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	<title>Archives des Lutte des classes - A2C - Autonomie de classe</title>
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	<description>Pour l&#039;autonomie de classe !</description>
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	<title>Archives des Lutte des classes - A2C - Autonomie de classe</title>
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		<title>Pourquoi le marxisme ?</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/theorie/pourquoi-le-marxisme/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alice]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 25 Oct 2025 09:49:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Théorie]]></category>
		<category><![CDATA[émancipation]]></category>
		<category><![CDATA[Lutte des classes]]></category>
		<category><![CDATA[minorité]]></category>
		<category><![CDATA[politique]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">«&#160;L’histoire de toute société jusqu’à nos jours n’a été que l’histoire de luttes de classes. (&#8230;) Oppresseurs et opprimés, en opposition constante, ont mené une guerre ininterrompue, tantôt ouverte, tantôt dissimulée, une guerre qui finissait <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/theorie/pourquoi-le-marxisme/" title="Pourquoi le marxisme ?">[...]</a></div>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>«&nbsp;L’histoire de toute société jusqu’à nos jours n’a été que l’histoire de luttes de classes. (&#8230;) Oppresseurs et opprimés, en opposition constante, ont mené une guerre ininterrompue, tantôt ouverte, tantôt dissimulée, une guerre qui finissait toujours soit par une transformation révolutionnaire de la société toute entière, soit par la destruction des deux classes en lutte.&nbsp;»</em></p>



<p>Voilà comment commence le <em>Manifeste du parti communiste</em> de Marx.</p>



<p>Si l’on définit par marxisme toutes les expériences, luttes et analyses développées sur la base des écrits de Marx, alors le marxisme est la théorie de la lutte contre le capitalisme, la théorie de la révolution.</p>



<p class="has-medium-font-size"><strong>Révolutionnaire</strong></p>



<p>Les idéologues dominants ne nient pas qu’il existe une histoire. Mais cette histoire s’arrête au capitalisme qui, quels que soient ses défauts, serait l’organisation sociale «&nbsp;naturelle&nbsp;», celle qui correspondrait le mieux à ce qui serait la «&nbsp;nature humaine&nbsp;».</p>



<p>Pour Marx, le capitalisme, en tant que société de classes, peut et doit être dépassé.</p>



<p>L’histoire est faite par les êtres humains sur la base de leurs intérêts matériels et non par de grands principes, le progrès, la raison, la civilisation&#8230;</p>



<p>A rebours des livres qui résument l’histoire à celle des grands hommes, rois, reines, intellectuels, présidents, etc., l’histoire selon Marx est faite par les grandes masses.</p>



<p>Le marxisme est la théorie qui montre que la révolution est non seulement nécessaire mais surtout qu’elle est possible.</p>



<p class="has-medium-font-size"><strong>Bases matérielles</strong></p>



<p>C’est la simplicité évidente du point de départ de Marx qui est subversive&nbsp;: toute société humaine s’explique d’abord par la manière dont les êtres humains s’organisent pour produire ce dont ils et elles ont besoin. Cette organisation est fonction des conditions naturelles et des connaissances et moyens disponibles pour en utiliser les ressources (moyens de production et formes de coopération, ce que Marx a appelé forces productives).&nbsp;</p>



<p>Il a fallu des milliers d’années à l’humanité pour développer des connaissances, des techniques et des formes d’organisation capables de dépasser la production de moyens de survie immédiate (cueillette, chasse&#8230;).</p>



<p>Il y a 10 000 ans, de nouvelles formes de subsistance (culture, élevage) permirent&nbsp; la production d’un surplus. L’existence matérielle de ce surplus a entraîné le développement d’une couche sociale, détachée de la production directe, vouée à la «&nbsp;gouvernance&nbsp;»&nbsp; de ce surplus et en vivant.</p>



<p>Il fallut encore des milliers d’années pour que cela provoque une réorganisation profonde des rapports sociaux et une division de la société en classes aux intérêts antagonistes.</p>



<p>La minorité vivant du travail de la majorité s’est mise à identifier ses intérêts propres, l’extraction d’une part plus importante des produits du travail, avec l’intérêt général. Marx appelle cette extraction du surplus, l’exploitation.</p>



<p>Commence alors cette phase décrite par le <em>Manifeste</em> où l’histoire devient l’histoire des luttes de classes.&nbsp;</p>



<p class="has-medium-font-size"><strong>Lutte de classe, histoire et révolution</strong></p>



<p>Un philosophe allemand, Hegel avait écrit que la contradiction est <em>«&nbsp;à la racine de tout mouvement et de toute vie&nbsp;»</em>, la seule réalité est le changement, le mouvement.&nbsp;</p>



<p>Pour Marx le mouvement de l’histoire est le produit des contradictions de classe qui mènent au conflit permanent, «&nbsp;tantôt ouvert, tantôt caché&nbsp;» entre la minorité vivant du surtravail et les producteurs et productrices.</p>



<p>Et, <em>«&nbsp;à un certain niveau de leur développement, les forces productives </em>[découvertes technologiques, «&nbsp;amélioration&nbsp;» de l’organisation du travail&#8230;- DG]<em> entrent en conflit avec les rapports de production existants </em>[la division en classe correspondant &#8211; DG]<em>. (&#8230;) De formes de développement des forces productives, ces rapports en deviennent des entraves.&nbsp;»</em></p>



<p>Le capitalisme est un exemple extrême de ce développement. La pression à l’accumulation du capital, la division du travail ont permis un développement prodigieux de la production et des techniques. Mais ce sont aujourd’hui les mêmes impératifs du capital qui font que la surproduction côtoie la famine ou que des moyens considérables de contrôle, de surveillance et de répression sont développés pour empêcher des millions d’êtres humains d’utiliser les prodiges technologiques permettant de se déplacer sur toute la planète&#8230;</p>



<p>C’est alors, dit Marx, que la société entre dans des crises profondes, économiques, sociales et politiques, situations qui ne peuvent être résolues positivement que par la transformation révolutionnaire de la société c’est-à-dire le renversement de l’organisation sociale existante et de la classe sociale qui en bénéficie et la défend.</p>



<p class="has-medium-font-size"><strong>Lutte politique</strong></p>



<p>L’organisation sociale ne se réduit pas aux rapports de production. Marx explique comment se construit, sur cette base, tout un édifice social, politique, militaire, idéologique <em>«&nbsp;à quoi répondent des formes déterminées de la conscience&nbsp;»</em>. Édifice dont l’institution centrale est l’État et qui assure la reproduction du système.</p>



<p>Il s’ensuit que la lutte de classe n’est pas une lutte limitée aux rapports de production. Elle prend la forme de luttes idéologiques, politiques, de luttes contre l’État&#8230;</p>



<p>A celles et ceux qui &#8211; déjà&nbsp;! &#8211; réduisaient le marxisme à l’économisme, le compagnon de Marx, Engels&nbsp; expliquait&nbsp;: <em>«&nbsp;D’après la conception matérialiste de l’histoire, le facteur déterminant est, en dernière instance, la production et la reproduction de la vie réelle. Ni Marx ni moi n’avons jamais affirmé davantage. Si quelqu’un dénature cette position en ce sens que le facteur économique est le seul déterminant, il la transforme ainsi en une phrase vide, abstraite, absurde.&nbsp;»</em></p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img data-dominant-color="97877b" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #97877b;" fetchpriority="high" decoding="async" width="900" height="600" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/10/Je-reviendrai-et-je-serai-des-millions-Spartacus.webp" alt="" class="wp-image-10142 not-transparent" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/10/Je-reviendrai-et-je-serai-des-millions-Spartacus.webp 900w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/10/Je-reviendrai-et-je-serai-des-millions-Spartacus-300x200.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/10/Je-reviendrai-et-je-serai-des-millions-Spartacus-768x512.webp 768w" sizes="(max-width: 900px) 100vw, 900px" /></figure>



<p class="has-medium-font-size"><strong>La folie du capitalisme</strong></p>



<p>Dans tous les systèmes qui ont précédé le capitalisme le travail était destiné à la consommation, fût-elle celle des exploiteurs. Marx explique ainsi que sous le féodalisme l’exploitation était limitée par <em>«&nbsp;les parois de l’estomac du seigneur&nbsp;»</em> (entretien de la cour, levée d’une armée&#8230;).</p>



<p>Mais une fois que les «&nbsp;besoins&nbsp;» étaient couverts, il n’y avait pas de pression pour produire davantage.</p>



<p>Sous le capitalisme, le profit n’est pas orienté essentiellement vers la consommation – soit-elle celle des capitalistes. Il est évident que Bernard Arnault ou Elon Musk ne vivent pas du tout comme nous. Il n’en reste pas moins que l’essentiel des profits de leurs entreprises est dirigé vers l’investissement ou les marchés financiers dans le but de créer plus de profit. Marx nomme ce processus l’accumulation du capital.</p>



<p>Augmenter constamment les profits pour pouvoir les réinvestir dans de nouveaux moyens de production, de nouvelles technologies et machines est indispensable pour augmenter la productivité et assurer la compétitivité vis-à-vis des capitalistes concurrents.</p>



<p>D’où le cycle infernal de la pression à l’accumulation, à l’augmentation permanente du taux d’exploitation.</p>



<p><em>«&nbsp;Accumuler pour accumuler, produire pour produire, tel est le mot d&rsquo;ordre de l&rsquo;économie politique proclamant la mission historique de la période bourgeoise&nbsp;».</em></p>



<p class="has-medium-font-size"><strong>Bases pour un autre système</strong></p>



<p>L’accumulation sans limites explique le dynamisme du capitalisme. C’est le premier système dans l’histoire de l’humanité à avoir tellement développé les richesses, ou la capacité à les produire, qu’il n’existe aucune raison à la misère, à la faim, à la pauvreté. Pendant des milliers d’années des êtres humains sont morts parce qu’il n’y avait pas assez de nourriture. Sous le capitalisme des gens meurent de faim parce qu’il y a trop de nourriture.</p>



<p>Il existe aujourd’hui les bases matérielles pour une organisation sociale qui ne soit plus déterminée par la lutte pour la survie, pour passer «&nbsp;du règne de la nécessité à celui de la liberté&nbsp;», ce qu’on peut appeler le communisme.</p>



<p>Le capitalisme a développé une autre base pour une société sans classe. La classe ouvrière est en effet la première classe exploitée de l’histoire de l’humanité à avoir été totalement dépossédée des moyens de production. Les prolétaires sont celles et ceux qui ne possèdent que leur force de travail.</p>



<p>C’est ce qui fait, pour Marx, de la classe ouvrière la classe potentiellement universelle. Car la prise de pouvoir des travailleurs et travailleuses signifie l’organisation de la production – et donc de toute la société &#8211; sur une base collective et la disparition des classes sociales.</p>



<p class="has-medium-font-size"><strong>Système en crise</strong></p>



<p>Les mêmes raisons qui expliquent le dynamisme du capitalisme le poussent vers des crises non seulement régulières mais aussi de plus en plus profondes.</p>



<p>La production capitaliste combine la planification de la production avec l’anarchie du marché. Il faut une division du travail très poussée et une planification très précise pour la production et l’assemblage d’un ordinateur, d’une voiture ou d’un téléphone. Par contre la concurrence règne entre différents groupes et il n’y a pas de planification entre différentes branches, entre la production et le marché du travail, l’approvisionnement en matière première ou l’apport de capitaux. Ce qui fait que la chaîne globale du capitalisme entre dans des crises régulières.&nbsp;</p>



<p>Mais s’ajoute à cela le fait que ces crises sont de plus en plus profondes. L’accumulation du capital, poussée par la concurrence entre capitaux, amène les capitalistes à investir de plus en plus dans de nouvelles technologies et de nouvelles machines pour augmenter la productivité. Cette augmentation de la part relative des machines dans le capital, au détriment de la force du travail, provoque ce que Marx appelle la baisse tendancielle du taux de profit. Cette baisse des taux de profits est à la base des crises de plus en plus profondes qui ébranlent tout le système politique.</p>



<p>Cette double dynamique du capitalisme a amené Engels et la révolutionnaire polonaise Rosa Luxemburg à parler de l’alternative, socialisme ou barbarie. La barbarie porte aujourd’hui les noms de génocide, guerre, fascisme et catastrophe environnementale.</p>



<p class="has-medium-font-size"><strong>L’émancipation</strong></p>



<p>Le mot d’ordre sans doute le plus connu de Marx est <em>«&nbsp;l’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes&nbsp;»</em> qu’il nous faut impérativement féminiser.</p>



<p>Condensé de toute l’analyse de Marx c’est aussi une boussole pour déterminer ou juger toute stratégie révolutionnaire.</p>



<p>D’abord il n’y a pas de fatalisme chez Marx. Son analyse de l’histoire et du capitalisme ne détermine aucun but&nbsp;: socialisme ou barbarie. Les êtres humains ne choisissent pas les conditions dans lesquelles ils et elles font l’histoire. C’est bien pour cela qu’il faut s’efforcer de connaître et comprendre au mieux ces conditions. Mais ce sont eux et elles qui font l’histoire&nbsp;: l’issue de la lutte de classe ne peut être déterminée que par les classes elles-mêmes, leur niveau de conscience, d’organisation, de détermination.&nbsp;</p>



<p>Ensuite la classe ouvrière ne peut obtenir son émancipation de l’extérieur&nbsp;: l’émancipation des travailleurs et des travailleuses ne sera pas l’œuvre d’une minorité, d’un parti, d’un bon gouvernement ou d’un État, elle sera l’œuvre de dizaines de millions, de centaines de millions de travailleurs et de travailleuses. Marx a écrit que la révolution n’était pas seulement nécessaire pour changer les structures sociales et politiques. <em>«&nbsp;</em><em>Elle l’est également parce que seule une révolution permettra à la classe qui renverse l’autre de balayer toute la pourriture du vieux système qui lui colle après et de devenir apte à fonder la société sur des bases nouvelles.&nbsp;»</em></p>



<p>Denis Godard (Paris 20)</p>



<p><strong>Recommandations de lecture sur le sujet</strong></p>



<p>Pour commencer avec Marx&nbsp;(sur marxists.org) :&nbsp;</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Le Manifeste du parti communiste (<a href="https://www.marxists.org/francais/marx/works/1847/00/kmfe18470000.htm">https://www.marxists.org/francais/marx/works/1847/00/kmfe18470000.htm</a>)</li>



<li>Travail salarié et Capital (<a href="https://www.marxists.org/francais/marx/works/1847/12/km18471230-4.htm">https://www.marxists.org/francais/marx/works/1847/12/km18471230-4.htm</a>)</li>



<li>Salaires, prix et profits (<a href="https://www.marxists.org/francais/marx/works/1865/06/km18650626.htm">https://www.marxists.org/francais/marx/works/1865/06/km18650626.htm</a>)</li>
</ul>



<p>Une bonne introduction des idées de Marx&nbsp;:<br>Alex Callinicos, <em>Les idées révolutionnaires de Karl Marx</em>, éditions Syllepse.</p>



<p>Un livre magistral sur l’histoire&nbsp;:<br>Chris Harman, <em>Une histoire populaire de l’humanité</em>, éditions La Découverte.</p>



<p><strong>Recommandation audio sur le sujet :</strong></p>



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			</item>
		<item>
		<title>Nous sommes toustes des secteurs stratégiques !</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/nous-sommes-toustes-des-secteurs-strategiques/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Vic]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 11 Sep 2025 18:24:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Classe]]></category>
		<category><![CDATA[Grève]]></category>
		<category><![CDATA[Lutte des classes]]></category>
		<category><![CDATA[Macron]]></category>
		<category><![CDATA[Stratégie]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Les chutes des gouvernements formés par Michel Barnier (décembre 2024) et François Bayrou (septembre 2025) sont advenues dans des contextes politiques très similaires marqués notamment par l’incapacité de la classe dirigeante en France à gouverner grâce aux moyens actuels de la démocratie bourgeoise. Mais alors que c’était la censure parlementaire par les fascistes du RN qui avait provoqué la chute du gouvernement Barnier, dans le cas de Bayrou c’est la menace d’un mouvement social d’ampleur le 10 septembre qui a poussé la classe dirigeante à le sacrifier dans l’espoir de couper l’herbe sous le pied de la mobilisation.</div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #18 &#8211; septembre 2025</h6>



<p>Les chutes des gouvernements formés par Michel Barnier (décembre 2024) et François Bayrou (septembre 2025) sont advenues dans des contextes politiques très similaires marqués notamment par l’incapacité de la classe dirigeante en France à gouverner grâce aux moyens actuels de la démocratie bourgeoise. Mais alors que c’était la censure parlementaire par les fascistes du RN qui avait provoqué la chute du gouvernement Barnier, dans le cas de Bayrou c’est la menace d’un mouvement social d’ampleur le 10 septembre qui a poussé la classe dirigeante à le sacrifier dans l’espoir de couper l’herbe sous le pied de la mobilisation.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un mouvement de classe, une classe en mouvemen</strong>t</h2>



<p>Cette différence a des conséquences majeures quant aux possibilités ouvertes par la séquence politique qui démarre à partir de septembre 2025. L’appel à « tout bloquer » est d’abord apparu sur les réseaux sociaux puis est parvenu en quelques semaines à prendre une ampleur nationale en dehors de l’initiative et du contrôle des directions politiques, syndicales et associatives nationales. Ce qu’il faut noter en premier lieu à propos de ce mouvement c’est qu’il a très vite révélé son caractère de classe : c’est une révolte des pauvres contre les riches, de celles et ceux qui subissent les évolutions du capitalisme face à celles et ceux qui les mettent en œuvre.<br>Une partie importante de notre classe s’est emparée de l’appel à tout bloquer pour le discuter et l’organiser à travers des assemblées publiques dans plusieurs dizaines de villes, villages ou quartiers. L’écho s’est aussi amplifié au fur-et-à-mesure avec les prises de position et appels à rejoindre le mouvement de tout un ensemble de formes collectives à travers lesquelles notre classe s’organise : Collectifs antiracistes et antifascistes, collectifs de sans-papiers et mineur.e.s isolé.e.s, collectifs de solidarité avec la Palestine, collectifs écologistes, féministes, LGBTQI+, sections syndicales, groupes politiques locaux, collectifs de quartier, associations, etc.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La question du pouvoir</h2>



<p>Derrière l’appropriation et la prise en charge par toute une partie de notre classe d’un appel issu d’abord des réseaux sociaux, il faut voir une conséquence des expériences et des bilans qui ont été tirés des précédents mouvements sociaux : Face à une classe dirigeante de plus en plus déterminée, les solutions par en haut ne fonctionnent pas, les rapports de force institutionnels et les négociations, qu’elles soient politiques ou syndicales, ne mènent à rien, il faut donc une autre stratégie au mouvement.<br>Le mot d’ordre qui a été central dans la construction du 10 septembre est très offensif : tout bloquer ! Et c’est bien autour de cette question que les assemblées se sont réunies et que les questions de stratégie se sont posées : tout bloquer, ok, mais comment on fait ? Cela affirme d&#8217;emblée la volonté non pas d’être de simples instances de représentation réduites à appliquer des consignes venues d’en haut ou à remonter des revendications, mais bien des endroits où notre classe prend les choses en main, où les décisions sont prises et les discussions de stratégie menées.<br>Pour s’ancrer dans le temps, comme pour se donner les moyens de gagner, il sera fondamental de développer ces assemblées, d’y maintenir ce niveau de discussions et de décisions, de faire de la participation du plus grand nombre une boussole. Tout mouvement finit par se doter d’une direction, s’il ne se donne pas lui-même les moyens de l’organiser par en bas, elle viendra alors d’en haut. Le potentiel d’extension de ces modalités d’organisation est encore énorme quand on pense aux centaines de villes et villages impliquées dans les mouvements les plus massifs de ces dernières années : Mouvement des retraites 2023, révolte pour Nahel et contre les violences policières en 2023, manifestations antifascistes après la dissolution de l’assemblée nationale en été 2024, les manifestations à l’occasion de la journée internationale contre le racisme le 22 mars 2025, les mobilisations féministes du 8 mars et 25 novembre de ces dernières années.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Comment gagner ? Comment tout bloquer ?</h2>



<p>Est-ce que pour gagner, il faut bloquer en premier lieu les flux (routes, ronds-points, entrées des villes) ou il faut faire la grève ? Est-ce que faire grève signifie se concentrer sur des secteurs stratégiques ou faut-il que nous fassions tou.te.s grève ? Ces 2 questions ont traversé le mouvement dans ces premières semaines et c’est de la manière dont ces débats continueront d’être menés et de leur issue ainsi que des expériences et bilans qui en découleront que dépendra en partie la capacité de ce mouvement à s’ancrer dans la durée et à s’étendre.<br>Démarrer les discussions par la question des secteurs stratégiques, c’est déjà affirmer que certains secteurs le seraient et d’autres non, donc que la grève de certain.e.s travailleur.se.s serait plus importante que la grève d’autres. Cela laisse à penser que ces secteurs seraient en réalité quasi décisifs à eux seuls pour l’emporter. Il faudrait alors trouver les secteurs ou flux qui touchent le plus au porte-monnaie de la bourgeoisie. Et puis alors quoi ? La classe dirigeante cèdera bien quelques négociations ! C’est sous-estimer la classe dirigeante et prendre la question de la grève à l’envers en la réduisant à une simple expression du rapport de force actuel. En premier lieu la grève libère, permet de prendre conscience de notre pouvoir collectif, elle permet à notre classe de s’organiser et de développer la conscience en son propre pouvoir.<br>Et si l’objectif est bien la généralisation de la grève, ces assemblées de villes, villages ou quartiers deviennent les lieux idéaux pour coordonner les piquets de grève et blocages, pour discuter de comment celles et ceux déjà en grève peuvent aller convaincre celles et ceux qui ne le sont pas, de soutenir les points forts de la grève et s’appuyer sur ces points forts pour convaincre ailleurs, pour se défendre face à la répression et aux fascistes, pour organiser les collages et diffusions de tracts, pour organiser la solidarité. Construire avec la conviction que chaque personne qui reprend confiance dans sa capacité à agir, chaque personne qui s’organise est une personne qui renforce notre capacité collective à gagner et le faire à une échelle de masse. Cela ne signifie pas que la grève est le seul mode d’action, cela signifie que le mouvement considère la généralisation de la grève comme une des questions autour de laquelle on s’organise, on cherche comment agir.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Unité et solidarité</h2>



<p>Ce sont sur ces bases-là de stratégies et de généralisation de la lutte que doivent être menées les débats sur la question de la lutte en solidarité avec la Palestine, de la lutte contre le racisme et en solidarité avec les migrant.e.s, contre le sexisme, la transphobie, contre toutes les oppressions qui s’attaquent à notre classe et détruisent les vies de nombre d’entre nous. Non pas comme des questions à côté de celles de la grève ou du blocage, mais comme des enjeux centraux dans l’extension du mouvement et de la grève autour desquels l’unité et la solidarité de classe peuvent se forger. La capacité du mouvement à prendre ces questions en charge à travers son auto-organisation et l’intervention des collectifs organisés sur des luttes spécifiques seront déterminantes.<br>Enfin, le mouvement qui s’annonce doit être aussi une occasion d’isoler et de faire reculer les fascistes : aussi bien leurs organisations les plus institutionnelles (RN, Reconquête, syndicats étudiants ou d’agriculteurs) que leurs militant.e.s et groupes de rue. Cela ne pourra se faire sans combiner la question de l’antiracisme (articulée avec celle de la grève comme discuté plus haut) avec les actions spécifiques pour empêcher aux fascistes toute apparition dans la rue. Cette question est également reliée à celle de la grève dans le sens où, partout où les fascistes apparaîtront forts, les capacités de généraliser la grève reculeront car ils peuvent incarner une autre stratégie à travers leurs partis forts dans les élections et institutions ou parce qu’ils peuvent faire reculer l’organisation du mouvement en l’attaquant physiquement. Cela nécessitera d’empêcher les apparitions de militant.e.s du RN et de Reconquête sur les marchés, de mener des réunions publiques, des meetings etc., de dissuader toute attaque contre des collages, des assemblées ou des piquets de grève, de démontrer une solidarité inconditionnelle et en acte face aux attaques racistes en direction des musulman.e.s, immigré.e.s, racisé.e.s.<br>Face à l’austérité, au racisme, au nationalisme, pour empêcher la guerre et le fascisme, nous sommes tou.te.s concerné.e.s : seule notre classe peut briser la trajectoire du capital, soyons toutes et tous des acteur.rice.s du changement !</p>



<h5 class="wp-block-heading">A2C</h5>
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		<title>Vers la « classe pour soi » : retour sur un mouvement de grève dans l&#8217;aéronautique</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/vers-la-classe-pour-soi-retour-sur-un-mouvement-de-greve-dans-laeronautique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Vic]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 24 Jul 2025 16:09:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Retours militants]]></category>
		<category><![CDATA[Classe ouvrière]]></category>
		<category><![CDATA[Grève]]></category>
		<category><![CDATA[Lutte des classes]]></category>
		<category><![CDATA[Retour militants]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">La conscience de classe est le plus souvent présentée comme une chose binaire : on l&#8217;a ou on ne l&#8217;a pas. La réalité est beaucoup plus complexe et heureusement, beaucoup plus dynamique. Alors, comment une <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/vers-la-classe-pour-soi-retour-sur-un-mouvement-de-greve-dans-laeronautique/" title="Vers la « classe pour soi » : retour sur un mouvement de grève dans l&#8217;aéronautique">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>La conscience de classe est le plus souvent présentée comme une chose binaire : on l&rsquo;a ou on ne l&rsquo;a pas. La réalité est beaucoup plus complexe et heureusement, beaucoup plus dynamique. Alors, comment une « classe en soi », objectivement constituée par l&rsquo;exploitation collective qu&rsquo;elle subit, peut-elle devenir une « classe pour soi », prenant conscience de son intérêt commun et de son pouvoir transformateur ?</em></p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #17 &#8211; juin 2025</h6>



<p>Cet article ne prétend pas offrir de réponse toute faite à cette question qui taraude tout.e révolutionnaire ; il vise néanmoins à montrer que dans l&rsquo;expérience d&rsquo;une grève, somme toute assez banale, on trouve les débuts d&rsquo;un processus de transformation.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Avant de passer à l&rsquo;action, il est nécessaire de planter le décor de cette lutte. Nous parlons d&rsquo;un site de l&rsquo;industrie aéronautique en région parisienne employant un petit millier de personnes, réparties entre usine et bureaux d&rsquo;études. Un peu plus de la moitié des salarié.e.s sont ouvrièr.e.s et technicien.ne.s et les autres sont des cadres (ingénieur.e.s, managers, etc). 90% de la production est pour le marché civil, le reste pour l&rsquo;armement.</p>



<p>La « cadrisation » est une tendance généralisée dans la haute technologie : il faut de plus en plus d&rsquo;ingénieur.e.s pour produire. Malgré leurs salaires un peu plus élevés que les non-cadres, iels subissent des conditions dégradées et ce sont des travailleur.e.s exploité.e.s au même titre que les autres.</p>



<p>Par contre, une minorité des cadres organise la production et discipline la main d&rsquo;oeuvre pour le compte de la bourgeoisie : elle ne fait donc pas partie de notre classe.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Diviser les cadres pour unir la classe</strong></h2>



<p>Traditionnellement, la CGT organise surtout les ouvrièr.e.s et technicien.ne.s, qui constituent le gros des effectifs des grévistes dans l&rsquo;aéronautique.</p>



<p>La plupart des jeunes ingénieur.e.s viennent de milieux confortables mais se rendent compte que leurs conditions de travail et de vie seront moins favorables que leurs parents, et peuvent être influencé.e.s par les mouvements féministes, antiracistes et écolo de ces dernières années.</p>



<p>La CGT locale perçoit la nouvelle réalité. Sans faire de compromis sur les principes, il faut faire preuve de pédagogie en s&rsquo;adressant à ces travailleur.e.s qui ne connaissent pas les codes traditionnels du mouvement ouvrier.</p>



<p>Alors on appuie systématiquement sur ce qui peut unir les cadres exploité.e.s aux non-cadres, pour faire comprendre aux deux catégories qu&rsquo;elles appartiennent à la même classe. Le travail finit par payer : de plus en plus de jeunes ingénieur.e.s débrayent pour la première fois avec les ouvrièr.e.s et technicien.ne.s. Ce sont des grèves courtes mais actives : on se lève du bureau ou de l&rsquo;atelier et on va au rassemblement, avec pourquoi pas un petit tour du site pour faire débrayer plus de collègues. On choisit son camp, on s&rsquo;affiche devant ses collègues et son patron. Le quart des effectifs participe activement au mouvement.</p>



<p>La CFE-CGC, syndicat des cadres, est marginalisée : c&rsquo;est contre ses deux piliers – l&rsquo;unité entre tous les cadres, des ingés au top managers, et la docilité envers la direction – que se mobilise une partie des cadres.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La CGT bronche au moment d&rsquo;escalader</strong>&nbsp;&nbsp;</h2>



<p>Les négociations avec la direction s&rsquo;enlisent mais le mouvement continue de grandir : une escalade s&rsquo;impose, elle est possible. Il faut passer à la grève reconductible avec piquet. Mais c&rsquo;est là que les militant.e.s CGT se mettent à douter : ok, les « ingés » nous ont suivi sur les débrayages, mais sur une grève ouverte ? Ok, les « gars de l&rsquo;usine » nous poussent à bloquer le site, mais on les connaît, ce sont des grandes gueules.</p>



<p>C&rsquo;est ainsi que la CGT, qui était la locomotive du mouvement, finit par le laisser s&rsquo;arrêter. La défaite a un goût amer car les possibilités ouvertes par la lutte n&rsquo;ont pas été exploitées.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Que reste-t-il de ce rendez-vous manqué ?</strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;</h2>



<p>Les moments de débrayage sont précieux : on est content.e.s de se retrouver et des discussions s&rsquo;engagent entre collègues qui ne se connaissent pas.</p>



<p>On ressent aussi le besoin de généraliser, des discours militants contre le racisme et l&rsquo;extrême-droite sont très bien reçus. Les jeunes travailleuses qui débrayent pour la première fois n&rsquo;hésitent pas à dénoncer les slogans à connotation sexiste.</p>



<p>Il faut le vivre pour comprendre : après le débrayage, le discours des collègues change. On passe de moi à nous, on échange des idées farfelues, on s&rsquo;approprie la question principale : comment gagner ? Pendant quelques jours, une euphorie nous colle à la peau.</p>



<p>Les discours et la propagande jouent un rôle indéniable, mais seulement comme précurseurs à l&rsquo;action. Car c&rsquo;est dans la lutte qu&rsquo;on a l&rsquo;ouverture vers la conscience de classe. Comment se donner les moyens, collectivement, de décider de ce qu&rsquo;on produit et à quel.le.s fins, dans un secteur où production civile et militaire coexistent ?</p>



<p>C&rsquo;est bien la question centrale qui doit nous faire passer de salarié.e.s aliéné.e.s de nos collègues et du produit de notre travail, à producteur.e.s conscient.e.s de notre place dans la société. Dans un contexte de tensions impérialistes, quand les classes dirigeantes menacent d&rsquo;entraîner l&rsquo;humanité dans de nouvelles guerres, l&rsquo;enjeu n&rsquo;est pas d&rsquo;améliorer les conditions dans lesquelles les travailleur.e.s produisent des armes, mais d&rsquo;utiliser notre pouvoir pour décider de ce que nous produisons, pour conjurer la catastrophe annoncée.</p>



<p>En ouvrant la discussion avec les travailleur.e.s sur l&rsquo;arrêt de la fourniture d&rsquo;armes à Israël, voire la réorientation de la production vers des applications civiles, des syndicats de l&rsquo;armement (Thales, STMicroelectronics, Airbus Defense) font des premiers pas dans la bonne direction. Il est urgent de généraliser ces expériences et de les approfondir en utilisant le levier de la grève qui ouvrirait de nouvelles perspectives.</p>



<p>Il s&rsquo;agit donc d&rsquo;avoir des discussions politiques dans les syndicats et avec les syndicats. De mettre l&rsquo;accent sur l&rsquo;aspect transformateur de la lutte. De comprendre que celleux qui ont goûté à leur premier débrayage ne sont plus les mêmes. Et qu&rsquo;iels pourraient bien vouloir aller plus loin&#8230;</p>



<h5 class="wp-block-heading">Jad Bouharoun (A2C 18e)</h5>
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		<title>Déserter et construire des alternatives sera-t-il suffisant pour transformer la société et ses structures?</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/theorie/deserter-et-construire-des-alternatives/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Vic]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 24 Jul 2025 16:00:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Théorie]]></category>
		<category><![CDATA[desertion]]></category>
		<category><![CDATA[écologie]]></category>
		<category><![CDATA[Lutte des classes]]></category>
		<category><![CDATA[squat]]></category>
		<category><![CDATA[Travail]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Face à la crise environnementale, l&#8217;accroissement des inégalités et l’emballement des puissances impérialistes vers une guerre économique et militaire, la tentation de déserter la société pour aller vivre, dès aujourd’hui, dans un squat ou un <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/theorie/deserter-et-construire-des-alternatives/" title="Déserter et construire des alternatives sera-t-il suffisant pour transformer la société et ses structures?">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>Face à la crise environnementale, l&rsquo;accroissement des inégalités et l’emballement des puissances impérialistes vers une guerre économique et militaire, la tentation de déserter la société pour aller vivre, dès aujourd’hui, dans un squat ou un fond de montagne est forte. Mais est-il possible de s’extraire du monde ? L’émancipation des individus au détriment de l’écrasement de tous les autres est-elle même souhaitable ? Comment passer de l’illusion libératrice de la désertion à l’horizon révolutionnaire d’une lutte collective, de classe, pour transformer profondément l’organisation de notre société ?</em></p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #17 &#8211; juin 2025</h6>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Petit colibri face aux capitalistes pyromanes, doit-il résister ou se résigner ?&nbsp;</strong></h2>



<p>Nous sommes face à un constat global qui met d’accord une grande partie des personnes qui se disent anti-capitalistes : l’impossibilité de changer le système de l’intérieur. Ce système capitaliste mondialisé est voué à continuer l’accumulation des richesses de quelques-uns au détriment de l’écrasement d’une majorité : nous. Une trajectoire inflexible de compétition féroce entre capitalistes que l’on appelle, à A2C, la <em>trajectoire du capital.</em><br>Face au mur, à l’absence d&rsquo;horizon révolutionnaire ou à la fatalité du capitalisme, la tentation est donc de déserter, tout quitter &#8211; son travail, parfois son lieu de vie &#8211; pour cesser de perpétuer le système. Ce qui amène une partie de la population &#8211; souvent sans grande pression économique, à fort capital socioculturel  et ayant une conscience environnementale &#8211; à des reconversions individuelles radicales. Une quête de sens sincère, un espoir d’émancipation individuelle ou communautaire &#8211; éco-lieu, Amap, écoles alternatives, etc. &#8211;  pour reprendre le contrôle sur sa vie, sur ses moyens de subsistances (souvent autour de l’alimentation ou des savoirs-faire artisanaux), avec parfois un appel romantique de retour à la terre, à l’essentiel, à un mode de vie alternatif, plus sobre. Face à la résignation de “lutter contre”, de se confronter frontalement aux capitalistes et à l’Etat, l’objectif de la construction d’alternatives est de s’organiser “pour” quelque chose, pour des changements concrets, pour “montrer l’exemple”, “faire sa part” au niveau local et ouvrir d’autres imaginaires.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Déserter, saboter, s’auto-gérer ?</strong></h2>



<p>Les milieux autonomes sont aussi des milieux où il y a une forte adhésion à la désertion. Pourtant, les&nbsp; autonomes ou “totos” &#8211;&nbsp; personnes fortement traversées par la volonté d’autogestion, qui ont choisi la précarité du RSA, s&rsquo;organisent souvent en bandes affinitaires avec des modes d’actions directes &#8211; ne cherchent pas forcément à construire l’alternative mais plutôt à détruire, démanteler les structures matérielles qui organisent notre exploitation (saboter les entreprises, casser les vitres des boîtes d’intérim, ouvrir des squats…). Pour elleux, travailler sous le capitalisme serait alors collaborer avec lui.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Multiplier les alternatives et le capitalisme s’effondrera</strong></h2>



<p>Ces deux profils de déserteur·euses ne formulent pas forcément leur projet politique de la même manière mais portent au final des hypothèses politiques assez similaires. Leur stratégie repose sur déserter individuellement et s’organiser en collectifs autogérés. Construire des alternatives à l’échelle d’une communauté serait une fin en soi, il ne s’agit pas de s&rsquo;élargir au maximum, de grossir et de les généraliser à l’échelle d’une société : ce qui revient, alors, à une forme de lutte individuelle. Et quand bien même leur diffusion et leur multiplication est un horizon souhaité, il est projeté qu’elle se ferait d&rsquo;elle-même, une fois avoir montré qu’elles fonctionnent sur un territoire donné.<br>Discours que l’on retrouve dans la fable du colibri : ce petit oiseau qui, face à l&rsquo;incendie dévorant la forêt, verse goutte après goutte de l’eau sur le brasier, faisant sa part, montrant l’exemple, dans l’espoir que tous·tes s’y mettent afin de l’éteindre… Produit de l’idéologie libérale, cette manière de penser l&rsquo;émancipation individuelle ou communautaire fait porter la responsabilité de la transformation de la société sur les individus. Comme pour les “consomm’acteur·ices”, qui face au consumérisme et la crise climatique se voient porter la responsabilité individuelle d’acheter ou non des biens et services.</p>



<p>L&rsquo;alternativisme, le localisme et autres formes d’écologie relativement libérale sont d’ailleurs très bien absorbés par les capitalistes car ils ne posent pas la question du pouvoir et du rapport de force en dehors de la communauté. Certaines alternatives servent même de caution à l&rsquo;organisation en place : on entend parfois “Si la société est aujourd&rsquo;hui capitaliste c’est parce que la majorité des gens veulent ce système, sinon iels auraient déserté et seraient partis vivre dans ces “ilôts communistes” “.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>De l’illusion libérale de la désertion à la révolution : l’autonomie de classe&nbsp;</strong></h2>



<p>Si, dans les faits, un·e militant·e révolutionnaire pour la lutte des classes et un·e militant·e <a href="http://alternatif.ve">alternatif</a>·<a href="http://alternatif.ve">ve</a> peuvent avoir des modes de vie (matériels) très proches, leur différence est dans la stratégie à long terme et la pratique militante qui en découle. Ce sont deux visions de l’autonomie :&nbsp; l’une plutôt matérielle, de quelques un.es ou d’une petite communauté, l’autre une autonomie de classe, plutôt au sens politique, comme capacité à organiser en tant que classe la société dans son ensemble.<br>Ainsi dans l’alternativisme la révolution n’est plus à penser, à définir et à préparer vu qu’elle a déjà commencé dans le panier bio du mardi ou la vitrine de banque taguée. Il suffirait de posséder son outil de production ou de s’extraire, faire sécession et saboter les espaces qui organisent le travail pour s’affranchir des structures qui organisent le capitalisme et mettre mécaniquement fin au rapport social de domination structurelle qu’est l’exploitation.</p>



<p>Quant à la stratégie de la lutte de classe, celle d’une émancipation collective par et pour nous-même, elle passe par la construction d’un rapport de force : l’organisation de la classe des travailleur·euses face à la bourgeoisie. Prendre conscience de la force de notre classe, en se disant&nbsp; que malgré notre hétérogénéité (de revenus, d’identités…) et nos contradictions, le capitalisme n’est pas une fatalité, que nous sommes des millions et des milliards sur Terre à avoir un seul et même intérêt commun : celui d’en finir avec la domination qui nous écrase et les oppressions qui nous divisent. Cette conscience de classe est dans chacun·e d’entre nous, elle s’élève et se vitalise par la lutte et la mise en mouvement, elle s’organise&nbsp; collectivement dans nos lieux de travail (et non en les désertant), dans nos quartiers et dans nos associations et elle se gagne par la confiance en notre pouvoir d’agir ensemble contre les capitalistes pyromanes et les Etats marchands de cendres qui nous agitent en colibris.&nbsp;</p>



<h5 class="wp-block-heading">Maxim (A2C Rennes et militant de Campagnes Ouvertes et Solidaires)</h5>
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		<title>Dans quelle classe es-tu et pourquoi c’est important ?  </title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/classes-sociales/dans-quelle-classe-es-tu/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Vic]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 24 Jul 2025 15:49:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Classes sociales]]></category>
		<category><![CDATA[Classe ouvrière]]></category>
		<category><![CDATA[Grève]]></category>
		<category><![CDATA[Lutte des classes]]></category>
		<category><![CDATA[marx]]></category>
		<category><![CDATA[Stratégie]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Dans les milieux militants, il semble être évident de se déclarer anti-capitaliste : le capitalisme provoque les guerres, la misère, la catastrophe écologique, et ses imbrications avec les oppressions racistes et patriarcales ne sont plus <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/classes-sociales/dans-quelle-classe-es-tu/" title="Dans quelle classe es-tu et pourquoi c’est important ?  ">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>Dans les milieux militants, il semble être évident de se déclarer anti-capitaliste : le capitalisme provoque les guerres, la misère, la catastrophe écologique, et ses imbrications avec les oppressions racistes et patriarcales ne sont plus à démontrer. Pourtant, peu sont celleux qui partent des mécanismes internes du capital pour en comprendre les conséquences. Ce mode de production nous semble tellement normal, indépassable, qu’on ne prend même pas la peine de chercher à le comprendre.</em></p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #17 &#8211; juin 2025</h6>



<p>En premier lieu, le capitalisme est un système économique basé sur le travail salarié et qui tend vers la division de la société en deux classes sociales, c’est-à-dire des personnes qui ont la même place dans le processus de production par rapport à un autre groupe.&nbsp;</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-large is-resized"><img data-dominant-color="576c87" data-has-transparency="false" decoding="async" width="1100" height="619" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/07/stop-arming-israel-1-1100x619.webp" alt="" class="wp-image-9733 not-transparent" style="--dominant-color: #576c87; width:392px;height:auto" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/07/stop-arming-israel-1-1100x619.webp 1100w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/07/stop-arming-israel-1-300x169.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/07/stop-arming-israel-1-768x432.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/07/stop-arming-israel-1-678x381.webp 678w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/07/stop-arming-israel-1-1320x743.webp 1320w" sizes="(max-width: 1100px) 100vw, 1100px" /></figure>
</div>


<p>D’un côté, la classe capitaliste est la classe dominante, qui acquiert cette domination par l’exploitation de notre classe, en contrôlant les moyens de production. « Classe dominante » n’est pas juste une manière de dire qu’iels sont riches, ça met en lumière le pouvoir qu’iels ont dans la société toute entière, y compris en dehors de leur entreprise. Par exemple, la campagne <em>Stop Arming Israel</em> met en lumière qu’une poignée d’entreprises en France font le choix de vendre des armes, des composants électroniques ou du matériel de surveillance à Israël, qui serviront dans la colonisation et le génocide des Palestinien·ne·s. Dans une société où l’ensemble des rapports sociaux sont capitalistes, les structures étatiques et juridiques n’y échappent pas. La classe dominante s’organise pour maintenir ses profits et légitimer son pouvoir.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un incontournable retour à l’économie marxiste</h2>



<p>Et en face, les marxistes parlent de la classe travailleuse. Est-ce une question de revenu, de culture, d’identité, d’éducation ? Bien sûr, tous ces critères en disent beaucoup sur les conditions de vie et sur les capacités de résistance de notre classe. Par contre, ils sont insuffisants pour comprendre comment fonctionne la société dans son ensemble.</p>



<p>En fait, l’immense majorité de la population, dans toute sa diversité, fait partie de la classe travailleuse. Pour définir cette classe, il faut revenir à la théorie de la valeur de Marx : dans le capitalisme, il y a des marchandises, qui peuvent être de toutes les formes, du pain au chocolat aux services de soins privés. Ces marchandises peuvent toutes être échangées les unes avec les autres, et ce qui permet de les mesurer ensemble, c’est le temps de travail nécessaire pour les produire (celui passé à créer la marchandise, à produire les matières premières, à transporter la marchandise vers le magasin, à la vendre, etc). Ainsi, la grandeur de valeur d’une marchandise, qui s’exprime par son prix, représente l’ensemble du travail qui a été nécessaire pour produire cette marchandise.</p>



<p>Et dans un système capitaliste, tout est une marchandise, notamment notre force de travail, c’est-à-dire le temps et l’énergie mis à disposition de l’employeur·se pendant nos heures de travail. Donc le patron·ne l’achète tout comme iel achèterait des matières premières ou de l’électricité. La question devient donc « combien coûte cette marchandise ? », car notre force de travail a une valeur, donc un prix, le salaire. Mon salaire est la quantité de travail qui est nécessaire pour reproduire ma force de travail : en gros, le salaire est ce qui sert à financer ce dont j’ai besoin pour être capable de retourner au travail le lendemain&nbsp;: payer mon loyer, à manger, ma carte Navigo et mon abonnement Netflix.</p>



<p>Sauf que, en une journée de travail, <em>nous produisons plus que ce qui est nécessaire à notre survie</em>. Si mon salaire est de 100 euros par jour (= j’ai besoin de 100 euros par jour pour financer la reproduction de ma force de travail), et si je travaille pendant 8 heures, mon employeur·se tirera de mon travail non pas 100, mais environ 150 euros ! Donc je lui rapporte plus que je ne lui coûte.</p>



<p>En France, les données de l’INSEE nous montrent qu’en 2022, sur l’ensemble de la valeur produite par les travailleurs, 65% leur a été reversé en salaire. Au reste, il faut retirer l’amortissement des machines ou le loyer du lieu de travail. Mais à la fin, pour chaque heure que nous travaillons, environ 6% de la valeur produite est accaparé et devient du profit.</p>



<p>Cela a une implication majeure sur la manière dont les inégalités sociales se forment : certain·e·s sont pauvres non pas <em>malgré </em>la richesse d’autrui&nbsp;: ce serait l’hypothèse – fausse – d’une mauvaise distribution des richesses. Mais certain·e·s sont pauvres et d’autres sont riches <em>parce que ce derniers s’enrichissent sur notre dos</em>. Ce mécanisme n’est pas dépassable sous le capitalisme car il est au cœur de la production du profit : les capitalistes individuellement ne peuvent pas choisir de ne pas exploiter les travailleur·se·s, parce que les différentes entreprises sont en concurrence les unes avec les autres et ne peuvent remporter des parts de marché qu’en proposant plus pour moins cher. Les capitalistes doivent donc faire augmenter la productivité du plus qu’iels peuvent : étirer la durée du travail, augmenter les cadences, utiliser des machines plus performantes, fliquer les travailleur·se·s… Par exemple, dans les entrepôts Amazon, le travail est distribué à l’aide d’algorithmes. Ce système électronique suit la productivité de chaque individu et Amazon licencie toutes celles et ceux qui ne parviennent pas à atteindre la niveau de productivité attendu, environ 160 colis par heure (en progression de 60% depuis 2019&nbsp;!). Résultat, un·e salarié·e d’Amazon France sur cinq y est atteint de troubles musculo-squelettiques.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Dans quelle classe es-tu ?</h2>



<p>La majorité d’entre nous appartenons au prolétariat, soit parce que nous travaillons pour quelqu’un, soit parce que nous allons bientôt le faire, soit parce que nous l’avons fait dans le passé ou que nous en sommes exclu.e.s mais ne pouvons bénéficier de rentes issus de l’exploitation d’autrui.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-large is-resized"><img data-dominant-color="797f84" data-has-transparency="false" decoding="async" width="1100" height="825" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/07/manif-uber-1-1100x825.webp" alt="" class="wp-image-9737 not-transparent" style="--dominant-color: #797f84; width:340px;height:auto" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/07/manif-uber-1-1100x825.webp 1100w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/07/manif-uber-1-300x225.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/07/manif-uber-1-768x576.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/07/manif-uber-1-678x509.webp 678w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/07/manif-uber-1-326x245.webp 326w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/07/manif-uber-1-80x60.webp 80w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/07/manif-uber-1.webp 1280w" sizes="(max-width: 1100px) 100vw, 1100px" /></figure>
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<p>L’appartenance de classe ne dépend pas du revenu puisque celui-ci est toujours issu de notre propre travail, de la valeur que nous avons créée pendant notre journée de travail. Les salaires plus élevés sont souvent dus à une forte productivité, des difficultés de recrutement ou des acquis de luttes. La forme juridique salariale importe peu, comme on le voit avec les chauffeur·se·s Uber et autres faux micro-entrepreneur·se·s. Ce n’est pas non plus une question d’identité, de se sentir appartenir à la classe ouvrière : le marxisme est avant tout une théorie pour comprendre les mécanismes à la source de l’exploitation et élaborer des stratégies pour y mettre fin. Quelle que soit notre identité, notre appartenance de classe a un impact sur nos occupations, santé, logement, et sur les capacités de perpétuer ou de se protéger face à une oppression. Une distinction entre le secteur public et le secteur privé est souvent faite : dans un secteur public non marchand (comme l’éducation, la culture, la santé), les travailleur·se·s n’ont pas de patrons : font-iels partie de notre classe ? En effet, personne n’extrait, techniquement, de profit de leur travail. Par contre, ces travailleur·se·s produisent bien de la valeur en travaillant, puisqu’ils produisent un service qui remplit un besoin et qui est donc financé par l&rsquo;État. De plus, iels permettent à d’autres personnes de générer du profit, par exemple en formant ou soignant d’autres travailleur·se·s. Par ailleurs, les conditions de travail des fonctionnaires sont souvent similaires à celles des travailleur·se·s du privé, puisque l&rsquo;État, leur employeur, cherche très logiquement à faire augmenter leur productivité.</p>



<p>Le cas des managers et des flics est intéressant parce qu’il montre que la classe n’est pas une caractéristique figée : certains groupes sociaux ne font pas partie de notre classe, même s’ils produisent de la valeur en travaillant pour quelqu’un d’autre, et même si iels sont précaires, car leur position dans la production est de nous faire travailler, soit en organisant la production et notre travail, soit en réprimant notre résistance.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Hétérogénéité de classe</h2>



<p>Notre classe n’est pas homogène : elle est constituée de personnes de toutes origines, identités de genre, religions… Mais même si tou·te·s ont le même intérêt à l’amélioration de leurs conditions de vie, certains groupes sont plus avancés que d’autres, avec une conscience de classe plus ou moins affirmée, certaines fractions du prolétariat sont réacs, racistes, sionistes, homophobes, certaines adhèrent aux différents partis bourgeois ou s’y opposent… Ça ne signifie pas qu’on peut militer avec n’importe qui parce qu’on est de la même classe, au contraire, la lutte se fait avec les personnes ayant la conscience la plus juste de leur position de classe et les plus cohérentes et consistantes quant à leurs actiosn. Ça veut surtout dire qu’il faut refuser les visions qui fétichisent la classe ouvrière, qui reposent toujours sur une simplification des rapports sociaux et de la lutte des classes.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>A quoi ça sert ?</strong></h2>



<p>Marx écrivit en 1844 que « les philosophes n&rsquo;ont fait qu&rsquo;interpréter le monde de différentes manières, ce qui importe, c&rsquo;est de le transformer. » À A2C, nous militons au quotidien parce que nous tirons de notre analyse du capitalisme des pistes pour le renverser, et si nous affinons nos analyses c’est pour nous permettre de militer de la manière la plus efficace.</p>



<p>Notre classe a non seulement intérêt à ce que ce système soit renversé, mais c’est elle seule qui a la capacité de le faire.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Qui d’autre ?</strong></h2>



<p>Certains parlent du peuple, des masses, des « gens », qui tou·te·s ensemble pourraient abattre le capitalisme. Sauf que c’est un peu flou : ces gens, de quelle classe font-iels parti.e.s ? Si cela inclut des capitalistes cela ne peut que nous limiter. Par exemple, les petits patrons ne luttent souvent que parce qu’iels veulent s’enrichir individuellement et non pour s’opposer au fonctionnement inégalitaire du système. De même, si des prolétaires se mettent en mouvement sans se concevoir comme tels, la lutte ne peut dépasser un certain point et se condamne à stagner, en témoigne les gilets jaunes, qui ont occupé.e.s la rue et se sont confronté.e.s à la répression d’État en tant que citoyen.e.s ou personnes en colères, mais n’ont pas amené la lutte à l’intérieur des lieux de travail. En fait, ces « masses » peuvent <em>protester</em>, exprimer leur colère, de manière très véhémente. Mais les masses ne peuvent rien <em>construire </em>tant qu’elles ne s’organisent pas en tant que classe pour prendre en charge la société.</p>



<p>Est-ce l’identité ou le vécu qui permet de combattre une oppression ? Être discriminé.e ne donne pas nécessairement le pouvoir de lutter contre le système d’oppression. Par exemple, subir de la transphobie ne donne pas plus de capacités aux trans qu’aux cis pour lutter contre elle.</p>



<p>Par contre, la classe travailleuse a la pouvoir de renverser le système, contre l’exploitation et toutes les oppressions. Déjà, elle se rebelle. Partout, des mécontentements explosent, des grèves éclatent, les travailleur·se·s se révoltent contre l’exploitation, les conditions de travail, et pour la hausse des salaires. Iels n’ont rien à perdre parce qu’iels n’ont aucun privilège à consolider, parce qu’iels ne possèdent rien. C’est une première différence entre Marx et Engels et ceux qui les ont précédés, qu’on appelait les socialistes utopiques : ces derniers voyaient les travailleur·se·s comme des victimes à sauver, et Marx et Engels ont vu en eux des acteur·ice·s de leur propre destin.</p>



<p>Par ailleurs, la classe travailleuse est collective et globalisée: l’immense majorité de la population mondiale qui travaille le fait par le biais du travail salarié. On parle de milliards de personnes. En excluant les employeurs étatiques (donc les armées et les services de santé), les 10 entreprises qui emploient le plus de personnes dans le monde emploient près de 10 millions de personnes, et encore c’est sans compter la sous-traitance. Le plus gros employeur, Walmart, emploie plus de 2 millions de personnes, autant de gens qui ont tou·te·s le même ennemi de classe, Jim Walton. Rien qu’en France, les 243 plus grosses entreprises emploient un tiers de la population active. Ainsi, chaque marchandise a été produite par le biais du travail de milliers voire des centaines de milliers de personnes, dans le processus d’extraction des matières premières, de fabrication l’objet, du transport, de la vente etc.</p>



<p>Le caractère collectif, c’est aussi sur le même lieu de travail : pour travailler, et pour résister, nous sommes obligé.e.s de collaborer avec nos collègues. La résistance prend nécessairement une forme collective, parce qu’il ne peut y avoir aucun espoir d’affranchissement à l’échelle individuelle.</p>



<p>Et surtout, les travailleur.se.s, en tant que classe, font tourner la société. Cela nous donne un pouvoir immense, à la fois de refuser de travailler tant qu’on obtient pas gain de cause, mais aussi d’utiliser notre position stratégique dans la production pour lutter : c’est cela qui se passe quand la CGT Énergie coupe l’électricité de sièges d’entreprises ou à des élus&nbsp;; c’est ce qui se passe quand des travailleur·se·s hommes et femmes se mettent en grève pour l’obtention de congés menstruels. Et justement, en s’organisant, les travailleur·se·s donnent à voir à quoi ressemblerait une société sans patrons, une société dans laquelle à toutes les échelles, les décisions sont prises par toutes et tous.</p>



<p>À plus grande échelle, comment parler du pouvoir de la classe ouvrière sans évoquer la révolution russe de 1917 ? Le 8 mars 1917, jour de lutte pour les droits des travailleuses, des grèves éclatent en Russie dans les centres ouvriers, qui prennent rapidement une très large ampleur, en Russie et en Europe. La révolution russe met fin à une guerre mondiale dévastatrice, rend l’avortement et l’homosexualité légales pour la première fois dans l’histoire, montrant également la nécessité d’un parti révolutionnaire pour organiser les travailleur·se·s les plus déterminé·e·s.</p>


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<figure class="alignright size-full is-resized"><img data-dominant-color="5c5c5c" data-has-transparency="false" loading="lazy" decoding="async" width="1000" height="661" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/07/soviet-petrograd-17-1.webp" alt="" class="wp-image-9735 not-transparent" style="--dominant-color: #5c5c5c; width:389px;height:auto" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/07/soviet-petrograd-17-1.webp 1000w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/07/soviet-petrograd-17-1-300x198.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/07/soviet-petrograd-17-1-768x508.webp 768w" sizes="auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></figure>
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<p>La classe travailleuse s’y est organisée en soviets, le mot russe pour « conseil » : en pratique, les travailleur.se.s en grève dans chaque usine envoyaient des délégués au soviet de la ville qui s’agrandissait chaque jour, au fur et à mesure que de nouvelles usines étaient en grève. Les soviets, à Petrograd en particulier, ont rapidement représenté le pouvoir ouvrier, au point de renverser en quelques jours le Tsar dont la dynastie était au pouvoir depuis des siècles, et quelques mois plus tard le gouvernement bourgeois de Kerenski qui l’avait remplacé. Les travailleur·se·s se sont organisé·e·s entre eux pour prendre des décisions démocratiques, organiser la vie quotidienne, arrêter la guerre et gérer la production. Dans certaines usines, la direction a été licenciée par les ouvriers qui s’en emparaient pour la gérer eux-même. A l’échelle du plus vaste pays du monde et pendant plusieurs années, avant la contre-révolution stalinienne, cette révolution a montré que quand les travailleur.se.s agissent en tant que classe, pour eux même et contre la classe dominante&nbsp;: iels peuvent tout transformer.&nbsp;</p>



<p>À A2C, quand on parle de renverser le capitalisme, c’est cela que nous avons en tête : quand les travailleur·se·s agissent en tant que classe, iels sont en capacité de s’emparer de tout ce qui permet de faire tourner la société : entreprises, industries, internet etc. Et en construisant notre propre société sur les ruines de l’actuelle, ce seront les classes sociales elles-mêmes qui disparaîtront.</p>



<h5 class="wp-block-heading">Vic Michel (Strasbourg)</h5>
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		<title>Week-end régional de formation et discussions &#8211; 15 et 16 mars à Paris</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/discussions-formations-a2c/week-end-regional-mars-2025-paris/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Vic]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 06 Mar 2025 13:55:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Discussions débats formations]]></category>
		<category><![CDATA[Antifascisme]]></category>
		<category><![CDATA[Lutte des classes]]></category>
		<category><![CDATA[Stratégie]]></category>
		<category><![CDATA[Théorie]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">A2C Île-de-France vous invite à son 3e week-end régional de discussions et débats, les 15 et 16 mars au Maltais Rouge, 40 rue de Malte à Paris. La salle est accessible aux personnes à mobilité <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/discussions-formations-a2c/week-end-regional-mars-2025-paris/" title="Week-end régional de formation et discussions &#8211; 15 et 16 mars à Paris">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>A2C Île-de-France vous invite à son 3e week-end régional de discussions et débats, les 15 et 16 mars au Maltais Rouge, 40 rue de Malte à Paris. La salle est accessible aux personnes à mobilité réduite.<br>Ce weekend a vocation à être un moment de partage, d’écoute et de réflexion collective. Il est ouvert à tous.tes, quel que soit le degré d’implication dans le mouvement et le milieu politique dans lequel on évolue. Plus on est nombreux.ses, plus les discussions seront riches, alors n’hésite pas à inviter des gens autour de toi ! Il est possible de participer à une discussion ou à tout le weekend. Si tu n’es pas très à l’aise pour t’exprimer en public : pas de pression, chaque personne fait comme elle le souhaite et nous serons ravi.es que tu viennes !</p>



<h2 class="wp-block-heading">Au programme : </h2>



<p><em>Samedi :</em> </p>



<p>9h30 Accueil – Café, thé<br>10h-12h30 Classe et lutte des classes : Pourquoi la classe travailleuse est-elle centrale dans la lutte contre le système capitaliste ?<br>12h30-14h Pause déjeuner<br>14h-16h30 Internationalisme : La classe ouvrière du nord profite-t-elle de l’exploitation de celle du sud ?<br>16h30-17h Pause<br>17h-19h30 Fascisme en tension : Les fascistes ont-ils besoin d’un mouvement de masse pour prendre le pouvoir ?</p>



<p><em>Dimanche :</em></p>



<p>9h30 Accueil – Café, thé<br>10h-12h30 Trump et l’impéralisme US : entre continuité et rupture<br>12h30-14h Pause déjeuner<br>14h-16h30 Autonomie de classe : Pourquoi, comment nous organiser en tant que révolutionnaires ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Infos pratiques :</h2>



<p><em>Hébergement :</em><br>Pour les personnes qui habitent loin, un hébergement est possible chez l&rsquo;un.e de nos camarades (possibilité en mixité choisie).</p>



<p><em>Frais de transport :</em><br>L’argent ne doit pas être un frein pour accéder à ces moments : les frais de transport peuvent être pris en charge collectivement.<br>D’autres week-ends de ce type sont par ailleurs prévus à Marseille et Rennes.</p>



<p><em>Pour les enfants :</em><br>De même pour les enfants. Une garderie est organisée sur un autre lieu pendant la journée.</p>



<p><em>Pour les repas :</em><br>N’hésite pas à venir à partir de 9h30 les deux jours, pour un petit déjeuner sur place. Le samedi et le dimanche midi, un repas collectif végétarien sera proposé.</p>



<p><em>Participation à prix libre :</em><br>Chaque personne participant au weekend participe financièrement aux frais du weekend (repas, garderie) à la hauteur de ses moyens.</p>



<p><em>Inscriptions :</em><br>Afin de nous permettre d’évaluer au mieux les besoins en termes de nombre de repas, régimes alimentaires, hébergements, garde d’enfants, inscris-toi ici : <a href="https://framaforms.org/inscription-au-week-end-regional-da2c-du-15-et-16-mars-2025-1741455628">sur ce lien Framapad</a>. Tu peux aussi nous contacter par mail : a2c[at]riseup.net, ou sur instagram : @a2c.autonomiedeclasse.</p>



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