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	<title>Archives des mouvement - A2C - Autonomie de classe</title>
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	<title>Archives des mouvement - A2C - Autonomie de classe</title>
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		<title>L’auto-organisation suffit-elle pour faire la révolution ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mathilde]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Mar 2026 10:18:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Théorie]]></category>
		<category><![CDATA[Conseil ouvrier]]></category>
		<category><![CDATA[conseillisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Les Cahiers d’A2C #21 – Mars 2026 En 2019 au Chili, la hausse du ticket de métro déclenche “spontanément” une explosion sociale. Grèves et émeutes testent leur puissance face à l’État. Ce rapport de force <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/theorie/lauto-organisation-suffit-elle-pour-faire-la-revolution/" title="L’auto-organisation suffit-elle pour faire la révolution ?">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-text-align-right has-luminous-vivid-amber-background-color has-background" style="font-size:11px"><strong>Les Cahiers d’A2C #21 – Mars 2026</strong></p>



<p><em>En 2019 au Chili, la hausse du ticket de métro déclenche “spontanément” une explosion sociale. Grèves et émeutes testent leur puissance face à l’État. Ce rapport de force gagné par la rue débouche sur l’accord ouvrant vers un processus de constituante. Pourtant en 2022, les deux projets de constitutions sont rejetés par référendum et le reflux du mouvement aboutit à l’élection du nostalgique de Pinochet, José Antonio Kast, à la présidence de la république à l’automne 2025.&nbsp;</em></p>



<p>Ce que nous voyons ici est clair : si un mouvement ne gagne pas une direction, une direction gagne le mouvement, en l’occurrence, une direction réformiste, institutionnelle et qui aboutit à au retour du camp réactionnaire au pouvoir. C’est de cette tension entre mouvement et direction dont on va discuter dans cet article.&nbsp;</p>



<p><strong>Deux impasses : substitutisme et spontanéisme</strong></p>



<p>Il y a donc une dialectique entre deux pôles : le mouvement de masse auto-organisé et la direction stratégique d’une organisation. On a donc, d’une part, l’auto-organisation « spontanée » de masse, qui va se traduire par les assemblées générales, les conseils ouvriers et d’autres cadres spontanés. D’autre part, on a la nécessité d’une direction stratégique capable de pérenniser cette puissance politique, c’est à dire l’organisation révolutionnaire ou le parti.</p>



<p>De ces deux pôles naissent deux impasses possibles. La première c’est le substitutisme : quand l’organisation révolutionnaire ou le parti prétendent remplacer la classe et le mouvement. La seconde impasse c’est le spontanéisme : le fétichisme de la forme spontanée de l’organisation au détriment de son contenu politique. On ne peut dépasser la tension entre les deux pôles en prenant parti soit pour l’un, soit pour l’autre. On veut défendre ici qu’on doit à la fois investir les cadres spontanés et en même temps assumer d’avoir une organisation où élaborer des boussoles politiques et des analyses mais aussi trancher des débats.</p>



<p>Derrière cela, il y a une question très concrète. Comment on intervient dans ces cadres spontanés qui fonctionnent comme des outils qui rassemblent notre classe et qui contestent profondément et par en bas le pouvoir ? L’enjeu n’est pas de trancher entre mouvement ou organisation mais de se demander comment on se prépare collectivement à intervenir quand il y a des mouvements qui surgissent et comment on oriente ces cadres spontanés en des organes capables de décider, d’exécuter et de contrôler par en bas sans fétichiser la forme ni la laisser aux directions adverses.</p>



<p><strong>Conseil ouvrier, conseillisme, spontanéisme ?</strong></p>



<p>Les conseils ouvriers sont des formes d’organisation qui surgissent des nécessités matérielles de la lutte des classes. Ce sont des structures qui émergent pour répondre à des besoins concrets, organiser la grève, assurer l’autodéfense face à la répression et gérer la production et la redistribution quand l’État vacille. Ces conseils ouvriers sont déjà une forme de délégation : l’ensemble des grévistes va se rassembler et déléguer du pouvoir à des représentant·es qui vont se coordonner dans un conseil. Les conseils ouvriers et plus généralement les cadres spontanés du mouvement doivent être considérés comme des champs de bataille. Dans ces cadres, des idées et des positionnements politiques circulent et il faut batailler pour pouvoir y faire adopter ses propositions. Les conseils ouvriers rassemblent notre classe telle qu’elle est, non telle qu’on voudrait qu’elle soit. Un conseil va donc regrouper des révolutionnaires, des réformistes, des conservateurs radicalisés par la crise et parfois même des éléments réactionnaires. Le conseil reflète l’état de conscience de classe à un instant donné, dans toute son hétérogénéité et avec toutes ses contradictions, ses avancées, ses reculs. Les conseils sont des formes organisationnelles : leur orientation politique dépend avant tout du contenu politique qui y devient hégémonique. L’intérêt politique du conseil n’est pas dans la forme qu’il a en soi, mais bien dans ce qui y est porté en termes de mots d’ordre et d’actions et cela est le résultat d’une bataille politique menée dedans. La forme conseil est donc nécessaire mais elle ne garantit en rien l’aboutissement du processus révolutionnaire.</p>



<p>Le conseillisme apparaît en Allemagne et aux Pays-Bas après l’échec de la révolution allemande entre 1918 et 1923. La révolution débute en 1918 par des mutineries dans la marine allemande et se propage très rapidement. Les ouvriers, les soldats, les marins et même des paysans&nbsp; vont se constituer en conseils qui rassemblent l’entièreté de la classe. Les conseils, à ce moment-là, ce ne sont pas des assemblées générales, ce sont des comités composés de délégués issus de différentes assemblées, de casernes, d’usines, etc. Ils vont faire craindre au pouvoir bourgeois et aristocratique une révolution socialiste. Cependant, à ce moment-là, les conseils sont dominés par des délégués du SPD, donc le parti social-démocrate réformiste, et des syndicats réformistes. Cela produit une direction où les conseils vont accepter la paix avec la bourgeoisie et des élections dans une république bourgeoise. C’est une expérience amère pour une fraction conséquente du mouvement révolutionnaire : le mouvement peut être capturé, retourné et le pouvoir rendu à la bourgeoisie.&nbsp;</p>



<p>Le courant conseilliste va naître de la critique de la politique réformiste des conseils. Cette critique repose sur deux postulats : l’auto-émancipation de la classe, la classe ouvrière ne peut être libérée que par elle-même, et l’auto-organisation absolue de la classe, les conseillistes se méfient radicalement des partis et surtout des partis de masse. Selon eux, le parti tend à habituer les membres de notre classe à être discipliné.es par lui et à lui déléguer le pouvoir : cela fait que même quand les conseils existent, ils sont dominés par des militant·es et des délégué&rsquo;es syndicaux&rsquo;les et non par la base ouvrière en lutte.</p>



<p>Une situation relativement similaire a lieu dans l’Italie des années 70 avec l’émergence de l’Autonomie. Face au frein d’un Parti communiste italien définitivement réformiste et incapable de renverser la table, en miroir se développe la volonté de ne plus dépendre d’une organisation révolutionnaire et de ne compter que sur l’auto-organisation spontanée. L’Autonomie va donc affirmer que la clé de la révolution ce n’est pas une direction proposée par un parti mais c’est l’auto-activité de notre classe. Cette approche est spontanéiste car elle va juger qu’un parti va nous éloigner d’une solution par en bas, qui elle apparaîtrait d’elle-même dans la lutte.</p>



<p><strong>La nécessité de l’organisation pour clarifier la direction</strong></p>



<p>Il y a une contradiction inhérente au marxisme et que Marx avait déjà repérée : d’une part l’émancipation des travailleur&rsquo;ses est l’œuvre des travailleur&rsquo;ses elles et eux-mêmes, d’autre part les idées dominantes dans la classe sont les idées de la classe dominante. C’est à ce stade qu’intervient la nécessité de l’organisation révolutionnaire. Elle permet de trancher les débats internes à notre classe et au mouvement et de s’extraire de l’idéologie bourgeoise dominante. Penser que l’organisation ou le parti révolutionnaire sont destinés à trahir le mouvement est une impasse car cela conduit à refuser de débattre des directions proposées par les révolutionnaires. On doit bien absolument critiquer la vision du socialisme par en haut, du substitutisme : l’idée qui veut que ce soit le parti qui fasse la révolution et non la classe dans son ensemble ; mais on ne peut pas refuser la possibilité que des partis révolutionnaires fassent des propositions de direction au mouvement. Sinon, c’est une direction intrinsèquement forgée par l’idéologie dominante qui va prendre le dessus dans les cadres d’auto-organisation. Le refus de l’organisation amène souvent à fétichiser la forme spontanée du mouvement et ainsi poser l’assemblée générale et le conseil comme sa forme la plus pure. Mais ce n’est pas en refusant l’organisation que les directions détachées du mouvement disparaissent. S’il n’y a pas de batailles pour la direction, la seule direction sera celle de l’idéologie dominante : on assiste alors au retour du réformisme, voire pire. Ça ne veut pas dire qu’un mouvement spontané n’a aucune potentialité révolutionnaire dans les formes d’organisation qu’il propose, mais que le mouvement ne se suffit pas à lui-même et que pour qu’il atteigne son véritable potentiel, les organisations révolutionnaires doivent pouvoir y proposer des stratégies.</p>



<p><strong>Les boussoles :&nbsp;</strong></p>



<p><strong>ce que donne l’organisation au mouvement</strong></p>



<p>L’organisation donne à ses membres des boussoles, ce ne sont pas des recettes toutes prêtes ou des analyses qui seraient systématiquement valides mais plutôt des clés qui permettent de se poser la question : comment intervenir dans le mouvement pour lui proposer une direction ? La forme spontanée du mouvement permet de rassembler notre classe ; ce qui est décisif pour nous en tant que révolutionnaires c’est d’y intervenir et d’y tester et défendre nos boussoles.</p>



<p>Une première condition à cela doit être de faire en sorte que les assemblées générales soient les assemblées de notre classe. Mais affirmer que tout le pouvoir doit revenir aux AG peut être trompeur à certains égards. Déjà c’est un mot d’ordre qui doit être choisi dans des moments où la situation politique le permet, c’est à dire quand dans le mouvement il y a un effort de masse d’auto-organisation. Mais surtout, selon une mauvaise lecture aujourd’hui, ce mot d’ordre signifierait qu’il n’y a pas d’espace de coordination à plus grande échelle qui nécessite obligatoirement des formes de délégations. À l’origine, ce mot d’ordre veut dire que les AG de travailleur&rsquo;ses délèguent des représentant&rsquo;es à des conseils plus vastes mais que le pouvoir doit rester à la base : le pouvoir est certes délégué mais les représentant&rsquo;es sont révocables et doivent rendre des comptes à n’importe quel moment devant l’AG.</p>



<p>En 2023, à Marseille, il y a eu une AG Interpro qui a réuni des centaines de personnes. Elle a réuni sur le fait d’être d’appartenir à la même classe et elle a permis de coordonner des grévistes, de coordonner des actions, des mobilisations et même des ravitaillements. C’est très bien mais c’est pas suffisant : il faut que l’assemblée ou le conseil réunissent la classe mais il faudrait aussi qu’ils la réunissent sur la base du lieu de travail car, de fait, en se réunissant sur cette base, en reprenant le contrôle de la production, on conteste le pouvoir bourgeois là où il se fonde. En luttant depuis la production, on conteste l’organisation par la bourgeoisie de la vie économique et sociale au sens le plus large. Évidemment, des assemblées de ce genre n’existent pas toujours, mais ce qu’on doit surtout en retenir c’est qu’il faut revendiquer que nos espaces d’auto-organisation soient explicitement des espaces d’organisation de notre classe. Pour cela, il faut déjà défendre la centralité de la classe dans l’analyse et convaincre qu’on a toustes intérêt à renverser l’ordre politique et économique de la bourgeoisie.</p>



<p>Un second élément essentiel à avoir en tête est qu’on ne doit pas être timides quant à notre intervention dans les cadres d’auto-organisation du mouvement. Si on n’intervient pas aujourd’hui, on ne sera pas prêt·e à intervenir dans des moments de tempête révolutionnaire. Et c’est dès aujourd’hui qu’on doit être prêt·e à donner des caps à suivre au mouvement. La coordination des assemblées est essentielle, car c’est en elle que se trouve l’embryon de l’État ouvrier capable de bâtir une société débarrassée du capitalisme. Mais aussi il ne faut pas négliger la subordination des conseils de représentant·es aux assemblées de toute la classe.&nbsp;</p>



<p>Les assemblées doivent naître des rapports de force autour de la lutte des classes, mais si on veut transformer ces rapports de force en victoires révolutionnaires, il faut y proposer une direction de manière coordonnée. Et la première victoire à y remporter est la non-délégation du pouvoir de l’assemblée à une autorité extérieure qui n’en émanerait pas.</p>



<p>Tout cela pose la nécessité d’une organisation préexistante au mouvement et à ses assemblées, une organisation révolutionnaire qui doit être en capacité de proposer à la classe d’assumer ses affaires et ses luttes par elle-même. Il ne s’agit pas de propagande individuelle par des militant·es qui se ramèneraient dans une assemblée pour réciter ce qu’on leur a demandé de réciter mais d’une intervention des révolutionnaires pour construire les cadres du mouvement. Mais pour savoir que construire comme cadres et savoir quoi y défendre, il est nécessaire d’avoir des débats au préalable, d’avoir construit ses arguments pour ensuite les tester dans le mouvement, les affûter ou parfois les abandonner. L’organisation révolutionnaire n’est pas le préalable à l’existence du mouvement mais elle est nécessaire pour que la direction qu’il prenne puisse aboutir à toutes ses potentialités révolutionnaires.</p>



<p>Léon (Marseille)</p>
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			</item>
		<item>
		<title>L’autonomie de classe : « aller de l’avant est une élévation  »! </title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/theorie/lautonomie-de-classe-aller-de-lavant-est-une-elevation/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jakubowski]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 02 Oct 2023 05:30:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Théorie]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">L’autonomie de classe est un processus. Ce n’est pas uniquement une expression théorique, cela est même, au contraire, un objectif à atteindre dont découle une pratique. Cet article tente d’expliciter ce qu’on entend par cette <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/theorie/lautonomie-de-classe-aller-de-lavant-est-une-elevation/" title="L’autonomie de classe : « aller de l’avant est une élévation  »! ">[...]</a></div>
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<p style="font-style:normal;font-weight:600">L’autonomie de classe est un processus. Ce n’est pas uniquement une expression théorique, cela est même, au contraire, un objectif à atteindre dont découle une pratique. Cet article tente d’expliciter ce qu’on entend par cette expression.</p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #09 &#8211; Septembre 2023</h6>



<p class="has-drop-cap">Le conflit qui oppose la bourgeoisie et la classe ouvrière existe. Il n’est pas une vue de l’esprit. L’enjeu auquel nous nous attelons est universel : transformer toute la société. Pas seulement les conditions d’un petit groupe de personnes, d’un corps de métier, d’une partie de l’humanité… Toute la société !</p>



<h2 class="wp-block-heading">La trajectoire du capital</h2>



<p>Ce que nous appelons la trajectoire du capital, dans différents articles que nous avons publiés, c’est le chemin qu’emprunte la bourgeoisie et ce qui en résulte : l’augmentation des budgets d’armement, la tendance générale à la multiplication des conflits entre blocs de capitaux, la guerre en Ukraine, les tensions au Sahel, le renforcement des polices à travers le monde, la prégnance du danger fasciste, les contre-réformes, etc.</p>



<p>Cette trajectoire a une conséquence : nous ne pouvons pas compter sur la bourgeoisie —&nbsp;donc ni sur le capital ni sur l’État&nbsp;— pour mettre un point d’arrêt aux guerres. Ainsi, il est impossible d’attendre que nos intérêts de classe soient défendus par un État quel qu’il soit dans une guerre comme celle qui a cours en Ukraine. On ne peut pas s’en remettre à l’État pour nous protéger durant une pandémie. On ne peut pas attendre que l’État interdise des meetings fascistes et on ne peut pas non plus s’en remettre à la démocratie bourgeoise. Et en 2023, on ne pouvait pas attendre de victoire sur les retraites dans l’Assemblée nationale.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Être dans les luttes, construire l’autonomie de classe</h2>



<p>L’autonomie de classe, c’est un éclairage qui aide, qui m’aide, qui nous aide à faire des choix, à comprendre l’actualité, comme si on utilisait un filtre « l’opposition capital / travail ». Ces lunettes d’analyse permettent d’éclairer l’opposition des forces entre la bourgeoisie et notre classe. « Notre classe », c’est-à-dire celles et ceux qui n’ont pas d’autre choix que de travailler pour subvenir à leurs besoins. Il s’agit bien d’une analyse marxiste de la société. Dans les premières pages du Manifeste du Parti communiste, Marx et Engels expliquent déjà en 1848 que le fonctionnement même du capitalisme le pousse à infester le monde entier : « poussée par le besoin de débouchés de plus en plus larges pour ses produits, la bourgeoisie envahit le globe entier. Il lui faut s’implanter partout, mettre tout en exploitation. » Si elle rencontre des résistances, il y aura affrontement. Dans tous les cas, le capitalisme n’est pas un système moral. D’où le fait qu’on ne peut pas faire sécession avec de bonnes intentions : il n’y a pas d’en-dehors du capitalisme, du plus petit village d’Ardèche à Wall Street. On ne peut malheureusement pas vivre que de ZAD, d’alternatives isolées, d’associations, d’augmentations de salaires éparses ou autres réseaux d’entraide… Pour autant, toutes ces luttes sont le mouvement, « le prolétariat avec de l’attitude »<sup data-fn="0ad84e76-0e0e-475e-a1fc-10d548e2fed5" class="fn"><a href="#0ad84e76-0e0e-475e-a1fc-10d548e2fed5" id="0ad84e76-0e0e-475e-a1fc-10d548e2fed5-link">1</a></sup>. Elles ont une valeur pour l’augmentation de notre confiance, elles sont le germe de ce qui peut advenir de meilleur. Grâce à la solidarité et à l’action collective, ces initiatives, élaborées ensemble par celles et ceux qui luttent, construisent l’autonomie de notre classe.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img data-dominant-color="878799" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #878799;" fetchpriority="high" decoding="async" width="800" height="600" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/09/A2C_RevueN9_Autonomie_Illustr1-jpg.webp" alt="" class="wp-image-7881 not-transparent" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/09/A2C_RevueN9_Autonomie_Illustr1-jpg.webp 800w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/09/A2C_RevueN9_Autonomie_Illustr1-300x225.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/09/A2C_RevueN9_Autonomie_Illustr1-768x576.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/09/A2C_RevueN9_Autonomie_Illustr1-678x509.webp 678w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/09/A2C_RevueN9_Autonomie_Illustr1-326x245.webp 326w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/09/A2C_RevueN9_Autonomie_Illustr1-80x60.webp 80w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Penser le changement, changer de pansement ou…</h2>



<p>À la fois on ne peut pas faire sécession, faire la révolution dans son coin en ignorant le reste du monde, à la fois on ne peut pas aborder la révolution uniquement comme une rêverie lointaine. En gros, bavasser sur la révolution ou se satisfaire de solutions à échelle réduite ? Là commence la gymnastique pour dépasser cette fausse opposition. En effet, quand on parle d’autonomie de classe, on sait que notre classe n’existe pas isolément mais dans l’opposition avec la bourgeoisie. Si le but visé est une société sans classe, alors on vise notre disparition en tant que classe. Et pour y parvenir, la stratégie révolutionnaire ne doit pas faire fi du mouvement, elle doit le mettre au centre. « Le mouvement », ce n’est pas seulement le mouvement « social ». Ce ne sont pas seulement les manifestations, spectaculaires, belles et vivantes. Ou seulement les syndicats. Ce sont tous les moments où la classe s’auto-organise. Ce fameux mouvement —&nbsp;à partir duquel nous travaillons dans les articles des Cahiers d’A2C&nbsp;— peut apparaître comme étant très limité d’un point de vue révolutionnaire, si l’on s’en tient à quelques clichés figés dans le temps. Pourtant, il est plein de vitalité, source de transformation. C’est là que se pose la question de l’autonomie.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Lutter pour nous-mêmes et par nous-mêmes : notre fête, leur misère !</h2>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-full is-resized"><img data-dominant-color="465352" data-has-transparency="false" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/09/A2C_RevueN9_Autonomie_Illustr2-jpg.webp" alt="" class="wp-image-7882 not-transparent" style="--dominant-color: #465352; width:397px;height:298px" width="397" height="298" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/09/A2C_RevueN9_Autonomie_Illustr2-jpg.webp 600w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/09/A2C_RevueN9_Autonomie_Illustr2-300x226.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/09/A2C_RevueN9_Autonomie_Illustr2-326x245.webp 326w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/09/A2C_RevueN9_Autonomie_Illustr2-80x60.webp 80w" sizes="(max-width: 397px) 100vw, 397px" /></figure>
</div>


<p>La boussole de l’autonomie de classe, c’est ce qui permet d’éviter que tout s’arrête à la fin d’un processus institutionnel. C’est même ce qui permet de ne rien en attendre. Concrètement, c’est commencer dès le début d’un mouvement d’ampleur à mobiliser à la base, à rendre la confiance contagieuse en valorisant ce qui se fait en bas. C’est se concentrer sur nous-mêmes, valoriser notre classe, se demander comment on se renforce et on se lie, comment évolue notre état, notre capacité à prendre nos affaires en main, pour mieux affronter ceux d’en face. Nous ne devons pas attendre que les initiatives d’élu·es, quelles qu’elles soient, aboutissent. Quand bien même ces initiatives prises « par en haut » permettraient d’appuyer un rapport de forces globalement élevé, il ne s’agit pas de la même chose si c’est nous qui mettons un stop à la classe dirigeante. Car pour leur faire la misère, il faut qu’on fasse vraiment la fête. Quand on dit autonomie de classe, on dit que c’est par la base, par nos assemblées de fac, nos collectifs de quartier, nos expériences syndicales qu’on grappille des degrés de confiance sur la classe adverse, finalement par la mise en action collective. Se penser comme autonome, c’est se penser comme capable de tout changer et que nous sommes d’une importance extrême. D’autres, qu’on imagine mieux placés, plus proches des sphères de pouvoir, ne peuvent pas se battre à notre place. Même si cela paraît plus simple, les expert·es, les pro, les élu·es sauraient-ils et elles faire mieux que nous-mêmes ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Humilité et prétention</h2>



<p>Des expériences qui renforcent l’autonomie de classe ont lieu à plein d’endroits dans le monde, sans que les protagonistes utilisent nécessairement cette expression. Que ce soit dans des syndicats, des villes ou des campagnes, chez des personnes éloignées de la politique institutionnelle, dans des cercles de base de certaines organisations politiques, des collectifs féministes, écologistes, antiracistes, des ZAD, des occupations, des médias, des milices, des réseaux clandestins, des organisations d’autonomie alimentaire, de paysannerie… Par exemple, lorsque des paysan·nes du Plateau de Millevache prennent l’initiative de créer un droit d’asile du Limousin ou quand des habitant·es du 20e&nbsp;arrondissement de Paris créent une « carte d’habitant·e » pour tous·tes, avec ou sans papiers,&nbsp;&nbsp;iels prennent leurs affaires en main pour contrer le discours dominant de division et de racisme. Un territoire rural, un quartier ouvrier, un local de cantine, tout cela participe au renforcement de notre confiance dans le fait que « l’émancipation des travailleur·euses sera l’œuvre des travailleur·euses elles et eux-mêmes ». Il y a de l’humilité et de la prétention dans cette pensée : penser que ce n’est pas un petit groupe de personnes qui peut changer le monde seul, mais avoir la prétention de pouvoir quand même influencer le cours des choses. Éviter l’immobilisme. Penser que malgré tout, une personne de plus, c’est une personne de plus. Et plus notre classe forge son autonomie en alliage soie et nickel, plus nous entrevoyons la disparition de la classe capitaliste.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’autonomie de classe : une histoire de&nbsp;confiance pour contre-attaquer !</h2>



<p>Comme je le disais plus haut, notre classe est en capacité de tout changer. Ce qui me faisait penser au souhait de Don Choa : « Tu voudrais voir l’atmosphère se détendre, j’veux voir la classe ouvrière se défendre »<sup data-fn="8802372d-aeb0-40da-b335-7812e405f077" class="fn"><a href="#8802372d-aeb0-40da-b335-7812e405f077" id="8802372d-aeb0-40da-b335-7812e405f077-link">2</a></sup>. Et se défendre, ce n’est pas « être défendue par »… On aura beau avoir de notre côté des avocat·es, des magistrat·es, des organisations de bienfaisance, ça n’ira pas beaucoup plus loin que le maintien d’un rapport conflictuel où l’on répond aux coups portés par le capital. Quel que soit le nom que nous donnons à notre classe, et quand bien même elle est traversée par de multiples contradictions, il n’y a que par la mise en action réelle de millions de personnes qu’on arrivera à résoudre l’équation, et à faire plus que se défendre : à contre-attaquer.</p>



<p>Imaginons, si 1 000 personnes font à la place de 10&nbsp;millions, avec beaucoup de bonne volonté et de bonnes intentions, il y aura toujours la répression en face, et aussi une déconnexion inévitable. Par exemple, rêver qu’une motion de censure fasse le travail à notre place peut sembler attirant. Mais cela aurait bien des effets sur la suite et sur notre conception générale de l’importance de la lutte. Croire que nous n’avons pas d’impact par notre mise en action collective, c’est renforcer la passivité et le défaitisme. C’est peut-être aussi cela qui fait qu’on participe aux manifestations comme à un rituel obligatoire. Chacune et chacun a pourtant toute la légitimité d’apporter au mouvement, de le faire grossir, de le renforcer. Croire qu’on n’y peut rien et qu’on n’est rien est trop courant, et c’est le chemin de réflexion qui nous amène à penser que pour régler toutes nos questions, il faudrait voter ou « mieux » voter pour améliorer notre sort.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img data-dominant-color="7d736f" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #7d736f;" decoding="async" width="1100" height="825" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/09/A2C_RevueN9_Autonomie_Illustr3-1100x825.webp" alt="" class="wp-image-7883 not-transparent" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/09/A2C_RevueN9_Autonomie_Illustr3-1100x825.webp 1100w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/09/A2C_RevueN9_Autonomie_Illustr3-300x225.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/09/A2C_RevueN9_Autonomie_Illustr3-768x576.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/09/A2C_RevueN9_Autonomie_Illustr3-678x509.webp 678w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/09/A2C_RevueN9_Autonomie_Illustr3-326x245.webp 326w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/09/A2C_RevueN9_Autonomie_Illustr3-80x60.webp 80w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/09/A2C_RevueN9_Autonomie_Illustr3-jpg.webp 1200w" sizes="(max-width: 1100px) 100vw, 1100px" /></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Une seule boussole : le mouvement</h2>



<p>Oui, il n’est pas simple de militer et on peut imaginer que certaines de ces approches donnent parfois la confiance de continuer malgré toutes les limites évoquées. Dans une situation politique aussi tendue, nous devons continuer d’insister sur le potentiel d’auto-organisation et d’élargissement du mouvement. Nous devons avoir en tête l’ampleur du travail d’argumentation, d’initiatives, de renforcement de liens entre militant·es et non militant·es qui nous attend encore. Quand il y a des initiatives du mouvement —&nbsp;un flash mob, une banderole monumentale, une assemblée de grévistes, une manifestation à vélo, une kermesse antifasciste, un atelier pancarte, une jonction entre féministes et syndicalistes, un festival antiraciste&nbsp;— il faut s’en réjouir, les soutenir et les considérer comme des illustrations de l’augmentation de cette fameuse confiance. Et si la confiance prend du temps, c’est que le processus vaut la peine d’être vécu. Prendre des raccourcis, c’est passer à côté du processus de transformation pourtant nécessaire à la prise de confiance politique et donc à la révolution.</p>



<p>D’ailleurs, si l’on revient sur les mouvements des derniers mois, on a pu retrouver des raccourcis, qui peuvent être très mobilisants dans le temps court, mais finir par nous éloigner de la politique sur le long terme.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Le débouché politique</strong> : extérieur au mouvement, un parti se positionne comme la voie institutionnelle qui va porter les voix des grévistes et/ou des manifestant·es. Ainsi, notre rôle serait uniquement de « faire pression » sur le gouvernement en appuyant le parti censé nous représenter.</li>



<li><strong>La personne ou l’organisation providentielle</strong> : elle apporterait l’idée qui va tout changer, la bonne revendication à suivre, la bonne action spectaculaire, le bon rythme de dates de manifestations.</li>



<li><strong>La super grève qui bloque tout</strong> : se mettre en grève ne vaut le coup que si un secteur stratégique s’y met. La grève n’a dans cette approche qu’un pouvoir bloquant et non un pouvoir d’auto-­organisation de notre classe. Donc si la grève ne bloque rien, alors elle est inutile. Dans cette logique, si un secteur n’a pas de pouvoir bloquant, la grève de celui-ci serait inutile. Aussi, si peu de monde est en grève, on peut entendre que « les gens ne veulent pas se battre ».</li>



<li><strong>La grève générale</strong> : l’objectif est qu’un maximum de monde se mette en grève en même temps. Mais comme tout le monde ne se lance pas en même temps, on se dit que c’est soit la faute des gens, soit la faute des syndicats. C’est le chaton qui se mord la queue : on ne se met pas en action car on attend que des masses se soulèvent, et une grève isolée n’est rien.</li>



<li><strong>La direction révolutionnaire </strong>: pour que le mouvement prenne la bonne direction, il faut en prendre… la direction. Donc l’idée serait de substituer à la mauvaise direction réformiste la bonne direction révolutionnaire auquel le mouvement devrait naturellement se subordonner.</li>



<li><strong>Le spectacle, les pertes matérielles et la tactique militaire</strong> : plus on s’attaque physiquement aux éléments visibles du capitalisme et plus on s’entraîne, plus on augmente la pression sur le gouvernement et les bourgeois qui vont compter leurs pertes et leurs blessé·es. La frustration vient souvent du fait que « les gens ne sont pas assez radicaux, ne sont pas déterminé·es ». Ou bien, le défaitisme peut venir de l’épuisement et du fait que nous n’arrivons pas à infliger une défaite militaire à la police, qui reste plus forte, nous blesse et nous tue.</li>



<li><strong>L’alternative concrète comme fin en soi </strong>: régulièrement en fin de mouvement, revient cette envie de faire sécession. Si on estime que notre rôle était de faire seulement plier les député·es, le gouvernement, les bourgeois, les oppresseurs, et si on n’y a pas réussi, alors on peut avoir envie de faire quelque chose de concret, dont les effets seront rapidement palpables : créer des colocations à la campagne, construire une utopie ne cherchant plus à entraîner d’autres personnes avec soi.</li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading">L’immense toile de l’autonomie politique</h2>



<p>Au sein du mouvement, on discute, on débat, on ne passe pas en force, on s’appuie sur des expériences vécues, des bilans, des freins et des tremplins… Politiquement, c’est plus sûr et encourageant d’avoir des équipes de gens en action qui impulsent et motivent, invitent et proposent, pensent toujours à communiquer au-delà des cercles habituels. Ce qui est moins sécurisant, c’est de voir des personnes donner des leçons sans agir là où elles se trouvent et voir se diffuser l’idée que les raccourcis seraient bénéfiques pour gagner vite et à moindre frais.</p>



<p>Dans les raccourcis évoqués plus haut, il manque souvent quelque chose d’incontournable : le fait que notre classe soit en mouvement, physiquement et psychologiquement. Qu’elle se parle, rompe avec le quotidien de l’exploitation, dépasse ses peurs, ses préjugés sur les « autres » et sur elle-même. Autrement dit, que notre classe dépasse les oppressions qui la traversent pour aller vers une force collective offrant une énorme bouffée d’air. Comme un feu d’artifice émancipateur auquel rien ne résiste plus, parce qu’« en bande organisée, personne peut nous canaliser »<sup data-fn="b7c02cb6-37aa-45a0-8324-4ce757f954dc" class="fn"><a href="#b7c02cb6-37aa-45a0-8324-4ce757f954dc" id="b7c02cb6-37aa-45a0-8324-4ce757f954dc-link">3</a></sup>. On peut alors imaginer être à la hauteur du rapport de forces nécessaire pour résister aux forces de répression et contre-révolutionnaires, aux relents individualistes. Pour garder la patate et aller de l’avant, on garde en tête que tout se joue collectivement, et que même dans les moments de doute, « gigantesque est la foule, encagoulée et gantée »<sup data-fn="9ccea5c1-b1e3-47a8-a5a6-a343a18b6a76" class="fn"><a href="#9ccea5c1-b1e3-47a8-a5a6-a343a18b6a76" id="9ccea5c1-b1e3-47a8-a5a6-a343a18b6a76-link">4</a></sup>!</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« Pas de temps pour la stagnation,</p>



<p>à la Franz Fanon, pas de damnation (…)</p>



<p>aller de l’avant est une élévation ! »</p>
<cite>« Homme neuf », in Comment rester propre ?, La Rumeur ft Ali, 2023</cite></blockquote>



<h5 class="wp-block-heading">Solen Ferrandon-Bescond, Rennes</h5>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-dots"/>



<h6 class="wp-block-heading">Notes</h6>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="0ad84e76-0e0e-475e-a1fc-10d548e2fed5">« Magnifique », in Réalité Rap Musique, Vol. 3, Ben PLG, 2022 <a href="#0ad84e76-0e0e-475e-a1fc-10d548e2fed5-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li><li id="8802372d-aeb0-40da-b335-7812e405f077">« Poches vides », Don Choa, EP 2017 <a href="#8802372d-aeb0-40da-b335-7812e405f077-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2">↩︎</a></li><li id="b7c02cb6-37aa-45a0-8324-4ce757f954dc">« Bande organisée », in 13’Organisé, Jul / 13’Organisé, 2020 <a href="#b7c02cb6-37aa-45a0-8324-4ce757f954dc-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3">↩︎</a></li><li id="9ccea5c1-b1e3-47a8-a5a6-a343a18b6a76">« Généric », in Médine France, Médine, 2022 <a href="#9ccea5c1-b1e3-47a8-a5a6-a343a18b6a76-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4">↩︎</a></li></ol><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/theorie/lautonomie-de-classe-aller-de-lavant-est-une-elevation/">L’autonomie de classe : « aller de l’avant est une élévation  »! </a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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