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	<title>Archives des LGBTQI - A2C - Autonomie de classe</title>
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	<title>Archives des LGBTQI - A2C - Autonomie de classe</title>
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	<item>
		<title>Offensive anti-trans : Comment bâtir la riposte ? </title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/feminisme/offensive-anti-trans-comment-batir-la-riposte/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Vic]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 31 Mar 2025 13:23:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Féminisme]]></category>
		<category><![CDATA[Fascisme]]></category>
		<category><![CDATA[LGBTQI]]></category>
		<category><![CDATA[Trans]]></category>
		<category><![CDATA[Transidentité]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">L’offensive anti-trans en cours à l’internationale est indéniable&#160;: lois interdisant les bloqueurs de puberté votée par le Sénat en France, portée par le Labour Party au Royaume-Uni, multiplication des décrets anti-trans en quelques jours par <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/feminisme/offensive-anti-trans-comment-batir-la-riposte/" title="Offensive anti-trans : Comment bâtir la riposte ? ">[...]</a></div>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>L’offensive anti-trans en cours à l’internationale est indéniable&nbsp;: lois interdisant les bloqueurs de puberté votée par le Sénat en France, portée par le Labour Party au Royaume-Uni, multiplication des décrets anti-trans en quelques jours par le gouvernement Trump, criminalisation des transitions en Russie…</em></p>



<p><em>Les personnes trans apparaissent comme l’une des franges les plus ciblées de notre classe. En tant que révolutionnaires, on se doit de bâtir une réponse à la hauteur.</em></p>



<p><em>Si le but de cet article est stratégique, il fait des détours théoriques, pas pour le plaisir d’avoir raison, mais pour examiner sincèrement ce qui structure les vies trans, et ainsi penser des stratégies qui peuvent gagner.</em></p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #16 &#8211; mars 2025</h6>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Différencier le sexe biologique du genre social</strong></h2>



<p>Il y a une contradiction majoritaire qui anime les débats sur le genre et fait apparaître 2 pôles qui s’affrontent, le premier est progressiste et cherche à défendre les personnes trans, le second, réactionnaire, a pour but de diminuer toujours plus leurs droits, voire de les faire disparaître.</p>



<p>Dans la plupart des associations LGBTQI ou féministes, dans une partie de la gauche institutionnelle (celle qui considère que les conditions des personnes trans sont un sujet), mais aussi dans la majorité des milieux queers même les plus radicaux, une idée domine. «&nbsp;Les personnes trans sont les personnes qui vivent ou qui souhaitent vivre dans un genre différent de celui qui leur a été assigné à leur naissance. La transition de genre est un long processus qui permet à une personne de s’affirmer dans le genre auquel elle s’identifie et dans lequel elle peut s’épanouir”<sup data-fn="1d2a7f39-5154-4882-8097-562c341d4367" class="fn"><a id="1d2a7f39-5154-4882-8097-562c341d4367-link" href="#1d2a7f39-5154-4882-8097-562c341d4367">1</a></sup>.</p>



<p>Cette définition met en avant le genre en le distinguant du sexe. Il y aurait donc, d’un côté, le sexe, biologique, avec lequel chaque personne naîtrait et qui serait déterminé par ses organes génitaux. Et de l’autre côté, il y aurait le genre, qui lui serait culturel, construit par un ensemble de normes physiques et sociales.</p>



<p>Dans la citation au dessus, il y a aussi l’idée que la transition est un épanouissement. C’est un des fondements qui détermine aujourd’hui les existences trans&nbsp;: la transition serait une porte de sortie face au problème qu’est la dysphorie de genre, c’est à dire la souffrance créée par le fait de ne pas être perçu·e comme appartenant au genre auquel on se sent appartenir. Cette notion est clé, car, en France par exemple, c’est elle qui conditionne les possibilités d’accès aux moyens médicaux ou administratifs de transitionner.</p>



<p>À partir de cette double définition, les mouvements politiques ou associatifs revendiquent la mise en place de moyens donnés aux personnes trans pour pouvoir vivre, de la manière la plus simplifiée possible, dans le genre auquel elles veulent appartenir.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les détracteurices de la «&nbsp;théorie du genre&nbsp;»</strong></h2>



<p>Il est plus difficile d’avoir une définition un peu claire qui mettrait d’accord l’ensemble du camp réactionnaire sur la question trans. Et c’est sûrement du fait de sa disparité&nbsp;: il va d’une prétendue gauche écologiste anti-technique aux fascistes de Nemesis, en passant par des fondamentalistes chrétiens comme Civitas<sup data-fn="bf0cdddf-ce05-468b-b64d-fa70c5e76846" class="fn"><a id="bf0cdddf-ce05-468b-b64d-fa70c5e76846-link" href="#bf0cdddf-ce05-468b-b64d-fa70c5e76846">2</a></sup>.</p>



<p>Mais ce sur quoi ils paraissent d’accord c’est qu’il faut combattre une prétendue théorie du genre. Que cette théorie du genre serait omniprésente dans les médias et l’éducation,&nbsp; instrumentalisée par un lobby transactiviste qui aurait pour but de grand remplacer notre civilisation.</p>



<p>Pour combattre cette menace théorique, il faudrait donc renaturaliser le genre, c’est à dire nier l’existence de la non-binarité, et considérer que ne sont hommes ou femmes que les personnes possédant l’appareil génital considéré comme masculin ou féminin.</p>



<p>En France, celles qui poussent le plus loin cette idée, c’est Dora Moutot et Marguerite Stern. Si elles n’ont pas bâti de réel mouvement TERF<sup data-fn="8f92685a-17d9-47f8-9bc5-61b9090e3c28" class="fn"><a id="8f92685a-17d9-47f8-9bc5-61b9090e3c28-link" href="#8f92685a-17d9-47f8-9bc5-61b9090e3c28">3</a></sup>, elles ont une grande audience médiatique, en particulier depuis la sortie de leur livre <em>Transmania </em>au printemps 2024. Elles nomment leur mouvement ‘’femelliste’’ ce qui incarne cette renaturalisation du genre : ne sont femmes que les femelles, ainsi définies uniquement par leurs capacités reproductives.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un clivage immense, et très violent</strong></h2>



<p>Derrière ces idées, des projets politiques opposés se dessinent, le premier émancipateur, le deuxième mortifère. Mais le problème c’est qu’aucune perspective libératrice ne peut émerger de ce conflit. Car, malgré la différence de nature entre ces deux camps, on peut observer une continuité théorique.</p>



<p>D’un côté on demande de ne plus faire prévaloir la biologie, mais d’être à l’écoute des identités de chacun·e et de laisser la multiplicité des expressions de genre exister. De l’autre, les réacs plus ou moins assumés détournent ces pensées progressistes et les désignent comme une perte des valeurs simples et essentielles à la société&nbsp;; les hommes et les femmes se rassemblent pour fonder des familles, et on ne va quand même pas remettre ça en question.</p>



<p>Mais pour envoyer leurs idées nauséabondes aux oubliettes, il faut faire un pas de côté, et se poser sincèrement cette question&nbsp;: cette séparation entre genres culturels et sexes biologiques a-t-elle des effets matériels sur les personnes trans&nbsp;? Si oui lesquels&nbsp;?</p>



<p>Notre hypothèse pour répondre à cette question est celle-ci&nbsp;: le paradigme qui oppose identité de genre et naturalité des sexes est aussi celui dans lequel s’inscrit le régime d’oppression spécifique subi par les personnes trans qu’on va appeler transphobie<sup data-fn="09cf9aa2-2567-4d2d-b2d9-ab7119001b88" class="fn"><a id="09cf9aa2-2567-4d2d-b2d9-ab7119001b88-link" href="#09cf9aa2-2567-4d2d-b2d9-ab7119001b88">4</a></sup>. On va donc se pencher ici sur ses fonctions et fonctionnements pour examiner cette hypothèse.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les fonctions de la transphobie dans le capitalisme</strong></h2>



<p>La transphobie existe de manière systématique dans le capitalisme parce qu’elle a un but précis, celui de limiter aux personnes trans l’accès à leur transition. Les raisons de cet empêchement sont nombreuses.</p>



<p>La première, c’est que le capitalisme a besoin pour fonctionner de la reproduction de la classe laborieuse. Pour cela il s’imbrique avec le patriarcat qui s’organise autour d’un système de normes&nbsp;: l’hétérosexualité en est une, le cisgenrisme en est une autre. Ce n’est pas tant une question idéologique que pragmatique&nbsp;; le capitalisme est rationnel, et incorporer les personnes trans dans la reproduction complique les choses, elles ont en général besoin de socialiser la reproduction : PMA, conservation de gamètes…&nbsp;</p>



<p>La deuxième est encore en lien avec le besoin de rationalité dans la production des richesses. Au cours d’une transition, on peut nécessiter des interventions chirurgicales, traverser des périodes d’instabilité émotionnelle dues à la prise d’hormones… Ces événements impliquent des arrêts maladies, des carrières en pointillé, avec lesquelles le capitalisme n’a pas envie de s’encombrer.</p>



<p>La troisième c’est que ces deux arguments sont à la fois applicables à la production des richesses, mais aussi à celles de la possibilité de la guerre produite par les tensions impérialistes. Si le capitalisme a besoin de travailleureuses efficaces, il lui faut aussi de bons futurs soldats.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les personnes trans mises sous tutelle</strong></h2>



<p>Maintenant qu’on a vu pourquoi le capitalisme crée des obstacles aux possibilités de transitionner, regardons comment ils sont mis en place en France. Sa technique est de placer les personnes trans dans un régime tutélaire vis à vis de plusieurs institutions. La France place les personnes trans dans un régime tutélaire vis à vis des institutions.&nbsp;</p>



<p>Une transition peut s’opérer dans un cadre médical&nbsp;: prise d’hormones, interventions chirurgicales, épilation laser… Mais pour pouvoir y avoir accès, il faut un accord, auparavant d’un psychiatre, maintenant d’un médecin généraliste. Les médecins s’appuient sur le <em>DSM-5</em><sup data-fn="b5da6aa9-36f0-4f64-8cef-3ff851722ef5" class="fn"><a id="b5da6aa9-36f0-4f64-8cef-3ff851722ef5-link" href="#b5da6aa9-36f0-4f64-8cef-3ff851722ef5">5</a></sup><strong> </strong>qui se base sur la dysphorie, ce qui met les personnes trans dans l’obligation de souffrir et de prouver leur souffrance pour pouvoir transitionner comme elles le souhaitent.</p>



<p>Administrativement, c’est le tribunal, selon le bon vouloir du juge, qui statue sur une demande de changement «&nbsp;de mention de sexe&nbsp;». Jusqu’en 2016, il y avait besoin d’un avis psychiatrique mais aujourd’hui on demande tout de même un récit intime de la personne sur son parcours de transition et des témoignages de proches certifiant que la personne vit bien dans le genre demandé. Encore une fois, il y a un soupçon de mensonge, et la personne requérante doit prouver, selon des critères très flous juridiquement, que sa vie sociale correspond bien à sa demande.</p>



<p>Sans même rentrer dans les détails de la lourdeur de ces procédures, on voit bien que ces régimes assujettissent les personnes trans à des récits imposés, reposant encore une fois sur ces principes de souffrance ressentie et de genre social à prouver.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les fonctions de la transphobie pour le fascisme</strong></h2>



<p>Au vu de la centralité de l’extrême-droite dans l’offensive anti-trans en cours, il paraît essentiel d’aller observer si la transphobie y prend place de la même manière ou avec une spécificité.</p>



<p>Si l’on regarde comment les droits des personnes trans sont traités dans les programmes ou par les gouvernements d’extrême-droite, on constate qu’ils incarnent systématiquement la forme la plus violente et extrême de la transphobie détaillée au-dessus&nbsp;: limitation, interdiction voire criminalisation des transitions, attaque contre les droits reproductifs, coupes budgétaires visant les associations LGBTQI…</p>



<p>Mais il y a 2 spécificités bien propres au fascisme qu’il est vital de comprendre.</p>



<p>La première, c&rsquo;est que les fascistes portent un projet politique d’épuration et de régénération d’une race imaginaire. Ce projet s’articule principalement autour du racisme, mais aussi de la transphobie. «&nbsp;En effet, l’existence même des personnes trans [&#8230;] viennent mettre en péril ce qui est au fondement de leur théorie : la famille patriarcale, qui serait la garantie de la reproduction de l’idée que les fascistes se font de leur prétendue race&nbsp;»<sup data-fn="af007218-2d54-4a55-a93c-5a0bff7baec9" class="fn"><a id="af007218-2d54-4a55-a93c-5a0bff7baec9-link" href="#af007218-2d54-4a55-a93c-5a0bff7baec9">6</a></sup>. Là où le capitalisme peut parfois s’accommoder des personnes trans, le fascisme nous réserve un autre destin, celui d’une disparition totale.</p>



<p>La seconde, c’est comment il instrumentalise les existences trans dans un phénomène de panique morale. Ce qui définit le fascisme, c’est la construction d’un mouvement de masse actif et déterminé à bâtir dans la rue le rapport de force pour faire advenir son projet. Aujourd’hui, un parti fasciste comme le RN ne bénéficie pas encore de ce mouvement de masse, alors il cherche des moyens pour le construire et a bien compris que les trans, désignés comme des dangers à combattre, étaient un des moyens de le bâtir. En 2013, la Manif pour Tous a été la mobilisation réactionnaire la plus massive de ces dernières années dans la rue, rassemblant jusqu’à plus d’un million de personnes à Paris. Aujourd’hui, c’est autour des trans que les fascistes s’agitent, en tentant de mettre en place la même force d’opposition que contre le Mariage pour Tous, et tout prête à penser que, si on ne s’y oppose pas, c’est demain contre l’existence des personnes trans qu’on pourrait voir des milliers de personnes défiler dans les rues<sup data-fn="b1c233cc-863c-4d16-89a1-fbf0edb805c9" class="fn"><a id="b1c233cc-863c-4d16-89a1-fbf0edb805c9-link" href="#b1c233cc-863c-4d16-89a1-fbf0edb805c9">7</a></sup>.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Bâtir la riposte trans</strong></h2>



<p>On a donc éprouvé l’hypothèse selon laquelle la distinction genre/sexe comme elle est pensée aujourd’hui permet des revendications émancipatrices mais qu’elle est aussi le fondement du fonctionnement de la transphobie.</p>



<p>L’offensive anti-trans en cours, dans les parlements, les discours et dans la rue est sans précédent. Il faut être à la hauteur et changer nos perspectives de luttes.</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img data-dominant-color="898989" data-has-transparency="false" fetchpriority="high" decoding="async" width="1100" height="733" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/03/NBcopyright-_-Gaelle-Matata-1-1100x733.webp" alt="" class="wp-image-9476 not-transparent" style="--dominant-color: #898989; width:680px;height:auto" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/03/NBcopyright-_-Gaelle-Matata-1-1100x733.webp 1100w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/03/NBcopyright-_-Gaelle-Matata-1-300x200.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/03/NBcopyright-_-Gaelle-Matata-1-768x512.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/03/NBcopyright-_-Gaelle-Matata-1-1320x880.webp 1320w" sizes="(max-width: 1100px) 100vw, 1100px" /><figcaption class="wp-element-caption">France, Marseille, 2024/05/25. Marche et manifestation contre la transphobie a Marseille. Photographie de Gaelle Matata / Hans Lucas.</figcaption></figure>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Être trans, un processus de sexuation</strong></h2>



<p>Le seul moyen que nos luttes soit conséquentes et efficaces, c’est qu’elles dénaturalisent le genre jusqu’au bout, contrairement à ce qu’on a vu pour l’instant.&nbsp;</p>



<p>Si on repart en arrière dans le mouvement féministe, seule le matérialisme peut nous faire gagner. Ce qui est au centre, c’est que le genre précède le sexe. Ça veut dire que, contrairement à ce qu’on a dit plus tôt, il n’y pas de sexe biologique d’un côté, ni de genre social de l’autre. Il y a un seul système, le genre, qui pour fonctionner, a besoin de créer des sexes (masculin et féminin). «&nbsp;Leur naturalisation est un acte idéologique de justification du patriarcat et de l’hétérosexualité&nbsp;»<sup data-fn="f71d149f-426d-41e0-a843-db55f15fdc13" class="fn"><a id="f71d149f-426d-41e0-a843-db55f15fdc13-link" href="#f71d149f-426d-41e0-a843-db55f15fdc13">8</a></sup>.</p>



<p>Rien n’est naturel dans la construction des sexes, la philosophe Pauline Clochec dit que «&nbsp;tout individu […] a un sexe qui est le résultat d’un processus de sexuation&nbsp;»<sup data-fn="790283e9-2c83-43f6-98e0-22714062ff04" class="fn"><a id="790283e9-2c83-43f6-98e0-22714062ff04-link" href="#790283e9-2c83-43f6-98e0-22714062ff04">9</a></sup>. C’est à dire que se sexuer est une évolution, à la fois physique et sociale. Vu de cette manière, être trans devrait être banal&nbsp;: une trajectoire de transsexuation, comme existent aussi les trajectoires de cissexuation ou d’intersexuation, et c’est cette banalité à laquelle on devrait pouvoir avoir droit.</p>



<p>Mais ce qui l’empêche, c’est la transphobie qui spécifie, marginalise, empêche ou attaque les existences trans. On peut même dire que, en vivant dans le régime de la transphobie, c’est cette oppression spécifique qui détermine matériellement le fait trans.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Quels mots d’ordre pour la libération trans&nbsp;?</strong></h2>



<p>Si être trans, c’est voir sa vie déterminée par la transphobie, alors la seule possibilité pour être trans, c’est de s’organiser et de faire face au régime qui nous opprime.</p>



<p>Les personnes trans sont placées sous un régime tutélaire, c’est donc pièce par pièce qu’il faut l’abattre avec ces mots d’ordre&nbsp;: dépsychiatrisation et dépathologisation totale de la transitude<sup data-fn="4da0212d-2222-4cef-9f80-dcc21b2c27d2" class="fn"><a id="4da0212d-2222-4cef-9f80-dcc21b2c27d2-link" href="#4da0212d-2222-4cef-9f80-dcc21b2c27d2">10</a></sup>, autodétermination administrative de chacun·e, accès libre et gratuit à son propre corps via les droits reproductifs (PMA, IVG…) et les transitions médicalisées (hormones, chirurgies…).</p>



<p>Mais, comme on l’a vu plus haut, ces revendications ne pourront jamais être appliquées sous le capitalisme qui, même dans sa forme la plus édulcorée, ne sera jamais compatible avec les existences trans. Alors on voit que sont forcément liées à l’échec, à la fois les politiques de visibilité qui demandent une meilleure intégration des trans sur le marché du travail, dans les médias, et dans la sphère culturelle, mais aussi les tentatives réformistes qui tentent le lobbying médiatique ou parlementaire. Ce n’est pas pas pureté qu’on affirme cet échec, mais par pragmatisme&nbsp;; dans une société organisée pour maximiser les profits d’une poignée de personnes et où le danger fasciste est une réelle menace, aucune émancipation des trans n’est possible.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Il n’y a pas de réponse toute faite, les luttes sont à mener et le front est à bâtir</strong></h2>



<p>Il faut s’y engager en tenant les deux bouts, comme on le défend dans les luttes antiracistes&nbsp;: affronter la transphobie dans une perspective révolutionnaire car elle est le seul moyen d’aller jusqu’au bout, tout en s’organisant face à l’urgence du danger fasciste qui nous menace de plus en plus.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-large is-resized"><img data-dominant-color="8d7f7f" data-has-transparency="false" decoding="async" width="1036" height="1024" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/03/@riposte.antifasciste-1-1-1036x1024.webp" alt="" class="wp-image-9471 not-transparent" style="--dominant-color: #8d7f7f; width:349px;height:auto" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/03/@riposte.antifasciste-1-1-1036x1024.webp 1036w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/03/@riposte.antifasciste-1-1-300x297.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/03/@riposte.antifasciste-1-1-768x759.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/03/@riposte.antifasciste-1-1-1320x1305.webp 1320w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/03/@riposte.antifasciste-1-1.webp 1600w" sizes="(max-width: 1036px) 100vw, 1036px" /></figure>
</div>


<p>Au printemps dernier, la riposte trans a été massive, multiple et sans précédent&nbsp;: manifestations dans des dizaines de villes, alliances entre organisations, syndicats et associations, politisation des prides suite à la dissolution et conscientisation du danger de l’extrême-droite.</p>



<p>Mais qu’en reste-t-il aujourd’hui&nbsp;? Le projet de loi, arrivé nulle part puisque l’Assemblée était dissoute quand il devait y être voté, existe encore, les centres LGBTQI sont toujours la cible d’agressions, Louna, femme trans et militante anarchiste, a été incarcérée 3 mois dans une prison pour hommes<sup data-fn="bc988de9-b613-4a63-9b98-eeb29c4ddee9" class="fn"><a id="bc988de9-b613-4a63-9b98-eeb29c4ddee9-link" href="#bc988de9-b613-4a63-9b98-eeb29c4ddee9">11</a></sup>… Et quelles résistances s’y opposent&nbsp;? Elles sont existantes, mais trop faibles, et la majorité des syndicats, des organisations féministes et antifascistes font passer le sujet au second plan, brillant par leur absence dans les mobilisations trans.&nbsp;</p>



<p>Pour que cette situation change, il faut convaincre que la lutte pour les droits trans n’est pas une question de société, mais un réel enjeu féministe, révolutionnaire et antifasciste, et réaffirmer la nécessité de la solidarité.</p>



<h5 class="wp-block-heading">Lou (Marseille)</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="1d2a7f39-5154-4882-8097-562c341d4367">Définition donnée par <a href="https://wikitrans.co/intro/">Wiki Trans</a>  <a href="#1d2a7f39-5154-4882-8097-562c341d4367-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li><li id="bf0cdddf-ce05-468b-b64d-fa70c5e76846">Pour un très bon aperçu de la galaxie transphobe, consulter la brochure « <a href="https://www.lahorde.info/IMG/pdf/brochure_antiterf-1-combined.pdf">Transphobie : de la confusion au risque fasciste</a> » <a href="#bf0cdddf-ce05-468b-b64d-fa70c5e76846-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2">↩︎</a></li><li id="8f92685a-17d9-47f8-9bc5-61b9090e3c28">TERF : trans-exclusionary radical feminist, c’est à dire des prétendues féministes qui excluent les femmes trans du féminisme <a href="#8f92685a-17d9-47f8-9bc5-61b9090e3c28-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3">↩︎</a></li><li id="09cf9aa2-2567-4d2d-b2d9-ab7119001b88">Le terme de transphobie est souvent critiqué parce qu’il porte la fausse idée d’une peur, certain·es préfèrent parler de « cissexisme » pour le relier au régime du patriarcat <a href="#09cf9aa2-2567-4d2d-b2d9-ab7119001b88-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4">↩︎</a></li><li id="b5da6aa9-36f0-4f64-8cef-3ff851722ef5">DSM 5 : guide publié par l&rsquo;Association américaine de psychiatrie qui sert de référence internationale pour le diagnostic et la classification des troubles mentaux. Jusqu’en 2013, la transidentité elle-même était classée comme une pathologie, et aujourd’hui c’est la dysphorie de genre qui est la pathologie. <a href="#b5da6aa9-36f0-4f64-8cef-3ff851722ef5-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5">↩︎</a></li><li id="af007218-2d54-4a55-a93c-5a0bff7baec9">Lire l’article « <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/combattons-les-mouvements-antitrans-combattons-le-fascisme/">Combattons les mouvements antitrans, combattons le fascisme</a> » sur le site d’A2C <a href="#af007218-2d54-4a55-a93c-5a0bff7baec9-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6">↩︎</a></li><li id="b1c233cc-863c-4d16-89a1-fbf0edb805c9">Voir Maud Royer (2024), <em>Le Lobby Transphobe</em>, éditions Textuel <a href="#b1c233cc-863c-4d16-89a1-fbf0edb805c9-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 7">↩︎</a></li><li id="f71d149f-426d-41e0-a843-db55f15fdc13">Extrait de l’article de Pauline Clochec (2019) « Du spectre du matérialisme à la possibilité de matérialismes trans », dans l’ouvrage collectif <em>Matérialismes Trans, </em>éditions Hystériques &amp; AssociéEs <a href="#f71d149f-426d-41e0-a843-db55f15fdc13-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 8">↩︎</a></li><li id="790283e9-2c83-43f6-98e0-22714062ff04">Voir Pauline Clochec (2023) <em>Après l’identité</em> , éditions Hystériques &amp; AssociéEs <a href="#790283e9-2c83-43f6-98e0-22714062ff04-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 9">↩︎</a></li><li id="4da0212d-2222-4cef-9f80-dcc21b2c27d2">Transitude : terme utilisé par les courants trans matérialistes, en opposition à la « transidentité » qui ramène le fait trans à une question individualisée et ne l’observe pas structurellement. <a href="#4da0212d-2222-4cef-9f80-dcc21b2c27d2-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 10">↩︎</a></li><li id="bc988de9-b613-4a63-9b98-eeb29c4ddee9">Lire le <a href="https://www.instagram.com/p/DFx6ArGNzlA/?igsh=bXhsaGE4NXMxeTJz">communiqué </a>de l’Organisation de Solidarité Trans (OST) à ce sujet  <a href="#bc988de9-b613-4a63-9b98-eeb29c4ddee9-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 11">↩︎</a></li></ol>


<p></p>
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		<title>Combattons les mouvements antitrans, combattons le fascisme&#160;</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/combattons-les-mouvements-antitrans-combattons-le-fascisme/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jakubowski]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 13 Feb 2023 06:30:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Antifascisme]]></category>
		<category><![CDATA[Fascisme]]></category>
		<category><![CDATA[Féminisme]]></category>
		<category><![CDATA[LGBTQI]]></category>
		<category><![CDATA[Transphobie]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=6938</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">De la pente glissante entre les idées antitrans et l’extrême droite ou la nécessité de la prise en compte du danger des mouvements antitrans pour notre classe. Perspectives antifascistes sur la question.&#160; Les Cahiers d&#8217;A2C <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/combattons-les-mouvements-antitrans-combattons-le-fascisme/" title="Combattons les mouvements antitrans, combattons le fascisme&#160;">[...]</a></div>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p style="font-style:normal;font-weight:600">De la pente glissante entre les idées antitrans et l’extrême droite ou la nécessité de la prise en compte du danger des mouvements antitrans pour notre classe. Perspectives antifascistes sur la question.&nbsp;</p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #06 &#8211; JANVIER 2023</h6>



<p class="has-drop-cap">En août 2022, l’Université Humboldt de Berlin a invité Marie-Luise Vollbrecht, une biologiste marine, à donner une conférence sur le genre. Le titre provocateur de sa conférence,&nbsp;<em>« Sexe, genre, et pourquoi il existe deux sexes en biologie »</em>, a attiré l’attention d’associations LGBT+ ou de défense juridique étudiantes, qui ont organisé une manifestation sur le campus de l’université pour mettre en lumière la position loin d’être vide de sens politique de la scientifique, qui s’illustrait sur les réseaux sociaux depuis longtemps par des positions antitrans virulentes. Suite à la volonté des mouvements réactionnaires soutenant Vollbrecht d’organiser une contre-manifestation, la conférence a finalement été annulée par l’administration universitaire, pour éviter des violences. S’en est suivie une polémique d’ampleur reportée dans de nombreux médias nationaux : les mouvements de défense des droits des personnes trans ont été accusés par les allié·es conservateur·ices de la biologiste de&nbsp;<em>« nier la liberté d’expression » </em>; les expressions « cancel culture » et « culture woke »<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_6938_4('footnote_plugin_reference_6938_4_1');" onkeypress="footnote_moveToReference_6938_4('footnote_plugin_reference_6938_4_1');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_6938_4_1" class="footnote_plugin_tooltip_text">1</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_6938_4_1" class="footnote_tooltip">La « culture woke » est un concept d’extrême droite, inventé pour discréditer les mouvements de gauche prônant la justice sociale.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_6938_4_1').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_6938_4_1', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>&nbsp;ont été utilisées à tout-va pour décrier les collectifs de personnes trans. Les forces réactionnaires ont réussi à créer une atmosphère de panique morale autour de ce qui a été nommé « l’affaire Vollbrecht », diffusant leurs rhétoriques transphobes dans les journaux, et Marie-Luise Vollbrecht a été interviewée à de nombreuses reprises pour défendre sa position en tant que&nbsp;<em>« victime du lobby trans empêchant une scientifique de s’exprimer »</em>.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des liens dangereux avec l’extrême droite</h2>



<p>Au-delà de la facilité des médias nationaux allemands à relayer des théories réactionnaires sur le sujet de la transidentité, cette affaire nous montre surtout une chose : la pente glissante existant entre les idées transphobes et l’extrême droite. La situation de Vollbrecht n’a en effet pas seulement suscité l’affolement de personnalités du centre ou de la droite, mais aussi la sympathie d’acteur·ices de la scène politique fasciste et néonazie allemande. Sur Twitter, le débat s’est déplacé sur le fameux point Godwin : Marie-Luise Vollbrecht a, comme un an auparavant, hiérarchisé dans un tweet les victimes du nazisme, en disant que parler de l’oppression des personnes trans sous le nazisme serait&nbsp;<em>« bafouer les vraies victimes des nazis »</em>, à savoir les juif·ves. Suite à cela, un hashtag a été popularisé par des scientifiques féministes pour dénoncer l’argumentaire de la biologiste : #Marie nie les crimes nazis. Vollbrecht a ensuite intenté une action en justice contre l’utilisation diffamatoire du hashtag, procès qu’elle a perdu au tribunal de Cologne.&nbsp;</p>



<p>Ce qui est intéressant, c’est qu’autour de cette affaire, en se plaçant comme victime de la « cancel culture woke », elle a commencé à récolter des fonds. Plus de 80 000 € au total, dont une partie provient de membres du parti fasciste AfD (Alternative für Deutschland = Alternative pour l’Allemagne), qui comptent parmi les plus grands donateurs. Créé en 2013, l’AfD est un parti nationaliste, xénophobe et raciste, plus spécifiquement islamophobe, proche de Pegida, le mouvement des « Européens patriotes contre l’islamisation de l’Occident » (le nom est parlant). L’AfD est entré au Parlement allemand en 2017 et est actuellement une des plus puissantes organisations fascistes allemandes.&nbsp;</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img data-dominant-color="4a545b" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #4a545b;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/02/A2C_RevueN6_anti-terf_Illustr1.jpg" alt="" class="wp-image-6941 not-transparent" width="299" height="414"/></figure>
</div>


<h2 class="wp-block-heading">L’affaire Vollbrecht n’est pas un cas isolé</h2>



<p>Cet événement récent n’est qu’un exemple parmi d’autres où les idées transphobes d’une personnalité scientifique ou politique la conduisent à collaborer avec des partis néonazis ou des personnalités fascistes ou complotistes. C’est le cas aussi en France, où nos FARTs<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_6938_4('footnote_plugin_reference_6938_4_2');" onkeypress="footnote_moveToReference_6938_4('footnote_plugin_reference_6938_4_2');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_6938_4_2" class="footnote_plugin_tooltip_text">2</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_6938_4_2" class="footnote_tooltip">FART signifie Feminism Appropriating Reactionary Transphobe, Transphobe réactionnaire s’appropriant le féminisme. J’ai préféré cet acronyme à celui de TERF (Trans-exclusionary radical feminist), plus souvent utilisé.&nbsp;</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_6938_4_2').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_6938_4_2', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>&nbsp;nationales Dora Moutot et Marguerite Stern s’affichent en compagnie de personnalités telles que le complotiste anti-avortement Thierry Casasnovas, et flirtent régulièrement avec l’extrême droite. Un exemple récent est celui de la tribune attaquant les politiques d’inclusion du Planning familial, publiée par les deux activistes dans&nbsp;<em>Marianne</em>&nbsp;suite à la mise en circulation d’une affiche pour l’accès aux droits reproductifs à tou·te·s représentant un homme trans enceint<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_6938_4('footnote_plugin_reference_6938_4_3');" onkeypress="footnote_moveToReference_6938_4('footnote_plugin_reference_6938_4_3');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_6938_4_3" class="footnote_plugin_tooltip_text">3</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_6938_4_3" class="footnote_tooltip">« <a href="https://www.arretsurimages.net/articles/planning-familial-les-anti-trans-cautions-progressistes-des-reacs" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Planning familial : les anti-trans, «cautions progressistes» des réacs </a>», par Pauline Bock dans&nbsp;<em>Arrêt sur images</em>&nbsp;</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_6938_4_3').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_6938_4_3', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>&nbsp;et relayée principalement par l’extrême droite. De nombreuses femmes se revendiquant du féminisme suivent leur chemin : d’une ignorance des problématiques trans dans leur cheminement féministe, elles finissent par faire de la lutte antitrans le cheval de bataille de leur militantisme, et la logique de leur acharnement contre les droits des personnes trans attise leur sympathie pour des courants réactionnaires et même fascistes, que l’on pourrait penser contraires à leurs idées féministes d’origine. Elles finissent par se constituer en véritables mouvements antitrans.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">La transphobie est un ressort important de l’extrême droite qu’il ne faut pas négliger dans nos luttes</h2>



<p>Les mouvements antitrans sont dangereux, et organisés. Et le pire, c’est qu’ils sont très efficaces. Le sujet de la transidentité est un ressort que la droite et l’extrême droite activent de plus en plus parce qu’il fonctionne. En propageant de la désinformation et suscitant la confusion et la peur sur un sujet qui est pour beaucoup nouveau, l’extrême droite investit un nouveau terrain fertile pour ses idées politiques. En se ralliant aux mouvements antitrans, dont certains peuvent encore se doter d’un déguisement progressiste (féministe en l’occurrence), les fascistes gagnent du terrain.&nbsp;</p>



<p>Suite à la tribune écrite par Dora Moutot et Marguerite Stern dans&nbsp;<em>Marianne</em>, les deux militantes antitrans ont été reçues par la présidente de la majorité LREM à l’Assemblée, qui a trouvé pertinentes leurs remarques sur les « déviances&nbsp; idéologiques » du Planning familial. Dans le cadre de la loi bioéthique et de propositions de loi pour des avancées féministes sur les droits reproductifs, des amendements sont quasi systématiquement proposés par des politicien·nes de droite et d’extrême droite pour spécifier une interdiction ou une restriction de ces droits pour les personnes trans. Le travail des mouvements antitrans paie, jusqu’à l’Assemblée.</p>



<p>Les représentant·es de ces mouvements sont invité·es partout, y compris par des médias de gauche, en faisant jouer leur étiquette « féministe » : interviews dans des journaux nationaux de tous bords, passages à la télévision dans des émissions de grande audience&#8230; Elles et ils prennent la parole non pas pour argumenter en faveur de droits mais contre une partie de la population. L’espace médiatique conféré aux mouvements antitrans contribue à diffuser des rhétoriques véritablement mortifères pour nos camarades trans, mais pas que. Grâce à son intervention sur ce que l’extrême droite appelle « la question trans »<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_6938_4('footnote_plugin_reference_6938_4_4');" onkeypress="footnote_moveToReference_6938_4('footnote_plugin_reference_6938_4_4');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_6938_4_4" class="footnote_plugin_tooltip_text">4</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_6938_4_4" class="footnote_tooltip">Voir la vidéo&nbsp;<em>Comment la droite réactionnaire construit une «question trans» ?</em>&nbsp;par le collectif Toutes Des Femmes sur <a href="https://www.youtube.com/channel/UCzTz-esX07-vCj3YUfzas0g" target="_blank" rel="noreferrer noopener">la page Youtube de XY Media</a></span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_6938_4_4').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_6938_4_4', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>, elle se garantit un espace de parole et cela contribue à rendre plus recevable ce que les fascistes ont à dire, quel que soit le sujet. Les partis et mouvements d’extrême droite s’offrent ainsi une tribune dans les instances politiques et dans les médias, qu’ils peuvent réutiliser ensuite pour avancer leurs pions et faire des percées dans l’échiquier politique.&nbsp;</p>



<p>En plus des conséquences directes pour les personnes visées par les mouvements antitrans, ces mouvements, ralliés par des organisations fascistes et d’extrême droite plus traditionnelles, sont aussi un danger pour l’entièreté de notre classe. Le moindre centimètre laissé à l’extrême droite, quel qu’en soit le sujet de départ, nous rapproche du fascisme.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Défendre les luttes trans et queer, c’est s’attaquer aux fondements du fascisme</h2>



<p>L’acharnement des organisations fascistes et réactionnaires contre les droits et la reconnaissance des personnes trans n’est pas seulement une stratégie politique de leur part : il provient de leur vision théorique de l’humanité. En effet, l’existence même des personnes trans et plus largement les revendications des mouvements LGBT+ viennent mettre en péril ce qui est au fondement de leur théorie : la famille patriarcale, qui serait la garantie de la reproduction de l’idée que les fascistes se font de leur prétendue race. La vision alternative de ce qu’est « faire famille » portée par les mouvements LGBT+, qui s’accompagne de revendications politiques (pour les droits reproductifs, d’alliance, pour la prise en charge des enfants, pour la reconnaissance des familles sortant du schéma traditionnel&#8230;) porte atteinte à l’idéal familial sur lequel se construit l’imaginaire fasciste, fondé sur les principes de fécondité, de binarité, de rôles genrés misogynes, et de hiérarchie entre les individus composant la famille. Les mouvements fascistes sont perturbés par les mouvements queer. Le pouvoir politique de notre implication auprès des mouvements trans et la défense organisée de nos intérêts communs est à prendre en considération. Soyons sur tous les fronts pour combattre l’extrême droite.&nbsp;</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-full is-resized"><img data-dominant-color="4a4a4a" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #4a4a4a;" loading="lazy" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/02/A2C_RevueN6_anti-terf_Illustr2.jpg" alt="" class="wp-image-6940 not-transparent" width="282" height="500"/></figure>
</div>


<h2 class="wp-block-heading">Nos grand-mères transphobes ne&nbsp;sont&nbsp;pas le vrai danger</h2>



<p>Le pouvoir d’action politique des mouvements anti­trans ne doit pas être pris à la légère. Il ne s’agit pas ici des propos de nos grand-mères en repas de famille, ni du mégenrage à la fac, ni des questions intrusives de nos camarades pendant le piquet de grève. Mépriser des personnes pour des erreurs et un manque d’information ne fera pas reculer significativement les mouvements antitrans et les fascistes. La différence avec les personnes et organisations politiques antitrans est celle du but politique de destruction des personnes trans et de l’action politique en ce sens. L’Institut Lemkin pour la prévention du génocide a même récemment caractérisé de « génocidaire » le mouvement autoproclamé « critique du genre », que l’on peut appeler mouvement antitrans<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_6938_4('footnote_plugin_reference_6938_4_5');" onkeypress="footnote_moveToReference_6938_4('footnote_plugin_reference_6938_4_5');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_6938_4_5" class="footnote_plugin_tooltip_text">5</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_6938_4_5" class="footnote_tooltip">« Statement on the Genocidal Nature of the Gender Critical Movement’s Ideology and Practice », publié le 29&nbsp;novembre 2022 sur <a href="https://www.lemkininstitute.com" target="_blank" rel="noreferrer noopener">lemkininstitute.com</a></span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_6938_4_5').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_6938_4_5', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>. Constitué de scientifiques aux théories essentialistes, de polémistes de métier, des actrices de la scène FART, de politicien·nes de droite et des mouvements d’extrême droite, le mouvement antitrans est large, éclectique mais organisé. Il sévit à plusieurs niveaux d’organisation politique : au niveau institutionnel, dans la rue, dans les médias. Si le combat contre la transphobie est en partie culturel (lutter contre la désinformation en repas de famille peut aider), il doit surtout être stratégique et politique.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Groupons-nous, et demain&#8230;&nbsp;</h2>



<p>Reconnaître l’importance de soutenir les luttes trans et LGBT+ dans notre antifascisme et identifier les mouvements antitrans comme nos ennemis politiques sont les premières étapes. Prendre en considération les velléités homophobes et transphobes de l’extrême droite dans notre compréhension du fascisme est fondamental. Pour gagner dans la lutte contre le fascisme, il ne faut reléguer aucun sujet où il s’exprime à un plan inférieur. En tant que révolutionnaires antifascistes, allons massivement à l’ExistransInter chaque année. Rejoignons les manifestations pour les droits LGBT+. Argumentons pour une prise en compte des luttes trans et LGBT+ dans le mouvement. Soutenons les médias indépendants transféministes comme XY Media. Relayons les appels et communiqués pertinents lorsque la communauté LGBT+ est attaquée par l’extrême droite. Soutenons matériellement les luttes trans.&nbsp;</p>



<h6 class="wp-block-heading">Ju Lhullier-Le Moal, Rennes</h6>
<div class="speaker-mute footnotes_reference_container"> <div class="footnote_container_prepare"><p><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_label pointer" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_6938_4();">Notes</span><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_collapse_button" style="display: none;" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_6938_4();">[<a id="footnote_reference_container_collapse_button_6938_4">+</a>]</span></p></div> <div id="footnote_references_container_6938_4" style=""><table class="footnotes_table footnote-reference-container"><caption class="accessibility">Notes</caption> <tbody> 

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_6938_4_1" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_6938_4('footnote_plugin_tooltip_6938_4_1');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>1</a></th> <td class="footnote_plugin_text">La « culture woke » est un concept d’extrême droite, inventé pour discréditer les mouvements de gauche prônant la justice sociale.</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_6938_4_2" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_6938_4('footnote_plugin_tooltip_6938_4_2');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>2</a></th> <td class="footnote_plugin_text">FART signifie Feminism Appropriating Reactionary Transphobe, Transphobe réactionnaire s’appropriant le féminisme. J’ai préféré cet acronyme à celui de TERF (Trans-exclusionary radical feminist), plus souvent utilisé.&nbsp;</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_6938_4_3" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_6938_4('footnote_plugin_tooltip_6938_4_3');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>3</a></th> <td class="footnote_plugin_text">« <a href="https://www.arretsurimages.net/articles/planning-familial-les-anti-trans-cautions-progressistes-des-reacs" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Planning familial : les anti-trans, «cautions progressistes» des réacs </a>», par Pauline Bock dans&nbsp;<em>Arrêt sur images</em>&nbsp;</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_6938_4_4" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_6938_4('footnote_plugin_tooltip_6938_4_4');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>4</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Voir la vidéo&nbsp;<em>Comment la droite réactionnaire construit une «question trans» ?</em>&nbsp;par le collectif Toutes Des Femmes sur <a href="https://www.youtube.com/channel/UCzTz-esX07-vCj3YUfzas0g" target="_blank" rel="noreferrer noopener">la page Youtube de XY Media</a></td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_6938_4_5" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_6938_4('footnote_plugin_tooltip_6938_4_5');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>5</a></th> <td class="footnote_plugin_text">« Statement on the Genocidal Nature of the Gender Critical Movement’s Ideology and Practice », publié le 29&nbsp;novembre 2022 sur <a href="https://www.lemkininstitute.com" target="_blank" rel="noreferrer noopener">lemkininstitute.com</a></td></tr>

 </tbody> </table> </div></div><script type="text/javascript"> function footnote_expand_reference_container_6938_4() { jQuery('#footnote_references_container_6938_4').show(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_6938_4').text('−'); } function footnote_collapse_reference_container_6938_4() { jQuery('#footnote_references_container_6938_4').hide(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_6938_4').text('+'); } function footnote_expand_collapse_reference_container_6938_4() { if (jQuery('#footnote_references_container_6938_4').is(':hidden')) { footnote_expand_reference_container_6938_4(); } else { footnote_collapse_reference_container_6938_4(); } } function footnote_moveToReference_6938_4(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_6938_4(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } } function footnote_moveToAnchor_6938_4(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_6938_4(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } }</script><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/combattons-les-mouvements-antitrans-combattons-le-fascisme/">Combattons les mouvements antitrans, combattons le fascisme&nbsp;</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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		<title>Appel aux féministes et queer blanc.he.s pour la marche contre le racisme d’État et les violences policières</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/feminisme/appel-feministe-et-queer-pour-la-marche-du-16-mars-2019-contre-le-racisme-detat-et-les-violences-policieres/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[A2C]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 03 Mar 2019 21:19:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Féminisme]]></category>
		<category><![CDATA[LGBTQI]]></category>
		<category><![CDATA[Manifestation]]></category>
		<category><![CDATA[Violences policières]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Nous utilisons alternativement les termes LGBTI+ (lesbiennes, gays, bi·es, trans, intersexes), queer, et TPBGI (trans pédé bi·es gouines inter), sans en valider un plus que les autres, en reconnaissant leurs intérêts et leurs limites. De <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/feminisme/appel-feministe-et-queer-pour-la-marche-du-16-mars-2019-contre-le-racisme-detat-et-les-violences-policieres/" title="Appel aux féministes et queer blanc.he.s pour la marche contre le racisme d’État et les violences policières">[...]</a></div>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>Nous utilisons alternativement les termes LGBTI+ (lesbiennes, gays, bi·es, trans, intersexes),</em> queer, <em>et TPBGI (trans pédé bi·es gouines inter), sans en valider un plus que les autres, en reconnaissant leurs intérêts et leurs limites. De plus, nous avons conscience que ces mots et acronymes sont situés, que ce sont des expressions que nous utilisons dans un contexte français hexagonal et régulièrement remis en question par les personnes qui se situent en dehors du cadre normatif hétéro cisgenre pour se nommer.</em></p>



<p>Nous sommes trois meufs, gouines et/ou non blanche et/ou trans, impliquées dans des luttes de personnes exilées et des luttes des collectifs <em>Justice et Vérité, </em>en soutien aux familles de personnes tuées ou violentées par la police. Nous savons, depuis quelques mois, que nous allons prendre part à la marche du 16 mars 2019. Pas n’importe comment, pas comme un automatisme car cette participation ne va pas de soi.</p>



<p>Ce texte a pour but d’expliquer pourquoi nous y allons et pourquoi nous invitons les personnes et organisations féministes et <em>queer</em> blanc·hes à réfléchir à leur éventuelle participation. Des parties de ce texte ont été écrites à deux, à trois ou seules, en fonction de nos points de vue situés<a href="#sdfootnote1sym"><sup>1</sup></a>. Pour nous trois, il nous apparaît aujourd’hui important que cette date annuelle intègre les calendriers de nos milieux blancs concernant les luttes féministes et LGBTI+. En effet,<strong> </strong>nous pensons que nos luttes ne peuvent pas continuer à exister ni à prendre de l’ampleur si elles ne s’inscrivent pas contre l’Etat raciste et sa police.</p>



<p>Depuis trois ans maintenant, nous sommes plusieurs militant·es des luttes contre le patriarcat à participer à titre individuel à cette journée de mobilisation annuelle contre le racisme d’Etat et les violences policières. Nous aurions pu nous dire que pour cette marche, notre rôle en tant que femmes et personnes <em>queer</em>, seraient d’y aller seulement en tant que soutiens politiques extérieurs, à une distance respectable, comme si nous n’étions pas impactées dans nos vies par le racisme et son instrumentalisation ou les violences policières, alors que nous tirons profit de ce système raciste. Pourtant, si nous ne pensons pas le patriarcat en lien avec le racisme, le pouvoir politique et les dominants, quant à eux, se chargent bien de créer des groupes d’intérêts et de les opposer afin de casser des solidarités qui pourraient naître.</p>



<h3 class="wp-block-heading">« Contre l’instrumentalisation de mes identités à des fins racistes et sexistes »</h3>



<p>Je suis la seule non-blanche &#8211; issue d’une ancienne colonie française &#8211; qui participe à la rédaction de ce texte et ma parole n’a pas vocation à être la voix des meufs non-blanches. Nos oppressions sont spécifiques. L’articulation entre des luttes féministes et antiracistes/décoloniales n’est pas simple. Encore moins dans un milieu militant plus blanc que blanc dans une société raciste. Pourtant, je me retrouve à écrire ce texte avec deux meufs blanches. Ma première lutte est d’essayer de me reconnecter avec mes origines, mon histoire, ses luttes passées et présentes : dans les anciennes et actuelles colonies françaises, celles sur l&rsquo;hexagone des personnes issues de ses territoires… pour participer à sa transmission. Ma participation à la marche du 16 mars est juste une évidence pour moi : je lutte pour le droit à la vie des miens, les assassinats policiers touchant majoritairement des hommes noirs, arabes, rroms… Depuis que je lutte auprès des collectifs <em>Justice et Vérité</em>, je me rends compte que derrière les noms des personnes tuées par la police, on retrouve principalement des femmes. Elles portent ces luttes, se retrouvent en première ligne et devront porter ce combat toute leur vie. Je me rends aussi compte que même si on connaît leurs prénoms, souvent, leurs vies sont invisibilisées dans leur combat, pour que l’histoire de leurs proches morts ne tombent pas dans l’oubli. Pour moi, la lutte contre les assassinats policiers et la complicité de la justice passe par le double combat contre l’oubli : à la fois celui de tous ces morts mais aussi la visibilisation de ces femmes non-blanches luttant au quotidien.</p>



<p>M’impliquer dans le milieu féministe dans ma ville me paraît presque impossible. Mes identités, les expériences qui m’ont forgée ne sont pas séparables. A l’heure où, au nom de l’égalité des droits hommes-femmes &#8211; outre la vision binaire que cette notion porte dans notre société &#8211; on se scandalise pour des tenues vestimentaires « trop islamiques », que des propos islamophobes sont portés par des personnes ou des groupes se disant féministes, qu’on instrumentalise la « laïcité » pour, encore et toujours, contrôler le corps de femmes : que dois-je faire ?</p>



<p>Mon choix s’est donc porté sur l’écriture de ce texte, en complicité avec deux meufs blanches, pour dire aussi que je suis contre l’instrumentalisation de mes identités à des fins racistes et sexistes. Mais aussi pour pousser les groupes féministes et <em>queer</em> blancs à se poser les questions suivantes : pourquoi ne voyons-nous pas de cortèges féministes, LGBTI+, <em>queer</em> dans une manifestation contre les violences policières ? Parce que ça ne vous concerne pas ? Parce que ce n’est pas votre lutte ? Parce qu’à partir des spécificités de nos oppressions, vous ne voyez pas de liens entre les violences vécues au quotidien face aux institutions de cet Etat ?</p>



<figure class="wp-block-image"><img data-dominant-color="5d5253" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #5d5253;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2019/03/16.jpg" alt="" class="wp-image-1552 not-transparent"/><figcaption>Affiche de la marche des solidarités contre le racisme d’Etat et les violences policières 2019.</figcaption></figure>



<h3 class="wp-block-heading">Nos responsabilités politiques en tant que féministes.</h3>



<p>C’est sûr, qu’il y a des féministes et des personnes <em>queer</em> dans les luttes antiracistes, contre l’impérialisme et le colonialisme. Simplement, nous constatons que nous nous rendons peu visibles de cette façon et que nous ne sommes pas assez. Nous voulons utiliser avec précaution le mot “concerné·e” comme il est parfois utilisé dans les milieux féministes car nous trouvons qu’il sert trop souvent à se dédouaner de toute critique ou prise de risque. </p>



<p>En effet, nous &#8211; les deux meufs blanches qui écrivons ce paragraphe &#8211; ne vivons pas à l’extérieur du système raciste : nous savons qu’il est à notre avantage. Nous pensons que cela ne doit pas nous empêcher de réfléchir par rapport à nos prises de positions vis-à-vis des mouvements antiracistes, décoloniaux, panafricains&#8230; Il n’existe pas <em>un </em>groupe social non-blanc. Nous nous sentons responsables mais cela n’implique pas de parler <em>à la place de,</em><strong> </strong>de se mettre devant. </p>



<p>Nous &#8211; les rédactrices de ce texte, souhaitons et essayons de lutter à partir de ce que nous sommes, et agir là où il est pertinent que nous le fassions. Le pouvoir veut nous faire croire que les personnes exilées, et toutes les communautés non blanches seraient intrinsèquement homophobes, transphobes, sexistes, et donc par essence, nos ennemis politiques. Dès lors, le pouvoir nie l’existence des personnes exilées, non blanches, arabes, noires, musulmanes, juives, rroms… qui sont aussi TPBGI et/ou féministes.</p>



<figure class="wp-block-image"><img data-dominant-color="a3a3a3" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #a3a3a3;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2019/03/image.jpeg" alt="" class="wp-image-1549 not-transparent"/><figcaption>Silvia Rivera manifestant à la Cathédrale St Patrick, avec le Street Transvestite Action Revolutionaries, automne 1970. Credit: ©Diana Davies &#8211; Manuscripts and Archives Division, The New York Public Library </figcaption></figure>



<p>Nos identités LGBTI+ et féministes sont aujourd’hui utilisées quotidiennement pour servir un discours fascisant appelant à la fermeture des frontières, au maintien de la domination coloniale par une hiérarchisation des fameuses « civilisations », et justifiant l’impérialisme. De leur côté, les féministes institutionnelles, « universalistes », « laïques », se réclamant des Lumières, n’hésitent pas à s’exprimer dans les journaux, les tribunes en cherchant à susciter un « réveil » face aux fameuses menaces « islamistes, communautaires, idenditaires » ou en insinuant que les violences sexuelles sont le fait d’hommes non-blancs, et ont lieu principalement dans la rue et particulièrement dans les quartiers populaires. Aujourd’hui donc, nos identités sont utilisées pour proclamer la liberté des un·es sur le dos des autres : pour que nous soyons supposément libres de vivre nos orientations sexuelles et nos identités de genre, il faudrait priver de la leur les personnes exilées et des nombreuses communautés non blanches. Si Marine Le Pen affirme qu’il « ne fait pas bon être homosexuel en banlieue », réagissons et rappelons d’où vient principalement l’homophobie : de l’idéologie dominante. Si Israël se prétend être à l’avant-garde mondiale des droits LGBTI+ pour notamment légitimer leur entreprise coloniale en Palestine, réagissons et élevons la voix. Si le féminisme blanc et libéral prône, pour « la protection des femmes », la criminalisation du harcèlement de rue en donnant plus de moyens à la police de harceler en retour les personnes non-blanches, à nous de les empêcher d’avoir le monopole de la parole au nom de notre protection Sylvia Rivera manifestant à la Cathédrale St Patrick, avec le Street Transvestite Action Revolutionaries, automne 1970. Credit: ©Diana Davies &#8211; Manuscripts and Archives Division, The New York Public Library</p>



<h3 class="wp-block-heading">De Stonewall à Paris, contre le patriarcat et le colonialisme.</h3>



<p>Il est primordial à nos yeux, que nous refusions l’instrumentalisation de nos identités en tant que groupe homogène &#8211; que l’on parle de nous comme étant “les femmes”, “les gays”, “les homos”, sous-entendu blanches et bourgeoises. Nous pensons qu’il est aujourd’hui de notre responsabilité politique de dénoncer ce discours en affirmant que nous n’accepterons jamais que nos identités servent un discours raciste et permettent à l’Etat de renforcer l’islamophobie, la négrophobie, le racisme par l’augmentation des moyens de la police, les interventions militaires impérialistes, la mise en place d’un état d’urgence permanent, le renforcement des frontières, l’enfermement des personnes en CRA ou prisons.</p>



<p>Le 16 mars 2019 résonne doublement pour nous car nous commémorons cette année le 50ème anniversaire de Stonewall. En effet, le 28 juin 1969 à New York, une émeute éclate dans le quartier de Greenwich Village suite à une énième descente de police dans le bar du Stonewall Inn. Ce bar, comme de nombreux autres du quartier, est fréquenté par les personnes qui ne rentrent nulle part ailleurs : des meufs, trans, des lesbiennes, des travelos, des gays, des travailleuses du sexe, des précaires, principalement non blanc·hes. Les émeutes qui dureront plusieurs jours voient se confronter 4000 personnes contre 200 policiers. Elles éclatent face à la violence du système policier homophobe et raciste qui harcèle, frappe, humilie et enferme nos frères et nos sœurs LGBTI, notamment non-blanc·hes. Ces affrontements expriment un refus de se taire face aux violences continues perpétrées par la police sur notre communauté et marque aux Etats-Unis un tournant dans l’organisation d’un mouvement autonome. C’est pour commémorer ces émeutes que sera organisée en 1970 la première <em>Pride</em>. Aujourd’hui, comme pour bien d’autres luttes, le côté festif et commerçant des Pride Parade a jeté un voile de silence sur les bases contre lesquelles s’est constitué le « mouvement homosexuel », à savoir l’homophobie et le racisme d’Etat organisés et perpétrés par sa police. Dans le même temps, comme bien d’autres pans de l’histoire des luttes dans le récit dominant blanc, la transmission des émeutes s’est faite au détriment de la visibilité des personnes non blanches qui y ont participé. Au détriment des héroïnes de Stonewall, celles qui ont refusé d’être une fois de plus arrêtées, battues et maltraitées au commissariat : des femmes comme Miss Major ou Silvia Riviera, des drag queens et activistes trans noires et latinas, flamboyantes et déterminées à défendre leur vies contre un système raciste et patriarcal. </p>



<p>La haine de la police n’a pas quitté nos rangs car nous savons que celle-ci n’a jamais été de notre côté pour nous défendre des agressions homophobes, transphobes, racistes ou patriarcales. Bien au contraire, nous expérimentons sa violence et son mépris. En tant que féministes transpédébigouinesinter/LGBTI+ en France et en 2019, nous nous sentons héritières de cette rage.</p>



<h3 class="wp-block-heading">« Nous ne pouvons pas être un bloc homogène en termes de vécus »</h3>



<p>Nous ne pouvons pas être un bloc homogène en termes de vécus<em>, </em>puisque, s’il fallait le rappeler, il y a parmi nous, et depuis toujours, des personnes exilées, musulmanes, noires, rroms, arabes, juives, habitant·es des quartiers populaires, avec des formes de luttes diverses. Pour autant, ce constat ne suffit pas. Que nous soyons loin d’être uniquement des femmes ou des personnes <em>queer</em> blanches / chrétiennes / athées / avec des papiers français ne nous empêchent pas d’être réduit·es à cela par des groupes dominants qui ont intérêt à ce que nous soyons vu·es et que nous nous voyons ainsi. Dans le même temps, cela ne doit pas nous empêcher de questionner le racisme dans nos communautés majoritairement blanches, au contraire, c’est une tâche qui nous incombe, et le travail n’est jamais fini.</p>



<p>
Ne
pas entraver
l’autonomie
des luttes antiracistes et décoloniales en tant que féministes et
<em>queer</em>,
c’est
notamment s’exprimer
encore plus clairement sur qui nous sommes et quels sont nos
objectifs politiques. Nous nous devons de renforcer les quelques
rares espaces de solidarité qui existent entre féministes,
personnes exilées, <em>queer</em>,
musulmanes, non-blanches…
Il
nous faut augmenter notre connaissance quant à l’agenda
politique des milieux antiracistes et/ou décoloniaux par respect
pour des luttes qui, comme toutes luttes, a des codes précis, des
canaux de communication propres, des outils particuliers. Connaître
cet agenda, c’est
plonger humblement dans leurs histoires de luttes invisibilisées,
c’est
connaître
leurs revendications, leurs besoins, et ne pas s’imposer
comme étant systématiquement indispensables.
Parfois, faire grossir les rangs d’une
manifestation sans plus d’implication
peut être suffisant. A d’autres
moments, c’est
plutôt
des contacts ou des appuis matériels qui peuvent être
pertinents.</p>



<p>Nous savons par expérience que les collectifs de personnes exilées et leurs soutiens sont dans de nombreuses villes des espaces de solidarités entre personnes <em>queer</em> et non <em>queer</em>. Nous expérimentons dans certains endroits la force d’être ensemble loin des divisions inventées par le pouvoir, mais que nous ne pouvons nier être bien réelles.</p>



<p>L’idée est plus d’inciter les féministes et les trans, les bi·es, les inter, les gouines, les pédés blanc·hes à se rendre visibles de façon fine pour trahir le rôle auquel on veut nous assigner : racistes, nationalistes. Il y a des militant·es féministes et <em>queer</em> blanc·hes isolé·es aux marches Justice et Vérité, aux marches contre les lois qui renforcent les frontières, il y a des membres de collectifs dans diverses initiatives contre les centres de rétentions. Mais alors, disons-le, revendiquons-le pour que le pouvoir ne puisse plus dire que nos intérêts sont antagonistes.</p>



<h3 class="wp-block-heading">« Nous invitons nos communautés blanches à être à l’initiative » </h3>



<p>Nous avons nous aussi des revendications à porter contre les institutions de l’Etat. Nous voulons lutter pour nos émancipations et nos vies, et non contre d’autres groupes qui subissent des violences de ces mêmes institutions. C’est pour cela que nous invitons nos communautés blanches à être à l’initiative. Par exemple, dans un premier temps, inscrire les revendications antiracistes à nos agendas communs, et y inscrire d’ores et déjà les mobilisations et dates prévues. Pourquoi pas ensuite imaginer un soutien actif sous forme de <em>pink blocs</em> ou toute autre initiative discutée en amont. Prendre une place dans cette mobilisation doit se faire de manière pertinente en évitant les erreurs et les travers de nos milieux. Notre place n’est pas en tête de cortège et notre présence n’est un passe-droit pour se permettre de se dédouaner du racisme qu’il y aurait dans nos communautés.</p>



<p>D’une part, il faut définir finement le croisement entres luttes féministes et antiracistes en assumant que ce n’est pas un automatisme. Ces croisements ne peuvent s’opérer que par un pas de côté venant des mouvements féministes et <em>queer</em> pour approcher consciemment les mouvements antiracistes, et ce ne sera pas un mouvement venant de ces derniers. Les rapports de force ne le permettent pas. Car en y regardant de plus près, n’avons-nous pas participé à creuser ce fossé qui semble séparer nos mouvements ?</p>



<p>Dans nos collectifs féministes ou TPBIG, les commissions LGBTI ou les commissions « femmes » des syndicats et des partis, nos associations contre les violences sexuelles, nos réseaux universitaires, il serait pertinent que les discussions sur la marche du 16 mars entraînent des interrogations plus générales sur le positionnement que nous voulons adopter vis-à-vis du racisme d’Etat et des violences policières. Pour cela, il nous faut regarder l’histoire de nos luttes, mettre en avant les luttes des personnes non-blanches mais aussi prendre la responsabilité lorsque les luttes des personnes blanches ont écrasé celles des personnes non-blanches. Pour prendre un second exemple historique : l&rsquo;invisibilisation et la non-dénonciation des avortements et des stérilisations forcées des femmes noires à la Réunion par le MLF au nom du droit à l’avortement et à la contraception des femmes blanche dans l’hexagone. Dès aujourd’hui, des cortèges et des associations pourraient elles aussi prendre ou reprendre position contre les politiques de l’Etat, les violences policières et judiciaires et pour une émancipation collective globale entraînant toutes les personnes opprimées, et non sur le dos d’autres groupes opprimés.</p>



<p>D’autre part, la présence actuelle d’un certain nombre de personnes <em>queer</em> et féministes n’est pas fortuite. Elle est la conséquence de ne nos parcours de vie et de lutte, de nos expériences et de nos rencontres. Vouloir que nos luttes féministes aboutissent c’est, de force ou de gré, viser à la décolonisation du monde, accéder à l’égalité en terme de papiers, de traitement par les institutions, de conditions de vies, de dignité.</p>



<p class="has-text-align-right"> Des militantes de Rennes</p>



<p>Nous ne sommes pas neutres, nous reflétons nos  parcours de vies dans ce que nous défendons. Si nous nous exprimons à des moments seules, à deux, ou toutes les trois, c’est que nous ne pouvons pas, et n’avons pas envie de nous exprimer toujours séparément ou toujours ensemble.</p>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/feminisme/appel-feministe-et-queer-pour-la-marche-du-16-mars-2019-contre-le-racisme-detat-et-les-violences-policieres/">Appel aux féministes et queer blanc.he.s pour la marche contre le racisme d’État et les violences policières</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>FièrEs, véner, solidaires ! On se laissera pas faire !</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/feminisme/fieres-vener-solidaires-on-se-laissera-pas-faire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[A2C]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 26 Jun 2017 08:45:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Féminisme]]></category>
		<category><![CDATA[LGBTQI]]></category>
		<category><![CDATA[Patriarcat]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://autonomiedeclasse.wordpress.com/?p=558</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Ce vendredi 23 juin, comme depuis trois ans à la veille de la Marché des Fiertés, se tenait à Paris la Pride de Nuit. A l’appel de «Over The Rainbow, coalition des non conforme» et <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/feminisme/fieres-vener-solidaires-on-se-laissera-pas-faire/" title="FièrEs, véner, solidaires ! On se laissera pas faire !">[...]</a></div>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;">Ce vendredi 23 juin, comme depuis trois ans à la veille de la Marché des Fiertés, se tenait à Paris la Pride de Nuit. A l’appel de «Over The Rainbow, coalition des non conforme» et d’une soixantaine d’associations, collectifs, groupes, LGBTI (ACT UP Paris, BI’Cause, Association Nationale Transgenre, OUTrans, Collectif LGBTI pour la Palestine,…), féministes (Planning Familiale, Femmes en lutte 93, Collectifs féministe révolutionnaire,…), antiracistes (Réseau pour une gauche décoloniale,…) ou d’aide aux migrantEs (Bureau d’Accueil et d’accompagnement des MigrantEs ), nous étions cette années encore quelques milliers (un peu plus que les 3000 de l’année dernière je dirais…) a défilé pour affirmer que nos fiertés sont politiques, &nbsp;nos luttes sont solidaires. Et rappeler que la première Gay Pride était une putain d’émeute de trans noires et latino contre les violences policières.</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>Racistes, sexistes, homophobes, transphobes&nbsp;: On vous emmerde&nbsp;!</strong></p>
<p style="text-align:justify;">C’est donc une marche joyeuse et déterminée, revendicative et festives qui a déambulé dans la rue Saint Denis et dans le marais, scandant «&nbsp;Tchétchénie, on meure, quittez l’Happy Hour&nbsp;» devant les terrasses, «&nbsp;Tout le monde déteste la police&nbsp;» en croisant un commissariat. Avec ses dizaines de pancartes préparées par les organisaTRICEs, toute plus originales, plus géniales, les unes que les autres&nbsp;: On veut du Byoncé, pas l’Etat Policier&nbsp;; Plan de lutte contre le Sida, pas contre le prolétariat&nbsp;; Ni Patrie, Ni patriarcat&nbsp;; Mon corps, mon genre, ta gueule&nbsp;; Hanouna producteur d’homophobie…. On y croise des Queers Antifa, des ours à paillettes, des Trans-Pédé-Gouines décoloniaux, toute sortes de sorcières et de licornes, des drapeaux du NPA et une députée afro-féministe victimes d’attaques racistes qui dans la lignée de Césaire, les emmerde. La famille quoi&nbsp;!</p>
<p style="text-align:justify;">Au moment où une armée de clones fabriqués en série dans les écoles de commerce, sourire ultrabright et «&nbsp;trait d’humour&nbsp;» racistes aux lèvres, s’apprête à squatter l’assemblée nationale, prétendant incarner la «&nbsp;société civile&nbsp;», pour détruire le code du travail, pérenniser l’Etat d’urgence permanent, &nbsp;intensifier la chasse aux migrantEs et à leur soutiens, bref aggraver nos conditions d’existence et la répression contre celleux qui y résistent, quelle plus belle réponse que nos fiertés non conformes, que nos diversités solidaires, que cette Pride qui «&nbsp;nous ressemble, qui nous réunit, qui nous représente toutes et tous !&nbsp;» comme l’annonçait l’appel à le première Pride de nuit, il y a 3 ans?</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>Danser ne suffit plus&nbsp;!</strong></p>
<p style="text-align:justify;">Quand nos sœurs et nos frères sont massacréEs en Tchétchénie, quand la Gay Pride d’Istanbul, interdite par Erdogan, &nbsp;est attaquée par les flics et les fachos (mais que les militantEs déploient malgré tout une magnifique banderole &nbsp;« Faut vous y faire, on est là »), quand la chasse aux migrantEs fragilise les LGBTQI+ qui fuient la guerre, la misère et les persécutions, plus que jamais nos fiertés ne sont pas nationales, nos luttes sont internationales.</p>
<p style="text-align:justify;">Plus que jamais, à l’heure où l’impérialisme enrôle la défense formelle de nos droits et de notre sécurité dans les guerres contre ses ennemis intérieurs et extérieurs, à l’heure du pinkwashing et de l’homonationalisme, rappeler qu’il ne peux y avoir de fierté sans solidarité, est d’une urgence vitale. C’est ce que font la Pride de Nuit, les militantEs qui ont bloqué le cortège En Marche à la marche des fiertés samedi, Act Up qui zappe le char de Gilead, laboratoire pharmaceutique qui se gavent sur nos morts et nos malades du sida, les Queers anticolonialistes, qui ont déployé une banderole «&nbsp;No Pride in Occupation&nbsp;» lors de la Pride de Tel-Aviv, celleux qui &nbsp;aux USA perturbent les Pride officielles «&nbsp;No Justice, No Pride&nbsp;».</p>
<p style="text-align:justify;">Il est des moments, où, même si on pourra forcément danser sur notre Révolution (Big Up Emma), danser ne suffit pas comme l’affirmait fièrement la banderole de tête de l’année dernière.</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>Préparer les suites</strong></p>
<p style="text-align:justify;">Et des moments de luttes le pouvoir de&nbsp; «&nbsp;l’extrême centre&nbsp;» nous en promet un paquet. Contre la normalisation de l’Etat d’urgence et son lot de persécution et de répression contre les musulmanEs (ou supposéEs tel), contre les militantEs, contre les classes dangereuse. Contre la chasse aux migrantEs et la criminalisation de la solidarité. Contre la casse des protections collectives qui va fragiliser encore plus touTEs les non conformes aux standards de cette société raciste, sexiste, homophobes, transphobe dans le monde du travail. Pour un code du travail qui permette de lutter réellement contre les discriminations. Pour de nouveaux droits pour touTEs (à commencer par la GPA et l’accès déjudiciarisé, rapide, déclaratif et gratuit au changement d’état civil, fondé sur la seule autodétermination).</p>
<p style="text-align:justify;">Et dans ces moments il est important d’avoir des espaces, comme par exemple les Pinks Blocks, qui à l’instar de la marche de vendredi, &nbsp;sont offensifs et safes, inclusifs sauf avec les racistes, les machos, les homophobes, les transphobes. Des cortèges où personne ne crie vouloir violer «&nbsp;Marine&nbsp;», Collomb, ou n’importe quelle autre crevure politicienne, car «&nbsp;la sodomie, c’est entre amiEs&nbsp;» (consentantEs).</p>
<p><em>TPP, 25 juin 2017</em></p>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/feminisme/fieres-vener-solidaires-on-se-laissera-pas-faire/">FièrEs, véner, solidaires ! On se laissera pas faire !</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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