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	<title>Archives des Marseille - A2C - Autonomie de classe</title>
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	<title>Archives des Marseille - A2C - Autonomie de classe</title>
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		<title>Contre le budget de guerre et l’austérité, tous&#8217;tes en grève !</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/contre-le-budget-de-guerre-et-lausterite-toustes-en-greve/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ahmed Hammad]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 31 May 2026 17:09:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Retours militants]]></category>
		<category><![CDATA[anti-impérialisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Les Cahiers d’A2C #22 – Mai 2026 En mars 2026, un mouvement a secoué le secteur de l’éducation et la jeunesse lycéenne à Marseille contre les suppressions de postes et les baisses de moyens prévues <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/contre-le-budget-de-guerre-et-lausterite-toustes-en-greve/" title="Contre le budget de guerre et l’austérité, tous&#8217;tes en grève !">[...]</a></div>
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<p class="has-text-align-right has-luminous-vivid-amber-background-color has-background" style="font-size:11px;text-transform:uppercase"><strong>Les Cahiers d’A2C #22 – Mai 2026</strong></p>



<div class="wp-block-file"><a id="wp-block-file--media-9243803b-9046-4f69-aa9c-1aa44df22109" href="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/05/educ.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Pour lire ou imprimer l&rsquo;article maquetté</a><a href="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/05/educ.pdf" class="wp-block-file__button wp-element-button" download aria-describedby="wp-block-file--media-9243803b-9046-4f69-aa9c-1aa44df22109">Télécharger</a></div>



<p></p>



<p><em>En mars 2026, un mouvement a secoué le secteur de l’éducation et la jeunesse lycéenne à Marseille contre les suppressions de postes et les baisses de moyens prévues par le nouveau budget 2026. Ce fut la première riposte, sur les lieux de travail, au nouveau budget austéritaire de Lecornu et à l’économie de guerre.</em></p>



<p>Les journées de mobilisation du 10, 17, 19 et 26 mars ont mis plus de 2000 personnes dans les cortèges, plusieurs vies scolaires en grève et ont bloqué des dizaines de lycées contre les coupes budgétaires, la militarisation et la guerre.<br>Il existe donc des possibilités de riposte face aux conséquences de l’économie de guerre sur les travailleur&rsquo;euses. Il nous faut rendre compte de ce qui a rendu possible un tel mouvement mais aussi ses limites pour envisager sa généralisation à l’ensemble des secteurs de travail.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Des tensions impérialistes aux coupes dans le secteur de l’éducation et de la jeunesse</h3>



<p>Depuis le renforcement des tensions inter-impérialistes mondiales, avec notamment un point de bascule avec le début de la guerre en Ukraine, les États européens augmentent fortement leur budget de guerre. En France, la loi de programmation militaire 2024-2027 adoptée en 2023 prévoit 413 milliards d’euros de dépenses militaires sur sept ans, soit une hausse d’environ 40 % par rapport à la programmation précédente.</p>



<p>Cette économie de guerre ne relève pas d’un contexte sécuritaire dégradé mais bien de la dynamique structurelle du capitalisme mondial. L’augmentation des tensions entre puissances impérialistes pour le contrôle des marchés, des ressources et des zones d’influence menace de déclencher des conflits militaires. Le réarmement des pays européens montre leur volonté de se trouver une place dans un moment de reconfiguration impérialiste marqué par le recul de l’hégémonie américaine et la montée en puissance de la Chine.</p>



<p>Cette économie de guerre entraîne une restructuration du budget de l’État avec des coupes massives dans certains secteurs comme celui de l’éducation. Début février, un budget a annoncé la suppression de 4000 postes dans l’Éducation nationale. L’État fait payer la guerre aux travailleur&rsquo;euses et coupe dans les secteurs publics. Mais il a également besoin d’une jeunesse prête à combattre et multiplie les partenariats entre l’Éducation nationale et les armées, notamment avec les dispositifs « classes défense » qui multiplient les liens et les rencontres entre l’armée et les élèves.</p>



<p>Depuis 2026, un service militaire « volontaire » est mis en place pour les jeunes âgé&rsquo;es entre 18 et 25 ans pour une durée de 8 à 12 mois, rémunéré et offrant des avantages d’accès à l’emploi. Ce dispositif vise évidemment les jeunesses populaires et ouvrières qui vont voir en celui-ci une possibilité de revenu et d’accès au marché du travail. Pour justifier les saignées dans l’éducation et de tels dispositifs, Macron développe un argumentaire nationaliste et raciste pro-guerre.</p>



<p>La mobilisation des travailleur&rsquo;euses de l’Éducation nationale est un début de réponse aux contradictions des guerres impérialistes qui ne peuvent se faire sans le soutien des travailleur&rsquo;euses qui n’y ont pas intérêt et qui en paient le prix.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La mobilisation lycéenne déclenche l’opposition au budget de guerre</h3>



<p>Le mouvement a débuté le 5 mars par un blocus lycéen contre la militarisation de la jeunesse. Cette action a lieu en solidarité avec un appel des organisations lycéennes en Allemagne contre la militarisation. Ce jour a vu des grèves et manifestations dans plus de 140 villes outre-Rhin avec plus de 50 000 lycéen&rsquo;nes en manifestation.</p>



<p>En France, l’écho a été partiel mais à Marseille le blocus le 5 mars a participé du déclenchement de blocus contre la militarisation et le budget de guerre. Les jours suivants, plusieurs établissements scolaires sont bloqués. La participation des lycéen&rsquo;nes permet d’accélérer les grèves des travailleur&rsquo;euses de l’éducation qui débutent le 10 mars dans plusieurs établissements particulièrement touchés par les coupures budgétaires.</p>



<p>La détermination des lycéen&rsquo;nes permet de convaincre les enseignant&rsquo;es de la grève en affirmant la nécessité de la solidarité avec les élèves qui bloquent et subissent une répression inouïe. L’Éducation nationale et la préfecture répriment les blocus avec l’envoi systématique de CRS, des G.A.V de lycéen&rsquo;nes mobilisé&rsquo;es, des interpellations à domicile d’élèves mineur&rsquo;es et même des fichages de certain&rsquo;es élèves par le rectorat.</p>



<p>Dans les manifestations intersyndicales, les lycéen&rsquo;nes animent des cortèges dynamiques, avec des slogans contre la guerre, contre la militarisation de la jeunesse, contre le génocide en Palestine, contre l’extrême droite et pour les services publics.</p>



<p>Des assemblées générales lors des journées de mobilisation ont regroupé lycéen&rsquo;nes, parents d’élèves et enseignant&rsquo;es. Ça a favorisé la politisation du mouvement en le faisant dépasser les revendications purement économiques propres au secteur, pour lui donner un caractère plus politique, qui lie les coupes budgétaires au contexte d’économie de guerre.</p>



<p>La répression inédite des lycéen&rsquo;nes a révélé ce que l’État était prêt à faire pour éviter que le mouvement ne se diffuse dans d’autres secteurs touchés par les coupes budgétaires dans un contexte de forte augmentation du carburant qui renforce l’impopularité de la guerre.</p>



<p>Toutefois, le mouvement ne s’est pas étendu au-delà du secteur de l’éducation à Marseille. Les militant&rsquo;es syndicalistes n’ont pas perçu le potentiel de ce type de mouvement et ne s’en sont donc pas saisi. Il a pourtant le potentiel pour faire reculer le gouvernement, non seulement sur l’éducation mais dans l’ensemble des secteurs visés par l’économie de guerre.</p>



<p>En ce sens, le communiqué écrit le 17 mars, en réponse à l’appel de l’AG éducation de Marseille à généraliser la grève le 26 mars, par les enseignant&rsquo;es du lycée Voltaire à Paris est exemplaire. En appelant à la grève nationale reconductible sur des mots d’ordre « des moyens pour l’éducation, pas pour la guerre ! Nos mobilisations sont la solution », il permet d’imaginer ce que pourrait changer la présence de camarades implanté&rsquo;es dans de nombreux établissements au niveau national voulant généraliser et politiser la grève.</p>



<p>Le potentiel du mouvement des travailleur&rsquo;euses de l’éducation contre la guerre dépasse la France.</p>



<p>Un mouvement d’ampleur dans l’éducation, qui dépasserait les frontières nationales, contre la destruction de l’école publique pour financer l’armée et les génocides, est possible.</p>



<p>En Italie, après avoir été impliqué dans les grèves pour la Palestine de septembre dont les taux de grève ont dépassé ceux des dernières années, le secteur de l’éducation appelle à une grève le 7 mai 2026 contre le budget de guerre, la militarisation de la jeunesse et la réforme des lycées professionnels qui s’annonce très suivie. D’après Francesco Tirro (militant syndicaliste éducation USB Scuola, rencontré lors de la flottille pour Gaza), « ces grèves sont le résultat d’un travail conscient syndical de liaison des conditions de travail à une situation politique plus générale d’économie de guerre, de militarisation de la jeunesse et de complicité du gouvernement Méloni avec le génocide en Palestine ».</p>



<p>Cette date de grève, appelée par plusieurs syndicats avec des mots d’ordre politiques, doit être suivie de près et montre les capacités des travailleur&rsquo;euses à riposter face à la guerre et la militarisation de la jeunesse.</p>



<p><strong>Anouk Brunet (Marseille)</strong></p>
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		<item>
		<title>À Marseille : Lycéen&#8217;nes, Profs, AED&#8230; Toustes contre la guerre !</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/a-marseille-lyceen%c2%b7nes-profs-aed-toustes-contre-la-guerre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Emil]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 27 Mar 2026 12:18:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Retours militants]]></category>
		<category><![CDATA[antiguerre]]></category>
		<category><![CDATA[éducation]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Depuis 3 semaines, la cité phocéenne est secouée par une mobilisation pour des moyens pour l&#8217;éducation et contre la guerre, initiée par les lycéen&#8217;nes et rejointe par les profs et AED. Anouk et Yassine, militant&#8217;es <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/a-marseille-lyceen%c2%b7nes-profs-aed-toustes-contre-la-guerre/" title="À Marseille : Lycéen&#8217;nes, Profs, AED&#8230; Toustes contre la guerre !">[...]</a></div>
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<p>Depuis 3 semaines, la cité phocéenne est secouée par une mobilisation pour des moyens pour l&rsquo;éducation et contre la guerre, initiée par les lycéen&rsquo;nes et rejointe par les profs et AED. Anouk et Yassine, militant&rsquo;es d&rsquo;A2C et membres de la CGT éducation à Marseille, nous racontent.</p>



<p><em>Nous allons commencer par une question assez large pour poser le contexte. Est-ce que vous pouvez nous dire pourquoi vous avez décidé de vous mobiliser sur vos lieux de travail contre la guerre ?</em></p>



<p><strong>Anouk &#8211; </strong>En février, le nouveau budget Lecornu, avant même ce qu’il se passe au Moyen-Orient aujourd&rsquo;hui, nous est apparu comme un budget de guerre, financé par des coupes dans les moyens alloués aux services publics. On a directement appelé à construire une date qui allie à la fois la question des besoins de moyens pour l&rsquo;éducation, et la question de la guerre. Pour nous, c&rsquo;était important de faire ce lien-là, déjà en premier lieu dans la CGT.</p>



<p>Après, à la rentrée des vacances scolaires, la première action qui s&rsquo;est passée, c&rsquo;était une action des lycéen&rsquo;nes contre la guerre. Cela s’est lancé aussi après dans les établissements qui ont reçu leur coupe budgétaire. Ils se sont mobilisés direct. La combinaison de la mobilisation des lycéen&rsquo;nes contre la militarisation et de l&rsquo;appel qu’on a lancé dans la CGT, a permis aux enseignant&rsquo;es de se mobiliser pour les moyens et de le relier à la question du budget de guerre.</p>



<p><strong>Yassine &#8211;</strong> Je diviserais la réponse en deux parties. Une partie sur l’actualité et une partie sur le rôle qu&rsquo;on peut avoir en tant que militant&rsquo;es révolutionnaires dans nos syndicats. En ce qui concerne l’actualité, c&rsquo;est celle qu&rsquo;on connaît, cette montée des tensions entre États impérialistes, ces attaques répétées notamment des États-Unis envers le Venezuela, puis l&rsquo;Iran. C&rsquo;est quelque chose de très ancré actuellement dans la tête de tout le monde, et bien évidemment dans celle de nos collègues, des lycéen&rsquo;nes, des étudiant&rsquo;es. Je pense qu&rsquo;il y a une première porte d&rsquo;entrée dans le fait d&rsquo;arriver à élaborer à partir de ce qui est dans la tête de tout le monde et d&rsquo;avoir des propositions politiques, syndicales, d&rsquo;action vis-à-vis de ça. </p>



<p>Ensuite, notre rôle en tant que militant&rsquo;es révolutionnaires dans des syndicats ou dans d&rsquo;autres collectifs, c’est d’arriver à lier les mobilisations qui pourraient n’être par exemple que sur la question de la dotation horaire, sur ce qui permet ou non un bon fonctionnement de l’éducation… D’arriver à lier ces sujets à ce qui fait cette politique d&rsquo;austérité : à savoir une politique guerrière de plus en plus présente en France. Y’a une détestation des États-Unis, qui font figure de « grands méchants loups ». Il faut remettre un peu ce qui se passe en France au centre, remettre le combat contre notre propre impérialisme au cœur aussi des mobilisations. </p>



<p>Du coup, il y a un peu les deux à la fois : un fait d&rsquo;actualité et en dessous, une nécessité en tant que militant&rsquo;es révolutionnaires d&rsquo;aborder ces questions-là le plus possible au sein des syndicats. </p>



<p><strong>Anouk &#8211; </strong>Bien sûr, on a discuté dans le syndicat pour essayer de l&rsquo;anticiper, mais ça reste quand même un mouvement qui part de la base, et je pense que c&rsquo;est important de le dire. Des gens se sont mobilisés sur la question des moyens, en la liant de façon des fois très directe, des fois de façon un peu moins directe à la question de la guerre. C&rsquo;est intéressant de voir aussi les niveaux de politisation sur ces questions qui varient selon des statuts qui sont très différents. Nous, chez les AED, c’était quand même assez fort, chez les profs un peu moins. La mobilisation des lycéen&rsquo;nes par contre, c&rsquo;était très clairement contre la guerre, avec des pancartes « plus d&rsquo;argent pour l&rsquo;éducation, moins pour la guerre », « on ne veut pas aller à l&rsquo;armée », aussi en réponse à la grève qui était portée en Allemagne le 5 mars, contre la militarisation. Et du coup, la question, c&rsquo;était moins « est-ce qu&rsquo;on se mobilise ou pas ? », mais « comment on soutient cette mobilisation, qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;on y apporte ? ».</p>



<p><em>À Marseille, le mouvement du secteur de l’éducation, il côtoie justement le mouvement lycéen qui secoue la ville depuis plus de deux semaines. Est-ce que vous pouvez nous dire quels liens existent entre les deux ?</em></p>



<p><strong>Yassine &#8211; </strong>Entre les mouvements lycéens et ceux des travailleur&rsquo;euses de l’éducation il y a des liens qui existent depuis pas mal d&rsquo;années, depuis au moins 2016 et les différentes réformes des retraites. Par exemple, la mobilisation des lycées à Marseille, elle part du lycée Saint-Charles, sur des mots d’ordre directs et clairs contre la guerre. Du point de vue des travailleur&rsquo;euses, c’est aussi ce lycée qui depuis des années arrive à mobiliser contre les budgets de guerre, contre les lois restrictives et répressives envers les élèves, notamment sur l’abaya. Il y a toute une histoire qui fait qu’on arrive à ces deux semaines, où le mouvement lycéen et le mouvement du secteur de l&rsquo;éducation se rencontrent un peu plus.</p>



<p>Et je pense que c&rsquo;est parce qu’en dehors du budget de guerre, les mouvements lycéens posent aussi fermement &#8211; lorsqu&rsquo;ils entrent en lutte &#8211; la nécessité de rompre les séparations qui existent avec les enseignant&rsquo;es ou les personnels. C&rsquo;est dans la lutte que les idées changent, en tout cas que la possibilité de les changer est fortement ouverte. Les barrières tombent un petit peu, profs et lycéen&rsquo;nes entrent dans un rapport qui petit à petit se rapproche de la camaraderie. Ce sont des liens qui se modifient dans ces moments de lutte et je pense qu&rsquo;on a beaucoup à gagner à les renforcer, notamment en multipliant les possibilités de rencontres, AGs, réunions, moments de convivialité, que ce soit entre les personnels et les lycéen&rsquo;nes, mais aussi avec les parents d&rsquo;élèves.</p>



<p><strong>Anouk &#8211; </strong>Je pense que c&rsquo;est le même mouvement en réalité. Je pense que les lycéen&rsquo;nes, quand iels bloquent le 5 mars [début de la mobilisation], c&rsquo;est ça qui pousse les profs à partir en grève et ça permet aussi de maintenir un niveau de politique. Je pense que ça a été un élément déclencheur, que ça a donné de la motivation aussi aux professeur&rsquo;es. Ce qui a été dit souvent c’est « il faut qu&rsquo;on les soutienne, ils sont en train de bloquer aussi pour nous, contre les coupes budgétaires ».</p>



<p>Il y a eu une très forte répression qui s&rsquo;est déchargée sur les lycéen&rsquo;nes avec les blocages. Des CRS venaient systématiquement, il y a eu des élèves mineurs qui ont été arrêtés chez eux sans que les parents soient au courant. Tout ça a permis aussi de politiser les profs face aux récits nationalistes, face aux classes dirigeants qui disent qu’il faut armer la France contre les attaques extérieures et qui, en même temps, sont en train de s&rsquo;armer pour mater les mobilisations contre la guerre. Je pense que c&rsquo;est ce lien avec les lycéen&rsquo;nes et la force qu’iels ont eu qui donnent le caractère un peu élevé de la mobilisation à Marseille aujourd&rsquo;hui, et que c&rsquo;est très important de continuer à le renforcer.</p>



<p>Effectivement, la lutte permet de changer les rapports qu’on a entre nous, comme disait Yassine. De se demander : c&rsquo;est quoi nos rapports aux lycéen&rsquo;nes quand on est AED ? Parce que de fait, notre travail, il a une dimension de surveillance, une dimension un peu de flicage. On nous a demandé de dénoncer les lycéen&rsquo;nes qui bloquaient. Mais là, on est en mobilisation et il y avait un truc très clair qui s’est affirmé dans la réunion avec les AED de « jamais on va faire ça ». </p>



<p><em>Aujourd’hui, jeudi 26 mars, c’est une journée de grève. Est-ce que vous pouvez nous raconter ce qu’il s&rsquo;est produit aujourd&rsquo;hui ? Est-ce qu&rsquo;il y a eu des expériences, dans le sens de ce que vous évoquiez, de la barrière qui tombe un peu entre profs et élèves ? Parce qu&rsquo;à A2C, on dit que la grève, ce n&rsquo;est pas juste faire mal au capital, c&rsquo;est aussi intéressant parce que c&rsquo;est de l&rsquo;auto-organisation, ça permet de faire émerger des discussions, etc. notamment entre collègues, montrer notre force collective, parce que c’est dans ce genre de moment qu’on construit l’unité de notre classe dans la lutte&#8230; Est-ce que vous pouvez revenir sur ce que cette journée de grève a permis en ce sens ? Si vous avez des chiffres, une idée de qui s’est mobilisé, ça peut aussi être intéressant d’avoir une vision là-dessus.</em></p>



<p><strong>Anouk &#8211; </strong>Il y a déjà des lycées qui sont en grève de façon reconduite ou qui font au moins deux, voire trois journées de grève par semaine. Ce sont les bahuts qui sont les plus touchés par les coupes budgétaires. Ces bahuts-là sont à l&rsquo;avant-garde de cette mobilisation. Ce qui est intéressant, c&rsquo;est l&rsquo;arrivée des parents d&rsquo;élèves qui se mobilisent aussi. Ce sont aussi des travailleur&rsquo;euses qui sont en train de se politiser dans ce mouvement-là. Le fait d&rsquo;aller les chercher, ça permet d’élargir la mobilisation et donc de sortir de quelque chose de corporatiste. Cela rejoint la question de l’interpro qui est une stratégie de lutte qu’on défend à A2C. Hier et avant-hier, des AGs dans des lycées ont réuni 100 personnes avec des parents d&rsquo;élèves, des élèves et des profs. </p>



<p>Pour aujourd&rsquo;hui en particulier, ce qui est à noter, c’est l’entrée massive en grève des vies scolaires. Il y a eu entre 40 et 60 vies scolaires totalement fermées à Marseille et dans les environs. Et quand une vie scolaire est fermée, ça fait que l&rsquo;établissement il galère à fonctionner. La grève, je crois qu&rsquo;elle a été plus massive. Mais par contre, il y a moins de personnes qui sont venues à la manifestation. Par rapport à l&rsquo;élargissement de la grève, il n&rsquo;y a pas eu un saut massif de monde dans la rue.&nbsp; Mais je pense qu&rsquo;il faut se dire que c&rsquo;est aussi le fruit d&rsquo;un mouvement qui dure depuis déjà trois semaines, qui compte plusieurs journées de grève.&nbsp;</p>



<p>Pour aussi parler un peu des perspectives. Ce mouvement-là, c&rsquo;est une réponse au budget austéritaire de Macron. Encore aujourd’hui en AG, il s’est dit qu’il fallait continuer à se battre contre la guerre mais il faut continuer à batailler contre des dynamiques qui tendent à dire « si on est pas touché&rsquo;es par les coupes on se mobilise pas ». Donc il faut continuer le travail d&rsquo;aller politiser, convaincre de se mobiliser toustes. Mais pour ça, on a besoin de plus de militant&rsquo;es qui font ce travail dans chaque bahut, de revenir, de rediscuter, de demander « pourquoi tu ne veux pas te mobiliser ? » etc.</p>



<p>Les perspectives, c&rsquo;est aussi de se dire que ce budget-là, la question de la guerre, ça ne touche pas que les profs, ça ne touche pas que l&rsquo;éducation. Ce qui a été voté en AG c&rsquo;est d&rsquo;appeler à un élargissement de la grève au niveau d&rsquo;autres secteurs, notamment le social et la santé. Et aussi de dire que le mouvement doit être national et qu&rsquo;il doit y avoir des AGs de préparation dans toutes les villes, pour préparer la prochaine date qui est le 31 mars.&nbsp;</p>



<p><strong>Yassine &#8211; </strong>Cette journée du 26 mars a été ponctuée de divers moments de lutte notamment portés par les lycéen&rsquo;nes qui, très tôt, ont tenté de faire un sit-in devant l&rsquo;inspection académique. Iels ont été rapidement dégagé&rsquo;es par les flics mais iels avaient aussi un autre rassemblement à 9h, devant le tribunal administratif, accompagné&rsquo;es de plusieurs enseignant&rsquo;es, pour soutenir l&rsquo;un de leurs camarades sous OQTF, avec un mot d&rsquo;ordre très clair qu&rsquo;aucun&rsquo;e lycéen&rsquo;ne n&rsquo;a à être sorti&rsquo;e ni de son lycée, ni de France, pour aucune raison. </p>



<p>Je pense que les AED, à Marseille notamment, sont en confiance de l&rsquo;acquis et des gains des différentes luttes des dernières années. Des luttes qui ont été basées, si ce n&rsquo;est sur une auto-organisation totale, en tout cas, sur une élaboration d&rsquo;un plan et d’un programme de lutte indépendants des inter-syndicales nationales. Je pense qu&rsquo;il y a cette culture de la lutte chez les lycéen&rsquo;nes aussi, là où, je pense, du côté enseignant, on est plutôt sur une longue série de défaites, celles des grandes grèves portées par l’intersyndicale nationale (les retraites, les différents plans de réforme) et qui ont brisé, pour pas mal de collectifs, de lieux de travail, la confiance en la possibilité d&rsquo;agir, de changer les choses. Et du coup, comment on fait ? Pour moi, c’est là la nécessité, de pousser à l&rsquo;auto-organisation des lieux de travail, que chaque lieu de travail décide aussi des moyens de sa lutte et de ses journées de grève, tout ça en se coordonnant, bien sûr, à l&rsquo;échelle de la ville et à l&rsquo;échelle nationale, si le mouvement se répand.</p>



<p><img data-dominant-color="8e8a83" data-has-transparency="false" fetchpriority="high" decoding="async" width="800" height="492" class="wp-image-11111 not-transparent" style="--dominant-color: #8e8a83; width: 800px;" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/03/WhatsApp-Image-2026-03-27-at-12.59.42.webp" alt="" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/03/WhatsApp-Image-2026-03-27-at-12.59.42.webp 1080w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/03/WhatsApp-Image-2026-03-27-at-12.59.42-300x184.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/03/WhatsApp-Image-2026-03-27-at-12.59.42-768x472.webp 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /><br><br>Sit-in des lycéen&rsquo;nes devant la DSDEN le 26 mars</p>



<p><em>Le 28 mars, c&rsquo;est la commémoration de la Journée de la Terre. Il y a des appels à manifester qui sont internationaux, notamment contre le fascisme et la guerre. Une manifestation se profile à Marseille pour la Palestine et contre la guerre. Est-ce que le milieu de l&rsquo;éducation va y participer ?</em></p>



<p><strong>Anouk &#8211;  </strong>La question centrale c’est comment on arrive à politiser dans nos secteurs et je trouve que c’est plus facile actuellement que les derniers mois. Quand les gens sont en mouvement, ils sont beaucoup plus en capacité d&rsquo;entendre. Il faut que de plus en plus de personnes implantées cassent les réflexes strictement corporatistes des professeur&rsquo;es, arrivent à faire faire le lien entre ce qui se passe dans l’éducation et les autres initiatives politiques, comme le 28 mars, qui à Marseille est porté par les collectifs Palestine et Guerre à la guerre. On a appelé à un cortège de l&rsquo;éducation dans cette manifestation. Cela permettrait de donner une autre force au 28, de montrer que le mouvement de l&rsquo;éducation qui se met en grève depuis trois semaines est aussi présent pour lutter frontalement contre la guerre.</p>



<p>À Marseille, les directions syndicales critiquent le texte d’appel à la manifestation de l’après-midi qui, pour elles, n’impliquent pas assez les travailleur&rsquo;euses. Elles organisent donc un rassemblement le matin alors qu’on sait que la manifestation de l’après-midi sera beaucoup plus massive. Il y a un enjeu à arriver à rompre ce rapport-là. </p>



<p><strong>Yassine &#8211; </strong>La principale raison de participer à la manifestation du 28 c’est de continuer à maintenir la pression sur l&rsquo;État français, de dénoncer l’armement d’Israël, la dynamique va-t-en-guerre de Macron. En tant que syndicalistes dans l&rsquo;éducation je pense que l&rsquo;un des rôles qu&rsquo;on peut avoir, c’est de tout faire pour participer à l&rsquo;unité du mouvement social et à sa transformation en mouvement politique le plus puissant possible. Dans ce but, on doit argumenter auprès de nos collègues de travail, dans nos syndicats, sur la nécessité de descendre, tous et toutes, dans la rue, aux côtés des différentes organisations de lutte de soutien à la Palestine. Mais à l’inverse, c’est aussi à ces différentes organisations de convaincre en interne du fait d’impliquer les lieux de travail, les syndicats, de travailler à la jonction sur des lignes claires contre le génocide, contre la guerre, pour une Palestine libre.</p>



<p>Propos recueillis par Alice (Paris 18), Emil (Paris 20), Mathilde (Marseille)<br><br><em>Interview également disponible à l&rsquo;écoute sur <a href="https://open.spotify.com/episode/2O8HDuS7VSoq4t9DGLBTMH?si=RBLGqH_WRKeQ9WEALCjyiQ">Spotify</a>, <a href="https://link.deezer.com/s/32Pmb7EMtJAiyrGTsW2pS">Deezer</a> et <a href="https://podcasts.apple.com/fr/podcast/le-secteur-de-l%C3%A9ducation-contre-la-guerre-%C3%A0-marseille/id1832574436?i=1000757592017">Apple Podcasts</a>.</em></p>



<p></p>
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		<title>S’organiser contre les campagnes électorales des fascistes : « Une urgence et plein de débats ! »</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/sorganiser-contre-les-campagnes-electorales-des-fascistes-une-urgence-et-plein-de-debats/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Vic]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 16 Mar 2026 14:13:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Antifascisme]]></category>
		<category><![CDATA[Retours militants]]></category>
		<category><![CDATA[Lepen]]></category>
		<category><![CDATA[Marseille]]></category>
		<category><![CDATA[Rassemblement national]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">En septembre 2025, le RN lance sa campagne à Marseille. Franck Allisio (tête de liste du RN local) allait serrer des mains dans des salons associatifs, à une présentation des nouvelles techniques de maintien de <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/sorganiser-contre-les-campagnes-electorales-des-fascistes-une-urgence-et-plein-de-debats/" title="S’organiser contre les campagnes électorales des fascistes : « Une urgence et plein de débats ! »">[...]</a></div>
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<p><em>En septembre 2025, le RN lance sa campagne à Marseille. Franck Allisio (tête de liste du RN local) allait serrer des mains dans des salons associatifs, à une présentation des nouvelles techniques de maintien de l’ordre ou dans des pizzerias. Puis, très vite, le RN a annoncé faire alliance avec l’UDR ciottiste, le RPR (organisation fantoche du RN pour les candidats d’extrême-droite ne souhaitant pas se présenter sous la bannière du RN) et Marseille d’abord (scission identitaire locale de Reconquête ! portée par le sénateur Stéphane Ravier). </em></p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #20 &#8211; Janvier 2026</h6>



<p>Fort·es de l’expérience post-législatives 2024, la Riposte Antifasciste s’est donc donné comme objectif d’argumenter à nouveau sur ce dilemme : comment construire une contre-campagne qui n’aboutisse pas à de l’électoralisme, mais au contraire, pousse à l’auto-organisation et à dépasser les dates électorales ? Bref, comment concrètement faire que « l’antifascisme soit l’affaire de toustes » ? </p>



<h2 class="wp-block-heading">Argumenter de la centralité du RN </h2>



<p>À l’initiative d’A2C, une discussion publique a eu lieu au week-end régional réunissant des collectifs antifascistes et antiracistes. Ce moment a pu donner un aperçu de l’état du mouvement antifasciste en reconstruction. Ce qui était enthousiasmant, c’est la richesse des discussions : comment intervenir dans sa ville, son quartier ? Comment argumenter de la centralité du racisme ? Un point cependant ne mettait pas tout le monde d’accord, la question de la cible. Depuis avril 2025, Marseille est traversée par l’intensification de rafles contre les habitant·es des quartiers populaires du centre-ville. Comment argumenter qu’il ne faudrait pas se battre contre Benoît Payan (PS) maire en responsabilité et candidat à sa réélection ? Et Martine Vassal, candidate macroniste-LR, n’a-t-elle pas elle aussi stigmatisé les musulman·es et les migrant·es ? Est-ce qu’iels ne seraient pas eux-mêmes fascistes ? Ces mêmes questions traversent notre collectif. </p>



<p>On peut y répondre au moins par trois points : </p>



<p>1) Oui Payan et Vassal sont racistes et islamophobes. Mais le RN est un parti fasciste. Il faut qu’on parvienne à mener de front les luttes antiracistes qui s’opposent à ces partis, et un combat spécifique contre le RN. </p>



<p>2) Les périodes électorales sont un moment de forte politisation, le RN recrute massivement et intensifie ses liens (avec le CRIF, Nous Vivrons ou Némesis). Les empêcher de s’organiser, c’est sur le long terme les affaiblir tous. En reprenant le même argument, les périodes électorales doivent être pour nous, des moments où l’on impulse massivement l’auto-organisation. </p>



<p>3) « L’argent c’est le nerf de la guerre ». Si le RN prend le pouvoir localement, il pourra matériellement se renforcer en finançant de nouveaux cadres et contrôler les subventions. De quoi renforcer et mener à la baguette un tissu associatif local en direction de son agenda. Bref, le RN au pouvoir, c’est un RN plein aux as localement. </p>



<h2 class="wp-block-heading">Riposter par une contre-campagne, vers l’auto-organisation au-delà des élections </h2>



<p>Une première AG de mobilisation a été appelée le 04/12. Une centaine de personnes se sont réunies dans les locaux de Solidaires. Une première partie de ce rendez-vous revenait à argumenter sur « pourquoi le RN ? ». Contre toute attente, les personnes étaient largement convaincu·es de cibler principalement le RN. La deuxième partie de l’AG était organisée en petits groupes, où l’on a pu discuter de trois axes de riposte : <br>1) Cibler les fascistes sur le terrain et créer un groupe de vigilance, <br>2) Répertorier un réseau des lieux solidaires de notre camp, <br>3) Comprendre leur programme et les cibles du RN (quartiers, thèmes). </p>



<p>Chacun de ces groupes avait été pensé pour se répondre. En effet, comprendre les cibles du RN c’est aussi savoir où mettre ses forces, avoir un coup d’avance. Permettre la constitution d’un réseau de solidarités (commerçant·es, lieux culturels, locaux associatifs), c’est nous donner les capacités de réaction. Enfin, constituer un groupe de vigilance, c’est faire le choix de la massification et d’un réflexe collectif face aux tractages, collages et boîtages du RN. </p>



<p>L’AG s’est à nouveau réunie en plénière, et a décidé de se revoir toutes les deux semaines à partir de janvier afin de mettre en commun les travaux qui seraient réalisés d’ici-là. La seconde AG qui eu lieu le 06/01 a confirmé la dynamique. Cependant, il est certain qu’un travail d’animation de ces groupes est nécessaire à leur vitalité. On peut aussi se rassurer par la dizaine de nouveaux camarades qui fournissent dès aujourd’hui une aide bienvenue à l’organisation de la prochaine AG contre la venue de Marine Le Pen pour un meeting de campagne au Parc Chanot le 16/01<sup data-fn="c6c0d769-3d3f-4951-97dc-0542f2c57ca3" class="fn"><a href="#c6c0d769-3d3f-4951-97dc-0542f2c57ca3" id="c6c0d769-3d3f-4951-97dc-0542f2c57ca3-link">1</a></sup>. </p>



<p>Ce qu’on peut noter, c’est un intérêt massif pour se mettre en mouvement et s’organiser. Les personnes sont convaincu·es et veulent construire. Plusieurs fois, l’idée a été relancée de créer de nouveaux Comités de Quartiers Antifascistes. Ces groupes antifascistes de quartier avaient été initiés par la Riposte Antifasciste et l’Antifa Social Club Marseille en juillet 2024 après une AG de 400 personnes. </p>



<p>Le regain d’intérêt pour les Comités est une bonne nouvelle. Encore faut-il attraper au vol cette idée ! Pour le moment, seuls 4 comités sont encore actifs, mais l’envie de redynamiser l’expérience est bien présente. Notre tâche, en tant que Riposte Antifasciste, est d’être un soutien matériel, humain et technique au lancement de nouveaux Comités. Le collectif essaye de garder une attention particulière à animer les réseaux et à fournir des outils pour les impulser. </p>



<h2 class="wp-block-heading">Articuler localement une contre-campagne avec la lutte de classe et le calendrier de la Marche des Solidarités </h2>



<p>On a donc validé qu’une contre-campagne anti RN peut se massifier et s’outiller. Mais on a aussi touché une limite dure : si ça ne rencontre pas le monde du travail et les réseaux antiracistes audelà de nos bulles, on fera des AG correctes et le RN continuera sa campagne tranquille. </p>



<p>La Riposte Antifasciste s’est fixé un objectif stratégique : construire un Front Unique antifasciste et antiraciste<sup data-fn="3319e977-65f6-47ce-b0ed-7c0121b543f7" class="fn"><a href="#3319e977-65f6-47ce-b0ed-7c0121b543f7" id="3319e977-65f6-47ce-b0ed-7c0121b543f7-link">2</a></sup>. Mais faire alliance par « en bas » reste notre point faible. Le débat dans le collectif est très concret : hors période de mouvement, on ne sait pas vraiment intervenir sur les lieux de travail ; et on cherche en parallèle comment relancer des comités de quartier et stabiliser des alliances avec les collectifs antiracistes. </p>



<p>Côté lieux de travail, on a eu des points d’appui (mobilisation contre Stérin, défense des librairies attaquées), mais ce sont encore des coups justes, pas une continuité. </p>



<p>À Marseille, antifas et syndicats se croisent trop peu. À l’AG, seuls quelques camarades de Solidaires étaient présents. Double limite : peu de syndicalisation dans nos rangs, et une combativité antifasciste inégale dans les organisations syndicales. Tant qu’on n’a pas de relais réguliers, on reste cantonné·es à nos milieux. La rencontre à venir avec VISA doit servir à densifier des liens concrets. </p>



<p>Même tension côté antiracisme. Le 18 décembre a été combatif, mais n’a pas « pris » comme point d’orgue. Selon nous, cette inter-orga se limite à des réunions unitaires sans créer de dynamique sur le terrain. En conséquence, les initiatives proposées par la Marche des Solidarités sont parfois vécues par les militant·es antifascistes et antiracistes comme un catalogue de dates, difficile à transformer en construction locale. </p>



<p>Néanmoins, un argument a fait mouche auprès des camarades antifascistes : d’ici mars (municipales), il y aura peu de dates nationales mobilisatrices. Saisir le 18 décembre, c’était reprendre l’agenda au-delà du calendrier électoral. L’AG du 4 décembre l’a encouragé, sans être encore motrice d’initiatives : on en prend acte. Prochaine étape : renforcer des liens entre groupes antifascistes nationalement, pour construire localement, par en bas, une dynamique jusqu’au 14 mars, manifestation nationale antiraciste. </p>



<h5 class="wp-block-heading">Léon (Marseille)</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="c6c0d769-3d3f-4951-97dc-0542f2c57ca3">Un bilan de cette mobilisation sera disponible sur le site d’A2C. <a href="#c6c0d769-3d3f-4951-97dc-0542f2c57ca3-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li><li id="3319e977-65f6-47ce-b0ed-7c0121b543f7">Lou (2025), «Comment vaincre le fascisme : Trotsky et la stratégie du front unique». Revue #19. Disponible sur le site d’A2C <a href="#3319e977-65f6-47ce-b0ed-7c0121b543f7-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2">↩︎</a></li></ol><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/sorganiser-contre-les-campagnes-electorales-des-fascistes-une-urgence-et-plein-de-debats/">S’organiser contre les campagnes électorales des fascistes : « Une urgence et plein de débats ! »</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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		<title>Bienvenue aux weekends de formations/débats d’A2C !</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/discussions-formations-a2c/bienvenue-aux-weekends-de-formations-debats-da2c/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ahmed Hammad]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 28 Feb 2026 18:07:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A2C]]></category>
		<category><![CDATA[Discussions débats formations]]></category>
		<category><![CDATA[Formation]]></category>
		<category><![CDATA[Marseille]]></category>
		<category><![CDATA[Paris]]></category>
		<category><![CDATA[Rennes]]></category>
		<category><![CDATA[Weekend]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">A2C organise fin mars et début avril des week-ends régionaux, ouverts à toutes les personnes intéressées pour participer, que ce soit pour une ou toutes les discussions proposées&#160;! À l’issue des élections municipales durant lesquelles <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/discussions-formations-a2c/bienvenue-aux-weekends-de-formations-debats-da2c/" title="Bienvenue aux weekends de formations/débats d’A2C !">[...]</a></div>
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<p>A2C organise fin mars et début avril des week-ends régionaux, ouverts à toutes les personnes intéressées pour participer, que ce soit pour une ou toutes les discussions proposées&nbsp;!</p>



<p>À l’issue des élections municipales durant lesquelles nous avons agi pour empêcher les campagnes du RN et de Reconquête, après les manifestations féministes du 8 mars et celles antiracistes et antifascistes du 14 mars, avec l’urgence de la construction d’un mouvement international qui mette en échec les agressions impérialistes et la marche vers la guerre, nous avons besoin de prendre le temps de nous former, d’échanger, d’élaborer des stratégies pour empêcher la barbarie et gagner.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<h2 class="wp-block-heading">📍 RENNES — 28 &amp; 29 mars</h2>



<p>Lieu : Cœurs Résistants, 4 Rue du Faux Pont</p>



<figure class="wp-block-table"><table class="has-fixed-layout"><thead><tr><th>Jour</th><th>Heure</th><th>Topos</th></tr></thead><tbody><tr><td><strong>Samedi 28 mars</strong></td><td>9h30</td><td>Accueil et petit déjeuner</td></tr><tr><td></td><td>10h</td><td>S’armer pour se défendre ? Combattre l’impérialisme français</td></tr><tr><td></td><td>12h30</td><td>Repas</td></tr><tr><td></td><td>14h</td><td>Alternatives et désertions : changer le monde sans prendre le pouvoir ?</td></tr><tr><td></td><td>19h30</td><td>Repas de fête et soirée</td></tr><tr><td><strong>Dimanche 29 mars</strong></td><td>9h30</td><td>Accueil et petit déjeuner</td></tr><tr><td></td><td>10h</td><td>Syndicats, LFI, conseils ouvriers : qui mène à la victoire ?</td></tr><tr><td></td><td>12h30</td><td>Repas</td></tr><tr><td></td><td>14h</td><td>Nationalisme et libération : indépendance de l’Algérie</td></tr><tr><td></td><td>17h</td><td>Bilan et rangement</td></tr></tbody></table></figure>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p><a href="https://framaforms.org/week-end-regional-a2c-mars-2026-1769982121" type="link" id="https://framaforms.org/week-end-regional-a2c-mars-2026-1769982121">Inscrivez-vous</a> !</p>



<h2 class="wp-block-heading">📍 PARIS — 4 &amp; 5 avril</h2>



<p>Lieu : AGECA, 177 rue de Charonne</p>



<figure class="wp-block-table"><table class="has-fixed-layout"><thead><tr><th>Jour</th><th>Heure</th><th>Topos</th></tr></thead><tbody><tr><td><strong>Samedi 4 avril</strong></td><td>10h</td><td>L’Iran entre impérialisme et révolution</td></tr><tr><td></td><td>13h</td><td>Présentation d’A2C et du festival Boussoles</td></tr><tr><td></td><td>13h30</td><td>Fascisme : entre milice et cravate</td></tr><tr><td></td><td>16h</td><td>De Minneapolis à Paris : lutte contre le racisme</td></tr><tr><td></td><td>18h</td><td>Apéro et repas partagé</td></tr><tr><td><strong>Dimanche 5 avril</strong></td><td>10h</td><td>Écologie anticapitaliste → écologie révolutionnaire</td></tr><tr><td></td><td>13h</td><td>Présentation A2C et festival Boussoles</td></tr><tr><td></td><td>13h30</td><td>Faut-il des syndicats pour faire la révolution ?</td></tr></tbody></table></figure>



<p><a href="https://framaforms.org/inscription-weekend-regional-a2c-region-parisienne-1770646911" type="link" id="https://framaforms.org/week-end-regional-a2c-mars-2026-1769982121">Inscrivez-vous</a> !</p>



<p>📍 MARSEILLE — La Fraternité</p>



<figure class="wp-block-table"><table class="has-fixed-layout"><thead><tr><th>Jour</th><th>Heure</th><th>Topos</th></tr></thead><tbody><tr><td><strong>Vendredi 3 avril</strong></td><td>19h</td><td>Situation politique</td></tr><tr><td><strong>Samedi 4 avril</strong></td><td>14h</td><td>Impérialisme : stade suprême du capitalisme</td></tr><tr><td></td><td>17h</td><td>Féminisme et anti-impérialisme</td></tr><tr><td><strong>Dimanche 5 avril</strong></td><td>14h</td><td>Mouvement mondial contre la guerre de 2003</td></tr><tr><td></td><td>17h</td><td>Centralité de la lutte antiraciste</td></tr></tbody></table></figure>



<p><a href="https://framaforms.org/week-end-regional-marseille-3-4-et-5-avril-1773852552" type="link" id="https://framaforms.org/week-end-regional-a2c-mars-2026-1769982121">Inscrivez-vous</a> !</p>



<p></p>



<p class="has-medium-font-size">Aspects pratiques :</p>



<p class="has-medium-font-size">Pour plus de précisions sur les programmes, les horaires, ou toute autre question, contactez-nous&nbsp;!</p>



<p class="has-medium-font-size">Nous pouvons financer les frais de trajet vers le lieu le plus proche de chez vous.</p>



<p class="has-medium-font-size">Nous pouvons également assurer un hébergement militant.</p>



<p class="has-medium-font-size">La participation aux frais, de location de salle, de repas, de bambinerie, est ensuite libre.</p>



<p class="has-medium-font-size">Nous vous demandons de vous inscrire afin d’avoir une estimation des besoins, en termes d’hébergement, de repas et restrictions alimentaires, de bambinerie. Contactez-nous&nbsp;!</p>



<p class="has-medium-font-size">A2c@riseup.net</p>
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		<title>500 personnes à Marseille contre la venue de Marine Le Pen !</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/500-personnes-a-marseille-contre-la-venue-de-marine-le-pen/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Vanina]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Feb 2026 10:02:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Antifascisme]]></category>
		<category><![CDATA[antifa]]></category>
		<category><![CDATA[danger fasciste]]></category>
		<category><![CDATA[Fascisme]]></category>
		<category><![CDATA[le pen]]></category>
		<category><![CDATA[Marseille]]></category>
		<category><![CDATA[municipales]]></category>
		<category><![CDATA[rispote]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=10797</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Interview de Léon, militant d’a2c investi dans le collectif antifasciste La Riposte. 1- Tu milites dans le collectif “La Riposte antifasciste Marseille”, c&#8217;est un collectif contre le fascisme qui s&#8217;est constitué en 2023. Peux-tu nous <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/500-personnes-a-marseille-contre-la-venue-de-marine-le-pen/" title="500 personnes à Marseille contre la venue de Marine Le Pen !">[...]</a></div>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-text-align-center"><em>Interview de Léon, militant d’a2c investi dans le collectif antifasciste La Riposte.</em><br><br><strong>1- Tu milites dans le collectif “La Riposte antifasciste Marseille”, c&rsquo;est un collectif contre le fascisme qui s&rsquo;est constitué en 2023. Peux-tu nous présenter les actions que vous avez déjà menées ?</strong></p>



<p>La Riposte antifasciste Marseille est un collectif antifasciste qui se veut de masse et ouvert. Et nous, on a un peu une ligne directrice, c&rsquo;est de faire que l&rsquo;antifascisme soit l&rsquo;affaire de toustes. Et du coup, dans ce cadre-là, on a mené des actions lorsque, par exemple, Bardella était venu faire signer son bouquin il y a un an et demi. Mais aussi, en fait, des actions de construction du milieu antifasciste à Marseille.</p>



<p>Notamment, après la dissolution des législatives, on a monté avec l&rsquo;Antifa Social Club Marseille l&rsquo;initiative des comités de quartier. En fait, ce qui doit permettre à plus de monde de pouvoir rentrer dans la lutte antifasciste à des niveaux différents, avec des investissements différents. Et sinon, on organise des cortèges pour les dates antiracistes, féministes et directement antifascistes.</p>



<p>Moi, j&rsquo;ai l&rsquo;impression qu&rsquo;on essaie surtout de mettre en place des réflexes antifascistes. Et donc, pour ça, on estime qu&rsquo;il faut beaucoup travailler sur les formes du fascisme actuel.</p>



<p>Donc, par exemple, on a beaucoup travaillé aussi sur Nemesis et la manière dont ce collectif instrumentalise le féminisme.&nbsp;</p>



<p><strong>2 &#8211; Dans le dernier numéro de la revue, le numéro 20, tu as écrit un article : “<a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/sorganiser-contre-les-campagnes-electorales-des-fascistes-une-urgence-et-plein-de-debats/">S&rsquo;organiser contre les campagnes électorales des fascistes</a>”. Tu parlais de la venue prochaine de Marine Le Pen à Marseille et surtout des mobilisations qui se mettaient en place pour l&rsquo;accueillir comme il se doit. Elle est venue il y a deux semaines. Est-ce que tu peux nous raconter comment vous vous êtes organisé·es ? </strong></p>



<p>Cela s&rsquo;inscrit dans la contre-campagne qu&rsquo;on mène depuis début décembre. Donc, depuis début décembre, on organise des AG de mobilisation toutes les deux semaines. Et on a appris, début janvier, que Marine Le Pen venait à Marseille, au parc Chanot, pour faire le lancement de campagne de Franck Allisio, la tête de liste RN à Marseille. Du coup, pendant une AG, on a proposé de s&rsquo;organiser contre.</p>



<p>De là, plusieurs groupes de travail se sont constitués, permettant à la fois de penser les questions de comment on rassemble, qui on va chercher – syndicats, associations, partis, etc. –, mais aussi de comment on pouvait faire un peu d&rsquo;hacktivisme. C&rsquo;est une pratique qu&rsquo;on a beaucoup à la Riposte, de proposer de faire pression sur les lieux qui accueillent l&rsquo;extrême droite, de la pression en ligne, en envoyant des mails, des réclamations aux lieux qui accueillent l&rsquo;extrême droite. Et puis, enfin, on a pensé à la possibilité de généraliser des conseils d&rsquo;anti-répression, savoir faire attention, ne jamais rentrer seul,·e savoir rester dans un cortège, etc.</p>



<p>Ça s&rsquo;est organisé de manière assez ouverte, assez large. On a pu organiser une AG avec une centaine de personnes, qui permettait de discuter, d&rsquo;élaborer des stratégies sur le moment, mais qui permettait aussi d&rsquo;aller chercher vraiment beaucoup plus loin, comme je le disais, des syndicats, des associations, des partis politiques, des organisations révolutionnaires. Et aussi, dernier truc, quelque chose qui, à mon sens, a pas mal aidé, c&rsquo;est qu&rsquo;au même moment, nous, on organisait&#8230; Enfin, pas au même moment, mais un jour avant, on organisait une discussion publique avec Félicien Faury, un sociologue du vote RN.</p>



<p>Et il y a eu peut-être 300 personnes qui sont venues écouter ces discussions publiques. Et ça a aidé à transmettre le message que Marine Le Pen venait le lendemain, qu’il fallait donc réfléchir ensemble et continuer cette campagne.</p>



<p><strong>3 &#8211; Ça fait maintenant deux semaines que Marine Le Pen est venue à Marseille, si tu devais tirer un bilan des mobilisations que vous avez mises en place aujourd&rsquo;hui, tu dirais quoi ?</strong></p>



<p>Si je devais en tirer un bilan, je dirais que c&rsquo;est un bilan très positif. On était 500 ! Et ça a permis de rassembler et donc d&rsquo;impulser un peu plus largement cette contre-campagne, de commencer à faire lever la mobilisation, notamment parce qu&rsquo;en fait, à Marseille, on est un peu les seul·es à avoir lancé la question des municipales comme une question qui était cruciale et sur laquelle il fallait se mobiliser avec une perspective vraiment antifasciste.&nbsp;</p>



<p>Et donc on peut dire que ça a réveillé un peu tout le monde, sur des bases assez positives, parce que tout le monde en a gardé un plutôt bon souvenir. Ça nous a en plus permis de faire encore plus de liens avec certaines organisations avec lesquelles on avait encore un peu du mal à entrer en contact pour travailler ensemble, notamment des syndicats. Et je pense que ce qui a peut-être manqué, c&rsquo;est d&rsquo;avoir directement après un moment pour rediriger ces énergies, parce que, pour autant, on a l&rsquo;impression que c&rsquo;est en train de se redémobiliser.</p>



<p>Bon, on va voir. Mais en tout cas, c&rsquo;est vrai que ça a quand même permis de donner un petit peu de volonté à tout le monde de s&rsquo;engager dans une contre-campagne antifasciste. Et ça a montré aussi qu&rsquo;en fait, on ne parlait pas dans le vent, qu&rsquo;il y avait un besoin exprimé de faire quelque chose contre la campagne du RN.</p>



<p><strong>4 &#8211; Pour rediriger ses énergies, comme tu dis, ce serait quoi les suites de la mobilisation de la Riposte Antifasciste à Marseille ?</strong></p>



<p>Mardi 3 février, il y a une nouvelle AG. L&rsquo;idée, c&rsquo;est de commencer à rigoureusement faire de la présence sur les marchés, à faire du contre-tractage.</p>



<p>On sent que de plus en plus de personnes ont envie de venir et qu&rsquo;on est en train de créer un petit réseau de solidarité, notamment parce qu&rsquo;on a réussi à mobiliser aussi des locaux associatifs, des commerces, des librairies qui acceptent du matériel militant. Il faut aussi pouvoir commencer à préparer les dates de mars, à savoir le 8 mars [manifestation féministe] et le 15 [manfiestation antiraciste].&nbsp;</p>



<p>Et aussi, avec le collectif parisien du XXe et le CARAF sur Les Lilas / Romainville, on est en train de préparer une plateforme antifasciste qui va s&rsquo;appeler <a href="https://ciaofachos.noblogs.org">Ciao Fachos</a>.</p>



<p>En gros, l&rsquo;idée, c&rsquo;est de compléter ce qu&rsquo;on pourrait appeler l&rsquo;offre antifasciste. On veut essayer de proposer publiquement et le plus largement possible des outils pour commencer à s&rsquo;organiser, créer des collectifs antifascistes. On estime que ça va compléter l&rsquo;initiative lancée récemment de <a href="https://www.instagram.com/eteignonslaflamme?utm_source=ig_web_button_share_sheet&amp;igsh=ZDNlZDc0MzIxNw==">Génération Antifasciste-Éteignons la Flamme</a>, avec qui on espère pouvoir travailler.</p>



<p>Il nous reste encore deux bons mois jusqu&rsquo;aux élections municipales. L’idée c&rsquo;est de ne pas s&rsquo;arrêter au 21 mars, 22 mars, mais de ressortir de cette période de politisation plus forts et fortes.</p>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/500-personnes-a-marseille-contre-la-venue-de-marine-le-pen/">500 personnes à Marseille contre la venue de Marine Le Pen !</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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		<title>Loi Darmanin : anatomie d’une défaite</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/loi-darmanin-anatomie-dune-defaite/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jakubowski]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 03 May 2024 12:33:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Retours militants]]></category>
		<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[Les Lilas]]></category>
		<category><![CDATA[Marseille]]></category>
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		<category><![CDATA[Sans-papiers]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">« Résolution 2023 : ne pas laisser passer la loi Darmanin ». Notre éditorial de janvier 2023 proposait une stratégie pour combattre ce qui était encore un projet de loi. Cette analyse en a entraîné bien d’autres durant ces <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/loi-darmanin-anatomie-dune-defaite/" title="Loi Darmanin : anatomie d’une défaite">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p style="font-style:normal;font-weight:600">« <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/editorial/resolution-2023-ne-pas-laisser-passer-la-loi-darmanin/">Résolution 2023 : ne pas laisser passer la loi Darmanin </a>». Notre éditorial de janvier 2023 proposait une stratégie pour combattre ce qui était encore un projet de loi. Cette analyse en a entraîné bien d’autres durant ces derniers mois quant aux liens intrinsèques entre l’explosion du racisme, du nationalisme et du danger du fascisme. Plus de deux mois après la promulgation de la loi Darmanin, le constat est limpide : le mouvement qui s’est enraciné durant plus d’un an a perdu une bataille. Cette défaite pourrait avoir des conséquences ignobles pour beaucoup d’immigré·es. Elle va aussi affaiblir l’ensemble de notre classe en brisant plus encore l’égalité entre toutes et tous. Une autre question est de savoir si l’ensemble des forces qui ont combattues sortent renforcées ou affaiblies d’une telle séquence.</p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #12 &#8211; MARS 2024</h6>



<p class="has-drop-cap">Pour entamer l’analyse nécessaire de la situation créée par le passage de la loi, des tâches qui en découlent et des leçons à en tirer, nous avons décidé de commencer par des remontées d’expériences faites par des camarades d’A2C dans plusieurs villes avec la conscience que celles-ci restent bien entendu limitées. N’hésitez pas à nous faire parvenir vos expériences, questionnements ou éléments de débats. </p>



<h2 class="wp-block-heading">Automne 2022, le front se lève</h2>



<p><strong>À Marseille :</strong> Nous sommes impliqué·es dans le lancement de Marseille contre Darmanin en novembre 2022. Au départ, nous pensons ce collectif comme une coordination dans laquelle s’impliquent des collectifs de personnes migrantes et de quartier. </p>



<p><strong>À Paris : </strong>Une spécificité est l’existence de collectifs de sans-papiers et celle de la Marche des Solidarités qui, depuis plusieurs années, au travers de réunions hebdomadaires, permet de coordonner plusieurs collectifs de sans-papiers avec, selon les périodes et les campagnes, d’autres collectifs, associations et syndicats. C’est la Marche des Solidarités et les collectifs de sans-papiers qui ont lancé dès avant le 18 décembre 2022 la lutte contre la loi Darmanin.          </p>



<p><strong>À Toulouse : </strong>Des mobilisations ont eu lieu contre la loi Darmanin à l’initiative d’une Assemblée proposée par des membres d’a2c en janvier 2023. Le but est de lutter contre la loi, nous proposons de suivre le calendrier national de la Marche des Solidarités sur Toulouse. La première AG a regroupé environ 50 personnes de différents milieux : luttes antiracistes, étudiant·es et profs de la fac du Mirail, et des camarades actif·ves dans l’accès aux droits de personnes migrantes, des organisations féministes, membres d’un club de foot militant, des militant·es autonomes et une partie de la gauche révolutionnaire. </p>



<h2 class="wp-block-heading">« Retraite pour tou·tes, papiers pour tou·tes ! »</h2>



<p><strong>À Paris 18<sup>e</sup> :</strong> C’est 18<sup>e</sup> en lutte, le collectif issu de l’assemblée interprofessionnelle de Paris 18<sup>e</sup>, active pendant le mouvement des retraites de 2019, qui construit les mobilisations de la Marche des Solidarités sur le quartier. C’est aussi lui qui a pris l’initiative, conjointement avec l’UL CGT, d’appeler à la constitution d’une nouvelle assemblée interpro lors du dernier mouvement des retraites. </p>



<p>Dès janvier et le début de la mobilisation retraite on sort des affiches et pancartes qui font le lien : <em>« Ni tri des migrant·es ni retraite à 64 ans »</em> et <em>« Liberté de circulation, liberté d’installation = + d’argent pour nos pensions »</em> qui nous suivront dans toute la période. </p>



<p>La question est systématiquement discutée dans l’interpro locale et fait très vite consensus. Une introduction contre la loi Darmanin est actée dès la première réunion publique qui a lieu à la Mairie du 18<sup>e</sup>, le 13 février 2023 et réunit environ 70 personnes.</p>



<p><strong>À Rennes :</strong> Avant le vote de la loi, des manifestations ont eu lieu. D’abord des tentatives durant le mouvement contre la réforme des retraites, où avec des camarades du cadre Rennes vs Darmanin, nous avons distribué des tracts pour appeler à des soirées, à des réunions, à des manifestations notamment celles du 25 mars 2023 puis du samedi 29 avril 2023. Nous étions 47 personnes à la Maison Internationale de Rennes, venues à titre individuel et issues de différentes organisations, pour lancer le cadre Rennes contre Darmanin (syndicats, asso, partis, collectifs, personnes solidaires sur les campements).</p>



<p>Et puis il ne s’est plus rien passé pour de vrai, les réunions, les tâches pratiques et la liste mail, ont commencé à être portées par les militant·es habituel·les, les nouvelles personnes ont arrêté de venir.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-full is-resized"><img data-dominant-color="6a6a6a" data-has-transparency="false" decoding="async" width="750" height="721" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Darmanin_Illustr1-jpg.webp" alt="" class="wp-image-8353 not-transparent" style="--dominant-color: #6a6a6a; width:287px;height:auto" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Darmanin_Illustr1-jpg.webp 750w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Darmanin_Illustr1-300x288.webp 300w" sizes="(max-width: 750px) 100vw, 750px" /></figure>
</div>


<p><strong>À Toulouse :</strong> Les mobilisations contre la réforme des retraites ont donné de la force à l’AG contre Darmanin. Les participant·es étaient convaincu·es qu’il fallait faire le lien entre réforme des retraites et loi Darmanin,. Toutefois, nous avons rencontré des difficultés au début pour convaincre qu’il fallait faire ce lien. Plusieurs organisations syndicales avaient peur que ça divise la lutte. Nous avons beaucoup argumenté sur le besoin de traiter les deux questions et unifier les travailleur·euses dans la compréhension que la réforme des retraites et la loi anti-immigration faisaient partie d’une même offensive à l’encontre de toute notre classe. </p>



<p>Peu à peu, l’AG a gagné de l’espace dans l’AG interpro qui avait lieu après les manifs contre la réforme. À chaque prise de parole on a essayé de mettre sur la table l’importance de lutter contre la loi Darmanin. Pendant les manifs contre la réforme, l’AG contre Darmanin a commencé à organiser des cortèges avec notre principal slogan :<em> « On est toustes exploité·es, toustes solidaires, contre la réforme et contre les frontières ! »</em></p>



<p><strong>À Marseille :</strong> Dès le début du mouvement retraites, la Coordination contre Darmanin est visible et appelle aux échéances propres à la lutte contre la loi lors des manifestations. Nous assumons une banderole mise en débat dans la coordination <em>« Même Classe Même Lutte »</em> et nous organisons des points fixes pour diffuser notre matériel. La coordination contre Darmanin est alors rejointe par des collectifs féministes, des collectifs anti­fascistes et des syndicalistes. Commencent à émerger des assemblées publiques pour argumenter sur la nécessité de combattre la loi Darmanin en lien avec le mouvement des retraites. La Coordination contre la loi Darmanin parvient ainsi à s’adresser à beaucoup de monde. </p>


<div class="wp-block-image wp-duotone-rgb060105-rgb200225255-1">
<figure class="aligncenter size-full"><img data-dominant-color="6c7176" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #6c7176;" decoding="async" width="750" height="480" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Darmanin_Illustr2-jpg.webp" alt="" class="wp-image-8354 not-transparent" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Darmanin_Illustr2-jpg.webp 750w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Darmanin_Illustr2-300x192.webp 300w" sizes="(max-width: 750px) 100vw, 750px" /></figure>
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<h2 class="wp-block-heading">L’auto-organisation des opprimé.es ?</h2>



<p><strong>À Paris :</strong> Au début de la séquence la Marche des Solidarités existe déjà avec une véritable visibilité due à de nombreuses campagnes menées les années précédentes. Ses réunions hebdomadaires regroupent en général une dizaine de personnes (représentant·es des collectifs de sans-papiers et quelques soutiens). Pendant plusieurs semaines dès l’automne 2022 de nombreuses discussions vont être nécessaires avec et entre collectifs de sans-papiers pour arriver à une position d’opposition totale à la loi Darmanin. L’argument est progressivement acquis que le volet « métiers en tension » est en réalité un outil pour limiter et précariser davantage les possibilités de régularisation. Il s’avèrera, a posteriori, que cette phase assez longue de discussions, qui va diffuser au sein des collectifs, permet de comprendre le rôle moteur et dirigeant joué par les collectifs de sans-papiers dans la lutte.</p>



<p><strong>À Montreuil :</strong> En parallèle de la mobilisation contre la loi Darmanin, faiblement suivie par les sans-papiers organisé·es au CSP Montreuil lors des premiers mois de la campagne, de nombreuses luttes locales issues de l’immigration, certaines particulièrement exemplaires, s’enracinent à Montreuil entre décembre 2022 et décembre 2023. </p>



<p>Celle du foyer Branly : ce foyer de plus 600 travailleurs maliens est le troisième de la ville à être menacé de démolition pour reconstruire une Résidence Sociale<sup data-fn="c96cd333-779d-4e84-9876-8f4349dd8fd3" class="fn"><a id="c96cd333-779d-4e84-9876-8f4349dd8fd3-link" href="#c96cd333-779d-4e84-9876-8f4349dd8fd3">1</a></sup>. Durant la destruction de ces foyers ce sont souvent plus des 2/3 des habitant·es qui sont mis·es à la rue. Il s’agit de sans-papiers ou de personnes régularisées qui ne sont pas sur les baux. Pour la première fois sur la ville, les délégués, le comité des résidents en lutte, et l’ensemble des résidents avec ou sans papiers ont su imposer leur volonté quant à la rénovation du foyer que les décideurs pensaient imaginer sans eux. Les résidents en lutte participaient individuellement à des manifestations contre la loi Darmanin systématiquement relayée par le COPAF et le comité de soutien. Mais c’est d’abord sur l’expérience de la lutte de défense du foyer et de la dignité des résidents que s’est développée l’auto-organisation, un collectif de sans-papiers du foyer notamment, est né de cette lutte. </p>



<p><strong>À Marseille : </strong>Les émeutes à Marseille suite à l’assassinat de Nahel constituent un moment décisif pour la Coordination contre Darmanin. Dans le local de Solidaires, nous organisons une grosse AG avec un autre collectif, Mémoire en Marche, qui travaille aux 40 ans de la Marche de 1983. </p>



<p>Cela a pu créer des grosses dissensions lorsque nous sommes allé·es discuter dans les quartiers populaires. On nous reprochait d’être des militant·es blanc·hes du centre-ville sans lien avec les populations immigrées. Cette caractérisation était en partie vraie, de moins en moins de personnes immigrées se liaient à la Coordination contre la Loi Darmanin durant l’été 2023. De plus, nous étions essoufflé·es par les rythmes d’un agenda de mobilisation très parisien qui a pu également faire débat. </p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-full is-resized"><img data-dominant-color="cdb0ae" data-has-transparency="false" loading="lazy" decoding="async" width="596" height="842" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Darmanin_Illustr3-jpg.webp" alt="" class="wp-image-8355 not-transparent" style="--dominant-color: #cdb0ae; width:250px;height:auto" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Darmanin_Illustr3-jpg.webp 596w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Darmanin_Illustr3-212x300.webp 212w" sizes="auto, (max-width: 596px) 100vw, 596px" /></figure>
</div>


<p><strong>À Paris :</strong> À partir d’octobre, sur la région parisienne, l’organisation d’une action d’occupation d’un chantier des JO avec des grévistes sans-papiers et la focalisation, en termes de manifestation, sur la date du 18 décembre a créé une dynamique inédite autour de la Marche avec des réunions hebdomadaires réunissant régulièrement une centaine de <a href="http://participant.es/">participant·es</a> et l’agrégation autour de la Marche et des Collectifs de sans-papiers de différents réseaux (Soulèvements de la Terre, Assemblée féministe, syndicalistes de l’éducation, des hôpitaux, du travail social, <a href="http://xn--tudiant-9xa.es/">étudiant·es</a> et lycéen·nes). </p>



<p>Pour la première fois de son histoire la Marche a même lancé des appels aux syndicats pour qu’ils organisent la grève. Cela a notamment permis le succès de la manifestation parisienne du 18 décembre, la plus grosse de toute la séquence avant le vote de la loi (15 000 <a href="http://manifestant.es/">manifestant·es</a>). Même si nous savions que ce ne serait pas suffisant.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Après le vote, sursaut antifasciste ? </h2>



<p>Alors que l’opposition à la loi avait été limitée, le vote par les députés fachos et par la Macronie, le 19 décembre 2023, produit une riposte. </p>



<p><strong>À Rennes : </strong>Dès le soir du vote de la loi, trois jours plus tard, il y a eu 2 000 personnes dans la rue, et la manifestation a gonflé de minute en minute. Le rassemblement initial s’est transformé en manifestation impressionnante de dynamisme, très jeune, avec un long cortège qui chante, qui crie… une des manifestations les plus dynamiques des dernières années, qui a pu défiler dans le centre-ville contre le fascisme et le racisme. </p>



<p><strong>À Paris :</strong> Le 14 janvier va être une manifestation à Paris qui articule lutte contre la loi Darmanin (le racisme) et lutte contre le fascisme. L’ambiance y est extrêmement combative. Elle reflète et amplifie les dynamiques autour de la Marche et des collectifs de sans-papiers constatées avant le vote de la loi : forte mobilisation des collectifs de sans-papiers qui encadrent et animent la manifestation, jonction avec les jeunes mineurs isolés, cortèges des écoles, cortège féministe, cortèges « environnement », forte présence de la jeunesse. Il y a 20 à 25 000 manifestant·es.</p>



<p><strong>À Toulouse : </strong>Le soir du vote de la loi : rassemblement appelé par la CGT d’environ 2 000 personnes à Jean-Jaurès avec la présence des syndicats et des partis politiques. Ce vote du gouvernement avec le RN a été un moment de réveil pour beaucoup de monde à Toulouse. </p>



<p>Le 14 janvier : Très peu de personnes mobilisées au sein de l’AG, le peu de personnes présentes, très investies dans le mouvement pour la Palestine, favorisent la date du 13 janvier. À cette date, se tient aussi une journée de mobilisation au Bikini (salle de concert) en soutien aux occupations d’écoles par les familles à la rue. Cette journée organisée par le collectif Jamais sans toit composé d’enseignant·es et de parents d’élèves avec le soutien de RESF et du DAL 31. </p>



<p>Le 20 janvier : La manifestation de Toulouse se tient un jour avant l’appel national. Environ 4 000 personnes sont mobilisées. Présence des syndicats, des partis, des orgas nationales liées à la question de l’exil (LDH, Amnesty, secours cath). C’est pratiquement la seule fois où l’on aura vu les partis et syndicats réformistes mobilisés à Toulouse contre la loi.</p>



<p><strong>À Paris 18<sup>e</sup> :</strong> Dans les manifs de janvier, on a réussi à maintenir des cortèges dynamiques 18<sup>e</sup> en lutte-UL CGT 18<sup>e</sup> et à entraîner plusieurs sans-papiers de la permanence. L’essentiel de la mobilisation étant toujours portée par le collectif 18<sup>e</sup> en lutte.</p>



<p>Depuis le centre de gravité de la mobilisation a un peu changé, en plus de 18<sup>e</sup> en lutte (encore incontournable pour les diffs et collages) les permanences sans-papiers de la CGT du 18<sup>e </sup>commencent à devenir le lieu privilégié où se construit la mobilisation.</p>



<p><strong>À Marseille : </strong>La coordination contre Darmanin était devenue ces derniers temps un collectif en propre. Lorsque nous préparons le 18 décembre 2023, nos assemblées regroupent encore des dizaines de personne. Avant le départ de la manif, nous organisons des cours de français et des permanences juridiques en lien avec des enseignant·es et des militant·es associatifs et associatives. </p>



<p>Après le 19 décembre, notre groupe WhatsApp passe de 150 personnes à plus de 700. Les mobilisations de janvier 2024 ont pu prendre la forme de grèves, comme dans le secteur de l’associatif par exemple ou dans les écoles avec Sud Éducation 13. </p>



<p>Pour le 14 janvier cela a moins bien marché. La CGT 13 a appelé à cette date, mais n’a pas mobilisé au sens où nous l’entendons. </p>



<p>Pour le 21 janvier, les organisations syndicales se sont vues entre elles, elles n’ont pas contacté Marseille contre Darmanin, ont produit un appel pro-républicain. </p>


<div class="wp-block-image wp-duotone-rgb060105-rgb200225255-2">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img data-dominant-color="5b5a57" data-has-transparency="false" loading="lazy" decoding="async" width="1075" height="1011" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Darmanin_Illustr4-jpg.webp" alt="" class="wp-image-8356 not-transparent" style="--dominant-color: #5b5a57; width:353px;height:auto" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Darmanin_Illustr4-jpg.webp 1075w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Darmanin_Illustr4-300x282.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Darmanin_Illustr4-768x722.webp 768w" sizes="auto, (max-width: 1075px) 100vw, 1075px" /></figure>
</div>


<p><strong>À Montreuil :</strong> La Kermesse Antifasciste dans laquelle nous sommes investi·es appelle à deux assemblées publiques entre le 21 décembre 2023 et le 14 janvier 2024 regroupant une vingtaine de personnes pour chacune d’entre elle. Le Maire de la Ville réunie quant à lui plus de 500 personnes le lendemain du vote de la loi. Le CSP Montreuil est invité à ouvrir les prises de parole. </p>



<p>Le CSP Montreuil reprend confiance en sa capacité d’initiative. Une déambulation se tient à son appel le 7 janvier qui regroupera près de 50 personnes. Des affiches pour la manif du 14 janvier sont collées dans tous les quartiers de la ville en l’espace d’une semaine. Le jour de la manif, entre 50 et 100 militant·es prennent part au départ collectif.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des graines semées</h2>



<p><strong>À Romainville &#8211; Les Lilas :</strong> Au moment du mouvement des retraites, des zemouristes viennent diffuser sur les marchés de la ville. Des camarades investi·es dans l’assemblée interpro locale lancent l’idée d’agir spécifiquement contre le racisme et le fascisme. </p>



<p>Le 2 mars 2024, la première réunion se tient. Elle est annoncée par des collages et des diffusions de tract. Sur les 20 personnes présentes, 4 disent être là en raison du travail de militantisme de terrain. Pour le reste, ce sont des camarades de différentes traditions militantes locales qui participent au lancement de ce collectif.</p>



<p>Le samedi 16 mars, les salarié·es de l’éducation appellent à une manifestation allant de la mairie de Romainville aux Lilas. Elle réunit 600 personnes.. </p>



<p>Le dimanche 17, les zemouristes sont de retour sur le marché des Lilas. Ce qui s’est construit sur le terrain ces derniers mois contre la loi immigration et la constitution du collectif permet de diffuser l’information assez tôt. C’est finalement lorsqu’une camarade prend un coup de l’une de ces pourritures qu’ils se font gicler du marché par l’ensemble des personnes présentes. </p>



<h5 class="wp-block-heading">Coordonné par Gaël Braibant (Montreuil)</h5>


<div class="wp-block-image wp-duotone-rgb060105-rgb200225255-3">
<figure class="aligncenter size-full"><img data-dominant-color="7e6775" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #7e6775;" loading="lazy" decoding="async" width="750" height="751" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Darmanin_Illustr5-jpg.webp" alt="" class="wp-image-8357 not-transparent" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Darmanin_Illustr5-jpg.webp 750w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Darmanin_Illustr5-300x300.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Darmanin_Illustr5-150x150.webp 150w" sizes="auto, (max-width: 750px) 100vw, 750px" /></figure>
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<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-dots"/>



<h6 class="wp-block-heading">NOTES</h6>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="c96cd333-779d-4e84-9876-8f4349dd8fd3">Lire sur le site du COPAF déclaration du 14 mars 2012 critiquant la politique de transformation des foyers de travailleurs immigrés en résidences sociales et formulant des propositions pour son amélioration. <a href="#c96cd333-779d-4e84-9876-8f4349dd8fd3-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li></ol><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/loi-darmanin-anatomie-dune-defaite/">Loi Darmanin : anatomie d’une défaite</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Grève féministe : un cap est franchi ! Et maintenant ?</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/feminisme/greve-feministe-un-cap-est-franchi-et-maintenant/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jakubowski]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 21 Apr 2024 20:29:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Féminisme]]></category>
		<category><![CDATA[8 mars]]></category>
		<category><![CDATA[Grève]]></category>
		<category><![CDATA[Marseille]]></category>
		<category><![CDATA[Paris]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Le cap a été franchi à plusieurs égards. Déjà en termes de nombre de personnes mobilisées. Conséquence notamment du nombre des appels à la grève féministe par les syndicats et par NousToutes.org pour la première <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/feminisme/greve-feministe-un-cap-est-franchi-et-maintenant/" title="Grève féministe : un cap est franchi ! Et maintenant ?">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p style="font-style:normal;font-weight:600">Le cap a été franchi à plusieurs égards. Déjà en termes de nombre de personnes mobilisées. Conséquence notamment du nombre des appels à la grève féministe par les syndicats et par <a href="https://www.noustoutes.org" target="_blank" rel="noreferrer noopener">NousToutes.org</a> pour la première fois. Appels d’autant plus évidents que l’an dernier, les mêmes syndicats avaient appelé à la grève le 8 mars, dans la continuité du 7 contre la réforme des retraites, quand bien même ils restaient timides sur la connotation féministe. Le travail de la Coordination féministe sur la grève féministe depuis 2020, regroupant un maillage de collectifs locaux, d’assemblées féministes, est en train de payer à un niveau que nous n’avions pas encore atteint.</p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #12 &#8211; MARS 2024</h6>



<p><strong>I</strong>l y a aussi un cap en termes de grève sur des bases féministes, ce qui l’an dernier n’était pas clairement le cas étant donné le mouvement contre la réforme des retraites prépondérant. Dans l’ensemble des 168 manifestations du vendredi 8&nbsp;mars, plusieurs étaient en journée, rendant les chiffres de manifestant·es d’autant plus intéressants. Sans avoir de chiffres pour les grévistes effectifs, le fait que leurs horaires ne soient pas nécessairement en fin de journée permet d’affirmer la contradiction entre le travail et la révolte par la grève. Assumer de gréver pour se retrouver, chanter, s’organiser, construire un monde d’émancipation en posant directement l’antagonisme de classe, c’est un cap non négligeable pour la suite.</p>



<h2 class="wp-block-heading">« Sans nous, le monde s’arrête »</h2>



<p>Que ce soit la thématique de la grève féministe ou le slogan&nbsp;<em>« Sans nous, le monde s’arrête »</em>, ces mots ont été repris dans de nombreuses villes et par des médias qui n’avaient jamais autant porté d’attention aux revendications féministes. Nous voulons dire que le monde capitaliste s’arrête quand on arrête le travail salarié. Ainsi, reprendre du pouvoir sur nos vies, sur la société passe par récupérer le temps qui nous est volé par l’exploitation. À Rennes, plusieurs témoignages nous ont montré que des salarié·es de différents secteurs se sont mis en grève le 8&nbsp;mars : d’un centre social, de centres de loisirs, de l’administration de diverses localités, architectes, ingénieurs, interprètes. De son côté, l’université de Rennes&nbsp;2 a choisi de banaliser les cours du vendredi après-midi pour que les étudiant·es ne soient pas pénalisé·es par leur participation à la manifestation qui était appelée à 15&nbsp;heures. Autre exemple qui montre que la grève n’a pas été effective, mais que la manifestation a pris du temps sur le travail, un centre de santé a volontairement fermé à l’heure de la manifestation pour laisser ses salarié·es y participer.&nbsp;</p>



<p>Voici quelques témoignages depuis les villes où nous sommes investi·es dans la construction du mouvement féministe et/ou nous avons participé aux mobilisations.</p>



<figure class="wp-block-image size-large wp-duotone-magenta-yellow"><img data-dominant-color="848896" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #848896;" loading="lazy" decoding="async" width="1100" height="790" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Feminisme_Illustr1-1100x790.webp" alt="" class="wp-image-8313 not-transparent" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Feminisme_Illustr1-1100x790.webp 1100w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Feminisme_Illustr1-300x216.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Feminisme_Illustr1-768x552.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Feminisme_Illustr1-jpg.webp 1200w" sizes="auto, (max-width: 1100px) 100vw, 1100px" /></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Témoignage de Paris</h2>



<p>Ça a été très gros, une énorme manifestation, la CGT annonce 100 000 — en tout cas des dizaines de milliers de personnes présentes. Appel de la CGT et de Sophie Binet a dû avoir une influence. Cortèges très jeunes. Composés très largement de femmes jeunes. La plus grosse manifestation du 8&nbsp;mars historiquement. Atteint le niveau de mobilisation de manifestations du 25&nbsp;novembre des dernières années. Tout le monde a été impressionné par le nombre de manifestant·es. La grève féministe commence à prendre comme grève politique, qui n’est pas d’abord centrée sur les revendications salariales ou liées au travail, mais portée sur une société de libération de l’exploitation, des normes de genre, d’égalité réelle, de mise en commun des tâches de reproductions, notamment des tâches incompressibles que nous ne devrions jamais voir disparaître dans une société communiste : soin, solidarité, éducation, préparation des repas, nettoiement, assistance aux personnes les plus vulnérables…&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Témoignage de Rennes</h2>



<p>Notre collectif féministe Nous Toutes 35 a encore élargi ses bases militantes.</p>



<p>Il y avait un cadre de réunions inter-organisations féministes, qui s’est élargi en voyant venir pour la première fois plusieurs entités, et notamment la CGT.&nbsp;</p>



<p>La manifestation était appelée à 15&nbsp;heures, et des événements étaient prévus en amont et en aval : atelier pancarte / banderole, préparation d’un repas collectif le midi, départs collectifs depuis Rennes sud et Villejean, rassemblement devant la prison des femmes, repas le soir sur la dalle Kennedy, atelier pancartes sur la place d’où partait la manifestation, village féministe avec les syndicats et le planning familial.&nbsp;</p>



<p>La manifestation a vu de nombreux cortèges organisés par eux-mêmes. On a trouvé que les gens venaient beaucoup moins « consommer » la manif, étaient beaucoup moins passifs. Cortège kurde, palestinien, anti-carcéral, de travailleuses du bâtiment, de footeuses et de roller derby avec de nombreux enfants, des cortèges lycéen·nes très nombreux·ses et plus mixtes que le reste de la manifestation, deux groupes de percussions, des chorales, des cortèges syndicaux plus ou moins fournis, une ambiance générale jamais vue. Nous avons construit la manifestation autour de 3 axes : lutte pour la mise en sécurité des femmes victimes de violences conjugales, lutte pour la solidarité antiraciste face au « réarmement démographique » et face à la loi Darmanin, et lutte contre la solidarité des hommes de pouvoir avec les Depardieu et consorts. Des débats très politiques ont encore eu lieu sur la mixité des cortèges, des milliers de tracts ont été distribués, de nombreuses interviews aux médias locaux ont été données, une formation sur la grève des Penn Sardin dont c’est le centenaire cette année a été organisée…&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Témoignage de Toulouse </h2>



<p>Pour le 8&nbsp;mars : inter-organisations féministes composé de syndicats, partis et quelques collectifs. Difficulté de proposition hors du cadre syndicat/parti, pas beaucoup d’espace pour la créativité, pour des événements en auto-gestion. Le Planning familial a très peu participé à l’interorga cette année. Mais nous avons organisé une réunion de préparation pour le 8&nbsp;mars, avec lecture d’article sur la grève féministe et atelier pancarte. Au Planning on a essayé de porter la question de la grève, mais encore du taf à faire. Un départ collectif du local du Planning a été organisé.&nbsp;</p>



<p>La manif nocturne du 7&nbsp;mars, très attendue par les jeunes féministes à Toulouse chaque année. Organisée par très peu de personnes qui ont décidé de porter cette date, avec un texte d’appel assez politique qui cite la loi Darmanin, la Palestine et le réarmement démographique proposé par Macron. Interdiction d’aller au centre-ville par la préf. La manif avec départ de la place Saint-Pierre a pris le pont Saint-Pierre jusqu’à Patte-d’Oie. Très bonne ambiance avec La Frappe, un groupe de percussions féministe, et un peu d’animation. On était quelques milliers.&nbsp;</p>



<p>Appel 8&nbsp;mars : Départ 14&nbsp;heures métro Capitole (très central). Cortège de tête de l’interorga en mixité choisie, avec camion et animation. Cortège en soutien à la Palestine en mixité. Syndicats, partis, organisations de droits humains étaient présent·es avec leurs cortèges et mots d’ordre. Cortège très jeune autour de la frappe. Énormément de pancartes, mais pas beaucoup d’organisation des cortèges. Ça avait l’air assez spontanée. On était entre 7 000 et 9 000 personnes. Ambiance très festive comme d’habitude à Toulouse, mais moins de revendications politiques construites que les années précédentes.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Témoignage de Marseille&nbsp;</h2>



<p>4 manifestations en une journée, c’est presque comme ça tous les ans.&nbsp;</p>



<p>La manifestation de Marseille 8&nbsp;Mars est organisée lors de réunions avec des individus et des organisations tels que Asso Solidaires, syndicats enseignants, Riposte Antifasciste, Collages féministes, du Pain et des Roses. Elle n’a pas été un débordement humain tel que dans d’autres villes. La grève féministe a commencé à être portée politiquement, notamment par le biais de la Coordination féministe dont l’appel à la grève féministe a été repris localement.&nbsp;</p>



<p>De leurs côtés, les femmes kurdes font toujours leur propre manif, mais on est invité à y aller, et elles rejoignent aussi nos manifs.</p>



<p>Côté syndicats : avant c’était un rassemblement, cette année c’est devenu une manif. Mais c’est tendax de s’organiser avec eux. L’année dernière il y avait eu du lien qui s’était fait, mais on y est pas encore, et pas assez de force cette année côté Marseille 8&nbsp;Mars.</p>



<p>Enfin, Osez le féminisme : on a essayé l’année dernière d’aller les rencontrer pour peut-être faire front commun mais ça ne l’a pas fait rapport à leurs positions transphobes notamment.</p>



<h5 class="wp-block-heading">Dani. (Toulouse), Marion (Marseille) et Solen (Rennes)</h5>
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		<title>Comités Palestine : construire la solidarité face à une répression sans précédent</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/comites-palestine-construire-la-solidarite-face-a-une-repression-sans-precedent/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[A2C-WP_Aude]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 12 Feb 2024 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Retours militants]]></category>
		<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[EHESS]]></category>
		<category><![CDATA[INALCO]]></category>
		<category><![CDATA[Marseille]]></category>
		<category><![CDATA[Montreuil]]></category>
		<category><![CDATA[Paris]]></category>
		<category><![CDATA[Rennes]]></category>
		<category><![CDATA[retour d&#039;experience]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Face au génocide en cours à Gaza, des collectifs de solidarité avec le peuple palestinien se sont constitués un peu partout sur le territoire, dans un contexte de répression tant physique (interdiction de manifestations, arrestation&#8230;) <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/comites-palestine-construire-la-solidarite-face-a-une-repression-sans-precedent/" title="Comités Palestine : construire la solidarité face à une répression sans précédent">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p style="font-style:normal;font-weight:600">Face au génocide en cours à Gaza, des collectifs de solidarité avec le peuple palestinien se sont constitués un peu partout sur le territoire, dans un contexte de répression tant physique (interdiction de manifestations, arrestation&#8230;) qu’idéologique (accusation d’antisémitisme) hallucinant. Nous vous proposons un tour d’horizon des comités Palestine dans lesquels interviennent des camarades d’A2C.</p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #11 &#8211; JANVIER 2024</h6>



<h2 class="wp-block-heading">Une première phase du mouvement : de&nbsp;Marseille à Paris, manifester sa solidarité malgré les interdictions&nbsp;</h2>



<p class="has-drop-cap">En France, toute solidarité envers le peuple palestinien et sa lutte a été violemment réprimée. Les rassemblements ont été interdits, les manifestant·es ont été placé·es en garde-à-vue ou verbalisé·es. Un port de drapeau palestinien ou d’un keffieh justifiait un contrôle d’identité et une verbalisation. Le niveau de répression a entraîné une peur généralisée mais à Paris, notamment, la détermination des personnes à exprimer l’horreur que leur inspire le génocide en cours a permis que la solidarité avec Gaza s’exprime place de la République ou autour de Châtelet au mois d’octobre.</p>



<p>Cette détermination a poussé le tribunal administratif à finalement autoriser le rassemblement du jeudi 19&nbsp;octobre au moment où des manifestant·es commençaient à se rassembler malgré l’interdiction de la préfecture. Cette victoire à Paris a entraîné un changement dans le rapport de forces national, et la confiance des personnes à prendre la rue s’est démultipliée.</p>



<p>À Marseille, un groupe de jeunes et moins jeunes a initié les premières manifestations pour la Palestine et a continué à s’organiser malgré les intimidations. La CGT&nbsp;13 a annoncé une mobilisation le 22&nbsp;octobre, distincte du rassemblement organisé par le groupe. Malgré un important dispositif policier le jour du rassemblement, nous avons réussi à nous regrouper. Une personne a été contrôlée à cause de son keffieh et une autre à cause d’un drapeau palestinien. La tension montait. Un groupe de femmes a pris l’initiative d’assumer le rassemblement et a crié <em>« Libérez Gaza »</em>, le galvanisant. Nous avons réalisé alors que nous étions plus nombreux·ses que prévu, et avons commencé à manifester, avec des milliers de personnes clamant des slogans. Les manifestant·es étaient principalement des personnes en dehors des milieux militants traditionnels. Le groupe à l’initiative de ce premier rassemblement massif après des semaines de répression a ensuite constitué le noyau du collectif Urgence Palestine Marseille.</p>



<p>À Montreuil, après le 7&nbsp;octobre, malgré des appels publics à se réunir, nous étions peu à nous regrouper pour soutenir sans condition la résistance palestinienne. Mais malgré les interdictions et leurs conséquences sur les organisations de gauche, nous avons constaté une réelle audience au sein de notre classe : les collages ou les diffusions des appels à manifester donnaient lieu à un réel enthousiasme auprès des classes populaires de Montreuil.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Sur les facs : des mobilisations dans un&nbsp;contexte de terreur idéologique</h2>



<p>Le comité pour la Palestine Condorcet &#8211; École des hautes études de sciences sociales à Paris est né après que le syndicat Solidaires de l’école a publié un communiqué de soutien à la résistance palestinienne le 8&nbsp;octobre. Ce communiqué a donné lieu à de vifs échanges entres les enseignant·es chercheur·euses, la majorité condamnant à la fois le communiqué et la chercheuse l’ayant relayé sur la liste mail, jusqu’à remettre en cause la scientificité de son travail universitaire et pousser dans le sens d’une convocation devant la commission disciplinaire de son laboratoire. Le syndicat Solidaires quant à lui s’est retrouvé attaqué et isolé. L’intersyndicale de l’école se fait aujourd’hui sans Solidaires EHESS, les autres syndicats ayant rompu les liens.</p>



<p>Le comité s’est structuré en trois groupes de travail : communication, événements et actions. Le groupe Événements a organisé des projections de films et des débats sur la Palestine à l’EHESS. Le groupe Actions a mené diverses initiatives, comme un lâcher de banderoles, des rassemblements avec des fumigènes, des boycotts, l’envahissement de séminaires et la création d’un journal du comité.</p>



<p>Le comité a fonctionné grâce à un noyau dur de membres déjà militant·es, avec un turn over important. Et des difficultés à fédérer. La majorité des échanges lors des assemblées générales concernaient les actions à mener, l’organisation interne du collectif et la répartition des tâches. Lors d’une assemblée générale, des membres du Collectif de Sans-Papiers d’Aubervilliers ont souligné la nécessité de faire un lien avec la lutte contre la loi Darmanin. Cette proposition a été soutenue par vote, mais en pratique, à part la formation d’un cortège le 18&nbsp;novembre, il y avait des réticences, principalement dues à la peur d’un éparpillement qui affaiblirait le comité.</p>



<p>Le 7&nbsp;octobre a eu de l’écho au sein des étudiant·es de l’Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco). Cet établissement public parisien d’enseignement de langues et civilisations a un rapport double à la colonisation. Le passé de l’Institut en est imprégné : l’administration coloniale a longtemps recruté parmi ses étudiant·es. Et aujourd’hui, parmi ses 8 000 élèves, beaucoup sont issu·es de peuples colonisés.</p>



<p>Des appels à rejoindre les premiers rassemblements parisiens du jeudi soir ont circulé assez rapidement dans l’Inalco, fait réjouissant pour une fac peu connue pour ses mobilisations et dans laquelle il n’existe aucune organisation syndicale étudiante. La présidence de l’Inalco a rapidement rappelé à l’ordre les étudiant·es, menaçant de « lourdes sanctions » en cas d’apologie du terrorisme et d’incitation à la haine/violence. En appelant à « la retenue et la vigilance », elle s’est imaginée faire preuve de diplomatie ; elle a en réalité brillé par son soutien à l’ordre établi et donc au sionisme. L’absence totale de « retenue » lors de l’invasion russe en Ukraine consolide cette opinion tandis que les partenariats avec des universités israéliennes la confirment définitivement. Malgré cela, des étudiant·es ont commencé à s’organiser. Au début du mois de novembre, à l’appel d’Urgence Palestine (UP), une « AG des jeunes » animée par des étudiant·es palestinien·nes rassemble 350&nbsp;étudiant·es d’une douzaine de facs et lycées. Cette initiative, accompagnée d’un mot d’ordre : généraliser la création de comités locaux en universités, s’est faite entendre. Dans la semaine du 13&nbsp;novembre, un groupe WhatsApp est créé, « Comité Palestine Inalco », dont le nombre de membres croît de jour en jour.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img data-dominant-color="8e886a" data-has-transparency="false" loading="lazy" decoding="async" width="880" height="495" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_ComitesPalestine_Illustr1-jpg.webp" alt="" class="wp-image-8208 not-transparent" style="--dominant-color: #8e886a; width:393px;height:auto" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_ComitesPalestine_Illustr1-jpg.webp 880w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_ComitesPalestine_Illustr1-300x169.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_ComitesPalestine_Illustr1-768x432.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_ComitesPalestine_Illustr1-678x381.webp 678w" sizes="auto, (max-width: 880px) 100vw, 880px" /></figure>
</div>


<p>Les positions exprimées sur ce groupe témoignent de l’envie d’action et du besoin de se rencontrer pour s’organiser. Les premières réunions, dans la semaine du 20, ont malheureusement eu une faible portée. De par l’envie d’agir (une journée d’action interfacs a d’ailleurs été prévue le 29&nbsp;novembre) mais la peur de la répression, le besoin de mobiliser plus de monde s’est imposé. Le premier objectif a donc été d’organiser une grande « AG pour la création d’un comité de soutien » la semaine suivante, qui a eu vocation de réunir un maximum d’étudiant·es pour concrétiser la création du comité. Pour ce faire, une page instagram est créée, 1 000 tracts sont imprimés et distribués en fin de semaine. Si ces initiatives sont portées par une minorité de personnes militantes, les autres étudiant·es se les approprient immédiatement. Ainsi, des sessions de tractages (première action « militante » pour beaucoup) sont organisées, parfois à l’improviste, et sont un prétexte à la rencontre et àLes positions exprimées sur ce groupe témoignent de l’envie d’action et du besoin de se rencontrer pour s’organiser. Les premières réunions, dans la semaine du 20, ont malheureusement eu une faible portée. De par l’envie d’agir (une journée d’action interfacs a d’ailleurs été prévue le 29&nbsp;novembre) mais la peur de la répression, le besoin de mobiliser plus de monde s’est imposé. Le premier objectif a donc été d’organiser une grande « AG pour la création d’un comité de soutien » la semaine suivante, qui a eu vocation de réunir un maximum d’étudiant·es pour concrétiser la création du comité. Pour ce faire, une page instagram est créée, 1 000 tracts sont imprimés et distribués en fin de semaine. Si ces initiatives sont portées par une minorité de personnes militantes, les autres étudiant·es se les approprient immédiatement. Ainsi, des sessions de tractages (première action « militante » pour beaucoup) sont organisées, parfois à l’improviste, et sont un prétexte à la rencontre et à la discussion. Le tract est par ailleurs très bien reçu par la majorité de la communauté étudiante et même par des professeur·es.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Inscrire la solidarité dans le temps&nbsp;</h2>



<p>À Rennes, le pic de participation aux rassemblements et aux manifestations a été atteint à la mi-novembre avec +/–&nbsp;2 000 personnes en manif et plus de 200 lors des rassemblements. Le samedi 16 décembre, nous étions entre 800 et 1 000&nbsp;personnes ; aux derniers rassemblements, entre 40 et 50.</p>



<p>Progressivement, le mouvement s’est essoufflé par lassitude d’un constant recommencement. La situation en Palestine s’étant installée dans le temps, une partie des participant·es se sont détourné·es des événements malgré beaucoup de tractage. En AG, il a été décidé d’organiser des rassemblements et des départs de manif dans les quartiers populaires, mais la préfecture refuse les demandes d’autorisation. La majorité de l’AG a préféré renoncer pour des raisons de sécurité.</p>



<p>Des événements sont régulièrement organisés. La plupart des formations et discussions sont généralistes mais correspondent bien au niveau des personnes présentes (surtout des étudiant·es, militant·es et personnes se sentant concernées par la tragédie actuelle en Palestine). Elles permettent de comprendre ce qu’est le sionisme et les enjeux impérialistes.</p>



<p>Sur Montreuil, une fois les manifestations autorisées, et l’épuration ethnique effective au sein de la bande de Gaza, les premiers efforts lors du début du mouvement ont permis fin octobre &#8211; début novembre de faire des assemblées publiques à plus de 50&nbsp;personnes. Nous retrouvions des collectifs comme l’Assemblée féministe, des cantines Gilets jaunes, la Cantine syrienne, des camarades de mouvements internationaliste ou transnationaux, des syndicalistes de la CGT ou de Solidaires mais aussi des camarades pour lesquels c’était une première expérience de construction de mobilisation au niveau local.&nbsp;</p>



<p>Nous sommes de moins en moins nombreux·ses. Cependant, en l’espace de deux mois, nous avons pu organiser 9&nbsp;départs collectifs aux manifs sur Paris, une déambulation, une réunion publique, une présence lors d’une Kermesse Antifasciste au niveau local, un réveillon de Noël et 3 actions Boycott Carrefour en lien avec la campagne BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions). Beaucoup de ces initiatives ont été appelées publiquement par des collages. En tout, plus de 2 000 affiches ont été collées.&nbsp;</p>



<p>C’est d’abord par le biais de ces collages que s’est posé concrètement le lien avec la mobilisation antiraciste contre la loi Darmanin. Nous avons en plus collé quelque 1 600 affiches pour appeler à la mobilisation du 18&nbsp;décembre. Ces collages étaient coordonnés avec ceux pour la Palestine. Ils sont le fruit de discussions au sein d’UP et du Collectif des sans-papiers de Montreuil (CSPM), qui ont permis une rencontre entre les deux collectifs.&nbsp;</p>



<p>Dans le 20<sup>e</sup>&nbsp;arrondissement de Paris, le collectif Urgence Palestine 20<sup>e</sup> s’est lancé assez tardivement avec une première réunion le 22&nbsp;novembre à l’initiative du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) 20<sup>e</sup>, en réponse à l’appel d’UP.</p>



<p>Depuis, il y a une réunion chaque semaine, avec une vingtaine de personnes. Plutôt des personnes militantes pour l’instant, de divers horizons (militant·es d’orgas politiques — NPA, Révolution Permanente, A2C), de collectifs de solidarité avec la Palestine (BDS, Association France Palestine solidarité, Union juive française pour la paix), de 20<sup>e</sup> Solidaire (collectif antiraciste, de solidarité avec les migrant·es), et de personnes rencontrées dans les AG interpros du 20<sup>e</sup> lors de la mobilisation contre la réforme des retraites.</p>



<p>Beaucoup de discussions ont émergé, pas forcément toutes réglées à ce stade : notamment sur les liens avec UP, mais également sur le rôle de notre collectif et de ses actions, avec un débat sous-jacent à propos de la responsabilité française sur la situation : selon l’importance accordée à l’impérialisme, la cible serait soit Israël (action de boycott), soit l’État français. La question du lien avec la loi Darmanin a été posée et elle n’a pas soulevé d’opposition.&nbsp;</p>



<p>Plusieurs actions ont été menées, comme des départs communs aux manifs (ratés, on était très peu), deux déambulations dans des quartiers du 20<sup>e</sup> (coller, tracter, rentrer chez les commerçant·es pour discuter, en étant un nombre significatif afin de donner de la visibilité au fait qu’il existe un collectif dans le quartier) avec un résultat très positif et un très bon accueil, une réunion publique (bilan assez positif, on était une cinquantaine et les discussions étaient assez constructives, 12 personnes ont laissé leurs coordonnées) et enfin des actions BDS, parfois en lien avec le collectif de Montreuil, bilan mitigé en termes de participation. Tout ceci a donné lieu à des diffusions de tracts aux sorties de métro ou sur des marchés.</p>



<p>On a pu constater que les réactions sont à l’image des manifs parisiennes : une partie de la population accueille de façon très favorable nos apparitions, mais ne nous rejoint pas pour autant (les personnes racisées des quartiers populaires), le noyau militant est plutôt présent (même si on n’est pas toujours d’accord sur les analyses), et le reste de la population est indifférente voire parfois hostile (pro-Israël). La clé est donc à la fois de fournir des arguments pour casser la solidarité d’une partie de la population à la politique de l’État français qui soutient Israël, et de s’organiser avec les personnes qui sont déjà solidaires avec les Palestinien·nes.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Renforcer l’auto-organisation</h2>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="505" height="677" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_ComitesPalestine_Illustr2.png" alt="" class="wp-image-8209" style="width:262px;height:auto" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_ComitesPalestine_Illustr2.png 505w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_ComitesPalestine_Illustr2-224x300.png 224w" sizes="auto, (max-width: 505px) 100vw, 505px" /></figure>
</div>


<p>Malgré la dynamique nationale de solidarité au peuple palestinien, les capacités d’auto-organisation ont été maigres.</p>



<p>Par exemple à l’Inalco, pendant la semaine de préparation de la « grande AG », deux stratégies de mobilisation se sont affrontées au sein de la minorité militante qui portait la plupart des initiatives. Elles s’expliquent par deux conceptions radicalement différentes de l’organisation et du rôle du comité, qui se sont traduites par des priorités et des tactiques différentes.&nbsp;</p>



<p>À A2C, notre conception de l’organisation est qu’elle doit favoriser le mouvement. Une assemblée qui réunit toutes les forces militantes d’un lieu ou d’une lutte est le meilleur moyen de communiquer, de transmettre l’expérience des un·es et des autres, de débattre pour se convaincre de la direction à suivre pour gagner. Nous apprécions les dynamiques de création de comités locaux et de leur fédération dans le sens qu’elles peuvent renforcer les militant·es par le sentiment encourageant de s’inscrire dans un mouvement plus large et qu’elles sont une base à l’organisation d’actions communes. Cette conception suppose que le mouvement est la base vitale de l’organisation et que cette dernière, ayant vocation à l’aiguiller mais non à le diriger, ne peut s’en dissocier. Pas d’organisation sans mouvement. Notre intervention est allée dans le sens de cette conception : persuadé·es que c’est la lutte elle-même qui permettra le développement d’un comité. Nous voulions construire le comité par le bas, et le rassemblement de 60&nbsp;étudiant·es en AG après trois jours de diffusions et de discussions à la base légitime cette stratégie.&nbsp;</p>



<p>La deuxième conception de l’organisation est celle de bureaucrates : l’objectif de « s’organiser » est de renforcer une « inter-orga ». Dans les faits cela s’est traduit par un focus sur la technique (coller des stickers et faire un compte insta) et un rejet des débats politiques. Se mobiliser contre le génocide, mais sans relayer d’idéologies notamment anti-impérialiste, ne surtout pas apparaître « pro-Hamas ». Iels ont imposé leur non-ligne politique, négligeant le rôle des étudiant·es. Ce déni s’est manifesté par des pratiques autoritaires, comme l’expulsion de groupes de discussion. Avec une grosse majorité d’étudiant·es très peu militant·es, pour qui cette expérience était sans doute la première, ces comportements n’ont pas du tout aidé à construire un mouvement de lutte.</p>



<p>Cela nous amène à notre conclusion : iels ont tué le comité dans l’œuf, et aujourd’hui c’est juste un groupe whatsApp dirigé par une personne qui diffuse des informations sans réelles actions ni positionnement. C’est dommage car cela aurait également pu donner une impulsion pour d’autres mobilisations à l’Inalco.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Mener les débats, politiser la paix&nbsp;</h2>



<p>La question palestinienne a toujours été particulièrement clivante jusqu’au sein de la gauche, venant distinguer la gauche qui pousse son antiracisme jusqu’au décolonialisme de celle qui se contente d’un antiracisme de surface.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img data-dominant-color="665e60" data-has-transparency="false" loading="lazy" decoding="async" width="880" height="495" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_ComitesPalestine_Illustr3-jpg.webp" alt="" class="wp-image-8210 not-transparent" style="--dominant-color: #665e60; width:449px;height:auto" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_ComitesPalestine_Illustr3-jpg.webp 880w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_ComitesPalestine_Illustr3-300x169.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_ComitesPalestine_Illustr3-768x432.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_ComitesPalestine_Illustr3-678x381.webp 678w" sizes="auto, (max-width: 880px) 100vw, 880px" /></figure>
</div>


<p>Le distance entre Urgence Palestine et les comités des facs a produit des mots d’ordre différents au sein des comités, celui de l’EHESS a fait le choix de suivre ceux d’UP lors de la première AG mais tous les comités n’ont pas fait ce choix, notamment ceux menés par Révolution Permanente (RP) pour qui le seul mot d’ordre « cessez-le-feu » revenait à un simple appel au calme et donc à un statu quo qui n’aurait pour autre finalité qu’un maintien de la colonisation. À l’inverse, l’argumentaire des comités axés sur le mot d’ordre « cessez-le-feu » se basait sur le fait que c’était la demande même de la résistance palestinienne et que le non appel au cessez-le-feu ne pouvait s’assurer d’être conséquent politiquement que par une prise des armes, or le conflit se déroule hors de nos frontières.</p>



<p>À Marseille, le refus pour certain·es de se limiter à l’appel à un cessez-le-feu était lié à l’envie de l’articuler à un discours sur les possibilités de la paix, qui ne peut advenir sans l’arrêt de la colonisation. Il semblait aussi nécessaire de dénoncer la solution à deux États que défend LFI, entre autres. Aussi, avec Urgence Palestine, soutenir un mouvement de libération nationale depuis un pays participant au génocide nous paraissait impossible sans dénoncer la complicité de la France vis-à-vis de l’État colonial d’Israël.</p>



<p class="has-text-align-center">Palestine Vivra Palestine Vaincra, pas comme (la loi) Darmanin.</p>



<p>Coordonné par Anouck Brunet (Marseille) et Ombeline Cornette (Paris) à partir des retours des militant·es d’A2C et de leurs camarades de lutte</p>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/comites-palestine-construire-la-solidarite-face-a-une-repression-sans-precedent/">Comités Palestine : construire la solidarité face à une répression sans précédent</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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		<title>Récit d’une grève contre l’islamophobie, le racisme et le sexisme dans l’Éducation </title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/recit-dune-greve-contre-lislamophobie-le-racisme-et-le-sexisme-dans-leducation/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jakubowski]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 03 Sep 2023 20:42:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Retours militants]]></category>
		<category><![CDATA[Abaya]]></category>
		<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[Éducation]]></category>
		<category><![CDATA[Grève]]></category>
		<category><![CDATA[Islamophobie]]></category>
		<category><![CDATA[Marseille]]></category>
		<category><![CDATA[Racisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Récit d’une lutte menée par des lycéen·nes et d’une grève menée par les AED (assistant·es d’éducation) à Marseille, contre les intimidations racistes et sexistes dans les établissements scolaires. Cette lutte nous permet de nommer les <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/recit-dune-greve-contre-lislamophobie-le-racisme-et-le-sexisme-dans-leducation/" title="Récit d’une grève contre l’islamophobie, le racisme et le sexisme dans l’Éducation ">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p style="font-style:normal;font-weight:600">Récit d’une lutte menée par des lycéen·nes et d’une grève menée par les AED (assistant·es d’éducation) à Marseille, contre les intimidations racistes et sexistes dans les établissements scolaires. Cette lutte nous permet de nommer les obstacles mais aussi les possibilités d’auto-organisation des travailleur·euses précaires contre les oppressions racistes. </p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #09 &#8211; Septembre 2023</h6>



<p>Au printemps 2022, des propos racistes de la part d’enseignant·es sont signalés par des élèves du lycée Victor-Hugo de Marseille. Le 20 mai 2022, une journée de mobilisation est initiée par des lycéennes qui portent le voile en dehors du lycée contre les discriminations islamophobes qu’elles subissent, à savoir des remarques sur leurs robes « trop longues » mais aussi des remarques stigmatisantes sur le fait qu’elles portent le foulard en dehors du lycée. Face à cette journée de mobilisation pour dénoncer ces discriminations, la seule réponse de la direction est de mettre la faute sur le personnel de la vie scolaire qui aurait « manipulé les lycéennes ». En effet, des AED ont signalé des propos à caractères racistes tenus par une professeure de l’établissement. Décidant d’ignorer les dénonciations des lycéennes et les signalements des AED, la direction de l’établissement décide de ne pas renouveler le contrat de trois des AED qui avaient dénoncé les propos racistes. Cette sanction arbitraire est en réalité le signe d’une répression féroce à l’égard des travailleur·euses dénonçant l’islamophobie dans l’établissement scolaire de Victor-Hugo. Suite à cette répression, les AED de Victor-Hugo décident de riposter dès le 16 juin 2022 en se mettant en grève et en appelant à un rassemblement devant le lycée. </p>



<h2 class="wp-block-heading">La chasse aux abayas dans les établissements scolaires</h2>



<p>Les discriminations au lycée Victor-Hugo reflètent l’accélération des politiques racistes et islamophobes dans les établissements scolaires à Marseille et plus généralement en France. Après la loi de 2004, interdisant le port du voile dans les écoles, pour « respect de la laïcité républicaine », une circulaire est adoptée le 10 novembre 2022 relative au plan laïcité dans les établissements scolaires. Celle-ci, en se concentrant sur « le port de tenues manifestant ostensiblement une appartenance religieuse » ainsi que toutes celles « ne manifestant pas par nature une appartenance religieuse » permet aux chef·fes d’établissement et au personnel de juger les tenues des élèves et ainsi d’exercer en toute impunité de nombreuses discriminations sexistes et racistes. À partir de cette circulaire, les directions d’établissement demandent aux vies scolaires de refuser toute tenue qui pourrait s’apparenter à une tenue religieuse. Ainsi, à Marseille, de nombreux établissements se lancent dans une chasse aux abayas, robes traditionnelles des pays de culture musulmane. </p>



<p>Les jeunes filles se retrouvent humiliées par des enseignant·es et la direction les contraint à retirer leurs robes longues si elles souhaitent fréquenter leurs établissements scolaires. Ces mesures discriminatoires et arbitraires s’abattent essentiellement sur les jeunes filles racisées portant le voile à l’extérieur de l’établissement scolaire. Selon les directions d’établissement, les élèves peuvent être renvoyées chez elles pour se changer, et d’autres contraintes à se déshabiller dans l’enceinte de l’établissement. Cette humiliation est permise et justifiée par un soi-disant principe de laïcité, toujours plus flou et entraînant des dicriminations violentes racistes et sexistes, un mal-être scolaire chez les élèves racisé·es, musulman·es ou supposées musulman·es selon leurs cultures et leurs pratiques vestimentaires. </p>



<h2 class="wp-block-heading">Ripostes lycéennes «Toutes en robes longue » et grève des AED dans un climat de mouvement social de 2023</h2>



<p>Les élèves visées par cette circulaire ne se sont pas laissées faire face aux intimidations des directions d’établissement et de certaines personnes du corps enseignant. Des lycéennes directement visées par les discriminations sexistes et racistes au sein de leurs lycées se sont organisées et ont appelé à des journées « Toutes en robes longues », notamment au lycée Thiers, dans le centre-ville de Marseille. Durant le mouvement social contre la réforme des retraites de ce début d’année 2023, les lycées à Marseille ont été fortement mobilisés et ont fait preuve d’une forte combativité. Des collectifs et syndicats lycéens ont organisé des assemblées générales, des blocages, des départs communs en manifestation et des cortèges hyper dynamiques. Ce climat de prise de confiance politique a permis de renforcer la confiance des lycéen·nes dans leur capacité à faire de la politique et à lutter contre le racisme qu’elles vivent au quotidien. </p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/09/Visuel-feme-voilee.png" alt="" class="wp-image-7783" width="281" height="411" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/09/Visuel-feme-voilee.png 561w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/09/Visuel-feme-voilee-205x300.png 205w" sizes="auto, (max-width: 281px) 100vw, 281px" /></figure>
</div>


<p>Le mouvement social a entraîné un fort niveau&nbsp;de conflictualité entre les grévistes et les directions et a permis de rendre visible les politiques&nbsp;répressives de certains établissements à l’égard de tous·tes celles et ceux qui luttent. Par exemple, au lycée Victor-Hugo, un AED très actif dans la lutte&nbsp;syndicale mais aussi dans la lutte antiraciste de l’année précédente, a été suspendu au début du&nbsp;mouvement des retraites. Cette expérience permet&nbsp;de montrer que les politiques racistes chez les directions d’établissement contre les lycéennes sont accompagnées de politiques anti-syndicales lors de mouvements sociaux. C’est toute une politique réactionnaire qui se met en place et contre laquelle nous devons toutes et tous lutter. Le soutien a été immédiat : la moitié des AED du&nbsp;lycée Victor-Hugo se sont mis en grève après avoir appris la suspension de leur collègue. La situation politique a amené les AED de Victor-Hugo à lutter à la fois contre le racisme, le sexisme, la répression&nbsp;anti-syndicale et nos conditions de travail.&nbsp;</p>



<p>En mai 2023, la volonté de se battre réveillée par le mouvement social a poussé des AED de&nbsp;plusieurs établissements à organiser une réunion contre l’application des circulaires discriminantes, islamophobes et racistes. Cette première réunion a réuni le 11 mai plus de 30 AED d’établissements différents sur Marseille et a abouti à un appel à la grève ! Le succès de cette rencontre a été possible&nbsp;grâce à la réactivation du collectif AED13, créé deux ans plus tôt lors de la lutte pour l’obtention de la prime REP et pour la possibilité de titularisation des postes d’AED. Ayant pris une envergure&nbsp;nationale en 2021, cette lutte syndicale offensive a abouti à une victoire en demi-teinte pour les AED. Les revendications sur la prime REP ont été gagnées suite à la mobilisation. Par contre, la titularisation des AED exigée par la mobilisation a été remplacée par un CDI au bout de 6 ans, non obligatoire, et sans revalorisation salariale.&nbsp;</p>



<p>À la suite de la réunion, les AED de Marseille ont donc décidé d’appeler à une journée de grève dès le 8 juin 2023. Après avoir fait un point sur les différentes situations de racisme et d’islamophobie envers les lycéennes, les AED ont écrit un communiqué liant la lutte contre l’islamophobie, le sexisme, la circulaire de 2022 aux conditions de travail précaires qui exposent les AED à davantage de répression. À la suite de cette réunion, le collectif AED13 a organisé des débrayages dans plusieurs établissements marseillais. Ces moments ont permis des discussions sur le racisme dans les lycées et sur l’islamophobie avec les Vies scolaires et la plupart des AED recensaient des cas de renvois et d’humiliation vis-à-vis de lycéennes portant des vêtements amples et des robes longues. </p>



<p>Le 8 juin, les AED ont été une trentaine à être en grève contre l’islamophobie, le racisme et le sexisme dans les établissements scolaires. Malgré la pluie (premier facteur de démobilisation à Marseille), le collectif AED13 a rassemblé plus de 50 personnes devant le lycée Diderot, lycée dans lequel la totalité&nbsp;des AED étaient en grève ce jour-là.&nbsp;</p>



<p>À la suite de cette mobilisation réussie, la répression a continué à s’abattre sur les AED après une action organisée à Victor-Hugo contre&nbsp;le proviseur et ses propos racistes. Deux AED ont été interpellés et placés en garde à vue. Le collectif AED13 a organisé une deuxième journée de grève&nbsp;et de mobilisation, avec un rassemblement cette fois-ci devant le lycée Thiers, pour continuer de&nbsp;lutter contre les discriminations racistes et islamophobes mais également dénoncer la répression qui&nbsp;s’abat sur les AED en lutte. Ce jour-là, beaucoup moins de grévistes sont présent·es, sûrement à cause de la peur de la répression mais aussi de la fin de l’année scolaire. De plus, la grève devient&nbsp;davantage complexe lorsqu’elle n’est plus inscrite dans un mouvement social et expose davantage les grévistes précaires à des renvois, des suspensions&nbsp;ou des non-renouvellements.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Lutter contre l’islamophobie dans l’Éducation nationale, enjeux et difficultés</h2>



<p>La lutte des lycéennes contre l’islamophobie et le racisme, suivie par la grève des AED a été exemplaire. Elle a permis d’exprimer un soutien concret auprès des lycéen·nes en lutte contre les discriminations, de réactiver des liens entre les AED de différents établissements, mais aussi de porter une grève sur des arguments politiques contre le racisme et l’islamophobie. Pourtant, au sein de l’Éducation nationale, trop peu de collègues, notamment du corps enseignant, ont soutenu cette lutte, ce qui a facilité les intimidations et la répression de la part de la direction. Ce manque de soutien peut s’expliquer par la peur de la répression, réelle, à l’en croire les non-renouvellements des AED et la suspension du camarade gréviste. </p>



<p>Mais ce manque de soutien autour de la&nbsp;lutte contre l’islamophobie semble tenir une partie de son explication dans la difficulté à mobiliser aujourd’hui contre l’islamophobie dans l’Éducation nationale. Le principe de&nbsp;laïcité clive en ce qu’il vient se poser dans&nbsp;le discours public comme une garantie face&nbsp;à « l’oppression religieuse et de liberté de culte ». Pourtant, dans un État français où l’islamophobie prend une place de plus en plus inquiétante dans les discours politiques, médiatiques, les soi-disant « libertés » offrent des possibilités de répression de la population musulmane mais également de l’ensemble des&nbsp;personnes racisées ou prétendument musulmanes.&nbsp;</p>



<p>Cette expérience de lutte montre ainsi la nécessité de continuer à s’opposer à l’humiliation des&nbsp;jeunes filles racisées, musulmanes ou prétendues&nbsp;musulmanes au sein de nos établissements scolaires. Car malgré un climat social extrêmement puissant contre la réforme des retraites, la question de l’islamophobie et du racisme opère un clivage dans la population et empêche l’unité de notre classe pour gagner face à Macron. En tant que travailleur·euses en lutte, il est nécessaire de&nbsp;soutenir les lycéen·nes qui se soulèvent contre les oppressions qu’ils et elles subissent de la part d’une&nbsp;institution qui semble les exclure en fonction de&nbsp;leurs habits, leurs coutumes ou leurs religions. Les lycéen·nes ont fortement contribué au rapport de&nbsp;forces contre la réforme des retraites, qui touche&nbsp;également les travailleur·euses, le personnel et les enseignant·es. En retour, nous devons les soutenir&nbsp;lorsqu’elles se battent contre les discriminations&nbsp;qu’elles subissent : lorsqu’une partie de notre classe&nbsp;se soulève, notre place c’est d’être à leurs côtés !&nbsp;</p>



<h6 class="wp-block-heading">Anouk, Marseille</h6>


<div class="wp-block-image wp-duotone-000000-ffffff-4">
<figure class="aligncenter size-full"><img data-dominant-color="d1e1e6" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #d1e1e6;" loading="lazy" decoding="async" width="720" height="1019" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/09/368310204_970238424262178_8764222408581085661_n-jpg.webp" alt="" class="wp-image-7782 not-transparent" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/09/368310204_970238424262178_8764222408581085661_n-jpg.webp 720w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/09/368310204_970238424262178_8764222408581085661_n-212x300.webp 212w" sizes="auto, (max-width: 720px) 100vw, 720px" /></figure>
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		<title>« L&#8217;ennemi n&#8217;arrive pas en bateau mais en Limousine »</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/lennemi-narrive-pas-en-bateau-mais-en-limousine/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jakubowski]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 04 Jun 2023 17:36:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Retours militants]]></category>
		<category><![CDATA[Action]]></category>
		<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[Marseille]]></category>
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		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=7486</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Ce week-end, le MUCEM (Musée des Civilisations de l&#8217;Europe et de la Méditerrannée), créé en 2013 lors de Marseille capitale de la culture, célébrait ses 10 ans. Les AG culture, éducation et asso, ainsi que <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/lennemi-narrive-pas-en-bateau-mais-en-limousine/" title="« L&#8217;ennemi n&#8217;arrive pas en bateau mais en Limousine »">[...]</a></div>
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<p style="font-style:normal;font-weight:600">Ce week-end, le MUCEM (Musée des Civilisations de l&rsquo;Europe et de la Méditerrannée), créé en 2013 lors de Marseille capitale de la culture, célébrait ses 10 ans.</p>



<p class="has-drop-cap">Les AG culture, éducation et asso, ainsi que Marseille contre Darmanin, ont décidé de s&rsquo;inviter à la fête pour dénoncer la privatisation de la culture et des services publics, l&#8217;embourgeoisement de la ville de Marseille, et plus largement les attaques frontales menées par le gouvernement contre tous·tes les travailleur·euses.</p>



<p>Dès 10h, des petits groupes de manifestant·es sont entré·es dans le musée en se mêlant aux touristes venu·es pour l&rsquo;évènement.</p>



<p>À 11h, France Bleu Provence organisait un live radio avec plusieurs invité·es censé·es représenter le Marseille d&rsquo;aujourd&rsquo;hui.</p>



<p>À ce moment là, une quinzaine de personnes montent sur scène pour se saisir de cet espace et lire le tract titré « <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/06/tract.png" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Marseille Unie Contre l&rsquo;Exploitation et Macron</a>« .</p>


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<figure class="aligncenter size-large"><img data-dominant-color="868484" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #868484;" loading="lazy" decoding="async" width="1440" height="810" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/06/©-Emmanuelle-Bouzeid-11-2-edited.webp" alt="" class="wp-image-7512 not-transparent" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/06/©-Emmanuelle-Bouzeid-11-2-edited.webp 1440w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/06/©-Emmanuelle-Bouzeid-11-2-edited-300x169.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/06/©-Emmanuelle-Bouzeid-11-2-edited-1024x576.webp 1024w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/06/©-Emmanuelle-Bouzeid-11-2-edited-768x432.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/06/©-Emmanuelle-Bouzeid-11-2-edited-678x381.webp 678w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/06/©-Emmanuelle-Bouzeid-11-2-edited-1320x743.webp 1320w" sizes="auto, (max-width: 1440px) 100vw, 1440px" /><figcaption class="wp-element-caption">© Emmanuelle Bouzeid</figcaption></figure>
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<p>Au même moment, la passerelle qui relie les deux bâtiments du musée au dessus de la mer, se retrouve bloquée par 70 personnes : fumigènes, banderoles, slogans viennent interrompre le bon déroulé de la journée.&nbsp;</p>


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<figure class="aligncenter size-large is-resized"><img data-dominant-color="69727e" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #69727e;" loading="lazy" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/06/banderole-passerelle-edited.webp" alt="" class="wp-image-7501 not-transparent" width="810" height="506" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/06/banderole-passerelle-edited.webp 1080w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/06/banderole-passerelle-edited-300x188.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/06/banderole-passerelle-edited-1024x640.webp 1024w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/06/banderole-passerelle-edited-768x480.webp 768w" sizes="auto, (max-width: 810px) 100vw, 810px" /></figure>
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<p>En contrebas, 4 voiliers et une petite barque défilent sur la mer arborant plusieurs mots d&rsquo;ordre comme par exemple « L&rsquo;ennemi n&rsquo;arrive pas en bateau il arrive en limousine » ou « Pas de pause, pas de trêve, notre référendum c&rsquo;est la grève ».</p>



<figure class="wp-block-gallery has-nested-images columns-default is-cropped wp-block-gallery-5 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex">
<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://www.autonomiedeclasse.org/bateau/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><img data-dominant-color="748692" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #748692;" loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" data-id="7491" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/06/bateau-jpg.webp" alt="" class="wp-image-7491 not-transparent" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/06/bateau-jpg.webp 1024w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/06/bateau-jpg-300x225.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/06/bateau-jpg-768x576.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/06/bateau-jpg-678x509.webp 678w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/06/bateau-jpg-326x245.webp 326w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/06/bateau-jpg-80x60.webp 80w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a><figcaption class="wp-element-caption">© Emmanuelle Bouzeid</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://www.autonomiedeclasse.org/emmanuelle-bouzeid-10-3/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><img data-dominant-color="546671" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #546671;" loading="lazy" decoding="async" width="1440" height="960" data-id="7499" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/06/©-Emmanuelle-Bouzeid-10-2.jpg" alt="" class="wp-image-7499 not-transparent" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/06/©-Emmanuelle-Bouzeid-10-2.jpg 1440w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/06/©-Emmanuelle-Bouzeid-10-2-300x200.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/06/©-Emmanuelle-Bouzeid-10-2-1024x683.webp 1024w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/06/©-Emmanuelle-Bouzeid-10-2-768x512.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/06/©-Emmanuelle-Bouzeid-10-2-1320x880.webp 1320w" sizes="auto, (max-width: 1440px) 100vw, 1440px" /></a><figcaption class="wp-element-caption">© Emmanuelle Bouzeid</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://www.autonomiedeclasse.org/emmanuelle-bouzeid-4-3/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><img data-dominant-color="49606f" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #49606f;" loading="lazy" decoding="async" width="1440" height="960" data-id="7498" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/06/©-Emmanuelle-Bouzeid-4-2.jpg" alt="" class="wp-image-7498 not-transparent" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/06/©-Emmanuelle-Bouzeid-4-2.jpg 1440w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/06/©-Emmanuelle-Bouzeid-4-2-300x200.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/06/©-Emmanuelle-Bouzeid-4-2-1024x683.webp 1024w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/06/©-Emmanuelle-Bouzeid-4-2-768x512.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/06/©-Emmanuelle-Bouzeid-4-2-1320x880.webp 1320w" sizes="auto, (max-width: 1440px) 100vw, 1440px" /></a><figcaption class="wp-element-caption">© Emmanuelle Bouzeid</figcaption></figure>
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<p>Après une vingtaine de minutes, le cortège part en petite manif joyeuse vers la sortie en traversant l&rsquo;intérieur du musée.</p>



<p>Plus tard dans l&rsquo;après-midi, un militant de Marseille contre Darmanin est venu parler de l&rsquo;action du matin et du lien avec la mobilisation contre la loi immigration sur le plateau des Chichas de la pensée. Sa prise de parole s&rsquo;est organisée hors du cadre de la programmation du Mucem, directement entre les organisateurices de l&rsquo;action et les intervenants des Chichas de la pensée.</p>



<figure class="wp-block-audio"><audio controls src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/06/intervention-Alladine-chichas-de-la-pensee.mp3"></audio></figure>



<p>Cette action vient tout d&rsquo;abord d&rsquo;une lutte locale, celles des travailleureuses d&rsquo;un sous-traitant du Mucem, demandant leur internalisation dans la structure publique du musée, de meilleures conditions salariales et moins de précarisation.</p>



<p>Ces salarié·es en lutte, ont été présent·es dès la première AG Culture, née fin mars et rendue possible par l&rsquo;énergie de l&rsquo;AG interpro. C&rsquo;est dans ce cadre tout nouveau qu&rsquo;iels ont suggéré l&rsquo;action d&rsquo;aujourd&rsquo;hui.</p>



<p>Grâce aux rencontres et aux liens de confiance qui se sont tissés pendant le mouvement social et dans l&rsquo;AG interpro, l&rsquo;AG culture s&rsquo;est naturellement tournée vers les AG asso et éduc pour organiser collectivement cette action.</p>



<p>Aussi, le systématisme avec lequel A2C Marseille a porté les questions antiracistes dans tous les cadres auxquels nous participions dans le mouvement social à Marseille, a rendu évident la nécessité que Marseille contre Darmanin soit impliquée dans cette action et que les mots d&rsquo;ordre contre la loi asile et immigration et l&rsquo;opération Wuambushu soient visibles.</p>



<p>Des quelques retours qui ont déjà été faits, tout le monde partage la conviction que cette action a permis de se rencontrer, de se structurer, et de se tenir prêt·es et ensemble pour la suite.</p>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/lennemi-narrive-pas-en-bateau-mais-en-limousine/">« L&rsquo;ennemi n&rsquo;arrive pas en bateau mais en Limousine »</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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