<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Archives des Darmanin - A2C - Autonomie de classe</title>
	<atom:link href="https://www.autonomiedeclasse.org/tag/darmanin/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://www.autonomiedeclasse.org/tag/darmanin/</link>
	<description>Pour l&#039;autonomie de classe !</description>
	<lastBuildDate>Thu, 09 Jan 2025 09:27:03 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=6.9.4</generator>

<image>
	<url>https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2019/11/cropped-A2C_icon2-1-150x150.png</url>
	<title>Archives des Darmanin - A2C - Autonomie de classe</title>
	<link>https://www.autonomiedeclasse.org/tag/darmanin/</link>
	<width>32</width>
	<height>32</height>
</image> 
	<item>
		<title>Grève pour la régularisation, la nécessité de la grève politique !</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/greve-pour-la-regularisation-la-necessite-de-la-greve-politique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Vic]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Jan 2025 09:26:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[Darmanin]]></category>
		<category><![CDATA[Grève]]></category>
		<category><![CDATA[Manifestation]]></category>
		<category><![CDATA[Marche des solidarités]]></category>
		<category><![CDATA[racisme d'état]]></category>
		<category><![CDATA[Sans-papiers]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=9238</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Les mobilisations à l’occasion de la journée internationale des migrant·e·s qui auront lieu partout dans le pays (et dans beaucoup d’autres1) du 14 au 18 décembre seront le 1er acte d’une campagne qui va se <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/greve-pour-la-regularisation-la-necessite-de-la-greve-politique/" title="Grève pour la régularisation, la nécessité de la grève politique !">[...]</a></div>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/greve-pour-la-regularisation-la-necessite-de-la-greve-politique/">Grève pour la régularisation, la nécessité de la grève politique !</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Les mobilisations à l’occasion de la journée internationale des migrant·e·s qui auront lieu partout dans le pays (et dans beaucoup d’autres<sup data-fn="6da3f56d-8da2-4f0c-a2a2-b871cac831c5" class="fn"><a id="6da3f56d-8da2-4f0c-a2a2-b871cac831c5-link" href="#6da3f56d-8da2-4f0c-a2a2-b871cac831c5">1</a></sup>) du 14 au 18 décembre seront le 1<sup>er</sup> acte d’une campagne qui va se développer dans les mois qui viennent pour obtenir la régularisation massive de sans-papiers, lutter pour les droits des mineur·e·s isolé·e·s et l’hébergement des migrant·es à la rue et enfin pour se donner les moyens de renverser le climat raciste. De la réussite de ces mobilisations du 14 au 18 décembre dépendront nos capacités à construire cette campagne pour gagner.</p>



<p>À travers son implication et ses interventions dans la préparation de ces mobilisations, la CGT a posé concrètement la grève comme un des moyens à travers lequel la lutte pourra se développer dans cette campagne, notamment pour obtenir des régularisations. Les dernières grèves massives de travailleur·euses sans-papiers remontent à octobre 2023&nbsp;: Dès le 17 octobre, partout en Ile de France des travailleur·euses sans-papiers occupent leurs lieux de travail. Soutenus par la CNT-SO, les collectifs de sans-papiers et la Marche des Solidarités, des travailleur·euses en grève occupent un site des Jeux Olympiques. Et soutenu·es par la CGT, plus de 500 travailleur·euses occupent 33 entreprises, pour la plupart des agences d’intérim. Tous les piquets de grève soutenus par la CGT parviendront à obtenir quelques mois plus tard un accord de la part de Darmanin pour que tous·tes les grévistes soient régularisé·es avec plusieurs dizaines de leurs camarades du Nord, de la Marne et de Seine-Maritime en lutte à Emmaüs, Amazon ou encore en tant que saisonnièr·es agricoles.</p>



<p>Entre le début de cette grève et l’obtention des régularisations, la loi Darmanin avait été votée par la majorité présidentielle et les député·es fascistes du Rassemblement National. Déjà pour les grévistes de 2023, les accords ont été plus difficiles à obtenir que lors des mouvements précédents et ils n’ont pas concerné les grévistes du chantier des JO. Comme pour d’autres luttes récentes telles que celle soutenue par le syndicat Solidaires à Chronopost, cela illustrait déjà un durcissement en cours du pouvoir sur les questions de régularisation. L’Etat met désormais en application la loi Darmanin et impose à tout mouvement pour la régularisation d’élever le rapport de force requis pour gagner.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La bascule raciste de la loi Darmanin</strong></h2>



<p>A la suite du mouvement de grève de milliers de travailleurs sans-papiers de 2008 à 2010, l’objectif principal des grèves de travailleur·euses sans-papiers qui ont suivi étaient d’obtenir l’ensemble des pièces éxigées par la circulaire Valls établie en 2012. Cette circulaire précise tout un ensemble de critères donnant droit à une régularisation&nbsp;: Il faut disposer d’un certain nombre de fiches de paie, de justificatifs, de preuves de présence ainsi que la reconnaissance de l’emploi par les patron·nes, à travers des CERFA ou des certificats de concordance selon que les travailleur·euses sans-papiers travaillent sous de faux papiers ou sous l’identité d’une autre personne.&nbsp;</p>



<p>La circulaire Valls précisant des critères de régularisation, un des enjeux de la lutte consistait à arracher l’ensemble des preuves aux patrons et d’imposer aux préfet·es d’y répondre positivement car celleux-ci ont toujours eu sur cette circulaire Valls un pouvoir discrétionnaire. Le rapport de force devait s’établir au niveau des patron·nes afin de remplir l’ensemble des critères et vis-à-vis des préfectures pour qu’elles traitent les dossiers.&nbsp;</p>



<p>L’application de la loi Darmanin a changé la situation et impose un rapport de force d’un niveau supérieur. Les collectifs de sans-papiers, les réseaux de solidarité, les syndicats, les associations sont unanimes sur l’ensemble du territoire&nbsp;: le nombre de refus de demandes de régularisation ou de renouvellements de carte de séjour est en train d’augmenter fortement et rapidement et cela concerne toutes les préfectures. Les délais sont encore plus longs qu’avant et, même quand les récépissés sont parfois obtenus, ils ne se transforment que trop rarement en titres de séjour effectifs. Et quant aux refus, ils s’accompagnent systématiquement d’OQTF.&nbsp;</p>



<p>Cette situation concerne directement des millions de personnes avec et sans-papiers parmi nous. Darmanin avait annoncé la couleur de cette loi qu’il qualifiait lui-même de « texte le plus ferme avec les mesures les plus dures depuis ces trente dernières années. »<sup data-fn="6738d328-6610-4b8a-bc09-6997f01ee18d" class="fn"><a id="6738d328-6610-4b8a-bc09-6997f01ee18d-link" href="#6738d328-6610-4b8a-bc09-6997f01ee18d">2</a></sup> dont il ne cachait pas les ambitions : « On veut ceux qui bossent, pas ceux qui rapinent »<sup data-fn="6ba4ccd0-5586-46d8-95a4-10cec833fe60" class="fn"><a id="6ba4ccd0-5586-46d8-95a4-10cec833fe60-link" href="#6ba4ccd0-5586-46d8-95a4-10cec833fe60">3</a></sup> et le ministère de l’Intérieur met désormais tout cela en œuvre en exigeant des préfet·es de réduire l’immigration légale comme illégale par tous les moyens à leur disposition<sup data-fn="3da57ab8-d80a-4097-a905-3dfc12cb353d" class="fn"><a id="3da57ab8-d80a-4097-a905-3dfc12cb353d-link" href="#3da57ab8-d80a-4097-a905-3dfc12cb353d">4</a></sup>. Et ces nouvelles conditions s’accompagnent d’une situation générale où 143 député·es fascistes siègent à l’assemblée et le RN qui semble de plus en en capacité de prendre le pouvoir.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Nécessité de la grève politique</strong></h2>



<p>Pour qu’une prochaine vague de grèves de sans-papiers arrache des régularisations, il faudra évidemment en premier lieu que les grévistes sans-papiers soient les plus nombreuses et nombreux, qu’il y ait des piquets dans le plus de villes et de quartiers différents, que les locaux des entreprises soient occupés, que les piquets soient organisés par les grévistes et ouverts sur les quartiers alentours. Un des points notables des grands mouvements de grève de travailleur.se.s sans-papiers jusqu’à maintenant, est que les grévistes ont été très majoritairement des hommes. La diversité des secteurs impliqués dans le prochain mouvement de grèves sera un atout pour donner la capacité à un nombre important de femmes sans-papiers de faire grève : l’hôtellerie, la restauration, l’aide à domicile, la santé, le médico-social…&nbsp;</p>



<p>Mais plus encore que d’étendre la grève parmi les sans-papiers, il faudra aussi se donner les moyens que ça puisse être une grève de toutes et tous. Et partout où cela sera rendu possible, ce sera aussi bien des exemples pour la suite que des forces pour tout de suite.&nbsp;</p>



<p>Dans les entreprises où des travailleur·euses sans-papiers feront grève, il faudra encourager que leurs collègues «&nbsp;avec papiers&nbsp;» fassent également grève&nbsp;! Il faudra également saisir toutes les opportunités pour développer la grève dans les secteurs où des luttes sont déjà engagées en solidarité avec les migrant·es et contre le racisme, comme les écoles, les collèges et les lycées ou le travail social, etc. Et enfin dans les secteurs qui seront déjà engagés dans des grèves au moment où celles des travailleur·euses sans-papiers se déclenchent. Faire grève pour l’égalité des droits, pour la solidarité, pour imposer la régularisation, pour créer les conditions de l’unité de notre classe et un rapport de force général plus propice à gagner également sur d’autres revendications, qu’elles soient pour des salaires, de nouveaux droits, contre des réformes ou pour les retraites.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>LA RUE, LA RUE, LA RUE</strong></h2>



<p>Avant les grèves de travailleur·euses sans-papiers de 2008-2010, le mouvement des sans-papiers avait déjà développé d’autres modalités de lutte que la grève, qui ont perduré notamment à travers les collectifs de sans-papiers et les réseaux de solidarité&nbsp;: occupations, manifestations, actions, marche nationale, etc. Les victoires des collectifs de mineur·es isolé·es récemment constitués sont des exemples du potentiel de ces modes d’action.</p>



<p>Une grève qui veut gagner des régularisations pour des travailleur·euses devra se battre pour l’égalité des droits de toutes et tous et se combiner avec des revendications et des modes d’action d’un mouvement plus large. En plus des grèves, il faudra lancer des occupations pour réclamer un logement et la reconnaissance des mineur·es isolé·es, organiser des rassemblements de soutien dans les quartiers où des grèves et des occupations seront organisées, des grandes manifestations qui rassemblent l’ensemble des collectifs en lutte et appellent toutes celles et tous ceux qui veulent se battre contre le racisme et qui veulent faire reculer les fascistes à se joindre à la bagarre.</p>



<p>A ce stade de développement du racisme d’État en France, un mouvement de grève pour la régularisation se retrouvera nécessairement à devoir se hisser à des niveaux de confrontation sociale qu’il ne pourra affronter que s’il est partie prenante d’un mouvement plus large qui se bat pour l’égalité des droits, pour la reconnaissance de minorité, pour un logement pour tous·tes, contre les CRA et contre le racisme. Seul un tel mouvement pourrait permettre de renverser la vapeur et le fond de l’air raciste, de commencer à faire reculer les fascistes.</p>



<h5 class="wp-block-heading">Mathieu Pastor – A2C Paris20</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="6da3f56d-8da2-4f0c-a2a2-b871cac831c5"><a href="https://worldagainstracism.org/2025-waraf/london-calling-fr/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">London Calling : action mondiale contre le racisme et le fascisme</a> <a href="#6da3f56d-8da2-4f0c-a2a2-b871cac831c5-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li><li id="6738d328-6610-4b8a-bc09-6997f01ee18d">Franceinfo, <a href="http://Projet de loi sur l'immigration : Gérald Darmanin défend le &quot;texte le plus ferme depuis ces trente dernières années&quot;, dans un entretien au &quot;JDD&quot;" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Projet de loi sur l&rsquo;immigration : Gérald Darmanin défend le « texte le plus ferme depuis ces trente dernières années », dans un entretien au « JDD »</a> <a href="#6738d328-6610-4b8a-bc09-6997f01ee18d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2">↩︎</a></li><li id="6ba4ccd0-5586-46d8-95a4-10cec833fe60">BFMFV, <a href="https://www.bfmtv.com/politique/gouvernement/on-veut-ceux-qui-bossent-pas-ceux-qui-rapinent-gerald-darmanin-defend-le-projet-de-loi-immigration_AN-202212060250.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">« On veut ceux qui bossent, pas ceux qui rapinent »: Gérald Darmanin défend le projet de loi immigration</a> <a href="#6ba4ccd0-5586-46d8-95a4-10cec833fe60-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3">↩︎</a></li><li id="3da57ab8-d80a-4097-a905-3dfc12cb353d">Le Monde, <a href="https://www.lemonde.fr/societe/article/2024/10/09/bruno-retailleau-annonce-deux-circulaires-pour-reduire-l-immigration_6347291_3224.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Bruno Retailleau annonce deux circulaires pour réduire l’immigration</a> <a href="#3da57ab8-d80a-4097-a905-3dfc12cb353d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4">↩︎</a></li></ol><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/greve-pour-la-regularisation-la-necessite-de-la-greve-politique/">Grève pour la régularisation, la nécessité de la grève politique !</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Pourquoi l’égalité des droits ne se gagnera que dans les luttes collectives contre le patronat et l’État</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/pourquoi-legalite-des-droits-ne-se-gagnera-que-dans-les-luttes-collectives-contre-le-patronat-et-letat/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jakubowski]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 05 Dec 2023 07:20:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[18 décembre]]></category>
		<category><![CDATA[Darmanin]]></category>
		<category><![CDATA[Immigration]]></category>
		<category><![CDATA[Régularisation]]></category>
		<category><![CDATA[Sans-papiers]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=8083</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Posé dans le débat public rapidement après les élections de 2022, le projet de loi Darmanin est au départ présenté par le gouvernement comme « équilibré », en permettant selon Darmanin d’être « gentil avec les gentils et <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/pourquoi-legalite-des-droits-ne-se-gagnera-que-dans-les-luttes-collectives-contre-le-patronat-et-letat/" title="Pourquoi l’égalité des droits ne se gagnera que dans les luttes collectives contre le patronat et l’État">[...]</a></div>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/pourquoi-legalite-des-droits-ne-se-gagnera-que-dans-les-luttes-collectives-contre-le-patronat-et-letat/">Pourquoi l’égalité des droits ne se gagnera que dans les luttes collectives contre le patronat et l’État</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p style="font-style:normal;font-weight:600">Posé dans le débat public rapidement après les élections de 2022, le projet de loi Darmanin est au départ présenté par le gouvernement comme « équilibré », en permettant selon Darmanin d’être « gentil avec les gentils et méchant avec les méchants ».</p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #10 &#8211; Novembre 2023</h6>



<p class="has-drop-cap"><strong>L</strong>e tandem Dussopt-Darmanin est supposé incarner cet équilibre. Côté Ministère du travail, le projet de loi propose de fournir au patronat dans les secteurs dits « en tension » (les secteurs dans lesquels il existe des emplois non pourvus, comprendre en réalité les secteurs de « haute exploitation » en termes de conditions de travail, d’horaires décalés, de volume horaire, de rémunération…) de la main-d’œuvre immigrée « légale » en octroyant des titres de séjour, pour une durée limitée. Côté ministère de l’Intérieur, ce projet de loi amplifie les dispositifs d’expulsion des personnes sans-papiers.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Pourquoi une 29<sup>e</sup>&nbsp;loi sur l’immigration depuis 1980 ?</h2>



<p>Au début, les médias ont beaucoup mis en avant des témoignages de patron·nes favorables à la régularisation de leurs salarié·es, laissant entendre que ce projet de loi constituerait donc une réelle avancée pour les personnes sans-papiers qui triment dans les secteurs de la restauration, du bâtiment, du nettoyage&#8230; Mais au fil des mois, le projet est apparu pour ce qu’il est réellement : une base à partir de laquelle s’opère une surenchère raciste entre le gouvernement, les Républicains et le Rassemblement national. Au point que l’article&nbsp;3 —&nbsp;celui qui crée des titres de séjour « métiers en tension »&nbsp;— est susceptible d’être supprimé et qu’aucune organisation patronale n’a finalement pris position sur ce projet, l’ancien président du Medef invoquant un débat<em>&nbsp;« pollué politiquement »</em>.</p>



<p>Faut-il voir une contradiction entre les intérêts du patronat et la surenchère politique raciste ? En fait, le concept même de titre de séjour « métiers en tension » acte que les personnes sans-papiers ne seront susceptibles d’être régularisées que si elles acceptent de se soumettre aux besoins du patronat, et uniquement pour des métiers que les autres auront préalablement refusés. C’est donc bien une tentative de synthèse politique entre les intérêts économiques immédiats de certains secteurs du patronat, et l’intérêt plus général de la classe dirigeante au renforcement du racisme et du nationalisme. Cela suffit à le rendre inacceptable. Alors qu’il a décidé de tou·te·s nous soumettre aux conditions du patronat (réformes du RSA et du chômage, généralisation de l’apprentissage pour 1/3 des lycéen·es, réforme des retraites etc.), le gouvernement a besoin de nous convaincre que les frontières, la police, l’armée, nous protègent contre les immigré·es qui sont des délinquant·es, veulent prendre les boulots, profiter du système de santé, etc. Vous pouvez constater que cela marche, à chaque fois que vous entendez quelqu’un·e se plaindre que des migrant·es vivent mieux que des Français·es.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le patronat a-t-il intérêt à la régularisation des travailleur·euses&nbsp;sans-papiers qu’il (sur)exploite ?</h2>



<p>Les capitalistes ont avant tout intérêt à l’exploitation maximale de leur main-d’œuvre. Au-delà de leur position personnelle, c’est la dynamique générale du système, la concurrence des entreprises entre elles, qui les pousse à cela. Écoutez les témoignages des personnes sans-papiers sur leur travail, c’est une démonstration de la faible considération que les patron·nes ont pour les salarié·es. Historiquement, les immigré·es ont toujours été utilisé·es par les patron·nes pour réaliser les pires boulots. Après l’abolition de l’esclavage, ce sont par exemple les travailleur·euses immigré·es qui ont été utilisé·es par les économies coloniales pour remplacer le travail des esclaves.</p>



<p>Le patronat peut avoir intérêt à ce que leurs salarié·es sans papiers soient régularisé·es, pour s’assurer de la stabilité du personnel qu’il a pris le temps de former (c’est un argument qu’on trouve par exemple chez certain·es patron·nes dans la restauration). Car en fait, le statut de « sans-papiers » n’est pas le seul moyen de permettre la surexploitation. Après tout, durant la période des Trente Glorieuses, la politique dominante était l’octroi de cartes de séjour aux travailleur·euses immigré·es, ce qui n’a pas empêché qu’ils et elles travaillent dans les mêmes secteurs qu’aujourd’hui : à la fin des années 1970, on estime que les immigré·es ont construit près d’un logement sur deux et 90 % des autoroutes. Une étude réalisée sur le devenir des personnes sans-papiers régularisées lors de la « grande régularisation » de 131 000 personnes décidée en 1981 révèle aussi que la grande majorité des personnes occupent deux ans après leur régularisation un emploi similaire à celui exercé avant le changement de statut.</p>



<p>L’absence de titre de séjour contraint les personnes à accepter les boulots les plus pénibles. Mais cette contrainte est elle-même imbriquée dans la contrainte plus générale du racisme, qui permet de justifier qu’elles fassent ces boulots-là. Par exemple, en 2019, une entreprise du BTP est condamnée pour&nbsp;<em>« discrimination raciale systémique »</em>&nbsp;vis-à-vis de 25 travailleurs maliens sans papiers. Le conseil des drud’hommes a ainsi sanctionné&nbsp;<em>« un système pyramidal d’affectation professionnelle en raison de l’origine »</em>sur les chantiers. Cette réalité, du racisme au sein des entreprises, n’est pas exceptionnelle. Nicolas Jounin, sociologue qui a réalisé sa thèse de doctorat sur les chantiers, témoigne ainsi lors du procès :&nbsp;<em>« En observant les chantiers, l’ensemble des entreprises et les salariés qui les composent, on constate une correspondance entre une hiérarchie professionnelle […] et une hiérarchie ethnique ».</em></p>



<p>Le secteur de la construction ne semble pas être une exception. N’oublions pas que plus de 20 % des emplois sont par exemple réservés en France aux personnes qui ont la nationalité française, comme ceux de la fonction publique.</p>



<p>Le racisme qui se déchaîne dans la sphère politique n’est donc pas quelque chose de séparé des enjeux économiques liés à la situation de travail des sans-papiers. Différent·es théoricien·es ont analysé l’intérêt pour la bourgeoisie au développement du racisme, dont le sociologue américain Du Bois. En voulant comprendre pourquoi l’unité entre les Blanc·hes pauvres et les Noir·es pauvres s’était arrêtée bien qu’elle se soit développée dans la lutte contre l’esclavage, il a montré comment le racisme est une construction délibérée de la classe dirigeante. Son but est d’empêcher les travailleur·euses de se rassembler pour lutter ensemble, en faisant croire aux travailleur·euses blanc·hes qu’il existe une autre voie d’avancement que la lutte des classes, leur nationalité ou leur couleur de peau leur donnant droit à un meilleur traitement que celles et ceux qui en sont exclu·es. Le sociologue marxiste américain Al Szymanski, qui a étudié les inégalités salariales entre Noir·es et Blanc·hes aux USA, a montré que&nbsp;<em>« plus la discrimination raciale est intense, plus bas sont les salaires des blancs du fait de la variable intermédiaire de la solidarité de la classe ouvrière – en d’autres termes, le racisme désavantage économiquement les travailleurs blancs parce qu’il affaiblit l’organisation syndicale en détruisant la solidarité entre travailleurs noirs et blancs »</em>.</p>



<p>Par ailleurs, l’immigration peut susciter des tensions entre les différents capitalistes, qui ont des besoins en main-d’œuvre différents. Et les besoins immédiats du patronat ne coïncident pas forcément avec leur intérêt à long terme. Cela peut donc créer des difficultés pour les États, chargés de gérer&nbsp;<em>« les affaires communes de toute la classe bourgeoise »</em>, dans leur tentative de gérer l’immigration. On comprend alors pourquoi tous les États ont pour préoccupation d’assurer les conditions d’accumulation favorables aux capitalistes de leur pays, mais peuvent opérer des choix différents. Le projet de loi anti-immigré·es proposé par Dussopt et Darmanin, tout comme les surenchères racistes des Républicains ou du RN, sont bien au fond différentes propositions politiques de gestion de ces multiples enjeux.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Alors, pourquoi la gauche est-elle divisée sur ce projet de loi ?</h2>



<p>À l’Assemblée nationale, à part La France insoumise, les député·es de la Nupes ont signé une tribune avec des député·es macronistes pour appuyer l’article&nbsp;3 et demander&nbsp;<em>« des mesures urgentes, humanistes et concrètes pour la régularisation des travailleurs sans papiers »</em>. Elle fait valoir les possibilités de régulariser des dizaines de milliers de personnes avec ce titre de séjour.&nbsp;</p>



<p>Faire des immigré·es des variables d’ajustement selon les besoins du patronat n’est pas une avancée qu’il s’agirait de promouvoir face au refus de la droite et des fascistes. Mais tous les courants associatifs, syndicaux ou politiques qui pensent les immigré·es comme un groupe à part acceptent l’attribution de statuts différents entre nationaux et immigré·es, et donc d’entamer des discussions, de formuler des amendements, sur les critères de régularisation, parce que plus généralement ils acceptent le cadre de l’État et des frontières nationales définies par le capitalisme.</p>



<p>Or, l’égalité des droits passe par l’exigence de régularisation sans condition de toutes les personnes sans-papiers, et un combat antiraciste permanent. Ce combat ne peut se mener que collectivement, personnes avec papiers et personnes sans papiers. Les employeur·euses chercheront toujours à employer des travailleur·euses aux conditions les plus mauvaises (et les immigré·es sont dans l’histoire du capitalisme des travailleur·euses tout·es désigné·es). Mais leur capacité à réussir est une question politique. Les récentes grèves de sans-papiers ont permis de démontrer qu’il n’y avait pas besoin d’une nouvelle loi répressive comme prix à payer pour régulariser les travailleur·euses sans papiers. Mais sera-t-on capable de nous mobiliser pour détruire les bases qui rendent possibles ces lois à répétition ? La solidarité entre travailleur·euses n’est pas automatique, surtout en période de développement du racisme. L’unité ou la fragmentation de notre classe dépend donc crucialement du rôle joué par les militant·es. Et pour que le sens pris par le mot travailleur·euse ne soit plus celui de la soumission mais redevienne celui de l’action commune : le 18 décembre, en plein débat parlementaire sur ce projet de loi anti-immigré·es, et à l’occasion de la journée internationale des migrant·es, proposons à nos collègues, avec ou sans papiers, de se mettre en grève pour lutter contre ce projet de loi, pour la régularisation de toutes les personnes sans-papiers, pour l’égalité des droits !</p>



<h5 class="wp-block-heading">Vanina Giudicelli (Paris 20<sup>e</sup>)</h5>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/pourquoi-legalite-des-droits-ne-se-gagnera-que-dans-les-luttes-collectives-contre-le-patronat-et-letat/">Pourquoi l’égalité des droits ne se gagnera que dans les luttes collectives contre le patronat et l’État</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Pas de JO sans papiers : empêchons Darmanin de faire sa loi !</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/pas-de-jo-sans-papiers-empechons-darmanin-de-faire-sa-loi/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jakubowski]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 05 Dec 2023 07:19:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[Darmanin]]></category>
		<category><![CDATA[Grève]]></category>
		<category><![CDATA[Immigration]]></category>
		<category><![CDATA[JO]]></category>
		<category><![CDATA[Régularisation]]></category>
		<category><![CDATA[Sans-papiers]]></category>
		<category><![CDATA[Syndicats]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=8086</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Ce mardi 17&#160;octobre, le jour commence seulement à se lever sur la Porte de La Chapelle au nord de Paris. En plusieurs vagues, une centaine de sans-papiers et une cinquantaine de soutiens réussissent à entrer <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/pas-de-jo-sans-papiers-empechons-darmanin-de-faire-sa-loi/" title="Pas de JO sans papiers : empêchons Darmanin de faire sa loi !">[...]</a></div>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/pas-de-jo-sans-papiers-empechons-darmanin-de-faire-sa-loi/">Pas de JO sans papiers : empêchons Darmanin de faire sa loi !</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p style="font-style:normal;font-weight:600">Ce mardi 17&nbsp;octobre, le jour commence seulement à se lever sur la Porte de La Chapelle au nord de Paris. En plusieurs vagues, une centaine de sans-papiers et une cinquantaine de soutiens réussissent à entrer sur un des plus gros chantiers des jeux Olympiques à l’heure de l’embauche, le chantier de l’Arena. Il s’agit d’une grève de travailleurs sans-papiers des chantiers.</p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #10 &#8211; Novembre 2023</h6>



<p class="has-drop-cap"><strong>L</strong>e donneur d’ordre de ce chantier, Bouygues, est tout de suite en panique. À la porte, la direction du chantier ordonne de renvoyer tous les travailleurs des entreprises sous-traitantes qui constituent la main-d’œuvre.</p>



<p>Seuls restent les membres de l’encadrement. Parmi ceux-là, aucun sans-papiers… et principalement des blancs, ce qui permet à Bouygues, et au pouvoir, de ­prétendre qu’il n’y a pas de sans-papiers sur ses chantiers.</p>



<p>Le chantier est mis à l’arrêt. Au même moment, une trentaine de piquets de grève de sans-papiers, organisés par la CGT démarrent sur toute la région parisienne essentiellement dans des boîtes d’intérim concernant des entreprises de multiples secteurs.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une victoire éclair</h2>



<p>Dans les médias, ce mardi 17&nbsp;octobre, circule l’annonce d’une « vague de grèves » de sans-papiers. L’occupation d’un chantier des JO y devient emblématique.&nbsp;</p>



<p>Les négociations démarrent très rapidement avec la direction et la mairie de Paris. Bouygues convoque alors les dirigeants des sous-traitants concernés pour les sommer de signer un protocole d’accord.</p>



<p>La victoire est — presque — totale<sup data-fn="87f65262-acc6-4ccd-912f-387afe97cff9" class="fn"><a href="#87f65262-acc6-4ccd-912f-387afe97cff9" id="87f65262-acc6-4ccd-912f-387afe97cff9-link">1</a></sup>, les grévistes obtiennent les documents qui reconnaissent qu’ils sont des travailleurs salariés sur les chantiers de Bouygues et qui ouvrent à régularisation. Ceux qui ont été licenciés durant la préparation de l’action ou dont l’embauche n’a pas été renouvelée sont réintégrés. Ceux qui bossent chez les sous-traitants, en majorité des sans-papiers, ont trois mois pour se signaler à un syndicat et être intégrés à l’accord.</p>



<p>Dans la soirée les occupants du chantier sortent en cortège sous les ovations de plusieurs centaines de manifestant·es qui se sont rassemblé·es devant le chantier dès la fin de l’après-midi.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une longue préparation&nbsp;</h2>



<p>L’idée de cette action remonte à loin : plus d’un an auparavant, au sein de la Marche des solidarités avec les collectifs de sans-papiers. Pour « accompagner » le versant ultra-répressif et raciste de son projet de loi, Darmanin a parlé de régularisations dans ce qu’il appelle des « métiers en tension ». Cette « carotte » qui continue, encore aujourd’hui, de fonctionner jusque dans la gauche et les syndicats, crée alors des illusions parmi les sans-papiers. Ça se comprend. L’espoir de toute régularisation est un levier puissant pour les sans-droits absolus qu’ils sont.</p>



<p>Il faut beaucoup de discussions pour démontrer que cette « carotte », par ailleurs dérisoire en nombre de régularisations annoncées, n’en est même pas une. Il n’y a pas besoin de nouvelle loi pour régulariser des sans-papiers, quel que soit le secteur concerné. En réalité, derrière ce projet il s’agit de rendre encore plus précaire le titre de séjour lié au travail. Et, plus généralement, sur le dos des immigré·es, il s’agit de faire entrer dans le droit, des conditions de travail et de salaire encore plus dégradées. Dans la même logique que les heures d’activité imposées aux allocataires du RSA ou l’obligation d’accepter un contrat au rabais pour les chômeurs et chômeuses. Raison pour laquelle nous dénonçons le terme « métiers en tension » : il s’agit en réalité de « métiers de haute exploitation ».</p>



<p>Alors naît l’idée d’une grève sur les chantiers des JO. Nous sommes dans la période des polémiques sur les milliers de travailleurs migrants morts sur les chantiers au Qatar.</p>



<p>L’idée est simple. Une grève de sans-papiers, si elle est bien organisée, bien soutenue, révèlerait tellement l’hypocrisie du pouvoir et menacerait tellement la vitrine des JO, qu’elle pourrait gagner très rapidement. Et ce serait une triple victoire. Victoire pour les sans-papiers concernés, dans une période où les régularisations sont de plus en plus difficiles. Brèche ouverte pour obtenir d’autres régularisations. Enfin victoire contre les arguments utilisés par Darmanin : pas besoin d’une nouvelle loi pour régulariser les sans-papiers. Comme nous l’écrirons dans le communiqué de la Marche des solidarités un an plus tard, le roi serait nu.</p>



<p>Entre une idée et sa réalisation il y a… la réalité. Ce ne sont pas les idées qui changent le monde, c’est l’action. Mais la volonté d’agir est déjà riche d’enseignements. En l’occurrence sur la réalité des sans-papiers. Si la grève comme mode d’action est difficile pour tous les travailleurs et travailleuses, elle l’est plus encore pour les sans-papiers. À la perte du salaire, la menace d’être placardisé comme « fouteur de merde », s’ajoute tout simplement le risque de perdre son emploi, tout revenu voire même s’ajoute le risque d’une expulsion. La plupart des sans-papiers travaillent masqués non seulement vis-à-vis des patrons, de leurs collègues mais aussi… des autres sans-papiers.</p>



<h2 class="wp-block-heading">De la volonté d’agir à l’action</h2>



<p>Au sein des collectifs, l’objectif de trouver des travailleurs sur les chantiers piétinne. D’autant que la bagarre commence pour mobiliser contre la loi Darmanin. En plus, va débuter la bataille sur les retraites qui, pour la Marche des solidarités et les collectifs de sans-papiers, est aussi notre bataille. Et que, hélas, elle nécessite aussi une bataille contre les directions syndicales et la plupart des forces de gauche pour imposer l’idée que la lutte sur les retraites ne doit pas être dissociée de la lutte contre le racisme et contre le projet de loi Darmanin.</p>



<p>C’est finalement le collectif des Gilets noirs avec le soutien du syndicat CNT-SO qui va trouver la stratégie qui rouvre les possibilités. Les Gilets noirs organisent avant l’été des diffusions de tracts syndicaux à la sortie de plusieurs chantiers invitant à des permanences syndicales. Le contact commence à se développer avec des sans-papiers sur les chantiers. Devant l’ampleur de la tâche les Gilets noirs font appel aux autres collectifs de sans-papiers et à la Marche des solidarités. Le temps presse, car les premiers sans-papiers qui commencent à s’organiser sont très vite sous pression. Certains se font virer ou ne voient pas leurs missions renouvelées chez les sous-traitants qui les emploient. Et les chantiers avancent, il va falloir agir.</p>



<p>Sans que ce soit public, la décision est prise lors d’une réunion de la Marche dès la mi-septembre que nous lancerons la grève mi-octobre, quel que soit le nombre de sans-papiers grévistes. Cela donne plusieurs semaines, avec la détermination que donne la décision d’agir, pour augmenter le nombre de sans-papiers concernés directement par la grève, impliquer plus largement les collectifs de sans-papiers et élargir la mobilisation de soutien.</p>



<p>Sur la base du travail fait pendant le mouvement des retraites, le succès de la « marche des Tirailleurs » du 14&nbsp;Juillet, de la commémoration de Saint-Bernard le 26 août, la Marche appelle à une assemblée publique le 2&nbsp;octobre en annonçant une « assemblée d’action ». Le cœur de cette assemblée sera de lier préparation de la grève (dont le projet devient public mais pas les détails) et lutte contre le projet de loi Darmanin.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des assemblée d’organisation massives</h2>



<p>Nous savons aussi que depuis des mois la CGT prépare des piquets de grève de sans-papiers. Et même si elle les organise sur des bases très identitaires (refus de toute coopération avec d’autres forces ou syndicats) nous considérons que cela est très positif. Il s’avèrera de plus que, sans concertation aucune, la date choisie est la même : tant mieux ! L’image donnée publiquement sera bien meilleure (et plus saine !) que les intérêts boutiquiers des directions syndicales.</p>



<p>L’assemblée accélère la dynamique tout en montrant le potentiel qui existe : 300&nbsp;personnes remplissent la salle de la Bourse du travail le 2&nbsp;octobre. Chaque lundi à partir de cette date, les réunions de la Marche des solidarités ne désemplissent plus avec une centaine de participant·es. Des réseaux s’ajoutent à la dynamique : syndicalistes, Soulèvements de la Terre, féministes…</p>



<p>C’est ce qui aboutira au succès du 17&nbsp;octobre. C’est aussi ce qui oeuvre à accélérer la dynamique contre la loi Darmanin. Car le 17&nbsp;octobre est un début de bascule à développer activement. La lutte des sans-papiers, la lutte contre le racisme peut chambouler un champ public jusque-là dominé par la surenchère raciste, relayée complaisamment par les médias, entre le pouvoir, la droite et les fascistes. Modifiant potentiellement le terrain sur lequel se mènent les débats. Des étranger·es comme menace à l’immigration comme partie prenante de notre société, du nationalisme à la solidarité internationale, du racisme à la solidarité.</p>



<p>Confirmer ce basculement, en faire un mouvement de lutte de masse, est la condition pour gagner contre Darmanin, le racisme décomplexé qui gangrène toute notre société et briser les fascistes.</p>



<h5 class="wp-block-heading">Denis Godard (Paris 20<sup>e</sup>)</h5>



<figure class="wp-block-image size-large wp-duotone-unset-1"><img data-dominant-color="5c565a" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #5c565a;" fetchpriority="high" decoding="async" width="1100" height="733" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/12/A2C_RevueN10_JO_Illustr1-1100x733.webp" alt="" class="wp-image-8088 not-transparent" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/12/A2C_RevueN10_JO_Illustr1-1100x733.webp 1100w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/12/A2C_RevueN10_JO_Illustr1-300x200.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/12/A2C_RevueN10_JO_Illustr1-768x512.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/12/A2C_RevueN10_JO_Illustr1-jpg.webp 1200w" sizes="(max-width: 1100px) 100vw, 1100px" /></figure>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-dots"/>



<h6 class="wp-block-heading">NOTES</h6>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="87f65262-acc6-4ccd-912f-387afe97cff9">La mairie de Paris s’est engagée à faire pression sur la préfecture pour ouvrir un guichet unique pour les grévistes. Mais il n’y a pas à ce jour d’engagement de la préfecture. <a href="#87f65262-acc6-4ccd-912f-387afe97cff9-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li></ol><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/pas-de-jo-sans-papiers-empechons-darmanin-de-faire-sa-loi/">Pas de JO sans papiers : empêchons Darmanin de faire sa loi !</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
