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	<title>Archives des Liban - A2C - Autonomie de classe</title>
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	<description>Pour l&#039;autonomie de classe !</description>
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	<title>Archives des Liban - A2C - Autonomie de classe</title>
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		<title>Cessez-le-feu en Iran : Coup dur pour l&#8217;impérialisme américain et le projet sioniste !</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/a2c/cessez-le-feu-en-iran-coup-dur-pour-limperialisme-americain-et-le-projet-sioniste/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Emil]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Apr 2026 15:24:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A2C]]></category>
		<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Il y a maintenant plus de 40 jours les États-Unis ont attaqué, à l&#8217;initiative de la puissance régionale sioniste, l&#8217;Iran.&#160;Cette attaque, ainsi que celles au Liban, a été initiée par Israël dans une volonté politique <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/a2c/cessez-le-feu-en-iran-coup-dur-pour-limperialisme-americain-et-le-projet-sioniste/" title="Cessez-le-feu en Iran : Coup dur pour l&#8217;impérialisme américain et le projet sioniste !">[...]</a></div>
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<p><em>Il y a maintenant plus de 40 jours les États-Unis ont attaqué, à l&rsquo;initiative de la puissance régionale sioniste, l&rsquo;Iran.&nbsp;</em><br>Cette attaque, ainsi que celles au Liban, a été initiée par Israël dans une volonté politique de renforcer sa position dominante dans la région. Après deux ans de génocide en toute impunité, Israël a saisi un boulevard pour attaquer l&rsquo;Iran, obstacle politique et économique principal à leur hégémonie régionale. L’objectif affiché semblait être l’affaiblissement, voire la chute, du régime iranien.<br>Les États Unis, comme l&rsquo;ont démontré les annonces de Marco Rubio, secrétaire d&rsquo;Etat américain ont été précipité dans la guerre par Israël qui a affirmé vouloir attaquer avec ou sans le soutien des USA. Toutefois, cette guerre reste principalement déterminée par le déclin des USA au Moyen-Orient qui exacerbe les rivalités Iran/Israël pour le contrôle de la région. Et Trump a ses propres raisons de mener la guerre contre l&rsquo;Iran, notamment dans son affrontement avec leur rival premier, la Chine.<br>Cette guerre, déjà périlleuse pour un gouvernement américain qui avait annoncé ne plus vouloir reproduire les erreurs du passé dans la région (guerre en Irak, enlisement guerres sans objectifs politiques) s&rsquo;est confronté à une résistance forte du régime iranien.<br>Malgré une tentative de décapitation de ce dernier, le régime s&rsquo;est maintenu et a résisté militairement. Mais il a aussi su se saisir du détroit d&rsquo;Ormuz dans le rapport de force face aux Etats Unis, qui a participé, en déstabilisant l&rsquo;economie capitaliste mondiale à rendre cette guerre impopulaire et à affaiblir de nouveau l&rsquo;hégémonie américaine.<br>Ce cessez-le-feu arrive seulement 10 jours après la mobilisation massive « No kings » aux Etats Unis, plus grande manifestation de l&rsquo;histoire du pays rassemblant plus de 8 millions de personnes. Cette mobilisation a sans aucun doute joué dans l&rsquo;ouverture de négociations avec l&rsquo;Iran face à une impopularité croissante du président Trump et de sa politique internationale dans son propre pays.</p>



<p>Dans ce contexte, les dynamiques de mobilisation par en bas constituent un élément décisif qui peut influer la tournure des événements. Le premier mai, pas toujours « grévé » outre-atlantique se prépare cette année autour de mots d&rsquo;ordres tels que « No ICE, no war, no billionaires » (Non à l&rsquo;ICE, à la guerre, aux milliardaires).<br>En Iran, malgré la répression, des secteurs de la population ont également exprimé leur rejet de l’agression extérieure tout en maintenant leur opposition au régime. Un communiqué de nos camarades egyptiens témoignent : </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-style-default is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>La victoire s&rsquo;est confirmée quand une jeune femme opposée au régime iranien despotique s&rsquo;est levée pour dire : « J&rsquo;ai été jugée il y a quelque temps pour ne pas avoir porté le voile, et pourtant je sors aujourd&rsquo;hui dans la rue pour défendre mon peuple et ma terre contre le colonialisme et l&rsquo;impérialisme. Quand l&rsquo;agression prendra fin, je retournerai dans les rangs de l&rsquo;opposition avec encore plus de force, car je suis de plus en plus convaincue que le peuple peut faire l&rsquo;impossible s&rsquo;il le veut. » Ces éléments confirment qu’une voie indépendante existe, portée par les peuples eux-mêmes.</p>
</blockquote>



<p><strong>Une première défaite politique mais une guerre qui persiste</strong><br>Le cessez-le-feu annoncé mardi soir par Trump semble témoigner d&rsquo;une incapacité américaine à trouver une issue à cette guerre, se saisissant alors de la proposition iranienne permettant d&rsquo;ouvrir une séquence de negociation. La proposition iranienne en 10 points contient entre autres la fin des sanctions, des réparations pour les dommages causés au régime, le retrait des troupes américaines du Moyen Orient&#8230;<br>Si cette étape est une premiere victoire, nous devons la renforcer en offrant une issue par en bas à la guerre impérialiste au Moyen Orient. Car la guerre se poursuit et les ravages de l&rsquo;entité sioniste persistent, à Gaza où la crise humanitaire s&rsquo;aggrave sous les bombes, et au Liban ou les bombardements prennent une ampleur inédite depuis l&rsquo;annonce du cessez-le-feu US-Iran. L&rsquo;irruption d&rsquo;un mouvement de masse contre la guerre et l&rsquo;impérialisme, exigeant en premier lieu la défaite des Etats-Unis et d&rsquo;Israël dans la région, nous savons à la lumière de l&rsquo;histoire que le déclin des grandes puissances peuvent entraîner le monde entier vers la guerre généralisée. <br>En France nous devons renforcer un mouvement anti-impérialiste et anti-guerre d&rsquo;ampleur, capable d&rsquo;interrompre les ventes d&rsquo;armes du gouvernement français à l&rsquo;état génocidaire qui continue de bombarder le Liban et la Palestine en dépit du cessez-le-feu.&nbsp;<br>L&rsquo;engouement autour du depart de la flotille pour Gaza et la diffusion a échelle de masse de la pétition contre la loi Yadan démontrent que nous sommes des centaines de milliers a ne plus supporter les genocides et les guerres. Nous devons convertir l&rsquo;énergie mise à soutenir des bateaux ou à signer une pétition en capacité à se battre, à se rassembler, à se mettre en grève et pas seulement en solidarité pour la Palestine, mais aussi plus largement contre la guerre et l&rsquo;impérialisme,&nbsp; en exigeant concrètement l&rsquo;arrêt des attaques étasuniennes et israéliennes au Moyen Orient.</p>



<p><strong>A2C</strong></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Quelle stratégie de libération au Moyen-Orient?</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/international/quelle-strategie-de-liberation-au-moyen-orient/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jakubowski]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 22 Jan 2025 15:59:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Vidéos]]></category>
		<category><![CDATA[anti-impérialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Égypte]]></category>
		<category><![CDATA[Impérialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Liban]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[Palestine]]></category>
		<category><![CDATA[Syrie]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Le 17 janvier 2024, A2C organisait au CICP (Paris) un débat sur le thème « Quelle stratégie de libération au Moyen-Orient?« , avec la participation de : L&#8217;introduction par Meriem revient sur le sens pour nous d&#8217;une <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/quelle-strategie-de-liberation-au-moyen-orient/" title="Quelle stratégie de libération au Moyen-Orient?">[...]</a></div>
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<p>Le 17 janvier 2024, A2C organisait au CICP (Paris) un débat sur le thème « <em><strong>Quelle stratégie de libération au Moyen-Orient?</strong></em>« , avec la participation de :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Samir et Halla (<em>Courant de la Gauche révolutionnaire</em> &#8211; Syrie, en duplex depuis Damas) « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=nMvvvXE3ylg&amp;t=96s">01:</a><a href="https://www.youtube.com/watch?v=nMvvvXE3ylg&amp;t=96s" target="_blank" rel="noreferrer noopener">36</a>« </li>



<li>Omar Alsoumi (<em>Boussole Palestine</em>) « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=nMvvvXE3ylg&amp;t=957s">15:</a><a href="https://www.youtube.com/watch?v=nMvvvXE3ylg&amp;t=957s" target="_blank" rel="noreferrer noopener">57</a>« </li>



<li>Ghayat Naisse (<em>Courant de la Gauche révolutionnaire</em> &#8211; Syrie) « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=nMvvvXE3ylg&amp;t=1797s" target="_blank" rel="noreferrer noopener">29:57</a>« </li>



<li>Ahmed (<em>Socialistes Révolutionnaires</em> &#8211; Égypte) « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=nMvvvXE3ylg&amp;t=2725s" target="_blank" rel="noreferrer noopener">45:25</a>« </li>



<li>Jad Bouharoun (<em>A2C</em>) « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=nMvvvXE3ylg&amp;t=3420s" target="_blank" rel="noreferrer noopener">57:00</a>« </li>
</ul>



<p>L&rsquo;introduction par Meriem revient sur le sens pour nous d&rsquo;une telle discussion :</p>



<p>Le Moyen-Orient, région au cœur de tensions géopolitiques et sociales, connaît des bouleversements majeurs qui redéfinissent les perspectives de libération et d’émancipation. Les récents développements, comme la situation à Gaza avec un accord de « cessez-le-feu » ou la chute de Bachar al-Assad en Syrie, s’inscrivent dans un contexte plus large marqué par les révolutions arabes de 2011. Ces soulèvements populaires, bien qu’étouffés dans de nombreux pays continuent de nourrir des aspirations à la justice sociale et à la liberté tout en posant des questions sur les moyens d’atteindre une véritable transformation.</p>



<p>La lutte au Moyen-Orient ne peut être pensée comme une série de luttes nationales isolées. Qu’il s’agisse de la résistance palestinienne contre le système colonial sioniste, des transformations politiques en Syrie, ou des révoltes étouffées en Égypte, au Liban, au Yémen, au Soudan et ailleurs ces dynamiques sont profondément liées.&nbsp;</p>



<p>Le colonialisme, les régimes autoritaires et la domination impérialiste ne sont pas des phénomènes indépendants, ils forment un système global dans lequel les grandes puissances, les élites locales et les structures économiques capitalistes se renforcent mutuellement et collaborent pour maintenir des millions de personnes dans l’oppression et la précarité.&nbsp;</p>



<p>Penser la libération au Moyen-Orient c’est envisager la libération du point de vue de notre classe : celle des classes populaires, des travailleurs et travailleuses, des pauvres. Cette approche place les opprimés au centre des stratégies de transformation sociale et politique, seule capable de renverser ce système globale de domination et à bâtir un avenir libéré des systèmes d&rsquo;exploitation et d&rsquo;oppressions</p>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/quelle-strategie-de-liberation-au-moyen-orient/">Quelle stratégie de libération au Moyen-Orient?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Au Liban, briser les digues confessionnelles pour renverser la classe dirigeante</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/international/au-liban-briser-les-digues-confessionnelles-pour-renverser-la-classe-dirigeante/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[A2C-WP_Gabo]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 22 Dec 2019 12:12:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Liban]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen-Orient]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Pour une analyse plus détaillée de la façon dont les classes dirigeantes utilise les divisions confessionnelles pour diviser la société libanaise, voir cet article de Bassem Chit, socialiste révolutionnaire libanais mort prématurément en 2014. La <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/au-liban-briser-les-digues-confessionnelles-pour-renverser-la-classe-dirigeante/" title="Au Liban, briser les digues confessionnelles pour renverser la classe dirigeante">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<pre class="wp-block-preformatted"><em>Pour une analyse plus détaillée de la façon dont les classes dirigeantes utilise les divisions confessionnelles pour diviser la société libanaise, voir <a rel="noreferrer noopener" aria-label="cet article (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/divisions-confessionnelles-et-lutte-de-classe-au-liban/" target="_blank">cet article</a> de Bassem Chit, socialiste révolutionnaire libanais mort prématurément en 2014.</em></pre>



<p>La révolution dans le monde arabe est têtue et dure à cuire. Étouffée en Egypte, elle respire au Soudan. Amadouée en Tunisie, elle bat le pavé en Algérie. Ecrasée en Syrie, elle sort de terre au Liban pour répéter son cri de guerre qui hante les puissants de ce monde, “le peuple veut renverser le régime!”</p>



<h3 class="wp-block-heading">Divisions confessionnelles ou antagonisme de classe?</h3>



<p>C’est la “taxe whatsapp” morte-née qui a mis le feu aux poudres, qui a confirmé aux masses ce qu’elles savaient déjà : que la note salée de la crise économique allait être payée par les pauvres, les ouvrièrEs et les employéEs sunnites, chiites et chrétiennEs et non par les banquiers, les grands commerçants et les spéculateurs immobiliers sunnites, chiites et chrétiens. Les masses laborieuses ont ainsi arraché aux politiques un aveu tout simple: la lutte des classes existe bien au Liban, elle est menée depuis longtemps par ceux d’en-haut contre celles et ceux d’en-bas. </p>



<p>On ne pourrait réaliser la portée historique du mouvement actuel contre la corruption et l’austérité sans comprendre la nature des divisions confessionnelles au Liban. Contrairement à ce qui est répété par les intellectuels paresseux de tous bords, ces dernières ne sont pas l’expression d’une mentalité féodale survivante ni du triomphe de la tradition sur la modernité. Comme l’écrit le socialiste libanais Bassem Chit, le confessionnalisme constitue “une intervention de la classe dirigeante qui vise à transformer et contenir la lutte sociale dans des moules confessionnels.” En d’autres mots, les propriétaires capitalistes du Liban, par leur État, leurs partis et leurs institutions justifient leur hégémonie économique et la protègent politiquement par le biais du confessionnalisme religieux.</p>



<p>Le confessionnalisme n’est pas simplement un marché de dupes idéologiques, mais se voit reproduit sur des bases matérielles et sociales. Par exemple, le Hezbollah ne s’est pas contenté d’organiser la résistance armée populaire à l’occupation israélienne du Sud-Liban (dont la population est majoritairement chiite), mais a également mis en place tout un système de services sociaux, éducatifs et hospitaliers à destination de la population chiite. Il a ainsi rempli le vide laissé par l’Etat néolibéral et amorti les effets traumatiques du développement inégal et combiné, de l&rsquo;exode rural et du chômage de masse, et servi d’ascenseur social à toute une génération. C’est ainsi que les masses chiites ont appris à lier leur sort à celui du Hezbollah, devenu bien plus qu’un simple parti politique, et à se dévouer quasi religieusement à “Sayyid Hassan” (Nasrallah), son charismatique secrétaire général. Le Hezbollah n’était pourtant jamais révolutionnaire et ne vit pas dans un monde parallèle, dispensé des contradictions des régimes bourgeois du Liban et de la région. D’un côté, il a accompagné l’émergence d’une minorité bourgeoise (surtout commerciale) parmi les chiites à laquelle il est désormais lié, et a intégré le régime politique libanais par le biais du médiateur Nabih Berri, chef du parti chiite Amal et “parrain” de la corruption. De l’autre, il s’est lié au régime syrien et a profité de la pauvreté, du chômage et d’une propagande religieuse pour mobiliser des dizaines de milliers de combattants, partis tuer et mourir en Syrie pour Bachar Al-Assad. </p>



<p>Ce schéma se retrouve sous des formes et à des degrés divers dans toutes les “communautés religieuses”, par exemple la famille du premier ministre &#8211; et milliardaire &#8211; Hariri a pu jouer un rôle similaire chez les sunnites, par le biais de ses entreprises et de ses associations caritatives. Il est ainsi responsable devant ses partenaires de la classe dirigeante de contenir la “rue sunnite”, de dévier les revendications sociales vers les marécages confessionnels. Il s’agit d’un jeu dangereux dont la classe dirigeante peut perdre le contrôle, comme on l’a vu lors des affrontements armés à répétition entre des quartiers sunnites et alaouites qui ont secoué Tripoli, deuxième ville du Liban, ces dernières années. Encore plus que le Hezbollah, Hariri est sujet aux fluctuations du marché, et ses entreprises au Liban et en Arabie Saoudite subissent la crise de plein fouet et des dizaines de milliers de salariés cumulent plusieurs mois de retards de paiement.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Une crise profonde et générale </h3>



<p>Ce schéma se retrouve sous des formes et à des degrés divers dans toutes les “communautés religieuses”, par exemple la famille du premier ministre &#8211; et milliardaire &#8211; Hariri a pu jouer un rôle similaire chez les sunnites, par le biais de ses entreprises et de ses associations caritatives. Il est ainsi responsable devant ses partenaires de la classe dirigeante de contenir la “rue sunnite”, de dévier les revendications sociales vers les marécages confessionnels. Il s’agit d’un jeu dangereux dont la classe dirigeante peut perdre le contrôle, comme on l’a vu lors des affrontements armés à répétition entre des quartiers sunnites et alaouites qui ont secoué Tripoli, deuxième ville du Liban, ces dernières années. Encore plus que le Hezbollah, Hariri est sujet aux fluctuations du marché, et ses entreprises au Liban et en Arabie Saoudite subissent la crise de plein fouet et des dizaines de milliers de salariés cumulent plusieurs mois de retards de paiement. </p>



<p>Plus généralement, le travail d’associations caritatives saupoudré d’opium confessionnel ne suffit plus à amortir les effets de la crise économique et à cacher l’abysse qui se creuse entre les ultra-riches et les autres. La crise d’hégémonie de la classe dirigeante libanaise, si elle se manifeste aujourd’hui par un mouvement de masse spectaculaire, couve en réalité depuis des années. Le mouvement populaire de 2015 déclenché par la gestion catastrophique de la crise des déchets, elle-même causée par la privatisation néolibérale, constitua une répétition générale de la révolte actuelle. Des milliers de jeunes manifestants venus des quartiers pauvres de la périphérie ont “envahi” le centre-ville de Beyrouth, dont même les trottoirs sont privatisés pour les riches, et le mouvement trouva un écho dans des localités semi-rurales du Nord et de la Bekaa où le gouvernement tenta d’ouvrir des décharges sauvages pour soulager les grandes villes. Les luttes syndicales dans le secteur public, notamment l’énergie, les écoles et l’université ont également, par solidarité de classe, rejeté les divisions confessionnelles et partisanes que les dirigeants ont tenté d’utiliser pour briser les grèves. Un mouvement contre les violences faites aux femmes (et, naturellement, la complicité des autorités) est en phase ascendante depuis plusieurs années et dépasse, lui aussi par nécessité, les divisions sectaires et religieuses imposées par en-haut. Enfin, une tentative récente (été 2019) par le ministre du travail de restreindre encore plus les droits des travailleurEs palestiniennEs (déjà soumisEs à une forme d’apartheid) fut contrée par un mouvement de protestation parti des camps de réfugiés, mais qui a trouvé une solidarité de masse avec des travailleurEs libanaisEs lors de manifestations communes dans la ville de Saïda. </p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img data-dominant-color="775c56" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #775c56;" fetchpriority="high" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2019/12/B9721312302Z.1_20191020011840_000G9VENR414.2-0-1024x576.jpg" alt="" class="wp-image-3509 not-transparent" width="580" height="326"/></figure>



<p>De plus en plus de LibanaisEs se rendent compte que les divisions confessionnelles, omniprésentes dans les institutions et les discours politiques, servent de couverture à leur appauvrissement généralisé et sont un luxe que celles et ceux d’en bas ne peuvent plus se permettre. Ce n’est pas un hasard si les deux premiers martyrs de la révolution sont tombés dans la banlieue sud de Beyrouth et à Tripoli, respectivement fief du Hezbollah chiite et “forteresse des sunnites”, mais surtout des territoires où règnent la pauvreté et la précarité. Ce sont bien les pauvres, souvent très croyants, que les intellectuels “progressistes” traitent de moutons et d’esclaves, qui ont brisé les tabous, joué les premiers violons et donné l’opportunité à des centaines de milliers de personnes d’pour exprimer leur ras-le-bol et leur unité nouvelle. La révolution contre la bourgeoisie confessionnelle n’est plus un fantasme lointain mais est bel et bien à l’ordre du jour. </p>



<p>Nous ne sommes pourtant pas face à une révolution purement économique, mais face aux prémices d’une “crise générale des rapports réciproques entre toutes les classes de la société, une crise nationale.” Les pauvres comme les classes moyennes et même de petites sections de la bourgeoisie participent au soulèvement, quoique sous des formes différentes. L’exploitation comme les violences policières, les inégalités comme la corruption, le chômage de masse comme la dégradation de l’environnement font partie des motivations des gens. Mais la réponse à la crise ne saurait être qu’une réponse révolutionnaire de classe. En effet, comme le confessionnalisme, la corruption n’est pas une tumeur greffée sur un corps sain, mais la conséquence logique de tout un système. Les millions dérobés par les politiciens ou les officiers hauts placés passent pour de la petite filouterie comparée aux 50% du budget de l’Etat dédiés chaque années au paiement des intérêts sur la dette souveraine détenue par des banques libanaises !  </p>



<h3 class="wp-block-heading">Renforcer l&rsquo;autonomie de notre classe</h3>



<p>Le morcellement de la base sociale des partis confessionnels, et notamment du Hezbollah, a commencé, mais il doit encore s’approfondir si la révolution veut vraiment renverser le régime.</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img data-dominant-color="83787d" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #83787d;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2019/12/Poing-de-la-révolution-2.jpg" alt="" class="wp-image-3506 not-transparent" width="580" height="386"/><figcaption><em>Le poing de la révolution à Beyrouth</em></figcaption></figure>



<p>Celles et ceux qui ont versé leur sang dans la lutte contre Israël, qui ont vécu la pauvreté extrême et l’humiliation policière quotidienne ne vont pas déserter «leur » camp politique et confessionnel pour suivre une petite bourgeoisie libérale qui souhaite limiter la lutte contre la corruption à quelques mesures symboliques, qui rêve d’une économie privatisée, qui veut remplacer le confessionnalisme par un nationalisme libanais et qui fantasme sur un Liban « neutre » et isolé des peuples voisins et de leurs luttes. Toutes ces questions sont en train de se poser lors de luttes politiques au sein même du mouvement.</p>



<p>Il est difficile de prévoir comment va évoluer le mouvement qui se cherche actuellement un second souffle, mais la distance parcourue en six semaines est phénoménale. L’écran de fumée du « régime fort » du président Aoun et les divisions qui semblaient éternelles entre celles et ceux d’en bas ont laissé leur place au slogan le plus populaire du moment : « que chute le régime des banques ! ».</p>



<h5 class="wp-block-heading">Jad Bouharoun</h5>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/au-liban-briser-les-digues-confessionnelles-pour-renverser-la-classe-dirigeante/">Au Liban, briser les digues confessionnelles pour renverser la classe dirigeante</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Divisions confessionnelles et lutte de classe au Liban</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/international/divisions-confessionnelles-et-lutte-de-classe-au-liban/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[A2C-WP_Gabo]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 06 Dec 2019 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Liban]]></category>
		<category><![CDATA[Religion]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Cet article a été écrit en anglais. Le titre original est «&#160;Sectarianism and class&#160;». La traduction littérale devrait donc être «&#160;Sectarisme et classe&#160;». Mais le mot sectarisme en français a une connotation plus péjorative et <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/divisions-confessionnelles-et-lutte-de-classe-au-liban/" title="Divisions confessionnelles et lutte de classe au Liban">[...]</a></div>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<pre class="wp-block-preformatted"><em>Cet article a été écrit en anglais. Le titre original est «&nbsp;Sectarianism and class&nbsp;». La traduction littérale devrait donc être «&nbsp;Sectarisme et classe&nbsp;». Mais le mot sectarisme en français a une connotation plus péjorative et est rarement utilisé pour les religions principales. Nous l’avons donc en général traduit par confessionnalisme et parfois par divisions confessionnelles ou communautarisme confessionnel ou simplement communautarisme. De même nous avons traduit le terme «&nbsp;secular&nbsp;» par «&nbsp;séculier&nbsp;» même si le mot est peu utilisé en français plutôt que «&nbsp;laïc&nbsp;». Ce dernier mot a une signification «&nbsp;politique&nbsp;» en français que le terme «&nbsp;secular&nbsp;» n’a pas forcément en anglais.</em></pre>



<h3 class="wp-block-heading">Racines historiques du confessionnalisme</h3>



<p>Le communautarisme confessionnel au Liban a émergé dans le contexte, d’un côté des réformes ottomanes dans le Mont Liban du&nbsp;XIX<sup>e</sup>&nbsp;siècle et, de l’autre, du développement et de l’expansion du capitalisme européen au Moyen-Orient.</p>



<p>Le confessionnalisme ne peut être extrait de ce contexte historique car celui-ci est à la base de son existence comme système de gouvernance et comme tendance de l’expansion capitaliste.</p>



<p>Le livre d’Oussama Makdissi&nbsp;<em>La culture du confessionnalisme</em>&nbsp;explique parfaitement son développement dans la culture du Liban et date son apparition ainsi&nbsp;: «&nbsp;<em>quand l’ancien régime du Mont Liban, qui était dominé par une hiérarchie au sein de laquelle le rang séculier plutôt que l’appartenance religieuse définissait la politique, fut discrédité au milieu du&nbsp;XIX<sup>e</sup>&nbsp;siècle.</em>&nbsp;» Ces changements étaient un reflet de transformations sociales, plus spécifiquement liées au développement de l’industrie de la soie, concentré dans les villages maronites du Mont Liban, ayant commencé au&nbsp;XVIII<sup>e</sup>&nbsp;siècle.</p>



<p>Les structures et relations de production féodales disparaissaient lentement tandis qu’une bourgeoisie naissante, dont la richesse provenait de l’industrie de la soie et du commerce, gagnait un contrôle plus important des ressources économiques du Mont Liban. De ces types de développements au niveau des classes dirigeantes, il résulta un discrédit pour le système de production féodal jusqu’alors dominant&nbsp;: le début du&nbsp;XIX<sup>e</sup>&nbsp;siècle vit plusieurs révolutions paysannes brutalement réprimées par les seigneurs féodaux.</p>



<p>Cependant, ces conditions révolutionnaires ne résultaient pas, purement, des divisions de classes. En effet, ici, la théorie de Trotsky du «&nbsp;développement inégal et combiné du capital&nbsp;» est utile pour comprendre la raison de la mutation d’un antagonisme de classe en conflit entre communautés religieuses.</p>



<p>Le développement du capitalisme au Mont Liban était inégal entre les différentes communautés de la région (maronites et druzes) et, à l’intérieur même, de chacune de ces communautés.</p>



<p>Ce développement hétérogène n’était pas le simple produit d’un contexte local. Le capitalisme du Mont Liban à ce stade de son histoire était principalement dépendant de l’investissement économique colonial venu d’Europe. Les conceptions de l’élite bourgeoise européenne l’amenaient à concevoir les conditions de la modernité au Mont Liban comme une dynamique intra-religieuse. Pour elle, les conditions du nationalisme et de la modernité existaient au sein d’une religion ou d’une tribu, ou encore, comme le décrivaient les intellectuels européens pour le Mont Liban, à travers les «&nbsp;Nations&nbsp;» Druze et Maronite.</p>



<p>Une telle compréhension de l’histoire conduisit l’investissement capitaliste européen au Liban à se concentrer dans la communauté qu’ils considéraient comme la plus proche de l’Europe par ses traditions culturelles et religieuses&nbsp;: les maronites (chrétiens catholiques reconnus par le pape Hormisdas depuis le 10&nbsp;février 518).</p>



<h3 class="wp-block-heading">Une histoire moderne, non un produit de la tradition</h3>



<p>Les investissements capitalistes européens furent concentrés dans l’industrie de la soie. Ainsi, en 1852 le capital français possédait cinq des neuf usines à soie et le capital britannique en possédait deux. Ces investissements ont permis de développer la richesse et de façonner la nature de la bourgeoisie locale naissante. «&nbsp;<em>Entre 1873 et 1902 la production de soie au Liban et en Syrie augmenta de plus de 350%, ceci étant dû entièrement à l’accroissement de la demande étrangère (principalement française). De plus le poids des produits de la soie dans les exportations depuis le port de Beyrouth doubla d’environ 25% au milieu du siècle à 50% dans les années 1890. La production au Liban et en Syrie crût plus rapidement de 1873 à 1915 quand la dépendance envers le France devint presque totale&nbsp;: 40% des exportations de soie étaient envoyés en France en 1873 pour atteindre 99% en 1914. Juste avant la guerre la production de soie composait 73% de la valeur ajoutée dans l’agriculture et l’industrie et 36% du produit national brut au Mont Liban.</em><span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_3435_8('footnote_plugin_reference_3435_8_1');" onkeypress="footnote_moveToReference_3435_8('footnote_plugin_reference_3435_8_1');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_3435_8_1" class="footnote_plugin_tooltip_text">1</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_3435_8_1" class="footnote_tooltip">Carolyn Gates,&nbsp;<em><a href="http://books.google.com/books?id=yrGuIVtzNggC&amp;printsec=frontcover&amp;dq=Merchant+Republic+of+Lebanon&amp;client=firefox-a#v=onepage&amp;q=&amp;f=false" target="_blank" rel="noreferrer noopener" aria-label=" (s’ouvre dans un nouvel onglet)">Merchant Republic of Lebanon</a></em>, Centre for Lebanese Studies, p. 13.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_3435_8_1').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_3435_8_1', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>&nbsp;»</p>



<p>Puisque les investissements européens se concentraient dans la communauté maronite c’est au sein de celle-ci que les développements économiques étaient importants tandis que la communauté druze restait organisée dans des structures féodales.</p>



<p>Ainsi, la puissance économique au sein des communautés maronites était de plus en plus concentrée par la bourgeoisie chrétienne naissante (composée d’orthodoxes et de maronites) tandis que les seigneurs féodaux étaient principalement druzes. De telles contradictions dans les structures socio-économiques du Mont Liban aboutirent à des révoltes de la paysannerie maronite contre les seigneurs féodaux dans les années 1860. Celles-ci auraient pu entraîner une alliance entre paysans druzes et maronites si les seigneurs féodaux, armés jusqu’aux dents, n’avaient réagi si rapidement, brisant la révolte paysanne et empêchant tout soulèvement dans la paysannerie druze.</p>



<p>Les événements de ces années-là sont le marqueur principal du nouveau consensus qui se forgea entre les pouvoirs européens et l’empire ottoman. C’est ce consensus qui permit la formation du système confessionnel de gouvernance qui domine, encore aujourd’hui, la société libanaise. Celui-ci a consisté en l’établissement d’un conseil administratif dont les membres étaient nommés par les dirigeants et clercs de chacune des deux confessions (basé sur le onzième chapitre du protocole de 1861 du Mont Liban, amendé en 1864 pour permettre l’élection de ces officiels tout en préservant la répartition confessionnelle).</p>



<p>Un tel système de gouvernance est toujours en place au Liban avec l’introconfesduction de dix-sept autres confessions suite à la construction du Grand Liban en 1945.</p>



<p>Comprendre ces développements historiques nous permet de voir que le confessionnalisme n’est pas une identité tribale ou religieuse. Ainsi, parce que le confessionnalisme se réfère au déploiement de l’héritage religieux comme premier marqueur de l’identité politique moderne, il est important de le distinguer des conflits religieux qui ont eu lieu dans le monde médiéval et aux débuts de l’époque moderne (par exemple entre les Huguenots et les Catholiques en France)<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_3435_8('footnote_plugin_reference_3435_8_2');" onkeypress="footnote_moveToReference_3435_8('footnote_plugin_reference_3435_8_2');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_3435_8_2" class="footnote_plugin_tooltip_text">2</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_3435_8_2" class="footnote_tooltip">Voir Sandria B.Freitag,&nbsp;<em>Collective Action and Community&nbsp;: Public arenas and the emergence of communalism in North India</em>, Berkley &#8211; University of California Press, 1989, pp 6-18.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_3435_8_2').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_3435_8_2', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>. Le confessionnalisme au Liban est un reflet de la modernité, c’est une histoire moderne. Ce n’est ni une identité profonde ni une tradition&nbsp;: c’est un reflet des contradictions au sein du capitalisme et, fondamentalement, une expression déformée de la lutte de classe.</p>



<h3 class="wp-block-heading">L’impact de la guerre de 1975</h3>



<p>De telles contradictions de classe déformées ne se limitent pas au Liban du&nbsp;XIX<sup>e</sup>&nbsp;siècle mais sont toujours actuelles au début de la guerre civile de 1975 lorsque, par exemple, 40% des plus hauts officiels du gouvernement étaient maronites pour 27% de sunnites et seulement 3,2% de chiites.</p>



<p>Ce statut n’était pas une caractéristique politique et administrative indépendante&nbsp;: c’était un reflet du pouvoir économique au sein de la société libanaise. Saisir cela est essentiel pour comprendre, tant la guerre civile et la période d’après-guerre, que la nature des forces politiques qui dirigent, aujourd’hui, la société libanaise. Certaines d’entre elles préexistaient à la guerre alors que d’autres, qui ont plus d’influence aujourd’hui, sont principalement les produits, d’une part, de la guerre civile (de ses effets sur l’économie et la politique) et, d’autre part, des inégalités de richesse entre toutes les communautés. Il ne faut absolument pas voir la guerre civile au Liban comme un conflit confessionnel. Comme en 1860, elle a été, d’une part, l’expression d’un antagonisme de classe déformé et, d’autre part, la synthèse des contradictions issues d’une déstabilisation de la région (résultant de l’expansion de pouvoirs impérialistes internationaux et régionaux au Moyen-Orient).</p>



<p>Avant la guerre, le gouvernement et l’élite dirigeante étaient contestés par un mouvement séculier nationaliste&nbsp;: Al Hakarat Al Wataniyah. Il était principalement composé de partis communistes et d’extrême-gauche et de partis nationalistes arabes alliés avec des sections de la bourgeoisie, comme Kamal Junblat. Celles-ci étaient influencées par le mouvement nationaliste arabe et plus particulièrement par la révolution palestinienne ou le mouvement nassérien en Égypte. Pourtant, qu’elle soit au pouvoir ou alliée avec la gauche, la bourgeoisie n’a pas hésité à utiliser le confessionnalisme, comme arme principale, pour contrer toute politique de classe et se protéger contre la menace du mouvement ouvrier et des mouvements politiques de gauche. À travers la guerre civile, les pouvoirs impérialistes régionaux (Syrie, Israël) et internationaux (États-Unis, France) sont venus au secours de la classe dirigeante libanaise&nbsp;: cet affrontement est devenu une bataille décisive tant pour les puissances impérialistes pour stopper les mouvements de résistance (notamment palestinien et libanais) que pour les classes dirigeantes locales pour affaiblir les mouvements de travailleurs au Liban.</p>



<p>Cette guerre a détruit l’économie du pays. Celle-ci a été remplacée par ce que l’on appelle «&nbsp;l’économie des milices&nbsp;», c’est à dire une économie qui reposait sur la prise de contrôle des ressources par les milices, la soumission des objectifs économiques aux intérêts particuliers de celles-ci et la collecte des «&nbsp;taxes de protections&nbsp;» (système de collecte d’argent auprès des familles dans chaque zone contrôlée par une milice). Les milices entretenaient des relations commerciales permanentes entre elles vu qu’aucune d’elles ne pouvait atteindre l’indépendance économique dans la région qu’elle contrôlait. Ce système ne pouvait survivre que grâce à l’aide économique et militaire internationale. Pendant les dernières années de la guerre civile (années 1980), on était loin d’une situation de violence intercommunautaire. En réalité, c’était plutôt une guerre des milices contre la population. D’un côté, cela a largement réduit la popularité des milices et, d’un autre, cela a conduit de larges pans de la population à la pauvreté et à la migration. Le tournant dans la politique du régime syrien au Liban, de même que l’invasion par Israël en 1982, a permis l’émergence de nouvelles forces politiques comme le Hezbollah, le mouvement aouniste (lié à Michel Aoun), le mouvement Amal (lié au porte-parole du parlement Nabih Berri) et les forces libanaises (mouvement initialement appelés «&nbsp;les Phalangistes&nbsp;», lancé par Bashir Gemayel en 1976). Seules les deux dernières furent incluses dans les accords de paix de Taef qui ont amené la fin du conflit en 1990.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Lutte de classe déformée</h3>



<p>De manière générale, la guerre a amoindri l’hétérogénéité de richesse et de pouvoir politique entre les différentes confessions pour atteindre une représentation équilibrée au parlement et dans les structures administratives de l’État libanais. Dans le même temps, elle a permis aux bourgeoisies des différentes confessions d’utiliser l’État comme moyen de financer leur pouvoir&nbsp;: en utilisant les ressources économiques du pays pour leur propre communauté, celles-ci ont réussi a créer une relation de dépendance économique entre les travailleurs et la direction bourgeoise de chaque confession. Mais, soumettre la population (spécialement la classe ouvrière) à une dépendance économique totale envers sa direction confessionnelle bourgeoise n’est pas une tâche facile&nbsp;: ce système a été ébranlé par l’accroissement de la population et la dynamique d’urbanisation (la majorité de la population a migré vers les villes, créant les bidonvilles surmontant Beyrouth). De plus avec le tournant néolibéral des années 1990, de larges sections de la classe ouvrière, de différentes confessions, ont été amenées à converger vers les mêmes lieux de travail et à vivre dans des zones mixtes en banlieue. Tout en normalisant la vie en commun, cela a fait apparaître des intérêts de classe communs entre des travailleurs de confessions différentes. Ainsi, il est arrivé de nombreuses fois que l’antagonisme de classe prenne le dessus sur l’opposition interconfessionnelle. Entre les années 2000 et 2005 nous avons assisté à un lent repli du confessionnalisme remplacé par une adhésion plus forte aux luttes syndicales. Ce ressenti populaire s’exprime dans des expressions courantes comme «&nbsp;le problème ce sont les politiciens&nbsp;» ou «&nbsp;quand les dirigeants sont en désaccord ils nous utilisent dans leurs guerres et quand ils sont d’accord, ils se mettent d’accord pour nous faire la guerre&nbsp;». Plus récemment une chanson populaire décrit ce sentiment par «&nbsp;les dirigeants ont quitté le pays, maintenant on peut vivre en paix&nbsp;».</p>



<p>S’il est toujours très important de prendre en compte l’inégalité dans la distribution des richesses entre communautés et les dépendances économiques respectives, il faut également regarder l’image globale des antagonismes de classe dans la société libanaise en dehors des affiliations confessionnelles.</p>



<p>De nombreux propagandistes du confessionnalisme présentent le dernier conflit entre musulmans chiites et sunnites de mai 2008 comme un reflet des haines communautaires et du conflit politique entre le Hezbollah et la coalition dirigeante dominée par Saed El-Din Hariri (fils de l’ancien premier ministre Rafik Hariri, assassiné en 2005, actuel leader du courant du futur, parti politique sunnite dominant). Cependant, ces gens-là sont incapables d’expliquer pourquoi de nombreux Sunnites de la ville de Saida, au sud, ont soutenu le Hezbollah plutôt que de prendre parti pour Hariri.</p>



<p>Pour comprendre cette situation nous devons observer les dépendances économiques qui existent au sein de la communauté sunnite. Hariri, en étant à la tête de la famille capitaliste la plus riche du Liban a réussi à créer d’importantes relations de dépendance économique entre les travailleurs sunnites, ses entreprises et ses investissements économiques. Il a fait cela en employant principalement des Sunnites pauvres dans ses entreprises et ses institutions créant, ainsi, une relation de dépendance confessionnelle pour leur subsistance de base. Par ce système, il est parvenu à nourrir un soutien politique populaire envers ses propres intérêts. Ces conditions existent à large échelle à Beyrouth et dans le nord du Liban mais, beaucoup moins à Saida&nbsp;: c’est ce qui a rendu possible, dans cette ville, l’opposition de sections de la communauté sunnite à Hariri, le 7&nbsp;mai 2008.</p>



<p>Si ces relations de dépendance existent dans chacune des communautés au Liban, elles ne pèsent pas d’un poids égal. La bourgeoisie chiite est principalement implantée dans les secteurs de la propriété et du commerce à faible taux d’embauche de la classe ouvrière chiite. Les travailleurs chiites sont donc conduits à travailler dans des secteurs dominés principalement par la bourgeoisie chrétienne ou sunnite. En même temps, des institutions politiques ont réussi à établir une dépendance sociale et politique envers elles-mêmes. C’est le cas du Hezbollah, par exemple, qui a construit un énorme réseau de solidarité sociale pour la communauté chiite (à la fois dans les banlieues sud de Beyrouth et dans le sud-Liban) durant les années 1980 et 1990. Si ces structures ont commencé à changer de nature ces dernières années (approvisionnant surtout les classes moyennes) il n’en reste pas moins que ce réseau social et, l’efficacité de la résistance que le Hezbollah est parvenu à construire contre l’agression israélienne au sud-Liban (majoritairement chiite), ont accru le soutien populaire quant à sa politique.</p>



<p>Dans le même temps, la communauté chrétienne devient de plus en plus une minorité démographique au Liban du fait d’une tendance plus précoce (à partir des années 1860) à l’urbanisation entraînant une baisse des naissances. La bourgeoisie chrétienne, la plus ancienne et la plus organisée, avait besoin de plus de travailleurs et commença à employer des travailleurs de la communauté chiite spécialement à Beyrouth (tourisme et industrie alimentaire) et dans la Bekaa (agriculture et alimentation).</p>



<p>Si toutes les industries chrétiennes ne sont pas mixtes, la proportion est bien plus importante que dans les secteurs contrôlés par les sunnites alors que les entreprises chiites sont pauvres en main d’œuvre.</p>



<p>L’intégration économique communautaire partielle et le développement des antagonismes de classe associés à la baisse du pouvoir d’achat pour la majorité de la population (plus de 30% de la population vit sous le seuil de pauvreté et 60% des familles libanaises n’a pas un revenu suffisant pour finir le mois<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_3435_8('footnote_plugin_reference_3435_8_3');" onkeypress="footnote_moveToReference_3435_8('footnote_plugin_reference_3435_8_3');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_3435_8_3" class="footnote_plugin_tooltip_text">3</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_3435_8_3" class="footnote_tooltip">«&nbsp;&nbsp;Enquête sur les conditions de vie&nbsp;&nbsp;»,&nbsp;<em>Ministère des affaires sociales</em>, Liban 2004.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_3435_8_3').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_3435_8_3', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>) ont fait réémerger les contradictions de classe.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Classe et confessionnalisme</h3>



<p>L’antagonisme de classe entre la classe dirigeante et les travailleurs se traduit concrètement par des luttes au sein même de la classe ouvrière<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_3435_8('footnote_plugin_reference_3435_8_4');" onkeypress="footnote_moveToReference_3435_8('footnote_plugin_reference_3435_8_4');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_3435_8_4" class="footnote_plugin_tooltip_text">4</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_3435_8_4" class="footnote_tooltip">Voir Tony Cliff,&nbsp;<em><a href="http://quefaire.lautre.net/que-faire/que-faire-lcr-no0-janvier-mars/article/parti-et-classe" target="_blank" rel="noreferrer noopener" aria-label=" (s’ouvre dans un nouvel onglet)">Parti et classe</a></em>.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_3435_8_4').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_3435_8_4', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>. C’est pourquoi beaucoup d’analystes sont confus quant au Liban&nbsp;: ils décrivent cette lutte de classe déformée comme un conflit civil basé sur les haines communautaires alors qu’en réalité, ce sont des contradictions inégales de classe qui sont le moteur principal des affrontements.</p>



<p>Si la société libanaise était simplement caractérisée par la division confessionnelle alors le combat syndical ne devrait pas exister puisque, même dans le contexte libanais, il est décrit comme une lutte séculière et économique. D’ailleurs, cela conduit l’élite dominante à fortement insister sur la nécessité de ne pas lier le syndicalisme à la politique. En effet, elle a peur que l’aspect non confessionnel de ce combat ne se propage à l’arène politique et menace son contrôle sur la société.</p>



<p>La réalité politique libanaise est dominée par un conflit incessant entre une lutte de classe directe (mise en avant par les syndicats, les organisations révolutionnaires et le parti communiste) et une lutte de classe déformée caractérisée par le confessionnalisme (mise en avant par la classe dirigeante).</p>



<p>Voici plusieurs exemples de ce conflit. En 2004 une grève générale a été appelée par les syndicats. Les manifestations se sont propagées dans tout le pays. Des travailleurs chrétiens et musulmans ont défilé côte à côte pour protester contre l’augmentation des prix. Le pays fut paralysé&nbsp;: des manifestations avaient lieu presque partout. Les partis dominants durent alors soutenir la grève pour tenter de la contrôler et empêcher qu’elle ne se propage. Au bout d’un moment la bureaucratie syndicale, sous la pression de l’élite dominante, a voulu stopper la grève. Mais, des travailleurs (notamment dans le secteur des transports), ont appelé à continuer. Les directions syndicales se sont retirées de la grève permettant, ainsi, à l’armée d’intervenir. Les grévistes se sont regroupés à Hay-El Sellom, un des quartiers chiites les plus pauvres de la banlieue sud de Beyrouth&nbsp;: l’armée a ouvert le feu sur les manifestants tuant cinq travailleurs et en blessant des dizaines. Rapidement les médias se sont mis à dépeindre la grève comme une «&nbsp;tentative barbare des chiites pour attaquer l’armée&nbsp;». Les principaux partis (y compris chiites comme Amal ou le Hezbollah) ont soutenu l’armée disant&nbsp;: «&nbsp;L’armée, c’est la ligne rouge&nbsp;». La combinaison entre l’écrasante machine de propagande et le recul des forces progressistes (syndicats et parti communiste) ont permis de dévier la rhétorique de classe vers une rhétorique confessionnelle.</p>



<p>En mai 2006, le syndicat des enseignants a appelé à une manifestation contre la précarisation du travail. Alors qu’un quart de million de travailleurs et de pauvres se mobilisaient et que le décret gouvernemental était retiré, la classe dirigeante a commencé à attaquer le mouvement, disant qu’il s’agissait surtout des chiites et qu’ils étaient infiltrés par des «&nbsp;travailleurs syriens&nbsp;!&nbsp;»<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_3435_8('footnote_plugin_reference_3435_8_5');" onkeypress="footnote_moveToReference_3435_8('footnote_plugin_reference_3435_8_5');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_3435_8_5" class="footnote_plugin_tooltip_text">5</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_3435_8_5" class="footnote_tooltip">Il y a une importante immigration syrienne pauvre au Liban qui permet à des sections de la classe dirigeante de mêler le racisme avec la critique de l’ingérence du régime syrien au Liban (NDT).</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_3435_8_5').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_3435_8_5', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>. Elle a prétendu que la manifestation n’était pas une manifestation de travailleurs mais une tentative de coup d’État planifiée par les Chiites pour prendre le pouvoir. En réalité les travailleurs présents à la manifestation venaient de différents secteurs. Des Chrétiens et des Musulmans marchaient côte à côte, parce qu’ils s’opposaient à la précarisation du travail et détestaient le gouvernement, les uns comme les autres. Les banderoles disant «&nbsp;Nous ne sommes ni chrétiens ni musulmans, nous sommes pauvres&nbsp;» ou «&nbsp;le morceau de pain n’a pas de religion&nbsp;» étaient nombreuses. Dans cette manifestation on avait le sentiment que les divisions confessionnelles étaient de la fausse propagande et que les gens ordinaires n’avaient pas peur de montrer leur unité dans la lutte. Cela permettait de voir que le rapport de forces n’est pas de nature confessionnelle mais de classe.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Hezbollah, classe et résistance</h3>



<p>En janvier 2007, quelques mois après l’agression israélienne de juillet 2006, le Hezbollah et ses alliés (comme les Aounistes, le parti chrétien dominant) ont appelé à une grève générale. Démarrant comme une grève bureaucratique, elle s’est rapidement transformée en soulèvement populaire. Un responsable du Hezbollah, dépassé par les événements, a alors déclaré&nbsp;: «&nbsp;ce qui était prévu comme une grève normale, est devenu une Intifada&nbsp;». Le Hezbollah et ses alliés ont rapidement appelé à la fin de la grève, de peur que le mouvement de la rue ne s’oriente selon ses propres intérêts. Ironiquement le prétexte donné pour arrêter la grève était que celle-ci «&nbsp;créait des tensions confessionnelles&nbsp;»&nbsp;! Cela montre, à l’évidence, que, bien que le Hezbollah soit la force d’opposition à l’occupation et l’impérialisme la plus influente et la plus forte, il recule devant toute lutte de classe de peur de perdre son contrôle sur la communauté chiite.</p>



<p>En réponse aux manifestations syndicales de mars et avril 2008, Hassan Nasrallah (dirigeant du Hezbollah) a déclaré&nbsp;: «&nbsp;<em>Nous ne nous cacherons pas derrière un morceau de pain</em>&nbsp;», faisant écho au refus de son organisation de répondre aux revendications économiques de la population.</p>



<p>Un autre exemple de ces contradictions de la politique du Hezbollah est celui des émeutes contre les coupures d’électricité dans la banlieue sud de Beyrouth. Violemment réprimées par l’armée qui a tué au moins quinze personnes et en a blessé des centaines, la réponse du Hezbollah a été d’appeler à l’arrêt du combat et d’amener des générateurs privés. Fondamentalement, le Hezbollah a, alors, administré un shoot de morphine pour calmer les masses.</p>



<p>En mai 2008, le Hezbollah s’est déployé dans Beyrouth-ouest et a infligé une défaite aux milices gouvernementales dans ce qui peut être caractérisé comme une opération chirurgicale de sécurité. Cependant, cette opération a empêché la manifestation de masse, qui avait été planifiée par la confédération syndicale, d’avoir lieu. Cette opération a substitué l’action de groupes armés à celle des masses. Bien que cela a signifié un recul et a détruit certains rêves de l’impérialisme&nbsp;US&nbsp;au Liban, cela a, également, stoppé le mouvement de masse en poussant tout le monde à rester chez soi.</p>



<p>Ces contradictions se développent au sein du Hezbollah d’autant plus rapidement qu’il est devenu le plus gros parti politique du pays et aussi parce que, spécialement depuis 2005, la direction du Hezbollah se bat pour se faire une place dans la bourgeoisie dirigeante.</p>



<p>Les contradictions se développent notamment parmi les combattants parce que ce sont les mêmes travailleurs qui sont confrontés aux politiques économiques (approuvées par la direction du Hezbollah) et qui combattent l’armée israélienne au sud Liban. Nasrallah a qualifié la victoire de Juillet de «&nbsp;Victoire de Dieu&nbsp;». Mais, dans la réalité, c’est une victoire obtenue par les gens ordinaires, des travailleurs et des étudiants, ceux qui ont pris les armes contre les tanks israéliens et qui ont apporté de l’aide aux familles déplacées. C’est cela le vrai visage de la résistance au Liban&nbsp;: celle des travailleurs et des étudiants se battant contre l’impérialisme et, en même temps, faisant grève et manifestant pour une meilleure paie et de meilleures conditions de vie.</p>



<p>Comme l’a dit Marx, «&nbsp;<em>Les hommes font leur propre histoire, mais ne la font pas arbitrairement, dans les conditions choisies par eux, mais dans des conditions directement données et héritées du passé. La tradition de toutes les générations mortes pèse d’un poids très lourd sur le cerveau des vivants.</em><span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_3435_8('footnote_plugin_reference_3435_8_6');" onkeypress="footnote_moveToReference_3435_8('footnote_plugin_reference_3435_8_6');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_3435_8_6" class="footnote_plugin_tooltip_text">6</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_3435_8_6" class="footnote_tooltip">Karl Marx,&nbsp;<em><a href="http://www.marxists.org/francais/marx/works/1851/12/brum3.htm">Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte</a></em>, Livre de Poche, 2007.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_3435_8_6').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_3435_8_6', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>&nbsp;»</p>



<p>Le combat contre le confessionnalisme au Liban n’est pas un combat qui se déroule essentiellement au niveau des idées. Il ne s’agit pas d’une lutte pour une société plus tolérante. Il s’agit d’une lutte de classe à la fois une lutte contre les idées dominantes et un combat des opprimés contre les oppresseurs. Cette lutte ne peut être menée par la bourgeoisie, au contraire, elle ne peut être menée que par un combat contre la bourgeoisie dirigeante. C’est là que la centralité de la classe ouvrière n’est plus une question théorique. En effet, la seule ligne de défense du peuple libanais contre les divisions confessionnelles et les attaques brutales de la classe dirigeante, c’est l’unité de classe. Nous savons que les idées survivent dans l’histoire aux conditions matérielles qui leur ont donné naissance. Bien que certaines des conditions matérielles qui ont donné naissance au confessionnalisme aient disparu, celui-ci continue d’être un obstacle pour l’émancipation. La lutte de classe est au cœur de notre combat&nbsp;: c’est la seule voie pour détruire le confessionnalisme au Liban.</p>



<h5 class="wp-block-heading">Bassem Chit</h5>
<div class="speaker-mute footnotes_reference_container"> <div class="footnote_container_prepare"><p><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_label pointer" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_3435_8();">Notes</span><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_collapse_button" style="display: none;" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_3435_8();">[<a id="footnote_reference_container_collapse_button_3435_8">+</a>]</span></p></div> <div id="footnote_references_container_3435_8" style=""><table class="footnotes_table footnote-reference-container"><caption class="accessibility">Notes</caption> <tbody> 

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_3435_8_1" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_3435_8('footnote_plugin_tooltip_3435_8_1');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>1</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Carolyn Gates,&nbsp;<em><a href="http://books.google.com/books?id=yrGuIVtzNggC&amp;printsec=frontcover&amp;dq=Merchant+Republic+of+Lebanon&amp;client=firefox-a#v=onepage&amp;q=&amp;f=false" target="_blank" rel="noreferrer noopener" aria-label=" (s’ouvre dans un nouvel onglet)">Merchant Republic of Lebanon</a></em>, Centre for Lebanese Studies, p. 13.</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_3435_8_2" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_3435_8('footnote_plugin_tooltip_3435_8_2');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>2</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Voir Sandria B.Freitag,&nbsp;<em>Collective Action and Community&nbsp;: Public arenas and the emergence of communalism in North India</em>, Berkley &#8211; University of California Press, 1989, pp 6-18.</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_3435_8_3" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_3435_8('footnote_plugin_tooltip_3435_8_3');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>3</a></th> <td class="footnote_plugin_text">«&nbsp;&nbsp;Enquête sur les conditions de vie&nbsp;&nbsp;»,&nbsp;<em>Ministère des affaires sociales</em>, Liban 2004.</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_3435_8_4" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_3435_8('footnote_plugin_tooltip_3435_8_4');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>4</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Voir Tony Cliff,&nbsp;<em><a href="http://quefaire.lautre.net/que-faire/que-faire-lcr-no0-janvier-mars/article/parti-et-classe" target="_blank" rel="noreferrer noopener" aria-label=" (s’ouvre dans un nouvel onglet)">Parti et classe</a></em>.</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_3435_8_5" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_3435_8('footnote_plugin_tooltip_3435_8_5');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>5</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Il y a une importante immigration syrienne pauvre au Liban qui permet à des sections de la classe dirigeante de mêler le racisme avec la critique de l’ingérence du régime syrien au Liban (NDT).</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_3435_8_6" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_3435_8('footnote_plugin_tooltip_3435_8_6');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>6</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Karl Marx,&nbsp;<em><a href="http://www.marxists.org/francais/marx/works/1851/12/brum3.htm">Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte</a></em>, Livre de Poche, 2007.</td></tr>

 </tbody> </table> </div></div><script type="text/javascript"> function footnote_expand_reference_container_3435_8() { jQuery('#footnote_references_container_3435_8').show(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_3435_8').text('−'); } function footnote_collapse_reference_container_3435_8() { jQuery('#footnote_references_container_3435_8').hide(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_3435_8').text('+'); } function footnote_expand_collapse_reference_container_3435_8() { if (jQuery('#footnote_references_container_3435_8').is(':hidden')) { footnote_expand_reference_container_3435_8(); } else { footnote_collapse_reference_container_3435_8(); } } function footnote_moveToReference_3435_8(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_3435_8(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } } function footnote_moveToAnchor_3435_8(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_3435_8(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } }</script><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/divisions-confessionnelles-et-lutte-de-classe-au-liban/">Divisions confessionnelles et lutte de classe au Liban</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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