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	<title>Archives des Grande-Bretagne - A2C - Autonomie de classe</title>
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	<title>Archives des Grande-Bretagne - A2C - Autonomie de classe</title>
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		<title>Contre le génocide en Palestine, contre l&#8217;impérialisme : Intifada globale&#8230; sauf à Paris ?</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/international/contre-le-genocide-en-palestine-contre-limperialisme-intifada-globale-sauf-a-paris/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jakubowski]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 13 Oct 2024 10:52:44 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Depuis un an, les manifestations et les actions de soutien au peuple palestinien se sont multipliées à travers le monde. Parmi les mobilisations qui ont fourni une puissante inspiration, en Angleterre, les manifestations régulières ont <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/contre-le-genocide-en-palestine-contre-limperialisme-intifada-globale-sauf-a-paris/" title="Contre le génocide en Palestine, contre l&#8217;impérialisme : Intifada globale&#8230; sauf à Paris ?">[...]</a></div>
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<p>Depuis un an, les manifestations et les actions de soutien au peuple palestinien se sont multipliées à travers le monde. Parmi les mobilisations qui ont fourni une puissante inspiration, en Angleterre, les manifestations régulières ont fréquemment réuni plusieurs centaines milliers et jusqu’à 1 million de personnes à Londres. Blocages d’entreprises d’armement, occupation des universités, rassemblements devant des lieux de pouvoir et construction en cours d’une grève, la solidarité est massive et continue de se développer.</p>



<p>Pourquoi la mobilisation dans ce pays est-elle bien plus avancée qu’en France ?</p>



<p>Nous avons invité une militante révolutionnaire, très impliquée dans la construction dumouvement de solidarité à Londres, à nous partager son expérience. Les différences ne relèvent ni de l’intensité de la répression, ni d’un traitement médiatique plus honnête. Sophia Beach expose son expérience d’une bataille politique permanente pour que s’exprime une solidarité inconditionnelle. Une bataille antisioniste, antiraciste et anti-impérialiste.</p>



<p><strong>Avec la présence de Sophia Beach,Étudiante et représentante de Palestine Solidarity Campaign en Angleterre.</strong></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
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</div><figcaption class="wp-element-caption"><em>Une traduction est disponible en activant les sous-titres</em> <em>puis en choisissant la langue de traduction automatique</em>.</figcaption></figure>



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		<title>Grande-Bretagne : un mouvement de grèves qui soulève des questions stratégiques importantes</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/international/grande-bretagne-un-mouvement-de-greves-qui-souleve-des-questions-strategiques-importantes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jakubowski]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 19 Jun 2023 15:14:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Grande-Bretagne]]></category>
		<category><![CDATA[Grève]]></category>
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<p style="font-style:normal;font-weight:600">Une vague de grèves importantes pendant les 11&nbsp;derniers mois a transformé la situation politique en Grande-Bretagne. C’est la fin d’une longue période où le niveau des luttes a été généralement très bas. Pendant l’été 2022 des travailleur·euses britanniques ont commencé à riposter à une échelle que nous&nbsp;n’avions pas vue depuis au moins une génération.</p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #08 &#8211; Mai 2023</h6>



<p class="has-drop-cap">Des grèves de cheminot·es à travers le pays, dans une dizaine de compagnies ferroviaires de l’industrie privatisée du rail, à la fin du mois de juin ont été suivies durant l’été par des grèves de travailleur·euses des télécommunications, de la poste et d’autres secteurs. Une grève sans précédent de la part des avocat·es pénalistes a fait que ce mouvement de grève, toujours plus grand, s’est étendu à des secteurs qui auparavant n’avaient pas d’expérience de lutte collective.</p>



<p>Pendant l’automne et l’hiver 2022-2023, les grèves se sont étendues aux travailleur·euses de l’université, aux fonctionnaires et puis à des milliers d’ambulancier·es, d’infirmier·es et d’autres personnels soignants et d’enseignant·es, avec notamment des dizaines de milliers d’enseignant·es en Écosse. En février, plus de 250 000 membres du syndicat enseignant (le NEU) les ont rejoints en Angleterre et au pays de Galles.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un renouveau des luttes</h2>



<p>Depuis 1993 il n’y avait eu aucune grève nationale touchant tous les métiers des chemins de fer, ni de grève nationale dans les télécommunications. Le principal syndicat des infirmier·es, le Royal College of Nursing, n’avait jamais fait grève en Angleterre et au pays de Galles depuis sa fondation il y a 106&nbsp;ans.</p>



<p>Des milliers de nouvelles personnes se sont ruées vers les syndicats pour adhérer. Le cas le plus spectaculaire a été celui du syndicat enseignant, le NEU, qui a gagné 50 000 nouveaux membres dans les semaines qui ont suivi l’annonce du vote pour la grève et du choix des journées de grève.</p>



<p>La lutte de classe ouverte est de retour. Poussé·es par une inflation galopante, qui se situe toujours à 13,5 % par an, selon l’estimation la plus exacte, les travailleur·euses savent qu’iels sont obligé·es de lutter, car sinon iels couleront.</p>



<p>En mars de cette année, l’action des travailleur·euses s’est traduite par la « perte » de 348 000 journées de grève, en hausse par rapport aux 210 000 journées le mois précédent. Le nombre d’arrêts de travail a atteint 654, le chiffre le plus élevé jamais enregistré par le Bureau National des Statistiques (ONS) avec la participation de 250 000 travailleur·euses.</p>



<p>Il y a eu presque 1,4&nbsp;million de journées de grève depuis décembre. Les reportages sur les grèves, bannis depuis longtemps dans les médias, sont aujourd’hui courants. L’idée d’organiser des piquets de grève, de manifester et de faire grève est acceptée maintenant par des millions de travailleur·euses. Et il en est sorti de larges débats sur comment les travailleur·euses peuvent se battre, peuvent gagner et où le faire.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img data-dominant-color="967c64" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #967c64;" fetchpriority="high" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/06/A2C_RevueN8_Grande-Bretagne_Illustr1-jpg.webp" alt="" class="wp-image-7683 not-transparent" width="750" height="499" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/06/A2C_RevueN8_Grande-Bretagne_Illustr1-jpg.webp 1000w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/06/A2C_RevueN8_Grande-Bretagne_Illustr1-300x200.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/06/A2C_RevueN8_Grande-Bretagne_Illustr1-768x511.webp 768w" sizes="(max-width: 750px) 100vw, 750px" /><figcaption class="wp-element-caption"> </figcaption></figure>
</div>


<h2 class="wp-block-heading">Le rôle des directions syndicales</h2>



<p>Mais il y a un problème. Presque un an après le début de la vague de grèves, il n’y a eu aucune victoire nette dans les batailles nationales. Au lieu de cela, les dirigeant·es syndicaux négocient des accords qui sont largement en dessous du taux d’inflation.</p>



<p>La stratégie de ces dirigeant·es a été déterminante. Si la première phase s’est souvent caractérisée par le niveau d’enthousiasme et de participation aux piquets de grèves, la deuxième phase a vu les grèves prendre la forme d’une guerre de tranchée épisodique de stop and go qui a limité la pression sur les employeurs et le gouvernement.</p>



<p>Le rythme des conflits a été fixé par en haut par la bureaucratie syndicale.</p>



<p>Les grèves étaient puissantes et largement soutenues. Mais leur nature saccadée a signifié que les employeurs et le gouvernement ont pu chercher à laisser passer la tempête avec l’espoir que l’enthousiasme des grévistes s’estomperait avec la montée des difficultés financières, et que l’opinion publique perdrait patience avec les perturbations causées par les grèves.</p>



<p>Et de plus en plus, même ce rythme intermittent a été cassé avec l’annulation ou le report des grèves et cela pour une succession de raisons dont la mort de la reine n’est pas le seul exemple.</p>



<p>Il y a eu des journées où des grévistes de différents syndicats ont agi ensemble. Le 1er&nbsp;février et le 15&nbsp;mars par exemple, environ 500 000 travailleur·euses ont fait grève le même jour. Autour du 1er&nbsp;Mai, des enseignant·es, des fonctionnaires et des infirmier·es ont toustes fait grève mais pas le même jour.</p>



<p>Mais il n’y a pas eu de mouvement stratégique vers l’unité d’action.</p>



<p>La position initiale du gouvernement était d’affronter les grèves et de refuser de faire quelque concession que ce soit, tout en essayant de retourner l’opinion publique, à l’aide des médias, contre les grèves, les présentant comme des perturbations causées par de la pure cupidité.</p>



<p>Pourtant, arrivé à Noël, et lorsque des soignant·es ont commencé à faire des piquets de grève, le gouvernement conservateur, profondément impopulaire, a reconnu qu’il n’avait pas réussi à gagner l’argument dans la société face aux grèves et a changé de tactique. Il a alors cherché à entraîner les bureaucraties syndicales à signer des accords avec des concessions très limitées, qui étaient invariablement très en dessous des revendications initiales des grèves pour essayer de régler les conflits.</p>



<p>La troisième phase était donc celle d’accords limités et l’abandon d’actions supplémentaires. Mais nous avons aussi assisté à la résistance face à ce processus.</p>



<p>Les dirigeant·es du Royal College of Nursing ont invité leurs membres à accepter un mauvais accord. Mais les membres du syndicat se sont rebellé·es et ont rejeté l’accord. Dans le syndicat des universités (UCU), les travailleur·euses ont refusé de permettre aux dirigeant·es syndicaux de faire échouer les grèves et au moment de l’écriture de ces lignes, iels ont commencé un boycott de la correction des examens.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Quelle stratégie pour gagner ?</h2>



<p>Des membres du Socialist Workers Party (SWP) et d’autres militant·es ont commencé à organiser celleux qui ne veulent pas accepter ces mauvais accords. Un meeting en ligne a rassemblé 400&nbsp;personnes pour discuter de la coordination des grèves et pour certaines d’entre elleux, de la mise en place de réseaux pour se battre contre les reculs des dirigeant·es syndicaux.</p>



<p>Les traditions de la mobilisation à la base sont aujourd’hui faibles parce que la lutte a été très limitée depuis des décennies. Mais l’objectif est d’utiliser cette reprise des grèves pour reconstruire les réseaux militants.</p>



<p>Le mouvement a besoin aussi de se saisir de questions politiques plus larges –&nbsp;comme par exemple le besoin d’être contre le racisme et toute autre forme d’oppression. Le racisme et toutes les autres divisions sont un poison pour les travailleur·euses. Nous ne pouvons pas combattre les patrons si entre nous on se voit comme des ennemi·es.</p>



<p>S’appuyant sur nos analyses politiques plus générales, on pense que, puisque la libération des travailleur·euses découle de leur propre expérience de la lutte, cela ne marche pas s’il y a seulement des secteurs de travailleur·euses en grève ou si les actions restent sporadiques.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img data-dominant-color="757478" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #757478;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/06/A2C_RevueN8_Grande-Bretagne_Illustr2-jpg.webp" alt="" class="wp-image-7684 not-transparent" width="750" height="500" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/06/A2C_RevueN8_Grande-Bretagne_Illustr2-jpg.webp 1000w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/06/A2C_RevueN8_Grande-Bretagne_Illustr2-300x200.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/06/A2C_RevueN8_Grande-Bretagne_Illustr2-768x511.webp 768w" sizes="(max-width: 750px) 100vw, 750px" /><figcaption class="wp-element-caption"> </figcaption></figure>
</div>


<p>Les reculs des dirigeant·es syndicaux ont fait du mal. Mais cela n’est pas une raison de désespérer. Plutôt, il s’agit de dire que, tout en portant le maximum de solidarité à toutes les grèves qui ont lieu, il est crucial aussi de développer une confiance chez les travailleur·euses de la base, de pousser à ce que les grévistes participent le plus pleinement possible aux décisions sur les conflits et d’encourager la construction de réseaux qui puissent mettre la pression sur les permanent·es syndicaux et organiser des initiatives indépendamment de la bureaucratie quand cela est nécessaire.</p>



<p>Nous avons besoin que les travailleur·euses, et les grévistes en particulier puissent reprendre le contrôle de leurs syndicats. Cela passe par des assemblées générales, le droit des grévistes de décider si des propositions sont acceptées et si des grèves doivent être arrêtées ou suspendues, le contrôle des négociations par les grévistes et des comités de grèves élus.</p>



<p>Sans une telle façon de s’organiser, les permanent·es à plein temps limiteront la lutte et insisteront sur des compromis plutôt que sur la vraie confrontation. Il ne suffit pas de voir les travers des dirigeant·es syndicaux. Il doit y avoir aussi des alternatives organisationnelles avec une base politique différente.</p>



<p>Reconnaître que nous avons beaucoup de chemin à faire –&nbsp;se confronter à la réalité&nbsp;– est crucial pour réussir à la fin. Dans les années 1980, ça parlait beaucoup des vieilles méthodes de lutte dont la nature serait fatalement démodée –&nbsp;les grèves de masse, les piquets de grève solides par autant de grévistes et soutiens que possible, s’opposer aux lois antisyndicales, rester en grève jusqu’à la victoire, etc.</p>



<p>Le monde avait changé, nous disait-on. De telles tactiques c’était de « la cavalerie contre des chars ». C’était faux à l’époque. Il est clair maintenant que 40&nbsp;ans après la grande grève des mineurs de 1984-1985 en Grande-Bretagne, ce sont les méthodes qui sont venues après, qui aujourd’hui sont épuisées – le partenariat avec les employeurs, les grèves d’une journée, agir dans les limites de la loi, chercher désespérément le soutien des médias, rejeter l’activité militante.</p>



<p>Ces tactiques furent le résultat de la défaite et du désespoir et elles nous ont amené·es à un point où la classe ouvrière bat en retraite depuis des décennies. C’est pourquoi il est si important de célébrer les grèves de 2022-2023, mais sans être satisfait des petites avancées.</p>



<h6 class="wp-block-heading">Charlie Kimber</h6>



<p><em>Charlie Kimber est un membre dirigeant du Socialist Workers Party en Grande-Bretagne et rédacteur en chef de leur journal.</em></p>



<p><em>Le titre et les intertitres sont de nous.</em></p>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/grande-bretagne-un-mouvement-de-greves-qui-souleve-des-questions-strategiques-importantes/">Grande-Bretagne : un mouvement de grèves qui soulève des questions stratégiques importantes</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Gymnastique des grèves en Angleterre : la lutte appelle-t-elle la lutte ?</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/gymnastique-des-greves-en-angleterre-la-lutte-appelle-t-elle-la-lutte/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Mathieu]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 26 Sep 2022 05:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Retours militants]]></category>
		<category><![CDATA[Angleterre]]></category>
		<category><![CDATA[Grande-Bretagne]]></category>
		<category><![CDATA[Grève]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Il y a eu un changement majeur dans le niveau des grèves et la confiance gagne tous·tes les syndicalistes et militant·es socialistes. Après des années de baisse historique de l’intensité des luttes, on assiste soudain <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/gymnastique-des-greves-en-angleterre-la-lutte-appelle-t-elle-la-lutte/" title="Gymnastique des grèves en Angleterre : la lutte appelle-t-elle la lutte ?">[...]</a></div>
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<pre class="wp-block-verse">Il y a eu un changement majeur dans le niveau des grèves et la confiance gagne tous·tes les syndicalistes et militant·es socialistes. Après des années de baisse historique de l’intensité des luttes, on assiste soudain à d’importantes grèves, nationales et à répétition, avec environ 50 000 travailleur·euses ferroviaires et du métro, 120 000 postier·es, 40 000 travailleur·euses des télécommunications.</pre>



<h6 class="has-text-align-right has-background wp-block-heading" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #04 &#8211; Septembre 2022</h6>



<p class="has-drop-cap">Des grèves locales, pouvant durer jusqu’à plusieurs semaines, ont également pris de l’importance, entreprises par des sections de conducteur·ices de bus, d’éboueur·euses, des travailleur·euses de la santé et dans d’autres secteurs.</p>



<p>Une récente grève très médiatisée au port de Felixstowe a vu 2 000 travailleur·euses entraîner la fermeture du plus grand port à conteneurs de Grande-Bretagne pendant huit jours.</p>



<p>Et il y a d’impressionnantes grèves non-officielles (sans préavis syndical et sans les scrutins pourtant imposés par les lois antisyndicales) dans les entrepôts d’Amazon, sur les plateformes de la mer du Nord et sur certains chantiers de construction.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La guerre de classe unilatérale est&nbsp;terminée</strong></h2>



<p>Un grand nombre de ces grèves ont été victorieuses, au moins partiellement. Elles n’ont pas permis d’accéder à toutes les revendications et la plupart du temps les négociations sont en dessous du taux de l’inflation actuelle. Mais iels ont gagné·es bien plus que ce que les patrons n’auraient voulu céder et ces victoires ont renforcé l’idée qu’une lutte peut être victorieuse.</p>



<p>La guerre de classe unilatérale où les employeurs attaquaient et où les syndicats ne réagissaient que de manière limitée est terminée.</p>



<p>Quel est le moteur de la résistance ? Le fait le plus important est l’inflation galopante. Les taux officiels du gouvernement montrent une augmentation des prix de 10,1 % par an. Mais un calcul encore plus précis, que le gouvernement avait utilisé auparavant, montre une augmentation de 12,3 % par an.</p>



<p>Les prix du gaz et de l’électricité augmentent bien davantage. À partir d’octobre, le prix des factures de combustible d’un ménage moyen sera d’environ 4 200&nbsp;euros par an, pratiquement 3&nbsp;fois plus qu’en mars cette année.</p>



<p>Cela signifie que des millions de personnes vont devoir choisir entre « se chauffer ou manger »<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_5733_6('footnote_plugin_reference_5733_6_1');" onkeypress="footnote_moveToReference_5733_6('footnote_plugin_reference_5733_6_1');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_5733_6_1" class="footnote_plugin_tooltip_text">1</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_5733_6_1" class="footnote_tooltip">« Se chauffer ou manger » traduit de l’anglais « heat or eat »</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_5733_6_1').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_5733_6_1', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script> cet hiver. À moins d’une action urgente, nous allons devoir faire face à la précarité généralisée, la ­malnutrition, des maladies et la mort.</p>



<p>En plus de cela, lors de la pandémie, les travailleur·euses étaient félicité·es par le gouvernement et les médias, tout en leur demandant d’accepter des augmentations qui ne coïncident pas avec le taux d’inflation. Les pénuries de main-d’œuvre dans certains secteurs, comme chez les conducteur·ices de poids lourds, permettent de donner de la confiance aux travailleur·euses pour se mettre en lutte.</p>



<p>Des facteurs plus importants sont également à prendre en compte. Le Parti conservateur au pouvoir a dû se débarrasser de son Premier ministre Boris Johnson, puisqu’il était régulièrement présenté comme un menteur ayant enfreint les règles qu’il avait mises en place pour le confinement, en organisant des soirées au cœur du gouvernement. Les conservateurs organisent une élection supplémentaire pour choisir qui prendra la suite de B. Johnson qui donne lieu à des attaques acerbes des candidat·es les uns contre les autres. Cela renforce le sentiment que le gouvernement est faible, incompétent et qu’il peut être battu.</p>



<p>Enfin, le leader du Labour Party, Keir Starmer, qui a remplacé le politique de gauche Jeremy Corbyn, a refusé de soutenir les grèves et a pris des mesures disciplinaires à l’encontre d’un membre du parti s’étant rendu à un piquet de grève. Il y a donc peu d’illusion que le Labour Party sera la solution –&nbsp;c’est lutter ou mourir de faim.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Des batailles politiques à gagner</strong></h2>



<p>Le retour des grèves est un élément majeur, extrêmement positif, qui fait émerger de nouveaux arguments à propos du rôle central de l’action des travailleur·euses. Cela permet, pour les socialistes, d’atteindre une nouvelle audience et d’échanger sur la manière de battre les conservateurs et les corporatistes. Au sein du Socialist Workers Party, nous poussons dans le sens de la solidarité avec les grèves, pour la généralisation et l’unification du mouvement, pour que les grèves soient victorieuses –&nbsp;et non pour accepter de faibles compromis.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-full is-resized"><img data-dominant-color="383838" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #383838;" loading="lazy" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2022/09/A2C_RevueN4_Angleterre_Illustr_1.jpg" alt="" class="wp-image-5735 not-transparent" width="360" height="240"/></figure>
</div>


<p>Mais il y a des batailles politiques à gagner. Les dirigeants syndicaux divisent les grèves. Par exemple, un syndicat des chemins de fer fait grève un jour, un autre le lendemain, puis les postiers un autre jour. Les dirigeants syndicaux apparaissent sur des plateformes communes lors de rassemblements, mais ils n’appellent pas à des grèves communes. Cela limite le sentiment que les jours de grève sont un point de convergence pour l’ensemble de la classe ouvrière.</p>



<p>Il y a quelques discussions parmi les activistes à propos d’une grève générale, mais pour le moment, nous en sommes loin. Si les grèves ne se transforment pas en mouvement long ou à durée indéterminée, il est peu probable d’envisager des victoires significatives.</p>



<p>Lorsqu’un nouveau Premier ministre entrera en fonction le 5&nbsp;septembre, ils s’apprêtent à déclencher de nouvelles attaques contre les syndicats. Le niveau de lutte va devoir s’intensifier pour ne pas les laisser arriver à leur fin.</p>



<p>Il n’est pas certain que les grands syndicats du secteur public puissent atteindre les seuils de participation au scrutin requis par les lois antisyndicales actuelles. Les lois exigent que 40 % des votant·es soutiennent les grèves. Là où les syndicats locaux sont peu représentés, ils ont rarement réussi à atteindre ce pourcentage –&nbsp;et les dirigeants syndicaux ne vont pas suggérer de contourner ces lois ou de partir en grève malgré tout.</p>



<p>Mais il est possible que l’exemple des groupes déjà en mouvement, la pression intense des prix qui grimpent, et le nouvel esprit de révolte donnent à voir des grèves de larges pans de travailleur·euses de la santé, des administrations locales, des professeur·es et du personnel universitaire dans les mois à venir.</p>



<p>D’autres formes de révoltes seraient possibles, venant de l’extérieur des organisations syndicales. Un récent sondage montre que 49 % des 18-24&nbsp;ans sont d’accord pour dire que « compte-tenu de l’augmentation du coût de la vie, manifester dans les rues serait justifié ». Seulement 41 % ne sont pas d’accord.</p>



<p>Les plus importantes formes de résistance de ces dernières années ont concerné des mouvements comme les grèves lycéennes et étudiantes pour le climat, Black Lives Matter, Extinction Rebellion. En même temps que la lutte augmente, il reste important de continuer d’argumenter à propos de la nécessité de combattre les oppressions et de construire des mouvements tel que Stand Up to Racism. C’est même encore plus important puisque les conservateurs cherchent à briser l’opposition en attaquant les personnes migrantes, les réfugié·es, les personnes transgenres.</p>



<p>Nous sommes dans une nouvelle phase de lutte, mais les socialistes doivent continuer à débattre de la ligne à suivre et d’une alternative révolutionnaire au Labour Party et aux dirigeants syndicaux.</p>



<p><strong>Charlie Kimber (Londres, SWP) </strong></p>



<p><em>Traduit par Aude (Nantes)</em></p>
<div class="speaker-mute footnotes_reference_container"> <div class="footnote_container_prepare"><p><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_label pointer" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_5733_6();">Notes</span><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_collapse_button" style="display: none;" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_5733_6();">[<a id="footnote_reference_container_collapse_button_5733_6">+</a>]</span></p></div> <div id="footnote_references_container_5733_6" style=""><table class="footnotes_table footnote-reference-container"><caption class="accessibility">Notes</caption> <tbody> 

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_5733_6_1" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_5733_6('footnote_plugin_tooltip_5733_6_1');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>1</a></th> <td class="footnote_plugin_text">« Se chauffer ou manger » traduit de l’anglais « heat or eat »</td></tr>

 </tbody> </table> </div></div><script type="text/javascript"> function footnote_expand_reference_container_5733_6() { jQuery('#footnote_references_container_5733_6').show(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_5733_6').text('−'); } function footnote_collapse_reference_container_5733_6() { jQuery('#footnote_references_container_5733_6').hide(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_5733_6').text('+'); } function footnote_expand_collapse_reference_container_5733_6() { if (jQuery('#footnote_references_container_5733_6').is(':hidden')) { footnote_expand_reference_container_5733_6(); } else { footnote_collapse_reference_container_5733_6(); } } function footnote_moveToReference_5733_6(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_5733_6(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } } function footnote_moveToAnchor_5733_6(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_5733_6(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } }</script><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/gymnastique-des-greves-en-angleterre-la-lutte-appelle-t-elle-la-lutte/">Gymnastique des grèves en Angleterre : la lutte appelle-t-elle la lutte ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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		<title>En Grande-Bretagne, après les élections, la lutte contre les conservateurs continue</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/international/apres-les-elections-continuons-la-lutte-contre-le-pouvoir-des-conservateurs/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[A2C-WP_Gabo]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 21 Dec 2019 14:22:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Crise politique]]></category>
		<category><![CDATA[Élections]]></category>
		<category><![CDATA[Grande-Bretagne]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Cet article a été initialement publié le 13 décembre sur le site du Socialist Worker. Notre camp a subi un coup dur avec les élections parlementaires qui ont donné une large majorité au Tories [surnom <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/apres-les-elections-continuons-la-lutte-contre-le-pouvoir-des-conservateurs/" title="En Grande-Bretagne, après les élections, la lutte contre les conservateurs continue">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><em><strong>Cet article a été initialement publié le 13 décembre sur le site du <a href="https://socialistworker.co.uk/art/49374/After+the+election%2C+keep+up+the+fight+against+Tory+rule" target="_blank" rel="noreferrer noopener" aria-label="Socialist Worker. (s’ouvre dans un nouvel onglet)">Socialist Worker.</a></strong></em></p>



<hr class="wp-block-separator"/>



<p>Notre camp a subi un coup dur avec les élections parlementaires qui ont donné une large majorité au Tories [surnom des conservateurs en Grande-Bretagne, ndt].</p>



<p>Pour nous, il s’agit non pas de désespérer, mais de renforcer la résistance car la bataille continue. Les Tories ont aujourd’hui le vent en poupe, mais de nombreux problèmes vont se dresser sur leur chemin, notamment &#8211; mais pas que &#8211; avec le Brexit.</p>



<p>Les Conservateurs ont obtenu 365 sièges au parlement, alors que le Labour en a 203. Le Parti National Écossais (SNP) a obtenu 48 des 59 sièges en Ecosse.</p>



<p>Boris Johnson a obtenu sa majorité parlementaire alors que le vétéran travailliste Dennis Skinner, un syndicaliste et défenseur historique de la classe ouvrière, a cédé son siège de Bolsover aux Tories.</p>



<p>Jeremy Corbyn a annoncé qu&rsquo;il ne dirigerait pas le Labour aux prochaines élections et il subit une pression intense pour démissionner immédiatement.</p>



<p>Le vote conservateur n’a augmenté que de 1,2 pour cent à travers le pays par rapport à 2017, mais le Labour a perdu presque 8 pour cent sur la même période.</p>



<p>Les Tories ont gagné une série de sièges qui étaient considérés comme des bastions du Labour comme Blyth, Darlington, Durham North West et Workington. Ils ont gagné Ashfield, Bishop Auckland et Workington, des circonscriptions qui n’avaient jamais élu de Tory auparavant. </p>



<p>C&rsquo;est un désastre navrant pour tou·te·s les travailleur·e·s, pour le service de santé publique NHS, pour nos écoles, pour toutes les personnes menacées par le régime cruel de Crédit Universel [réforme des allocations, ndt], pour toutes celles et ceux qui veulent agir contre le chaos climatique, pour les gens coincés dans des contrats à 0 heure et dénués de protection syndicale. </p>



<p>Plus de sans-abri vont mourir. Plus de gens désespérés vont être déportés ou emprisonnés. Les racistes vont se sentir plus forts. Les femmes et les LGBTI+ vont subir de nouveaux assauts.</p>



<p>Mais ce n&rsquo;est pas la fin. Nous avons tou·te·s perdu, mais nous ne sommes pas brisé·e·s pour autant.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Agitation</strong></h3>



<p>Les écolier·e·s vont continuer à se mobiliser pour le climat. Les travailleur·e·s de l&rsquo;université et les cheminot·e·s de la South Western Railway peuvent faire grève. Il y aura d&rsquo;autant plus d&rsquo;agitation en faveur de l&rsquo;indépendance de l’Écosse.&nbsp;</p>



<p>Le résultat des élections ne doit pas être utilisé pour prétendre que les travailleur·e·s sont toutes et tous réactionnaires ou, en particulier, que les gens ordinaires du Midlands et du nord de l&rsquo;Angleterre sont tous des ennemis du progrès.</p>



<p>C&rsquo;est une tragédie qu&rsquo;une partie de la colère dans notre société ait pu s’exprimer par un vote pour les Tories qui aggraveront les conditions de vie.</p>



<p>Beaucoup de socialistes accuseront le coup, mais nous avons besoin de résistance. Nous devons aussi nous demander comment nous en sommes arrivés là.</p>



<p>Quand le Labour perdait sous Neil Kinnock ou Gordon Brown ou Ed Miliband, la gauche du parti avait une réponse immédiate : c&rsquo;était à cause de la droite du parti et des politiques d&rsquo;austérité.</p>



<p>Ce n&rsquo;est plus vrai cette fois. Il y avait un dirigeant de gauche sincère et convaincu avec un programme très radical comparé aux précédents. </p>



<p>C&rsquo;est vrai que les médias étaient massivement pro-Tory, dont la soit-disant neutre BBC. Corbyn a subi&nbsp; un flot de mensonges et de diffamations ignobles. </p>



<p>Mais que ça nous fasse plaisir ou non, des hommes riches utilisant leurs médias pour soutenir les riches est la norme dans une société de classe. </p>



<p>La droite du Labour a sapé et cherché à salir Corbyn à chaque opportunité qui se présentait. La nuit même de l&rsquo;élection, Ruth Smeeth, la députée Labour évincée de Stoke-on-Trent North présentait son propre parti comme étant «&nbsp;le parti raciste&nbsp;».&nbsp;</p>



<p>Mais là aussi, la droite du Labour a toujours existé.&nbsp;</p>



<p>Nous pensons que la campagne du Labour aurait pu se dérouler autrement. Elle aurait dû se baser sur des meetings de masse et de grands événements publics ouverts à tou·te·s. Au contraire, la tendance était à la mise en oeuvre d&rsquo;une approche plus «&nbsp;professionnelle&nbsp;», centrée sur le porte-à-porte. </p>



<p>Corbyn aurait pu se confronter à Johnson plus directement durant les deux débats télévisés, pointant sa responsabilité directe et personnelle pour Grenfell, les 130.000 mort·e·s à cause de l&rsquo;austérité et ses déclarations racistes ou homophobes.</p>



<p>Mais les élections ne sont généralement pas gagnées ou perdues en six semaines de campagne.</p>



<p>Nous devons regarder plus loin.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Brexit</strong></h4>



<p>Le Brexit était une question centrale. Il a profondément divisé la classe ouvrière, permettant à un escroc aussi révoltant que Johnson de se poser en ami des gens ordinaires face aux élites.</p>



<p>Dans les circonscriptions qui avaient voté à plus de 60 pour cent pour le Brexit, le vote conservateur a augmenté en moyenne de 6 pour cent. Mais dans celles qui ont voté Remain à plus de 60 pour cent, le vote conservateur a baissé de 3 pour cent.&nbsp;</p>



<p>Durant les deux dernières années, le Labour s&rsquo;est rapproché de plus en plus de la position du Remain et a appelé à un second référendum.</p>



<p>C&rsquo;était un virage majeur par rapport à sa position de 2017 selon laquelle «&nbsp;le Labour accepte les résultats du référendum et nous chercherons à unir le pays autour d&rsquo;un accord pour le Brexit qui arrange toutes les communautés de Grande-Bretagne.&nbsp;»</p>



<p>La nouvelle approche fut désastreuse et a aliéné en masse celles et ceux qui avaient voté pour la sortie. La position d&rsquo;un Lexit, pour un Brexit des travailleur·e·s, a été raillée par beaucoup au sein du Labour, mais elle était juste.&nbsp;</p>



<p>Pour ceux qui prétendent que le Labour aurait dû embrasser la position du Remain plus complètement et rapidement, regardez le destin des Lib Dems [parti centriste qui a axé toute sa campagne sur Remain, ndt].<br><br>Leur résultat catastrophique qui les ramène à leur nombre de siège de 2017 a été couronné par la perte du siège de leur cheffe, Jo Swinson, au profit du SNP. Elle avait commencé la campagne en prétendant pouvoir être première ministre.</p>



<p>Les reculs du Labour face aux accusations d&rsquo;antisémitisme ont aussi été totalement catastrophiques. Au lieu d&rsquo;affirmer qu&rsquo;il n&rsquo;y avait rien d&rsquo;antisémite à s’opposer à Israël et au sionisme, le parti a pris la fuite et trahi les Palestinien·ne·s.</p>



<p>Cela a simplement démoralisé les activistes et encouragé les nouvelles attaques qui se manifestèrent de façon d&rsquo;autant plus toxique pendant ces élections.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Un problème plus fondamental est le bas niveau de lutte dans la société. Quand les gens sont impliqués dans des grèves, des protestations ou des manifestations, ils gagnent conscience de leur force et de leur unité en tant que collectif. Ils sont plus ouverts aux idées radicales. </p>



<p>Mais nous n&rsquo;avons pas vu ce genre de résistance.&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Confiance</strong></h3>



<p>Corbyn a permis de renforcer la gauche dans son ensemble, donnant la confiance que les idées socialistes peuvent être populaires. Mais le revers de la médaille a été que les leaders syndicaux et de nombreu·se·s militant·e·s ont tout misé sur sa percée électorale. </p>



<p>Il n&rsquo;y pas eu de grosse manifestation, pas d&rsquo;incitation à la grève.</p>



<p>Même quand les Tories étaient au plus bas, la seule réponse fut parlementaire et non dans la rue ou sur les lieux de travail.&nbsp;</p>



<p>Il y a moins d&rsquo;un an, l&rsquo;accord de Brexit de Theresa May était rejeté par une majorité de 230 députés. C&rsquo;était la plus grosse défaite parlementaire de l&rsquo;histoire britannique.</p>



<p>Il n&rsquo;y a jamais eu de protestation de masse, aucun effort pour pousser les Tories dehors.&nbsp;</p>



<p>Plus tard, l&rsquo;impasse parlementaire força Johnson à organiser une élection générale pour le 14 octobre. Le Labour se déroba à nouveau, préférant s&rsquo;associer aux Lib Dems et à d&rsquo;autres pour bloquer un Brexit sans accord plutôt que d&rsquo;aller aux urnes.</p>



<p>De nombreux leaders syndicaux ont vendu la classe ouvrière. L’absence totale d’incitation à la grève et leur détermination à tout miser sur le Labour eurent des conséquences fatales..</p>



<p>Dans les temps durs, nous devons dire et répéter que ce qui se passe dans les rues et au travail est plus important que le parlement.</p>



<p>Le travaillisme, cette idée que le parlement prévaut et doit orienter et discipliner tout le reste de la lutte, est en fin de compte le problème et l&rsquo;explication de la défaite. Être coincé·e dans une vision du monde limitée au parti travailliste et ses batailles internes est catastrophique. <br><br>C&rsquo;est pourquoi nous avons besoin d&rsquo;organisation révolutionnaire indépendante.</p>



<p>Johnson fait face à de sérieux problèmes. Les gens qui ont voté pour lui attendront de lui qu&rsquo;il mène une politique en leur faveur, ce qu&rsquo;il ne fera pas. Le Brexit nécessitera des débats tortueux. Johnson a perdu la faveur de nombreux grands patrons, qui représentent le bastion traditionnel des conservateurs. De nouveaux chocs économiques pourront surgir à travers le monde et en Grande-Bretagne.</p>



<p>Mais la gauche ne peut continuer sur le même chemin comme si de rien n’était. Maintenant, nous avons besoin d&rsquo;actions concrètes, pas d&rsquo;excuses et de lamentations.</p>



<p>Stand Up To Racism a appelé à une manifestation pour vendredi 13/12 à 17h devant Downing Street sur le slogan «&nbsp;Pas mon premier ministre, résistons au raciste Johnson&nbsp;». C&rsquo;est un bel endroit pour démarrer la riposte.</p>



<p>Toutes celles et ceux qui se sont battu pour une victoire du Labour ou qui l&rsquo;ont appelée de leurs vœux doivent garder leur énergie pour la poursuite de la lutte pour un monde meilleur et le socialisme. </p>



<p>Pas de renoncement, combattons plutôt les Tories et leur système.&nbsp;</p>



<h2 class="has-text-align-center wp-block-heading"><strong>L&rsquo;action peut briser la droite</strong></h2>



<p>Une victoire de la droite aux élections ne signifie pas qu&rsquo;elle est imbattable :</p>



<ul class="wp-block-list"><li>En 1970, le Tory Edward&nbsp; Heath s&#8217;empara d&rsquo;une élection de façon inattendue avec plus de 46% des votes. Deux ans plus tard, une grève nationale des mineurs renvoya dans les filets sa première série d&rsquo;attaques contre les travailleur·e·s. Il y eut plus de 200 occupations d&rsquo;usines entre 1972 et 1974.</li></ul>



<p>Les conditions vie des travailleur·e·s s&rsquo;améliorèrent.&nbsp;</p>



<p>En février 1974, 250.000 mineurs firent grève sur les rémunérations pendant quatre semaines. Heath appela à une élection générale, demandant aux gens de choisir entre lui et les mineurs.</p>



<p>Il perdit les élections.</p>



<ul class="wp-block-list"><li>Aux élections générales de 1992, les Tories dirigés par John Major gagnèrent les élections avec ce qui reste comme le plus grand nombre de voix de l&rsquo;histoire britannique.&nbsp;</li></ul>



<p>Six mois plus tard, la crise financière du «&nbsp;Lundi Noir&nbsp;» avait sapé l&rsquo;autorité du gouvernement.</p>



<p>Un mois plus tard, la révolte généralisée contre la fermeture de mines de charbon a scellé le sort de Major.</p>



<p>Le gouvernement chancelant resta en place, mais sa capacité à lancer de nouvelles attaques fut sévèrement limitée.</p>



<ul class="wp-block-list"><li>En 2015, David Cameron remporta de façon inattendue une majorité et pu gouverner sans les Lib Dems. Le résultat signifiait qu&rsquo;il devait tenir sa promesse d’organiser un référendum sur l&rsquo;appartenance à l&rsquo;Union Européenne. La victoire du Leave un an plus tard le jeta dehors et a paralysé les Tories depuis.</li><li>Aux élections présidentielles de 2017 en France, le candidat de l&rsquo;équivalent du Labour en France arrivait 5ème au premier tour de l&rsquo;élection présidentielle avec 6% des votes. Le second tour était entre le néolibéral Emmanuel Macron et la fasciste Marine Le Pen. 18 mois plus tard, le mouvement des Gilets Jaunes faisait basculer le pays et, un an après, des grèves de masse et des manifestations menacent de briser Macron. </li></ul>



<h5 class="wp-block-heading">Charlie Kimber</h5>
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		<title>Cable Street : de la pétition de masse au combat de barricades</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/histoire/cable-street-de-la-petition-de-masse-au-combat-de-barricades/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[A2C]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 15 Oct 2018 15:26:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Antifascisme]]></category>
		<category><![CDATA[Front Uni]]></category>
		<category><![CDATA[Grande-Bretagne]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://autonomiedeclasse.wordpress.com/?p=1137</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Publié initialement en Anglais sur le blog de Kevin Ovenden Il y a 80 ans jour pour jour, la classe ouvrière des bidonvilles de l’East End (quartiers est) de Londres se soulevait pour stopper l’élan <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/histoire/cable-street-de-la-petition-de-masse-au-combat-de-barricades/" title="Cable Street : de la pétition de masse au combat de barricades">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>Publié initialement en Anglais sur le <a href="https://kevinovenden.wordpress.com/2016/10/04/cable-street-from-petitioning-to-street-barricades/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">blog  de <em>Kevin Ovenden</em></a></em></p>



<p>Il y a 80 ans jour pour jour, la classe ouvrière des bidonvilles de l’East End (quartiers est) de Londres se soulevait pour stopper l’élan du fascisme britannique lors de la bataille de Cable Street.<br>La gauche britannique se souvient bien de Cable Street. Sa mémoire nous remplit de fierté, en particulier pour celles et ceux d’entre nous qui ont vécu et milité dans l’East End de Londres. Elle a servi de boussole lors des poussées ultérieures de la lutte antifasciste, lors de la bataille de Lewisham qui porta un coup d’arrêt au National Front en 1977 à la bataille de Welling en 1993 en passant par la campagne de l’Anti Nazi League dans les années 70-80, sans oublier les luttes antifascistes plus récentes.</p>



<p>Non contente de servir de source d’inspiration, Cable Street est pleine de leçons politiques pour le mouvement antifasciste actuel. Certains aspects qui semblent ne constituer que des détails de l’histoire générale contiennent des références pour les militantes d’aujourd’hui.</p>



<p>Sir Oswald Mosley, chef de l’Union des Fascistes Britanniques, annonça vers la fin septembre 1936 son intention de marcher sur l’East End de Londres et de défiler au coeur du quartier juif.</p>



<p class="has-text-align-left">Il est important de se remémorer le sentiment qui régnait à l’époque. Des tentatives répétées d’incursions fascistes avaient eu lieu sur les bords de l’East End. La grande communauté ouvrière juive de Bethnal Green subissait fréquemment des attaques physiques.</p>



<p>Les perspectives européennes s’étaient quand à elles définitivement assombries. Le général Franco avait issu son pronunciamento, annonçant un soulèvement fasciste contre la république espagnole, le 18 juillet. Deux mois plus tard, au moment où Mosley dévoila ses plans, les colonnes de Franco poursuivaient leur remontée de l’Andalousie et se trouvaient à 80 km de Madrid. Bien qu’elles fut stoppée, cette avancée de Franco montrait qu’un troisième pays s&rsquo;apprêtait, en octobre 1936, à tomber sous le joug fasciste après l’Italie et l’Allemagne. Des jeux olympiques de Berlin étaient parvenues en août les images déprimantes d’un Hitler fermement ancré au pouvoir.</p>



<p>La population de l’East End qui était sur le point de s’engager dans une bataille majeure, ne l’avait pas du tout cherchée. Le pessimisme régnait quant au futur de l’Europe et de la Grande Bretagne. La population accueillit la nouvelle de la marche fasciste avec indignation. Mais tous les souvenirs parlent aussi d’un grand sentiment de peur.</p>



<p>Les activistes du parti communiste qui avaient initié le “Conseil du peuple juif contre le fascisme et l’antisémitisme”, ont lancé une pétition exigeant du ministre de l’intérieur l’interdiction de la manifestation de Mosley. Le seuil des cent milles signatures fut franchi en 48h. C’était un exploit incroyable, du jamais vu depuis les années de l’agitation chartiste plus d’un siècle auparavant.</p>



<p>La pétition fut remise le vendredi 2 octobre. Le ministre de l’intérieur des conservateurs annonça son refus d’interdire la marche, deux jours à peine avant la date à laquelle elle était prévue.<br>Pendant sa campagne pour la pétition, la branche de Stepney du parti communiste déclarait qu’il faudrait bloquer Mosley avec ou sans l’aval du ministre de l’intérieur. Le Labour ne s’en tenait qu’à la pétition, et déclarait qu’en cas d’échec il faudrait permettre aux fascistes de passer.</p>



<p>Le rejet de la pétition par le gouvernement fit l’effet d’une bombe, et donna à l’agitation contre Mosley pris une audience énorme.</p>



<p>La Ligue des Jeunes Communistes de Londres préparait une manifestation de solidarité avec la république espagnole pour le 4 octobre à Trafalgar Square. Elle fut annoncée bien avant les plans de Mosley.</p>



<p>Franco était aux portes de Madrid, dont la chute semblait imminente. Une mobilisation pour l&rsquo;Espagne au centre de Londres constituait bien plus qu&rsquo;une action symbolique et rituelle; c&rsquo;était censé être la première grande mobilisation pour l&rsquo;Espagne, et semblait toute aussi urgente que la mobilisation contre Mosley et ses fascistes.</p>



<p>Il était compréhensible qu&rsquo;on ne veuille pas l&rsquo;annuler moins d&rsquo;une semaine avant sa date prévue, sachant qu&rsquo;à ce moment il était encore possible que le gouvernement décide de se plier à la pression populaire en interdisant la marche fasciste. De plus, quel eût été le sentiment des camarades en Espagne s&rsquo;ils avaient constaté que la première manifestation pour leur soutien à Londres avait été annulée?</p>



<p>On sentait qu&rsquo;une annulation du rassemblement pro-espagnol confirmerait en substance que Mosley était capable de forcer l&rsquo;annulation de n&rsquo;importe quel grand évènement en organisant une manifestation à la hâte. Cela lui donnerait effectivement un droit de veto sur les activités de gauche.<br>Quiconque a participé à l&rsquo;organisation d&rsquo;un grand événement dans de pareilles circonstances connaît ce genre de dilemmes.</p>


<div class="wp-block-image alignnone size-full wp-image-1138">
<figure class="alignright"><img data-dominant-color="b8b2b6" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #b8b2b6;" loading="lazy" decoding="async" width="271" height="368" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2018/10/cablestreet.jpg" alt="CableStreet" class="wp-image-1138 not-transparent" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2018/10/cablestreet.jpg 271w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2018/10/cablestreet-221x300.webp 221w" sizes="auto, (max-width: 271px) 100vw, 271px" /><figcaption><em>Affiche du Parti Communiste appelant à la manifestation pro-espagnole à Trafalgar Square, corrigée avec le mot d&rsquo;ordre « Rassemblement à Aldgate, 14h »</em></figcaption></figure>
</div>


<p>Des débats intenses entre les activistes communistes de l&rsquo;East End et la direction londonienne du parti eurent lieu durant les six jours qui précédaient la bataille de Cable Street.</p>



<p>La première position était la suivante: mobiliser dans tout Londres pour la manifestation “espagnole” de Trafalgar Square avant d&rsquo;inviter les manifestantEs à se diriger vers l&rsquo;East End pour soutenir la mobilisation antifasciste organisée localement. Cependant, à mesure que les jours s&rsquo;écoulèrent, il devint clair qu&rsquo;une grande vague se soulevait dans l&rsquo;Est de Londres. Les activistes locaux le voyaient et le ressentaient. Puis vint le choc du rejet de la pétition qui bouleversa tout: la mobilisation de Trafalgar Square fut annulée dans l&rsquo;après-midi, les tracts et les affiches furent corrigées pour inviter toutes et tous à se rendre à Aldgate East (dans l&rsquo;East End) ce dimanche-là.</p>



<p>Le résultat fut une journée historique pour la classe ouvrière.<br>C&rsquo;était l&rsquo;histoire générale. Alors, pourquoi s&rsquo;attarder sur les petits détails?</p>



<h2 class="wp-block-heading"><b>Les stratégies, les tactiques et la lutte réelle</b></h2>



<p>Au cours des décennies, l&rsquo;histoire de Cable Street a parfois été privée de sa réalité vivante pour être transformée en un prêche politique simpliste: un choc frontal entre deux tactiques &#8211; campagne de masse contre action directe. Faire une campagne de masse, c&rsquo;est le conservatisme, c&rsquo;est le mal. L&rsquo;action directe c&rsquo;est le militantisme, c&rsquo;est le bien.</p>



<p>Certains aspects de Cable Street tombent effectivement sous la coupe d&rsquo;un affrontement stratégique entre le mal et le bien. Les dirigeants officiels de la communauté juive britannique firent démonstration de leur inutilité. Tout les séparait de la communauté ouvrière de l&rsquo;East End: la classe sociale, la géographie (ils étaient basés dans les quartiers aisés de l&rsquo;Ouest de Londres), la politique (ils étaient anti-gauche), par le statut et l&rsquo;origine &#8211; les dirigeants venaient de l&rsquo;ancienne immigration de l&rsquo;Europe du Sud, contrairement aux ouvriers de l&rsquo;East End qui étaient des réfugiés plus récents d&rsquo;Europe de l&rsquo;Est. Même leurs pratiques religieuses différaient de celles de l&rsquo;East End. Ils recommandèrent simplement d&rsquo;ignorer Mosley.</p>



<p>Le parti travailliste (Labour) était tout aussi inefficace. Il apporta son soutien à la pétition mais, après le rejet de celle-ci, appela la population à se cloîtrer chez elle pour laisser les fascistes passer sans confrontation.</p>



<p>Ce n&rsquo;était pas seulement l&rsquo;aile droite du parti, représentée par Herbert Morrison, qui agissait de la sorte. Ce dernier organisa un grand meeting à la mairie de Hackney (à 3km de l&rsquo;East End) et y averti, la veille de Cable Street, ses partisans contre toute mobilisation.</p>



<p>La personnalité majeure à gauche, George Lansbury, le dirigeant le plus à gauche de l&rsquo;histoire du Labour (à l&rsquo;époque) appela également les gens à ne pas se mobiliser à Cable Street le dimanche 4 octobre.<br>Il est également vrai que des divisions stratégiques majeures traversaient la gauche radicale communiste elle-même. La politique officielle du « front populaire » préconisait le besoin d&rsquo;unité avec toutes les classes pour défendre la démocratie contre le fascisme. En contraste, la politique du « front uni » promue par Léon Trotsky qui, depuis son exil, appelait à une union militante de la classe ouvrière qui devrait nécessairement se confronter avec le « capitalisme démocratique » si elle souhaitait mener la bataille nécessaire contre le fascisme.</p>



<p>Les débats stratégiques gardent une importance vitale aujourd&rsquo;hui, mais il serait erroné d&rsquo;essayer d&rsquo;insérer Cable Street dans un moule idéologique pré-conçu. En réalité, la lutte elle-même prenait le pas sur les débats idéologiques malgré toute leur nécessité.</p>



<p>Une pétition remise au ministère de l&rsquo;intérieur par un député Labour, un prêtre, le secrétaire de l&rsquo;intersyndicale de Londres et deux représentants de la communauté juive de l&rsquo;East End &#8211; cela apparait comme l&rsquo;aboutissement d&rsquo;une campagne respectable, responsable&#8230; Les bureaucraties conservatrices du mouvement ouvrier et de les officiels de la communauté juive comptaient bien en rester là.</p>



<p class="has-text-align-left">Mais le fait même de faire campagne avait agité la population de l&rsquo;East End. Qui donc avait été la cheville ouvrière de la pétition? Qui a organisé, a signé, a fait signer?</p>



<p>Des forces radicales qui, tout en collectant les signatures, diffusaient le mot d&rsquo;ordre suivant: quelle que soit la décision du gouvernement, barrons la route à Mosley! La minorité radicale disait clairement qu&rsquo;une tactique de confrontation directe serait probablement nécessaire, et y préparait la population. Mais la plupart des gens ne l&rsquo;entendaient pas de cette oreille, ou, du moins, pas encore. Une semaine avant la marche, l&rsquo;East End bouillonnait d&rsquo;indignation; mais la majorité des indignéEs n&rsquo;osait pas encore imaginer qu&rsquo;elle participerait, le dimanche suivant, à de véritables combats de rue.</p>



<p>C&rsquo;est le début de la sagesse que de constater qu&rsquo;une certaine tactique n&rsquo;est pas suffisante et qu&rsquo;une autre, plus militante, est nécessaire. Mais le génie de Cable Street fut qu&rsquo;une minorité militante réussit à aider la majorité à tirer cette conclusion très rapidement, et à agir &#8211; passer de la tactique respectable et très british de la campagne de masse, à la tactique très française de la bataille de barricades. Des bouleversements similaires avaient eu lieu à grande échelle sous le chartisme, à la naissance du mouvement ouvrier anglais.</p>



<p>Le mouvement d&rsquo;une tactique à l&rsquo;autre en 1936 fut symbolisé par un graffiti qui fit son apparition dans l&rsquo;East End. « Interdire le fascisme! » y était peint en d&rsquo;énormes lettres. Ce message contenait une ambiguïté: qui donc allait interdire le fascisme? Le gouvernement ou quelqu&rsquo;un d&rsquo;autre? Ce dilemme trouva sa résolution dans le mouvement des gens qui se rendirent compte qu&rsquo;il leur revenait d&rsquo;imposer une interdiction populaire des activités fascistes tant que le gouvernement ne le faisait pas.<br>Les activistes communistes débattaient évidemment sans fin entre elles et eux. Ces débats s&rsquo;intensifièrent durant les mois qui suivirent Cable Street. Joe Jacobs est souvent identifié comme représentant de la tendance « combats de rue » ou action directe lors de ces discussions qui regorgeaient d&rsquo;arguments politiques et stratégique. Phil Piratin, qui deviendrait député communiste de Mile End en 1945, est quant à lui identifié à l&rsquo;autre pôle, celui de l&rsquo;agitation populaire que le parti communiste conduisait dans l&rsquo;est de Londre autour de questions sociales comme le logement. Cette agitation coupa l&rsquo;herbe sous les pieds des fascistes, mais aussi des partis modérés. Elle était, évidemment, peu attrayante pour les grands capitalistes et leurs partis, tuant dans l’œuf toute possibilité de les voir rejoindre un quelconque « front démocratique » contre le fascisme.</p>



<p>Mais regarder Cable Street, bataille vieille de 80 ans, à travers le prisme polaire de divergences politiques ultérieures, ou comme une application à la lettre d&rsquo;un clash idéologique à l&rsquo;intérieur de la gauche marxiste serait extrêmement réducteur et ne correspondrait pas du tout à la réalité vivante de ce qui s&rsquo;est passé ce jour-là. Sans oublier qu&rsquo;une telle approche ne contiendrait pas grand-chose en terme de leçons pour aujourd&rsquo;hui.</p>



<p>Après tout, c&rsquo;est bien le « combattant de rue » Joe Jacobs qui a écrit au journal local (l&rsquo;East End London Advertiser) pour lui demander de ne pas mettre l&rsquo;accent sur la confrontation violente et totalement justifiée avec les fascistes, mais plutôt sur la pétition qui a attiré 100000 signataires et le mépris affiché par le ministre de l&rsquo;intérieur conservateur.</p>



<p>Cable Street, dans ses riches nuances, revint à la vie pour nombre d&rsquo;entre nous en 2011. Les racailles racistes de l&rsquo;English Defense League annoncèrent leur volonté de marcher dans l&rsquo;East End, empruntant exactement le même parcours que Mosley en 1936. L&rsquo;objectif de la marche de 2011 était d&rsquo;intimider la population en lui offrant une démonstration de la soi-disant supériorité raciale blanche sur la communauté bangladaise musulmane qui habitait ces mêmes rues où avaient vécu les immigrés juifs dans les années 1930.</p>



<p>Encore une fois, le ministère de l&rsquo;intérieur tory rejeta notre pétition. La ministre à l&rsquo;époque se nommait Theresa May. Elle a au contraire interdit notre contre-manifestation tout en prétendant limiter le nombre de manifestants EDL &#8211; ce qui ne les aurait pas empêchés de se rassembler dans des nombres menaçants. Ils espéraient briser les lignes de police pour imposer un défilé et, de fait, envahir l&rsquo;East End. Encore une fois, l&rsquo;agitation de masse dans l&rsquo;est londonien engendra une résistance collective. Des milliers bloquèrent la rue principale de Whitechapel et des sections avec à leur tête des Bangladais furent formées pour protéger les lotissements HLM contre les incursions fascistes. L&rsquo;EDL n&rsquo;a pas mis un pied dans l&rsquo;East End.</p>



<p>Avec ses images montrant des couturières juives fraternisant avec des dockers irlandais derrière les barricades, Cable Street continue d&rsquo;inspirer notre mouvement social. C&rsquo;est une histoire qu&rsquo;il faut partager et raconter à toutes et tous.</p>



<p>Pour celles et ceux qui ont emprunté le chemin de la politique et de l&rsquo;agitation socialiste, Cable Street est riche en leçons et enseignements sur la manière d&rsquo;approcher des dilemmes stratégiques et tactiques qui ne sont jamais identiques à ceux qui les précèdent, mais qui reviennent néanmoins périodiquement sur la table sous de nouvelles formes.</p>



<p><strong>Kevin Ovenden</strong></p>
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		<title>Solidarité internationaliste: les cheminots britanniques empêchent la direction Eurostar de casser la grève!</title>
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		<dc:creator><![CDATA[A2C]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 06 Apr 2018 17:13:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Des travailleurs en Grande Bretagne se sont organisés pour stopper une tentative par les patrons de casser la grève des cheminot-e-s de la SNCF. C&#8217;est une superbe démonstration de solidarité avec une lutte cruciale, et <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/solidarite-internationaliste-les-cheminots-britanniques-empechent-la-direction-eurostar-de-casser-la-greve/" title="Solidarité internationaliste: les cheminots britanniques empêchent la direction Eurostar de casser la grève!">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Des travailleurs en Grande Bretagne se sont organisés pour stopper une tentative par les patrons de casser la grève des cheminot-e-s de la SNCF. C&rsquo;est une superbe démonstration de solidarité avec une lutte cruciale, et le type d&rsquo;unité européenne qu&rsquo;il nous faut &#8211; l&rsquo;unité internationaliste de classe.<br />
En France, les cheminot-e-s ont fait grève mardi dernier, la première d&rsquo;une série de 36 journées de grève. Immédiatement, la direction d&rsquo;Eurostar a tenté de transférer des techniciens et ouvriers de maintenance du technicentre de Leyton dans l&rsquo;est londonien vers le technicentre du Landy en région parisienne.<br />
La SNCF est actionnaire majoritaire d&rsquo;Eurostar, à 55%.<br />
Le personnel britannique est formé de deux équipes: « Contingence » et « Urgence hiver » qui peuvent être déployées lorsque l&rsquo;opérateur fait face à des problèmes inhabituels, par exemple quand un train est endommagé par du givre.<br />
Les travailleurs de ces équipes se sont vus offerts une prime exceptionnelle pour aller en France &#8211; et leur ordre de mission indiquait clairement qu&rsquo;ils allaient remplacer des travailleurs grévistes.<br />
La RMT, syndicat des cheminots britannique, s&rsquo;est immédiatement organisée pour informer les travailleurs que c&rsquo;était une mission de cassage de grève. La CGT de son côté a furieusement protesté auprès du Conseil d&rsquo;Entreprise Européen et a entamé une procédure légale.<br />
En France, il est illégal de déployer des travailleurs pour couvrir des grévistes.<br />
Le syndicat RMT a issu un communiqué qui a été distribué au technicentre de Leyton. Les syndicalistes ont également distribué le calendrier de la grève des cheminots afin que les travailleurs britanniques soient au courant des missions qui pourraient constituer un cassage de grève.<br />
La RMT, qui avait appelé ses membres à voter pour le Brexit, compte également distribuer des tracts de la CGT à Leyton, et s&rsquo;est engagée à rejoindre les piquets français avec des drapeaux RMT afin de faire barrage à d&rsquo;éventuels briseurs de grève.<br />
Les syndiqués RMT ont également distribué des badges aux travailleurs du technicentre pour afficher leur solidarité avec les cheminots français en lutte.<br />
Article initialement paru <a href="https://socialistworker.co.uk/art/46387/Eurostar+workers+organise+to+stop+scabbing+during+French+rail+strikes" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Socialist Worker</a></p>
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