l&rsquo;unicité se construit en opposition aux stratégies de division de la classe dirigeante.</p>



<h1 class="wp-block-heading"><strong>Lutter aux côtés des musulman·es</strong></h1>



<p>Face à ceux et celles qui nous accusent de complicité avec les musulman·es, il faut plaider coupable<sup data-fn="0e8a3ec6-6f73-47c1-903e-2dac028b7eea" class="fn"><a href="#0e8a3ec6-6f73-47c1-903e-2dac028b7eea" id="0e8a3ec6-6f73-47c1-903e-2dac028b7eea-link">4</a></sup>. Coupable de défendre la liberté de culte. Coupable de défendre la Palestine, de la mer au Jourdain. Coupable de défendre la liberté, l&rsquo;égalité et la fraternité réelle pour toutes et tous. Chaque musulman·e attaqué·e pour ce qu&rsquo;il est, se doit d&rsquo;être défendu·e, qu&rsquo;importe les différents politiques existant. Que ce soit l&rsquo;imam Hassan Iquioussen victime de la loi séparatisme et menacé d&rsquo;expulsion, ou Omar Alsoumi arrêté pour « apologie de terrorisme <em>»</em> pour avoir soutenu la résistance palestinienne, ou une mosquée attaquée, nous devons réagir depuis nos collectifs. Chaque solidarité effective contre les violences islamophobes participe à l&rsquo;unification de notre classe, et donc nous renforce collectivement.</p>



<p>Malgré tout, dans les moments critiques, nous pouvons entrapercevoir nos possibles alliances. Lors de l&rsquo;horrible meurtre filmé d&rsquo;Aboubakar Cissé en pleine prière, une partie de la gauche radicale a rapidement réagi pour participer aux mobilisations.</p>



<p>De la même façon, les 2 dernières années de lutte contre le génocide à Gaza et la colonisation en Cisjordanie sont parties d&rsquo;un mouvement par en bas et ont montré qu&rsquo;avec un objectif clair (arrêter le génocide), il est possible de dépasser nos contradictions et de lutter au coude à coude, musulmans ou non. Pour autant, les quelques ponts qui se sont créés se sont faits au prix du sacrifice de centaines de milliers de palestinien·nes, et globalement la réaction de notre camp reste très loin d&rsquo;être satisfaisante.</p>



<p>Maintenant, il faut arrêter d&rsquo;essentialiser les organisations musulmanes ou de les voir comme un bloc homogène, pour les considérer pour ce qu&rsquo;elles sont : des forces politiques avec lesquelles il est possible de s&rsquo;allier pour les prochains combats à mener, en particulier pour créer un front commun conséquent contre le racisme et le fascisme.</p>



<p><strong><em>Camille (A2C Rennes)</em></strong></p>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="ea20736e-21d6-4aa2-9840-499fc5bc51dc">A. Szymanski, <em><a href="https://www.jstor.org/stable/2094250">« Racial Discrimination and White Gain »</a></em>, American Sociological Review, 41 (1976), pp. 409-412. <a href="#ea20736e-21d6-4aa2-9840-499fc5bc51dc-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li><li id="4fca8dec-9b22-4747-a07c-d58a634568a7">CCIF : Collectif Contre l&rsquo;Islamophobie en France <a href="#4fca8dec-9b22-4747-a07c-d58a634568a7-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2">↩︎</a></li><li id="7de86080-24b6-4006-8eef-2bd0e628ebb9">CCIE : Collectif Contre l&rsquo;Islamophobie en Europe <a href="#7de86080-24b6-4006-8eef-2bd0e628ebb9-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3">↩︎</a></li><li id="0e8a3ec6-6f73-47c1-903e-2dac028b7eea">Inspiré de l&rsquo;article <em><a href="https://www.lignes-de-cretes.org/contre-lslamophobie-le-11-mai-et-apres-aimez-nous-vivants/">« Contre l’islamophobie : le 11 mai et après, aimez-nous vivants »</a></em>, Nadia Meziane, lignes-de-cretes.org <a href="#0e8a3ec6-6f73-47c1-903e-2dac028b7eea-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4">↩︎</a></li></ol><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/pas-de-front-commun-antifasciste-sans-luttes-contre-lislamophobie-2/">Pas de front commun antifasciste sans luttes contre l&rsquo;islamophobie</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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			</item>
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		<title>Pas de front commun antifasciste sans luttes contre l&#8217;islamophobie</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/pas-de-front-commun-antifasciste-sans-luttes-contre-lislamophobie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ahmed Hammad]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 11 Feb 2026 08:27:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[Revue d'A2C]]></category>
		<category><![CDATA[Théorie]]></category>
		<category><![CDATA[Antifascisme]]></category>
		<category><![CDATA[Front Uni]]></category>
		<category><![CDATA[Impérialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Islamophobie]]></category>
		<category><![CDATA[Palestine]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=10822</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Les Cahiers d&#8217;A2C #20 &#8211; janvier 2026 « Quand vous entendez dire du mal des Juifs, dressez l’oreille : on parle de vous. » Citant une punch-line de son professeur de philosophie antillais dans « <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/pas-de-front-commun-antifasciste-sans-luttes-contre-lislamophobie/" title="Pas de front commun antifasciste sans luttes contre l&#8217;islamophobie">[...]</a></div>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/pas-de-front-commun-antifasciste-sans-luttes-contre-lislamophobie/">Pas de front commun antifasciste sans luttes contre l&rsquo;islamophobie</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-text-align-right has-luminous-vivid-amber-background-color has-background" style="font-size:11px;text-transform:uppercase"><strong>Les Cahiers d&rsquo;A2C #20 &#8211; janvier 2026</strong></p>



<p><em>« Quand vous entendez dire du mal des Juifs, dressez l’oreille : on parle de vous. »</em></p>



<p>Citant une punch-line de son professeur de philosophie antillais dans <em>« Peau noire, masques blancs » </em>(1952), Frantz Fanon nous met en garde sur l&rsquo;unicité du racisme dont l&rsquo;antisémitisme était à cette époque la pointe avancée. Dit d&rsquo;une autre façon, il ajoute : <em>« Depuis lors, j’ai compris qu’il voulait tout simplement dire : un antisémite est forcément négrophobe »</em>.</p>



<p>Quelque 70 ans plus tard, cette phrase garde tout son sens en parlant des musulman·es. Si l&rsquo;antisémitisme n&rsquo;a pas disparu, c&rsquo;est l&rsquo;islamophobie qui est aujourd&rsquo;hui le racisme assumé par le camp réactionnaire dans la bataille politique : rapport sur « l&rsquo;entrisme des Frères Musulmans <em>»</em> présenté en conseil de défense, expulsions d&rsquo;imams, multiples lois visant les musulman·es…</p>



<p>Ainsi, une partie de notre classe fait face à un arsenal de théories racistes, de plus en plus épaulées par les appareils d’État et la bourgeoisie. Cette sinistre idéologie de l&rsquo;ennemi de l&rsquo;intérieur, secondée par le matraquage de la laïcité à tout va, est la colonne vertébrale de l&rsquo;islamophobie.</p>



<p>Mais cette idéologie a une fonction. De la même façon que le racisme anti-noir a servi de légitimation de la mise en esclavage des africain·es et de la domination coloniale, l&rsquo;islamophobie sert un agenda politique raciste pour renforcer le camp réactionnaire et alimenter la funèbre logique de l&rsquo;impérialisme occidental.</p>



<h1 class="wp-block-heading"><strong>Derrière l&rsquo;islamophobie, se cache l&rsquo;impérialisme</strong></h1>



<p>Quel lien entre un racisme qui explose, la course effrénée au développement de nouvelles technologies comme l&rsquo;IA, l&rsquo;austérité imposée aux peuples du monde entier et l&rsquo;explosion des budgets d&rsquo;armement et de ses guerres coloniales associées ? Le capitalisme. Et pour comprendre pourquoi le capitalisme alimente racisme et guerres impériales, il faut comprendre la logique même d&rsquo;un système économique basé sur l&rsquo;accumulation de capital.</p>



<p>Pour accumuler du capital, une entreprise a besoin d&rsquo;être compétitive. Sauf que sur le marché, la concurrence est rude. Par exemple, au cours des années 2010 et la généralisation d&rsquo;achats sur internet, les entreprises de vente en ligne voyaient leur marge nettement augmenter. Après le COVID, entre la concurrence accrue et les monopoles des géants comme Amazon, les prix ont drastiquement baissé (donc les profits avec). C&rsquo;est la trajectoire même du capital, appelée aussi « la baisse tendancielle du taux de profit <em>»</em>. Les profits baissent, mais il faut continuer d&rsquo;en faire coûte que coûte pour la survie de l&rsquo;entreprise. Pour cela, plusieurs solutions : baisser les salaires et supprimer des emplois (austérité) ; développer des nouvelles technologies (augmenter la productivité) ; étendre son marché vers d&rsquo;autres pays ou d&rsquo;autres secteurs et créer un monopole (guerres impérialistes).</p>



<p>C&rsquo;est vrai dans tous les domaines. Alors quand on parle ressources et matériaux (pétrole, uranium, terres rares&#8230;), on voit vite comment les enjeux territoriaux peuvent être énormes. Ainsi, la guerre économique entre les entreprises peut rapidement se muer en guerre tout court pour l&rsquo;accès aux ressources.</p>



<p>Cela explique en partie la situation au Yémen : depuis 2015, la coalition de pays arabes dirigée par l&rsquo;Arabie saoudite (et soutenue par les pays occidentaux) maintient le pays sous blocus naval et aérien, causant plus de 377 000 morts (par famine et bombardements indiscriminés). Objectifs : affaiblir le mouvement Ansarullah (Houthis, alliés de l&rsquo;Iran) pour sécuriser les routes commerciales comme le détroit de Bab el-Mandeb (12 % du pétrole mondial) et protéger les intérêts des multinationales pétrolières occidentales comme BP et Chevron.</p>



<p>Mais les guerres impérialistes ont un coût, et pour faire accepter ce coût à son peuple, un État doit trouver des justifications. C&rsquo;est là qu&rsquo;intervient la construction d&rsquo;un ennemi commun contre lequel l’État, tel un pompier-pyromane, nous garantira protection en échange de concessions politiques (restrictions des libertés) et économiques (l&rsquo;austérité).</p>



<p>Depuis la révolution iranienne de 1979, dans laquelle les États-Unis (alliés du pouvoir déchu) craignaient pour leurs intérêts, cet ennemi commun, ce sont les musulman·es ou supposé·es comme tels, et les pays dits musulmans. Ensuite, l&rsquo;attaque du 11 septembre a largement été exploitée pour accélérer cette doctrine.</p>



<p>Ennemi de l&rsquo;extérieur pour justifier le colonialisme et les guerres impérialistes. Ennemi de l&rsquo;intérieur pour empêcher l&rsquo;unification de notre classe et favoriser l&rsquo;exploitation.</p>



<h1 class="wp-block-heading"><strong>Défendre l&rsquo;unité, c&rsquo;est défendre les musulman·es</strong></h1>



<p>Si l&rsquo;islamophobie est aujourd&rsquo;hui la pointe avancée de l&rsquo;impérialisme occidental, elle s&rsquo;attaque en 1ᵉʳ lieu aux musulman·es, ou supposé·es, en instrumentalisant la lutte contre le terrorisme : invasion de l’Afghanistan par les USA en 2001, attaques « préventives <em>»</em> contre l&rsquo;Iran par Israël l&rsquo;année dernière, ostracisation des musulman·es de France… La liste est longue, et chacun de ses tirets devrait nous révolter en soi.</p>



<p>En plus de ces innombrables violences, l&rsquo;exclusion sociale des musulman·es nous divise et sert l&rsquo;exploitation de l&rsquo;ensemble de la classe ouvrière. Car face à une classe faible et divisée, dans laquelle on a laissé le racisme s&rsquo;immiscer, le patronat peut aisément imposer des conditions de travail qui nous sont de plus en plus défavorables. C&rsquo;est ce qu’explique le sociologue marxiste Al Szymanski. Il nous dit à propos des États-Unis des années 70 : « Plus la discrimination raciale est intense, plus bas sont les salaires des Blancs du fait de la variable intermédiaire de la solidarité de la classe ouvrière – en d’autres termes, le racisme désavantage économiquement les travailleurs blancs parce qu’il affaiblit l’organisation syndicale en détruisant la solidarité entre travailleurs noirs et blancs »<sup data-fn="dc353502-fda5-4901-8916-b0c1695d912f" class="fn"><a href="#dc353502-fda5-4901-8916-b0c1695d912f" id="dc353502-fda5-4901-8916-b0c1695d912f-link">1</a></sup>.</p>



<p>Quand les musulman·es se font attaquer, c&rsquo;est tout le camp social qui perd de la force.</p>



<p>De la même façon, l&rsquo;accélération des dissolutions d&rsquo;associations de ces dernières années a d&rsquo;abord visé des organisations cultuelles musulmanes (comme celle de la mosquée de Lagny-sur-Marne), puis celles de lutte contre l&rsquo;islamophobie (le CCIF<sup data-fn="31a4f058-7faf-475e-bdf5-210294a3308a" class="fn"><a href="#31a4f058-7faf-475e-bdf5-210294a3308a" id="31a4f058-7faf-475e-bdf5-210294a3308a-link">2</a></sup>, aujourd&rsquo;hui réformé en CCIE<sup data-fn="63cb8154-e57f-49e2-868e-b61385d3af79" class="fn"><a href="#63cb8154-e57f-49e2-868e-b61385d3af79" id="63cb8154-e57f-49e2-868e-b61385d3af79-link">3</a></sup>). Devant la non-réaction du camp social, pourquoi le gouvernement n&rsquo;étendrait-il pas ces attaques à des collectifs antifascistes ou écologistes ? C&rsquo;est exactement le déroulé de ces 10 dernières années, où la réaction de notre camp a réellement commencé qu&rsquo;avec la tentative de dissolution des Soulèvements de la Terre, puis celle de la Jeune Garde ou d&rsquo;Urgence Palestine.</p>



<h1 class="wp-block-heading"><strong>La laïcité comme arme de guerre</strong></h1>



<p>Parmi les nombreux outils pour attaquer les musulman·es, la laïcité revient souvent sur la table. Elle est brandie messianiquement à chaque fois qu&rsquo;il s&rsquo;agit de taper sur les musulman·es. Sur les plateaux télé évidemment, mais aussi pour faire passer la batterie de lois islamophobes persécutant et excluant de l&rsquo;espace public et de l&rsquo;école nos camarades musulman·es (par exemple avec la loi de 2004 sur les signes religieux qui a servi de pied dans la porte des nombreuses lois islamophobes qui ont suivi).</p>



<p>À en croire les dires de l’État et de ses relais médiatiques, le musulman menacerait par définition les valeurs de la République, notamment parce qu&rsquo;il serait en contradiction avec la laïcité définie par la loi de 1905.</p>



<p>Il serait communautariste (voire séparatiste) lorsqu&rsquo;il prend soin de sa communauté. Autrement, il est taxé d&rsquo;entriste quand il correspond aux attentes républicaines, du style quand le lycée Averroès obtient des résultats exceptionnels au bac.</p>



<p>Pile tu perds, face tu perds.</p>



<p>À gauche, c&rsquo;est un peu plus subtil. Pour la loi de 2004 et pendant plus de 10 ans, c&rsquo;était surtout complaisance et grand silence. Aujourd&rsquo;hui, dans les balbutiements de soutien, il a souvent été pointé la non-exemplarité politique (impossible à avoir) des musulman·es visé·es par les violences d’État en scrutant chacune de leurs déclarations et de leurs liens passés.&nbsp;</p>



<h1 class="wp-block-heading"><strong>Islamophobie : les blocages à gauche</strong><strong><br></strong></h1>



<p>Pour que la gauche s’engage pleinement, déjà il lui faut dépasser son islamophobie encore présente jusque dans les cercles militants. Par exemple à Rennes, dans le mouvement pour la Palestine, une proposition en interne de l&rsquo;AG Palestine fut de faire une doha (prière) pour les morts à Gaza, mais celle-ci a été empêchée. De même pour les slogans en arabe, ça a été difficile de les faire accepter.</p>



<p>C&rsquo;est parfois une doctrine moraliste anti-religieuse qui empêche la solidarité. À l&rsquo;image de cette citation de Bakounine, dans son livre Dieu et l&rsquo;État, qui fut pourtant pendant longtemps sur ma table de chevet : <em>« Si Dieu est, l&rsquo;homme est esclave ; or l&rsquo;homme peut, doit être libre, donc Dieu n&rsquo;existe pas »</em>. Une vision binaire de la croyance, opposée à toute religion qui serait naturellement obscurantiste. Cela nous empêche d&rsquo;avoir une lecture matérialiste des structures oppressantes réellement à l’œuvre, en vue de les combattre.</p>



<p>Enfin, c&rsquo;est aussi une volonté de détruire le potentiel outil de résistance qu&rsquo;est l&rsquo;islam.&nbsp;</p>



<p>À droite, pour briser la résistance à l&rsquo;hégémonie capitaliste et impérialiste.</p>



<p>À gauche, car la seule identité légitime pour faire la révolution serait celle du prolétaire, toute autre identité est vue comme divisant la classe ouvrière. Si notre classe est effectivement traversée par des contradictions, c&rsquo;est une erreur de ne pas les prendre en charge et de laisser une partie de notre classe (ici les musulman·es) seule face aux violences racistes. Car l&rsquo;unicité se construit en opposition aux stratégies de division de la classe dirigeante.</p>



<h1 class="wp-block-heading"><strong>Lutter aux côtés des musulman·es</strong></h1>



<p>Face à ceux et celles qui nous accusent de complicité avec les musulman·es, il faut plaider coupable<sup data-fn="904fe9ee-c9c0-46ac-be4a-60d27d2ce31b" class="fn"><a href="#904fe9ee-c9c0-46ac-be4a-60d27d2ce31b" id="904fe9ee-c9c0-46ac-be4a-60d27d2ce31b-link">4</a></sup>. Coupable de défendre la liberté de culte. Coupable de défendre la Palestine, de la mer au Jourdain. Coupable de défendre la liberté, l&rsquo;égalité et la fraternité réelle pour toutes et tous. Chaque musulman·e attaqué·e pour ce qu&rsquo;il est, se doit d&rsquo;être défendu·e, qu&rsquo;importe les différents politiques existant. Que ce soit l&rsquo;imam Hassan Iquioussen victime de la loi séparatisme et menacé d&rsquo;expulsion, ou Omar Alsoumi arrêté pour « apologie de terrorisme <em>»</em> pour avoir soutenu la résistance palestinienne, ou une mosquée attaquée, nous devons réagir depuis nos collectifs. Chaque solidarité effective contre les violences islamophobes participe à l&rsquo;unification de notre classe, et donc nous renforce collectivement.</p>



<p>Malgré tout, dans les moments critiques, nous pouvons entrapercevoir nos possibles alliances. Lors de l&rsquo;horrible meurtre filmé d&rsquo;Aboubakar Cissé en pleine prière, une partie de la gauche radicale a rapidement réagi pour participer aux mobilisations.</p>



<p>De la même façon, les 2 dernières années de lutte contre le génocide à Gaza et la colonisation en Cisjordanie sont parties d&rsquo;un mouvement par en bas et ont montré qu&rsquo;avec un objectif clair (arrêter le génocide), il est possible de dépasser nos contradictions et de lutter au coude à coude, musulmans ou non. Pour autant, les quelques ponts qui se sont créés se sont faits au prix du sacrifice de centaines de milliers de palestinien·nes, et globalement la réaction de notre camp reste très loin d&rsquo;être satisfaisante.</p>



<p>Maintenant, il faut arrêter d&rsquo;essentialiser les organisations musulmanes ou de les voir comme un bloc homogène, pour les considérer pour ce qu&rsquo;elles sont : des forces politiques avec lesquelles il est possible de s&rsquo;allier pour les prochains combats à mener, en particulier pour créer un front commun conséquent contre le racisme et le fascisme.</p>



<p><strong><em>Camille (A2C Rennes)<br></em></strong></p>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="dc353502-fda5-4901-8916-b0c1695d912f"> A. Szymanski, <em>« Racial Discrimination and White Gain »</em>, American Sociological Review, 41 (1976), pp. 409-412. <a href="#dc353502-fda5-4901-8916-b0c1695d912f-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li><li id="31a4f058-7faf-475e-bdf5-210294a3308a">CCIF : Collectif Contre l&rsquo;Islamophobie en France <a href="#31a4f058-7faf-475e-bdf5-210294a3308a-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2">↩︎</a></li><li id="63cb8154-e57f-49e2-868e-b61385d3af79">CCIE : Collectif Contre l&rsquo;Islamophobie en Europe <a href="#63cb8154-e57f-49e2-868e-b61385d3af79-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3">↩︎</a></li><li id="904fe9ee-c9c0-46ac-be4a-60d27d2ce31b">Inspiré de l&rsquo;article<em> « Contre l’islamophobie : le 11 mai et après, aimez-nous vivants »</em>, Nadia Meziane, lignes-de-cretes.org <a href="#904fe9ee-c9c0-46ac-be4a-60d27d2ce31b-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4">↩︎</a></li></ol>


<p></p>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/pas-de-front-commun-antifasciste-sans-luttes-contre-lislamophobie/">Pas de front commun antifasciste sans luttes contre l&rsquo;islamophobie</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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		<title>Grève pour Gaza le 28 novembre en Italie : « Notre défi est de relier la lutte pour la Palestine aux conditions économiques et de travail en Italie »</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/international/greve-pour-gaza-le-28-novembre-en-italie-notre-defi-est-de-relier-la-lutte-pour-la-palestine-aux-conditions-economiques-et-de-travail-en-italie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alice]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Nov 2025 09:27:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Palestine]]></category>
		<category><![CDATA[Syndicats]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Interview d’un militant du syndicat italien Si Cobas, réalisée par Victor Michel (Brest) &#8211; 9 novembre 2025. Victor : Peux tu te présenter et nous parler de la grève et du mouvement en Italie ? <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/greve-pour-gaza-le-28-novembre-en-italie-notre-defi-est-de-relier-la-lutte-pour-la-palestine-aux-conditions-economiques-et-de-travail-en-italie/" title="Grève pour Gaza le 28 novembre en Italie : « Notre défi est de relier la lutte pour la Palestine aux conditions économiques et de travail en Italie »">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Interview d’un militant du syndicat italien <em>Si Cobas</em>, réalisée par Victor Michel (Brest) &#8211; 9 novembre 2025.<br></p>



<p class="has-medium-font-size"><strong>Victor : Peux tu te présenter et nous parler de la grève et du mouvement en Italie ?</strong></p>



<p>Fabio : Je m&rsquo;appelle Fabio, je suis membre de Tendenza Internationalista Revoluzionaria (TIR, Tendance révolutionnaire internationale), une organisation politique en Italie qui a encouragé les grèves et qui a participé activement aux manifestations, à la mobilisation et aux grèves qui ont débuté immédiatement après le 7 octobre, aux côtés du peuple palestinien et de la résistance palestinienne. Je suis également membre du syndicat SI COBAS, qui a participé aux grèves et appelé à la grève du 3 octobre. </p>



<p>Tout d&rsquo;abord, le 22 septembre et le 3 octobre n&rsquo;étaient pas les premières grèves générales organisées en soutien au peuple palestinien et contre le génocide, trois autres grèves générales avaient déjà été appelées par le SICOBAS et d&rsquo;autres syndicats plus petits. La première a eu lieu peu après le 7 octobre 2023, le 17 novembre. Puis une autre a eu lieu le 23 février 2024. Même s&rsquo;il s&rsquo;agissait de grèves menées par une minorité de travailleurs, elles ont montré et ouvert la voie pour faire obstacle au soutien apporté par l&rsquo;Italie et le gouvernement italien à Israël dans son génocide et son occupation des terres palestiniennes. Nous avons organisé de nombreuses actions au cours de ces deux dernières années, même si le mouvement en Italie n&rsquo;a pas été aussi important qu&rsquo;en Grande-Bretagne, par exemple, en termes de nombre de participants. Mais il y a eu des moments très significatifs, comme ces grèves générales, ainsi que d&rsquo;autres moments de blocage de ports à Gênes, mais aussi à Salerne, et de certaines industries particulièrement liées à Israël : Leonardo et d&rsquo;autres industries militaires, israéliennes ou liées à Israël. Et il y a eu des manifestations, dont certaines interdites, comme celle du 5 octobre 2024 à Rome, qui a néanmoins eu lieu et où le gouvernement a été contraint d&rsquo;autoriser la manifestation une demi-heure avant son début officiel, car des milliers de personnes étaient venues de toute façon. Ce sont ces luttes pour le peuple palestinien qui ont ouvert la voie aux grèves du 22 septembre et du 3 octobre, car elles ont établi la légitimité et la visibilité de la protestation pour la Palestine. </p>



<p>Et puis, bien sûr, il y a eu d&rsquo;autres facteurs. La situation à Gaza a toujours été terrifiante, mais l&rsquo;armée était aussi entrée dans la ville de Gaza. Et puis la flottille a certainement encouragé les gens à agir face à la situation en Palestine. Je ne pense pas que les travailleurs aient fait grève pour la flottille en soi, mais ils ont certainement été encouragés à agir par elle. Cela a facilité la prise d&rsquo;action. </p>



<p>Et puis, le gouvernement Meloni était l&rsquo;un des gouvernements qui n&rsquo;était même pas capable de prendre position avec des mots. C&rsquo;et l&rsquo;un des gouvernements qui ne parlait pas de reconnaître un État palestinien, donc particulièrement aligné avec l&rsquo;administration Trump. Et il faut savoir que l&rsquo;Italie est le troisième exportateur d&rsquo;armes vers Israël, elle a donc des liens très forts avec Israël. Et cela a certainement amplifié la colère des gens qui ont ensuite fait grève ces dernières semaines.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img data-dominant-color="908783" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #908783;" decoding="async" width="770" height="470" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/11/greve-generale-italie-palestine-770x470-1.webp" alt="" class="wp-image-10313 not-transparent" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/11/greve-generale-italie-palestine-770x470-1.webp 770w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/11/greve-generale-italie-palestine-770x470-1-300x183.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/11/greve-generale-italie-palestine-770x470-1-768x469.webp 768w" sizes="(max-width: 770px) 100vw, 770px" /></figure>



<p class="has-medium-font-size"><strong>Victor : Combien de personnes ont participé aux grèves et dans quels secteurs ?</strong></p>



<p>Fabio : Eh bien, il est difficile d&rsquo;avoir des estimations exactes sur la participation. Le 3 octobre, la participation a été plus importante que le 22 septembre, qui était déjà probablement la plus grande grève politique depuis de très nombreuses années. La participation a été bonne dans les secteurs publics, en particulier dans les écoles. Elle a été importante dans le secteur de la santé. Les cheminots, en particulier le 3 octobre, ont été l&rsquo;un des groupes les plus impliqués. Les travailleurs de la logistique aussi, en particulier ceux de SI COBAS. La participation a été moindre dans le secteur privé, dans les usines. Il est certainement plus facile de faire grève dans le secteur public, car l&rsquo;environnement dans les usines privées est beaucoup plus oppressant. Ce qui est un défi que nous devons relever à l&rsquo;avenir, bien sûr, car les travailleurs du secteur privé et les ouvriers d&rsquo;usine sont des travailleurs productifs qui auraient un poids encore plus important sur l&rsquo;économie et il serait donc beaucoup plus significatif, bien sûr, qu&rsquo;ils participent.</p>



<p>Ce n&rsquo;était pas une grève massive. Mais la participation a été significative. La situation de la classe ouvrière a été très difficile ces dernières années, avec des niveaux de conflit très faibles, à quelques exceptions près : les travailleurs de SI COBAS ou les travailleurs immigrés dans le secteur de la logistique ont été une exception. C&rsquo;est donc ce qui est significatif dans cette grève, à savoir qu&rsquo;il y a eu une volonté de participer. Les gens sont descendus dans la rue, ils ont fait grève de manière active, ils ont participé à des manifestations qui ont été les plus importantes depuis 20 ans en Italie. Même dans les petites villes où il ne s&rsquo;était rien passé depuis longtemps, il y a eu des manifestations. Dans de nombreux ports, il y a eu des blocages, à Gênes, à Salerne, à Livourne, à Tarente. Il y a eu des blocages des gares ferroviaires. Il ne s&rsquo;agissait donc pas seulement de personnes souhaitant exprimer leur opinion. Il s&rsquo;agissait vraiment de la volonté d&rsquo;avoir un impact, de faire quelque chose pour avoir un impact sur la complicité du gouvernement italien. </p>



<p>Les tentatives des médias de diviser les manifestants en bons et mauvais, en disant que ceux qui essayaient de bloquer les gares ferroviaires étaient de mauvais manifestants, que les autres étaient pacifiques, n&rsquo;ont pas vraiment fonctionné, car beaucoup de jeunes en fin de lycée, en début d&rsquo;université, participaient, une génération qui n&rsquo;avait en fait jamais eu l&rsquo;occasion jusqu&rsquo;à présent de manifester à cette échelle. Ils étaient vraiment déterminés à avoir un impact, et cela a été significatif. </p>



<p>Une autre chose significative est que les partis politiques se sont très peu impliqués. Certains partis démocratiques, le parti cinq étoiles, ont soutenu la flottille, mais ils n&rsquo;étaient pas présents dans la grève, tout comme les grands syndicats, en particulier la CGIL, qui est le plus grand syndicat d&rsquo;Italie. Le 22 septembre, ils n&rsquo;ont en fait pas participé. Ils ont appelé à une grève de deux heures trois jours avant afin de diviser la grève. Ils ont eu un certain succès. Mais de nombreux autres travailleurs de la CGIL elle-même ont fait grève. Ils n&rsquo;ont pas suivi les ordres de leur propre syndicat.&nbsp;</p>



<p>Puis, il y a eu la date du 3 octobre, date initialement fixée uniquement par SI COBAS, car nous avons vu que la tension montait, que cela ne pouvait pas s&rsquo;arrêter au 22 septembre. Une manifestation était déjà prévue à Rome pour le 4 octobre. Et nous avons aussi eu un peu de chance, car la flottille a été bloquée mercredi soir 1<sup>er</sup> octobre. Tous les syndicats ont alors lancé un appel. Tous les syndicats, je veux dire, CGIL et les petits syndicats. Et dans ce cas, la CGIL a dû le faire parce qu&rsquo;elle veut toujours apparaître comme un syndicat de gauche : ils ont dit qu&rsquo;ils étaient avec le peuple palestinien, bien sûr pas avec la résistance palestinienne, mais contre le génocide, disons, mais ils n&rsquo;ont pris aucune mesure. Donc, dans cette situation, ils ont été contraints de lancer l&rsquo;appel parce qu&rsquo;ils sentaient qu&rsquo;ils perdaient le lien avec une partie importante de leurs propres travailleurs. Et nous pouvons nous attribuer une partie du mérite, car nous avons appelé à la grève et, même auparavant, nous étions très actifs dans le mouvement pour la Palestine, nous avons donc pu faire pression. Si personne n&rsquo;avait fait cela, il y aurait peut-être eu des manifestations, mais pas de grève. En appelant à la grève, nous avons également poussé le grand syndicat à agir. </p>



<p>Ce qui est intéressant, d&rsquo;ailleurs, en ce qui concerne le 3 octobre, c&rsquo;est que nous avons appelé à la grève dans le respect des conditions légales, car il existe certaines restrictions. La loi italienne sur les grèves est assez souple, il existe une tradition qui la rend assez libre. Tout syndicat peut appeler à une grève générale. Mais il existe certaines restrictions dans le secteur public, il faut donc la déclarer 10 jours à l&rsquo;avance. Et c&rsquo;est ce que nous avons fait, notre grève était donc légale. Les autres syndicats qui ont ensuite appelé à la grève du 3 octobre l&rsquo;ont fait deux jours avant. Et, alors qu&rsquo;ils auraient facilement pu se joindre à notre grève, ils ont refusé, pour des raisons politiques&#8230; Ils ne pouvaient pas admettre que nous avions appelé à la grève, alors ils ont dû lancer leur propre appel. Ce qui, bien sûr, est positif que tout le monde se soit mis en grève le même jour, le 3 octobre, mais&#8230; Cela a ensuite provoqué une réaction négative de la part de la commission d&rsquo;État qui contrôle la loi sur les grèves. Ils ont déclaré que cette grève était illégale. Le message selon lequel les gens ne pouvaient pas faire grève parce que celle-ci n&rsquo;était pas légale, s&rsquo;est donc répandu. Et ces syndicats, en particulier la CGL, ne voulaient pas dire à leurs propres travailleurs : « Ne vous inquiétez pas, une autre grève a déjà été déclenchée, vous pouvez faire grève. »  Car cela aurait posé un problème politique pour eux. La participation aurait donc probablement pu être encore meilleure s&rsquo;il n&rsquo;y avait pas eu cela. Nous avons eu beaucoup de mal la veille, le dernier jour, à dire à tout le monde : « Ne vous inquiétez pas, vous pouvez faire grève. »  </p>



<p>Normalement, la CGIL et les grands syndicats ne se rallient jamais à une journée d&rsquo;appel lancée par des syndicats indépendants. Je veux dire, dans notre activité quotidienne, ils essaient toujours de s&rsquo;imposer comme les seuls légitimes, même avec des lois anti-grève, etc. C&rsquo;était donc assez exceptionnel, et le 3 octobre, cela s&rsquo;est soldé par une grève où&#8230; Ils ont dû se mettre d&rsquo;accord sur la même date, etc. Et c&rsquo;est quelque chose dont nous devons bien sûr nous féliciter, car c&rsquo;est quelque chose que nous poussons depuis longtemps. </p>



<p class="has-medium-font-size"><strong>Victor&nbsp;: Combien de membres <em>SI COBAS</em> compte-t-il ?&nbsp;</strong></p>



<p>Fabio&nbsp;: Quelques dizaines de milliers. C&rsquo;est donc un petit syndicat par rapport à la CGIL ou à d&rsquo;autres syndicats. Il est petit, mais il a mené des luttes acharnées dans le secteur de la logistique, des luttes très dures, qui ont déjà fait avancer les choses dans ce secteur. Comme je l&rsquo;ai dit, nous sommes quelques dizaines de milliers, mais la logistique compte plus d&rsquo;un million de travailleurs. Et donc, nous savons que nous ne sommes pas assez. Nous essayons toujours d&rsquo;inciter les grands syndicats ou les travailleurs des grands syndicats à se joindre à nous, en particulier en ces jours de grève générale où il s&rsquo;agit de questions politiques, et cette fois-ci, cela a fonctionné de la meilleure façon possible. La semaine précédant le 3 octobre, il y avait presque tous les jours de grandes manifestations dans la ville. À Turin, je n&rsquo;avais jamais vu autant de monde, c&rsquo;était vraiment énorme. Et puis la grève a eu lieu. Et ensuite, il y a eu la manifestation à Rome. Le 4 octobre, c&rsquo;était probablement la plus grande manifestation depuis la guerre en Irak. Donc ça fait plus de 20 ans.</p>



<p class="has-medium-font-size"><strong>Victor: Et quel a été l&rsquo;impact de la grève sur les travailleurs ?</strong></p>



<p>Fabio : Je pense qu&rsquo;elle a eu un impact positif sur la conscience des travailleurs. En avril, le gouvernement Meloni a approuvé une loi sur la sécurité, le Decreto Sicurezza, qui criminalise les barrages routiers et de nombreuses autres formes de protestation, renforce les pouvoirs de la police, etc. La plupart des actions menées les 22 et 3 octobre ont enfreint cette loi. C&rsquo;est très positif, car quelques mois après l&rsquo;adoption de cette loi, elle a déjà été enfreinte à plusieurs reprises. Quand elle a été adoptée, de nombreuses organisations (pas nous, nous avons en fait immédiatement organisé des grèves avec des barrages) se sont écriées : « Que faire ? Nous ne pouvons plus faire certaines choses, etc. ». Et donc, tout d&rsquo;abord, nous avons vu que lorsque les gens se mobilisent, on peut tout faire. Et quelques mois plus tard, il s&rsquo;avère que l&rsquo;on peut faire ces choses. </p>



<p>Bien sûr, nous savons très bien que la répression peut s&rsquo;intensifier bien plus qu&rsquo;elle ne l&rsquo;est actuellement. Même la police n&rsquo;est pas intervenue de manière brutale ces derniers jours. Elle ne voulait pas attaquer à ce moment-là. Mais si le mouvement continue avec un certain nombre de participants, je pense qu&rsquo;il y aura aussi des interventions policières beaucoup plus brutales. Mais je pense que cela a eu un impact très positif. Et nous espérons que cela se répercutera également sur d&rsquo;autres sujets, en général sur la conscience de soi de la classe ouvrière en Italie. </p>



<p>Quant au gouvernement, il réagit désormais par une répression accrue. Il a dû faire quelques concessions, mais il introduit maintenant une nouvelle loi qui tente d&rsquo;assimiler l&rsquo;antisionisme à l&rsquo;antisémitisme. Mais si tu parles de l&rsquo;impact plus large, je pense vraiment que l&rsquo;urgence avec laquelle ils ont dû établir ce soi-disant traité de paix a Gaza, qui n&rsquo;est bien sûr pas un traité de paix, ni même un cessez-le-feu, je pense que les grèves en Italie ont eu un impact sur cela, tout comme, bien sûr, toutes les autres mobilisations, car je pense qu&rsquo;ils craignaient une possible propagation à d&rsquo;autres pays. Les personnes qui participent aux grèves et aux mobilisations ont vu que cela avait un impact. Ensuite, bien sûr, il y a une possible démoralisation, car ils ont signé le traité et maintenant, bien sûr, ils continuent le génocide. Alors on se dit : « Que pouvons-nous faire de plus ? » Trump lui-même l&rsquo;a dit. Il a dit : « Israël ne peut pas gagner contre le monde entier. »</p>



<p class="has-medium-font-size"><strong>Victor : En France, il y a très peu de grèves politiques pour la Palestine, est-ce que tu peux expliquer comment vous avez su convaincre de ces perspectives, comment vous vous êtes organisés ?</strong></p>



<p>Fabio : Je pense que d&rsquo;un côté,  SI COBAS et d&rsquo;autres petits syndicats organisent déjà d&rsquo;autres grèves politiques, donc cela n&rsquo;a pas été un problème pour nous. Et ce faisant, nous avons fait pression. Parfois il faut même des forces plus modestes qui sont déterminées à aller dans une certaine direction. Et puis, lorsque les conditions s&rsquo;alignent de la bonne manière, cela se concrétise. Si ce n&rsquo;est pas le cas, si personne ne le fait, alors c&rsquo;est plus difficile&#8230; En Italie, la loi sur les grèves, comme je l&rsquo;ai dit précédemment, autorise n&rsquo;importe quel syndicat à appeler à une grève générale. Le problème n&rsquo;est donc pas tant que ce n&rsquo;est pas légal. Le problème est de savoir comment faire participer les autres travailleurs. C&rsquo;est la question la plus importante. Mais il existe une tradition en ce sens. Et en tant que syndicats indépendants, nous avons maintenu cette tradition selon laquelle il faut organiser des grèves générales. Nous et d&rsquo;autres syndicats indépendants avons lancé cet appel à la grève, et cet appel a trouvé une réponse auprès des grévistes. Dans ce cas, cela s&rsquo;est combiné de manière positive avec une forte attention médiatique sur la flottille. L&rsquo;effet a donc été décuplé dans ce sens, car il s&rsquo;est combiné à cette attention médiatique. Mais c&rsquo;était un appel qui avait été lancé et qui a trouvé une réponse auprès de nombreux travailleurs.</p>



<p>Et bien sûr, comme je l&rsquo;ai dit précédemment, cela a été préparé par l&rsquo;activité. Car souvent, lorsqu&rsquo;on est minoritaire, il est très difficile de faire grève et de manifester. Et souvent, on ne trouve pas ce large consensus, mais on est quelques centaines, quelques milliers. Je pense qu&rsquo;en janvier 2024, c&rsquo;était la Journée de commémoration de l&rsquo;Holocauste. À Turin, il y avait 30 personnes qui manifestaient au total. Donc personne, même la plupart des organisations de gauche, ne soutenait : « Ça pourrait être mal interprété. » En fait, ils ont cédé à la pression idéologique du sionisme, qui tente d&rsquo;utiliser l&rsquo;Holocauste pour perpétuer un autre génocide. Il était donc très important pour nous de dire non, nous sommes contre tout génocide. En ce jour particulier, nous devions manifester pour dire que cela ne peut se reproduire, etc. Et ils ne peuvent pas utiliser cette cause pour justifier leurs actes. Nous étions très peu nombreux, mais c&rsquo;était important. Et tout ce travail a fini par porter ses fruits. Je pense que c&rsquo;est très important aujourd&rsquo;hui aussi, car ils essaient à nouveau, avec le traité à Gaza, de tout passer sous silence. Ils disent : « Maintenant, nous avons la paix. » Quand Israël bombarde à nouveau la bande de Gaza, etc., il devient évident que ce n&rsquo;est pas le cas. Mais ils essayaient de dire : « D&rsquo;accord, maintenant nous avons la paix. Taisez-vous. Si maintenant quelque chose se brise, c&rsquo;est la faute du peuple palestinien. Vous avez donc obtenu ce que vous vouliez. » C&rsquo;est exactement ce qu&rsquo;ils essaient de faire. Il est donc à nouveau très important de briser ce silence qu&rsquo;ils essaient d&rsquo;imposer à nouveau. Je veux dire, après avoir fait le traitement, ils ont vraiment investi pour essayer à nouveau de tout normaliser. Je pense que c&rsquo;était en fait le principal&#8230; objectif du soi-disant traité de paix de Trump, essayer de faire taire les manifestations, tout en augmentant encore plus la répression. »</p>



<p class="has-medium-font-size"><strong>Victor&nbsp;: Et maintenant, quelle est la prochaine étape ? Je crois qu&rsquo;il y a une grève fin novembre ?&nbsp;</strong></p>



<p>Il y a une grève le 28 novembre. Il n&rsquo;y a pas le même élan que lors des dernières grèves. Nous ne savons donc pas si elle aura la même ampleur. Probablement pas. Mais notre défi est de relier la lutte pour la Palestine aux conditions économiques et de travail en Italie également. La loi de finances, qui est en fin de compte une loi de finances de guerre qui réduit les programmes sociaux, diminue légèrement les impôts de la classe moyenne supérieure et des entreprises mais qui au final augmente les impôts des classes inférieures. Elle donne beaucoup d&rsquo;argent à l&rsquo;économie de guerre, à l&rsquo;industrie militaire, etc. Il s&rsquo;agit donc de relier cette loi de finances, les conditions salariales et les conditions de vie des gens à l&rsquo;économie de guerre et au soutien de l&rsquo;Italie à l&rsquo;élargissement de la guerre, qui se produit bien sûr avec le soutien à Israël d&rsquo;un côté, de l&rsquo;autre avec le soutien à l&rsquo;Ukraine, la guerre avec la Russie. Dans l&rsquo;ensemble, une implication de plus en plus importante dans différents types de situations. Ils ont également envoyé davantage de militaires dans l&rsquo;océan Pacifique pour soutenir le Japon, etc. Je ne sais pas dans quelle mesure ils sont directement impliqués au Soudan, mais ils le sont certainement. L&rsquo;Italie est également le principal exportateur d&rsquo;armes vers le Qatar et l&rsquo;Égypte. Et le gouvernement Meloni a explicitement fait un effort pour s&rsquo;impliquer de plus en plus. Il y a également une concurrence intra-européenne. Le gouvernement Meloni, l&rsquo;Italie, essaie d&rsquo;intervenir pour essayer de prendre ce qu&rsquo;il peut prendre, et le gouvernement Meloni a explicitement montré qu&rsquo;il souhaitait, qu&rsquo;il était prêt à s&rsquo;impliquer de plus en plus dans différents théâtres, différents paysages, etc. C&rsquo;est donc le lien que nous voulons établir, afin de toucher davantage les travailleurs du secteur privé qui ont plus de mal à se mobiliser pour la Palestine.&nbsp;</p>



<p>L&rsquo;islamophobie, ou plutôt l&rsquo;islamophobie et le racisme, sont les seules armes dont dispose le gouvernement, sinon tout le monde détesterait Israël. Mais il n&rsquo;est pas facile de contrer cela, vous savez, en l&rsquo;affrontant directement, ce qui doit être fait, il faut aussi en l&rsquo;affronter en reliant les sujets. En faisant comprendre que la question palestinienne n&rsquo;est pas une question de guerre culturelle ou de guerre religieuse ou quoi que ce soit de ce genre. C&rsquo;est une question d&rsquo;impérialisme et elle est profondément liée à la façon dont le monde dans son ensemble se développe.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-dots"/>



<p>Pour continuer à écouter sur le sujet de la Palestine, voici le topo de Sana de Paris qui tente de tirer le bilan du 7 octobre, tout en abordant les stratégies de libération de la Palestine :</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-rich is-provider-spotify wp-block-embed-spotify wp-embed-aspect-21-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="Spotify Embed: Mouvement Palestine : bilan du 7 octobre" style="border-radius: 12px" width="100%" height="152" frameborder="0" allowfullscreen allow="autoplay; clipboard-write; encrypted-media; fullscreen; picture-in-picture" loading="lazy" src="https://open.spotify.com/embed/episode/26esJOret02WaPUrM7nhfO?si=40t6dTIERbuZY2CzOkUbow&#038;utm_source=oembed"></iframe>
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		<title>Du plan Trump au plan Macron, à bas l’impérialisme et vive la Palestine libre !</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/international/du-plan-trump-au-plan-macron-a-bas-limperialisme-et-vive-la-palestine-libre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alice]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Nov 2025 08:01:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Impérialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Palestine]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Les guerres successives et les massacres de toute part sont la démonstration d’un système capitaliste montrant ses faces les plus mortifères. Loin d’un néolibéralisme heureux, l’actualité rappelle que la guerre est inhérente au capitalisme. Tension <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/du-plan-trump-au-plan-macron-a-bas-limperialisme-et-vive-la-palestine-libre/" title="Du plan Trump au plan Macron, à bas l’impérialisme et vive la Palestine libre !">[...]</a></div>
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<p class="has-text-align-center"><em>Les guerres successives et les massacres de toute part sont la démonstration d’un système capitaliste montrant ses faces les plus mortifères. Loin d’un néolibéralisme heureux, l’actualité rappelle que la guerre est inhérente au capitalisme.</em></p>



<p class="has-medium-font-size"><strong>Tension impérialiste dans le monde</strong></p>



<p>La notion d’impérialisme développée au début du siècle dernier peut nous aider à comprendre la période actuelle, ainsi qu’à analyser les tentatives de plan de paix à Gaza proposées par le binôme franco-saoudien à l’ONU. La caractéristique principale de l’impérialisme réside dans la dépendance mutuelle et dialectique entre l’État et le capital. Chaque État est lié à ses capitalistes, et chaque capitaliste dépend de son État &#8211; notamment pour la protection de ses propriétés, assurée par la police &#8211; mais aussi pour l’appuyer dans ses négociations à l’étranger, pouvant aller jusqu’à la conquête de terrains et de ressources par la guerre.<sup data-fn="35fc84e0-c956-4bf0-ab26-acdbb09945ec" class="fn"><a id="35fc84e0-c956-4bf0-ab26-acdbb09945ec-link" href="#35fc84e0-c956-4bf0-ab26-acdbb09945ec">1</a></sup></p>



<p>Les États-Unis sont encore aujourd’hui, et ce depuis la sortie de la Seconde Guerre mondiale, la puissance impérialiste la plus avancée. Pendant de longues années, ils n’ont connu aucun rival de taille. Ils ont ainsi pu profiter de cette hégémonie d’un point de vue économique, mais aussi pour asseoir leur domination et leurs intérêts un peu partout dans le monde.</p>



<p>Pour autant, la situation a évolué ces dernières années avec la croissance économique, mais aussi militaire, de la Chine. Cette nouvelle configuration modifie les rivalités internationales. Claude Serfati le formule ainsi :</p>



<p>« À cet égard, la comparaison souvent faite avec l’antagonisme États-Unis – URSS au cours de la guerre froide est trompeuse, car l’URSS était en fait peu intégrée dans les circuits de l’économie mondiale et la compétition était essentiellement militaire. Ce qui donne toute son ampleur à la rivalité américano-chinoise, c’est que concurrence économique et conflit géopolitique surgissent en même temps. »<sup data-fn="1caf135f-5e2b-4494-a85d-a9f71d4e449a" class="fn"><a id="1caf135f-5e2b-4494-a85d-a9f71d4e449a-link" href="#1caf135f-5e2b-4494-a85d-a9f71d4e449a">2</a></sup></p>



<p>Dans cette rivalité, l’objectif principal des États-Unis est la défense de leurs intérêts et la préservation de leur hégémonie. Plus encore, cette rivalité régit en grande partie les relations internationales et oblige chaque État à se positionner. Cela explique les taxes imposées récemment par les États-Unis à la Chine, mais aussi à l’Europe. Bien qu’il s’agisse de leurs alliés principaux, la défense de leurs propres intérêts prime.</p>



<p>Cette hégémonie aujourd’hui contestée oblige les États-Unis à se concentrer davantage sur le rival chinois, et les pousse à ne pas s’enliser éternellement dans le maintien de leur position sur les fronts ukraino-russe et moyen-oriental. C’est dans ce sens qu’il faut lire les tentatives de Trump de « paix » dans ces deux régions et, pour Gaza, une « paix » où il affirme haut et fort son soutien à Israël, qui, plus que jamais en cette période de crise et de rivalité impérialiste, doit servir de chien de garde des puissances occidentales dans la région.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img data-dominant-color="8b8b8f" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #8b8b8f;" decoding="async" width="1100" height="549" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/11/Capture-decran-2025-11-26-a-08.41.07-1100x549.webp" alt="" class="wp-image-10305 not-transparent" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/11/Capture-decran-2025-11-26-a-08.41.07-1100x549.webp 1100w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/11/Capture-decran-2025-11-26-a-08.41.07-300x150.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/11/Capture-decran-2025-11-26-a-08.41.07-768x383.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/11/Capture-decran-2025-11-26-a-08.41.07.webp 1199w" sizes="(max-width: 1100px) 100vw, 1100px" /></figure>



<p class="has-medium-font-size"><strong>&nbsp;</strong><strong>Le plan Franco-Saoudien</strong></p>



<p>C’est dans ce contexte de rivalité inter-impérialiste que s&rsquo;insère le plan franco-saoudien pour la “paix” à Gaza, présenté à l’ONU. Nous pouvons tirer quelques hypothèses des objectifs de ce plan. La France, partie prenante de l’OTAN, est du côté d’Israël et des États-Unis. Pour autant, la France est dans une contradiction. Si son alliance à l’OTAN est primordiale, elle sait aussi que la période d’instabilité actuelle ainsi que le déclin continu de son ancien empire colonial l’obligent à prendre les devants pour conserver sa légitimité internationale et protéger avant tout l’intérêt des capitalistes français.</p>



<p>Le plan franco-saoudien est un moyen de participer à la longue histoire de la reconnaissance d’Israël tout en gardant une forme de respectabilité, notamment vis-à-vis des instances internationales. En effet, le plan présenté comme une alternative aux 20 points pour Gaza proposés par Trump, cherche à apparaître comme plus attentif aux droit des Palestiniens, en remettant la question de la reconnaissance de l’État palestinien dans les discussions. Le plan trouve même un écho dans une partie de la gauche française, qui se rassure dans l’idée de la solution à deux États.&nbsp; Or, nous ne le rappellerons jamais assez : la solution à deux États &#8211; avec d’un côté un État colonisateur et génocidaire, et de l’autre un peuple génocidé sur ses propres terres &#8211; ne sera jamais une solution.<sup data-fn="d3fdacdc-05a2-4486-92e9-df7f78278ded" class="fn"><a id="d3fdacdc-05a2-4486-92e9-df7f78278ded-link" href="#d3fdacdc-05a2-4486-92e9-df7f78278ded">3</a></sup></p>



<p>Le plan est aussi un moyen d’appuyer Mahmoud Abbas en le félicitant pour ses engagement en faveur d’un “reglement pacifique de la situation” et de son&nbsp; “rejet constant de la violence et du terrorisme.”<sup data-fn="b729b10f-2914-4d14-bf87-0d1b2f5bb7e0" class="fn"><a id="b729b10f-2914-4d14-bf87-0d1b2f5bb7e0-link" href="#b729b10f-2914-4d14-bf87-0d1b2f5bb7e0">4</a></sup> Dans le même sens, la France se félicite ainsi que : « Pour la première fois, un texte adopté par l’ONU condamne les attaques du 7 octobre 2023 commises par le Hamas et appelle à son désarmement ainsi qu’à son exclusion de la gouvernance de Gaza. »&nbsp;<sup data-fn="b6d15919-967c-4775-91d5-6a30247da863" class="fn"><a id="b6d15919-967c-4775-91d5-6a30247da863-link" href="#b6d15919-967c-4775-91d5-6a30247da863">5</a></sup>. Ce plan paternaliste choisit donc le futur dirigeant, les partis autorisés et la forme de la résistance palestinienne.&nbsp;</p>



<p>Le duo félicite également l’Autorité palestinienne pour avoir mis sous contrôle de l’UE ses programmes scolaires ou encore pour avoir supprimé les allocations familiales aux prisonniers palestiniens. Cette ingérence dans la politique économique, sociale et éducative de la Palestine montre, sans aucune illusion, que l’intervention des chefs d’État français et saoudien poursuit avant tout leurs propres intérêts.</p>



<p>Malgré tout cela, en se présentant comme l’aile « raisonnable » du bloc occidental, la France et l’Arabie saoudite tentent d’entraîner des États qui ne reconnaissent pas encore Israël et de montrer qu’au-delà des États-Unis, la France peut participer à l’organisation du monde. En apparaissant comme un interlocuteur raisonnable, elle se positionne stratégiquement et peut mettre en avant les intérêts économiques qu’elle cherche à défendre. Elle espère, en participant à pacifier la région, permettre prochainement des relations commerciales bénéfiques pour les capitalistes français.</p>



<p>Enfin, pour la France et l’Arabie saoudite, le plan franco-saoudien peut être un moyen de rappeler aux États-Unis qu’ils ne peuvent pas se permettre de prendre unilatéralement des décisions sans prendre en compte leurs alliés. En effet, la reconnaissance arrive juste après les différentes augmentations de taxes douanières imposées par les États-Unis à ses concurrents alliés. Dans la même dynamique, il s’intègre dans un contexte où l’Arabie saoudite se lie, par exemple, au Pakistan pour sa sécurité et, en même temps, met la normalisation de ses relations avec l’Iran sous la surveillance de la Chine <sup data-fn="0c1a7d87-50d0-481a-8e21-5c06c7681375" class="fn"><a id="0c1a7d87-50d0-481a-8e21-5c06c7681375-link" href="#0c1a7d87-50d0-481a-8e21-5c06c7681375">6</a></sup>. Pour autant, il ne faut pas amplifier les tensions ni les possibles renversements d’alliances. Même si l’instabilité pousse à des choix différents, « le fait que les États-Unis, Israël et leurs alliés s’y soient opposés souligne seulement leur désaccord tactique sur les moyens à utiliser pour éradiquer la cause palestinienne. » <sup data-fn="ec6108ee-ed37-4a6d-9fb2-1710c98bd22b" class="fn"><a id="ec6108ee-ed37-4a6d-9fb2-1710c98bd22b-link" href="#ec6108ee-ed37-4a6d-9fb2-1710c98bd22b">7</a></sup></p>



<p class="has-medium-font-size"><strong>Combattre l’impérialisme</strong></p>



<p>La crise et le niveau de tension inter-impérialiste actuel nous rappellent l’urgence d’agir pour mettre fin au génocide et se battre pour une Palestine libre, de la mer au Jourdain. Le soutien à la résistance du peuple palestinien est aujourd’hui encore essentiel. Nous devons aussi dénoncer l’impérialisme français en Palestine et dans la région. Plus largement, le soutien à la Palestine doit nous amener à dénoncer la militarisation constante et le chemin vers une guerre généralisée que suivent les États impérialistes.</p>



<p>Pour autant, <strong>condamner l’impérialisme français ne suffira pas à l&rsquo;éteindre d’un claquement de doigts. Nous devons œuvrer à l’élargissement du mouvement de soutien à la Palestine, notamment dans nos syndicats</strong>, pour rappeler que c’est ensemble que les travailleurs et travailleuses du monde détiennent le pouvoir de tout changer. Le 28 novembre, les syndicats italiens appellent de nouveau à une journée de grève pour soutenir la résistance palestinienne et dénoncer le génocide. Nous devons faire en sorte que ces grèves internationales trouvent un écho en France et que puisse surgir ici aussi une réponse massive des travailleurs et travailleuses par la grève.&nbsp;</p>



<p>Du plan Trump au plan franco-saoudien, la Palestine subit une pression constante des États impérialistes, qui cherchent à tirer profit du génocide et de la colonisation. Face à cette situation, dénoncer et combattre nos impérialismes est primordial.</p>



<p class="has-text-align-right">Yassine (A2C Marseille)</p>



<p>  </p>



<p class="has-text-align-center"><em>Pour continuer à écouter sur l&rsquo;impérialisme c&rsquo;est juste ici, le topo de Jad de Paris qui explicite comment le capitalisme mène à la guerre :</em></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-rich is-provider-spotify wp-block-embed-spotify wp-embed-aspect-21-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="Spotify Embed: Impérialisme : Comment le capitalisme mène à la guerre" style="border-radius: 12px" width="100%" height="152" frameborder="0" allowfullscreen allow="autoplay; clipboard-write; encrypted-media; fullscreen; picture-in-picture" loading="lazy" src="https://open.spotify.com/embed/episode/7psyKgGS9zVYROY1VpjAz2?utm_source=oembed"></iframe>
</div></figure>



<p>Notes</p>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="35fc84e0-c956-4bf0-ab26-acdbb09945ec">Article de Jad Guerres qui reviennent pour plus d’information sur l’impérialisme.  <a href="#35fc84e0-c956-4bf0-ab26-acdbb09945ec-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li><li id="1caf135f-5e2b-4494-a85d-a9f71d4e449a">Claude serfati, un monde en guerres.  <a href="#1caf135f-5e2b-4494-a85d-a9f71d4e449a-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2">↩︎</a></li><li id="d3fdacdc-05a2-4486-92e9-df7f78278ded"><a href="https://www.chroniquepalestine.com/reconnaissance-etat-palestinien-manoeuvre-contre-peuple-palestinien/">https://www.chroniquepalestine.com/reconnaissance-etat-palestinien-manoeuvre-contre-peuple-palestinien/</a> <a href="#d3fdacdc-05a2-4486-92e9-df7f78278ded-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3">↩︎</a></li><li id="b729b10f-2914-4d14-bf87-0d1b2f5bb7e0"><a href="https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/dossiers-pays/israel-palestine/actualites-et-evenements/2025/article/conference-internationale-pour-la-mise-en-oeuvre-de-la-solution-des-deux-etats">https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/dossiers-pays/israel-palestine/actualites-et-evenements/2025/article/conference-internationale-pour-la-mise-en-oeuvre-de-la-solution-des-deux-etats</a> <a href="#b729b10f-2914-4d14-bf87-0d1b2f5bb7e0-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4">↩︎</a></li><li id="b6d15919-967c-4775-91d5-6a30247da863"><a href="https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/dossiers-pays/israel-palestine/actualites-et-evenements/2025/article/israel-palestine-adoption-par-l-onu-de-la-declaration-de-new-york-sur-la">https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/dossiers-pays/israel-palestine/actualites-et-evenements/2025/article/israel-palestine-adoption-par-l-onu-de-la-declaration-de-new-york-sur-la</a>  <a href="#b6d15919-967c-4775-91d5-6a30247da863-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5">↩︎</a></li><li id="0c1a7d87-50d0-481a-8e21-5c06c7681375"><a href="https://orientxxi.info/magazine/arabie-saoudite-pakistan-un-pacte-qui-detonne,8555">https://orientxxi.info/magazine/arabie-saoudite-pakistan-un-pacte-qui-detonne,8555</a> <a href="#0c1a7d87-50d0-481a-8e21-5c06c7681375-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6">↩︎</a></li><li id="ec6108ee-ed37-4a6d-9fb2-1710c98bd22b"><a href="https://www.chroniquepalestine.com/reconnaissance-etat-palestinien-manoeuvre-contre-peuple-palestinien/">https://www.chroniquepalestine.com/reconnaissance-etat-palestinien-manoeuvre-contre-peuple-palestinien/</a> <a href="#ec6108ee-ed37-4a6d-9fb2-1710c98bd22b-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 7">↩︎</a></li></ol>


<p></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Gaza : De la solidarité massive à la grève politique</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/gaza-de-la-solidarite-massive-a-la-greve-politique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[A2C-WP_Anouk]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Oct 2025 16:22:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Retours militants]]></category>
		<category><![CDATA[Grève]]></category>
		<category><![CDATA[Palestine]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=10067</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Depuis le 7 octobre 2023, les manifestations massives ont montré la solidarité des travailleurs, travailleuses et de la jeunesse dans le monde entier, rassemblant des millions de personnes dans plus de 100 pays, y compris <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/gaza-de-la-solidarite-massive-a-la-greve-politique/" title="Gaza : De la solidarité massive à la grève politique">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Depuis le 7 octobre 2023, les manifestations massives ont montré la solidarité des travailleurs, travailleuses et de la jeunesse dans le monde entier, rassemblant des millions de personnes dans plus de 100 pays, y compris en France et dans d’autres États impérialistes. Malgré cette force, les massacres se poursuivent et la répression ne cesse pas. Il faut donc construire des stratégies efficaces : les manifestations et les campagnes de boycott ne suffisent pas, il faut travailler à l’unité des travailleurs et à l’organisation de la grève, tout en dénonçant clairement l’impérialisme français.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Pour une riposte syndicale à l’impérialisme</strong></h3>



<p>On entend souvent que le syndicat se limite aux conditions de travail, aux salaires et aux droits, et qu’un bon syndicaliste doit surtout défendre les intérêts immédiats des travailleurs. Pourtant, la solidarité internationale fait partie des traditions du mouvement ouvrier. Il faut certes parler des conditions de travail et des salaires, mais aussi de tout ce qui structure cette société capitaliste, notamment la guerre et les génocides. Le mouvement syndical n’a rien à perdre à s’engager activement dans ce combat. Au contraire, il a tout à y gagner : retrouver de la force, reprendre sa place et contribuer à l’unité de l’ensemble des travailleurs.</p>



<p>Le mois de juin a montré par l’exemple que des mobilisations d’ordre politique sont possibles. Plusieurs lieux de travail en France se sont mobilisés pour dénoncer le génocide et bloquer les soutiens à Israël. Au Sénat, les travailleurs de la CGT se sont mobilisés lors de la venue d’un ambassadeur israélien. Le 1er juin, la CGT Décathlon a appelé à une grève pour le désengagement de l’entreprise de ses liens avec Israël. Le 4 juin, les dockers ont empêché la livraison d’armes pour Israël, en collaboration avec les dockers de Gênes. Le 14 juin, l’intersyndicale a appelé à une série de rassemblements en France. À peu près au même moment, les syndicats de l’aéroport de Roissy ont appelé à ne pas participer à la livraison d’armes vers Israël. Enfin, le 17 juin, en région parisienne et à Marseille, plusieurs syndicats de l’éducation ont appelé à une grève contre le génocide et contre la répression des enseignant.es. Ces exemples prouvent que les mobilisations directes contre la guerre et le génocide sont non seulement possibles, mais sont déjà une réalité dans nos lieux de travail.&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Un contexte pour l’offensive</strong></h3>



<p>En plus des manifestations hebdomadaires dans toutes les villes en France, des actions régulières s’inscrivent dans la continuité des campagnes BDS, appelant au boycott des entreprises liées à Israël. Elles mettent en lumière le rôle de la France dans la colonisation de la Palestine, notamment par l’acheminement d’armes et par divers accords économiques. Depuis deux ans, toutes ces mobilisations rencontrent la répression de l’État, qui cherche à faire taire les voix de résistance et à affaiblir notre capacité à nous organiser. L’Éducation nationale participe à cette silenciation en sanctionnant des collègues qui refusent de se taire face au génocide en cours. À Sens, la répression à l’encontre d’une collègue d’abord suspendue puis blâmée en mai dernier pour avoir organisé une minute de silence a provoqué une vague d’indignation dans l’éducation.&nbsp;</p>



<p>Le véritable moteur de cette mobilisation n’a pas été la répression, mais la prise de confiance dans notre capacité à agir. Si des camarades et collègues se sont rassemblés, voire ont fait grève, c’est avant tout parce qu’un contexte global de mobilisations massives a permis de prendre confiance. En effet, le convoi Soumoud ainsi que les immenses manifestations suite à l’arrestation de la flottille ont montré la force des masses qui se soulèvent. Bien plus forte que la répression, la vision de milliers de personnes qui, par la marche ou par la mer, tentent de braver les frontières pour briser le blocus israelien, est pour nous toutes et tous un élément de confiance pour agir. C’est dans ce contexte que nous avons pu nous rassembler et tenter une offensive par la grève, afin de montrer, comme d’autres, que dans nos lieux de travail nous pouvons nous mobiliser.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Grève de juin</strong></h3>



<p>Des camarades syndicalistes ont organisé&nbsp; cette grève, pendant que dans plusieurs autres villes en France avaient également lieu des rassemblements condamnant la sanction contre notre collègue de Sens. Pour permettre cette journée de grève, un travail à la base a été fait.&nbsp;</p>



<p>Elle a été construite dans les bahuts, par des assemblées générales souvent par les sections syndicales d&rsquo;établissement. À Paris comme à Marseille, plusieurs camarades sont intervenu.es auprès de leurs collègues, dans leur établissement ou dans leur union locale pour entamer des discussions sur la possibilité de se mettre en grève contre le génocide et la répression. Ces initiatives ont réuni plus de 100 personnes à Marseille, l’un des plus gros rassemblements de l’année devant l’inspection académique, et on compte trois vies scolaires complètement en grève. À Paris, près de 500 personnes se sont rassemblées devant le ministère de l’Éducation nationale. Dans les deux cas, malgré le peu de temps, là où un travail militant de terrain a été fait, des personnels se sont mobilisés. Cela s’est également vu dans des établissements pas encore convaincus ou incertains sur la grève, qui ont pu, avant ou après, réaliser des actions de visibilisation (banderoles et pancartes) devant leur établissement.</p>



<p>Au-delà de la mobilisation, la construction de cette grève doit participer à répandre l’idée que nous pouvons montrer concrètement notre solidarité avec le peuple de Palestine depuis nos lieux de travail et par la grève. Cet exemple participe à montrer que nous pouvons nous organiser et nous mettre en grève en soutien à la Palestine.&nbsp;</p>



<p>Il faut&nbsp; convaincre nos syndicats de l’importance de s’engager dans de tels mouvements, car, par leur capacité à mobiliser et à faire résonner les revendications, ils sont essentiels pour amplifier le mouvement.</p>



<p>Mais il faut aller plus loin pour continuer à répandre l’idée que les travailleurs et travailleuses possèdent le pouvoir de tout renverser, et même, qu’ils sont les seuls à pouvoir changer quoi que ce soit à la situation en Palestine.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>La classe ouvrière comme force centrale</strong><br></h3>



<p>La grève des personnels de l’Éducation en juin est un premier pas, qui nous rappelle que les travailleurs ont déjà changé le cours des luttes internationales. Par exemple, en 1984, Mary Manning, une ouvrière de 21 ans de Dunnes Stores en Irlande, refuse, suite aux directives syndicales, de vendre un pamplemousse venant d’Afrique du Sud. À la suite de ce refus, elle est suspendue. En solidarité, dix autres caissier·es du magasin la rejoignent dans une grève qui durera près de trois ans. Cette mobilisation exceptionnelle contre l’apartheid montre que cela est possible. Plus encore, la grève se termine en 1987, lorsque le gouvernement irlandais interdit l’importation de produits en provenance d’Afrique du Sud. Cette grève nous rappelle toute la puissance des travailleurs et travailleuses qui, par leur action, peuvent tout changer. Aujourd’hui encore les travailleurs et travailleuses détiennent la clé de la libération de la Palestine.<br></p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Ce qu’il faut construire maintenant</strong><br></h3>



<p>Chaque lieu de travail, chaque secteur qui prend l’initiative fournit la confiance est un point d’appui pour les autres. A l’image des dockers de Gênes qui ont annoncé qu’ils déclencheront une grève si les passager·es de la grande flottille qui doit arriver à Gaza mi-septembre se font arrêter. Il est de notre responsabilité, en tant que syndicaliste, de tout faire pour que cet appel trouve un écho, non seulement parmi les travailleurs portuaires, mais aussi parmi tous les travailleurs et travailleuses qui souhaitent briser le blocus de Gaza.</p>



<p>Il est donc crucial de faire de la grève politique un outil puissant pour transformer la solidarité en pression concrète. Les travailleurs et travailleuses ont le pouvoir de changer le cours des événements, non seulement en France, mais aussi à l’échelle internationale. Dans cette période de regain de militarisation, militons pour que nos lieux de travail s’engagent dans le soutien aux peuples opprimés et le combat contre l’impérialisme français.</p>



<p>Yassine, A2C Marseille <br></p>
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		<title>Tout bloquer : grèves ouvrières et solidarité avec la Palestine en Italie</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/tout-bloquer-greves-palestine-italie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Vanina]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Oct 2025 21:25:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[CALP]]></category>
		<category><![CDATA[CGIl]]></category>
		<category><![CDATA[CUB]]></category>
		<category><![CDATA[Giovani Palestinesi Italia]]></category>
		<category><![CDATA[Grève politique]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Cet article explique comment la grève générale du 22 septembre s&#8217;est construite. Il fournit une source d&#8217;inspiration pour militer dans ce sens aussi en France, où les grèves politiques sont pour l&#8217;instant trop isolées1. Le <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/tout-bloquer-greves-palestine-italie/" title="Tout bloquer : grèves ouvrières et solidarité avec la Palestine en Italie">[...]</a></div>
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<div class="wp-block-group"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained">
<p><em>Cet article explique comment la grève générale du 22 septembre s&rsquo;est construite</em>. <em>Il fournit une source d&rsquo;inspiration pour militer dans ce sens aussi en France, où les grèves politiques sont pour l&rsquo;instant trop isolées</em><sup data-fn="e7b71988-3068-415d-8036-04d71f2e95d9" class="fn"><a id="e7b71988-3068-415d-8036-04d71f2e95d9-link" href="#e7b71988-3068-415d-8036-04d71f2e95d9">1</a></sup><em><strong>. </strong>Le 22 septembre italien nous montre que ce ne sont ni les États capitalistes, ni les partis politiques et syndicats dominants, ni une flottille ou des armées qui libéreront la Palestine, mais la classe ouvrière internationale organisée. <br>Il a été rédigé <em>pour une organisation révolutionnaire irlandaise<sup data-fn="9f76b214-9fe8-49f3-9e97-29a7ffcf309e" class="fn"><a id="9f76b214-9fe8-49f3-9e97-29a7ffcf309e-link" href="#9f76b214-9fe8-49f3-9e97-29a7ffcf309e">2</a></sup></em></em> <em>par Lucia Pradella, militante et universitaire marxiste <br>Pour faciliter la compréhension du lecteur français, vous trouverez en fin d&rsquo;article une brève présentation des différentes organisations politiques et syndicales dont il est fait mention dans le texte<sup data-fn="b631dd7f-c385-48c4-a749-fe59e7f44f6e" class="fn"><a id="b631dd7f-c385-48c4-a749-fe59e7f44f6e-link" href="#b631dd7f-c385-48c4-a749-fe59e7f44f6e">3</a></sup>.</em></p>
</div></div>



<p>La force de la résistance palestinienne au génocide et l’écho que trouve la Flottille mondiale Sumud – elle-même inspirée par le principe de la ténacité palestinienne – ont galvanisé la jeunesse, les travailleurs et les syndicats en Italie. Le lundi 22 septembre, une grève générale sans précédent en faveur de la Palestine a paralysé certaines parties du pays, répondant à l&rsquo;appel du Collectif autonome des travailleurs portuaires de Gênes (<strong>CALP/USB</strong>) à « tout bloquer ». La grève a été organisée en solidarité avec la Palestine et la flottille, pour exiger des sanctions contre l&rsquo;entité sioniste et la rupture de tous les liens avec celle-ci, et pour s&rsquo;opposer à la complicité de l&rsquo;Italie en tant qu&rsquo;allié clé et troisième plus grand fournisseur d&rsquo;armes d&rsquo;Israël.</p>



<p>Environ un million de personnes ont participé à la grève organisée par les syndicats de base (<strong>USB</strong>, <strong>CUB</strong>, ADL Cobas, SGB et <strong>SI Cobas</strong>). Les dockers et les travailleur·euses de la logistique ont dirigé les blocages pour empêcher le transport d&rsquo;armes et de marchandises à destination d&rsquo;Israël, fermant les portes des ports de Gênes, Salerne, Venise et Livourne. Les transports ont été perturbés dans tout le pays : les bus et les lignes de métro ont été arrêtés, les autoroutes et les gares bloquées. Environ 30 000 travailleur.euse.s du secteur public ont participé à la grève, et certaines écoles et universités ont fermé leurs portes. Des centaines de milliers de personnes ont défilé dans plus de 80 villes. À Milan, la police a agressé les manifestant·es qui tentaient de bloquer la gare centrale. Malgré la répression, notamment à coups de gaz lacrymogènes et de canons à eau, la mobilisation a dépassé toutes les attentes, attirant pour la première fois de nombreux travailleur·euses et jeunes dans le mouvement.</p>



<p>Sentant le vent tourner, la <strong>CGIL</strong>, la plus grande fédération syndicale du pays, a appelé à sa propre grève le vendredi 19 septembre : deux heures ou plus à l&rsquo;échelle nationale, plus longtemps dans certaines régions, avec des arrêts de travail de quatre heures dans les secteurs de la métallurgie, de la construction et des services. Cette tentative de dernière minute pour affaiblir l&rsquo;initiative populaire a eu pour conséquence que les travailleur·euses des services publics ont été empêché·es de participer, en raison de restrictions légales. Bien que son programme était plus restreint – limité aux couloirs humanitaires, à l&rsquo;annulation de tous les accords commerciaux et militaires et à la reconnaissance d&rsquo;un État palestinien –, la grève a tout de même mobilisé des milliers de personnes dans tout le pays ; certains lieux de travail ont fait état d&rsquo;une participation de 100 % et les employé·es des services publics ont porté des brassards noirs en signe de solidarité.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Une lutte qui émerge des lieux de travail</strong></h3>



<p>Cette grève générale n&rsquo;est pas sortie de nulle part. Il s&rsquo;agit de la cinquième grève générale pour la Palestine en Italie depuis octobre 2023. Dirigé par des organisations palestiniennes telles que les <strong>Giovani Palestinesi Italia</strong> [Jeunes Palestiniens d&rsquo;Italie, ndlt] et l&rsquo;Union démocratique arabo-palestinienne [une association composée d’arabes et de palestinien.ne.s en Italie, ndlt], ainsi que par le syndicat de base <strong>SI Cobas</strong>, le mouvement pro-palestinien a donné la priorité au soutien à la résistance palestinienne en perturbant matériellement la chaîne d&rsquo;approvisionnement du génocide. En plaçant la Palestine au centre des luttes sur le lieu de travail, il a montré que l&rsquo;anti-impérialisme est indissociable de la lutte contre l&rsquo;exploitation et le racisme dans le pays.</p>



<p>Opposé à la guerre inter-impérialiste entre l&rsquo;OTAN et la Russie en Ukraine, <strong>SI Cobas</strong> a organisé une manifestation à la base militaire de Ghedi le 21 octobre 2023. La présence importante de drapeaux palestiniens témoignait de la force des sentiments de ses membres, dont beaucoup sont originaires d&rsquo;Afrique du Nord et du Moyen-Orient, pour qui la situation en Palestine est vécue et comprise à travers un prisme commun de colonialisme, de dépossession et de résistance. Le 17 novembre, <strong>SI Cobas</strong> a répondu à l&rsquo;appel des syndicats palestiniens et a appelé à la première grève générale pour la Palestine. Les travailleur·euses et les groupes palestiniens ont alors bloqué un navire israélien ZIM [compagnie de transport maritime israélienne, spécialisée dans le transport de conteneurs, ndlt] à Salerne et organisé un piquet de grève à Modène devant l’entreprise Tekapp, un fabricant d&rsquo;équipements électroniques militaires pour Israël. Le lendemain, des milliers de personnes ont défilé à Bologne.</p>



<p>Le 23 février,<strong> SI Cobas</strong> a appelé à une deuxième grève générale en soutien à la Palestine, en collaboration avec les Giovani Palestinesi Italia et avec le soutien de la plupart des syndicats de base, impliquant également 20 000 travailleur·euses du service public. La manifestation nationale à Milan a rassemblé environ 50 000 participant.e.s – la plus grande mobilisation populaire jusqu’à cet été 2025 – et s&rsquo;inscrivait dans le cadre d&rsquo;une journée internationale d&rsquo;action contre les guerres dans la capitale.</p>



<p>Les tactiques se sont intensifiées au cours du printemps : barrages, piquets de grève hebdomadaires devant les services publics, occupations de gares ferroviaires et manifestations devant des usines d&rsquo;armement comme Leonardo et la chaîne de télévision nationale RAI. À Gênes, la pression publique soutenue exercée par le mouvement de solidarité et <strong>SI Cobas</strong> a contraint la compagnie municipale d&rsquo;énergie Iren à annuler un contrat avec la société israélienne Mekorot. Le 8 mars 2024, <strong>SI Cobas</strong> a de nouveau appelé à faire grève, qualifiant Leonardo d&rsquo;« usine militaire de la mort » et établissant un lien direct entre la Journée internationale de lutte pour les droits des femmes et la lutte contre le militarisme et la violence sioniste.</p>



<p>Les membres de <strong>SI Cobas</strong> ont activement soutenu et rejoint les campements étudiants. Inspirés par eux, les travailleur·euses en grève de Dachser-Fercam à Bologne Interporto ont exigé en mai la fin du traitement des marchandises à destination et en provenance de l&rsquo;entité sioniste et ont obtenu gain de cause, obtenant l&rsquo;inscription de cette clause dans leur contrat. Le même mois, les travailleur·euses de Plaisance ont organisé l&rsquo;expédition d&rsquo;environ 19 tonnes de produits de première nécessité à destination de Gaza via le passage frontalier entre l&rsquo;Égypte et Rafah, et ont continué depuis à organiser le soutien matériel.</p>



<p>Le 24 juin 2024, en collaboration avec des organisations palestiniennes, <strong>SI Cobas</strong> a appelé à une grève nationale de la logistique qui a abouti le lendemain au blocus du port de Gênes. Dès l&rsquo;aube, les travailleur·euses et les militant·es ont fermé les portes de San Benigno, Albertazzi et Etiopia avant de se diriger vers la porte Ponente, fortement surveillée par la police, paralysant ainsi une grande partie du port. La décision de <strong>SI Cobas</strong> de faire grève pour soutenir le blocage a entraîné des frictions avec les syndicats <strong>CALP </strong>et <strong>USB</strong>, mettant en évidence des divergences sur les tactiques, la stratégie et l&rsquo;orientation politique. Un militant palestinien m&rsquo;a confié :&nbsp;</p>



<p><em>« Même si ces grèves ont été limitées dans leur portée, elles ont eu une valeur énorme car elles ont introduit une méthode qui peut être reprise. Nous avons commencé par de petites actions, et ces actions ont pris de l&rsquo;ampleur. Même lorsqu&rsquo;elles n&rsquo;ont pas été immédiatement reproduites, le mot d&rsquo;ordre de ces blocages s&rsquo;est transmis, et c&rsquo;est extrêmement important. »</em></p>



<p>La réaction de l&rsquo;État confirme cette analyse. Les militant.e.s établissent un lien entre les mesures policières prises contre les piquets de grève chez Leonardo et la RAI et la volonté du gouvernement d&rsquo;adopter un nouveau « décret sur la sécurité ». Le projet de loi proposait d&rsquo;étendre les pouvoirs de la police, d&rsquo;introduire des peines pouvant aller jusqu&rsquo;à 20 ans pour le blocage d&rsquo;infrastructures, de criminaliser les révoltes dans les centres de détention pour immigrants et les prisons, et de punir le « terrorisme verbal ». Il est significatif que le ministre de l&rsquo;Intérieur, Piantedosi, ait explicitement justifié le décret en citant les blocages logistiques et le <strong>SI Cobas</strong> comme des menaces à neutraliser.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>La Palestine et la lutte contre la répression</strong></h3>



<p>Au lieu de s&rsquo;unir pour faire face à cette escalade, les divisions au sein du mouvement ont limité son potentiel. Au cours de l&rsquo;été, le mouvement de solidarité à la Palestine s&rsquo;est joint à l&rsquo;opposition populaire au projet de loi, ce qui a conduit à la création du réseau <a href="https://www.instagram.com/noddl1660/">Rete Liberi/e di lottare</a>. Même les membres de la <strong>CGIL</strong> et de l&rsquo;<strong>UIL</strong> ont commencé à se mobiliser contre ce projet. Pour de nombreux·ses militant·es, cela a rendu encore plus cruciale la manifestation pour la Palestine et le Liban organisée le 5 octobre à Rome. Mais le gouvernement a interdit la marche. Après l&rsquo;interdiction, certains dirigeants de la communauté palestinienne (liés à l&rsquo;Autorité palestinienne) ont pris leurs distances, invoquant des considérations tactiques, tandis que d&rsquo;autres ont insisté pour que la marche ait lieu, arguant que l&rsquo;enjeu réel était le soutien inconditionnel à la résistance palestinienne et le refus de normaliser l&rsquo;occupation.</p>



<p>La marche, qui a eu lieu malgré l&rsquo;interdiction, a prouvé la détermination des manifestant·es face à une répression sans précédent : la police a arrêté et fouillé plus de 1 600 manifestant·es dans les gares, aux péages et sur les lignes de bus, et a émis 51 ordres d&rsquo;expulsion de la capitale. La manifestation elle-même a été confinée à une place fortement militarisée, tandis que quatre personnes ont été arrêtées à la suite d’accusations et de provocations policières. Les militant·es ont averti qu&rsquo;il ne s&rsquo;agissait là que d&rsquo;un avant-goût des pouvoirs répressifs plus étendus du décret. L&rsquo;esprit de défi s&rsquo;est poursuivi au cours des semaines suivantes, culminant avec la grève nationale du 18 octobre appelée par SI Cobas et Rete Liberi/e di lottare et la manifestation nationale du 19 octobre contre la guerre, la répression et le nouveau projet de loi sur la sécurité.</p>



<p>Dans le même temps, un réseau lié à la gauche parlementaire a vu le jour, organisant de grandes manifestations contre le projet de loi, mais refusant de les relier à la Palestine, à l&rsquo;économie de guerre ou à des actions perturbatrices. Des divisions au sein du mouvement pro-palestinien ont éclaté avant une assemblée organisée par <strong>Potere al Popolo</strong>, <strong>Rete dei Comunisti</strong> et <strong>USB</strong> début novembre. Les Giovani Palestinesi Italia ont refusé d&rsquo;y participer. Dans une lettre ouverte, ils ont accusé les organisateur·ices de mettre les groupes palestiniens sur la touche et de chercher à créer une coordination italienne qui déciderait des stratégies « comme si la Palestine était une cause extérieure ». Les préparatifs de la grève générale du 29 novembre ont encore accentué ces divisions : la <strong>CGIL </strong>et l&rsquo;<strong>UIL</strong> ont appelé à une grève générale contre le budget du gouvernement et le projet de loi, tandis que le <strong>SI Cobas</strong>, la <strong>CUB</strong> et la SGB – mais pas l<strong>&lsquo;USB</strong> – ont fait grève sur une plateforme reliant l&rsquo;opposition à l&rsquo;économie de guerre et à la répression avec la solidarité à la Palestine et au Liban. À la veille de la marche, les groupes palestiniens sont intervenus pour empêcher la fragmentation de l’opposition et obtenir un soutien sans équivoque à la résistance, ce qui a conduit à une manifestation unique de plus de 30 000 personnes, sur la base de la grève générale de la veille.</p>



<p>L&rsquo;incapacité à créer un front uni à partir de la base, ancré dans la résistance sur le lieu de travail, a finalement affaibli ces mobilisations. Le 11 avril 2025, <strong>SI Cobas</strong> a appelé à une grève générale qui combinait des revendications sur le lieu de travail (augmentation des salaires, réduction du temps de travail, interdiction des licenciements et de l&rsquo;externalisation) et des revendications politiques (opposition au réarmement européen, à la répression étatique et à la complicité de l&rsquo;Italie dans le génocide). En collaboration avec des organisations palestiniennes et le mouvement des chômeur·euses de Naples, la grève a touché des centres logistiques clés à Milan et Bologne, où un blocage de six heures à l&rsquo;Interporto a provoqué de longues files de camions et des perturbations sur les autoroutes, tandis que les manifestant·es ont pris pour cible les ports de Gênes, Naples et le centre Rubiera à Reggio Emilia, utilisé par Maersk pour expédier des composants de F-35 [avion de chasse américain, utilisé par Tsahal, ndt] de Leonardo. La grève a été suivie, le 12 avril, d&rsquo;une grande manifestation nationale à Milan, qui a une fois de plus été réprimée brutalement par la police, notamment par des agents portant des insignes néonazis – célébrant probablement les pouvoirs élargis qui leur avaient été accordés par le nouveau décret, entré en vigueur ce jour-là.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img data-dominant-color="87939c" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #87939c;" loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="922" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/10/WhatsApp-Image-2025-10-01-at-15.46.02-1.webp" alt="" class="wp-image-10046 not-transparent" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/10/WhatsApp-Image-2025-10-01-at-15.46.02-1.webp 1024w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/10/WhatsApp-Image-2025-10-01-at-15.46.02-1-300x270.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/10/WhatsApp-Image-2025-10-01-at-15.46.02-1-768x692.webp 768w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Des blocages aux grèves générales&nbsp;&nbsp;</strong></h3>



<p>La répression étatique n&rsquo;a toutefois pas réussi à étouffer l&rsquo;indignation croissante suscitée par le génocide perpétré par Israël, ses agressions contre sept pays de la région et la complicité directe de l&rsquo;Italie. En juin, les docker·euses français·es et italien·nes ont réussi à bloquer environ 14 tonnes de munitions destinées à Israël, prolongeant ainsi une série de blocages portuaires coordonnés à travers l&rsquo;Europe. En septembre, un comité de docker·euses nouvellement formé à Ravenne a obtenu des autorités locales qu&rsquo;elles bloquent deux conteneurs remplis d&rsquo;explosifs à destination de Haïfa. Dans ce contexte, les partis d&rsquo;opposition parlementaires – le Parti démocrate (PD), le Mouvement cinq étoiles et l&rsquo;Alliance verte et de gauche (AVS) – ont organisé une grande marche à Rome début juin pour dénoncer le gouvernement de Netanyahu et appeler à la « paix ». Dans le même temps, la police de Milan a interdit une manifestation organisée par la Palestine pour demander la fin des relations entre l&rsquo;Italie et Israël.</p>



<p>Avant le sommet de l&rsquo;OTAN qui s&rsquo;est tenu en juin à La Haye – et qui a engagé les États membres à augmenter leurs dépenses militaires à 5 % du PIB d&rsquo;ici 2035 –, l&rsquo;<strong>USB</strong>, <strong>SI Cobas</strong> et d&rsquo;autres syndicats de base ont organisé une grève générale établissant un lien entre la guerre et le génocide à l&rsquo;étranger et l&rsquo;économie de guerre dans leur pays : attaques contre les salaires et les conditions de travail, démantèlement de la protection sociale, augmentation de la pauvreté, criminalisation de la dissidence, intensification du racisme d&rsquo;État et des violences policières. Comme l&rsquo;a expliqué un coordinateur de <strong>SI Cobas</strong>, l&rsquo;État cible particulièrement les travailleur·euses immigré·es, qui sont à l&rsquo;avant-garde des luttes syndicales en Italie et du mouvement de solidarité avec la Palestine :</p>



<p><em>« À mesure que le conflit s&rsquo;intensifie, ils renforcent les lois qui répriment et ciblent les immigré.e.s. Ce n&rsquo;est pas un hasard si nous sommes celleux qui sommes visé·es. »</em></p>



<p>La stratégie de l&rsquo;État était claire : cibler les travailleur·euses immigré·es dans le secteur de la logistique afin d&#8217;empêcher la propagation de cette radicalité au sein de la classe ouvrière organisée. Mais le 20 juin, cette barrière a cédé : les métallurgistes se sont également mis en grève pour réclamer de meilleurs salaires et conditions de travail, et à Bologne, 10 000 manifestant·es ont quitté le parcours autorisé et occupé le périphérique, paralysant l&rsquo;une des artères principales de la région pendant environ 45 minutes. La police a menacé de les poursuivre en vertu du nouveau décret, montrant ainsi à quelle vitesse la contestation syndicale peut dépasser les limites fixées par les dirigeants syndicaux et comment la répression attise la résistance au lieu de l&rsquo;arrêter.</p>



<p>Comme l&rsquo;a dit un militant : « La Palestine bouleverse tout, radicalise la jeunesse. » C&rsquo;est précisément ce potentiel que les partis traditionnels et les dirigeants syndicaux se sont empressés de contenir. Le 21 juin, Rome a accueilli deux marches distinctes contre la guerre, le réarmement et le génocide perpétré par Israël à Gaza. Stop Rearm Europe : Welfare, not Warfare (Arrêtez le réarmement de l&rsquo;Europe : des services publics, pas la guerre), soutenu par les partis traditionnels et la <strong>CGIL</strong>, a rassemblé plus de 100 000 personnes, mais sur une plateforme de pacifisme générique qui évitait soigneusement de s&rsquo;opposer à l&rsquo;OTAN. Disarmiamoli ! – une initiative principalement menée par <strong>Potere al Popolo</strong> et <strong>USB</strong> – était plus virulent dans ses slogans anti-OTAN, mais ne critiquait pas les puissances rivales telles que la Russie et la Chine. Les organisations palestiniennes et SI Cobas ne se sont pas non plus officiellement jointes au mouvement. Cela a révélé à la fois la fragmentation continue du mouvement et le fait qu&rsquo;après 18 mois de blocus et de grèves, les partis d&rsquo;opposition avaient été contraints de descendre dans la rue – uniquement pour canaliser la colère vers une opposition électorale sans risque et des revendications en faveur d&rsquo;un rôle plus important pour l&rsquo;UE.</p>



<p>La Global Sumud Flotilla a gagné en nombre de participant·es et en visibilité, mais a également risqué de transformer la libération de la Palestine en une cause humanitaire gérée par des ONG et des partis traditionnels, soulageant ainsi la pression non seulement sur les gouvernements occidentaux, mais aussi sur les BRICS, également complices, tout en contournant les organisations palestiniennes. Un jeune militant m&rsquo;a confié que sans la participation et la position politique du <strong>CALP</strong>, la Flottille aurait constitué un recul pour le mouvement pro-palestinien en Italie, qui avait axé son action sur les grèves, les blocages et la solidarité avec la résistance. Le mouvement a directement défié les politiciens de centre-gauche qui cherchaient à exploiter le moment pour se présenter comme des alliés. À Gênes, les militants les ont confrontés en scandant « Sionistes, hors de nos luttes! ». Un coordinateur du SI Cobas m&rsquo;a déclaré :</p>



<p><em>« L&rsquo;unité doit se construire entre les travailleur·euses, pas avec les patrons, les maires sionistes et celleux qui ont soutenu le génocide et voté à l&rsquo;unanimité en faveur de la mission navale ASPIDES menée par l&rsquo;Italie en mer Rouge contre la résistance yéménite.»</em></p>



<p>L&rsquo;explosion de force, de colère et de jeunesse du 22 septembre a montré que le vent est en train de tourner. Le mouvement a pris une ampleur telle que les partis d&rsquo;opposition, les dirigeants syndicaux ou l&rsquo;État ne sont plus en mesure de le contenir. Une fois de plus, la Palestine est devenue la cause qui rallie les masses opprimées et exploitées de notre époque. Elle n&rsquo;appartient à aucun syndicat ni à aucun parti, mais aux masses elles-mêmes, qui doivent prendre la lutte en main et construire une véritable unité à partir de la base. Cette percée n&rsquo;est pas un miracle : elle est le résultat de deux années d&rsquo;organisation soutenue menée par les Palestinien·nes et les travailleur·euses, confirmant que le pouvoir des travailleur·euses est décisif pour affronter le sionisme et l&rsquo;impérialisme en Occident. À Livourne, un blocus de trois jours a contraint les autorités à annoncer que le navire militaire américain SLNC Severn ne pourrait pas accoster. À Salerne, un blocus sans précédent du terminal à conteneurs a contraint son exploitant à négocier la suspension des liaisons maritimes vers Israël et l&rsquo;annulation des contrats avec ZIM et toute autre entreprise complice. </p>



<p>Alors qu&rsquo;Israël intensifie son génocide et attaque la flottille, il est urgent d&rsquo;intensifier la lutte : nous devons œuvrer en faveur d&rsquo;une grève générale unifiée, coordonnée au niveau international et capable de s&rsquo;attaquer à l&rsquo;impérialisme à la racine. La solidarité doit se traduire par des perturbations partout : nous devons « tout bloquer » jusqu&rsquo;à ce que la Palestine soit libre.</p>



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<p>Notes :</p>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="e7b71988-3068-415d-8036-04d71f2e95d9">Lire l&rsquo;article : « Gaza : de la solidarité massive à la grève politique » dans la revue #18 pour un témoignage militant d&rsquo;une grève menée dans ce sens <a href="#e7b71988-3068-415d-8036-04d71f2e95d9-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li><li id="9f76b214-9fe8-49f3-9e97-29a7ffcf309e"><a href="https://rebelnews.ie/2025/09/25/block-everything-workers-strikes-and-palestine-solidarity-in-italy/">https://rebelnews.ie/2025/09/25/block-everything-workers-strikes-and-palestine-solidarity-in-italy/</a> <a href="#9f76b214-9fe8-49f3-9e97-29a7ffcf309e-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2">↩︎</a></li><li id="b631dd7f-c385-48c4-a749-fe59e7f44f6e"><strong>CALP (Collettivo Autonomo Lavoratori Portuali) : </strong>Collectif Autonome des Travailleurs Portuaires de Gênes, collectif de travailleur.euse.s portuaires explicitement antifasciste et antimilitariste, affilié au syndicat USB, et qui a organisé régulièrement le blocage de navires transportant des armes à destination d’Arabie Saoudite, de Syrie ou d’Israël.<br><br><strong>USB (Unione Sindacale di Base) : </strong>Syndicat italien de lutte des classes et internationaliste. Prend régulièrement position contre la guerre, le racisme et pour l’accueil des exilé.e.s. Fait partie de la FSM (fédération syndicale mondiale, auquel participe, en France, notamment l’Union Départementale CGT des Bouches du Rhône, et les fédérations CGT de la Chimie et de l’agro-industrie). Compte environ 250 000 membres.<br><br><strong>CUB (Confederazione Unitaria di Base) : </strong>Syndicat italien de lutte des classes, mais moins explicitement politique et plus orienté sur les revendications socio-économiques. Syndique près de 700 000 travailleur.euse.s.<br><br><strong>SI Cobas (Sindacato Intercategoriale Cobas) : </strong>Surtout présent dans la logistique, il défend notamment les travailleur.euse.s précaires et organise souvent des actions d’occupation ou de blocage très médiatisées. <br><br><strong>CGIL (Confederazione Generale Italiana del Lavoro) :</strong> Plus grande confédération syndicale italienne (+ 5 millions d’adhérent.e.s, actif.ve.s et retraité.e.s. Membre, comme la CGT, la CFDT, la CFTC et FO de la Confédération Syndicale Internationale). <br><br><strong>UIL (Unione Italiana del Lavoro) : </strong>Autre grande confédération syndicale italienne, de type réformiste social-démocrate. Membre également de la Confédération Syndicale Internationale.<br><br><strong>Rete dei Comunisti (Réseau communiste)</strong> : Organisation politique marxiste-léniniste italienne.<br><br><strong>Potere al Popolo</strong> : réseau citoyen démocratique et anticapitaliste <a href="#b631dd7f-c385-48c4-a749-fe59e7f44f6e-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3">↩︎</a></li></ol>


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<p></p>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/tout-bloquer-greves-palestine-italie/">Tout bloquer : grèves ouvrières et solidarité avec la Palestine en Italie</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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