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	<title>Archives des Front populaire - A2C - Autonomie de classe</title>
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	<description>Pour l&#039;autonomie de classe !</description>
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	<title>Archives des Front populaire - A2C - Autonomie de classe</title>
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		<title>Front populaire, antifascisme et révolution : </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ahmed Hammad]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 03 Jun 2026 02:21:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Antifascisme]]></category>
		<category><![CDATA[Front populaire]]></category>
		<category><![CDATA[processus révolutionnaire]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">3 leçons Les Cahiers d’A2C #22 – Mai 2026 Ce que l’on appellera ici la période du Front populaire a commencé en 1934 par un mouvement antifasciste populaire et de masse. Elle a apporté des <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/front-populaire-antifascisme-et-revolution/" title="Front populaire, antifascisme et révolution : ">[...]</a></div>
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<p><strong>3 leçons</strong></p>



<p class="has-text-align-right has-luminous-vivid-amber-background-color has-background" style="font-size:11px;text-transform:uppercase"><strong>Les Cahiers d’A2C #22 – Mai 2026</strong></p>



<div data-wp-interactive="core/file" class="wp-block-file"><object data-wp-bind--hidden="!state.hasPdfPreview" hidden class="wp-block-file__embed" data="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/06/front-populaire.pdf" type="application/pdf" style="width:100%;height:200px" aria-label="Contenu embarqué front populaire."></object><a id="wp-block-file--media-f2213636-5010-47e0-91d1-8f123fab3007" href="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/06/front-populaire.pdf">front populaire</a><a href="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/06/front-populaire.pdf" class="wp-block-file__button wp-element-button" download aria-describedby="wp-block-file--media-f2213636-5010-47e0-91d1-8f123fab3007">Télécharger</a></div>



<p>Ce que l’on appellera ici la période du Front populaire a commencé en 1934 par un mouvement antifasciste populaire et de masse. Elle a apporté des leçons cruciales pour toutes celles et ceux qui se posent la question de l’articulation entre lutte contre le fascisme et contre le capitalisme.</p>



<p>Début 1934, en France, l’ambiance n’est pas à gauche ! Il y a un million de chômeur&rsquo;euses et plus de 50% des travailleur·euses ont des horaires réduits. Aucun gouvernement n’arrive à obtenir une majorité stable. Le mouvement social est déprimé. Les grèves sont à un niveau historiquement bas et généralement battues. Les syndicats sont divisés et faibles. Deux CGT, l’une liée au parti socialiste et l’autre au parti communiste, se font la guerre et rassemblent à elles deux seulement 750 000 membres<sup data-fn="66829c15-bdae-4eb6-9b86-1323f3eb29c2" class="fn"><a href="#66829c15-bdae-4eb6-9b86-1323f3eb29c2" id="66829c15-bdae-4eb6-9b86-1323f3eb29c2-link">1</a></sup>. L’extrême droite est à l’offensive. Plusieurs « ligues », violemment nationalistes et racistes, parfois ouvertement fascistes, ont des dizaines de milliers de membres avec des formations paramilitaires de milliers de membres.</p>



<p>En Allemagne Hitler est chancelier depuis un an. En quelques mois il a détruit le mouvement ouvrier le plus puissant du monde, syndicats comme partis, communiste et social-démocrate. Ces organisations ont été détruites sans combat, victimes de leur sectarisme mutuel. Paradoxalement cela va servir d’alerte en France.</p>



<p><strong>Le printemps des comités antifascistes</strong></p>



<p>Apparaissant comme une tentative de coup de force fasciste, une manifestation des ligues le 6 février 1934 à Paris déclenche une riposte de masse.</p>



<p>Des manifestations éclatent dès les jours suivants. Dès le 7 février, à Lyon des contre-manifestant&rsquo;es dirigé·es par le secrétaire départemental de la CGT dégagent les fascistes qui se rassemblent chaque jour sur la Place Bellecour. Le 8 février les dockers de Concarneau refusent de décharger un bateau allemand qui porte un pavillon nazi tandis qu’à Brest un meeting d’urgence réunit 2500 participant&rsquo;es ! Le 9 février une manifestation communiste fait 6 morts à Paris dans des affrontements avec la police. Et le lundi 12 février, la France est paralysée par 5 millions de grévistes et des manifestations dans 346 villes.&nbsp;</p>



<p>C’est une lame de fond. Des comités locaux sont créés dans tout le pays. Daniel Guérin évoque 3000 comités<sup data-fn="6dc6b564-2a19-4161-a3d1-1d94c0161af2" class="fn"><a href="#6dc6b564-2a19-4161-a3d1-1d94c0161af2" id="6dc6b564-2a19-4161-a3d1-1d94c0161af2-link">2</a></sup>. Les historien·nes parlent aujourd’hui d’un « printemps des comités<sup data-fn="83cc58b9-ad70-4cac-a866-e844d5bfd7ea" class="fn"><a href="#83cc58b9-ad70-4cac-a866-e844d5bfd7ea" id="83cc58b9-ad70-4cac-a866-e844d5bfd7ea-link">3</a></sup> ».</p>



<p>Ces comités sont des initiatives locales, généralement unitaires, d’où la diversité des noms : comités de vigilance, comités de lutte contre le fascisme, comités de défense républicaine&#8230; Au Havre il y a des comités dans les quartiers ouvriers et marins et dans les villes de la banlieue ainsi que des comités d’usine et de chantier. A l’été 1934 ces comités organisent plus de 3000 personnes. Dans le Finistère des comités apparaissent à Carhaix, Brest, Morlaix, Elliant, Pont-l’Abbé, Concarneau, Lesconil et Quimper. Dans d’autres communes, ce sont les comités de défense laïque qui en font état comme à Moëlan-sur-Mer, Riec-sur-Belon, Quimperlé ou Rosporden.</p>



<p>Partout, les comités barrent, par tous les moyens, la route aux fascistes. Ils remplissent, avant eux, leurs salles de meeting comme à Givors. Ou bien ils bloquent la salle comme à Grenoble où 3000 manifestant·es montent même des barricades. Dans les départements ruraux les contre-manifestations mobilisent toute la région. Les affrontements sont parfois violents. En septembre 1934 dans le 20e arrondissement de Paris un jeune militant socialiste est tué dans un rassemblement pour interdire une réunion des Jeunesses patriotes.</p>



<p>Mais d’autres moyens sont aussi utilisés. La Fédération socialiste du Rhône publie les noms et adresses des commerçants Croix-de-feu. Des meetings massifs, conférences, fêtes populaires se tiennent. Fin août 1934, dans le Finistère, 2000 personnes assistent à un meeting à Pont-l’Abbé !</p>



<p><strong>Défaite des fascistes</strong></p>



<p>Le mouvement ne met pas fin aux ligues. Mais il limite leur audience et la circonscrit à une partie de ces couches sociales qui constituent le noyau du fascisme : petite bourgeoisie traditionnelle, classes moyennes, fonctionnaires de police et de l’armée&#8230;</p>



<p>Pour prétendre accéder au pouvoir le fascisme doit élargir cette base sociale. Du côté de la classe ouvrière et du côté de la classe dirigeante. Le mouvement des comités fait obstacle à cet élargissement des deux côtés.</p>



<p>Il réveille le mouvement ouvrier et suscite une effervescence qui fait renaître la gauche sur tout le territoire ! Pour la classe dirigeante, les ligues ne sont – au moins temporairement &#8211; pas un recours mais un problème, pas un facteur d’ordre mais un facteur de désordre.</p>



<p>Et les craintes de la classe dirigeante sont fondées. Le réveil du mouvement ouvrier ne se cantonne pas à la lutte antifasciste.</p>



<p>Gérard Noiriel<sup data-fn="1bfa35bf-fb45-4e6f-b723-523835d53695" class="fn"><a href="#1bfa35bf-fb45-4e6f-b723-523835d53695" id="1bfa35bf-fb45-4e6f-b723-523835d53695-link">4</a></sup> indique qu’« à partir de 1934, dans la plupart des bassins miniers, la mobilisation retrouve une ampleur inconnue depuis 1920 ». À Saint-Nazaire en 1935 la ville est bloquée par les militant&rsquo;es de la CGT pour s’opposer à l’arrêt de la construction d’un navire. Au début de 1936, 4500 ouvrier&rsquo;es grévistes organisent un comité de résistance qui mobilise l’ensemble de la population locale.</p>



<p>À Rennes en juillet 1935 près de 2000 personnes se réunissent à la Maison du peuple puis partent en cortège, brisent les cordons de police aux cris de « Tant pis s’il y a du sang ! ». Début août des grèves insurrectionnelles éclatent à partir des arsenaux à Brest et Toulon. Trois ouvriers sont tués dans les affrontements.</p>



<p>À La Mure, dans le Dauphiné, début 1936, une grève des mineurs est soutenue par la population, commerçants, paysans, anciens combattants. Les couches sociales attirées par le fascisme se tournent vers la classe ouvrière&#8230;</p>



<p>Voilà la première leçon de cette période du Front populaire : ce ne sont pas les luttes sociales qui font mécaniquement reculer le fascisme, c’est la lutte contre le fascisme qui dynamise les luttes sociales.</p>



<p><strong>L’explosion de mai-juin</strong></p>



<p>La victoire de la gauche aux législatives le 3 mai 1936 est le signal qui fait exploser ce qui grandissait depuis février 1934 : les patrons vont payer. Alors, sans même attendre la nomination du gouvernement un mouvement de grèves et d’occupations d’usines démarre comme une vague qui n’arrête pas de monter.&nbsp;</p>



<p>En quelques semaines, 2 à 3 millions de travailleur&rsquo;euses vont se mettre en grève dans 12 000 entreprises dont 9000 seront occupées ! Quand une occupation s’arrête parce que les revendications ont été gagnées, c’est pour s’étendre à la voisine. Et la première s’y remet alors pour de nouvelles revendications.</p>



<p>Ce sont les patrons qui demandent au gouvernement une rencontre avec les syndicats pour endiguer le mouvement. C’est ainsi que sont signés les accords de Matignon le 8 juin tandis que le gouvernement s’engage à accorder par la loi ce qui ne relève pas des accords. Ce qui est présenté comme « les acquis du Front populaire » sont le fruit du mouvement et non du gouvernement : congés payés, augmentations de salaires, semaine de 40H, conventions collectives, droits syndicaux&#8230;.</p>



<p>Mais le mouvement s’étend encore à la suite de ces accords ! Le bâtiment s’en mêle, les dockers entrent en lutte. Le 10 juin « les employé·es de pharmacie, les coiffeur·ses, les boulanger·es, les ouvriers et ouvrières du bois, de la confection, de la maroquinerie, les garçons bouchers, les laveur·ses de voitures, les concierges, les lads d’écurie, les représentant·es d’aspirateur cessent le travail. A Paris même le Lido est en grève : le personnel occupe le cabaret<sup data-fn="dfd47419-8b9f-45c4-9dac-aeea4f5cd842" class="fn"><a href="#dfd47419-8b9f-45c4-9dac-aeea4f5cd842" id="dfd47419-8b9f-45c4-9dac-aeea4f5cd842-link">5</a></sup>. »</p>



<p>C’est la deuxième leçon de la période du Front populaire : l’anticapitalisme n’est pas un préalable à l’action antifasciste de masse, c’est l’action antifasciste de masse qui ouvre à une radicalisation anticapitaliste.</p>



<p><strong>Un processus révolutionnaire</strong></p>



<p>Nous avons choisi ici de décrire le Front populaire comme période plutôt que comme politique (celle des partis de gauche, celle du gouvernement). C’est sous cet angle que l’on peut comprendre la radicalisation de masse à partir de la riposte antifasciste.</p>



<p>C’est aussi sous cet angle que l’on peut comprendre le développement du mouvement de grèves et d’occupations en mai et juin, la combinaison entre revendications très spécifiques à un lieu de travail et revendications globales. La révolutionnaire polonaise Rosa Luxemburg avait décrit ce phénomène à partir de la révolution russe de 1905. Dans ce processus qu’elle dénommait « grève de masse » elle mettait en lumière comment la classe ouvrière pouvait faire « classe » et devenir révolutionnaire.</p>



<p>Cette période en est une illustration. Au cœur de la phase des comités se trouvaient les secteurs de la classe ouvrière les plus organisés. Une étude a montré la corrélation entre l’ampleur de la riposte du 12 février 1934 et l’implantation syndicale<sup data-fn="0094441b-a7c4-43c5-9b3f-062df5efc5e4" class="fn"><a href="#0094441b-a7c4-43c5-9b3f-062df5efc5e4" id="0094441b-a7c4-43c5-9b3f-062df5efc5e4-link">6</a></sup>. Dans les villages ruraux, le développement des comités a été l’œuvre du syndicat des instituteurs. Ce sont les militant·es, les syndicalistes révolutionnaires, les communistes, les membres de la gauche du parti socialiste qui ont été moteurs.</p>



<p>Puis la lutte antifasciste a fécondé le terrain pour la multiplication des conflits sur des bases économiques.&nbsp;</p>



<p>Et cette combativité retrouvée a éveillé à la lutte les secteurs les moins organisés. En mai-juin 1936 nous avons l’image inversée de 1934. Ce sont les secteurs les moins syndiqués (métallurgie, chimie, textile, le commerce&#8230;) qui sont à la pointe du combat. Ce sont aussi ceux où le syndicat se développe le plus. La CGT passe de 1 million de membres juste avant mai 1936 à plus de 4 millions !</p>



<p>Les secteurs mobilisés en 1934 ne font pas grève en juin : liés aux partis qui gagnent les élections ils et elles se reposent alors sur le gouvernement. Sur la durée, le processus brasse toute la classe ouvrière, dans toute sa diversité et ses différents secteurs, la politise et l’organise. La possibilité de la révolution comme émancipation des travailleur·euses par elles-mêmes et eux-mêmes apparaît alors. Car il ne s’agit pas seulement de mise en action. Il s’agit aussi de conscience et d’organisation. De la conscience antifasciste à la conscience de classe : en quelques mois c’est le parti communiste, perçu largement comme révolutionnaire, qui explose : de 50 000 membres à plus de 200 000 !&nbsp;</p>



<p>Après l’été 1936, puis en 1937 et 1938, les grèves reprennent, se multiplient, même si ce n’est pas la vague de juin. Cette fois, les secteurs non mobilisés en juin sont concernés, pour imposer l’application des acquis, puis empêcher qu’ils soient repris, puis se battre contre les mesures des gouvernements de plus en plus à droite qui se succèdent. C’est cette fois l’expérience des illusions réformistes et de la trahison des directions qui ouvre la possibilité d’une conscience révolutionnaire à une échelle de masse.</p>



<p><strong>La 3ème leçon</strong></p>



<p>En tant que politique, le Front populaire va détruire le mouvement antifasciste. Dès l’automne 1934, sous l’influence des partis les comités antifascistes deviennent des comités du Front populaire. Il reviendra à l’État d’interdire les organisations fascistes. En juin 1936, le gouvernement dissout effectivement ce qui reste des ligues. Les Croix-de-feu se transforment en Parti social français qui avec la démoralisation engendrée par le Front populaire va devenir à partir de 1938 le plus grand parti de masse français (1 million de membres !).</p>



<p>Le 17 mars 1937 c’est la police du Front populaire qui fait tirer sur les antifascistes tentant d’empêcher une réunion du PSF à Clichy !</p>



<p>Le parti communiste avait, avant 1934, défendu l’idée qu’il fallait être anticapitaliste pour lutter contre le fascisme. En Allemagne les nazis avaient détruit le parti communiste. Adoptant la politique du Front populaire, le parti communiste avait ensuite dit qu’il fallait d’abord stabiliser la démocratie bourgeoise pour faire obstacle au fascisme. En France, le parlement du Front populaire finira par interdire le parti communiste puis voter les pleins pouvoirs à Pétain sans riposte d’une classe ouvrière démoralisée.</p>



<p>La troisième leçon de la période du Front populaire est que pour obtenir une victoire définitive sur le fascisme un combat doit être mené au sein même du mouvement, dès ses premières étapes, pour construire une alternative révolutionnaire.&nbsp;</p>



<p><strong>Denis Godard (Paris 20e)</strong></p>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="66829c15-bdae-4eb6-9b86-1323f3eb29c2">A titre de comparaison, aujourd’hui il y a plus de 2 millions de syndiqué.es en France. <a href="#66829c15-bdae-4eb6-9b86-1323f3eb29c2-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li><li id="6dc6b564-2a19-4161-a3d1-1d94c0161af2">Daniel Guérin, Front populaire Révolution manquée <a href="#6dc6b564-2a19-4161-a3d1-1d94c0161af2-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2">↩︎</a></li><li id="83cc58b9-ad70-4cac-a866-e844d5bfd7ea">Gilles Vergnon, L’antifascisme en France de Mussolini à Le Pen <a href="#83cc58b9-ad70-4cac-a866-e844d5bfd7ea-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3">↩︎</a></li><li id="1bfa35bf-fb45-4e6f-b723-523835d53695">Gérard Noiriel, Les ouvriers dans la société française <a href="#1bfa35bf-fb45-4e6f-b723-523835d53695-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4">↩︎</a></li><li id="dfd47419-8b9f-45c4-9dac-aeea4f5cd842">Ludivine Bantigny, La Bourse ou la vie <a href="#dfd47419-8b9f-45c4-9dac-aeea4f5cd842-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5">↩︎</a></li><li id="0094441b-a7c4-43c5-9b3f-062df5efc5e4">Antoine Prost, Autour du Front populaire <a href="#0094441b-a7c4-43c5-9b3f-062df5efc5e4-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6">↩︎</a></li></ol><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/front-populaire-antifascisme-et-revolution/">Front populaire, antifascisme et révolution : </a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Contre le fascisme.  Le Front Populaire n’est pas la solution.</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/contre-le-fascisme-le-front-populaire-nest-pas-la-solution/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Vanina]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 05 Sep 2024 21:59:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[Antifascisme]]></category>
		<category><![CDATA[Analyse]]></category>
		<category><![CDATA[Front populaire]]></category>
		<category><![CDATA[Stratégie]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">En France cet été, après quelques semaines d’une campagne électorale éclair où la victoire était promise au Rassemblement National de Marine Le Pen, c’est la gauche qui a obtenu le plus grand nombre d’élu.es au <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/contre-le-fascisme-le-front-populaire-nest-pas-la-solution/" title="Contre le fascisme.  Le Front Populaire n’est pas la solution.">[...]</a></div>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>En France cet été, après quelques semaines d’une campagne électorale éclair où la victoire était promise au Rassemblement National de Marine Le Pen, c’est la gauche qui a obtenu le plus grand nombre d’élu.es au parlement. <br>Pour susciter très rapidement l’adhésion les partis et syndicats ont convoqué la mémoire du Front Populaire des années 1930. Ils en ont aussi repris les fondements stratégiques.<sup data-fn="e2280cf0-e3eb-4e7a-b5a4-9e9f3d51dae5" class="fn"><a id="e2280cf0-e3eb-4e7a-b5a4-9e9f3d51dae5-link" href="#e2280cf0-e3eb-4e7a-b5a4-9e9f3d51dae5">1</a></sup></p>



<p>Ils ont, en réalité, convoqué un mythe entretenu depuis plusieurs décennies sur le Front Populaire de 1936 : celui d’un gouvernement d’unité de la gauche qui repoussa le fascisme.</p>



<p>Ce qui est extraordinaire &#8211; alors que les enjeux sont aujourd’hui à nouveau considérables : rien moins que la possibilité pour un parti fasciste d’arriver au pouvoir &#8211; c’est ce que ce mythe s’abstient de préciser.<br>D’une part que ce n’est pas le gouvernement de Front Populaire de 1936 qui a fait barrage au fascisme. C’est une riposte de masse qui a, deux ans auparavant, rejeté les ligues fascistes françaises dans la défensive.<br>D’autre part que l’expérience gouvernementale du Front Populaire fut si désastreuse qu’en 1940 ce fut le parlement élu en 1936 qui vota les pleins pouvoirs à Pétain après avoir exclu les députés communistes et interdit le parti communiste.</p>



<p>Enjeux considérables disons-nous. Le résultat des élections de cet été n’a pas éloigné le RN de la perspective du pouvoir. Le fascisme est plus fort que jamais en France. Mais la mobilisation durant la campagne électorale a aussi montré que sa victoire n’est pas inéluctable.</p>



<p><strong>Un potentiel de riposte contre le fascisme</strong></p>



<p>A l’annonce du résultat des élections européennes, le 9 juin dernier, la surprise n’est pas venue de la victoire électorale du Rassemblement National en France. Celle-ci était pourtant dramatique. Le parti fasciste<sup data-fn="e3bac474-a9b2-4440-b7ef-57fa1e4e3496" class="fn"><a id="e3bac474-a9b2-4440-b7ef-57fa1e4e3496-link" href="#e3bac474-a9b2-4440-b7ef-57fa1e4e3496">2</a></sup> est arrivé en tête des votes dans plus de 9 communes françaises sur 10 ! Et 9 millions d’électeurs et électrices ont voté pour l’extrême-droite. Mais ce résultat était, hélas, annoncé depuis des semaines sans susciter de mobilisation de la gauche.<br>La surprise vient de la réaction immédiate du président français. Dès le 9 juin Emmanuel Macron décide de dissoudre le parlement et d’organiser de nouvelles élections trois semaines plus tard. Il annonce qu’en cas de victoire il demandera au RN de former un gouvernement.</p>



<p>C’est un électrochoc. La société française réalise soudainement que la perspective d’avoir des fascistes au gouvernement n’est pas théorique. De premiers sondages confirment que le RN pourrait obtenir une majorité de député.es. Des représentants des plus grosses entreprises françaises essaient d’entrer en contact avec le RN pour connaître ses intentions et peser sur sa politique<sup data-fn="3248ce73-c15d-4372-a583-f142bf69f4c1" class="fn"><a id="3248ce73-c15d-4372-a583-f142bf69f4c1-link" href="#3248ce73-c15d-4372-a583-f142bf69f4c1">3</a></sup>. Sophie Binet, dirigeante de la CGT, lance un appel solennel à l’union de la gauche en disant qu’il est « minuit moins une ». </p>



<p>En quelques jours les partis de « la gauche » décident de se présenter de manière unie aux élections pour tenter de faire barrage à l’extrême-droite. L’essentiel de ce qui porte, en France, le nom de « mouvement social » apporte son soutien, syndicats, associations, fronts de lutte. Significativement le nom de cette coalition, le « Nouveau Front Populaire » (NFP) est sa première décision bien avant l’accord de répartition des candidat.es ou le programme commun. </p>



<p>Dès le week-end du 15 et 16 juin, 800 000 manifestant.es descendent dans la rue à l’appel des syndicats et d’associations pour appeler à voter pour le « Front Populaire ».<br>Jusqu’au premier tour des élections la mobilisation autour du NFP ne faiblira pas en combinant différentes formes. Des milliers de personnes participent à des réunions pour y trouver comment s’impliquer dans la campagne, diffusions de tracts, porte-à-porte… Parallèlement de multiples manifestations et rassemblements vont avoir lieu pour porter les revendications du mouvement, sociales, écologiques et féministes. Dans ces manifestations s’exprime ouvertement la haine du fascisme. Elles démontrent que le processus de dédiabolisation du RN<sup data-fn="c1b1a56a-3c93-46e5-a8fc-98869f7ded6c" class="fn"><a id="c1b1a56a-3c93-46e5-a8fc-98869f7ded6c-link" href="#c1b1a56a-3c93-46e5-a8fc-98869f7ded6c">4</a></sup> peut être rapidement renversé. Dans la jeunesse c’est un slogan des années 90, de la lutte contre le Front National de Jean-Marie Le Pen, qui est repris : « la jeunesse emmerde le Front National »<sup data-fn="2a7369b8-8ea6-4515-82e8-4e4b4e00f8cc" class="fn"><a id="2a7369b8-8ea6-4515-82e8-4e4b4e00f8cc-link" href="#2a7369b8-8ea6-4515-82e8-4e4b4e00f8cc">5</a></sup>. Le samedi 29 juin, veille du premier tour, les Marches des Fiertés sont massives. A Paris un cortège de dizaines de milliers de jeunes hurle ce slogan à l’arrivée de la manifestation.</p>



<p><strong>Leçon des années 1930 : Ce qui repousse le danger fasciste</strong><sup data-fn="bb7d9315-2454-48ff-811b-e4938482ba83" class="fn"><a id="bb7d9315-2454-48ff-811b-e4938482ba83-link" href="#bb7d9315-2454-48ff-811b-e4938482ba83">6</a></sup></p>



<p>Lorsque le Front Populaire, coalition de gauche, gagne les élections en mai 1936 l’extrême-droite fasciste est, en France, sur la défensive. Et ce n’est pas l’accord de gouvernement de la gauche qui en est la cause.</p>



<p>Deux ans plus tôt, en février 1934 la situation était totalement différente. Les ligues d’extrême-droite étaient à l’offensive, sur fond de crise économique, de chômage de masse, d’affaires de corruption et d’instabilité parlementaire. Ces différentes ligues, antisémites et nationalistes, monarchistes et parfois ouvertement fascistes, regroupaient souvent des dizaines de milliers de membres. Elles s’appuyaient aussi sur des organisations de masse (anciens combattants, petits contribuables…) de centaines de milliers de membres.</p>



<p>La gauche, divisée, au niveau politique comme syndical était, elle, au plus bas. Le début des années 1930 enregistre des niveaux historiquement faibles de grèves. Les deux principaux syndicats regroupent à eux deux moins d’un million d’adhérents (750 000).</p>



<p>Mais dans un contexte marqué par l’exemple de la prise du pouvoir par Hitler un auparavant et de la destruction totale du mouvement ouvrier en Allemagne, une tentative de coup de force par les ligues d’extrême-droite, le 6 février 1934, va déclencher une extraordinaire riposte de masse.<br>Spontanément des manifestations locales, souvent unitaires, démarrent les jours suivants. Le 12 février, à l’appel de la CGT, 5 millions de travailleurs se mettent en grève contre le fascisme dans tout le pays tandis que des manifestations massives ont lieu dans 346 villes.<br>Dans les semaines et les mois suivants ce premier succès conduisit à une véritable effervescence de l’activité antifasciste. Des collectifs et comités antifascistes, souvent unitaires, se constituent sur tout le territoire, des grandes villes aux villages. Daniel Guérin parle de 3000 comités<sup data-fn="ef16d73b-c1e5-4793-80d8-805b29461023" class="fn"><a id="ef16d73b-c1e5-4793-80d8-805b29461023-link" href="#ef16d73b-c1e5-4793-80d8-805b29461023">7</a></sup>.</p>



<p>Ces comités ont plusieurs caractéristiques principales. Leur pivot est leur caractère de classe donné par l’implication des militant.es syndicaux et de leurs structures locales. Dès le 12 février l’ampleur des manifestations locales est directement corrélée à l’implantation des syndicats<sup data-fn="2839e615-976f-4277-9143-62f8e5086a4a" class="fn"><a id="2839e615-976f-4277-9143-62f8e5086a4a-link" href="#2839e615-976f-4277-9143-62f8e5086a4a">8</a></sup>. L’élargissement de la mobilisation à d’autres couches de la société et à d’autres formes d’organisation n’a pas été handicapée par cette nature de classe mais favorisée par elle.</p>



<p>La seconde caractéristique est qu’ils imposent l’unité à leurs directions nationales qui vont continuer de s’y opposer pendant des mois. Ce caractère est apparu là aussi dès le 12 février. A implantation syndicale égale, les manifestations sont d’autant plus nombreuses que les syndicats ont agi localement de manière unitaire<sup data-fn="1c428cea-9872-4e81-ad81-5376c93539a4" class="fn"><a id="1c428cea-9872-4e81-ad81-5376c93539a4-link" href="#1c428cea-9872-4e81-ad81-5376c93539a4">9</a></sup>. A Paris deux manifestations sont organisées, l’une dirigée par le parti communiste et l’autre par le parti socialiste. Mais à l’arrivée ces deux manifestations vont converger aux cris de « Unité » sous la pression des manifestants.<br>Ce qui soude l’unité est l’action commune. Contre-manifestations, fêtes, meetings, ces comités occupent le terrain et en chassent, souvent violemment, les fascistes lui interdisant toute expression publique.</p>



<p>Ce mouvement éloigne le fascisme de toute perspective de pouvoir.<br>En privant les fascistes de tribune publique il les empêche de souder les rangs d’une « clientèle » socialement très hétérogène et d’apparaître comme représentant « du peuple ». <br>La progression du fascisme vers la constitution d’organisations de masse repose plus sur la passivité et la démoralisation de la classe ouvrière que sur le recrutement de sections significatives de celle-ci. Or la riposte de masse ressuscite la combativité ouvrière et la confiance collective tout en isolant les fascistes. <br>Enfin, le fascisme ne peut devenir un outil pour la classe dirigeante &#8211; condition ultime de son accession au pouvoir<sup data-fn="1938d6b3-e309-41b0-a1ff-323a3ffde4da" class="fn"><a id="1938d6b3-e309-41b0-a1ff-323a3ffde4da-link" href="#1938d6b3-e309-41b0-a1ff-323a3ffde4da">10</a></sup> &#8211; que si celui-ci démontre sa capacité à affaiblir la combativité et les capacités d’organisation collective de la classe ouvrière. Pas si ses initiatives jouent, ne serait-ce que temporairement, le rôle inverse.</p>



<p><strong>Le Nouveau Front Populaire la joue à l’envers</strong></p>



<p>A la mobilisation <em>contre</em> les fascistes le NFP a substitué la nécessité de convaincre ses électeurs et électrices. L’expression qui résume cette orientation est qu’ils sont « fâchés mais pas fachos »<sup data-fn="6cd532f1-77c7-49f1-ae4b-fa0e2b36692e" class="fn"><a id="6cd532f1-77c7-49f1-ae4b-fa0e2b36692e-link" href="#6cd532f1-77c7-49f1-ae4b-fa0e2b36692e">11</a></sup>. C’est-à-dire fâchés contre les politiques d’attaques sociales et sensibles aux arguments racistes et réactionnaires mais pas fascistes. Ils et elles ne font que « se tromper de colère ». Il faut donc les ramener dans le giron de la gauche en proposant une alternative sociale. <br>A l’unité d’action des organisations le NFP a substitué l’unité des directions sur un programme. A l’antagonisme de classe et à ses moyens de lutte il a substitué la collaboration de classe et les moyens institutionnels.</p>



<p>Au nom de l’urgence le NFP a donc construit un « accord de gouvernement » sur des positions compatibles avec la droite du Parti socialiste qui n’a plus rien de commun avec la gauche. Déclinant des mesures d’urgence sociale<sup data-fn="45e7f919-505e-4d9b-8131-6f206f40611d" class="fn"><a id="45e7f919-505e-4d9b-8131-6f206f40611d-link" href="#45e7f919-505e-4d9b-8131-6f206f40611d">12</a></sup> ce programme soutient aussi la livraison d’armes à l’Ukraine et la souveraineté militaire de la France. Il repousse les questions liées à l’immigration et notamment l’éventuelle abrogation de la dernière loi raciste, à un futur indéterminé. A tel point qu’il fut rejoint par un ancien ministre d’Emmanuel Macron et par François Hollande, l’ancien président de la République dont Emmanuel Macron fut ministre et qui conduisit pour l’essentiel, de 2012 à 2017, la même politique raciste et libérale que celui-ci.</p>



<p>La volonté militante aurait pu être l’occasion de construire, partout, des cadres de mobilisation contre le fascisme. Mais cette énergie a été canalisée vers la simple propagande électorale. Aucune des directions des forces impliquées dans le NFP, partis, syndicats et associations, n’ont appelé à des mobilisations contre le fascisme et contre le RN durant la campagne. Dans les thèmes des manifestations organisées centralement (acquis sociaux, environnement, féminisme) l’impasse a été faite significativement sur les questions du racisme et de la solidarité avec la Palestine<sup data-fn="d74c248a-a7d8-4918-a4cd-e75e97a5d543" class="fn"><a id="d74c248a-a7d8-4918-a4cd-e75e97a5d543-link" href="#d74c248a-a7d8-4918-a4cd-e75e97a5d543">13</a></sup>.<br>Aucun appel n’a été lancé à contrer l’intervention du RN sur les marchés ou à manifester contre ses réunions publiques. Très en pointe, la dirigeante nationale de la CGT, Sophie Binet, entraînant une grande partie de l’appareil syndical, a multiplié les interventions médiatiques tandis que les structures nationales et locales de la CGT organisaient de nombreuses diffusions de tracts. Il n’y sera jamais question de grèves contre le danger fasciste mais d’appeler à voter pour le NFP reprenant des revendications syndicales et emblématiquement l’abrogation de la loi sur les retraites qui avait mobilisé des millions de travailleurs en 2023. </p>



<p>Le premier tour a, malgré cette mobilisation, placé le RN et ses alliés en tête des votes, en capacité de maintenir ses candidat.es dans la quasi-totalité des circonscriptions et donc d’obtenir une majorité, au moins relative, au parlement. Avec 11 millions de voix sa progression est même spectaculaire, doublant le nombre de voix obtenues deux ans auparavant lors des élections législatives de 2022.</p>



<p>La gauche n’en a pas déduit un changement de stratégie. La logique du NFP a conduit toutes ses composantes, des plus radicales aux plus à droite, à argumenter pour un accord, de fait, avec la droite et les partis soutenant Macron. Tous les candidat.es du NFP arrivé.es en troisième position au premier tour ont alors décidé de se désister pour soutenir les candidat.es du gouvernement ou de la droite conservatrice contre les candidat.es du RN. Cela a conduit par exemple le NFP à appeler à voter pour Elisabeth Borne, la première ministre qui a fait passer en force l’attaque sur les retraites en 2023. Mais aussi à appeler à voter pour Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur, à l’origine de la loi la plus raciste de ces dernières décennies. Celui-là même qui lors de la campagne des présidentielles de 2022 avait jugé Marine Le Pen « trop molle » dans la lutte contre l’immigration et contre l’islamisme. <br>En quelques semaines on était passé de la défense d’un programme de gauche &#8211; soit-il modéré &#8211; comme seul barrage au fascisme à une collaboration sans contenu et sans luttes avec les courants les plus libéraux et racistes de la classe dirigeante.<br>Les dirigeants du RN ne se sont pas priés de souligner que cela démontrait qu’il était la seule opposition réelle à « l’establishment ».</p>



<p><strong>Rien n’est réglé</strong></p>



<p>C’est souvent par des canaux politiques défaillants que s’exprime la volonté de classe. Cela a souvent permis aux directions réformistes de justifier leur politique. Dans le cas précis c’est en votant pour des député.es de droite que s’est exprimée largement l’idée que le RN n’est pas « un parti comme les autres ». Qu’il représente un danger spécifique. Que tous les moyens sont bons pour l’empêcher d’arriver au pouvoir. Ce qui devrait amener à deux conclusions. D’une part qu’il y a possibilité d’employer d’autres moyens. Et d’autre part que le contenu politique du NFP n’était pas déterminant.</p>



<p>Il va sans dire que les composantes du NFP n’en ont pas tiré ces conclusions. Olivier Besancenot (Nouveau Parti Anticapitaliste) et Sophie Binet ont même célébré une victoire. La plupart des autres composantes du mouvement ont, plus sagement, évoqué un sursis gagné contre l’extrême-droite<sup data-fn="1a65afc0-66a8-465e-96e6-70c2818a6898" class="fn"><a id="1a65afc0-66a8-465e-96e6-70c2818a6898-link" href="#1a65afc0-66a8-465e-96e6-70c2818a6898">14</a></sup>.</p>



<p>Cela sous-estime gravement la nature du danger et fait obstacle à un changement de stratégie.</p>



<p>Qui parle de victoire refuse de comprendre que la situation née des élections a renforcé le danger du fascisme.<br>D’abord parce que l’échec du RN à gagner une majorité de député.es ne devrait pas masquer la progression dramatique du nombre de voix qu’il a obtenues. Il ne devrait pas masquer le fait que ce nombre de voix s’est maintenu entre les deux tours malgré la diffusion publique du profil violement raciste et parfois ouvertement fasciste d’une centaine de ses candidat.es.<br>Ensuite parce que l’absence de majorité quelconque à l’Assemblée a redonné la main à Macron pour tenter de nommer un gouvernement qui poursuivra la même politique que celle qui a fait progresser le RN. Significativement, une semaine après les élections, le dernier acte du précédent gouvernement avant de démissionner a été de publier les décrets d’application des aspects les plus durs de la loi raciste qu’il avait fait passer avec les voix des députés fascistes.<br>Mais cette politique sera mise en œuvre dans une situation d’instabilité accélérée où la forme politique de domination de la bourgeoisie &#8211; la démocratie parlementaire &#8211; agonise. Une seule chose est sûre au moment de la rédaction de ce texte : la France aura vécu sans gouvernement « officiel » et sans contrôle parlementaire pendant au moins deux mois. A supposer qu’un gouvernement puisse être nommé à la fin de l’été sans crise immédiate, celui-ci ne pourra gouverner en s’appuyant sur des votes à l’Assemblée. Il cherchera à s’imposer par la force directe de l’appareil d’Etat, celle des décrets et des ordonnances et celle de l’appareil policier<sup data-fn="02d03ea6-8c51-4464-af8d-e83999722fda" class="fn"><a id="02d03ea6-8c51-4464-af8d-e83999722fda-link" href="#02d03ea6-8c51-4464-af8d-e83999722fda">15</a></sup>.<br>L’existence, de plus en plus formelle, de la démocratie parlementaire, n’aura comme seule conséquence que la fragilité de ce gouvernement soumis aux combinaisons politiciennes amplifiant un climat de rejet populiste des partis politiques. Deux semaines après les élections un sondage annonçait déjà que près de 9 français sur 10 pensent que les partis politiques ne sont ni « crédibles » ni « honnêtes »<sup data-fn="31ccc923-97b9-4c6a-9793-4a0ff1c7bfa7" class="fn"><a id="31ccc923-97b9-4c6a-9793-4a0ff1c7bfa7-link" href="#31ccc923-97b9-4c6a-9793-4a0ff1c7bfa7">16</a></sup>.</p>



<p>Qui parle de sursis devrait en tirer les conséquences stratégiques. Non pas poursuivre avec la stratégie visant à sauver la planche pourrie de la démocratie parlementaire mais développer les formes de lutte et d’organisation sur le terrain où va se jouer l’évolution de la situation, celui de la lutte contre le fascisme et le racisme et celui de l’antagonisme de classe. Ce qui implique une rupture avec la politique du NFP.</p>



<p><strong>Leçons des années 30 : le Front Populaire contre la révolution</strong><sup data-fn="73fcd7f1-8e32-4b95-a2e7-4ac8b1186265" class="fn"><a id="73fcd7f1-8e32-4b95-a2e7-4ac8b1186265-link" href="#73fcd7f1-8e32-4b95-a2e7-4ac8b1186265">17</a></sup></p>



<p>Il n’y a pas de cloison étanche entre lutte contre le fascisme et lutte contre le capitalisme. La lutte contre le fascisme est une lutte défensive, une lutte pour défendre, non pas la démocratie parlementaire mais les acquis démocratiques qui permettent à notre classe de s’organiser. En développant des cadres d’organisation et l’unité de notre classe, la lutte contre le fascisme est aussi un ferment de confiance et de généralisation politique.</p>



<p>Dans les années 30 en France c’est cette expérience qui mena à un retour des luttes sociales prenant même la forme, en août 1935 de luttes insurrectionnelles à Brest<sup data-fn="97e606bb-281a-44be-9037-5ec4d5bef62c" class="fn"><a id="97e606bb-281a-44be-9037-5ec4d5bef62c-link" href="#97e606bb-281a-44be-9037-5ec4d5bef62c">18</a></sup> et Toulon. Ce fut le début d’un processus qu’on peut qualifier avec Rosa Luxemburg<sup data-fn="a3e31417-972a-478e-9d95-cf01518d9c56" class="fn"><a id="a3e31417-972a-478e-9d95-cf01518d9c56-link" href="#a3e31417-972a-478e-9d95-cf01518d9c56">19</a></sup> de processus révolutionnaire. La victoire électorale de mai 1936, celle du Front Populaire n’en fut pas l’origine, simplement un chaînon. Cette victoire fut un signal pour des secteurs de la classe ouvrière jusque-là peu organisés qu’on allait en finir avec la domination impitoyable des patrons. Un mouvement impétueux de grèves et d’occupation d’usines démarra dès le mois de mai.</p>



<p>La panique patronale conduisit à des accords avec le nouveau gouvernement et les directions syndicales pour garantir la fin du mouvement dès le 8 juin 1936. Les acquis imposés aux patrons étaient considérables (augmentations de salaires, semaine de 40H, congés payés, droits syndicaux…). Ils sont présentés aujourd’hui comme le résultat des élections et de l’action du gouvernement. Ils furent le fruit des grèves et occupations.<br>Mais ce qui est important est que ces acquis ne stoppèrent pas le mouvement. C’est au lendemain de ces accords que le mouvement se généralisa.</p>



<p>Par contre le gouvernement du Front Populaire et les forces qui le soutenaient mirent toute leur force pour stopper ce mouvement qui contrevenait à leur stratégie. A une figure de l’aile gauche du parti socialiste qui déclara « Tout est possible », le parti communiste répondit publiquement « Non tout n’est pas possible ».<br>A la perspective révolutionnaire le parti communiste, prétextant le danger fasciste, avait substitué celle de la défense de la démocratie, soit-elle bourgeoise<sup data-fn="e6483ea4-70d0-456b-afe3-44e94223ae35" class="fn"><a id="e6483ea4-70d0-456b-afe3-44e94223ae35-link" href="#e6483ea4-70d0-456b-afe3-44e94223ae35">20</a></sup>. Au développement impétueux des revendications ouvrières il répondait que ce n’est pas le moment, que cela allait effrayer les classes moyennes et les jeter dans les bras du fascisme. « Il faut savoir terminer une grève » déclara alors Maurice Thorez, dirigeant du PC.</p>



<p>Il n’est pas possible, dans le cadre de ce texte, de développer de manière détaillée les étapes précises de l’évolution vers la droite du Front Populaire et de l’action répétée des directions politiques et syndicales contre le mouvement. On n’utilisera qu’un seul exemple parce qu’il est significatif de l’articulation entre antifascisme et lutte globale.<br>En mars 1937, alors que les luttes continuaient dans les usines, plus dures, de plus en plus réprimées par l’Etat<sup data-fn="37a775b4-be10-4195-a376-41771451cc1d" class="fn"><a id="37a775b4-be10-4195-a376-41771451cc1d-link" href="#37a775b4-be10-4195-a376-41771451cc1d">21</a></sup>, paralysées par les directions syndicales, souvent isolées les unes des autres, le gouvernement du Front Populaire annonça une <em>« pause »</em> dans les réformes. Un journal patronal de l’époque déclara avec satisfaction <em>« Ce n’est pas une pause, c’est une conversion ! »</em>.<br>Le même mois le pouvoir autorisa à Clichy, dans la banlieue parisienne, un meeting d’un parti fasciste, le Parti Social Français, nouvelle forme prise par une ligue qui avait été dissoute par le gouvernement en juin, les Croix-de-feu. Les forces locales, syndicales et politiques, décidèrent d’appeler à un contre-rassemblement dont une fraction significative décida d’aller vers le lieu du meeting pour l’empêcher. L’affrontement eu lieu, non avec les fascistes mais avec la police aux ordres du gouvernement du Front Populaire et fit plusieurs morts. Alors que les dirigeants nationaux dénonçaient les « provocateurs » (parmi les contre-manifestants !) cela provoqua le début d’un mouvement de grèves spontanées et de manifestations que les directions syndicales s’appliquèrent à stériliser.</p>



<p><strong>Faire reculer le fascisme est possible</strong></p>



<p>Même si nous ne les maitrisons pas les rythmes sont en train de s’accélérer.</p>



<p>Le RN bénéficie certes d’une audience électorale de masse. Mais il n’a pas, jusqu’à aujourd’hui, réussi à transformer cette audience en force active de mobilisation.<br>Nous ne devons pas en tirer la moindre complaisance. Car la situation pourrait lui bénéficier rapidement.<br>Les émeutes racistes de cet été en Grande-Bretagne en sont un des signaux. Elles montrent ce que le climat raciste peut cristalliser de manière explosive. On doit imaginer ce que cela aurait pu donner en France en conjonction avec la force du RN.<br>Le krach boursier au Japon le 5 août montre que des écroulements économiques rapides sont à venir. En 2024, le niveau de défaillance des petites et très petites entreprises est déjà en France à un niveau record<sup data-fn="06e2c49d-adf3-4de8-a21a-7e8afadd0c21" class="fn"><a id="06e2c49d-adf3-4de8-a21a-7e8afadd0c21-link" href="#06e2c49d-adf3-4de8-a21a-7e8afadd0c21">22</a></sup>. La petite bourgeoisie enragée est le cœur du fascisme.</p>



<p>Si dans les urnes l’équilibre existe avec les forces de la gauche, dans la capacité de mobilisation, la force est toujours de notre côté. Les semaines de la campagne électorale l’ont montré.<br>Cela ne fait que renforcer l’urgence de construire un front de lutte contre le racisme et le fascisme. Sans attendre que des initiatives soient prises nationalement. Construire ce front doit être mis en œuvre quartier après quartier, lieu de travail après lieu de travail. Lorsque des initiatives ont été prises dans ce sens des résultats ont été obtenus.<br>En plusieurs endroits des initiatives avaient été prises avant même la dernière séquence électorale. Dans d’autres endroits c’est pendant la campagne que des collectifs se sont mis en place.<br>A St Brieuc en Bretagne un Front commun antifasciste a organisé une manifestation unitaire le 21 avril. Elle a rassemblé 2000 personnes<sup data-fn="58e4f452-8d6b-4e96-94ee-9ce2a8b78128" class="fn"><a id="58e4f452-8d6b-4e96-94ee-9ce2a8b78128-link" href="#58e4f452-8d6b-4e96-94ee-9ce2a8b78128">23</a></sup>. <br>Au Havre les liens créés en 2023 pour mobiliser contre un meeting national du RN ont permis d’y organiser la seule initiative unitaire d’ampleur spécifiquement contre le fascisme pendant la campagne électorale<sup data-fn="2c899ba2-7a5c-4ea0-97ad-34abd7fe1a2b" class="fn"><a id="2c899ba2-7a5c-4ea0-97ad-34abd7fe1a2b-link" href="#2c899ba2-7a5c-4ea0-97ad-34abd7fe1a2b">24</a></sup>.<br>A Rennes des Assemblées antifascistes se sont organisées pendant la campagne et coordonnées dans trois quartiers différents. Ces Assemblées ont convergé avec deux autres cadres liés à la solidarité avec les migrant.es pour lancer un Front commun contre le fascisme s’inspirant de l’exemple de St Brieuc.<br>A Paris, quelques jours avant les élections européennes de juin une manifestation organisée chaque année pour commémorer l’assassinat d’un jeune camarade par des nazis a cristallisé dans la jeunesse une convergence entre la lutte contre le fascisme, la solidarité avec le peuple palestinien et la lutte de solidarité avec les Sans-Papiers et jeunes migrant.es. Le 14 juillet une manifestation contre le fascisme, le racisme et le colonialisme a eu lieu à Paris à l’initiative de la Marche des Solidarités, des collectifs de sans-papiers et le mouvement de solidarité avec la Palestine.</p>



<p>Une différence majeure avec les années 30 est que nous ne partons pas d’une situation où le niveau des luttes est bas. L’absence actuelle de perspectives « par en haut » due au blocage parlementaire sera favorable aux initiatives « par en bas ». Des luttes vont avoir lieu qui seront autant d’opportunités pour développer des sections syndicales de combat et des organisations de base.<br>Il ne s’agit pas de faire de l’antifascisme un préalable à ces luttes. Mais ces luttes doivent être l’occasion de développer les arguments et les bases de la lutte contre le racisme et le fascisme. L’exemple du mouvement de 2023 sur les retraites doit être utilisé. Car c’est la logique politique du Front Populaire qui a mené, sous un autre nom (l’Intersyndicale), à l’échec du mouvement<sup data-fn="253b6ab8-3b6c-4169-812d-eede6242cb8d" class="fn"><a id="253b6ab8-3b6c-4169-812d-eede6242cb8d-link" href="#253b6ab8-3b6c-4169-812d-eede6242cb8d">25</a></sup>. Mais aussi parce qu’en l’absence d’articulation avec la lutte contre le racisme et le fascisme, ce mouvement n’a pas entamé l’audience du RN. </p>



<p><strong>Comment combattre le Front Populaire</strong></p>



<p>L’exemple des années 30 en France a montré que la dynamique révolutionnaire du mouvement l’a mis de plus en plus ouvertement et pratiquement en confrontation avec l’Etat et avec les directions des organisations du Front Populaire. </p>



<p>Ce qui peut sembler paradoxal c’est que ce mouvement s’est aussi traduit dans un premier temps (et notamment en juin 36) par une véritable explosion des effectifs des organisations dont les directions défendaient le Front Populaire. En quelques mois la CGT quadruple ses effectifs avec 4 millions de membres. C’est aussi le cas du parti communiste qui est identifié largement à un parti révolutionnaire et devient un parti de masse.<br>Cela fait partie du processus de radicalisation. Le mouvement entraîne des couches de la classe ouvrière qui étaient jusque-là passives. C’est une illustration de la force et du potentiel révolutionnaires de la lutte de classes. Alors que le mouvement de février 1934 est impulsé par les secteurs les plus organisés de la classe ouvrière (qui correspondent aussi à ceux où les militants politiques sont les plus présents), le mouvement impétueux de juin est le fait des secteurs où les syndicats sont les plus faibles (métallurgie, textile, chimie, grands magasins…)<sup data-fn="8882ae15-5ce4-48f3-afd9-40a0037c7dd0" class="fn"><a id="8882ae15-5ce4-48f3-afd9-40a0037c7dd0-link" href="#8882ae15-5ce4-48f3-afd9-40a0037c7dd0">26</a></sup>. C’est dans ces secteurs que la croissance des organisations est la plus forte. Cela explique le caractère temporairement difficilement contrôlable du mouvement par les directions. Cela explique aussi que, moins armés politiquement, ces nouveaux et nouvelles militantes seront moins à même de résister sur la durée à la politique des organisations qu’ils et elles ont rejoint. </p>



<p>La réponse aurait pu être donnée par la fusion, l’organisation commune, entre des militants plus armés politiquement, celles et ceux de février 1934, et la vague plus radicale et enthousiaste de juin. Mais la seule explication à l’absence de grève dans les secteurs les plus organisés en juin 1936 est que, dans ces secteurs, les militants sont majoritairement sur la ligne de leur direction et « attendent » du gouvernement la réalisation de leurs revendications.</p>



<p>Ce n’est qu’en partie vrai. Il existe, dès 1935 des oppositions « de gauche » au sein du parti socialiste comme du parti communiste développant une critique du Front Populaire<sup data-fn="e3f6fd78-810a-464a-96e9-6a13fdcd1403" class="fn"><a id="e3f6fd78-810a-464a-96e9-6a13fdcd1403-link" href="#e3f6fd78-810a-464a-96e9-6a13fdcd1403">27</a></sup>. Mais par souci de ne pas s’isoler du mouvement leur positionnement vis-à-vis du Front Populaire et de leurs partis restera ambigüe. Cela ne leur permettra ni de populariser à une échelle large une perspective révolutionnaire indépendante et d’en féconder le mouvement ni de souder une force politique cohérente dans ce combat. L’opposition de gauche du parti socialiste sera finalement exclue en 1938 et rapidement marginalisée. L’opposition au sein du parti communiste sera progressivement détruite par les exclusions. Les oppositions qui existent indépendamment du Front Populaire sont numériquement trop faibles et trop peu implantées au sein de la classe ouvrière pour pouvoir jouer un rôle<sup data-fn="ee7bfe71-3366-42ca-a75b-d08097f4af60" class="fn"><a id="ee7bfe71-3366-42ca-a75b-d08097f4af60-link" href="#ee7bfe71-3366-42ca-a75b-d08097f4af60">28</a></sup>.</p>



<p><strong>Conclusion</strong></p>



<p>La possibilité du fascisme est l’expression et la conséquence d’une crise du capitalisme dont la vérité ultime est celle-ci : ce sera eux ou nous. Les choses ne se règleront pas pacifiquement. Laisser dominer les politiques du Front Populaire c’est simplement préparer notre défaite. Le clarifier est indispensable pour construire l’autonomie de notre classe et la lutte contre le fascisme.<br>Mais cela doit se traduire concrètement. Il faut plus de révolutionnaires pour défendre ouvertement cette politique, proposer des initiatives, tester et apprendre de l’expérience dans chaque quartier, chaque lieu de travail. Cette implantation est aussi une condition pour que cette politique puisse devenir une alternative quand le niveau des luttes augmente et que l’impasse des directions traditionnelles du mouvement apparaît plus largement.<br>L’obstacle que constituait le parti communiste dans les années 30 n’existe plus. Il existe partout des collectifs, des groupes d’activistes qui cherchent dans la même direction. Les choses peuvent avancer rapidement pour développer une organisation révolutionnaire mais le temps est désormais compté. </p>



<p class="has-text-align-right"><strong>Denis Godard (Paris 20e), le 20 août 2024.</strong></p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-dots"/>



<p><strong>Notes :</strong></p>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="e2280cf0-e3eb-4e7a-b5a4-9e9f3d51dae5">Pour combler les raccourcis de ce texte on lira utilement :<br><br>Sur le fascisme :<br>&#8211; Clara Zetkin, <em>La lutte contre le fascisme</em>, <a href="https://www.marxists.org/archive/zetkin/1923/06/struggle-against-fascism.html">https://www.marxists.org/archive/zetkin/1923/06/struggle-against-fascism.html</a>, <a href="https://vivelemaoisme.org/wp-content/uploads/sites/23/2016/10/pdf_clara-zetkin-fascisme.pdf">https://vivelemaoisme.org/wp-content/uploads/sites/23/2016/10/pdf_clara-zetkin-fascisme.pdf</a><br>&#8211; Vanina Giudicelli, <em>Existe-t-il un danger fasciste en France ?</em> <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/existe-t-il-un-danger-fasciste-en-france/">https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/existe-t-il-un-danger-fasciste-en-france/</a><br>&#8211; Mark L.Thomas, <em>Le fascisme en Europe aujourd’hui</em>, <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/existe-t-il-un-danger-fasciste-en-france/">https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/existe-t-il-un-danger-fasciste-en-france/</a>, <a href="http://isj.org.uk/fascism-in-europe-today/#footnote-10080-69-backlink">http://isj.org.uk/fascism-in-europe-today/#footnote-10080-69-backlink</a><br><br>Sur le Front Populaire :<br>&#8211; Jacques Danos et Marcel Gibelin, <em>Juin 36</em>, Les bons caractères<br>&#8211; Charlie Kimber, <a href="https://socialistworker.co.uk/long-reads/what-are-the-lessons-from-the-popular-front-against-fascism-in-1930s-france/">https://socialistworker.co.uk/long-reads/what-are-the-lessons-from-the-popular-front-against-fascism-in-1930s-france/</a> <a href="#e2280cf0-e3eb-4e7a-b5a4-9e9f3d51dae5-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li><li id="e3bac474-a9b2-4440-b7ef-57fa1e4e3496">Oui un parti fasciste : ce qui est incroyable c’est à quel point le succès actuel du RN correspond à la stratégie mise en place au début des années 1970 par des fascistes proclamés et qui conduisit à la formation du Front National. Voir notamment Jim Wolfreys, <em>Les dangers de la dédiabolisation</em>, <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/les-dangers-de-la-dediabolisation/">https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/les-dangers-de-la-dediabolisation/</a> , <em>The dangers of detoxificati</em>on, <a href="https://jacobin.com/2017/04/national-front-detoxification-marine-le-pen-fascism-france-elections/">https://jacobin.com/2017/04/national-front-detoxification-marine-le-pen-fascism-france-elections/</a> <a href="#e3bac474-a9b2-4440-b7ef-57fa1e4e3496-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2">↩︎</a></li><li id="3248ce73-c15d-4372-a583-f142bf69f4c1"><a href="https://www.mediapart.fr/journal/economie-et-social/200624/le-patronat-se-prepare-collaborer-avec-le-rn">https://www.mediapart.fr/journal/economie-et-social/200624/le-patronat-se-prepare-collaborer-avec-le-rn</a> Même le <em>Financial Times</em> va écrire un article relayant la panique des milieux patronaux. Ce qui par ailleurs met à mal les théories faisant du RN un simple outil des patrons. Jusqu’ici le RN n’était pas l’option de la majorité du patronat. Il ne l’est pas encore. <a href="#3248ce73-c15d-4372-a583-f142bf69f4c1-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3">↩︎</a></li><li id="c1b1a56a-3c93-46e5-a8fc-98869f7ded6c">Cf Jim Wolfreys, <em>Les dangers de la dédiabolisation</em>, ibid <a href="#c1b1a56a-3c93-46e5-a8fc-98869f7ded6c-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4">↩︎</a></li><li id="2a7369b8-8ea6-4515-82e8-4e4b4e00f8cc">Sur la lutte antifasciste en France dans les années 1990 voir notamment Denis Godard, <em>Stratégies de lutte antifasciste : 5 exemples historiques</em>, <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/strategie-antifasciste-5-exemples-historiques-pour-ouvrir-une-reflexion/">https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/strategie-antifasciste-5-exemples-historiques-pour-ouvrir-une-reflexion/</a> <a href="#2a7369b8-8ea6-4515-82e8-4e4b4e00f8cc-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5">↩︎</a></li><li id="bb7d9315-2454-48ff-811b-e4938482ba83">Pour plus de développements sur cette partie, Denis Godard, <em>Front Populaire et antifascisme de masse : quand vaincre le fascisme devint possible</em>, <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/histoire/front-populaire-et-antifascisme-de-masse-quand-vaincre-le-fascisme-devient-possible/">https://www.autonomiedeclasse.org/histoire/front-populaire-et-antifascisme-de-masse-quand-vaincre-le-fascisme-devient-possible/</a> <a href="#bb7d9315-2454-48ff-811b-e4938482ba83-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6">↩︎</a></li><li id="ef16d73b-c1e5-4793-80d8-805b29461023">Daniel Guérin, <em>Front Populaire Révolution manquée</em>, La Découverte <a href="#ef16d73b-c1e5-4793-80d8-805b29461023-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 7">↩︎</a></li><li id="2839e615-976f-4277-9143-62f8e5086a4a">Antoine Prost, <em>Autour du Front Populaire</em>, Éditions du Seuil <a href="#2839e615-976f-4277-9143-62f8e5086a4a-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 8">↩︎</a></li><li id="1c428cea-9872-4e81-ad81-5376c93539a4">Idem <a href="#1c428cea-9872-4e81-ad81-5376c93539a4-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 9">↩︎</a></li><li id="1938d6b3-e309-41b0-a1ff-323a3ffde4da">Robert O. Paxton, <em>Le fascisme en action</em>, Seuil <a href="#1938d6b3-e309-41b0-a1ff-323a3ffde4da-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 10">↩︎</a></li><li id="6cd532f1-77c7-49f1-ae4b-fa0e2b36692e">Expression d’abord utilisée par Jean-Luc Mélenchon en 2022 et qui est abondamment reprise à gauche <a href="#6cd532f1-77c7-49f1-ae4b-fa0e2b36692e-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 11">↩︎</a></li><li id="45e7f919-505e-4d9b-8131-6f206f40611d">Ce programme très modéré contient des mesures positives comme l’augmentation des salaires et l’abrogation de la loi sur les retraites de 2023 <a href="#45e7f919-505e-4d9b-8131-6f206f40611d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 12">↩︎</a></li><li id="d74c248a-a7d8-4918-a4cd-e75e97a5d543">A la différence des élections européennes où la France Insoumise de Jean-Luc Mélenchon se présentait indépendamment des autres forces du NFP et qui avait fait de la question palestinienne un des enjeux centraux. Évidemment l’unité programmatique avec le PS notamment a repoussé cette question dans l’ombre. <a href="#d74c248a-a7d8-4918-a4cd-e75e97a5d543-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 13">↩︎</a></li><li id="1a65afc0-66a8-465e-96e6-70c2818a6898">Voir les interventions à l’interminable réunion publique <a href="https://www.youtube.com/watch?v=wVOVnCVyUnY">https://www.youtube.com/watch?v=wVOVnCVyUnY</a> . Pour ma part lors de la manifestation du 14 juillet j’ai utilisé le terme « soulagement » <a href="https://www.youtube.com/watch?v=HF0GWnZyMrk">https://www.youtube.com/watch?v=HF0GWnZyMrk</a> <a href="#1a65afc0-66a8-465e-96e6-70c2818a6898-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 14">↩︎</a></li><li id="02d03ea6-8c51-4464-af8d-e83999722fda">Situation qui rappelle celle de la République de Weimar de 1930 à 1932 en Allemagne et qui ouvrit la route à Hitler <a href="#02d03ea6-8c51-4464-af8d-e83999722fda-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 15">↩︎</a></li><li id="31ccc923-97b9-4c6a-9793-4a0ff1c7bfa7">Le sondage a été fait pour le journal conservateur <em>Le Figaro</em>. Ce qui signifie que la question elle-même est populiste : elle mêle tous les partis sans distinction. <a href="https://www.publicsenat.fr/actualites/politique/sondage-limage-catastrophique-des-partis-aupres-des-francais">https://www.publicsenat.fr/actualites/politique/sondage-limage-catastrophique-des-partis-aupres-des-francais</a> <a href="#31ccc923-97b9-4c6a-9793-4a0ff1c7bfa7-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 16">↩︎</a></li><li id="73fcd7f1-8e32-4b95-a2e7-4ac8b1186265">Pour plus de développements sur cette partie, Denis Godard, <em>Front Populaire : La révolution est-elle possible ?</em> ,  <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/histoire/front-populaire-la-revolution-est-elle-possible/">https://www.autonomiedeclasse.org/histoire/front-populaire-la-revolution-est-elle-possible/</a> <a href="#73fcd7f1-8e32-4b95-a2e7-4ac8b1186265-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 17">↩︎</a></li><li id="97e606bb-281a-44be-9037-5ec4d5bef62c">Sur Brest voir notamment <a href="https://bourrasque-info.org/spip.php?article100">https://bourrasque-info.org/spip.php?article100</a> <a href="#97e606bb-281a-44be-9037-5ec4d5bef62c-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 18">↩︎</a></li><li id="a3e31417-972a-478e-9d95-cf01518d9c56">Rosa Luxemburg, <a href="https://www.marxists.org/francais/luxembur/gr_p_s/greve.htm">https://www.marxists.org/francais/luxembur/gr_p_s/greve.htm</a> , <a href="https://www.marxists.org/archive/luxemburg/1906/mass-strike/">https://www.marxists.org/archive/luxemburg/1906/mass-strike/</a> <a href="#a3e31417-972a-478e-9d95-cf01518d9c56-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 19">↩︎</a></li><li id="e6483ea4-70d0-456b-afe3-44e94223ae35">Le Front Populaire devint le nom d’une politique que la IIIè Internationale, stalinisée, imposa à tous les partis communistes. En Espagne la conséquence fut la défaite de la révolution et la victoire du franquisme. Lire Felix Morrow, <em>Révolution et contre-révolution en Espagne</em>, <a href="https://www.marxists.org/francais/morrow/espagne/morrow_table.htm">https://www.marxists.org/francais/morrow/espagne/morrow_table.htm</a> , <a href="https://www.marxists.org/archive/morrow-felix/1938/revolution-spain/">https://www.marxists.org/archive/morrow-felix/1938/revolution-spain/</a> . Mais cela eut aussi des conséquences dramatiques, selon les conditions, dans tous les pays. Voir par exemple pour la destruction d’une base dans la classe ouvrière noire aux Etats-Unis <a href="https://jacobin.com/2024/04/alabama-communist-jim-crow-south">https://jacobin.com/2024/04/alabama-communist-jim-crow-south</a> <a href="#e6483ea4-70d0-456b-afe3-44e94223ae35-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 20">↩︎</a></li><li id="37a775b4-be10-4195-a376-41771451cc1d">Voir notamment Ludivine Bantigny, <em>Les grèves de 1936 et leurs suites</em>, <a href="https://positions-revue.fr/les-greves-de-1936-et-leurs-suites/">https://positions-revue.fr/les-greves-de-1936-et-leurs-suites/</a> <a href="#37a775b4-be10-4195-a376-41771451cc1d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 21">↩︎</a></li><li id="06e2c49d-adf3-4de8-a21a-7e8afadd0c21"><em>Les défaillances d’entreprises : vers un niveau record en 2024 ?</em> <a href="https://www.actu-juridique.fr/affaires/entreprises-en-difficulte/les-defaillances-dentreprises-vers-un-niveau-record-en-2024/">https://www.actu-juridique.fr/affaires/entreprises-en-difficulte/les-defaillances-dentreprises-vers-un-niveau-record-en-2024/</a> <a href="#06e2c49d-adf3-4de8-a21a-7e8afadd0c21-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 22">↩︎</a></li><li id="58e4f452-8d6b-4e96-94ee-9ce2a8b78128"><em>Retours d’expérience de ripostes antifascistes locales</em>, <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/retours-dexperience-de-ripostes-antifascistes-locales/">https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/retours-dexperience-de-ripostes-antifascistes-locales/</a> . St Brieuc est une petite ville de 45 000 habitants. <a href="#58e4f452-8d6b-4e96-94ee-9ce2a8b78128-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 23">↩︎</a></li><li id="2c899ba2-7a5c-4ea0-97ad-34abd7fe1a2b"><a href="https://www.mediapart.fr/journal/politique/230624/au-havre-du-rap-et-des-punchlines-contre-l-extreme-droite">https://www.mediapart.fr/journal/politique/230624/au-havre-du-rap-et-des-punchlines-contre-l-extreme-droite</a> <a href="#2c899ba2-7a5c-4ea0-97ad-34abd7fe1a2b-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 24">↩︎</a></li><li id="253b6ab8-3b6c-4169-812d-eede6242cb8d">Denis Godard, <em>4 mois de luttes en France</em>, <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/crise-politique/4-mois-de-luttes-en-france/">https://www.autonomiedeclasse.org/crise-politique/4-mois-de-luttes-en-france/</a> , <a href="http://isj.org.uk/workers-shake-macron/">http://isj.org.uk/workers-shake-macron/</a> Tout comme l’unité autour du NFP a cristallisé la volonté de faire barrage au fascisme, l’unité des directions syndicales a cristallisé l’opposition à la réforme des retraites. Mais cette unité là aussi avait un contenu : les moyens institutionnels plutôt que ceux de la lutte de classe et la limitation du champ de la lutte. <a href="#253b6ab8-3b6c-4169-812d-eede6242cb8d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 25">↩︎</a></li><li id="8882ae15-5ce4-48f3-afd9-40a0037c7dd0">Antoine Prost, <em>Autour du Front Populaire</em>, ibid <a href="#8882ae15-5ce4-48f3-afd9-40a0037c7dd0-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 26">↩︎</a></li><li id="e3f6fd78-810a-464a-96e9-6a13fdcd1403">Voir notamment Pierre Broué et Nicole Dorey, <em>Critiques de gauche et opposition révolutionnaire au front populaire</em>, <a href="https://www.marxists.org/francais/broue/works/1966/01/broue_dorey_frpop.html">https://www.marxists.org/francais/broue/works/1966/01/broue_dorey_frpop.html</a> . Voir le texte d’André Ferrat, alors dirigeant national du parti communiste qui y créé un groupe d’opposition clandestin publiant un bulletin « Que faire ? » : <em>La lutte contre le fascisme et l’Internationale communiste</em>, <a href="https://sinedjib.com/index.php/2024/07/06/ferrat-2/">https://sinedjib.com/index.php/2024/07/06/ferrat-2/</a> . Voir pour l’histoire de la gauche révolutionnaire dans le parti socialiste Daniel Guérin, <em>Front Populaire, Révolution manquée</em>, ibid. <a href="#e3f6fd78-810a-464a-96e9-6a13fdcd1403-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 27">↩︎</a></li><li id="ee7bfe71-3366-42ca-a75b-d08097f4af60">Tony Cliff, <em>The Darker the night the brighter the star</em>, Bookmarks <a href="https://www.marxists.org/francais/cliff/1993/trotsky/cliff_mia.htm">https://www.marxists.org/francais/cliff/1993/trotsky/cliff_mia.htm</a> <a href="#ee7bfe71-3366-42ca-a75b-d08097f4af60-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 28">↩︎</a></li></ol><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/contre-le-fascisme-le-front-populaire-nest-pas-la-solution/">Contre le fascisme.  Le Front Populaire n’est pas la solution.</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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		<title>Front populaire : La révolution est-elle possible ?</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/histoire/front-populaire-la-revolution-est-elle-possible/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jakubowski]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 30 Jan 2023 06:31:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Antifascisme]]></category>
		<category><![CDATA[Front populaire]]></category>
		<category><![CDATA[Réformisme]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=6909</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Les Cahiers d&#8217;A2C #06 &#8211; JANVIER 2023 Daniel Guérin parle ainsi des obsèques du maréchal Joffre&#160;le 7&#160;janvier 1931 où se pressent un million de personnes : « Les masses ? Mais elles se pressent le long du cortège <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/histoire/front-populaire-la-revolution-est-elle-possible/" title="Front populaire : La révolution est-elle possible ?">[...]</a></div>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px">Les Cahiers d&rsquo;A2C #06 &#8211; JANVIER 2023</h6>



<p class="has-drop-cap">Daniel Guérin parle ainsi des obsèques du maréchal Joffre&nbsp;le 7&nbsp;janvier 1931 où se pressent un million de personnes : «<em> Les masses ? Mais elles se pressent le long du cortège </em>(…) <em>Des hommes et des femmes ont passé la nuit dans la rue, debout, malgré le&nbsp;froid, pour voir de plus près passer la dépouille d’un ’héros’, des ouvriers ont renoncé à&nbsp;des heures de paie pour être présents à la grande hystérie collective… </em>»<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_6909_6('footnote_plugin_reference_6909_6_1');" onkeypress="footnote_moveToReference_6909_6('footnote_plugin_reference_6909_6_1');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_6909_6_1" class="footnote_plugin_tooltip_text">1</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_6909_6_1" class="footnote_tooltip">Daniel Guérin,<em>&nbsp;Front populaire, révolution manquée</em>, Agone, 2013.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_6909_6_1').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_6909_6_1', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script></p>



<p>C’est la même société, composée fondamentalement des mêmes hommes et des mêmes femmes, où se produit, trois ans plus tard, la riposte de masse contre le fascisme du 12 février 1934 et cinq ans plus tard la vague massive de grèves et d’occupations de juin 1936. Où tout semble possible. Mais c’est aussi la même société, la même classe ouvrière, qui se donne à la guerre et à Pétain quelques années plus tard.</p>



<p>Alors la révolution est certes nécessaire. Mais est-elle –&nbsp;vraiment&nbsp;– possible ?</p>



<p>Marceau Pivert, dirigeant de la Gauche révolutionnaire, courant du Parti socialiste, écrivait le 26&nbsp;mai 1936, au tout début de la vague de grèves, que&nbsp;<em>« tout est possible »</em>.</p>



<p>Mais revenant sur cette période en 1953, il attribuait finalement l’échec à un niveau insuffisant de la conscience de classe.</p>



<p>À l’opposé l’explication dominante de l’échec, au sein de la gauche radicale, oscille entre dénonciation de la trahison des directions, celles des syndicats et celles des partis socialiste et communiste et absence d’un « vrai » parti révolutionnaire.</p>



<p>Toutes ces « explications » ont indéniablement une part de vérité. Mais à quoi aboutissent -elles ? Si de tels niveaux de lutte et de détermination n’ont pas abouti à une conscience de classe « suffisante » pour faire la révolution, comment cela pourrait-il un jour être le cas ?</p>



<p>Si l’échec vient du fait que les dirigeants réformistes trahissent, est-ce que ce ne sera pas toujours le cas ?</p>



<p>Quant à l’absence d’un « véritable » parti révolutionnaire au moment de l’explosion, est-il possible de le construire au sein d’une classe qui ne l’est pas avant l’explosion et comment juger qu’il s’agit du « véritable » parti avant les tests décisifs ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les conditions d’une révolution</h2>



<p>Cela semble paradoxal mais l’agent premier de la possibilité révolutionnaire c’est le capitalisme lui-même !</p>



<p>Une période révolutionnaire naît des contradictions internes du système. Au début des années 1930 la crise économique –&nbsp;celle de 1929&nbsp;– qui frappe la France, avec un peu de retard, développe toutes ces contradictions. Contradictions de classe avec le développement des inégalités et renforcement de l’exploitation de toute la classe ouvrière mais la crise frappe aussi particulièrement la petite bourgeoisie. Contradictions aussi au sein des classes dirigeantes entre différentes branches de la production et avec les bourgeoisies des autres puissances impérialistes. Et c’est sur cette base que se développent les crises politiques, l’instabilité gouvernementale, la perte de légitimité des partis dominants, le développement des ligues d’extrême droite.</p>



<p>Lorsque le capitalisme parvient à ce point de crise il n’y a pas à terme de solution médiane. Ce n’est pas la menace de révolution qui mène le capitalisme à la guerre et au fascisme. C’est la trajectoire du capital. Qu’aucun dirigeant de gauche n’est en mesure d’infléchir vers un capitalisme « pacifié ».</p>



<p>Au début de l’année 1934, ce qui semble menacer en France ce n’est pas la révolution.&nbsp;</p>



<p>Les syndicats sont au plus bas, les grèves rares et généralement défaites. Ce qui menace, comme ailleurs en Europe, c’est la guerre et le fascisme.</p>



<p>Ce qui va ouvrir, concrètement, une crise révolutionnaire c’est l’entrée dans l’arène de toutes les couches sociales et de manière déterminante celle de la classe ouvrière.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un processus révolutionnaire</h2>



<p>En juin 1936 plus de 2&nbsp;millions de travailleur·ses, hommes et femmes, français·es et immigré·es, se mettent en grève, dans des secteurs déterminants de l’activité économique. En quelques semaines la grève va toucher 12 000 entreprises dont 9 000 sont occupées ! Démontrant, potentiellement, que rien ne peut fonctionner, y compris l’économie de guerre ou l’appareil d’État, si la classe ouvrière le décide.</p>



<p>Mais cela ne signifie pas qu’en quelques jours ou quelques semaines cette classe ouvrière est devenue révolutionnaire.</p>



<p>La révolution a une dynamique explosive. Mais elle est aussi un processus. La révolution n’est pas uniquement nécessaire pour transformer les structures de la société. Elle est aussi nécessaire pour transformer, collectivement comme individuellement, la classe révolutionnaire, la majorité de celles et ceux qui composent cette société.</p>



<p>En mars 1935 l’écrivaine Simone Weil, embauchée à l’usine écrit dans un lettre :&nbsp;<em>« J’oubliais de vous dire, à propos de mon usine, que depuis que j’y suis je n’ai pas entendu une seule fois parler de questions sociales, ni de syndicat, ni de parti. (…) On se plaint des normes, du manque de travail, de bien des choses ; mais ce sont des plaintes, et voilà tout. Quant à l’idée de résister tant soit peu, elle ne vient à personne. »</em><span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_6909_6('footnote_plugin_reference_6909_6_2');" onkeypress="footnote_moveToReference_6909_6('footnote_plugin_reference_6909_6_2');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_6909_6_2" class="footnote_plugin_tooltip_text">2</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_6909_6_2" class="footnote_tooltip">Simone Weil,&nbsp;<em>La condition ouvrière</em>, Flammarion, 2022</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_6909_6_2').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_6909_6_2', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script></p>



<p>C’est pourtant son retour dans l’usine, occupée, qui produira ses pages célèbres en juin 1936 :&nbsp;<em>« Joie de pénétrer dans l’usine avec l’autorisation souriante d’un ouvrier qui garde la porte. Joie de trouver tant de sourires, tant de paroles d’accueil fraternel. Comme on se sent entre camarades dans ces ateliers où, quand j’y travaillais, chacun se sentait tellement seul sur sa machine ! »</em></p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img data-dominant-color="606060" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #606060;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/01/A2C_RevueN6_1936_Illustr1.jpg" alt="" class="wp-image-6911 not-transparent"/></figure>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Comprendre ce processus, casser&nbsp;le&nbsp;mythe de « la classe </strong>ouvrière<strong> »</strong></h2>



<p>Pour comprendre ce processus il faut casser le mythe d’une classe homogène, d’une évolution graduelle menée par les « directions » que suivraient simplement « les masses ».</p>



<p>Aussi impressionnante soit-elle, l’explosion de juin&nbsp;36 n’est encore qu’une étape. Parce que ce n’est encore qu’une fraction de la classe ouvrière qui se mobilise. Des millions de travailleur·ses, dans d’autres secteurs clefs ne sont pas en grève. Et celles et ceux qui sont en grève n’ont pas alors, dans leur grande majorité, d’objectif révolutionnaire. Dans le même texte cité, Simone Weil dit :&nbsp;<em>« Bien sûr, cette vie si dure recommencera dans quelques jours. »</em></p>



<p>La classe ouvrière existe bien sûr objectivement. Comme classe soumise à l’exploitation et comme antagoniste au capital. Mais ce n’est pas sa seule détermination.</p>



<p>Elle existe aussi comme fraction du capital, atomisée, productrice de profits, chaque travailleur·se en concurrence avec les autres, chaque secteur en concurrence avec d’autres branches.</p>



<p>Et d’autres déterminations pèsent, division internationale, raciale et genrée du travail. Divisions qui se répercutent dans l’ensemble des rapports sociaux, dans les institutions, dans l’idéologie et qui font du capitalisme un système structurellement raciste et sexiste.</p>



<p>De plus le capitalisme est un système de production extrêmement dynamique qui, sous le fouet de la compétition entre capitaux, développe en permanence de nouveaux moyens de production, une nouvelle organisation du travail, où l’ancien coexiste en permanence avec le nouveau.</p>



<p>C’est ainsi que dans la France des années 1930 coexistent des secteurs traditionnels où domine le paternalisme et des secteurs nouveaux mettant en place le taylorisme, des petites entreprises presque artisanales et des usines de masse (notamment dans la métallurgie). Dernier élément, la France est alors encore un pays très rural où coexistent de nombreux petits paysan·nes et un fort prolétariat de travailleur·ses agricoles<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_6909_6('footnote_plugin_reference_6909_6_3');" onkeypress="footnote_moveToReference_6909_6('footnote_plugin_reference_6909_6_3');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_6909_6_3" class="footnote_plugin_tooltip_text">3</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_6909_6_3" class="footnote_tooltip">Gérard Noiriel,&nbsp;<em>Les ouvriers dans la société française</em>. <em>XIXe-XXe siècle</em>, Seuil, 2022</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_6909_6_3').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_6909_6_3', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>.</p>



<p>Pour reprendre des termes utilisés par Marx, c’est dans le processus même de la révolution que la classe ouvrière peut briser ces divisions, se constituer de « classe en soi » à une « classe pour soi ». D’où son célèbre slogan :&nbsp;<em>« l’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes »</em>.</p>



<p>Processus déterminant pour entraîner derrière elle les couches intermédiaires de la société, classes moyennes et petite bourgeoisie faute de quoi celles-ci peuvent choisir la voie du fascisme.</p>



<h2 class="wp-block-heading">De l’hétérogénéité réelle à l’autonomie de&nbsp;classe, un processus politique</h2>



<p>Si on aborde la période du Front populaire en France sur cette base, alors il y a un sens d’évolution du processus de février 1934 jusqu’à novembre 1938 marqué par l’échec d’une nouvelle grève de masse qui signe un profond renversement de période.</p>



<p>Il y a un sens, sociologique et politique aux différentes fractions de classe qui se mobilisent, à la succession de leur intervention dans l’arène de la lutte, aux conséquences politiques que ça a.</p>



<p>Si une vaste majorité de la classe se mobilise durant cette séquence, la réalité n’est pas celle d’une grève générale mythique, uniforme, de la révolution des « bras croisés ». Ce ne sont pas les mêmes secteurs et fractions qui se mobilisent à tous moments. Et cela a un impact sur les contenus politiques, les stratégies mises en œuvre, les opportunités. Des conséquences alors sur les interventions susceptibles de construire, à travers ces différentes phases, l’unité nécessaire, l’autonomie de classe.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img data-dominant-color="595959" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #595959;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/01/A2C_RevueN6_1936_Illustr2.jpg" alt="" class="wp-image-6912 not-transparent"/></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Les trois phases du processus révolutionnaire</h2>



<p>C’est le 12&nbsp;février 1934 <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/histoire/front-populaire-et-antifascisme-de-masse-quand-vaincre-le-fascisme-devient-possible/">qui ouvre le processus révolutionnaire</a>.</p>



<p>Jusque-là l’offensive est à droite, celle des classes dirigeantes qui ont infligé défaite sur défaite au mouvement ouvrier et celle, plus récente de l’extrême droite organisant de plus en plus massivement la petite bourgeoisie. On peut certes identifier, en 1932 et 1933, le retour de grèves (avec occupation pour certaines et dans des secteurs comme la métallurgie) mais celles-ci sont très isolées. Le retour de la conflictualité (et de la confiance) est toujours d’abord moléculaire.</p>



<p>Les premiers qui entrent sur le terrain de la lutte sont les secteurs traditionnels de la classe ouvrière, les plus stables, ceux où les syndicats ont le plus résisté, là où les militant·es politiques sont les plus implanté·es. Où lutter semble un devoir plus que le résultat de l’enthousiasme. Cela a une influence sur les modes d’action et les contenus.</p>



<p>Le 12&nbsp;février 1934 la riposte se fait clairement sur un terrain de classe. Ce dont témoigne la grève et le rôle central joué par les syndicats. Elle est clairement l’initiative, au sein des syndicats, de militant·es politiques, communistes, socialistes, syndicalistes révolutionnaires… Ce sont les secteurs où les syndicats sont les plus implantés qui sont moteur, secteurs traditionnels, cheminot·es, postier·es, fonctionnaires plutôt que métallos ou usines chimiques.</p>



<p>Le contenu politique est défensif. Il s’agit de défendre la démocratie et la République bien plus que de faire la révolution.</p>



<p>Mais cette riposte, son succès, la démonstration de ce que peut produire l’unité d’action, inaugure un nouveau climat, redonne confiance. Subir n’est plus la seule option.</p>



<p>Entre février 1934 et juin 1936 vont se développer quelques conflits significatifs (dont les journées insurrectionnelles de Brest et Toulon en août 1935). Nous y reviendrons parce qu’elles cristallisent les contradictions qui existent déjà, au sein du mouvement, entre dynamique révolutionnaire et ­perspectives réformistes des organisations dominantes.</p>



<p>Mais ce qui domine le mouvement dans cette phase c’est la nécessité de l’unité des organisations, la défense de la République et –&nbsp;plus que la lutte&nbsp;– la perspective électorale.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’explosion de juin 1936</h2>



<p>Entre mai 1936, date de la victoire électorale de la coalition du Front populaire et juillet 1936 le mouvement va être dominé par les secteurs les moins organisés syndicalement, les secteurs du capitalisme les plus avancés en termes de nouveaux modes de productions (métallurgie et chimie) entraînant le bâtiment, le commerce…</p>



<p>A contrario les secteurs les plus organisés, qui ont dominé la phase précédente, n’entrent quasiment pas dans la lutte (ni les cheminot·es, ni les postier·es, ni les enseignant·es, ni les travailleur·ses des arsenaux… ne font grève en juin). Cela ne signifie pas que des militant·es politiques ne jouent pas un rôle. L’atelier de Renault qui démarre la grève le 28&nbsp;mai est ainsi l’atelier où le parti communiste a une influence.</p>



<p>Mais l’élément spontané, la confiance gagnée, est l’élément dominant de cette phase qui va jusque fin juillet. Il donne son caractère à cette séquence avec les phénomènes de contagion rapide du mouvement<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_6909_6('footnote_plugin_reference_6909_6_4');" onkeypress="footnote_moveToReference_6909_6('footnote_plugin_reference_6909_6_4');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_6909_6_4" class="footnote_plugin_tooltip_text">4</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_6909_6_4" class="footnote_tooltip">Antoine Prost,&nbsp;<em>Autour du Front populaire</em>. <em>Aspects du mouvement social au XXe siècle</em>, Seuil, 2006&nbsp;&nbsp;et Jacques Danos et Marcel Gibelin,<em>&nbsp;Juin 36</em>, Les Bons Caractères, 2006</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_6909_6_4').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_6909_6_4', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>. C’est aussi ce qui fait que, alors que des victoires très rapides sont obtenues, le mouvement n’arrête pas de rebondir. Après une phase courte d’extension dans la métallurgie parisienne, une victoire très rapide dès la fin mai et le retour des grévistes au travail, le mouvement commence à s’étendre à d’autres secteurs puis en régions deux jours plus tard. Mais le 4&nbsp;juin les travailleur·ses de Renault réoccupent entraînant les autres entreprises de la Métallurgie. Alors que les patrons cèdent sur tout et signent les accords de Matignon le 8&nbsp;juin, c’est dans les jours qui suivent que la grève prend son essor le plus puissant.</p>



<p>Cette génération militante, sans passé politique ni syndical, rejoint en masse la CGT (qui va quintupler) mais aussi les organisations politiques, en premier lieu le parti communiste qui passe de quelques dizaines de milliers de membres à plus de 200 000.</p>



<p>Cela explique que dans cette phase le mouvement est peu contrôlable par les directions des organisations sans que cela se traduise par une opposition à leur orientation politique. L’auto-activité de classe ne semble pas, pour celles et ceux qui y participent, entrer en contradiction avec l’action du gouvernement.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">De septembre 1936 à novembre 1938</h2>



<p>C’est la phase où le conflit se durcit avec le patronat qui, après avoir laissé passer la première tempête organise la contre-offensive. C’est aussi la phase où la confrontation apparaît clairement avec le gouvernement et, par voie de conséquence, où les contradictions se développent au sein même du mouvement.</p>



<p>Au retour des congés payés, en septembre 1936 la conflictualité redémarre à un niveau élevé et les conflits seront nombreux jusqu’à novembre 1938<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_6909_6('footnote_plugin_reference_6909_6_5');" onkeypress="footnote_moveToReference_6909_6('footnote_plugin_reference_6909_6_5');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_6909_6_5" class="footnote_plugin_tooltip_text">5</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_6909_6_5" class="footnote_tooltip">Xavier Vigna,&nbsp;<em>Histoire des ouvriers en France au XX<sup>e</sup>&nbsp;siècle</em>, Perrin, 2012&nbsp;et Michael Seidman,&nbsp;<em>Ouvriers contre le travail</em>, Senonevero, 2010</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_6909_6_5').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_6909_6_5', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>.&nbsp;Certaines régions et secteurs qui ne s’étaient pas mis en grève entrent dans la lutte. Mais les conflits touchent aussi les secteurs déjà mobilisés en juin 1936. C’est, potentiellement, une plus grande partie de la classe ouvrière qui se mobilise.</p>



<p>Mais les conditions ont changé. Les conflits deviennent plus durs, les grèves souvent défensives, soit pour imposer le respect des acquis, soit pour les défendre.</p>



<p>Le deuxième aspect est que, dans cet affrontement, le gouvernement et aussi les directions des organisations, agissent beaucoup plus ouvertement voire violemment contre les luttes.&nbsp;</p>



<p>Enfin, le troisième caractère, lié au second, ces luttes se mènent de manière non coordonnée. Il n’y a pas de vague générale de grève, plutôt une guérilla permanente.</p>



<p>C’est un moment charnière où se combinent radicalisation importante de certaines fractions du mouvement et démoralisation.</p>



<p>En novembre 1938 le gouvernement décide de mener l’offensive déterminante pour briser le mouvement de juin 1936 en revenant notamment sur les 40&nbsp;heures. Pour différentes raisons sur lesquelles nous reviendrons, la grève générale appelée par les syndicats le 30&nbsp;novembre est un échec et une répression massive s’abat avec des milliers de grévistes licencié·es dans le privé et une répression massive à La Poste, chez les cheminot·es et les instituteur·rices.</p>



<p>Dès le début du processus, au sein du mouvement, deux dynamiques opposées cohabitent, l’une, révolutionnaire, propre au mouvement lui-même, vers l’autonomie de classe et l’antagonisme à l’État, l’autre, réformiste, celle des organisations dominantes, vers l’unité nationale et la collaboration de classes.</p>



<p>Ces deux dynamiques n’apparaissent pas clairement aux yeux des protagonistes dans les premières phases, mais elles sont déjà là. Le développement, au sein du mouvement, de la conscience de cette contradiction est sans doute la condition la plus importante pour la révolution.</p>



<p>Peut-elle se développer, sous quelle forme, quelle intervention les révolutionnaires doivent-ils/elles avoir pour cela ? Tels sont les enjeux de la deuxième partie.</p>



<h6 class="wp-block-heading">Denis Godard, Paris 20<sup>e</sup></h6>
<div class="speaker-mute footnotes_reference_container"> <div class="footnote_container_prepare"><p><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_label pointer" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_6909_6();">Notes</span><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_collapse_button" style="display: none;" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_6909_6();">[<a id="footnote_reference_container_collapse_button_6909_6">+</a>]</span></p></div> <div id="footnote_references_container_6909_6" style=""><table class="footnotes_table footnote-reference-container"><caption class="accessibility">Notes</caption> <tbody> 

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_6909_6_1" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_6909_6('footnote_plugin_tooltip_6909_6_1');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>1</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Daniel Guérin,<em>&nbsp;Front populaire, révolution manquée</em>, Agone, 2013.</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_6909_6_2" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_6909_6('footnote_plugin_tooltip_6909_6_2');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>2</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Simone Weil,&nbsp;<em>La condition ouvrière</em>, Flammarion, 2022</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_6909_6_3" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_6909_6('footnote_plugin_tooltip_6909_6_3');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>3</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Gérard Noiriel,&nbsp;<em>Les ouvriers dans la société française</em>. <em>XIXe-XXe siècle</em>, Seuil, 2022</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_6909_6_4" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_6909_6('footnote_plugin_tooltip_6909_6_4');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>4</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Antoine Prost,&nbsp;<em>Autour du Front populaire</em>. <em>Aspects du mouvement social au XXe siècle</em>, Seuil, 2006&nbsp;&nbsp;et Jacques Danos et Marcel Gibelin,<em>&nbsp;Juin 36</em>, Les Bons Caractères, 2006</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_6909_6_5" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_6909_6('footnote_plugin_tooltip_6909_6_5');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>5</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Xavier Vigna,&nbsp;<em>Histoire des ouvriers en France au XX<sup>e</sup>&nbsp;siècle</em>, Perrin, 2012&nbsp;et Michael Seidman,&nbsp;<em>Ouvriers contre le travail</em>, Senonevero, 2010</td></tr>

 </tbody> </table> </div></div><script type="text/javascript"> function footnote_expand_reference_container_6909_6() { jQuery('#footnote_references_container_6909_6').show(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_6909_6').text('−'); } function footnote_collapse_reference_container_6909_6() { jQuery('#footnote_references_container_6909_6').hide(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_6909_6').text('+'); } function footnote_expand_collapse_reference_container_6909_6() { if (jQuery('#footnote_references_container_6909_6').is(':hidden')) { footnote_expand_reference_container_6909_6(); } else { footnote_collapse_reference_container_6909_6(); } } function footnote_moveToReference_6909_6(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_6909_6(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } } function footnote_moveToAnchor_6909_6(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_6909_6(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } }</script><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/histoire/front-populaire-la-revolution-est-elle-possible/">Front populaire : La révolution est-elle possible ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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		<title>Front populaire et antifascisme de masse : quand vaincre le fascisme devint possible</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/histoire/front-populaire-et-antifascisme-de-masse-quand-vaincre-le-fascisme-devient-possible/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[A2C-WP_Aude]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 12 Dec 2022 06:32:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Antifascisme]]></category>
		<category><![CDATA[Front populaire]]></category>
		<category><![CDATA[Réformisme]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=6562</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Il y eut, en France, au milieu des années 1930, pendant quelques mois au moins, un mouvement de masse contre le fascisme qui aurait pu changer le cours de l’histoire. Quelle était la nature de <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/histoire/front-populaire-et-antifascisme-de-masse-quand-vaincre-le-fascisme-devient-possible/" title="Front populaire et antifascisme de masse : quand vaincre le fascisme devint possible">[...]</a></div>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p style="font-style:normal;font-weight:600">Il y eut, en France, au milieu des années 1930, pendant quelques mois au moins, un mouvement de masse contre le fascisme qui aurait pu changer le cours de l’histoire. Quelle était la nature de ce mouvement, d’où est-il venu ? Que peut-il nous apprendre sur la lutte contre le fascisme ? Pourquoi a-t-il finalement échoué ? </p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #05 &#8211; noveMBRE 2022</h6>



<p class="has-drop-cap">«<em>Les fascistes ne passeront pas ! » </em>proclame Léon Blum sous la pression de la foule. Nous sommes à Paris au croisement du Cours de Vincennes et de la place de la Nation, le 12 février 1934. Des centaines de milliers de manifestant·es ont pris la rue en riposte contre le fascisme.</p>



<p>Ce jour-là, tandis que la grève générale paralyse le pays, des manifestations ont lieu dans 346&nbsp;­localités du pays.</p>



<p>La vague est impressionnante. D’après les rapports des préfets qui minimisent les chiffres, 19&nbsp;manifestations ont dépassé les 5 000&nbsp;manifestant·es. Il y a 100 000&nbsp;manifestant·es à Marseille. Plus de 10 % de la population locale manifeste à Bordeaux, Toulouse, Limoges, Brest, Cherbourg, Calais ou Mulhouse. Plus du tiers à Grenoble, Périgueux ou Montluçon ! À Tulle pour 15 000 habitant·es il y a 5 000 manifestant·es.</p>



<p>La grève implique 5&nbsp;millions de travailleurs et travailleuses dont 1&nbsp;million pour la région parisienne dépassant largement les effectifs des deux syndicats (750 000 membres).</p>



<p>Dans les semaines qui suivent des centaines de comités antifascistes se mettent en place. Daniel Guérin parle de 3 000 comités dans tout le pays organisant meetings et contre-manifestations lors des tentatives d’apparitions des ligues fascistes<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_6562_8('footnote_plugin_reference_6562_8_1');" onkeypress="footnote_moveToReference_6562_8('footnote_plugin_reference_6562_8_1');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_6562_8_1" class="footnote_plugin_tooltip_text">1</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_6562_8_1" class="footnote_tooltip">Daniel Guérin,&nbsp;<em>Front Populaire Révolution manquée,&nbsp;</em>1963.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_6562_8_1').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_6562_8_1', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>.</p>



<p>En Ardèche il y a au moins dix comités qui tiennent des réunions souvent massives dans 16&nbsp;communes du département, 660 à La Voulte sur 4 326 habitant·es, 800 à Privas sur 7 230 habitant·es, etc. Dans le Loiret il y a 41&nbsp;comités !</p>



<p>Au printemps 1934 les contre-manifestations sont systématiques pour s’opposer aux meetings des Ligues. À Grenoble 3 000 manifestant·es se rassemblent à l’extérieur d’une salle organisant un meeting fasciste avant de dresser des barricades<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_6562_8('footnote_plugin_reference_6562_8_2');" onkeypress="footnote_moveToReference_6562_8('footnote_plugin_reference_6562_8_2');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_6562_8_2" class="footnote_plugin_tooltip_text">2</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_6562_8_2" class="footnote_tooltip">Gilles Vergnon,&nbsp;<em>L’antifascisme en France de Mussolini à Le Pen</em>, 2009.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_6562_8_2').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_6562_8_2', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>.</p>



<p>Dans la plupart des cas ces comités sont unitaires regroupant notamment CGT et CGTU, communistes et socialistes et des organisations comme la LDH ou la Libre Pensée.&nbsp;</p>



<p>Dans les grandes villes il existe parfois des comités concurrents, liés au différents courants politiques, mais qui bientôt vont fusionner.</p>



<p>On parle donc d’un mouvement antifasciste de masse, populaire et de classe.&nbsp;</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large is-resized"><img data-dominant-color="6e635d" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #6e635d;" fetchpriority="high" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2022/12/A2C_RevueN5_FrontPop_Illustr1-1024x642.jpg" alt="" class="wp-image-6566 not-transparent" width="622" height="389"/><figcaption class="wp-element-caption"><em>« Depuis longtemps nous pensions que nous étions seul·es mais un jour quelqu’un décida de parler, puis un autre, et après beaucoup d’autres&#8230; »</em></figcaption></figure>
</div>


<h2 class="wp-block-heading"><em>L’antifascisme comme riposte face à un danger</em></h2>



<p>Ce qui naît en février 1934 n’est pas la cristallisation, à une échelle de masse, d’un mouvement construit progressivement. Avant février 1934 il n’existe pratiquement pas de mobilisation contre le fascisme. Le fascisme est essentiellement considéré, dans les discours des partis de gauche, comme un phénomène étranger, italien et depuis peu allemand.&nbsp;</p>



<p>Ce n’est pourtant pas faute d’ennemis concrets. Les organisations d’extrême droite, plus ou moins ouvertement fascistes, essaiment avec des effectifs significatifs. Les ligues, Action française, Solidarité française, Croix-de-Feu, Jeunesses patriotes, Francisme, Chemise vertes ont chacune des dizaines de milliers de membres et comportent systématiquement des formations paramilitaires (Camelots du Roi, Dispos, Centuries…). Les Jeunesses patriotes ont 100 000 membres en février 1934. La police considère que Solidarité française a 180 000 membres (sans doute surévalué). L’AF a au moins 60 000 membres et les Croix-de-Feu 35 000. Elles sont fanatiquement nationalistes, antiparlementaires, violemment anticommunistes et généralement antisémites<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_6562_8('footnote_plugin_reference_6562_8_3');" onkeypress="footnote_moveToReference_6562_8('footnote_plugin_reference_6562_8_3');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_6562_8_3" class="footnote_plugin_tooltip_text">3</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_6562_8_3" class="footnote_tooltip">Brian Jenkins et Chris Millington,&nbsp;<em>Le fascisme français</em>, 2020, et&nbsp;Pierre Milza,&nbsp;<em>Fascisme français passé et présent</em>, 1987.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_6562_8_3').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_6562_8_3', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>.</p>



<p>ll faut y ajouter deux organisations de masse, qui entretiennent des liens organiques avec les Ligues, l’Union nationale des combattants (UNC) qui a 900 000 membres et la Fédération des contribuables qui en a 700 000.&nbsp;</p>



<p>Deux événements vont être à l’origine du ­mouvement antifasciste.</p>



<p>Il y a d’abord l’effet de l’arrivée au pouvoir de Hitler en Allemagne, un an auparavant et, rapidement, l’interdiction, sans résistance, des partis de gauche puis des syndicats. Des rapports de police signalent, pour l’année 1933, l’affluence inhabituelle, dans les milieux ouvriers, des réunions publiques sur la situation en Allemagne et l’inquiétude qui s’y exprime chez les participant·es sur un danger similaire en France.</p>



<p>Plus directement, il y a l’agitation des Ligues provoquée par un –&nbsp;nouveau&nbsp;– scandale de corruption (l’affaire Stavinsky) durant tout le mois de janvier 1934. Elle aboutit le 6&nbsp;février à une manifestation, appelée par les Ligues mais aussi l’UNC et la Fédération des contribuables place de la Concorde à Paris, vers le Parlement. Cette manifestation qui tourne à l’émeute fait 18&nbsp;morts.</p>



<p>En lien avec l’Allemagne, cette manifestation apparaît alors comme une tentative de prendre le pouvoir. Il n’est plus possible de dire que le danger fasciste est ailleurs. Le mouvement qui naît est une riposte. À Lyon, alors que l’extrême droite manifeste tous les soirs place Bellecour, une contre-­manifestation les en chasse dès le 7&nbsp;février.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><em>Un mouvement défensif</em></h2>



<p>L’impulsion de la riposte vient des organisations militantes et surtout des syndicats. Il y a corrélation très forte entre la taille des manifestations et l’implantation syndicale<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_6562_8('footnote_plugin_reference_6562_8_4');" onkeypress="footnote_moveToReference_6562_8('footnote_plugin_reference_6562_8_4');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_6562_8_4" class="footnote_plugin_tooltip_text">4</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_6562_8_4" class="footnote_tooltip">Antoine Prost,&nbsp;<em>Autour du Front populaire,&nbsp;</em>2006.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_6562_8_4').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_6562_8_4', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>.</p>



<p>On ne parle pas là d’organisations en plein boom nourries par un mouvement de luttes, bien au contraire.</p>



<p>Le mouvement social est au plus bas. Le début des années 1930 est marqué par le très faible nombre de grèves. Lorsqu’il y en a elles sont longues et généralement défaites.</p>



<p>Les organisations syndicales sont très affaiblies. Depuis les lourdes défaites de 1920 puis la scission entre la CGT et la CGTU en 1921 les effectifs n’ont cessé de chuter.</p>



<p>La gauche est profondément divisée. Le Parti socialiste exclue toute alliance avec le Parti communiste et celui-ci ne cesse d’attaquer le PS comme social-fasciste.</p>



<p>Ce n’est donc pas un mouvement social fort qui donne naissance à un mouvement antifasciste de masse. Et ce n’est pas le développement de grèves revendicatives sur les questions économiques qui crée le terrain pour des grèves politiques.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-medium is-resized"><img data-dominant-color="6a787f" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #6a787f;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2022/12/A2C_RevueN5_FrontPop_Illustr2-300x294.jpg" alt="" class="wp-image-6565 not-transparent" width="279" height="273"/><figcaption class="wp-element-caption"><em>« Et soudain on a réalisé&#8230; »</em></figcaption></figure>
</div>


<p>C’est au contraire la dynamique créée par le mouvement antifasciste qui va donner naissance à un retour de combativité sur le terrain social et politique qui mènera notamment au développement des organisations syndicales, à la victoire électorale du Front populaire en mai 1936 et à la vague de grèves et d’occupations de juin 1936.</p>



<p>L’antifascisme de masse qui naît en février 1934 est un mouvement défensif. Il n’est pas une lutte pour obtenir des acquis, sans parler d’une lutte pour changer le système. Il est une mobilisation pour faire barrage à un danger.</p>



<p>Ce qui est évoqué c’est la défense des libertés et de la République cependant souvent caractérisée comme « sociale » pour la différencier du régime en vigueur.</p>



<p>Cette nature défensive du mouvement explique qu’un mouvement de masse a pu émerger malgré un contexte préalable prolongé de faibles mobilisations.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><em>L’unité imposée aux directions</em></h2>



<p>La caractéristique principale de ce mouvement, celle qui permet de le cristalliser comme mouvement de masse et qui développe une dynamique qui se prolongera sur les terrains social et politique, c’est l’unité. Non pas sur des contenus revendicatifs mais sur l’action.</p>



<p>Dès le 6 février, au soir des fédérations syndicales (Fédération de la Poste) et le courant de gauche du Parti socialiste appellent à la riposte. Le 7&nbsp;février à 13&nbsp;heures la direction de la CGT, effrayée sans doute par une évolution « à l’allemande » où son organisation serait détruite, appelle toutes ses structures locales à organiser des manifestations. En fin d’après-midi, alors que le gouvernement démissionne pour laisser place à un gouvernement d’union nationale très marqué à droite, elle décide finalement d’un mot d’ordre de grève générale pour le 12&nbsp;février.</p>



<p>Mais, dans les régions, les réseaux syndicaux n’ont pas attendu. Dès le 8&nbsp;février des manifestations improvisées éclatent dans au moins 30&nbsp;villes dont Nantes, Toulouse, Brest, Rennes, Lorient, Lille, Bordeaux… À Saint-Nazaire un cortège s’organise à la sortie du travail pour aller manifester sous les fenêtres du directeur des chantiers qui est le chef des Camelots du roi, la milice de l’Action française.</p>



<p>Le 9&nbsp;février le Parti communiste appelle à une manifestation à Paris où les affrontements avec la police feront au moins 4&nbsp;morts. Le 11&nbsp;février il y a 63&nbsp;manifestations en régions.&nbsp;</p>



<p>Au niveau des directions il n’y a aucune unité. Une réunion « unitaire » a lieu à la CGT le 7&nbsp;février au soir pour organiser la mobilisation du 12&nbsp;février. Ni la CGTU ni le Parti communiste n’y sont conviés. Le PC organise seul sa manifestation du 9&nbsp;février. La CGTU et le Parti communiste ne décident de participer à la grève et aux manifestations du 12&nbsp;février que… le 10&nbsp;février. L’appel n’est publié que le 11 au soir par <em>l’Humanité</em>.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-medium is-resized"><img data-dominant-color="675f5a" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #675f5a;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2022/12/A2C_RevueN5_FrontPop_Illustr3-138x300.jpg" alt="" class="wp-image-6564 not-transparent" width="159" height="346"/><figcaption class="wp-element-caption"><em>« &#8230; que nous étions nombreux·euses. »</em></figcaption></figure>
</div>


<p>Et pourtant, dès le 8&nbsp;février des initiatives unitaires sont prises localement. À Saint-Nazaire prennent successivement la parole les responsables de la CGT, de la CGTU, du Parti socialiste et du Parti communiste. Il en va de même à Périgueux, Valence, Nevers et ailleurs. La dynamique s’accentue encore pour les manifestations du 11&nbsp;février.&nbsp;</p>



<p>Alors que le ralliement de la CGTU et du PC à la journée du 12 arrive au mieux trop tard, il y a au moins 161&nbsp;manifestations organisées de manière unitaire le 12&nbsp;février. C’est d’ailleurs là où le cadre unitaire s’est mis en place que la corrélation entre taille des manifestations et implantation syndicale est la plus forte<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_6562_8('footnote_plugin_reference_6562_8_5');" onkeypress="footnote_moveToReference_6562_8('footnote_plugin_reference_6562_8_5');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_6562_8_5" class="footnote_plugin_tooltip_text">5</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_6562_8_5" class="footnote_tooltip"><em>Idem.</em></span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_6562_8_5').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_6562_8_5', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>. À Paris les cortèges, communistes et socialistes, arrivant selon des trajets différents fusionnent finalement sous la pression des manifestant·es aux cris de <em>« Unité d’action »</em>.</p>



<p>En contradiction avec les expériences menées localement dans les comités, les directions mettront encore plusieurs mois à rompre avec leur politique sectaire.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><em>Quelques réflexions pour aujourd’hui </em></h2>



<h3 class="wp-block-heading"><em>–&nbsp;Sur la nature défensive de l’antifascisme</em></h3>



<p>C’est cette nature défensive et limitée de l’antifascisme qui permit en 1934 de construire un mouvement de masse impliquant différents courants divisés par ailleurs sur de nombreuses questions et d’impliquer bien au-delà de leurs rangs. Et l’unité crée la confiance qui dynamise. Elle est déjà en soi un problème pour le fascisme qui prétend parler pour « le peuple ».</p>



<p>Encore faut-il faire la différence entre le contenu politique, défensif, de cette lutte et la nature des moyens de la lutte. Une lutte défensive peut-être menée en utilisant tout un répertoire d’actions dont certaines seront considérées comme radicales. La grève en est une. Mais dès le 12&nbsp;février et dans les mois qui suivent manifestations et contre-­manifestations qui visent à interdire la rue aux fascistes se traduiront par de nombreux affrontements. Dès le 12&nbsp;février, si la manifestation parisienne, massive, se déroule sans incident, il y a des affrontements avec la police dans plusieurs villes. En banlieue parisienne les différentes manifestations se traduiront par 4&nbsp;morts. À Mulhouse la manifestation tourne à l’émeute quand les manifestant·es menacent de prendre la prison d’assaut jusqu’à obtenir la libération de camarades arrêtés la veille.</p>



<p>Par ailleurs la confiance prise dans l’expérience de la force collective et les expériences et débats générés par le mouvement créent une dynamique qui transforme la nature elle-même de la lutte. C’est ainsi que d’une riposte antifasciste le mouvement, avec la pression pour l’unité syndicale, va nourrir le retour, offensif, de la conflictualité sociale et développer le processus qui mènera au Front populaire.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><em>–&nbsp;Fascisme et capital</em></h3>



<p>Le mouvement antifasciste n’a pas détruit les Ligues. Les périodes de crise profonde du capitalisme sont aussi des périodes de polarisation politique. Alors que le mouvement ouvrier retrouve des forces et de la combativité sous l’impulsion de la riposte anti­fasciste, certaines des Ligues vont connaître aussi une forte progression à la suite du 12&nbsp;février. Celle qui progressa le plus, et de manière spectaculaire, fut les Croix-de-feu. En deux ans cette organisation passa de 35 000 membres à 500 000 membres (en partie au détriment des autres Ligues).</p>



<p>Mais cette croissance impressionnante fut limitée aux classes moyennes et à la petite bourgeoisie radicalisées par la crise.</p>



<p>La pénétration –&nbsp;même limitée&nbsp;– de sections de la classe ouvrière et surtout sa passivité générale, nécessaires pour créer un parti fasciste de masse, lui furent bouchées à la fois par l’action du mouvement antifasciste et par la radicalisation vers la gauche ainsi créée.</p>



<p>Pour la majorité de la classe ouvrière, l&rsquo;espoir revint avec la combativité sociale retrouvée et avec la perspective du Front populaire. La CGT réunifiée allait elle bientôt regrouper 4&nbsp;millions de membres !</p>



<p>Le soutien du capital, l’autre facteur nécessaire à un parti fasciste pour prendre le pouvoir et instaurer le fascisme (pas seulement mener une politique « de droite ») fut ainsi mécaniquement bouché. Le coup de force fasciste du 6&nbsp;février avait créé, pour le capital, la pire des situations. La classe ouvrière s’était réveillée et retrouvait à la fois des forces et de la combativité sociale. Temporairement toute tentative de recours au fascisme ne permettait pas de discipliner l’ensemble de la société et en particulier la classe ouvrière mais ouvrait à celle-ci des potentialités révolutionnaires.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><em>–&nbsp;L’échec de l’antifascisme est celui du Front populaire</em></h3>



<p>Dès l’automne 1934 les comités antifascistes se vident.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-medium is-resized"><img data-dominant-color="7e5c56" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #7e5c56;" loading="lazy" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2022/12/A2C_RevueN5_FrontPop_Illustr4-300x192.jpg" alt="" class="wp-image-6567 not-transparent" width="321" height="205"/><figcaption class="wp-element-caption"><em><sub>Fresque rue du Clos, Paris 20<sup>e</sup></sub></em></figcaption></figure>
</div>


<p>Depuis juillet 1934 le sectarisme des directions du PS et du PC a laissé la place à un processus d’unité qui va bientôt se prolonger en un processus d’unification syndicale. Peu à peu le contenu aussi va évoluer, de l’antifascisme à la nécessité d’une transformation politique.</p>



<p>Cet appel à l’unité rejoint les aspirations de nombreux militant·es des différentes organisations tout comme l’évolution vers des perspectives plus globales et offensives : pour lutter contre le fascisme il faut empêcher les fascistes de se développer mais il faut aussi transformer le terreau sur lequel ils prospèrent.</p>



<p>Le problème n’est pas la dynamique générale de cette évolution. Elle est le contenu politique qui y est développé qui s’accompagne de l’abandon de toute lutte antifasciste spécifique.</p>



<p>L’initiative vient du PC mais surtout de l’Inter­nationale communiste dirigée par Moscou. Face à la menace représentée par Hitler pour l’URSS, Staline a décidé qu’il devait trouver des alliés parmi les gouvernements européens. L’heure n’est plus pour les partis communistes « frères » à la lutte contre le militarisme, à l’appel à la révolution. Elle est à l’appel à la défense de la Nation, à la défense des régimes en place… et à leur alliance avec l’URSS contre le fascisme.</p>



<p>En juillet un pacte d’unité d’action contre le fascisme est signé entre le PC et le PS. En octobre un nouveau cap est franchi quand le PC appelle à la constitution d’un <em>« Front populaire du travail, de la liberté et de la paix »</em> qui s’adresse non seulement au PS mais aussi au parti pro-capitaliste du centre, le parti radical.</p>



<p>Les comités antifascistes vont devenir des comités pour le Front populaire même s’il faudra des mois encore pour que l’accord se concrétise.</p>



<p>L’horizon de la lutte antifasciste se borne alors à la perspective électorale d’un bon gouvernement et à la promesse d’une dissolution des Ligues par l’État. Rien qui exige, sinon dans les urnes, l’implication active des masses.</p>



<p>Alors que, faiblesse déjà importante, la lutte contre le racisme n’avait jamais été développée, le tournant du PC s’accompagne d’une campagne nationaliste par la gauche. C’est alors que Le PC reprend le drapeau tricolore et la Marseillaise.&nbsp;</p>



<p>La dynamique qui avait bouché l’horizon des Ligues s’inverse progressivement à partir de la fin du mouvement de grèves et d’occupations de l’été 1936. Après la dissolution des Ligues par le gouvernement du Front populaire en juin 1936 les Croix-de-Feu se transforment en Parti social français (PSF). En 1937 le PSF regroupe 1&nbsp;million de membres alors que n’existe plus de mouvement spécifiquement antifasciste capable de continuer la lutte sur des bases défensives.</p>



<p>La déception engendrée par l’expérience du Front populaire va se traduire par de plus en plus de passivité dans la classe ouvrière. Pour la première fois les fascistes vont trouver une audience parmi des travailleur·euses. En 1937, dans la municipalité communiste de Montreuil, le PSF compte plus de 1 600&nbsp;membres soit près d’un habitant·e sur 40<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_6562_8('footnote_plugin_reference_6562_8_6');" onkeypress="footnote_moveToReference_6562_8('footnote_plugin_reference_6562_8_6');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_6562_8_6" class="footnote_plugin_tooltip_text">6</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_6562_8_6" class="footnote_tooltip">Xavier Vigna,&nbsp;<em>Histoire des ouvriers en France au XX<sup>e</sup>&nbsp;siècle</em>, 2012.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_6562_8_6').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_6562_8_6', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>.&nbsp;</p>



<p>En 1940 c’est l’assemblée du Front populaire dont ont été exclus les communistes, leur parti dissous en utilisant les mêmes textes que ceux utilisés pour dissoudre les Ligues, qui vote les pleins pouvoirs à Pétain. La guerre et l’occupation interrompent le processus de développement d’un fascisme français endogène… au bénéfice d’un fascisme importé.</p>



<p>Au sein d’une population majoritairement passive ou prête à collaborer.</p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-left">Denis Godard, Paris 20<sup>e</sup></h6>
<div class="speaker-mute footnotes_reference_container"> <div class="footnote_container_prepare"><p><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_label pointer" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_6562_8();">Notes</span><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_collapse_button" style="display: none;" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_6562_8();">[<a id="footnote_reference_container_collapse_button_6562_8">+</a>]</span></p></div> <div id="footnote_references_container_6562_8" style=""><table class="footnotes_table footnote-reference-container"><caption class="accessibility">Notes</caption> <tbody> 

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_6562_8_1" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_6562_8('footnote_plugin_tooltip_6562_8_1');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>1</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Daniel Guérin,&nbsp;<em>Front Populaire Révolution manquée,&nbsp;</em>1963.</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_6562_8_2" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_6562_8('footnote_plugin_tooltip_6562_8_2');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>2</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Gilles Vergnon,&nbsp;<em>L’antifascisme en France de Mussolini à Le Pen</em>, 2009.</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_6562_8_3" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_6562_8('footnote_plugin_tooltip_6562_8_3');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>3</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Brian Jenkins et Chris Millington,&nbsp;<em>Le fascisme français</em>, 2020, et&nbsp;Pierre Milza,&nbsp;<em>Fascisme français passé et présent</em>, 1987.</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_6562_8_4" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_6562_8('footnote_plugin_tooltip_6562_8_4');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>4</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Antoine Prost,&nbsp;<em>Autour du Front populaire,&nbsp;</em>2006.</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_6562_8_5" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_6562_8('footnote_plugin_tooltip_6562_8_5');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>5</a></th> <td class="footnote_plugin_text"><em>Idem.</em></td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_6562_8_6" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_6562_8('footnote_plugin_tooltip_6562_8_6');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>6</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Xavier Vigna,&nbsp;<em>Histoire des ouvriers en France au XX<sup>e</sup>&nbsp;siècle</em>, 2012.</td></tr>

 </tbody> </table> </div></div><script type="text/javascript"> function footnote_expand_reference_container_6562_8() { jQuery('#footnote_references_container_6562_8').show(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_6562_8').text('−'); } function footnote_collapse_reference_container_6562_8() { jQuery('#footnote_references_container_6562_8').hide(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_6562_8').text('+'); } function footnote_expand_collapse_reference_container_6562_8() { if (jQuery('#footnote_references_container_6562_8').is(':hidden')) { footnote_expand_reference_container_6562_8(); } else { footnote_collapse_reference_container_6562_8(); } } function footnote_moveToReference_6562_8(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_6562_8(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } } function footnote_moveToAnchor_6562_8(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_6562_8(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } }</script><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/histoire/front-populaire-et-antifascisme-de-masse-quand-vaincre-le-fascisme-devient-possible/">Front populaire et antifascisme de masse : quand vaincre le fascisme devint possible</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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		<title>Union populaire et Front populaire : Mythe et critique du réformisme</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/histoire/union-populaire-et-front-populaire-mythe-et-critique-du-reformisme/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[A2C-WP_Meriem]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 10 Oct 2022 05:01:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Front populaire]]></category>
		<category><![CDATA[Réformisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">L’Union populaire, puis la Nupes, ont créé une espérance mobilisatrice en redonnant crédit et forme à une idée qui, en réalité, n’a jamais cessé d’être dominante, sous différentes formes, au sein de la gauche et <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/histoire/union-populaire-et-front-populaire-mythe-et-critique-du-reformisme/" title="Union populaire et Front populaire : Mythe et critique du réformisme">[...]</a></div>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p style="font-style:normal;font-weight:600">L’Union populaire, puis la Nupes, ont créé une espérance mobilisatrice en redonnant crédit et forme à une idée qui, en réalité, n’a jamais cessé d’être dominante, sous différentes formes, au sein de la gauche et du mouvement : le réformisme. Les références au Front populaire ont été multiples durant la campagne.</p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #04 &#8211; SEPTEMBRE 2022</h6>



<p class="has-drop-cap"><strong>L</strong>e récit « Front populaire » de la gauche colle particulièrement bien : l’unité de la gauche, partis et syndicats, construite sur la base d’une riposte au fascisme aboutit à la victoire électorale du 3 mai 1936. Le gouvernement qui se forme va accoucher en un temps record d’avancées sociales historiques : semaine des 40 heures, congés payés, conventions collectives. Sans parler des augmentations de salaires et de l’interdiction des ligues d’extrême droite. </p>



<p>D’autant plus qu’il existe une version un peu plus « gauche » : si le gouvernement a pu agir aussi vite et aussi radicalement c’est parce qu’il s’est appuyé sur un des mouvements sociaux les plus importants de l’histoire, celui des grèves et occupations d’usine de juin 1936. </p>



<p>Ajoutons que la version la plus radicale de ce récit – qui légitime aujourd’hui le ralliement de courants de la gauche radicale à l’Union populaire – fait de la dynamique électorale victorieuse le ferment du mouvement et de sa radicalisation.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une dynamique électorale?</h2>



<p>Aux législatives de 1936 il y a en réalité eu peu de&nbsp;dynamique électorale. Au total l’accroissement&nbsp;des voix par rapport aux élections précédentes est&nbsp;très faible. Ce sont les accords de désistement au&nbsp; second tour qui permettent à la coalition Front&nbsp;populaire d’obtenir la majorité parlementaire.&nbsp;</p>



<p>Signe de la polarisation globale, des trois formations qui composent le regroupement, le parti&nbsp;radical (parti non ouvrier, sorte d’équivalent du Modem) s’écroule, le parti socialiste se maintient&nbsp;et c’est le parti communiste (considéré comme l’aile gauche) qui progresse.&nbsp;</p>



<p>Par contre la victoire et la perspective d’un&nbsp;gouvernement plus à gauche que ce qui était prévu suscitent tout de suite l’enthousiasme populaire.&nbsp;Des manifestations éclatent dans de nombreuses&nbsp;villes dès le résultat des élections. Le 24 mai une&nbsp;vague humaine de 600 000 manifestant·es défile&nbsp;au Père-Lachaise à Paris à l’occasion de l’anniversaire de la Commune et ovationne les dirigeants&nbsp;de gauche unis à la tribune dont Léon Blum qui&nbsp;va former le gouvernement.&nbsp;</p>



<p>Et c’est dans ce contexte que va se déclencher&nbsp;un des mouvements de grèves les plus importants&nbsp;de l’histoire.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les élections, ferment des luttes?</h2>



<p>Le processus démarre quelques jours après la&nbsp;victoire électorale les 10 et 11 mai par deux grèves&nbsp;(à Toulouse et au Havre) exigeant la réintégration&nbsp;d’ouvriers licenciés pour avoir chômé le 1<sup>er </sup>mai&nbsp;(qui n’était pas encore un jour férié). Le 14 mai&nbsp;une grève éclate aux usines Bloch de Courbevoie&nbsp;avec cette fois des revendications sur les salaires&nbsp;et le temps de travail. Tout est déjà là, les grèves&nbsp;se font par occupation et elles sont très courtes&nbsp;car rapidement victorieuses.&nbsp;</p>



<p>Et cela est contagieux. Jusqu’au cours du mois&nbsp;de juillet le mouvement va s’étendre en termes géographiques comme en termes de secteurs touchés.&nbsp;Des grèves et occupations se déclenchent sans&nbsp; avoir parfois encore formulé de revendications.&nbsp;Il y aura plusieurs millions de grévistes : 1 million&nbsp;au moment où Blum prend ses fonctions le 4 juin,&nbsp;2 millions le 11 juin, trois jours après les accords&nbsp;de Matignon. Au milieu de l’été les grèves auront&nbsp;concerné plus de 12 000 entreprises dont près de&nbsp;9 000 ont été occupées.&nbsp;</p>



<p>Il est indéniable que la victoire électorale joue&nbsp;un rôle dans le développement du mouvement.&nbsp;Encore faut-il préciser. Après une quinzaine d’années de reculs sociaux et politiques les conditions&nbsp;du conflit étaient là n’attendant qu’un élément&nbsp;déclencheur. Ce que donne, à ce moment-là, la&nbsp;victoire électorale, c’est la confiance nourrie par&nbsp;le sentiment que le gouvernement, pour cette fois,&nbsp;«est de notre côté».&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Le relai sera pris par le cycle des victoires obtenues très rapidement, les patrons cédant très vite en&nbsp; espérant éviter une radicalisation du mouvement.&nbsp;Joue aussi, grâce aux occupations, le sentiment&nbsp;d’une dignité retrouvée.&nbsp;En bref, plus que la victoire électorale, c’est la&nbsp;dynamique du mouvement lui-même qui en est&nbsp;le moteur.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Rôle des organisations</strong></h2>



<p>Les grèves sont spontanées, ce qui n’exclut pas ici et là l’initiative de militant·es syndicaux et politiques. Antoine Prost écrit : <em>« Il est clair qu’aucune force politique ou syndicale nationale n’a voulu ces grèves »</em>. Sur l’ensemble du mouvement de juin 1936, les taux de syndicalisation sont très faibles dans les secteurs à fortes grèves comme la métallurgie (4 %) ou le textile (5 %). Inversement ces taux de syndicalisation sont de 22 % dans les chemins de fer, 44 % à la poste, 35 % dans l’enseignement… où il n’y a pas de grèves. Il n’y aura aucun appel syndical à la grève générale ou même à des grèves interprofessionnelles. Le secrétaire général de la CGT, Léon Jouhaux, admettra le 15&nbsp;juin : <em>« le mouvement s’est déclenché sans qu’on sût exactement comment et où »</em>.</p>



<p>Mais les organisations ne vont pas rester passives face à la dynamique d’élargissement et les dangers de radicalisation. Leurs directions vont très rapidement se mobiliser… pour l’arrêter.&nbsp;</p>



<p>La classe dirigeante et le patronat sont aux abois. Ce sont leurs représentants qui seront à l’origine des négociations qui aboutissent aux accords de Matignon. L’urgence pour eux c’est de faire stopper les occupations. L’accord de Matignon du 7&nbsp;juin aboutit à des augmentations de salaires de 7 à 15 %, la reconnaissance des syndicats et l’ouverture de négociations sur les conventions collectives. La semaine des 40&nbsp;heures et les congés payés feront l’objet de lois votées en urgence les 11 et 12&nbsp;juin par le Parlement et le Sénat.&nbsp;</p>



<p>Mais plutôt que de faire refluer le mouvement c’est l’inverse qui se produit. C’est dans les jours qui suivent l’accord que le mouvement prend sa plus grande extension notamment en dehors de la région parisienne et malgré les consignes syndicales.&nbsp;</p>



<p>Là où Blum et Jouhaux échouent à stopper le mouvement il va revenir au Parti communiste et à Maurice Thorez de mettre tout leur poids dans la balance. Le 11&nbsp;juin Thorez prononce un discours qui restera célèbre : <em>« il faut savoir terminer une grève (…) il faut même savoir consentir au compromis si toutes les revendications n’ont pas encore été acceptées »</em>.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Après le reflux la contre-offensive patronale</strong></h2>



<p>Il faudra encore quelques semaines… et l’arrivée d’août et des congés payés pour faire réellement refluer le mouvement. Des grèves recommenceront à l’automne mais la dynamique n’est plus la même. Entre temps le patronat s’est ressaisi, a modifié son organisation pour se coordonner et l’inflation grignote rapidement les augmentations de salaires.</p>



<p>Laissé à sa dynamique propre, le gouvernement du Front populaire se met à reculer sur tous les fronts. Fin septembre c’est la dévaluation qui va exacerber la hausse des prix. En janvier Léon Blum annonce « la pause » dans les réformes. <em>« C’est plus qu’une pause, c’est une conversion »</em> écrit <em>le Temps</em>, journal patronal. Le gouvernement Blum va tomber en juin 1937 sur un simple vote du Sénat. Les gouvernements qui se succèdent, de crise en crise, vont de plus en plus vers la droite.&nbsp;</p>



<p>En 1940 c’est l’assemblée du Front populaire dont ont été exclus les communistes, le Parti communiste ayant été interdit, qui vote les pleins pouvoirs à Pétain.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L’insuffisance de la thèse de la trahison</strong></h2>



<p>La thèse de la trahison du mouvement par les dirigeants est, au mieux, insuffisante. Elle reste dans le cadre réformiste : il suffirait de trouver de bons dirigeants. Elle laisse de côté la critique de la base même du réformisme, l’idée que les antagonismes sociaux peuvent être conciliés en prenant les leviers de commande d’une institution qui serait neutre, l’État.</p>



<p>Sa conséquence stratégique est de limiter le passage de l’antagonisme social et politique en affrontement de classe. Les directions réformistes auront beau jeu ensuite, comme elles l’ont fait en juin&nbsp;1936 et après, de se justifier en disant que la classe ouvrière et la majorité de la société n’étaient pas révolutionnaires.</p>



<p>Pour Marx le processus révolutionnaire et l’affrontement de classe, au patronat et à l’État, ne sont pas uniquement nécessaires pour transformer la structure de la société. Ce processus est aussi nécessaire pour transformer la classe ouvrière elle-même : <em>« l’émancipation des travailleur·euses sera l’œuvre des travailleur·euses eux et elles-mêmes »</em>.</p>



<p>Il n’en reste pas moins que, aussi paradoxal que cela puisse paraître, l’effet du mouvement de juin 1936 sera une croissance extraordinaire des organisations, syndicats et partis, principalement la CGT et le Parti communiste, qui va continuer encore pendant des mois. L’échec du réformisme ne se traduira pas par des conclusions révolutionnaires mais par la démoralisation et la passivité. Cela est-il inévitable ? Comment le conjurer ? Un prochain article essaiera, sur la base de cette période, de tracer des pistes.</p>



<p><strong>Denis Godard</strong></p>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/histoire/union-populaire-et-front-populaire-mythe-et-critique-du-reformisme/">Union populaire et Front populaire : Mythe et critique du réformisme</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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