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	<title>Archives des Livre - A2C - Autonomie de classe</title>
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	<description>Pour l&#039;autonomie de classe !</description>
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	<title>Archives des Livre - A2C - Autonomie de classe</title>
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		<title>Culture #09</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/petite-bibliotheque-a2c/culture-09/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jakubowski]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 28 Oct 2023 22:39:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Petite bibliothèque A2C]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Disques]]></category>
		<category><![CDATA[Livre]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Les Cahiers d&#8217;A2C #09 &#8211; Septembre 2023 Littérature Septembre rouge, Olivier Besancenot Michael Lowy, Textuel, 2023 Dans un format hybride entre livre d’histoire et roman, cette fiction documentaire revient sur le coup d’État de Pinochet <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/petite-bibliotheque-a2c/culture-09/" title="Culture #09">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #09 &#8211; Septembre 2023</h6>



<h2 class="wp-block-heading">Littérature</h2>



<h3 class="wp-block-heading">Septembre rouge, Olivier Besancenot Michael Lowy, Textuel, 2023</h3>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-medium"><img data-dominant-color="eb5f54" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #eb5f54;" fetchpriority="high" decoding="async" width="197" height="300" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN9_Culture_Illustr1-197x300.webp" alt="" class="wp-image-8037 not-transparent" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN9_Culture_Illustr1-197x300.webp 197w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN9_Culture_Illustr1-jpg.webp 553w" sizes="(max-width: 197px) 100vw, 197px" /></figure>
</div>


<p>Dans un format hybride entre livre d’histoire et roman, cette fiction documentaire revient sur le coup d’État de Pinochet du 11&nbsp;septembre 1973. Je ne reviendrai pas ici sur l’analyse de cet événement. Dani de Toulouse y revient plus longuement dans son article. Durant toute la lecture, et aujourd’hui encore, je m’interroge sur une petite phrase de la préface.</p>



<p>En effet les auteurs affirment « Nous n’avons aucune prétention et aucune envie de tirer “les leçons de l’histoire” à la place des révolutionnaires chiliens eux-mêmes ». Cette phrase peut paraître anodine mais me pose plusieurs questions : pourquoi écrire un livre sur cet événement historique si ce n’est pour en tirer des leçons pour ici et maintenant ? Pourquoi en tant que militant·es révolutionnaire ne pourrions nous pas apprendre de cette expérience riche ? Pourquoi traiterions-nous cette histoire de manière différente que celle de la Révolution russe, allemande ou de la Commune de Paris sur lesquelles nous revenons abondamment, tant pour apprendre des expériences passées que pour ne pas répéter les mêmes erreurs à l’infini ? Apprendre de nos prédécesseurs pour changer le monde, me semble indispensable.&nbsp;</p>



<p>Avec Allende, réformiste radical sincère, nous devons apprendre et comprendre les impasses dans lesquelles nous mènent ces politiques, d’autant plus lorsque l’on voit partout dans le monde apparaître des alternatives radicales mais réformistes, cela doit être un devoir des révolutionnaires de comprendre pour mieux voir les limites de ces courants. Comprendre aussi comment travailler en commun, discuter stratégie avec ces militant·es qui veulent changer le monde.&nbsp;</p>



<p>Lire Septembre rouge nous en apprend beaucoup sur cette journée du 11&nbsp;septembre et sur comment on en est arrivé là du point de vue de la bourgeoisie chilienne et américaine, mais on est frustré de ne voir s’esquisser aucun bilan de la politique d’Allende qui emmena toute la classe ouvrière chilienne dans sa chute.&nbsp;</p>



<h5 class="wp-block-heading">Sana, Paris 18<sup>e</sup></h5>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-dots"/>



<h2 class="wp-block-heading">Disques</h2>



<h3 class="wp-block-heading">Comment rester propre ?, La&nbsp;Rumeur, 2023</h3>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-thumbnail is-resized"><img data-dominant-color="473737" data-has-transparency="false" decoding="async" width="150" height="150" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN9_Culture_Illustr2-150x150.webp" alt="" class="wp-image-8038 not-transparent" style="--dominant-color: #473737; width:210px" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN9_Culture_Illustr2-150x150.webp 150w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN9_Culture_Illustr2-300x300.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN9_Culture_Illustr2.jpg 340w" sizes="(max-width: 150px) 100vw, 150px" /></figure>
</div>


<p>La Rumeur, groupe phare des années 2000, ayant gagné les procès intentés par le ministre de l’Intérieur de l’époque, un certain Nicolas Sarkozy, balance&nbsp;10 titres (plus un remix et un bonus track sur les plateformes) dans leur très bon cinquième album, Comment rester propre ? (2023). Des textes sombres sur une musique poisseuse, saturée, nébuleuse. Les darons du rap hexagonal ne font pas semblant d’avoir 20 piges mais garde du cœur à l’outrage pour nous pondre un album d’une noirceur lumineuse.&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading">Hoba, Lasty, 2023</h3>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img data-dominant-color="1c1835" data-has-transparency="false" decoding="async" width="716" height="716" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/31WoGwi2MeL._UX716_FMwebp_QL85_.jpg.webp" alt="" class="wp-image-8043 not-transparent" style="--dominant-color: #1c1835; width:210px" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/31WoGwi2MeL._UX716_FMwebp_QL85_.jpg.webp 716w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/31WoGwi2MeL._UX716_FMwebp_QL85_.jpg-300x300.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/31WoGwi2MeL._UX716_FMwebp_QL85_.jpg-150x150.webp 150w" sizes="(max-width: 716px) 100vw, 716px" /></figure>
</div>


<p>Lui aussi ne fait pas semblant d’avoir 20 piges, il les a vraiment. Le jeune rappeur Lasty balance en direct de l’île de la Réunion un solide premier EP (disponible entre autre sur Spotify et youtube) intitulé Hoba. Un flow qui colle parfaitement aux prods bien ficelées, des textes désenchantés à souhait… Bref 6&nbsp;titres synthétiques et cohérents, bien dans l’air du temps. Un début prometteur, en espérant pouvoir le voir bientôt sur les scènes hexagonales (et peut-être en interview dans un prochain numéro de votre revue préférée !)</p>



<h3 class="wp-block-heading">Back to my Roots, Nagaï et Dub my Roots, Roberto Sanchez, (Kaboum Music) 2023</h3>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-thumbnail is-resized"><img data-dominant-color="28211a" data-has-transparency="false" loading="lazy" decoding="async" width="150" height="150" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN9_Culture_Illustr3-150x150.webp" alt="" class="wp-image-8039 not-transparent" style="--dominant-color: #28211a; width:210px" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN9_Culture_Illustr3-150x150.webp 150w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN9_Culture_Illustr3-300x300.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN9_Culture_Illustr3-jpg.webp 474w" sizes="auto, (max-width: 150px) 100vw, 150px" /></figure>
</div>


<p>Une bien belle réussite pour la première sortie du label Kaboum Music, monté par le producteur Baptiste Dédjah, toujours sur l’île de la Réunion. La belle voix de la chanteuse Nagaï, connue sur l’île pour, entre autres, avoir fait les chœurs pour des groupes de Maloya ou de Reggae (Saodaj’, Roots Messengers, Bigtree…), pose son « Back to my Roots » sur un superbe riddim reggae bien roots. Le sorcier du son Roberto Sanchez, le Lee Perry espagnol, mixe 3 versions Dub, dont une qui met en avant les percussions Kette. On attend la suite des productions de ce label qui affiche la volonté de mettre en avant le reggae féminin de l’île avec une impatience non feinte !&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading">Weh dem a go do (Sky Things) et Chant Them Down (Salomon Heritage), Peter Youthman, 2023</h3>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-large is-resized"><img data-dominant-color="da9753" data-has-transparency="false" loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="1024" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN9_Culture_Illustr4-1024x1024.webp" alt="" class="wp-image-8040 not-transparent" style="--dominant-color: #da9753; width:210px" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN9_Culture_Illustr4-1024x1024.webp 1024w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN9_Culture_Illustr4-300x300.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN9_Culture_Illustr4-150x150.webp 150w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN9_Culture_Illustr4-768x768.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN9_Culture_Illustr4-jpeg.webp 1200w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>
</div>


<p>DeeJay ayant fait ses armes sur les sound systems de Paname (me reviennent en tête les souvenirs d’une époque où l’on entendait sur des sonos comme Roots Fe Disco ou Fondation HiFi au bar « l’Époque » à Stalingrad au milieu des années 2000 !), Peter Youthman sort coup sur coup 2 singles des plus intéressants ! Dans un style de plus en plus chantant, qui se rapproche du Watterhouse stylé jamaïquain popularisé dans les années 1980, au détriment du toast de ses débuts, le jeune artiste pose des textes combatifs en patwah yardie (Chant Dem down, Weh dem a go do) sur des riddims digi-roots de 2 labels français : Salomon Heritage (liée au Sound montpelliérain du même nom) et Sky Ting (dont c’est la deuxième sortie après un très bon single de Beniam Willing, No one can fool I&amp;I, sorti l’année dernière).&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading">Face au Mur, Tchernobyl / Purgatoire, Fracture / Claimed Choice, (UVPR) 2023</h3>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-full is-resized"><img data-dominant-color="47400b" data-has-transparency="false" loading="lazy" decoding="async" width="700" height="700" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN9_Culture_Illustr5-jpg.webp" alt="" class="wp-image-8041 not-transparent" style="--dominant-color: #47400b; width:210px" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN9_Culture_Illustr5-jpg.webp 700w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN9_Culture_Illustr5-300x300.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN9_Culture_Illustr5-150x150.webp 150w" sizes="auto, (max-width: 700px) 100vw, 700px" /></figure>
</div>


<p>Toujours du côté de Paris, mais on a troqué la ganjah contre le speed et les 8.6 : Tchernobyl et Fracture balance chacun un single 3 titres chez UVPR. Oï ! bien rentre dedans pour les premièr·es avec Face au mur. Des textes et de la musique taillés pour les neuskis dont un titre contre le paternalisme dans le milieu ; plutôt bien senti ! Punk bien vénèr au chant féminin pour le Purgatoire des 3 de Fracture. Des textes qui parlent « d’angoisse nocturnes », de « leur faire payer la fin de l’impunité » ou des « imposteurs, victimes de leurs contradictions qui passent leur temps à se justifier » pour un EP bien réussi. Le label nantais balance aussi 2 titres des Lyonnais de Claimed Choice sur un 45 tours éponyme au design minimaliste qui donne le ton :&nbsp;de la bonne grosse Oï ! qui tabasse !</p>



<h3 class="wp-block-heading">Singles &amp; Rarities, The 4 Skins, Dirty Punk Records, 2023</h3>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img data-dominant-color="8e6c70" data-has-transparency="false" loading="lazy" decoding="async" width="595" height="595" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN9_Culture_Illustr8-jpg.webp" alt="" class="wp-image-8042 not-transparent" style="--dominant-color: #8e6c70; width:210px" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN9_Culture_Illustr8-jpg.webp 595w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN9_Culture_Illustr8-300x300.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN9_Culture_Illustr8-150x150.webp 150w" sizes="auto, (max-width: 595px) 100vw, 595px" /></figure>
</div>


<p>Sinon, les sales punks de Dirty Punk Records, après une première compilation consacrée aux Punk Singles des mythiques The Exploited, sortent un deuxième volume de cette série, cette fois-ci consacré au Singles &amp; Rarities des légendaires 4 Skins. On y entend ce qui doit être la première mise en musique du fameux « ACAB » datant de 1980, il y a plus de 40 ans. On y retrouve aussi le jouissif « Chaos » ou le terrible « One law for Them ». Un concentré de Rock’n’Roll de classe !&nbsp;</p>



<h5 class="wp-block-heading">Thomas, Bobigny</h5>
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			</item>
		<item>
		<title>Un antiracisme par en haut ? « Beaufs et barbares » d’Houria Bouteldja</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/petite-bibliotheque-a2c/un-antiracisme-par-en-haut-beaufs-et-barbares-dhouria-bouteldja/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jakubowski]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 10 Apr 2023 05:30:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Petite bibliothèque A2C]]></category>
		<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[Livre]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Dès les premières pages, Houria Bouteldja est claire sur son analyse de la situation : Si nous ne mettons pas fin au capitalisme qui domine notre monde, alors nous nous dirigerons vers la guerre et la <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/petite-bibliotheque-a2c/un-antiracisme-par-en-haut-beaufs-et-barbares-dhouria-bouteldja/" title="Un antiracisme par en haut ? « Beaufs et barbares » d’Houria Bouteldja">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p style="font-style:normal;font-weight:600">Dès les premières pages, Houria Bouteldja est claire sur son analyse de la situation : Si nous ne mettons pas fin au capitalisme qui domine notre monde, alors nous nous dirigerons vers la guerre et la destruction du vivant. Elle identifie une force —&nbsp;qu’elle nomme selon les passages « forces populaires », « classes populaires », « prolétariat »&nbsp;— capable d’empêcher cette trajectoire du pire, à une condition : son unité. L’autrice s’attaque dans ce livre aux conditions qui permettraient cette unité et pointe un facteur de désunion central : le racisme.&nbsp;</p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #07 &#8211; Mars 2023</h6>



<h2 class="wp-block-heading">Les origines du racisme et son évolution</h2>



<p>Pour ce faire, Houria Bouteldja revient sur les origines du racisme et détaille comment l’essor du capitalisme a produit l’expansion de l’esclavage qui le nourrissait en retour, accélérant son développement jusqu’à la création des premiers États-Nations. D’un racisme biologique qui permettait de justifier la coexistence de l’esclavage et des Lumières où « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits », à un racisme « civilisationnel » pour expliquer la colonisation, jusqu’à la hiérarchisation culturelle et ­l’islamophobie d’aujourd’hui.</p>



<p>La manière dont les « beaufs » et les « barbares » se perçoivent et interagissent n’est pas uniquement déterminée par leurs conditions matérielles, mais également par l’idéologie de la classe dominante, la bourgeoisie. Et les relais de cette idéologie disposent d’un certain degré d’autonomie vis-à-vis de l’État qui permet d’expliquer, en dehors des conditions qui l’ont produite, la persistance d’une forme de racisme développée à un moment donné de l’histoire. Le racisme des Nazis n’est ainsi pas « anachronique » comme Houria Bouteldja le dit (p.&nbsp;45), il vient plutôt illustrer cette autonomie que le modèle « d’État intégral » qu’elle a choisi ne permet pas d’appréhender.</p>



<h2 class="wp-block-heading">C’est dans l’action que les idées changent</h2>



<p>Vis-à-vis des Gilets jaunes, Houria Bouteldja pose une question simple : « on ne peut pas faire procès aux Gilets jaunes d’avoir exprimé ouvertement un sentiment raciste ou franchement partisan des idées d’extrême droite. On peut se demander pourquoi n’ont-ils pas ouvert plus les vannes de cette spontanéité chauvine ? Pourquoi cette retenue ? » Selon elle, c’est un “savoir intime” qui leur aurait permis de reconnaître leur véritable ennemi de classe et de se prémunir de la division raciste.</p>



<p>Cette réponse ne résiste pas à l’analyse des faits : les fascistes ont tenté de s’engager dans le mouvement, des électeur·rices du RN y ont participé et, sans être dominants, des préjugés racistes et nationalistes s’y sont exprimés.&nbsp;</p>



<p>Il ne s’agit donc ni de “retenue”, ni de “savoir intime”, mais de luttes politiques —&nbsp;parfois physiques et violentes&nbsp;— contre le développement des idées racistes et l’implantation des fascistes dans le mouvement qui ont été menées et gagnées plus ou moins rapidement dans les différentes villes.</p>



<p>Les idées dominantes sont les idées de la classe dominante. Si ces idées sont acceptées par la classe ouvrière, c’est parce qu’elles apparaissent cohérentes avec la situation de mise en concurrence permanente dans laquelle la bourgeoisie la met. C’est lorsqu’on se retrouve à agir collectivement que des possibilités s’ouvrent pour développer de nouvelles idées de coopération et de solidarité —&nbsp;à condition que le combat soit mené !</p>



<h2 class="wp-block-heading">Antiracisme par en haut</h2>



<p>Houria Bouteldja développe la nécessité d’un antiracisme politique qui reconnaît que les ouvrier·es blanc·hes ont aussi un intérêt matériel et donc politique à se battre contre le racisme. Sans cet intérêt matériel, alors l’engagement ne peut être que moral.</p>



<p>Mais son erreur, c’est qu’elle développe un anti­racisme par en haut : plutôt que de mener le combat contre le racisme au sein de la classe, elle contourne le problème et propose de construire l’unité par un « frexit décolonial » (p.&nbsp;234) comme horizon politique qui permettrait de rassembler « beaufs » et « barbares » et « cela implique de défendre des politique de nature économique (la nationalisation de secteurs stratégiques de l’économie par exemple), sociale, législative et culturelle (la réhabilitation des langues et cultures régionales) ». La condition de l’unité de notre classe, ce n’est plus de faire reculer le racisme et, plutôt que de faire de la politique, Houria Bouteldja développe un programme électoral.</p>



<h6 class="wp-block-heading">Mathieu Pastor, Paris 20<sup>e</sup></h6>
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		<item>
		<title>Culture #07</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/petite-bibliotheque-a2c/culture-07/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jakubowski]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 10 Apr 2023 05:26:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Petite bibliothèque A2C]]></category>
		<category><![CDATA[Disques]]></category>
		<category><![CDATA[Livre]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Les Cahiers d&#8217;A2C #07 &#8211; Mars 2023 À lire ! Princesa, Fernanda Farias de Albuquerque et&#160;Maurizio Iannelli, éditions&#160;Héliotropismes&#160; Une histoire d’alternance entre l’enfermement et la fuite à la recherche de liberté. L’enfermement dans un monde qui <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/petite-bibliotheque-a2c/culture-07/" title="Culture #07">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #07 &#8211; Mars 2023</h6>



<h2 class="wp-block-heading">À lire !</h2>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-large is-resized"><img data-dominant-color="777777" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #777777;" loading="lazy" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/04/A2C_RevueN7_Culture_Illustr1-724x1024.jpg" alt="" class="wp-image-7175 not-transparent" width="233" height="330"/><figcaption class="wp-element-caption"> </figcaption></figure>
</div>


<h3 class="wp-block-heading"><em>Princesa</em>, Fernanda Farias de Albuquerque et&nbsp;Maurizio Iannelli, éditions&nbsp;Héliotropismes&nbsp;</h3>



<p>Une histoire d’alternance entre l’enfermement et la fuite à la recherche de liberté. L’enfermement dans un monde qui ne cesse pas de montrer sa violence et d’imposer ses règles et ses limites. La liberté de se retrouver soi-même et de pouvoir être soi-même. On accompagne Fernanda Farias de Albuquerque, dès son enfance à la campagne nordestine brésilienne, son départ pour les grandes villes du sud-est et ensuite son départ pour l’Europe. Fernanda est une femme trans, travailleuse du sexe, migrante. Le contexte, ce sont les années 1980, au Brésil et en Europe. Son histoire est celle de milliers des brésilien·nes à la recherche d’une nouvelle vie au-delà des frontières. Les frontières imposées par les limites sociétaires, les préjugés, et la pauvreté, mais aussi les frontières imposées par le genre, la violence, l’homophobie et la misogynie. Les portes se ferment et les routes s’ouvrent pour cette femme courageuse et déterminée, forte et au même temps fragile. Un récit vif qui nous mets à suivre ses pas, sa manière d’interpréter le monde et de s’adapter à des nouvelles réalités.&nbsp;</p>



<p>Un livre écrit à trois mains dans une prison en Italie où Fernanda rencontre Giovanni Tamponi, un berger sarde qui lui propose l’écriture comme forme de raconter son histoire et de survivre à la dureté de l’enfermement, et Maurizio Ianneli, un ancien brigadiste rouge emprisonné à vie. En échangeant des lettres entre eux, dans un mélange de trois langues, le portugais, l’italien et le sarde, Fernanda raconte son parcours qui deviendra un livre, publié pour la première fois en Italie en 1994. Un documentaire inspiré du livre a été réalisé en 1997 et une adaptation en 2001. Le travail d’illustration de l’édition française est ­particulièrement précieux.</p>



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<figure class="alignleft size-full is-resized"><img data-dominant-color="c0c0c0" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #c0c0c0;" loading="lazy" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/04/A2C_RevueN7_Culture_Illustr2.jpg" alt="" class="wp-image-7176 not-transparent" width="233" height="375"/><figcaption class="wp-element-caption"> </figcaption></figure>
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<h3 class="wp-block-heading"><em>Le travailleur de l’extrême</em>, Äke Anställning, éditions Ici-bas&nbsp;</h3>



<p>Pôle emploi, Caf, les boîtes d’intérim et les patrons avec leurs petits pouvoirs de merde. Voilà le combo qui pourrit la vie des travailleur·euses tous les jours. On accompagne l’auteur, un guitariste passionné du rock, dans sa vie de travailleur/chômeur précarisé, obligé de prendre n’importe quel sale boulot dans la ligne de production capitaliste. Il nous raconte la galère, les horaires décalés, le manque de logique et de respect de la part des responsables et surtout l’absurdité de la réalité du travail qui rend les heures complètement insupportables ! La seule issue de sortie, le sabotage. Ne pas prendre au sérieux la logique néolibéral du travail, ni les discours à côté de la plaque des petits responsables de production devient le choix conscient de notre personnage qui va te faire craquer de rire à chaque nouveau boulot. Une critique sur la perte de sens avec beaucoup d’humour. À ne pas rater !</p>



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<figure class="alignright size-full is-resized"><img data-dominant-color="7d7d7d" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #7d7d7d;" loading="lazy" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/04/A2C_RevueN7_Culture_Illustr3.jpg" alt="" class="wp-image-7177 not-transparent" width="240" height="349"/><figcaption class="wp-element-caption"> </figcaption></figure>
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<h3 class="wp-block-heading"><em>Enfin libre : Grandir quand tout s’écroule</em>, Lea Ypi, éditions Seuil&nbsp;</h3>



<p>Une autobiographie politique racontée dans une première partie à partir de la perspective d’une petite fille de 6&nbsp;ans, grandissant en plein période de « la fin de l’Histoire », en Albanie. On l’accompagne dans sa vie de tous les jours avec sa famille, dans ses journées à l’école et on suit ses liens avec sa prof et ses collègues. La petite Lea est très convaincue de faire partie de la construction d’un nouveau monde et elle raconte avec enthousiasme ses activités. Elle habite avec ses deux parents et avec sa grand-mère, avec qui elle entretient des forts liens de solidarité et de confiance. Petit à petit, un des plus grands bouleversement du 20e&nbsp;siècle commence à s’entremêler à leur vies, les choses changent à grande vitesse et Lea commence à s’apercevoir qu’elle ne connaissait pas toute la vérité à propos de ses parents, ni de la situation politique de son pays.&nbsp;</p>



<p>L’Albanie à été jeté presque du jour au lendemain dans un monde libéral qui était censé en théorie, apporter plus de liberté à ses citoyen·nes. Cependant, les conséquences immédiates de ce changement brutal ont été les fermetures d’usines, le chômage, l’emmigration et la guerre civile. La narratrice, adolescente, essaie de comprendre la nouvelle réalité politique et sociale de son pays en même temps que sa vie personnelle est bouleversée par la guerre. Certains liens sont perdus pour toujours, beaucoup de choses ne seront plus jamais comme avant. Un texte passionnant qu’on a pas envie d’arrêter de lire.</p>



<h6 class="wp-block-heading">Daniela Lima, Toulouse</h6>



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<h2 class="wp-block-heading">Du bon son… interdit aux bouffons</h2>


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<figure class="alignright size-full is-resized"><img data-dominant-color="5d5d5d" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #5d5d5d;" loading="lazy" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/04/A2C_RevueN7_Culture_Illustr8.jpg" alt="" class="wp-image-7182 not-transparent" width="263" height="263"/><figcaption class="wp-element-caption"> </figcaption></figure>
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<p>On attaque fort avec la sortie vinyle attendue depuis un bout de temps par les reggae addicts. Deux bombes taillées pour le Sound System (et bastonnées en version Dubplate par les meilleures sonos de fRance, de Navarre et d’ailleurs) sur des productions de Likka Lion et réunies sur un maxi par Chouette Record, un label lié au Sound parisien Nayabin (allez fouiner sur leur Bandcamp, ils y ajoutent régulièrement des Digital Relases et autres Duplates). D’un côté, un vocal du chanteur américain d’origine jamaïquaine&nbsp;<strong>King Mas</strong>,&nbsp;<strong><em>Liffe caan done&nbsp;</em></strong>(disponible sur le net depuis une dizaine d’année) subi un traitement stepper des plus efficace, et le dub est à l’avenant. De l’autre,&nbsp;<strong>King Stanley</strong>&nbsp;reprend&nbsp;<strong><em>le Mary de Gregory Isaac</em></strong>, sur un tempo alangui au groove entrainant. Le chanteur anglais semble se spécialiser dans les reprises du Cool Ruler. En effet, son adaptation de l’anthem Rumours sur un riddim de Stepwizer est sortie depuis peu. Notons que peu de temps après la sortie du vinyle, Marshall Neeko à lui aussi proposé sa relecture du Life caan done. Son&nbsp;<strong><em>Bandcamp</em></strong>(à prix libre !!!) est une mine toujours mise à jour avec de nouvelles livraisons de remix sur des riddims maison ! Le Masrshall alimente aussi régulièrement une chaine Youtube consacrée au reggae des années 90’s (et early 00’s) pleine de pépites.&nbsp;</p>



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<figure class="alignleft size-full is-resized"><img data-dominant-color="848484" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #848484;" loading="lazy" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/04/A2C_RevueN7_Culture_Illustr4.jpg" alt="" class="wp-image-7178 not-transparent" width="263" height="263"/><figcaption class="wp-element-caption"> </figcaption></figure>
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<p>Peut être un peu moins attendu (dans tous les sens du terme !), la dernière sortie de&nbsp;<strong><em>Soul of Anbessa</em></strong>&nbsp;a de quoi surprendre ! Sur un riddim comme les affectionne le label suisse, du genre tu pourrais croire que ca été enregistré sur Maxfield Avenue a Kingston à la fin des 70’s, jusqu’à là, on est en terrain connu. Non la vraie surprise c’est le chant en français, et le texte… signé Baudelaire. En effet,&nbsp;<strong>Max Livio</strong>&nbsp;nous livre ici une interprétation du<em>&nbsp;Chant d’automne&nbsp;</em>de Charles. Adapter du Baudelaire en reggae et que ça sonne mieux que Gainsbarre et sa&nbsp;<em>marseillaise</em>, fallait le faire. Ils l’ont fait, et bien fait !&nbsp;</p>



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<figure class="alignright size-full is-resized"><img data-dominant-color="6a6a6a" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #6a6a6a;" loading="lazy" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/04/A2C_RevueN7_Culture_Illustr6.jpg" alt="" class="wp-image-7180 not-transparent" width="263" height="263"/><figcaption class="wp-element-caption"> </figcaption></figure>
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<p>On troque les dreads pour des crêtes et autres cranes d’œuf et on file du côté de Brest pour s’offrir une double dose de punk/oï ! bien mélodique et ultra accrocheuse.&nbsp;<strong>Syndrome 81</strong>&nbsp;profite du repressage de leur 1<sup>er</sup>&nbsp;album&nbsp;<strong><em>Prisons imaginaires</em></strong>&nbsp;(Destructure Record et Sabotage, 2022) pour en éditer une version&nbsp;<em>« Inédits, démos et prises alternatives »</em>&nbsp;(Destructure Record et Sabotage, 2023). C’est donc un presque double album que nous propose le quintet breton, et c’est du tout bon ! Des textes bien pensés sur de la musique bien balancée, des refrains qui s’incrustent dans ton crane sans que tu t’en rendes compte mais qui ne te quittent plus (du genre tu te retrouve à beugler<em>&nbsp;« et dans les rue de Brest j’ai prolongé l’ivresse »&nbsp;</em>alors que t’as jamais mis les pieds dans cette foutue ville), que demander de plus ? La suite, vite ! En attendant on peut aller jeter une oreille (voire même deux) sur l’album du slide project du bassiste du groupe, <strong><em>Prisonnier du Temps Comme un lion en cage</em></strong>&nbsp;(UVPR ?, 2022), un poil plus hardcore et brut.</p>



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<figure class="alignleft size-full is-resized"><img data-dominant-color="161616" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #161616;" loading="lazy" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/04/A2C_RevueN7_Culture_Illustr7.jpg" alt="" class="wp-image-7181 not-transparent" width="256" height="256"/><figcaption class="wp-element-caption"> </figcaption></figure>
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<p>Toujours gris et froid, mais plus à l’est, c’est de Nancy que&nbsp;<strong>Rancœur</strong>&nbsp;envoie les 11&nbsp;titres de leur premier album éponyme (Kanal hysterik &amp; co, 2022). Dans un style qu’ils qualifient de « cold oï ! » aux paroles remplies de rage, aux cœurs entêtants et aux refrains puissants, ils multiplient les clins d’œil aux mythiques Camera Silens (le meilleur et le plus authentique groupe de Punk/Oï ! hexagonal de tous les temps, mais c’est un autre débat…). Et puis si tu chope le vinyle t’aura le droit à une superbe pochette dépliante (la version en rouge et noire claque tout, évidemment), alors hésite pas plus longtemps… surtout que « les traites seront laisser face à leur conscience » !</p>



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<figure class="alignright size-full is-resized"><img data-dominant-color="8b8b8b" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #8b8b8b;" loading="lazy" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/04/A2C_RevueN7_Culture_Illustr5.jpg" alt="" class="wp-image-7179 not-transparent" width="176" height="176"/><figcaption class="wp-element-caption"> </figcaption></figure>
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<p class="has-text-align-left">Dans le genre groupes sous influences bordelaises, on passe direct aux basques de&nbsp;<strong>Blessure</strong>&nbsp;qui balance depuis Bilbo une K7 4 titres de très belle facture. Sur une musique très Camera-esque (et bien exécutée), le chant féminin en français avec l’accent euskara apporte fraicheur et originalité. On espère un album avec une bonne production pour bientôt. Et comme ça déchire sur scène, courrez les voir si l’occasion se présente !</p>



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<h6 class="wp-block-heading">Thomas Racasse, Bobigny</h6>



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<h2 class="wp-block-heading">À découvrir</h2>



<h3 class="wp-block-heading">La bande originale du mouvement :<em>&nbsp;les Vulves Assassines</em>&nbsp;en tournée et en manif</h3>



<p>Évidemment, on a pu entendre le doux bruit du slogan du mouvement de 2010&nbsp;<em>« la retraite, à 60 ans, on s’est battus pour la gagner, on se battra pour la garder »</em>&nbsp;en introduction de leur titre phare craché par les sono de plusieurs cortèges depuis janvier. C’est sur cette musique qu’on a pu traverser avec le cortège féminisme le nuage lacrymogène lors de la manifestation du 11&nbsp;février, tant elle nous motivait à avancer malgré les détonations et la crainte d’une partie du cortège. Cette chanson, intitulée&nbsp;<em>La retraite</em>, issue de leur second album&nbsp;<em>Das Kapital</em>, est donc sortie en 2022. Leurs deux premiers albums abordent les sujets de manière très directe, comme d’autres groupes de rap, de punk, ou de mélange inter-styles qui, ces dernières années, n’ont plus le temps de faire dans l’abstraction ou les figures de style. Ça parle d’écologie politique, de Pierre Gattaz, de lutte de classes, du chômage, du fétichisme pour le bien-être hors-sol, de pression à la beauté, des violences sexuelles… Leur album fait référence à plusieurs reprises à Marx, et les trois musiciennes parisiennes affirment d’elles-mêmes de faire de la politique sous forme de musique, car elles ne savaient pas vraiment faire de musique à la base (enfin si quand même un peu !). C’était même pas vraiment l’idée. L’objectif étant de faire entendre des discours féministes (et) marxistes par un public plus large que celui qui prend le temps de lire les tracts. C’est chose faite : elles jouent dans moult endroits, et notamment plusieurs petites villes dans les prochaines semaines. Depuis le lancement du groupe en 2013,&nbsp;<em>les Vulves Assassines</em>ont bien évolué, mais aujourd’hui, elles font salle comble à la Maroquinerie et veulent donner de la joie pour gagner.&nbsp;</p>



<p>Conseil de visite : le site vulvesassassines.fr sur lequel on rigole beaucoup, avec des citations de féministes et de révolutionnaires.</p>



<p>Conseil d’écoute : le titre&nbsp;<em>Das Kapital&nbsp;</em>pour se motiver tout en réécoutant des citations du Livre 1 du&nbsp;<em>Capital</em>.</p>



<p>Conseil de lecture : leur interview sur le site Muzzart.fr&nbsp;</p>



<h6 class="wp-block-heading">Solen Ferrandon-Bescond, Rennes</h6>


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<figure class="aligncenter size-full"><img data-dominant-color="5f5f5f" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #5f5f5f;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/04/A2C_RevueN7_Culture_Illustr9.jpg" alt="" class="wp-image-7183 not-transparent"/></figure>
</div><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/petite-bibliotheque-a2c/culture-07/">Culture #07</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Culture #06</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/petite-bibliotheque-a2c/culture-06/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jakubowski]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 27 Feb 2023 06:30:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Petite bibliothèque A2C]]></category>
		<category><![CDATA[Concert]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Disques]]></category>
		<category><![CDATA[Fanzines]]></category>
		<category><![CDATA[Livre]]></category>
		<category><![CDATA[Série]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=7010</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Les Cahiers d&#8217;A2C #06 &#8211; JANVIER 2023 SÉRIE Ridley Road :&#160;La lutte contre le fascisme continue Ridley Road&#160;est une série télé anglaise de 4&#160;épisodes (chacun dure 1&#160;heure) produite par la BBC en 2021. L’histoire relate les <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/petite-bibliotheque-a2c/culture-06/" title="Culture #06">[...]</a></div>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/petite-bibliotheque-a2c/culture-06/">Culture #06</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #06 &#8211; JANVIER 2023</h6>



<h2 class="wp-block-heading">SÉRIE</h2>



<h3 class="wp-block-heading"><em>Ridley Road :&nbsp;</em><strong>La lutte contre le fascisme continue</strong></h3>



<figure class="wp-block-image size-full"><img data-dominant-color="464441" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #464441;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/02/A2C_RevueN6_Culture_Illustr_Serie.jpg" alt="" class="wp-image-7012 not-transparent"/><figcaption class="wp-element-caption"> </figcaption></figure>



<p><em>Ridley Road</em>&nbsp;est une série télé anglaise de 4&nbsp;épisodes (chacun dure 1&nbsp;heure) produite par la BBC en 2021. L’histoire relate les actions de juives et juifs antifascistes qui s’opposent à la montée d’un parti fasciste en Angleterre dans les années 60 et s’inspire de faits réels : le leader fasciste Colin Jordan a existé et les antifascistes prennent pour modèles les militant·es et les actions du 62&nbsp;Group.</p>



<p>Une citation de l’épisode&nbsp;2 résume très bien le message que fait passer la série tout au long de sa narration :&nbsp;<em>« Ça n’a pas d’importance que tu ne sois pas raciste ou pas fasciste. Ce qui compte c’est si tu es antiraciste ou antifasciste. Un·e antifasciste se bat. Un·e antifasciste agit. »</em></p>



<p>Quant à la fin, la série se termine sur ces mots :<em>&nbsp;« La lutte contre le fascisme continue »</em>.</p>



<h6 class="wp-block-heading">Mathieu Pastor, Paris 20<sup>e</sup></h6>



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<h2 class="wp-block-heading">ESSAIS</h2>



<h3 class="wp-block-heading"><em>De chair et de fer : vivre et lutter dans une société validiste,&nbsp;</em><strong>Charlotte Puiseux, 2022, éditions La Découverte</strong></h3>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img data-dominant-color="ebe6e9" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #ebe6e9;" loading="lazy" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/02/A2C_RevueN6_Culture_Illustr_Essais1-1.jpg" alt="" class="wp-image-7014 not-transparent" width="219" height="319"/></figure>
</div>


<p>Charlotte Puiseux politise l’intime en liant son expérience à une histoire collective pour dénoncer le système d’oppression subi par les personnes handi-x-es. Féministe queer et crip, elle redonne au handicap sa véritable définition politique : il n’est qu’une construction sociale.</p>



<p>Avec une analyse anticapitaliste du handicap, elle raconte comment être handicapé·x·e c’est être confronté·x·e à l’infantilisation tout au long de sa vie, à la charité et à l’inspiration porn (à travers le Téléthon notamment) mais aussi à subir la surmédicalisation et l’enfermement dans des institutions dites « spécialisées ». C’est se voir empêcher l’accès aux espaces culturels, d’éducation et de travail (comprendre avec des droits semblables à ceux des personnes considérées comme « valides »), aux logements et par conséquent à l’intimité avec ses proches (leurs logements n’étant pas accessibles non plus pour la plupart). C’est grandir dans une société binaire de corps « valides » face à des corps « handis » ; être perçu·x·e comme non-désirable et par conséquent se percevoir comme tel et se voir refusé·x·e à la sexualité, puis à la parentalité, ainsi qu’à toutes les choses basiques et essentielles auxquelles ont accès les personnes dites « valides ».</p>



<p>À travers son cheminement personnel et son expériences des milieux militants antivalidistes, Charlotte nous pousse à réfléchir l’anticapacitisme avec une analyse féministe, queer, intersectionnelle et anticapitaliste.</p>



<h6 class="wp-block-heading">Charlie, Toulouse</h6>



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<h3 class="wp-block-heading"><strong>Quand la musique nous aide à penser le&nbsp;monde avec&nbsp;</strong>Audimat éditions</h3>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-full is-resized"><img data-dominant-color="d9c2c4" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #d9c2c4;" loading="lazy" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/02/A2C_RevueN6_Culture_Illustr_Essais2.jpg" alt="" class="wp-image-7015 not-transparent" width="186" height="300"/></figure>
</div>


<p><em>« Quand on la sépare de son contexte subculturel, la musique souffre du défaut de sens qui frappe toutes les activités entreprise sous le signe de l’art pour l’art »</em>. C’est ce constat qui semble guider les éditions Audimat (qui publie le&nbsp;<em>Hardcore</em>&nbsp;de Simon Reynold, dont est tiré le dit constat). Elles s’attachent donc à publier une revue,&nbsp;<em>Audimat</em>&nbsp;(2&nbsp;numéros par an), qui nous parle aussi bien de&nbsp;<em>« syndicalisme rap »</em>&nbsp;ou de&nbsp;<em>« la vie avant le zouk »</em>&nbsp;(numéro&nbsp;17) que de&nbsp;<em>« faire grimacer la pop »</em>&nbsp;(numéro&nbsp;18) ou des&nbsp;<em>« Mods d’Avignon »&nbsp;</em>(numéro&nbsp;12) et de&nbsp;<em>« l’Italie’70 : musique légère, années de plombs »</em>&nbsp;(numéro&nbsp;7). Il est à noter que l’Autonomie (de classe ?) est un angle régulièrement utilisé pour analyser les genres musicaux avec des articles comme&nbsp;<em>« Techno – Autonomie ! »</em>&nbsp;(numéro&nbsp;15) ou «<em> Autonomes et Punk »&nbsp;</em>(numéro&nbsp;16).</p>



<p>Audimat éditions s’est aussi mis à publier des livres qui dissèquent plus en profondeur un genre ou une thématique. On a ainsi droit (entre autres) à un très instructif volume sur&nbsp;<em>Trap : rap, drogue, argent, survie</em>&nbsp;qui compile des articles de différents auteur·trices revenant sur l’histoire de ce style, les lieux dans lesquels il s’est développé à Atlanta, son rapport quasi filial avec le « lean », cette drogue qui mélange sirop anti-toux vendu sur ordonnance (prométhazine + codéine) et soda, et qui&nbsp;<em>« ancre radicalement dans un continuum physique, spatial et temporel alternatif aux exigences que l’État néolibéral dicte au corps noir »</em>. On y découvre aussi la scène Trap des Balkans et les stratégies de promotion en ligne de la scène Drill de Chicago.&nbsp;</p>



<p>Et j’ai déjà cité plus haut le volume consacré à la scène Rave anglaise et à ses suites au sein de ce que l’auteur appelle le&nbsp;<em>« continuum Hardcore »</em>&nbsp;qui donne une définition inspirante à ce terme de continuum justement. Bref, vous l’aurez compris, les éditions Audimat nous propose&nbsp;<em>« d’être à l’écoute des ruines du capitalisme »</em>&nbsp;(numéro&nbsp;10 de la revue) et ca fait du bien !</p>



<h6 class="wp-block-heading">Thomas Toquetchup, Bobigny</h6>



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<h2 class="wp-block-heading">DISQUES</h2>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Petit tour dans les sorties vinyles actuelles des scènes rock alternatives&nbsp;</strong></h3>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-full is-resized"><img data-dominant-color="4e4d3c" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #4e4d3c;" loading="lazy" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/02/A2C_RevueN6_Culture_Illustr_Disques_nuits-blanche.jpg" alt="" class="wp-image-7016 not-transparent" width="161" height="147"/></figure>
</div>


<p>On attaque avec&nbsp;<em>« une belle tranche de Rock’n’roll made in France »&nbsp;</em>(dixit T.Boy sur la pochette) en provenance directe de Marseille avec la complil&nbsp;<strong><em>Nuits Blanches</em></strong>&nbsp;(Lollipop record, 2022). 16&nbsp;titres de 16&nbsp;groupes (dont pas mal de marseillais, mais pas que) qui vont de la pop plus ou moins power au rock plus ou moins garage ou au punk plus ou moins speed. Le tout porté par une énergie DIY qui fait plaisir.&nbsp;</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-large is-resized"><img data-dominant-color="8f8d86" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #8f8d86;" loading="lazy" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/02/A2C_RevueN6_Culture_Illustr_Disques_brigada-1024x1024.jpg" alt="" class="wp-image-7017 not-transparent" width="234" height="234"/></figure>
</div>


<p>Après plus de 10&nbsp;ans d’absence en studio,&nbsp;<strong>la Brigada Flores Magon</strong>&nbsp;en a retrouvé le chemin, avec un line up comprenant historiques du groupe et compagnons de lutte et de route de longue date, pour nous pondre&nbsp;<strong><em>Immortels</em></strong>&nbsp;(Machette record, 2022) un bel album de 10&nbsp;titre d’une Oï ! plutôt speed aux accents Metal (qui a dit métalliques ?) bien appuyés. Comme on pouvait s’y attendre avec ce groupe phare de la scène RASH parisienne des années 2000, les textes parlent de&nbsp;<em>« class war »</em>, de&nbsp;<em>« Hold the line »</em>&nbsp;dans le combat&nbsp;<em>« d’eux contre nous »</em>&nbsp;car il y a bien&nbsp;<em>« leur morale et la notre »</em>, et affirme que&nbsp;<em>« personne n’appartient à personne »</em>&nbsp;ou crache&nbsp;<em>« Honte à toi »</em>&nbsp;à la gueule de la vieille France.&nbsp;</p>


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<figure class="alignright size-large is-resized"><img data-dominant-color="8f5a78" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #8f5a78;" loading="lazy" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/02/A2C_RevueN6_Culture_Illustr_Disques_krav-boca-1024x1024.jpg" alt="" class="wp-image-7018 not-transparent" width="203" height="203"/></figure>
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<p>Puisque la Brigada était en featuring sur leur précédente production (<em>Barrikkade</em>, autoprod’, 2021) passons direct à&nbsp;<strong>Krav Boca&nbsp;</strong>qui a sorti en 2022&nbsp;<strong><em>Pirate Party&nbsp;</em></strong>(toujours en autoprod’ avec le soutien de nombreux labels, 2022). 9&nbsp;titres (+&nbsp;une intro) dont 7&nbsp;featuring, pour une bombe punk-rap comme savent en produire ces infatigables activistes (qu’on pourra voir à la Flèche d’Or de Paris en soutien à la CNT petite enfance en lutte fin janvier après un concert déjà mythique fin 2022 à la Parole Errante dans le cadre d’un weekend contre les violences policières).&nbsp;</p>


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<figure class="alignleft size-large is-resized"><img data-dominant-color="73868e" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #73868e;" loading="lazy" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/02/A2C_RevueN6_Culture_Illustr_Disques_oi-boy-1024x1018.jpg" alt="" class="wp-image-7019 not-transparent" width="207" height="206"/></figure>
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<p>Venus de Mulhouse,&nbsp;<strong>les Oï boys&nbsp;</strong>nous livre l’album (<strong><em>Oï Boy</em></strong>, multiple prod’ dont Maloka, 2022) le moins Oï ! de cette chronique ! Ces 11&nbsp;titres, claustro comme un confinement sans fin, d’une dark wawe presque indus, appuyés sur les rythmes de nos vies, nappés de synthés et striés de guitares, donnent à cet album étonnant un sacré goût de reviens y dans l’oreille.&nbsp;</p>



<p>Plus classiquement Oï !, les sorties qui ont retenu mon attention ces derniers temps sont l’album de&nbsp;<strong>Kapo Blöd</strong>&nbsp;<strong><em>On sera là&nbsp;</em></strong>(2019, multiprod’ dont General Strike), ça tache comme du gros rouge (normal pour un groupe de (red)skin bordelais !) et c’est ça qu’est bon ! Du côté de Pau, dans un style qui te remémore tes années Chaos,&nbsp;<strong><em>Brutal Mais Cordial</em></strong>&nbsp;a sorti un album éponyme (autoprod’ 2021). Brutal, pour sûr ! Cordial, avec celleux qui sont du bon côté de la barricade, comme sur le titre&nbsp;<em>Action Directe</em>. Du pur rock de rue qui n’est pas Charlie mais&nbsp;<em>Choron</em>, et là aussi c’est ça qu’est bon !&nbsp;</p>


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<figure class="alignright size-full is-resized"><img data-dominant-color="c8c8c8" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #c8c8c8;" loading="lazy" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/02/A2C_RevueN6_Culture_Illustr_Disques_a-cran.jpg" alt="" class="wp-image-7020 not-transparent" width="169" height="169" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/02/A2C_RevueN6_Culture_Illustr_Disques_a-cran.jpg 225w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/02/A2C_RevueN6_Culture_Illustr_Disques_a-cran-150x150.webp 150w" sizes="auto, (max-width: 169px) 100vw, 169px" /></figure>
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<p>Pour ce qui est de la scène parisienne, très prolifique en ce moment, j’ai bloqué sur le maxi 45&nbsp;tours (ou mini album, un disque de 30&nbsp;cm de diamètre qui tourne en 45&nbsp;révolutions par minute pour résumer) de&nbsp;<strong><em>A Cran</em></strong>(Crom, 2020), soit 7&nbsp;titres de bonne Oï ! bien rentre dedans qui chante le 11<sup>e</sup>&nbsp;arrondissement,<em>&nbsp;les Sentiers de la gloire&nbsp;</em>(en hommage à Rino Della Negra ),&nbsp;<em>les Gueules cassées&nbsp;</em>(en hommage aux morts de la grande boucherie de 1914-1918) ou même Johnny Cadillac et la vie sous&nbsp;<em>Acid</em>&nbsp;(<em>violence</em>). Bref un bon premier release pour ce groupe qui se revendique SHARP et porte haut et fort les couleurs du Red Star FC !&nbsp;</p>



<div class="wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex">
<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow"><div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img data-dominant-color="ae904c" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #ae904c;" loading="lazy" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/02/A2C_RevueN6_Culture_Illustr_Disques_tuelipe.jpg" alt="" class="wp-image-7021 not-transparent" width="300" height="300"/></figure>
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<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow"><div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img data-dominant-color="757478" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #757478;" loading="lazy" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/02/A2C_RevueN6_Culture_Illustr_Disques_tukatukas.jpg" alt="" class="wp-image-7022 not-transparent" width="300" height="300"/></figure>
</div></div>
</div>



<p>Sur l’île de la Réunion, qui a une foisonnante scène rock,&nbsp;<strong>Tulipe</strong>, par ailleurs membre du trio KilKil, a sorti un chouette album,&nbsp;<strong><em>Mono game</em></strong>&nbsp;(Maudit Tangue, 2022) minimal et entrainant à souhait. Quant au 5&nbsp;punks de<strong>Tukatukas</strong>, iels nous balancent à la gueule pas moins de 12&nbsp;titres de punk hardcore bien speed, agrémentés de saxo sur le double LP&nbsp;<strong><em>Royal Bourbon</em></strong>&nbsp;(multiprod’ dont Mass production, 2022). À noter une plus que sympathique reprise d’une chanson de Danyèl Waro,&nbsp;<em>Adekalom</em>, sur le combat de deux frères condamnés et emprisonnés pour avoir « squatté » une parcelle de l’Office nationale des forêts (ONF). Ça apporte un vrai supplément de personnalité à ce disque et l’ancre dans la réalité locale, quand la principale critique qu’on peut faire à cette scène c’est que la plupart des morceaux auraient pu être composés et enregistrés à Clermont-Ferrand (album de KilKil, Maudit Tangue, 2021)… ou n’importe où ailleurs.&nbsp;</p>



<h6 class="wp-block-heading">TT, Bobigny</h6>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-dots"/>



<div style="height:20px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<h2 class="wp-block-heading">CONCERT</h2>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Un album Medine records vocal, un concert de punk noir &#8211; Protest Song !</strong></h3>



<p>Voilà, la panther arabian est revenue avec un nouvel album,&nbsp;<strong><em>Médine France</em></strong>, et une tournée magnifique. Quand nous sommes allées le voir à Rennes, on a prévu des pancartes avec des phrases extraites de ses chansons. Comme pour finir de boucler la boucle après que Médine a écrit dans le morceau&nbsp;<em>Bataclan</em> : « <em>Comme dans les manifs, ils chantent mes slogans / Jamais je ne fais de shows décevants »</em>. Alors qu’il est un rappeur du Havre qui aborde aussi bien les questions du racisme et de l’histoire de la colonisation depuis ses premiers albums, il a accentué la présence de références à la politique meurtrière des frontières (<em>Yasser</em>) à l’Etat, à la politique actuelle ou encore aux industrie de l’armement (<em>Médine France</em>,&nbsp;<em>Allons Zenfants</em>).</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-full is-resized"><img data-dominant-color="5f5f5f" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #5f5f5f;" loading="lazy" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/02/A2C_RevueN6_Culture_Illustr_Concert.jpg" alt="" class="wp-image-7023 not-transparent" width="450" height="337"/></figure>
</div>


<p>« <em>Ils écrivent leurs discours d’la main gauche, la droite est dans nos poches »&nbsp;</em>(<em>Généric</em>)</p>



<p>Le samedi 22&nbsp;octobre 2022 à Rennes, il y a eu, comme dans de nombreuses villes, des rassemblements publics organisés par les fascistes, sous prétexte du meurtre d’une fille de douze ans à Paris. Il y avait en même temps un rassemblement antifasciste, et un concert de Médine quelques heures plus tard à la MJC de l’Antipode. En termes d’antipodes politiques, on a pu chanter&nbsp;<em>« Tout le monde adore Médine, et tout le monde déteste les fascistes »</em>&nbsp;en attendant qu’il monte sur scène, au même moment où un petit groupe de fascistes tentait d’attaquer une terrasse de bar à Sainte-Anne.&nbsp;</p>



<p><em>« Je préfère l’eau potable pour tous que le champagne pour quelques potes »</em>&nbsp;(<em>Médicis</em>)</p>



<p>Et si le concert avait eu lieu à Sainte-Anne ? Et si dans la fosse il n’y avait que des vrai·es, pour paraphraser Médine ? Des vrai·es, on peut imaginer que ce sont les convaincu·es, mais on peut aussi y mettre le sens que l’on veut : des personnes qui chantent les paroles, d’autres qui défendent Médine face à Aurore Berger, ou qui militent ? En tout cas, suite au slogan en soutien aux cheminot·es sorti de la fosse, il sourit et renchérit :&nbsp;<em>« Merci Rennes d’être sur le terrain, ça fait plaisir de voir des gens du vrai monde »</em>. Les passerelles qui existaient dans les années 1990 entre les salles de concert de rock et les manifestations antifascistes ou antiracistes seraient-elles en train de se reconstruire ?&nbsp;</p>



<p><em>« Un seul héros c’est le peuple et y aura jamais à changer les rôles »</em>&nbsp;(<em>Médine France</em>)</p>



<p>Des pancartes dans un concert, des banderoles… de Rennes à Marseille en passant par Montpellier et Toulouse, ses concerts sont l’occasion de relier luttes et musique, politique et culture populaire, joie et détermination, frissons et colère, slogans et émotions, chœur et cortège, chaleur et pogo.</p>



<p>La tournée continue sur plus de vingt dates en 2023. Alors si vous n’avez pas encore eu l’occasion, c’est le moment de chanter :&nbsp;</p>



<p>Deux passages de&nbsp;<em>Médine France</em>&nbsp;en lien avec l’actualité pour nous donner envie d’y aller ou d’y retourner :&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><em>J’suis pas Made in Qatar, nique le foot et l’soft power&nbsp;</em></p>



<p><em>La World Cup 2022 est pleine de sang d’bosseurs&nbsp;</em></p>



<p><em>De Népalais, de Sri lankais et Philippins&nbsp;</em></p>



<p><em>Mille vies venues d’Inde par conteneurs comme barquettes de filet d’dinde&nbsp;</em></p>



<p><em>(…)</em></p>



<p><em>Ils reculent l’âge de la r’traite mais avancent l’âge de la mort&nbsp;</em></p>



<p><em>Disent que c’est nous qu’appelons au meurtre, envie d’gerber jusqu’à l’aurore&nbsp;</em></p>



<p><em>Est-ce que l’État nous protège ou l’État s’protège de nous ?&nbsp;</em></p>



<p><em>J’sais plus si la France a assez de pouls, si on s’embrasse ou on s’étouffe&nbsp;</em></p>



<p><em>J’sais plus si j’dois militer ou, au contraire, me limiter&nbsp;</em></p>
</blockquote>



<h6 class="wp-block-heading">Solen Ferrandon-Bescond, Rennes</h6>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-dots"/>



<div style="height:20px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<h2 class="wp-block-heading">FANZINES</h2>



<h3 class="wp-block-heading">Prendre le pouls des scènes Alternatives en bouquinant des Fanzines</h3>



<p>Quoi de mieux pour connaître les dynamiques, actuelles ou passées, des mouvances contre-cultuelles que de lire des fanzines, cette presse libre, autonome, réalisée par des personnes impliqué·es dans les scènes qu’iels (re)présentent. Petite sélection de ceux qui me sont tombés dans les mains ces derniers temps (pas forcément d’actualité, mais ce n’est pas ça qui compte car pour beaucoup ils sont encore dispo il me semble<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_7010_8('footnote_plugin_reference_7010_8_1');" onkeypress="footnote_moveToReference_7010_8('footnote_plugin_reference_7010_8_1');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_7010_8_1" class="footnote_plugin_tooltip_text">1</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_7010_8_1" class="footnote_tooltip">Auprès des distros comme UVPR, B.R.A, Primotor Crew…</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_7010_8_1').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_7010_8_1', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>).&nbsp;</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-full is-resized"><img data-dominant-color="e78b62" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #e78b62;" loading="lazy" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/02/A2C_RevueN6_Culture_Fanzine1.jpg" alt="" class="wp-image-7030 not-transparent" width="225" height="276"/></figure>
</div>


<p>On attaque donc avec les historiques, et donc le numéro&nbsp;12 de la nouvelle série qui célèbre les 30&nbsp;piges de&nbsp;<a href="https://www.cheribibi.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><strong><em>Chéribibi</em></strong></a>, la revue des cultures populaires. Comme toujours, ce qui fait la renommée de ce titre vétéran de la presse libre ce sont des articles poussés sur des thématiques pointues (ici par exemple : un dossier sur les gangs féminins dans la contre-culture étatsunienne, en gros, dont un article sur les femmes qui ont inventé le Rock’n’Roll), de longues et passionnantes interviews (pardon, « causeries » comme dit l’Bibi) avec des musicien·nes mais pas que. Pour ce numéro on a en particulier droit à une rencontre avec Emory Douglas, le ministre de la Culture du Black Panther Party, et ça c’est la classe ! T’ajoutes des nouvelles, des BD, des chroniques et les rubriques habituelles du Bibi (<em>Bobines chéries</em>,&nbsp;<em>Chansons populaires</em>…) et t’as un numéro indispensable, comme toujours !</p>



<p>De 10&nbsp;ans sa cadette,&nbsp;l’<a href="http://facebook.com/apatridefanzine" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Apatride</a><strong><em>&nbsp;</em></strong>fête donc ses 20&nbsp;ans avec un numéro spécial et il faut bien le dire fort bien fait. On a à faire à 30&nbsp;interviews, plus intimes que d’habitudes, avec des activistes ou ex activistes des scènes punk/skinhead que fréquente la rédactrice et qui mis bout à bout dresse un portait pas forcément exhaustif ou même représentatif, mais sincère (et c’est ça qu’on demande à un fanzine !) d’une jeunesse (actuelle ou passée) révoltée et désabusée qui s’investit dans la contre-culture (monter un groupe de musiques, un fanzine, un label, organiser des concerts…) DIY or Die !&nbsp;</p>



<p>Et de 24&nbsp;numéros pour l’organe d’information des Reims City Rockers,&nbsp;<strong><em>La faute à qui ?</em></strong>, qui livre avec une certaine régularité une bonne dose d’entretiens, chroniques, article sur le foot… À noter un n°&nbsp;22 centré sur le Pays basque tout à fait passionnant.&nbsp;</p>



<p>Lancé en 2014 par l’équipe de Mass Production,&nbsp;<a href="https://www.massprod.com/accueil/accueil.htm" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Punkulture</a>&nbsp;a sorti 10&nbsp;numéros sur un papier glacé qui n’aide pas à la lecture pour mes yeux un peu fatigués… Le contenu vaut pourtant le coup de s’accrocher en particulier pour les articles ou dossiers sur les scènes alternatives du monde entier, de l’île de la Réunion au Mexique, des rappeurs grecques aux rockers de Ouagadougou.&nbsp;</p>



<p>En direct de Bordeaux on assiste en fanfare au retour de&nbsp;<a href="http://facebook.com/Fanzine-BRA" target="_blank" rel="noreferrer noopener">B.R.A.</a>, un temps lié au RASH<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_7010_8('footnote_plugin_reference_7010_8_2');" onkeypress="footnote_moveToReference_7010_8('footnote_plugin_reference_7010_8_2');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_7010_8_2" class="footnote_plugin_tooltip_text">2</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_7010_8_2" class="footnote_tooltip">Red &amp; Anarchist Skin Head</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_7010_8_2').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_7010_8_2', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>&nbsp;de la ville. Après une longue absence, depuis quelques numéros, la nouvelle formule semble avoir trouvé son équilibre (entre Reggae et Punk/Oï !, entretiens et articles historiques, musique et autres aspects de la contre-culture, dont la culture du vin… normal, pour un zine bordelais) et son rythme de croisière et ici, on s’en réjouit !&nbsp;</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img data-dominant-color="9a9a9a" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #9a9a9a;" loading="lazy" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/02/A2C_RevueN6_Culture_Fanzine3.jpg" alt="" class="wp-image-7031 not-transparent" width="164" height="223"/></figure>
</div>


<p>Du côté de Toulouse,&nbsp;<a href="http://www.karton-zine.com" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Karton</a> a balancé 9&nbsp;numéros, dans une mise en page qui cartonne ! Une dimension politique clairement assumée tant dans le choix des interviews que par exemple dans la publication de lettre de prisonniers politiques dans la rubrique&nbsp;<em>Worldwild Activist</em>&nbsp;(numéro&nbsp;8) ou des articles qui mêlent sport et résistance (rubrique&nbsp;<em>Carton Rouge</em>, avec dans le numéro&nbsp;8 un article bien fouillé sur Rino Della Negra, l’étoile rouge de Saint-Ouen mort sur les sentiers de la gloire de la résistance contre les nazis, ou sur le Roller Derby&nbsp;<em>« un sport fait par les gonzesses pour les gonzesses qui conservera son histoire militante »</em>dans le numéro&nbsp;9).&nbsp;</p>



<p>J’avais pas eu l’occasion de lire les précédents numéros de&nbsp;<a href="http://facebook.com/outsiders.classy.zine" target="_blank" rel="noreferrer noopener">The Outsiders</a> et le volume&nbsp;3 n°&nbsp;2 (été 2022) qui a atterri chez moi me l’a fait instantanément regretter ! Entre coups de gueule bien sentis (contre celleux qui réhabilite Scewdriver<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_7010_8('footnote_plugin_reference_7010_8_3');" onkeypress="footnote_moveToReference_7010_8('footnote_plugin_reference_7010_8_3');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_7010_8_3" class="footnote_plugin_tooltip_text">3</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_7010_8_3" class="footnote_tooltip">Dont le chanteur entrainera une partie des skins anglais vers l’extrême droite.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_7010_8_3').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_7010_8_3', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>, les universitaire qui étudient le punk pour le compte de l’université et donc de la République française, l’homophobie dans la scène skin…), sujets originaux (le meurtre de Smiley Culture par la police anglaise, quand le Mali Twistait…), cartes blanches données à d’autre fanzineu·ses et tant d’autres choses. Bref des heures de saines lectures en perspectives !&nbsp;</p>



<p>Côté nouveaux venus (le zine, pas forcément les personnes impliqué·es)&nbsp;<strong>Couvre Feu !</strong> à sorti 3&nbsp;numéro, un vrais (skin)zine à l’ancienne : une mise en page qui mélange joyeusement (bon joyeux n’est pas forcément l’adjectif qui colle le mieux à ce fanzine qui transpire la haine de classe et de ce monde tel qu’il va mal) le côté foutarque « ciseaux -colle » du punk et le côté « propre et bien rangé » des neusks, des entretiens ultra bien menés, riches et souvent drôles (du genre où t’apprends ce qu’il y a sur la table de chevet des interviewé·es ou leur Louis de Funès préféré – REST power !), des chroniques aiguisées… Un important focus est mis sur l’histoire des scènes skinheads (principalement parisiennes) dans les entretiens ou la republication d’anciens entretiens, ce qui permet d’en saisir la complexité, loin des clichés et de découvrir le parcourt étonnant de certains. Dans le numéro&nbsp;2 j’ai particulièrement aimé l’idée de demander à des activistes de la scène de raconter leur(s) histoire(s) avec un album, ça nous donne plein de supers petites nouvelles bien agréables à lire. Vivement le numéro&nbsp;4 !&nbsp;</p>



<p><a href="http://facebook.com/LaFranceauxnantais/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">La France au Nantais</a> –&nbsp;qui comme son nom l’indique n’est pas breton, mais presque héhéhé&nbsp;–en est à deux numéros sortis, là aussi du classique (entretiens avec des groupes, des auteurs de BD…), mais bien foutu, on attend la suite avec impatience en espérant que le côté acéré et original des chroniques infuse sur le reste des sommaires. Deux numéros (0 et 1) aussi pour le zine parisien&nbsp;<a href="http://facebook.com/IdeesNoiresFanzine" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Idées Noires</a>, assez classe dans sa mise en page. Dans le numéro&nbsp;1 des interviews de groupe plus tournés vers l’international et le passionnant entretien avec le collectif de photographe Belle Journée en Perspective apportent fraicheur et originalité.&nbsp;</p>



<p>Centré sur le Reggae et le Dub,&nbsp;<a href="http://facebook.com/people/Blackboard-Jungle-Dubzine" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Blackboard Jungle</a>, propose à chaque fois de superbe objets quoiqu’un peu cher. Pour le numéro&nbsp;8 Lee Perry est mis à l’honneur sur la couverture sérigraphiée en format&nbsp;10’ (un format de disque peu courant mais très prisé dans le reggae car associé au fameux Dubplates) et dans un dossier très complet. On retrouve aussi au long de ces 100&nbsp;pages des entretiens avec des vétérans de la scène électro dub hexagonale (High Tone, Zenzile) et des producteurs bien en vue actuellement (Dubkasm) ou des articles sur des labels come Dubquake et Irie Ites.&nbsp;</p>



<h6 class="wp-block-heading">TT, Bobigny</h6>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img data-dominant-color="7d7d7d" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #7d7d7d;" loading="lazy" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/02/A2C_RevueN6_Culture_Fanzine2.jpg" alt="" class="wp-image-7032 not-transparent" width="324" height="324"/></figure>
</div>


<div style="height:100px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>
<div class="speaker-mute footnotes_reference_container"> <div class="footnote_container_prepare"><p><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_label pointer" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_7010_8();">Notes</span><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_collapse_button" style="display: none;" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_7010_8();">[<a id="footnote_reference_container_collapse_button_7010_8">+</a>]</span></p></div> <div id="footnote_references_container_7010_8" style=""><table class="footnotes_table footnote-reference-container"><caption class="accessibility">Notes</caption> <tbody> 

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_7010_8_1" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_7010_8('footnote_plugin_tooltip_7010_8_1');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>1</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Auprès des distros comme UVPR, B.R.A, Primotor Crew…</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_7010_8_2" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_7010_8('footnote_plugin_tooltip_7010_8_2');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>2</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Red &amp; Anarchist Skin Head</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_7010_8_3" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_7010_8('footnote_plugin_tooltip_7010_8_3');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>3</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Dont le chanteur entrainera une partie des skins anglais vers l’extrême droite.</td></tr>

 </tbody> </table> </div></div><script type="text/javascript"> function footnote_expand_reference_container_7010_8() { jQuery('#footnote_references_container_7010_8').show(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_7010_8').text('−'); } function footnote_collapse_reference_container_7010_8() { jQuery('#footnote_references_container_7010_8').hide(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_7010_8').text('+'); } function footnote_expand_collapse_reference_container_7010_8() { if (jQuery('#footnote_references_container_7010_8').is(':hidden')) { footnote_expand_reference_container_7010_8(); } else { footnote_collapse_reference_container_7010_8(); } } function footnote_moveToReference_7010_8(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_7010_8(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } } function footnote_moveToAnchor_7010_8(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_7010_8(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } }</script><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/petite-bibliotheque-a2c/culture-06/">Culture #06</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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		<title>La révolution féministe d&#8217;Aurore Koechlin</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/petite-bibliotheque-a2c/la-revolution-feministe-daurore-koechlin/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[A2C-WP_Gabo]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 12 Nov 2019 17:55:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Petite bibliothèque A2C]]></category>
		<category><![CDATA[Débats]]></category>
		<category><![CDATA[Féminisme]]></category>
		<category><![CDATA[Livre]]></category>
		<category><![CDATA[Patriarcat]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">La révolution féministe est un livre qui fait du bien. Aurore Koechlin rouvre les débats stratégiques dans le mouvement, et cela répond à un réel besoin ! Nous en profitons alors pour discuter de stratégie <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/petite-bibliotheque-a2c/la-revolution-feministe-daurore-koechlin/" title="La révolution féministe d&#8217;Aurore Koechlin">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-text-align-left">La révolution féministe est un livre qui fait du bien. Aurore Koechlin rouvre les débats stratégiques dans le mouvement, et cela répond à un réel besoin ! Nous en profitons alors pour discuter de stratégie révolutionnaire pour le mouvement, interroger certains points du livre&nbsp; et surtout continuer ces débats qui sont vitaux pour les luttes à venir.<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_2901_10('footnote_plugin_reference_2901_10_1');" onkeypress="footnote_moveToReference_2901_10('footnote_plugin_reference_2901_10_1');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_2901_10_1" class="footnote_plugin_tooltip_text">1</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_2901_10_1" class="footnote_tooltip">Nous ne revenons pas ici sur la théorie de la reproduction sociale dont nous avons publié une critique de Sheila McGreggor <a rel="noreferrer noopener" aria-label="ici (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="https://www.autonomiedeclasse.org/feminisme/theorie-de-la-reproduction-sociale-un-retour-a-quel-marx/" target="_blank">ici</a>.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_2901_10_1').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_2901_10_1', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script></p>



<h3 class="wp-block-heading">Une histoire globale</h3>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignright is-resized"><img data-dominant-color="f3cea2" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #f3cea2;" loading="lazy" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2019/11/Amsterdam-couv-Revolution-feministe-1-394x599.jpg" alt="" class="wp-image-2909 not-transparent" width="156" height="237"/></figure></div>



<p class="has-text-align-left">Pour apporter de l’eau au moulin de l’histoire féministe qu’Aurore Koechlin (AK) essaye de dresser, et pour avoir une vision plus globale, nous devrons y inclure une histoire des luttes dans lesquelles les femmes ont participé activement – souvent de manière décisive – indépendamment qu’elles aient été menées sous la bannière du féminisme comme celui-ci s’est développé en occident, ou pas.&nbsp; On pense notamment à la place des femmes dans les révolutions tunisiennes ou égyptiennes, dans les mouvements contre les violences sexuelles en Inde, ou même dans la révolution haïtienne et la lutte pour l’indépendance en Algérie.&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading">Un débat pas si vieux</h3>



<p>Ce livre nous interroge sur plusieurs aspects pour lesquels nous pensons qu’il faudrait entamer un débat. Tout d’abord sur la question de l’origine de l’oppression des femmes, c’est un vieux débat du mouvement féministe, mais qui a des conséquences pratiques en terme de stratégie.&nbsp;</p>



<p>AK dit&nbsp; « je considère le modèle que propose Engels comme théorique. Je ne l’utilise pas comme moyen d’administrer la preuve, mais pour conceptualiser ce qu’est la sphère de la reproduction ».&nbsp; Mais si nos théories ne découlent pas de faits matériels, comment peuvent-elles être une base d’appuis pour construire une stratégie? Comment expliquer autrement l’origine de l’oppression des femmes sans une approche biologisante&nbsp;qui nierait toute possibilité d’émancipation pour l’ensemble de la société?&nbsp; Surtout qu’ AK se base théoriquement sur le travail de la féministe marxiste Lisa Vogel, qui suit les thèses de l’anthropologue féministe Eleanor Leecock datant l’origine de l’oppression des femmes avec l’apparition des sociétés de classes.&nbsp;</p>



<p>AK retombe théoriquement sur ses pattes en parlant de système unitaire, patriarcalo-capitaliste/capitalo-patriarcal, mais son explication nous semble mélanger plusieurs niveaux d’analyse.</p>



<p>Certes l’oppression des femmes existait avant le capitalisme, mais la reproduction a toujours été réorganisée selon les besoins de chacun des modes de production, car l’un ne peut exister sans l’autre. C’est donc l’exploitation qui entraîne l’oppression des femmes. En effet, le capitalisme organise une forme de reproduction qui correspond à ses besoins, donc la surexploitation des femmes est originaire du mode de production capitaliste et dépend de lui. Ce n’est pas un système en tant que tel, mais un des jalons sur lequel repose le capitalisme.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Parler de stratégie</h3>



<p>Dans son dernier chapitre, AK apporte une critique très constructive sur les «&nbsp;stratégies réformistes et intersectionnelles&nbsp;» même si son choix de classer le fémonationalisme comme stratégie réformiste nous laisse perplexes . Mais parler de stratégie, pour nous c’est aussi parler de front unique, stratégie indispensable pour permettre des sauts de conscience qualitatifs dans des cadres larges et par l’expérience pratique dans les mouvements. C’est là une des grosses discussions qu’ouvre le livre d’Aurore. Quel cadre d’intervention féministe pour les militantEs révolutionnaires?&nbsp;</p>



<p>La politique qu’elle propose dans son livre ressemble plus à la politique dont devrait se doter un parti révolutionnaire et non pas un cadre d’intervention large.&nbsp;</p>



<p>Nous ne pouvons que la rejoindre sur sa conclusion : «&nbsp; la révolution n’est pas morte&nbsp;» et que sans elle «&nbsp; il ne peut y avoir de libération de l’oppression des femmes et de minorités de genre&nbsp;». Comme elle le dit, nos analyses ne nous donnent pas une « recette toute prête&nbsp;» mais «&nbsp;une boussole avec laquelle nous diriger&nbsp;». D’où la nécessité qu’elle soit bien calibrée.&nbsp;</p>



<h5 class="wp-block-heading">Sana et Dimitris</h5>
<div class="speaker-mute footnotes_reference_container"> <div class="footnote_container_prepare"><p><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_label pointer" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_2901_10();">Notes</span><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_collapse_button" style="display: none;" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_2901_10();">[<a id="footnote_reference_container_collapse_button_2901_10">+</a>]</span></p></div> <div id="footnote_references_container_2901_10" style=""><table class="footnotes_table footnote-reference-container"><caption class="accessibility">Notes</caption> <tbody> 

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_2901_10_1" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_2901_10('footnote_plugin_tooltip_2901_10_1');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>1</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Nous ne revenons pas ici sur la théorie de la reproduction sociale dont nous avons publié une critique de Sheila McGreggor <a rel="noreferrer noopener" aria-label="ici (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="https://www.autonomiedeclasse.org/feminisme/theorie-de-la-reproduction-sociale-un-retour-a-quel-marx/" target="_blank">ici</a>.</td></tr>

 </tbody> </table> </div></div><script type="text/javascript"> function footnote_expand_reference_container_2901_10() { jQuery('#footnote_references_container_2901_10').show(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_2901_10').text('−'); } function footnote_collapse_reference_container_2901_10() { jQuery('#footnote_references_container_2901_10').hide(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_2901_10').text('+'); } function footnote_expand_collapse_reference_container_2901_10() { if (jQuery('#footnote_references_container_2901_10').is(':hidden')) { footnote_expand_reference_container_2901_10(); } else { footnote_collapse_reference_container_2901_10(); } } function footnote_moveToReference_2901_10(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_2901_10(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } } function footnote_moveToAnchor_2901_10(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_2901_10(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } }</script><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/petite-bibliotheque-a2c/la-revolution-feministe-daurore-koechlin/">La révolution féministe d&rsquo;Aurore Koechlin</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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		<title>D’Alger à Détroit et de Fanon à Bobby Seale</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/petite-bibliotheque-a2c/dalger-a-detroit-et-de-fanon-a-bobby-seale/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[A2C-WP_Gabo]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 11 Nov 2019 14:49:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Petite bibliothèque A2C]]></category>
		<category><![CDATA[Algérie]]></category>
		<category><![CDATA[Livre]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">En 1960, six ans après la défaite décisive de la France en Indochine, c’était le tour de l’Algérie de devenir l’épicentre de la lutte anticoloniale. Cependant, c’est lors une conférence anticoloniale la même année à <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/petite-bibliotheque-a2c/dalger-a-detroit-et-de-fanon-a-bobby-seale/" title="D’Alger à Détroit et de Fanon à Bobby Seale">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>En 1960, six ans après la défaite décisive de la France en Indochine, c’était le tour de l’Algérie de devenir l’épicentre de la lutte anticoloniale. Cependant, c’est lors une conférence anticoloniale la même année à Accra , capitale du Ghana, premier pays africain indépendant, qu’Elaine Mokhefti a vraiment débuté le périple militant raconté dans son livre « Alger, capitale de la révolution ».</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignright is-resized"><img data-dominant-color="8e8586" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #8e8586;" loading="lazy" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2019/11/AlgerMokhtefi_couv-1-665x1024.jpg" alt="" class="wp-image-2828 not-transparent" width="241" height="371"/></figure></div>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Le racisme en France</strong></h3>



<p>Arrivée depuis les États-Unis en France en 1952, Elaine Mokhefti se rend compte assez vite que la devise « liberté, égalité, fraternité » n’était qu’une façade d’un État tout aussi raciste que les États-Unis. Un racisme particulier, colonial, qui pénétrait jusqu’aux organisations du mouvement ouvrier et de la gauche. En 1954, François Mitterrand, alors ministre de l’intérieur, déclare que l’Algérie, c’est la France… des Flandres jusqu’au Congo, la loi s’impose et elle est française. Le PCF, quant à lui, n’avait pas soutenu la lutte algérienne avant… sa fin en 1962. Déçue de voir que « le colonialisme et le racisme étaient les deux piliers du pouvoir », elle part alors pour une conférence à Accra ou elle rencontrera Fanon, dégoûté lui aussi par le racisme auquel il s’était confronté dans les rangs de l’Armée française de la Libération. Pour Mokhefti, ce sera la première d’une longue liste de rencontres avec des militants anticoloniaux comme Nkrumah, Lumumba, Kenyatta, Tambo et Ben Bella.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Alger la rouge</strong></h3>



<p>Jusqu’à la fin de la guerre d’Algérie en 1962, Mokhefti s’engagea alors pour la cause algérienne depuis les États-Unis. Elle arriva, enfin, à Alger pour sa première foi, au moment de célébrations pour l’indépendance et elle y resta jusqu’en 1974. Les espoirs créés par Ben Bella&nbsp; pour un pays « socialiste », pour « l’autogestion » et la « liquidation du colonialisme dans toutes ses formes », ne seront réalisées qu’à moitié et pour une durée assez brève. Malheureusement à ce point, le livre n’explore pas du tout les causes de cette échec qui ont laissé Houari Boumédiène s’imposer par un coup d’état en 1965. Mokhefti se contente de critiquer le fait que Ben Bella était le « maître de l’improvisation » tandis que la question d’un contrôle démocratique réel des moyens de production n’est pas discuté. Aujourd’hui, alors que la revendication pour une assemblée constituante trouve une certaine écho dans la gauche algérienne et le mouvement de solidarité en Europe, l’expérience faite des outils&nbsp; « offerts » par la démocratie bourgeoise retrouve son importance.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Les Panthères Noires à Alger</strong></h3>



<p>A partir de 1969 arrivent à Alger quelques cadres des Panthères Noires (PN), qui avaient quitté les États-Unis pour éviter d’être emprisonné·es. Mokhefti servira de lien entre les PN et le Front de Libération Nationale algérien qui était au pouvoir depuis la révolution. Elle tissa une relation militante très étroite avec Eldridge Cleaver, un des dirigeants exilés des PN et elle l’accompagna à travers la scission des PN en 1971 et jusqu’à son départ pour la France en 1973. Pour Mokhefti, cette collaboration était une suite logique de son engagement antiraciste aux États-Unis avant son départ. Cependant, l’importance qu’elle donne dans sa narration aux comportements individuels ne nous offre pas beaucoup d’enseignements sur les difficultés rencontrées par les PN et le développement de leur orientation politique à partir du moment où l’appareil sécuritaire étatique décida de les détruire. </p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Retour à la case départ</strong></h3>



<p>En 1974, après avoir refusé d’espionner Zohra Sellami, épouse de Ben Bella alors emprisonné, Mokhefti sera renvoyé sommairement d’Algérie pour la France où elle était considérée comme persona non grata.</p>



<p>Mokhefti raconte sa vie et présente l’incroyable nombre des personnalités qu’elle a rencontré : Simone De Beauvoir, Sartre, Nina Simone, Miriam Makeba, J.L. Godard,&#8230;&nbsp;</p>



<p>La seule faiblesse de ce livre est de ne pas essayer d’en tirer les leçons politiques. Son expérience est tellement riche qu’elle provoque en nous ce besoin. En même temps c’est aussi son atout, car son livre se lit presque comme un roman.</p>



<h5 class="wp-block-heading">Dimitris</h5>



<figure class="wp-block-embed-youtube aligncenter wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Médine - Alger Roi (Official Audio)" width="678" height="381" src="https://www.youtube.com/embed/pzw2fBQFXXY?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>
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		<title>Qu&#8217;est-ce que la grève de masse pour Rosa Luxemburg ?</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/petite-bibliotheque-a2c/quest-ce-que-la-greve-de-masse-pour-rosa-luxembourg/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[A2C]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 01 Apr 2019 07:18:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Petite bibliothèque A2C]]></category>
		<category><![CDATA[Grève]]></category>
		<category><![CDATA[Livre]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Ici Rosa nous présente les caractéristiques de la grève de masse en partant de la révolution Russe de 1905 et ce sans trop s&#8217;attacher à la première grève générale tentée en Angleterre en 1842. La <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/petite-bibliotheque-a2c/quest-ce-que-la-greve-de-masse-pour-rosa-luxembourg/" title="Qu&#8217;est-ce que la grève de masse pour Rosa Luxemburg ?">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Ici Rosa nous présente les caractéristiques de la grève de masse en partant de la révolution Russe de 1905 et ce sans trop s&rsquo;attacher à la première grève générale tentée en Angleterre en 1842. La grève de masse ne se déclenche pas de manière uniforme et synchrone dans le pays. Celle de 1905 est une conséquence de l&rsquo;absolutisme tsariste et des massacres de manifestants en janvier 1905. Celle ci revêtira par la suite un caractère de lutte entre travail et capital, prenant un caractère économique et s&rsquo;étendant de ville en en ville, d&rsquo;usine en port, de tisseries en mines. Mais c&rsquo;est bien les questions politiques qui vont mettre en branle les travailleurs, qui vont ensuite s&rsquo;organiser sur leurs lieux de travail.<br />
Elle s&rsquo;inscrit dans un cycle de lutte et dans une période révolutionnaire (qui se mesure en année ou en décennies). Ces périodes révolutionnaires permettent l&rsquo;émergence d&rsquo;une conscience de classe forte et l&rsquo;organisation du prolétariat à travers la pratique et la prise de conscience d&rsquo;oppressions communes (exploitation, pauvreté, logement). On ne déclenche pas une grève de masse, c&rsquo;est la base qui le fait au travers d&rsquo;une matérialisation de l&rsquo;histoire. Attendre un fort niveau d&rsquo;organisation est une erreur des « vieux syndicats allemands » (syndicats appelant à la grève mais n&rsquo;étant pas crée depuis et par celle ci), les syndicats peuvent au mieux s&rsquo;adapter et guider politiquement la grève (revendications). En effet la grève de masse explose en Russie à un moment où le prolétariat est peu mature. Les objectifs sont économiques (salaire, durée de travail) mais aussi politique (fin de l&rsquo;absolutisme, parlementarisme, souhait de s&rsquo;organiser).<br />
Chaque grève générale et période révolutionnaire porte en elle les germes de la précédente et les graines de la suivante.</p>
<p><strong>Comprendre la situation politique au travers de l&rsquo;analyse de la grève de masse </strong><br />
Après cette brève introduction, la lecture de Rosa Luxemburg semble des plus pertinente dans la période. Le mouvement des gilets jaunes est un mouvement de la base, de notre classe qui déborde les syndicats. La tentative de grève générale du 5 février fut peu relayée par les centrales, celles-ci semblant tenir d’une grève de démonstration visant a redonner une forme de crédibilité aux syndicats qui brillent par leur absence depuis novembre. Dans ce mouvement l&rsquo;auto-organisation prime d&rsquo;où l&rsquo;absence de dirigeants et ce malgré la présence de porte-parole autoproclamés.<br />
Le mouvement s’inscrit dans un cycle de lutte et porte l&rsquo;histoire de l&rsquo; échec de la loi travail. La radicalité y ainsi est palpable et dépasse syndicats et black block. Elle s&rsquo;exprime par des actions contre les symboles de la classe dirigeante et à visage découvert. <img data-dominant-color="ce6f69" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #ce6f69;" loading="lazy" decoding="async" class="alignright wp-image-1862 size-medium not-transparent" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2019/04/9782707134400-182x300.jpg" alt="" width="182" height="300" />Le mouvement de par les rencontres qui s’y font en action ou en AG permet le développement d’une conscience de classe. Celle-ci se retrouve dans la modification de la composition du mouvement (disparition des patrons petit-bourgeois) comme dans les revendications passant du champs économique (pouvoir d’achat, taxe sur les carburant) au champ politique. L&rsquo;importance du RIC semble amplifiée par le rejet du mépris de classe de la caste dirigeante et par le souhait d&rsquo;un renouveau du parlementarisme. Le parallèle entre la remise en cause de l&rsquo;absolutisme dans la Russie de 1905 et les revendications d&rsquo;aujourd&rsquo;hui dans les GJ pour plus de démocratie réside dans un ras le bol généralisé et l&rsquo;absence de point d&rsquo;appuis pour faire évoluer la situation, ce qui amène à des revendications concentrées sur les questions politique et démocratique.</p>
<p><em>Sana et Clément</em></p>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/petite-bibliotheque-a2c/quest-ce-que-la-greve-de-masse-pour-rosa-luxembourg/">Qu&rsquo;est-ce que la grève de masse pour Rosa Luxemburg ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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		<title>La trajectoire d’un désastre prévisible et résistible</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/petite-bibliotheque-a2c/la-trajectoire-dun-desastre-previsible-et-resistible-a-propos-de-la-possibilite-du-fascisme-dugo-palheta/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[A2C]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 14 Jan 2019 09:15:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Antifascisme]]></category>
		<category><![CDATA[Petite bibliothèque A2C]]></category>
		<category><![CDATA[Livre]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://autonomiedeclasse.wordpress.com/?p=1271</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Version complète de l&#8217;article publié dans le bulletin numéro 5 Le fascisme n’est pas possible n’importe quand et n’importe où ; il est néanmoins de retour. Sa principale incarnation en France &#8211; le FN &#8211; <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/petite-bibliotheque-a2c/la-trajectoire-dun-desastre-previsible-et-resistible-a-propos-de-la-possibilite-du-fascisme-dugo-palheta/" title="La trajectoire d’un désastre prévisible et résistible">[...]</a></div>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>Version complète de l&rsquo;article publié dans le bulletin numéro 5</em> </p>



<p><em>Le fascisme n’est pas possible n’importe quand et n’importe où</em> <em>; il est néanmoins de retour. Sa principale incarnation en France &#8211; le FN &#8211; a fait presque 11 millions de voix en mai 2017. Parallèlement, les fascistes de rue, avec qui il entretient des liens organiques, ouvrent des locaux dans nos villes et s’en prennent aux migrant.es, à l’image de Génération Identitaire ou du Bastion social. Ce retour est rendu possible par la conjonction de la contre-révolution néolibérale, du renforcement de l’État autoritaire et de l’offensive nationaliste et raciste. Dans ce contexte, les conditions matérielles du développement d’un mouvement fasciste de masse sont malheureusement réunies, ou tendent à l’être. Pourtant, dans cette période particulièrement trouble et inquiétante, alors même que des luttes se mènent, il n’existe pas aujourd’hui de mouvement antifasciste digne de ce nom. Armer les activistes et le mouvement social d’une compréhension globale de la période et de l’actualité du danger fasciste est donc une tâche urgente. La possibilité du fascisme, d’Ugo Palheta</em> <em>s’inscrit dans ce sens et doit permettre de poursuivre la construction d&rsquo;un cadre théorique et d’une orientation stratégique à même de penser et de faire face à ce retour. Une mission que s’est également donnée A2C.</em>&nbsp;</p>



<p>
<strong>Un</strong>
<strong>retour
du fascisme</strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>



<p>
«
<em>Le
fascisme vient. Il n’est pas autre chose que le capitalisme,
l’exploitation de classe, la domination de l’État. Mais il n’est
pas seulement une forme plus dure, plus raciste et plus policière du
pouvoir. Il est l’écrasement violent de toute possibilité de
mener nos luttes » </em>écrivions-nous
en juin 2017 dans la brochure « <em>Comprendre
le fascisme pour mieux le combattre</em>
».
Ces quelques mots prennent aujourd’hui une résonance toute
particulière tant l’année 2018 a été celle du développement
des organisations fascistes
en
Europe et dans le monde et que 2019 s’annonce sous de sombres
auspices.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>
Utiliser
la catégorie de fascisme aujourd’hui
implique
de dresser un certain nombre de bilans et de rejeter des concepts
politiques qui nous empêchent de penser et d’agir efficacement.
Contre les analyses qui rejettent la réalité du danger fasciste
sous prétexte que ce dernier se résumerait aux chemises brunes et
aux croix gammées, Ugo rappelle à propos Orwell qui écrivait en
1945 que « l<em>orsque
les fascistes reviendront, ils auront le parapluie bien roulé sous
le bras ». </em>Cela
lui permet de dire qu’ «
à
<em>l’évidence,
le fascisme présent ne s’annonce pas sous les mêmes dehors que le
fascisme passé.</em> »
Il ajoute même qu’ « a<em>u
contraire, plus l’extrême-droite contemporaine (…) abandonne les
aspects les plus visibles de son inscription dans l’histoire du
fascisme, et plus elle se renforce : apparaître respectable lui
impose en premier lieu de se rendre méconnaissable”.&nbsp;</em>&nbsp;&nbsp;</p>



<p>
Ugo
avance ainsi que l’enjeu de la définition d’un mouvement comme
fasciste n’est pas à rechercher dans des attributs extérieurs,
qu’il s’agisse de l’apparence ou du programme, ni même
uniquement du côté de l’idéologie. Se référant à l’historien
Robert Paxton, il argumente sur le fait que la possibilité du retour
du fascisme doit d’abord être pensée politiquement <em>« comme
équivalent fonctionnel et non comme une répétition à
l&rsquo;identique »</em>.
Contre la tendance à rejeter purement et simplement la catégorie de
fascisme, ou sa relégation à un usage uniquement polémique, Ugo
cherche à la réhabiliter comme catégorie scientifique et
politique.&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>



<p>
Cette
analyse du fascisme contemporain en tant qu’«
équivalent
fonctionnel » du fascisme historique l’amène ainsi à rejeter
durement la notion de populisme. Cette catégorie <em>« scientifiquement
inutile et politiquement confuse »</em>
brouille
notre compréhension en englobant des mouvements aussi différents
que le FN et la France insoumise, Podemos et Trump etc. Issue de
l&rsquo;idéologie libérale, la catégorisation de l’extrême-droite
comme populiste a comme conséquence de rendre <em>« les
classes populaires seules responsables du retour de l&rsquo;extrême
droite »</em> en
la rangeant implicitement du côté du peuple. L’étiquette
populiste « <em>permet
à cette dernière de se dissocier du fascisme historique » </em>et
par la même occasion permis au FN de se débarrasser de
l’encombrante étiquette qui lui collait (à juste titre) à la
peau depuis sa création.&nbsp;</p>



<p>
Contre
la dangereuse tendance réductionniste à rompre dans l’analyse la
filiation avec le fascisme historique, Ugo pourrait reprendre à son
compte l’argumentation de Mark Bray qui soutient dans <em>Antifa,
the Antifascist</em> <em>Handbook</em>
la
nécessité stratégique de défendre le slogan “<em>plus
jamais ça” </em>et
de toujours voir dans les manifestations contemporaines du fascisme
la continuation d’un projet historiquement criminel. Il faut se
rappeler de ceux pour qui l’antifascisme a, pour cette raison,
essentiellement consisté, en l’absence de toute liberté
démocratique, en
une lutte pour la survie à l’intérieur d’un régime de terreur.
L’antifascisme est donc à la fois une mémoire critique du passé
et une boussole pour les luttes du présent.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>
<strong>Crise
d’hégémonie et disponibilité d’une force fasciste</strong>&nbsp;</p>



<p>
Contre
les compréhensions du phénomène fasciste comme un virage
irrationnel radicalement étranger à la modernité capitaliste, Ugo
lie la possibilité de son retour aux trajectoires de l’Etat et du
Capital, et à la crise d’hégémonie des classes dominantes. “
<em>La
thèse que nous défendons ici est simple :</em> <em>c’est
le triomphe du capitalisme dans les années 1980-1990 (…) qui a
permis la renaissance et l’enracinement de l’extrême-droite</em>
<em>;
c’est sa crise qui met à nouveau, et sous des formes nouvelles, le
fascisme à l’ordre du jour</em>”.
La crise historique ouverte en 2008 avec l’effondrement boursier
s’est prolongée d’une onde de choc politique et sociale qui a
profondément déséquilibré les compromis politiques et sociaux
hérités d’une période désormais révolue. En voulant imposer
une nouvelle configuration du capitalisme &#8211; néolibéral &#8211; les
classes dominantes ont sapé les bases de leur domination politique
et du compromis social sur lequel elles s’appuyaient depuis un
demi-siècle. En résulte une “<em>polarisation
de classe</em>” et
la difficulté croissante “ <em>des
classes dirigeantes à obtenir le consentement actif d’une majorité
de la population”. </em>Pour
pouvoir continuer d’exercer son pouvoir, des fractions toujours
plus importantes de ces dernières “<em>pourraient
être</em> <em>tentées
de soutenir – ou de s’allier &#8211; avec des partis et des idéologues
proposant de surmonter la crise par des solutions inenvisageables
dans le cadre de l’Etat de droit”</em>&nbsp;&nbsp;</p>



<p>
“<em>Toute
analyse de la situation politique doit prendre comme point de départ
le capitalisme lui-même” </em>écrit
Ugo
pour
qui le capitalisme contemporain est “<em>pourrissant
</em>”
alors
même que nous assistons paradoxalement au “<em>triomphe
du néolibéralisme</em>”.
C&rsquo;est sous cet angle qu’il faut analyser la “<em>décomposition
du champ politique</em>”
et
l’élaboration en France d’un “<em>cocktail
très dangereux politiquement :</em>
<em>un
sentiment de puissance &#8211; lié à son histoire impériale mais aussi à
la persistance de sa puissance militaro-financière et de l’emprise
sur son ancien pré-carré colonial &#8211; mêlé à une peur, non
infondée, du déclin”</em>.
La force politique qui apparaît comme la plus apte à tirer profit
de ce cocktail est assurément le parti dont le rôle historique et
de se rendre disponible aux solutions les plus violentes dans des
moments de crise : le FN. &nbsp;</p>



<p>
“<em>Le
Front national est de moins en moins caractérisé (…) en terme de
fascisme ou de néofascisme. (…) Or c’est bien dans ce cadre (…)
que s’inscrit clairement la politique du FN”</em>,
“<em>Loin
de constituer le symptôme d’une normalisation et de marquer une
rupture nette avec le fascisme historique, les transformations du
discours politique du FN l’en rapprochent”</em>
C’est
par ces mots qu’Ugo introduit sa démonstration que le projet du FN
est, aujourd’hui comme à sa naissance en 1972, l’actualisation
du projet fasciste de “<em>régénération
d’une communauté imaginaire, par la purification ethno-raciale,
par l’anéantissement de toute forme de conflit social et de</em>
<em>toute
contestation”. </em>Ce
qui nous inquiète aujourd’hui n’est pas tant son passé, que son
“devenir-fasciste”.&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>



<p>
Le
mouvement fasciste français se divise les tâches entre le FN, parti
indépendant politiquement de la bourgeoisie et de sa représentation
politique traditionnelle, supporté par des millions d&rsquo;électeurs et
les fascistes de rue avec lesquels il entretient des liens
organiques. D’une part le FN constitue le “<em>vaisseau
amiral de la flotte fasciste</em>”,
engagé dans une bataille essentiellement électorale pour préparer
son accession au pouvoir. D’autre part les groupuscules de type BS,
GI, ces “<em>petites
embarcations</em>” flexibles
et dispensables tiennent le rôle de milice de rues, s’attaquant
aux éxilé.e.s, au mouvement social, aux étudiant.e.s
mobilisé.e.s,
aux LGBTIQ+ etc. Comme nous l’a révélé récemment le reportage
d’AL Jazeera sur le bar “La Citadelle” à Lille, ces groupes de
guerre civile font partie du projet politique du FN et se considèrent
comme les milices de la “remigration” forcée
une fois le pouvoir conquis. Vu sous cet angle, le FN serait ainsi un
parti (néo)-fasciste en gestation, c’est-à-dire non achevé,
auquel il manque une base militante de masse disponible à prendre la
rue -mais
dont les différents groupuscules existants et tolérés en France
sont indéniablement un avant-gout -.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>
Face
à l’imminence du péril de cette jonction, Ugo met en avant la
nécessité de «
<em>bloquer
la création d’une organisation fasciste implantée sur l’ensemble
du territoire et capable de harceler en permanence, par la violence,
les mouvements de contestation (syndicaux, antiracistes, féministes,
etc.). </em>»&nbsp;La
création d’une telle organisation consisterait selon lui dans «
<em>la
cristallisation de son audience électorale (du FN) sous la forme
d’un mouvement de masse </em>»
puisque c’est la «
<em>fusion
entre le projet fasciste et un tel mouvement qui signerait
l’émergence d’un parti fasciste achevé</em>
».&nbsp;</p>



<p>
Ugo
s’attelle aussi à démolir la propagande présentant le FN comme
“le premier parti ouvrier de France” ou “l’incarnation du
peuple” dans le champ politique. En fournissant des données sur la
composition de l’organisation frontiste et de son évolution
historique, il démontre que le parti est principalement ancré dans
les classes moyennes traditionnelles. Cette nature de classe du FN
explique ce qu’Ugo nomme ”<em>l’anticapitalisme
introuvable du FN” </em>et
son incapacité à se développer en dehors du renforcement du
clivage “eux-nous” sur une base ethno-raciale. Ce développement
du FN sur des bases racistes islamophobes est
encore renforcé par la popularité dont il jouit dans le principal
pourvoyeur du racisme en France : l’Etat, police en tête. &nbsp;</p>



<p>
C’est
cette hostilité aux étrangers et à “<em>celles
et ceux qui sont pointés du doigt dans la rhétorique néolibérale
et présentés comme des assistés ou des fraudeurs”</em> qui
marque, bien plus que la peur du chômage et du déclassement, son
électorat populaire.&nbsp; S’il y a donc un plafond de verre, ce
plafond s’éloigne au fur et à mesure que la crise d’hégémonie
se renforce, que le racisme et la xénophobie déchirent la société
française et que l’arsenal répressif de l’Etat se renforce et
que ce rapport de force peut s’inverser.&nbsp;</p>



<p>
La
lutte antifasciste ne peut donc se cantonner à un combat uniquement
contre l’extrême-droite et ses manifestations. Bien au contraire,
Ugo plaide pour une un projet politique révolutionnaire « <em>qui
ne renonce pas au combat contre l’extrême-droite tout en
l’articulant à trois axes politiques fondamentaux : l’opposition
au néolibéralisme ; la bataille contre le durcissement autoritaire
de l’État ; la lutte contre la xénophobie et le racisme ».&nbsp;</em>&nbsp;</p>



<p>
<strong>Quel
antifascisme ?</strong>&nbsp;&nbsp;</p>



<p>
Dans
<em>Fascisme
et Grand Capital</em>,
Daniel Guérin dénonçait déjà en 1936 la politique qui, face au
fascisme, consiste à se cramponner « à
<em>la
planche pourrie de la démocratie bourgeoise » </em>et
rappelait à raison que ce furent les journées ouvrières des 9 et
12 février 1934 et l’action de masse qui permirent de stopper la
poussée fasciste en France. Il dressait le bilan que «
l’<em>antifascisme
est illusoire et fragile, qui se borne à la défensive et ne vise
pas à abattre le capitalisme lui-même ». </em>Ceux
qui feront ce choix seront livrés « <em>pieds
et mains liées </em>»
aux fascistes. Il concluait ainsi : « <em>S’ils
ont le goût du suicide, c’est leur affaire. Entre fascisme et
socialisme, les autres, ceux qui veulent vivre, ont fait leur choix
».</em>&nbsp;</p>



<p>
Pour
nous qui avons fait notre choix, Ugo&nbsp;propose, à la lumière des
défaites et des réussites du mouvement antifasciste dans l’histoire
une stratégie pour la période actuelle&nbsp;:
&nbsp;</p>



<p>
L’antifascisme
est régulièrement confronté à deux impasses : l’opportunisme et
le sectarisme. D’une part l’antifascisme bourgeois qui avance un
«&nbsp;<em>front
républicain</em> »
essentiellement électoraliste&nbsp;et “<em>épargne
les partis dont les politiques ne cessent de favoriser la progression
du FN”. </em>D’autre
part « l’optimisme révolutionnaire » de la «
<em>révolution
imminente</em> »
qui consiste «&nbsp;<em>à
substituer la visée révolutionnaire au combat antifasciste</em>
».
Cette seconde position conduit « <em>à
tous les sectarismes et à esquiver les tâches du présent</em>
».&nbsp;</p>



<p>
La
« <em>seule
voie</em> »
consiste selon lui à «
<em>construire
des mobilisations unitaires et de surpasser les fascistes en nombre,
en préparation et en discipline</em>
»
par « <em>la
construction d’un front uni</em>
»
qui devrait selon lui «
<em>unir
des organisation multiples – syndicales, politiques, associatives
</em>».
Le rôle de ce front devrait être à la fois défensif et offensif,
c’est-à-dire qu’il devrait « <em>stimuler
et coordonner les résistances à l’extrême-droite</em>
»
mais également viser une « <em>alternative
de société passant par une rupture politique donc par la conquête
du pouvoir ».</em>&nbsp;</p>



<p>
Face
aux groupuscules de rue qui n’utilisent que des méthodes
d’intimidation et de terreur, s’organiser par tous les moyens
disponibles, y compris la violence, pour les empêcher de s’exprimer,
par exemple&nbsp;quand ils essayent de s’infiltrer dans les
cortèges des gilets jaunes. Face à ceux qui se situent
essentiellement sur le terrain électoral
comme
le FN, il faut populariser un “<em>discours
politique&nbsp;articulant une réfutation de ses “arguments”
nationalistes&nbsp;et racistes, un projet de société et une
stratégie crédible de défense des acquis sociaux et
démocratiques&#8230;</em>”&nbsp;</p>



<p>
“<em>La
lucidité quant à la possibilité du désastre fasciste, si du
moins, elle cohabite avec la conscience de notre capacité à le
conjurer, peut constituer pour nous, et autour de nous, une
incitation à l’action politique</em>
” finit
par nous dire Ugo.&nbsp;</p>



<p>
Alors
faisons un choix, celui d’un antifascisme qui «
<em>inscrit
son action dans la construction, patiente mais déterminée, d’un
mouvement capable de mettre fin aux politiques néolibérales,
autoritaires et racistes, de stopper le cycle d’appauvrissement qui
affecte les classes populaires, et d’engager une rupture avec
l’organisation capitaliste de la production, des échanges et de la
vie</em>
».&nbsp;&nbsp;</p>



<p>
Construisons
partout où nous sommes des fronts unis&nbsp;antiracistes et
antifascistes qui s’articulent autour de&nbsp;l’opposition au
néolibéralisme, la bataille contre le durcissement autoritaire de
l’Etat et la lutte contre tous les racismes.&nbsp;</p>



<p> <em>Indispensable outil pour chaque antifasciste, ce livre mérite assurément sa place dans ta bibliothèque.</em>&nbsp;</p>



<p style="text-align:right">Gabriel Cardoen et Florian Klein</p>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/petite-bibliotheque-a2c/la-trajectoire-dun-desastre-previsible-et-resistible-a-propos-de-la-possibilite-du-fascisme-dugo-palheta/">La trajectoire d’un désastre prévisible et résistible</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Le Monde des grands projets et ses ennemis, de Serge Quadruppani</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/petite-bibliotheque-a2c/le-monde-des-grands-projets-et-ses-ennemis-de-serge-quadruppani/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[A2C]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 12 May 2018 08:55:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Petite bibliothèque A2C]]></category>
		<category><![CDATA[Écologie]]></category>
		<category><![CDATA[Livre]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://autonomiedeclasse.wordpress.com/?p=1051</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Éditions La Découverte, 160 pages, 13 euros. Sortie le 16 mai. Un essai politique qui arrive fort à propos, à l’aube de ce mois de mai si prometteur. À l’heure de la tentative de démantèlement <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/petite-bibliotheque-a2c/le-monde-des-grands-projets-et-ses-ennemis-de-serge-quadruppani/" title="Le Monde des grands projets et ses ennemis, de Serge Quadruppani">[...]</a></div>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/petite-bibliotheque-a2c/le-monde-des-grands-projets-et-ses-ennemis-de-serge-quadruppani/">Le Monde des grands projets et ses ennemis, de Serge Quadruppani</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Éditions La Découverte, 160 pages, 13 euros. Sortie le 16 mai.<br />
Un essai politique qui arrive fort à propos, à l’aube de ce mois de mai si prometteur. À l’heure de la tentative de démantèlement de la ZAD de Notre-Dame-des Landes et des jérémiades indignées des pourfendeurs du Black Bloc et des cortèges de tête, Serge Quadruppani nous invite à nous interroger sur l’expression nouvelle et hétéroclite de nos révoltes, et sur les nouvelles pratiques révolutionnaires.<br />
Vers une nouvelle critique des rapports d’exploitation<br />
Loin des sociologues et politologues de salon, ainsi que des « journalistes » faiseurs d’opinion, Serge est avant tout un activiste « qui réfléchit » et nous fait réfléchir. Arpentant le pavé parisien depuis plusieurs décennies, avide de s’approprier et de nous faire partager les expériences des zadistes de NDDL ou du Val-de-Suse, il dessine ici les contours d’une nouvelle critique des rap-ports d’exploitation, que l’on a trop souvent tendance à limiter au monde de l’entreprise. Mais loin d’opposer ou de hiérarchiser luttes des salariéEs et luttes pour le contrôle et l’autogestion des zones à défendre, l’auteur s’attache à en démontrer leur singularité et leur complémentarité et des-sine un camp social, « Nous », qui s’affronte au Capital et ses grands projets inutiles.<br />
« Contre l’aéroport et son monde » proclamaient depuis plusieurs années les banderoles des za-distes de NDDL et autres lieux à défendre, et ce n’est pas un hasard si l’on a retrouvé dans les cortèges de tête du printemps 2016 semblables formulations : « Contre la loi « Travaille ! » et son monde ». Mais de quel monde sommes-nous l’ennemi ? Et quel est ce « nous » dont je suis ?<br />
Cortège de tête<br />
Ce « nous », ce sont toutes celles et ceux qui, au fil des manifs « traîne-savates » n’en peuvent plus de voir leur recherche de conflictualité résumée à défiler, gentiment et tristement, derrière des banderoles, serrer quelques dizaines de paluches, taper la bise aux amiEs, boire trois mojitos, écouter trois fois Hexagone ou Antisocial, lors de défilés que relateront ironiquement, et en deux minutes, les JT du soir. Ce sont les fameux cortèges de tête, de plus en plus massifs, où se retrou-vent pêle-mêle des équipes syndicales combatives, des retraitéEs, des jeunes qui s’attaquent aux symboles du capitalisme (McDo, banques, assurances, marchands de bagnoles…) et à la police. « Personne ne semble outré qu’on couvre les murs de slogans (le plus souvent drôles et créatifs), ni trouver qu’agences bancaires et immobilières fussent cibles illégitimes. Le fait que la majorité des participants au cortège de tête ne se joigne pas directement à l’action montre sans doute non pas tant qu’ils sont retenus par la peur mais que pour se mettre davantage en danger, ils ont be-soin qu’apparaisse la possibilité de faire mieux que de casser du verre&#8230; »<br />
<img decoding="async" src="https://extranet.editis.com/it-yonixweb/IMAGES/DEC/P3/9782707199225.JPG" alt="RÃ©sultat de recherche d'images pour &quot;Le Monde des grands projets et ses ennemis, de Serge Quadruppani&quot;" /><br />
« Une mine mondiale de pratiques militantes »<br />
Trop riche pour être résumé en quelques phrases, le livre de Serge Quadruppani fait le récit de la lutte, peu connue ici, des NoTav du Val-de-Suse, face à la ligne Lyon-Turin, autre grand projet aussi inutile que la construction d’un aéroport à NDDL, puis il décline la multitude d’autres projets de par le monde qui, ces dernières années, ont mis en mouvement des centaines de milliers de personnes qui résistent à l’air du temps.<br />
« Citoyennes ou radicales, ou les deux à la fois, toutes les batailles contre les grands projets n’ont pas donné naissance, loin s’en faut, à des réalités aussi fortes et enracinées que celle de Notre-Dame-des Landes ou du Val-de-Suse. Mais leur mise en réseau, avec l’échange d’expériences, d’analyses et d’émotions qu’elle suppose, est en train de créer une mine mondiale de pratiques militantes, de savoirs et de créativité ».<br />
Des sujets cruciaux que les anticapitalistes devraient s’approprier au plus vite.<br />
Alain Pojolat<br />
&nbsp;<br />
Article d&rsquo;abrod paru dans <a href="https://npa2009.org/idees/culture/le-monde-des-grands-projets-et-ses-ennemis">l&rsquo;Anticapitaliste</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/petite-bibliotheque-a2c/le-monde-des-grands-projets-et-ses-ennemis-de-serge-quadruppani/">Le Monde des grands projets et ses ennemis, de Serge Quadruppani</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Mamadou m’a dit…. Les luttes des foyers des 70’s, Révo ! Afrique, l’OCA, AfricaFête&#8230;</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/discussions-formations-a2c/mamadou-ma-dit-les-luttes-des-foyers-des-70s-revo-afrique-loca-africafete/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[A2C]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 26 Jan 2018 13:56:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[Discussions débats formations]]></category>
		<category><![CDATA[Petite bibliothèque A2C]]></category>
		<category><![CDATA[A2C vous invite]]></category>
		<category><![CDATA[Livre]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://autonomiedeclasse.wordpress.com/?p=955</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Mamadou m’a dit est un livre militant, un livre de militantEs. Une histoire de luttes, l’histoire de la rencontre, entre juin 1969 et décembre 1982, entre deux mondes, les « militants professionnels » de l’après 68 et les <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/discussions-formations-a2c/mamadou-ma-dit-les-luttes-des-foyers-des-70s-revo-afrique-loca-africafete/" title="Mamadou m’a dit…. Les luttes des foyers des 70’s, Révo ! Afrique, l’OCA, AfricaFête&#8230;">[...]</a></div>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/discussions-formations-a2c/mamadou-ma-dit-les-luttes-des-foyers-des-70s-revo-afrique-loca-africafete/">Mamadou m’a dit…. Les luttes des foyers des 70’s, Révo ! Afrique, l’OCA, AfricaFête&#8230;</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="font-weight: 400; text-align: justify;"><em>Mamadou m’a dit</em> est un livre militant, un livre de militantEs. Une histoire de luttes, l’histoire de la rencontre, entre juin 1969 et décembre 1982, entre deux mondes, les « <em>militants professionnels</em> » de l’après 68 et les travailleurs immigrés résidents dans les foyers pour migrants. C’est l’histoire des luttes contre « <em>le colonialisme à domicile</em> », l’histoire des comités de résidents, des grèves des loyers, l’histoire de luttes de l’immigration trop souvent négligées en France. C’est aussi l’histoire d’une époque, d’un journal <strong><em>Révolution ! Afrique</em></strong>, de groupes révolutionnaires sur le continent africain. C’est l’histoire de l’Organisation des Communistes Africains et de comment elle a bravé la répression. C’est l’histoire de la lutte contre le paternalisme, d’où qu’il vienne, des militants français ou des dignitaires du village. C’est l’histoire d’un internationalisme en actes !</p>
<p style="font-weight: 400; text-align: justify;">À l’heure où les foyers sont liquidés, remplacés par des « <em>résidences sociales</em> » aseptisées, « <em>sécurisées</em> », individualisées à l’extrême, laissant les résidents, privés de tout lieu collectif, seuls face à la gestion raciste des bailleurs, mais où la résistance s’organise ; À l’heure du renforcement du néocolonialisme, et où les mobilisations contre le franc CFA s’enracinent sur le continent et dans la diaspora ; À l’heure du racisme d’État meurtrier et de la préparation du 17 Mars, journée internationale de manifestation contre le racisme et le fascisme, il nous a semblé utile de revenir sur cette histoire et ces histoires trop peu connues, tant des militantEs que des résidents des foyers. De renouer les fils de ces luttes pour tracer ensemble les perspectives « <em>d’un internationalisme à domicile</em> », qui, par-delà les différences avec les luttes racontées dans le livre, nous serve de boussole dans nos luttes avec les migrantEs, les sans papieEREs, les résidents des foyers, les habitantEs des quartiers populaires, les victimes de violences policières,…</p>
<p style="font-weight: 400; text-align: justify;"><strong>C’est pourquoi A2C – Pour l’Autonomie de classe &#8211; vous invite à une:</strong></p>
<p style="font-weight: 400; text-align: justify;"><strong>Discussion publique avec Gilles de Staal (Harpo), </strong><strong>(auteur du livre <em>Mamadou m’a dit</em> et protagoniste de l’aventure) </strong></p>
<h2 style="font-weight: 400; text-align: justify;"><strong>vendredi 2 février 2018 à partir de 19h, </strong></h2>
<p style="font-weight: 400; text-align: justify;"><strong>58 rue des Amandiers (métro Père-Lachaise)</strong></p>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/discussions-formations-a2c/mamadou-ma-dit-les-luttes-des-foyers-des-70s-revo-afrique-loca-africafete/">Mamadou m’a dit…. Les luttes des foyers des 70’s, Révo ! Afrique, l’OCA, AfricaFête&#8230;</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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