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	<title>Archives des féminicide - A2C - Autonomie de classe</title>
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	<description>Pour l&#039;autonomie de classe !</description>
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	<title>Archives des féminicide - A2C - Autonomie de classe</title>
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		<title>Pour Lyhanna et toustes les autres, riposte féministe et anti-carcérale</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Emil]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 14 Jun 2026 08:10:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[Féminisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Le scandale qui a révélé des agressions de masse dans le périscolaire à Paris puis la mort de Lyhanna ont mis en lumière l&#8217;ampleur et la violence de la domination adulte et patriarcale. Face à <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/pour-lyhanna-et-toustes-les-autres-riposte-feministe-et-anti-carcerale/" title="Pour Lyhanna et toustes les autres, riposte féministe et anti-carcérale">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Le scandale qui a révélé des agressions de masse dans le périscolaire à Paris puis la mort de Lyhanna ont mis en lumière l&rsquo;ampleur et la violence de la domination adulte et patriarcale. Face à ces violences, le féminisme punitif est à l’offensive. Les appels à plus de police, de répression et de prison se multiplient.</p>



<p>Pourtant, ces stratégies qui attendent que l&rsquo;État agissent nous désarment, car elles ne font que donner plus de pouvoir à un État bourgeois, raciste et répressif, sans réellement permettre une transformation radicale de la société. Au contraire, nous devons développer des stratégies d&rsquo;autonomie de classe pour lutter contre la domination adulte et patriarcale.</p>



<p>Quelles politiques féministes pour les révolutionnaires ?</p>



<p>Interview de Juliette, Kim et Alice, militantes à A2C à Marseille, Rennes et Paris, et qui ont participé à construire les manifestations féministes et enfantistes cette semaine. L&rsquo;interview est disponible sur toutes les <a href="https://open.spotify.com/episode/2CGCAmmMeYCskml7nIoT9t">plateformes de podcast</a> !<br><br></p>



<p><strong>Pouvez-vous nous résumer l’affaire Lyhanna ?&nbsp;</strong></p>



<p><strong>Kim : </strong>Il y a une semaine maintenant, Lyhanna, une jeune fille de 11 ans, qui vit dans le Gers, disparaît à la sortie du collège. Il y a des grandes battues qui sont organisées. Comme souvent dans ce type de situation, il y a à la fois la mobilisation des forces de l&rsquo;ordre, mais aussi de toute la population, parce qu&rsquo;elle vit dans un village, une petite ville, en tout cas, où les gens se connaissent.&nbsp;</p>



<p>Il y a donc plusieurs jours de recherche de la jeune fille. Évidemment, plus le temps passe, plus l&rsquo;hypothèse qu&rsquo;elle soit morte grandit. Et donc, finalement, elle est retrouvée le jeudi dans des conditions vraiment sordides. L’affaire prend de l’ampleur à partir des gens de son village, avec des relais sur Facebook, et des rassemblements de soutien sont appelés.&nbsp;</p>



<p>Et on découvre que l’auteur présumé du meurtre était accusé de faits de violence sur des enfants, qu&rsquo;il a été licencié pour des rapports non autorisés avec une lycéenne… Sans jamais avoir été réellement inquiété. Ça va être perçu par beaucoup de monde comme un laxisme judiciaire.&nbsp;</p>



<p>Finalement, des rassemblements devant tous les tribunaux de France ont été appelés pour le lundi 8 juin en combinant ces trois choses : la solidarité envers la famille de Lyhanna, la lutte contre les violences faites aux enfants et la protestation contre le système judiciaire.&nbsp;</p>



<p><strong>Lyhanna était une petite fille de 11 ans. Pouvez-vous nous dire pourquoi ça vous paraît important de ne pas se limiter à parler de “féminicide”, mais de penser aussi le terme “d’infanticide”, de parler d’adultisme, de la domination des adultes sur les enfants ? </strong></p>



<p><strong>Alice : </strong>En fait, Lyhanna a été ciblée comme fille mais aussi comme enfant. C&rsquo;est important de voir l&rsquo;intersection des rapports de domination, la domination masculine et la domination adulte. Si on parle juste de féminicide, ça efface cette domination adulte, qui pourtant rend possible une grosse partie des violences contre les enfants.</p>



<p>Les luttes enfantistes politisent ce qui est souvent présenté comme la “vulnérabilité naturelle” des enfants. Or, cette vulnérabilité découle d’un rapport de pouvoir qui est socialement organisé. C&rsquo;est important de se saisir de ça aussi. Donc pour moi, l&rsquo;enjeu, c&rsquo;est pas tellement de choisir entre féminisme et enfantisme, mais plutôt de comprendre comment patriarcat et domination adulte se nourrissent l’un l’autre.</p>



<p><strong>Juliette : </strong>Oui, je pense que c&rsquo;est important pour ça. Par ailleurs il peut y avoir des débats et des blocages dans le mouvement féministe à prendre en compte ces questions, notamment parce que la question des dominations adultes peut révéler la violence et la domination venant de femmes.&nbsp;</p>



<p>Parler d’enfantisme permet aussi de mettre en valeur la dimension structurante de l&rsquo;inceste.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Par exemple, il a été révélé que le frère et le grand-père de l’agresseur de Lyhanna avaient aussi été accusés d’agression sur des enfants. Et 80% des gens qui commettent de l&rsquo;inceste ont eux-mêmes subi des violences. Une situation d’inceste dans une famille &#8211; qui est un endroit de domination &#8211; est structurante pour toute cette famille. Ca brise des enfants, pour les mater, et ça les rend d’autant plus fragiles face à toutes sortes d’autres dominations.</p>



<p>Et c&rsquo;est un truc de masse : le nombre d’enfants qui vivent des violences intra-familiales, c&rsquo;est 3 pour une classe.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Et cette dimension de l’inceste est donc aussi présente dans l’affaire Lyhanna.&nbsp;</p>



<p><strong>Kim : </strong>Oui, et puis dans la suite de ce que disait Juliette, je pense que la question de la place de la parole politique des enfants, c&rsquo;est un vrai enjeu.&nbsp;</p>



<p>Ce que montre cette affaire &#8211; et on peut faire des parallèles avec ce qui se passe pour les femmes &#8211; c&rsquo;est que les enfants sont rarement crus. Et puis, même s&rsquo;ils sont crus, le coût que leur parole peut avoir sur l&rsquo;organisation d&rsquo;une famille, peut pousser à ne rien faire de cette parole. Et oui c’est un phénomène de masse : en France 10% de la population aurait vécu de l&rsquo;inceste, donc c&rsquo;est 7 millions de personnes. Ça structure à un niveau quand même très avancé les relations sociales.</p>



<p>Il y a aussi beaucoup d&rsquo;enfants victimes qui sont des garçons, et qui vont reproduire les violences, pas forcément en ayant toujours conscience qu&rsquo;ils en ont vécu, et je trouve que ça, ça vient expliquer la matrice. Ca vient expliquer à quel point la question des violences sexuelles vécues dans l&rsquo;enfance, elle surdétermine plein de rapports sociaux par la suite.</p>



<p><strong>Au sein des rassemblements en soutien à la famille de Lyhanna, on a pu entendre beaucoup d’appels à plus de moyens pour la police et la justice. Que pensez-vous de ce genre de revendications ?</strong></p>



<p><strong>Alice : </strong>Moi, j&rsquo;ai l&rsquo;impression qu&rsquo;il y a un réel besoin de moyens supplémentaires. Il y a des magistrats qui témoignent de travailler jusqu’à quatre heures du matin, il y a la situation de l&rsquo;ASE [aide sociale à l’enfance], c&rsquo;est même plus un manque de moyens, c&rsquo;est un abandon. Il y a les soins sur le psychotrauma, très concrètement, soit t&rsquo;as de la thune et ça va, soit t&rsquo;as pas de thune et t&rsquo;es vraiment bien dans la merde, parce que pour prendre rendez-vous dans un CMP [centre médico-psychologique financé par l’État], c&rsquo;est quatre mois. Donc oui, il y a vraiment un besoin de moyens.&nbsp;</p>



<p>Et en même temps, juste réduire ce problème à un manque de moyens, c’est limité. Ça conduit à passer à côté du caractère systémique des violences.&nbsp;</p>



<p>Déjà, une institution comme la justice peut être mieux financée, mais pourtant, elle peut continuer à reproduire les mêmes biais de ces rapports de domination.&nbsp;</p>



<p>Et puis, la justice et la police, ça arrive après les violences. Donc on se centre sur comment on fait pour répondre aux violences sans poser la question de comment prévenir ou comment protéger. En France, on a du mal à penser ça. En fait, on arrive pas à penser à la protection des femmes et des enfants, et séparer cette question de la punition.</p>



<p><strong>Juliette : </strong>Oui, pour aller un peu dans ce sens-là, en effet, je ne sais pas, il me semble que c&rsquo;est 93% des plaintes qui sont classées sans suite. Donc il y a plein de chiffres qui montrent à quel point la justice est défaillante et la police aussi.&nbsp;</p>



<p>Mais une fois qu&rsquo;on a dit ça, il faut dire aussi qu’on ne peut pas remettre à l&rsquo;État la question de l&rsquo;émancipation, de la justice, de la protection des enfants… Alors même que cet État propose de militariser la jeunesse par exemple.</p>



<p>Et les enfants qui sont spécifiquement touchés et qui sont spécifiquement ciblés pour les nouveaux programmes de militarisation, c&rsquo;est les enfants qui sont à l&rsquo;ASE, les enfants qui ont vécu ou vivent des violences intrafamiliales…</p>



<p>On a parlé des programmes de militarisation dans l&rsquo;école, mais il y en a plein d&rsquo;autres dans le social, et qui touchent spécifiquement les enfants de l&rsquo;ASE sur des trucs de réinsertion, qui visent spécifiquement les enfants de quartiers populaires… On ne peut pas remettre la question de l&rsquo;émancipation à un État qui a tué Nahel, qui se prépare pour la guerre et qui a besoin de ces enfants-là, brisés, qui auront comme seul choix de défendre la nation ou alors d&rsquo;être exploités.</p>



<p>C&rsquo;est ça toute la difficulté, en fait, du mouvement féministe, là, aujourd&rsquo;hui, c&rsquo;est de réussir à trouver des moyens de protection indépendants de l&rsquo;État, et qui nous permettent quand même de continuer de lutter contre ces dynamiques de l&rsquo;État.</p>



<p><strong>Kim : </strong>Oui, et puis les violences elles sont massives, elles structurent l&rsquo;ensemble de la société, et qui dit un nombre de victimes extrêmement important, dit aussi un nombre d&rsquo;auteurs extrêmement important. Combien de prisons faudra-t-il construire pour enfermer tous les auteurs de violences ? Est-ce que le seul projet qu&rsquo;on a à offrir c’est vraiment d’enfermer une partie très importante de la société ? Pour moi, c&rsquo;est cet argument-là qui permet d’étayer l&rsquo;aspect incontournable de la transformation totale du système.&nbsp;</p>



<p>Je pense que cette cette troisième voie, face aux féministes réformistes, et aux groupes féminins d’extrême-droite qui surfent sur les élaborations sécuritaires des féministes réformistes, cette proposition d’une transformation totale du système, je pense qu&rsquo;elle est à la fois de plus en plus audible grâce aux collectifs de terrain, notamment la coordination féministe, aussi un certain nombre d&rsquo;intellectuels féministes qui jouent leur rôle.&nbsp;</p>



<p>Mais, pour des rassemblements comme ceux de lundi, c&rsquo;était un sacré enjeu d&rsquo;aller y porter ces arguments, mais c’est aussi assez dur de les tenir. C’est assez dur d&rsquo;aller dire à des gens qui sont sous le coup de l&rsquo;émotion de la mort d&rsquo;une petite fille qu&rsquo;en fait, il n&rsquo;y aura pas d&rsquo;autre solution que de tout transformer. On a l&rsquo;impression que c&rsquo;est une montagne. C&rsquo;est pour ça que les réflexes punitivistes, ils sont si forts. C&rsquo;est qu&rsquo;en fait, ils viennent d&rsquo;un désir qui est juste, le besoin de sécurité et de justice. Mais du coup, comment on répond à ça ?&nbsp;</p>



<p><strong>Donc, ce genre de mesures pour plus de sécurité, plus de lois, plus de prisons, ne permettent pas du tout d&rsquo;aller au fond du problème. Encore moins de le résoudre. Et en plus de ça, c&rsquo;est un marchepied pour des collectifs d&rsquo;extrême droite ou fascistes qui sont carrément en adéquation avec ces revendications. Donc, est-ce que vous pensez pour autant qu&rsquo;il faut boycotter les rassemblements, les mobilisations qui sont organisées, autour de ce genre de revendications, comme ça a été le cas pour, je crois, la plupart des rassemblements organisés en solidarité à la famille de Lyhanna ?</strong></p>



<p><strong>Alice :</strong> C&rsquo;est une question qui s&rsquo;est posée à Paris. On ne partageait pas du tout les bases du rassemblement initial. Est ce qu’on y va ou est ce qu’on appelle à un rassemblement plus tard, sur des bases anti-carcérales ? Mais en échangeant avec les camarades, on était assez d&rsquo;accord qu&rsquo;en fait, on ne pouvait pas juste refuser d&rsquo;y participer pour laisser des féministes institutionnelles occuper totalement le terrain par leurs discours sécuritaires.&nbsp;</p>



<p>On s’est quand même posé la question de la temporalité, au vu de la dimension de l’émotion dans ces rassemblements. En même temps, si on ne le fait pas là, je ne sais pas trop quand est-ce qu&rsquo;on va le faire. On connaît la musique : d’un coup une émotion très forte, puis une loi, puis ça tombe dans l’oubli… Et on n&rsquo;avance pas car on ne prend jamais le problème à la racine. Du coup, l&rsquo;enjeu, ce n&rsquo;est pas tant est-ce qu&rsquo;on y participe, c&rsquo;est qu&rsquo;on va y participer et quelle idée on y tient.&nbsp;</p>



<p><strong>Juliette : </strong>En effet, pour nous les questions se sont aussi posées de la manière dont tu parles, Alice. On a essayé de mobiliser des collectifs féministes et antifascistes [face à l’appel de Némésis à Marseille]. Nationalement, pour le mouvement féministe de terrain et les collectifs antifascistes, il y avait des peurs : soit on assume pas de polariser dans un moment si chargé d’émotion, soit non, on ne veut pas y aller, on ne veut pas s&rsquo;associer à ces gens-là et il faut se démarquer. Le fait qu’on en vienne à se poser ces questions montre qu’on a déjà un train de retard.</p>



<p>Pendant le procès Mazan, on a pas été offensif&rsquo;ves et ça a donné l’introduction de la notion de consentement dans la loi. Et on a dit pourquoi on ne pensait pas que juste s&rsquo;armer de loi et armer l&rsquo;État, ça allait faire notre émancipation. Les 25 novembre, donc sur la date spécifique des VSS, il y a de moins en moins de personnes dans la rue et on voit bien que Nous Vivrons et Nemesis arrivent beaucoup plus à prendre de la place que pendant les 8 mars qui continuent d&rsquo;être plus massifs. Par ailleurs, sur la question spécifique de l&rsquo;enfantisme, on a un train de retard par rapport à l&rsquo;extrême droite, qui s&rsquo;organise à travers le collectif parents vigilants avec des ressorts transphobes, à travers des mobilisations dans la rue.&nbsp;</p>



<p>Donc on est déjà en retard, et si on n&rsquo;y va pas maintenant ça ne fera que l’alourdir. Il faut assumer que la question des VSS est un champ de bataille. Dans les années 70, des meufs anti-carcérales allaient zbeuler des procès d’agresseurs, en se confrontant à d’autres féministes. Cette bataille a toujours existé dans toutes les vagues du mouvement féministe, qui a toujours été polarisé. Et dans le contexte de polarisation politique général, c’est important d’être là pour empêcher le mouvement féministe de basculer du côté de l’État ou des fachos. C’est même assez urgent.&nbsp;</p>



<p><strong>Alice : </strong>Il y avait Némésis dans le rassemblement sur l&rsquo;île de la Cité à Paris. Elles étaient trois, elles n&rsquo;avaient pas de pancartes et elles étaient au milieu du rassemblement. On était assez mal organisé&rsquo;es pour pouvoir les virer : elles n’ont pas eu de présence forte, visible, donc il aurait fallu savoir les identifier et à part Alice Cordier c’était pas évident. Donc je reste un peu partagée : elles n’avaient pas de présence forte, mais étaient de fait au rassemblement.</p>



<p><strong>Juliette : </strong>Nous, c’était pareil. Mais notre premier réflexe ça a été de sortir une banderole antifasciste. On s’était mis d’accord avant avec le collectif enfantiste sur le fait que les fascistes ne monteraient pas sur une seule marche de la tribune et qu’il fallait s’organiser pour ça. La banderole a matérialisé ça. On a lancé un <em>siamo tutti antifascisti</em>. Au début on était minoritaires, face à des gens qui pensaient que ça n’était ni l’endroit ni le moment pour ça, ou qui ne se disait ni fascistes ni antifasciste ! Mais on a continué à lancer des slogans, on a argumenté et finalement on est devenu&rsquo;es majoritaires. Les prises de parole elles se sont faites après cette clarification. Ca a été rendu possible par le fait qu’à Marseille on s’est plusieurs fois organisé&rsquo;es pour tej Némésis et Nous Vivrons. Et ça va changer la gueule de nos liens avec le collectif enfantiste et l’inter-orga féministe pour l&rsquo;année, donc c’était très important de le faire.</p>



<p><strong>Quels sont justement les arguments et stratégies que peuvent avoir les révolutionnaires pour régler le problème des violences sexistes et sexuelles y compris sur les enfants ?</strong></p>



<p><strong>Juliette :</strong> On a pas de recette magique. On réfléchit à des revendications transitoires, qui pourraient mettre les gens en mouvement, par exemple pour renforcer la voix politique des enfants, qui parlent déjà mais sans être écoutés. Il y a des propositions d’organiser des moments d&rsquo;écoute dans les écoles par exemple. Mais en termes de moyens, il faut penser plus de moyens pour la protection : une refonte de l&rsquo;ASE, des hébergements pour les femmes et les enfants victimes de violences… Tout en continuant de combattre toutes les idées de domination adulte et du patriarcat dans notre classe.&nbsp;</p>



<p>Il va y avoir des enjeux là-dessus pendant les présidentielles, comme ça a pu l’être à Paris pendant les municipales après le scandale sur les agressions en milieu périscolaire. Comme je disais tout à l&rsquo;heure, pour l’instant c’est la droite qui a de l&rsquo;avance, l&rsquo;extrême droite aussi.&nbsp;</p>



<p>D’autre part, on n&rsquo;arrivera pas à arracher des victoires, des protections puis l&rsquo;émancipation, sans un&nbsp; mouvement de masse féministe, enfantiste et qui s&rsquo;organise en solidarité avec toutes les personnes qui subissent de l&rsquo;oppression. Ces oppressions s’aggravent : En Belgique, récemment des jeunes de 11-12 ans ont bloqué leurs écoles en lien avec leurs profs. La répression c&rsquo;est des comparutions immédiates à la grappe. Alors lorsqu’il y a une urgence de la question de la protection, de la sécurité, de la justice, c’est compliqué d’adresser ça, mais il faut qu’on continue de défendre la stratégie du mouvement de masse pour renforcer la voix politique des enfants.</p>



<p><strong>Kim : </strong>moi je dirais qu&rsquo;il y a aussi la question de la délégation. Il y a eu une libération de la parole autour de MeToo, mais ça a provoqué une sacralisation de la parole, et donc que ça demanderait certaines compétences pour recevoir la parole, que tout le monde ne pourrait pas le faire, etc. Il y a un enjeu de prendre le contrepied de ça, d’affirmer que ce qu&rsquo;on veut c&rsquo;est une société où la parole est libérée et pas non plus un truc d’expert. Évidemment il y a des professionnel&rsquo;les qui sont formé&rsquo;es à accompagner, mais je pense que la question de la non-délégation ça doit être un des axes qu&rsquo;on développe. Encourager à ce que tout le monde soit attentif&rsquo;ves, que la question des violences soit un sujet qui circule partout, et donc qu’il y ait une attention qui soit apportée dans les écoles, dans notre taf, dans nos immeubles…&nbsp; Ce qui implique d’encourager à oser ouvrir la porte, oser d’aller toquer chez la voisine, si quelque chose paraît bizarre. Parce que pour moi c&rsquo;est pas suffisant de juste dire “la police elle arrivera pas à temps ou elle causera plus de mal qu&rsquo;elle ne fera de bien”. Oui mais je pense que ça doit être corrélé à une reprise de confiance de la part des gens qui puissent agir. Il y a quelque chose à développer autour de ça.</p>



<p>Ensuite, il faut continuer à faire comprendre à quoi servent ces violences dans la société, quelle est leur fonction. Sortir d’une vision des violences comme agissements immoraux. Voir qu’elles servent un système capitaliste, qu&rsquo;elles ont une fonction sous le capitalisme, et donc qu’on arrivera pas à en sortir si on ne transforme pas le mode de production et le pouvoir politique de cette société.</p>



<p><strong>Juliette :</strong> Il y a des exemples : en Amérique latine il y a des organisations par quartier, un peu comme ce que disait Kim, mais pas décorrélées de mouvements plus larges parce que c’est ce type de mouvement qui permet de reprendre du pouvoir. Une des boussoles qui permet de construire ce genre de dynamique c&rsquo;est aussi ce que dit Deck-Marsault : voir les victimes comme des sujets politiques, en leur donnant les moyens de s’organiser, de se protéger collectivement, de renverser la table. Je pense qu’il faut discuter dans les collectifs féministes, dans nos taffs, de cette boussole-là, de discuter de comment récupérer du pouvoir, devenir des sujets politiques. Il faut qu&rsquo;on soit attentif&rsquo;ves et créatif&rsquo;ves pour sortir de la tristesse et du fatalisme de l’horizon sécuritaire.</p>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/pour-lyhanna-et-toustes-les-autres-riposte-feministe-et-anti-carcerale/">Pour Lyhanna et toustes les autres, riposte féministe et anti-carcérale</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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