<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Archives des Classe ouvrière - A2C - Autonomie de classe</title>
	<atom:link href="https://www.autonomiedeclasse.org/tag/classe-ouvriere/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://www.autonomiedeclasse.org/tag/classe-ouvriere/</link>
	<description>Pour l&#039;autonomie de classe !</description>
	<lastBuildDate>Tue, 25 Nov 2025 22:11:39 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=6.9.4</generator>

<image>
	<url>https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2019/11/cropped-A2C_icon2-1-150x150.png</url>
	<title>Archives des Classe ouvrière - A2C - Autonomie de classe</title>
	<link>https://www.autonomiedeclasse.org/tag/classe-ouvriere/</link>
	<width>32</width>
	<height>32</height>
</image> 
	<item>
		<title>Vers la « classe pour soi » : retour sur un mouvement de grève dans l&#8217;aéronautique</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/vers-la-classe-pour-soi-retour-sur-un-mouvement-de-greve-dans-laeronautique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Vic]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 24 Jul 2025 16:09:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Retours militants]]></category>
		<category><![CDATA[Classe ouvrière]]></category>
		<category><![CDATA[Grève]]></category>
		<category><![CDATA[Lutte des classes]]></category>
		<category><![CDATA[Retour militants]]></category>
		<category><![CDATA[syndicalisme]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=9744</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">La conscience de classe est le plus souvent présentée comme une chose binaire : on l&#8217;a ou on ne l&#8217;a pas. La réalité est beaucoup plus complexe et heureusement, beaucoup plus dynamique. Alors, comment une <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/vers-la-classe-pour-soi-retour-sur-un-mouvement-de-greve-dans-laeronautique/" title="Vers la « classe pour soi » : retour sur un mouvement de grève dans l&#8217;aéronautique">[...]</a></div>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/vers-la-classe-pour-soi-retour-sur-un-mouvement-de-greve-dans-laeronautique/">Vers la « classe pour soi » : retour sur un mouvement de grève dans l&rsquo;aéronautique</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>La conscience de classe est le plus souvent présentée comme une chose binaire : on l&rsquo;a ou on ne l&rsquo;a pas. La réalité est beaucoup plus complexe et heureusement, beaucoup plus dynamique. Alors, comment une « classe en soi », objectivement constituée par l&rsquo;exploitation collective qu&rsquo;elle subit, peut-elle devenir une « classe pour soi », prenant conscience de son intérêt commun et de son pouvoir transformateur ?</em></p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #17 &#8211; juin 2025</h6>



<p>Cet article ne prétend pas offrir de réponse toute faite à cette question qui taraude tout.e révolutionnaire ; il vise néanmoins à montrer que dans l&rsquo;expérience d&rsquo;une grève, somme toute assez banale, on trouve les débuts d&rsquo;un processus de transformation.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Avant de passer à l&rsquo;action, il est nécessaire de planter le décor de cette lutte. Nous parlons d&rsquo;un site de l&rsquo;industrie aéronautique en région parisienne employant un petit millier de personnes, réparties entre usine et bureaux d&rsquo;études. Un peu plus de la moitié des salarié.e.s sont ouvrièr.e.s et technicien.ne.s et les autres sont des cadres (ingénieur.e.s, managers, etc). 90% de la production est pour le marché civil, le reste pour l&rsquo;armement.</p>



<p>La « cadrisation » est une tendance généralisée dans la haute technologie : il faut de plus en plus d&rsquo;ingénieur.e.s pour produire. Malgré leurs salaires un peu plus élevés que les non-cadres, iels subissent des conditions dégradées et ce sont des travailleur.e.s exploité.e.s au même titre que les autres.</p>



<p>Par contre, une minorité des cadres organise la production et discipline la main d&rsquo;oeuvre pour le compte de la bourgeoisie : elle ne fait donc pas partie de notre classe.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Diviser les cadres pour unir la classe</strong></h2>



<p>Traditionnellement, la CGT organise surtout les ouvrièr.e.s et technicien.ne.s, qui constituent le gros des effectifs des grévistes dans l&rsquo;aéronautique.</p>



<p>La plupart des jeunes ingénieur.e.s viennent de milieux confortables mais se rendent compte que leurs conditions de travail et de vie seront moins favorables que leurs parents, et peuvent être influencé.e.s par les mouvements féministes, antiracistes et écolo de ces dernières années.</p>



<p>La CGT locale perçoit la nouvelle réalité. Sans faire de compromis sur les principes, il faut faire preuve de pédagogie en s&rsquo;adressant à ces travailleur.e.s qui ne connaissent pas les codes traditionnels du mouvement ouvrier.</p>



<p>Alors on appuie systématiquement sur ce qui peut unir les cadres exploité.e.s aux non-cadres, pour faire comprendre aux deux catégories qu&rsquo;elles appartiennent à la même classe. Le travail finit par payer : de plus en plus de jeunes ingénieur.e.s débrayent pour la première fois avec les ouvrièr.e.s et technicien.ne.s. Ce sont des grèves courtes mais actives : on se lève du bureau ou de l&rsquo;atelier et on va au rassemblement, avec pourquoi pas un petit tour du site pour faire débrayer plus de collègues. On choisit son camp, on s&rsquo;affiche devant ses collègues et son patron. Le quart des effectifs participe activement au mouvement.</p>



<p>La CFE-CGC, syndicat des cadres, est marginalisée : c&rsquo;est contre ses deux piliers – l&rsquo;unité entre tous les cadres, des ingés au top managers, et la docilité envers la direction – que se mobilise une partie des cadres.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La CGT bronche au moment d&rsquo;escalader</strong>&nbsp;&nbsp;</h2>



<p>Les négociations avec la direction s&rsquo;enlisent mais le mouvement continue de grandir : une escalade s&rsquo;impose, elle est possible. Il faut passer à la grève reconductible avec piquet. Mais c&rsquo;est là que les militant.e.s CGT se mettent à douter : ok, les « ingés » nous ont suivi sur les débrayages, mais sur une grève ouverte ? Ok, les « gars de l&rsquo;usine » nous poussent à bloquer le site, mais on les connaît, ce sont des grandes gueules.</p>



<p>C&rsquo;est ainsi que la CGT, qui était la locomotive du mouvement, finit par le laisser s&rsquo;arrêter. La défaite a un goût amer car les possibilités ouvertes par la lutte n&rsquo;ont pas été exploitées.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Que reste-t-il de ce rendez-vous manqué ?</strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;</h2>



<p>Les moments de débrayage sont précieux : on est content.e.s de se retrouver et des discussions s&rsquo;engagent entre collègues qui ne se connaissent pas.</p>



<p>On ressent aussi le besoin de généraliser, des discours militants contre le racisme et l&rsquo;extrême-droite sont très bien reçus. Les jeunes travailleuses qui débrayent pour la première fois n&rsquo;hésitent pas à dénoncer les slogans à connotation sexiste.</p>



<p>Il faut le vivre pour comprendre : après le débrayage, le discours des collègues change. On passe de moi à nous, on échange des idées farfelues, on s&rsquo;approprie la question principale : comment gagner ? Pendant quelques jours, une euphorie nous colle à la peau.</p>



<p>Les discours et la propagande jouent un rôle indéniable, mais seulement comme précurseurs à l&rsquo;action. Car c&rsquo;est dans la lutte qu&rsquo;on a l&rsquo;ouverture vers la conscience de classe. Comment se donner les moyens, collectivement, de décider de ce qu&rsquo;on produit et à quel.le.s fins, dans un secteur où production civile et militaire coexistent ?</p>



<p>C&rsquo;est bien la question centrale qui doit nous faire passer de salarié.e.s aliéné.e.s de nos collègues et du produit de notre travail, à producteur.e.s conscient.e.s de notre place dans la société. Dans un contexte de tensions impérialistes, quand les classes dirigeantes menacent d&rsquo;entraîner l&rsquo;humanité dans de nouvelles guerres, l&rsquo;enjeu n&rsquo;est pas d&rsquo;améliorer les conditions dans lesquelles les travailleur.e.s produisent des armes, mais d&rsquo;utiliser notre pouvoir pour décider de ce que nous produisons, pour conjurer la catastrophe annoncée.</p>



<p>En ouvrant la discussion avec les travailleur.e.s sur l&rsquo;arrêt de la fourniture d&rsquo;armes à Israël, voire la réorientation de la production vers des applications civiles, des syndicats de l&rsquo;armement (Thales, STMicroelectronics, Airbus Defense) font des premiers pas dans la bonne direction. Il est urgent de généraliser ces expériences et de les approfondir en utilisant le levier de la grève qui ouvrirait de nouvelles perspectives.</p>



<p>Il s&rsquo;agit donc d&rsquo;avoir des discussions politiques dans les syndicats et avec les syndicats. De mettre l&rsquo;accent sur l&rsquo;aspect transformateur de la lutte. De comprendre que celleux qui ont goûté à leur premier débrayage ne sont plus les mêmes. Et qu&rsquo;iels pourraient bien vouloir aller plus loin&#8230;</p>



<h5 class="wp-block-heading">Jad Bouharoun (A2C 18e)</h5>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/vers-la-classe-pour-soi-retour-sur-un-mouvement-de-greve-dans-laeronautique/">Vers la « classe pour soi » : retour sur un mouvement de grève dans l&rsquo;aéronautique</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Dans quelle classe es-tu et pourquoi c’est important ?  </title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/classes-sociales/dans-quelle-classe-es-tu/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Vic]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 24 Jul 2025 15:49:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Classes sociales]]></category>
		<category><![CDATA[Classe ouvrière]]></category>
		<category><![CDATA[Grève]]></category>
		<category><![CDATA[Lutte des classes]]></category>
		<category><![CDATA[marx]]></category>
		<category><![CDATA[Stratégie]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=9731</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Dans les milieux militants, il semble être évident de se déclarer anti-capitaliste : le capitalisme provoque les guerres, la misère, la catastrophe écologique, et ses imbrications avec les oppressions racistes et patriarcales ne sont plus <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/classes-sociales/dans-quelle-classe-es-tu/" title="Dans quelle classe es-tu et pourquoi c’est important ?  ">[...]</a></div>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/classes-sociales/dans-quelle-classe-es-tu/">Dans quelle classe es-tu et pourquoi c’est important ?  </a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>Dans les milieux militants, il semble être évident de se déclarer anti-capitaliste : le capitalisme provoque les guerres, la misère, la catastrophe écologique, et ses imbrications avec les oppressions racistes et patriarcales ne sont plus à démontrer. Pourtant, peu sont celleux qui partent des mécanismes internes du capital pour en comprendre les conséquences. Ce mode de production nous semble tellement normal, indépassable, qu’on ne prend même pas la peine de chercher à le comprendre.</em></p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #17 &#8211; juin 2025</h6>



<p>En premier lieu, le capitalisme est un système économique basé sur le travail salarié et qui tend vers la division de la société en deux classes sociales, c’est-à-dire des personnes qui ont la même place dans le processus de production par rapport à un autre groupe.&nbsp;</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-large is-resized"><img data-dominant-color="576c87" data-has-transparency="false" fetchpriority="high" decoding="async" width="1100" height="619" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/07/stop-arming-israel-1-1100x619.webp" alt="" class="wp-image-9733 not-transparent" style="--dominant-color: #576c87; width:392px;height:auto" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/07/stop-arming-israel-1-1100x619.webp 1100w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/07/stop-arming-israel-1-300x169.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/07/stop-arming-israel-1-768x432.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/07/stop-arming-israel-1-678x381.webp 678w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/07/stop-arming-israel-1-1320x743.webp 1320w" sizes="(max-width: 1100px) 100vw, 1100px" /></figure>
</div>


<p>D’un côté, la classe capitaliste est la classe dominante, qui acquiert cette domination par l’exploitation de notre classe, en contrôlant les moyens de production. « Classe dominante » n’est pas juste une manière de dire qu’iels sont riches, ça met en lumière le pouvoir qu’iels ont dans la société toute entière, y compris en dehors de leur entreprise. Par exemple, la campagne <em>Stop Arming Israel</em> met en lumière qu’une poignée d’entreprises en France font le choix de vendre des armes, des composants électroniques ou du matériel de surveillance à Israël, qui serviront dans la colonisation et le génocide des Palestinien·ne·s. Dans une société où l’ensemble des rapports sociaux sont capitalistes, les structures étatiques et juridiques n’y échappent pas. La classe dominante s’organise pour maintenir ses profits et légitimer son pouvoir.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un incontournable retour à l’économie marxiste</h2>



<p>Et en face, les marxistes parlent de la classe travailleuse. Est-ce une question de revenu, de culture, d’identité, d’éducation ? Bien sûr, tous ces critères en disent beaucoup sur les conditions de vie et sur les capacités de résistance de notre classe. Par contre, ils sont insuffisants pour comprendre comment fonctionne la société dans son ensemble.</p>



<p>En fait, l’immense majorité de la population, dans toute sa diversité, fait partie de la classe travailleuse. Pour définir cette classe, il faut revenir à la théorie de la valeur de Marx : dans le capitalisme, il y a des marchandises, qui peuvent être de toutes les formes, du pain au chocolat aux services de soins privés. Ces marchandises peuvent toutes être échangées les unes avec les autres, et ce qui permet de les mesurer ensemble, c’est le temps de travail nécessaire pour les produire (celui passé à créer la marchandise, à produire les matières premières, à transporter la marchandise vers le magasin, à la vendre, etc). Ainsi, la grandeur de valeur d’une marchandise, qui s’exprime par son prix, représente l’ensemble du travail qui a été nécessaire pour produire cette marchandise.</p>



<p>Et dans un système capitaliste, tout est une marchandise, notamment notre force de travail, c’est-à-dire le temps et l’énergie mis à disposition de l’employeur·se pendant nos heures de travail. Donc le patron·ne l’achète tout comme iel achèterait des matières premières ou de l’électricité. La question devient donc « combien coûte cette marchandise ? », car notre force de travail a une valeur, donc un prix, le salaire. Mon salaire est la quantité de travail qui est nécessaire pour reproduire ma force de travail : en gros, le salaire est ce qui sert à financer ce dont j’ai besoin pour être capable de retourner au travail le lendemain&nbsp;: payer mon loyer, à manger, ma carte Navigo et mon abonnement Netflix.</p>



<p>Sauf que, en une journée de travail, <em>nous produisons plus que ce qui est nécessaire à notre survie</em>. Si mon salaire est de 100 euros par jour (= j’ai besoin de 100 euros par jour pour financer la reproduction de ma force de travail), et si je travaille pendant 8 heures, mon employeur·se tirera de mon travail non pas 100, mais environ 150 euros ! Donc je lui rapporte plus que je ne lui coûte.</p>



<p>En France, les données de l’INSEE nous montrent qu’en 2022, sur l’ensemble de la valeur produite par les travailleurs, 65% leur a été reversé en salaire. Au reste, il faut retirer l’amortissement des machines ou le loyer du lieu de travail. Mais à la fin, pour chaque heure que nous travaillons, environ 6% de la valeur produite est accaparé et devient du profit.</p>



<p>Cela a une implication majeure sur la manière dont les inégalités sociales se forment : certain·e·s sont pauvres non pas <em>malgré </em>la richesse d’autrui&nbsp;: ce serait l’hypothèse – fausse – d’une mauvaise distribution des richesses. Mais certain·e·s sont pauvres et d’autres sont riches <em>parce que ce derniers s’enrichissent sur notre dos</em>. Ce mécanisme n’est pas dépassable sous le capitalisme car il est au cœur de la production du profit : les capitalistes individuellement ne peuvent pas choisir de ne pas exploiter les travailleur·se·s, parce que les différentes entreprises sont en concurrence les unes avec les autres et ne peuvent remporter des parts de marché qu’en proposant plus pour moins cher. Les capitalistes doivent donc faire augmenter la productivité du plus qu’iels peuvent : étirer la durée du travail, augmenter les cadences, utiliser des machines plus performantes, fliquer les travailleur·se·s… Par exemple, dans les entrepôts Amazon, le travail est distribué à l’aide d’algorithmes. Ce système électronique suit la productivité de chaque individu et Amazon licencie toutes celles et ceux qui ne parviennent pas à atteindre la niveau de productivité attendu, environ 160 colis par heure (en progression de 60% depuis 2019&nbsp;!). Résultat, un·e salarié·e d’Amazon France sur cinq y est atteint de troubles musculo-squelettiques.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Dans quelle classe es-tu ?</h2>



<p>La majorité d’entre nous appartenons au prolétariat, soit parce que nous travaillons pour quelqu’un, soit parce que nous allons bientôt le faire, soit parce que nous l’avons fait dans le passé ou que nous en sommes exclu.e.s mais ne pouvons bénéficier de rentes issus de l’exploitation d’autrui.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-large is-resized"><img data-dominant-color="797f84" data-has-transparency="false" decoding="async" width="1100" height="825" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/07/manif-uber-1-1100x825.webp" alt="" class="wp-image-9737 not-transparent" style="--dominant-color: #797f84; width:340px;height:auto" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/07/manif-uber-1-1100x825.webp 1100w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/07/manif-uber-1-300x225.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/07/manif-uber-1-768x576.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/07/manif-uber-1-678x509.webp 678w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/07/manif-uber-1-326x245.webp 326w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/07/manif-uber-1-80x60.webp 80w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/07/manif-uber-1.webp 1280w" sizes="(max-width: 1100px) 100vw, 1100px" /></figure>
</div>


<p>L’appartenance de classe ne dépend pas du revenu puisque celui-ci est toujours issu de notre propre travail, de la valeur que nous avons créée pendant notre journée de travail. Les salaires plus élevés sont souvent dus à une forte productivité, des difficultés de recrutement ou des acquis de luttes. La forme juridique salariale importe peu, comme on le voit avec les chauffeur·se·s Uber et autres faux micro-entrepreneur·se·s. Ce n’est pas non plus une question d’identité, de se sentir appartenir à la classe ouvrière : le marxisme est avant tout une théorie pour comprendre les mécanismes à la source de l’exploitation et élaborer des stratégies pour y mettre fin. Quelle que soit notre identité, notre appartenance de classe a un impact sur nos occupations, santé, logement, et sur les capacités de perpétuer ou de se protéger face à une oppression. Une distinction entre le secteur public et le secteur privé est souvent faite : dans un secteur public non marchand (comme l’éducation, la culture, la santé), les travailleur·se·s n’ont pas de patrons : font-iels partie de notre classe ? En effet, personne n’extrait, techniquement, de profit de leur travail. Par contre, ces travailleur·se·s produisent bien de la valeur en travaillant, puisqu’ils produisent un service qui remplit un besoin et qui est donc financé par l&rsquo;État. De plus, iels permettent à d’autres personnes de générer du profit, par exemple en formant ou soignant d’autres travailleur·se·s. Par ailleurs, les conditions de travail des fonctionnaires sont souvent similaires à celles des travailleur·se·s du privé, puisque l&rsquo;État, leur employeur, cherche très logiquement à faire augmenter leur productivité.</p>



<p>Le cas des managers et des flics est intéressant parce qu’il montre que la classe n’est pas une caractéristique figée : certains groupes sociaux ne font pas partie de notre classe, même s’ils produisent de la valeur en travaillant pour quelqu’un d’autre, et même si iels sont précaires, car leur position dans la production est de nous faire travailler, soit en organisant la production et notre travail, soit en réprimant notre résistance.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Hétérogénéité de classe</h2>



<p>Notre classe n’est pas homogène : elle est constituée de personnes de toutes origines, identités de genre, religions… Mais même si tou·te·s ont le même intérêt à l’amélioration de leurs conditions de vie, certains groupes sont plus avancés que d’autres, avec une conscience de classe plus ou moins affirmée, certaines fractions du prolétariat sont réacs, racistes, sionistes, homophobes, certaines adhèrent aux différents partis bourgeois ou s’y opposent… Ça ne signifie pas qu’on peut militer avec n’importe qui parce qu’on est de la même classe, au contraire, la lutte se fait avec les personnes ayant la conscience la plus juste de leur position de classe et les plus cohérentes et consistantes quant à leurs actiosn. Ça veut surtout dire qu’il faut refuser les visions qui fétichisent la classe ouvrière, qui reposent toujours sur une simplification des rapports sociaux et de la lutte des classes.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>A quoi ça sert ?</strong></h2>



<p>Marx écrivit en 1844 que « les philosophes n&rsquo;ont fait qu&rsquo;interpréter le monde de différentes manières, ce qui importe, c&rsquo;est de le transformer. » À A2C, nous militons au quotidien parce que nous tirons de notre analyse du capitalisme des pistes pour le renverser, et si nous affinons nos analyses c’est pour nous permettre de militer de la manière la plus efficace.</p>



<p>Notre classe a non seulement intérêt à ce que ce système soit renversé, mais c’est elle seule qui a la capacité de le faire.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Qui d’autre ?</strong></h2>



<p>Certains parlent du peuple, des masses, des « gens », qui tou·te·s ensemble pourraient abattre le capitalisme. Sauf que c’est un peu flou : ces gens, de quelle classe font-iels parti.e.s ? Si cela inclut des capitalistes cela ne peut que nous limiter. Par exemple, les petits patrons ne luttent souvent que parce qu’iels veulent s’enrichir individuellement et non pour s’opposer au fonctionnement inégalitaire du système. De même, si des prolétaires se mettent en mouvement sans se concevoir comme tels, la lutte ne peut dépasser un certain point et se condamne à stagner, en témoigne les gilets jaunes, qui ont occupé.e.s la rue et se sont confronté.e.s à la répression d’État en tant que citoyen.e.s ou personnes en colères, mais n’ont pas amené la lutte à l’intérieur des lieux de travail. En fait, ces « masses » peuvent <em>protester</em>, exprimer leur colère, de manière très véhémente. Mais les masses ne peuvent rien <em>construire </em>tant qu’elles ne s’organisent pas en tant que classe pour prendre en charge la société.</p>



<p>Est-ce l’identité ou le vécu qui permet de combattre une oppression ? Être discriminé.e ne donne pas nécessairement le pouvoir de lutter contre le système d’oppression. Par exemple, subir de la transphobie ne donne pas plus de capacités aux trans qu’aux cis pour lutter contre elle.</p>



<p>Par contre, la classe travailleuse a la pouvoir de renverser le système, contre l’exploitation et toutes les oppressions. Déjà, elle se rebelle. Partout, des mécontentements explosent, des grèves éclatent, les travailleur·se·s se révoltent contre l’exploitation, les conditions de travail, et pour la hausse des salaires. Iels n’ont rien à perdre parce qu’iels n’ont aucun privilège à consolider, parce qu’iels ne possèdent rien. C’est une première différence entre Marx et Engels et ceux qui les ont précédés, qu’on appelait les socialistes utopiques : ces derniers voyaient les travailleur·se·s comme des victimes à sauver, et Marx et Engels ont vu en eux des acteur·ice·s de leur propre destin.</p>



<p>Par ailleurs, la classe travailleuse est collective et globalisée: l’immense majorité de la population mondiale qui travaille le fait par le biais du travail salarié. On parle de milliards de personnes. En excluant les employeurs étatiques (donc les armées et les services de santé), les 10 entreprises qui emploient le plus de personnes dans le monde emploient près de 10 millions de personnes, et encore c’est sans compter la sous-traitance. Le plus gros employeur, Walmart, emploie plus de 2 millions de personnes, autant de gens qui ont tou·te·s le même ennemi de classe, Jim Walton. Rien qu’en France, les 243 plus grosses entreprises emploient un tiers de la population active. Ainsi, chaque marchandise a été produite par le biais du travail de milliers voire des centaines de milliers de personnes, dans le processus d’extraction des matières premières, de fabrication l’objet, du transport, de la vente etc.</p>



<p>Le caractère collectif, c’est aussi sur le même lieu de travail : pour travailler, et pour résister, nous sommes obligé.e.s de collaborer avec nos collègues. La résistance prend nécessairement une forme collective, parce qu’il ne peut y avoir aucun espoir d’affranchissement à l’échelle individuelle.</p>



<p>Et surtout, les travailleur.se.s, en tant que classe, font tourner la société. Cela nous donne un pouvoir immense, à la fois de refuser de travailler tant qu’on obtient pas gain de cause, mais aussi d’utiliser notre position stratégique dans la production pour lutter : c’est cela qui se passe quand la CGT Énergie coupe l’électricité de sièges d’entreprises ou à des élus&nbsp;; c’est ce qui se passe quand des travailleur·se·s hommes et femmes se mettent en grève pour l’obtention de congés menstruels. Et justement, en s’organisant, les travailleur·se·s donnent à voir à quoi ressemblerait une société sans patrons, une société dans laquelle à toutes les échelles, les décisions sont prises par toutes et tous.</p>



<p>À plus grande échelle, comment parler du pouvoir de la classe ouvrière sans évoquer la révolution russe de 1917 ? Le 8 mars 1917, jour de lutte pour les droits des travailleuses, des grèves éclatent en Russie dans les centres ouvriers, qui prennent rapidement une très large ampleur, en Russie et en Europe. La révolution russe met fin à une guerre mondiale dévastatrice, rend l’avortement et l’homosexualité légales pour la première fois dans l’histoire, montrant également la nécessité d’un parti révolutionnaire pour organiser les travailleur·se·s les plus déterminé·e·s.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-full is-resized"><img data-dominant-color="5c5c5c" data-has-transparency="false" decoding="async" width="1000" height="661" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/07/soviet-petrograd-17-1.webp" alt="" class="wp-image-9735 not-transparent" style="--dominant-color: #5c5c5c; width:389px;height:auto" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/07/soviet-petrograd-17-1.webp 1000w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/07/soviet-petrograd-17-1-300x198.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/07/soviet-petrograd-17-1-768x508.webp 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></figure>
</div>


<p>La classe travailleuse s’y est organisée en soviets, le mot russe pour « conseil » : en pratique, les travailleur.se.s en grève dans chaque usine envoyaient des délégués au soviet de la ville qui s’agrandissait chaque jour, au fur et à mesure que de nouvelles usines étaient en grève. Les soviets, à Petrograd en particulier, ont rapidement représenté le pouvoir ouvrier, au point de renverser en quelques jours le Tsar dont la dynastie était au pouvoir depuis des siècles, et quelques mois plus tard le gouvernement bourgeois de Kerenski qui l’avait remplacé. Les travailleur·se·s se sont organisé·e·s entre eux pour prendre des décisions démocratiques, organiser la vie quotidienne, arrêter la guerre et gérer la production. Dans certaines usines, la direction a été licenciée par les ouvriers qui s’en emparaient pour la gérer eux-même. A l’échelle du plus vaste pays du monde et pendant plusieurs années, avant la contre-révolution stalinienne, cette révolution a montré que quand les travailleur.se.s agissent en tant que classe, pour eux même et contre la classe dominante&nbsp;: iels peuvent tout transformer.&nbsp;</p>



<p>À A2C, quand on parle de renverser le capitalisme, c’est cela que nous avons en tête : quand les travailleur·se·s agissent en tant que classe, iels sont en capacité de s’emparer de tout ce qui permet de faire tourner la société : entreprises, industries, internet etc. Et en construisant notre propre société sur les ruines de l’actuelle, ce seront les classes sociales elles-mêmes qui disparaîtront.</p>



<h5 class="wp-block-heading">Vic Michel (Strasbourg)</h5>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/classes-sociales/dans-quelle-classe-es-tu/">Dans quelle classe es-tu et pourquoi c’est important ?  </a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Classe ouvrière israélienne, apartheid et lecture collective</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/theorie/classe-ouvriere-israelienne-apartheid-et-lecture-collective/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Mathieu]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Jun 2024 11:23:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Théorie]]></category>
		<category><![CDATA[Classe ouvrière]]></category>
		<category><![CDATA[Impérialisme]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=8545</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Les Cahiers d’A2C #13 – juin 2024 Durant le mois d’avril, les antennes locales d’A2C Marseille, Toulouse et Paris choisissent d’arpenter l’article de Vanina Giudicelli « Pourquoi la classe ouvrière israélienne n’a pas intérêt à <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/theorie/classe-ouvriere-israelienne-apartheid-et-lecture-collective/" title="Classe ouvrière israélienne, apartheid et lecture collective">[...]</a></div>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/theorie/classe-ouvriere-israelienne-apartheid-et-lecture-collective/">Classe ouvrière israélienne, apartheid et lecture collective</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d’A2C #13 – juin 2024</h6>



<p>Durant le mois d’avril, les antennes locales d’A2C Marseille, Toulouse et Paris choisissent d’arpenter l’article de Vanina Giudicelli « Pourquoi la classe ouvrière israélienne n’a pas intérêt à la fin de l’apartheid »<sup data-fn="7214c8b4-ec08-471b-8013-49f08c0660d8" class="fn"><a id="7214c8b4-ec08-471b-8013-49f08c0660d8-link" href="#7214c8b4-ec08-471b-8013-49f08c0660d8">1</a></sup>. On pourrait penser qu’il est autocentré de publier un article retraçant des lectures collectives d’arguments publiés dans le numéro précédent. C’est en réalité l’objectif inverse qui est recherché. </p>



<p>La société capitaliste ne peut se reproduire sans une forte division du travail. Ainsi, l’école républicaine dissocie l’élève en apprentissage de l’étudiant en école d’ingénieur, l’usine sépare les tâches de l’ouvrier spécialisé de celles du contremaître, l’hôpital fragmente les outils du diagnosticien et ceux de l’aide-soignante, etc. En tant qu’activistes révolutionnaires, nous ne pouvons pas nous résoudre à ce que la théorie ne soit réservée qu’à une minorité de militant·es. </p>



<p>Aussi, nous avons fait le choix de développer des arpentages lors desquels nous lisons collectivement et en petits groupes un des articles publiés dans notre revue. Pour Paris, Il s’engage alors un débat dans des groupes de 3-4 camarades,  puis des échanges en plénière avec les 18 personnes présentes. Près de la moitié ne cotisent pas à A2C et pour beaucoup sont impliquées dans les collectifs d’Urgence Palestine 18ème, 20ème ou dans le Collectif Montreuil Palestine. </p>



<p>Rendre compte ici de ce travail d’élaboration répond à trois objectifs : convaincre de la nécessité des idées de toutes et tous pour former une intelligence collective, favoriser autant que possible des retours auprès de celles et ceux qui nous lisent et enfin que Les Cahiers pour l’Autonomie de Classe puissent devenir un outil de débat avec les activistes avec lesquels nous luttons. </p>



<p><strong>L’apartheid et les colonies de peuplement, une spécificité israélienne ?</strong></p>



<p>L’article relatif à la classe ouvrière israélienne défend cette idée qu’au sein d’une colonie de peuplement comme l’État d’Israël, l’unité de classe entre les populations colonisées, les Palestinien.nes, et occupantes, les israélien.nes, est illusoire. En raison même de leurs conditions de développement et d’existence, les travailleu.se.rs israélien.nes en viennent à se comporter comme des colons. </p>



<p>Cette idée reprise aux militants marxistes Israéliens Moshe Machover et Akiva Orr a fait débat lors de nos échanges collectifs. Si chacune des trois discussions est en soit un contexte propre, un certain nombre de questionnements sont revenus systématiquement lors de ces trois arpentages. En quoi l’occupation de la Palestine diffère-t-elle des formes de colonisation qu’a imposées la France aux populations autochtones ? Peut-on dresser un parallèle entre le processus ayant abouti à la création et au développement de la nation israélienne, et l’histoire de la formation des Etats-Unis d’Amérique, qui s’est grandement appuyée sur le colonialisme de populations venues d’Europe ou sur un génocide de près de 60 millions d’indigènes? </p>



<p><strong>L’exploitation des pays du Sud profite-t-elle aux classes ouvrières du nord ? </strong></p>



<p>Cela amène à une deuxième question : lorsque l’on est exploité·e aux USA ou en Europe, tire-t-on profit de l’exploitation des personnes subissant le racisme dans ces pays ? En dehors des frontières nationales, tire-t-on profit de l’exploitation des populations et des ressources soumises aux impérialismes de nos Etats et des multinationales ? À partir de cette hypothèse comment comprendre que certaines luttes ou révolutions nationales aient été largement soutenues par les classes populaires de pays colonialistes (Algérie, Vietnam, Irak…) ? </p>



<p>C’est en repartant des théories de Marx que nous avons de nouveau abordé cette question des rapports impérialistes et de l’unité des prolétaires de tous les pays lors de notre dernier week-end de formations et de débats. </p>



<p>De ces questionnements découlent une multitude d’arguments, de contre-arguments, d’incompréhensions, de demandes de clarification&#8230; C’est d’abord cela qu’a permis cet article et ces arpentages dont nous rendons compte. Ils ont forgé un chaînon nous conduisant à celui d’après avec un seul objectif : forger une intelligence collective avec l’ensemble des militant·es d’A2C, ou pas, qui construisent la riposte au génocide en cours et tiennent des positions sans concession dans l’ensemble des fronts sur lesquels nous luttons. </p>



<p>Alors n’hésitez plus, lecteurs et lectrices de toutes les contrées, contribuez! </p>



<h5 class="wp-block-heading">Gaël Braibant (Montreuil)</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="7214c8b4-ec08-471b-8013-49f08c0660d8">Les cahiers de l’autonomie de classe #13, mars-avril 2023 <a href="#7214c8b4-ec08-471b-8013-49f08c0660d8-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li></ol><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/theorie/classe-ouvriere-israelienne-apartheid-et-lecture-collective/">Classe ouvrière israélienne, apartheid et lecture collective</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Courrier de nos camarades</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/international/courrier-de-nos-camarades/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Mathieu]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Jun 2024 11:14:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Classe ouvrière]]></category>
		<category><![CDATA[Colonisation]]></category>
		<category><![CDATA[Impérialisme]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=8540</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Les Cahiers d&#8217;A2C #13 &#8211; juin 2024 Depuis le 07 octobre, A2C, assumant un retard en matière d’élaboration collective quant à la question palestinienne, met en avant des arguments sans concession avec l’enclave coloniale israélienne. <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/courrier-de-nos-camarades/" title="Courrier de nos camarades">[...]</a></div>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/courrier-de-nos-camarades/">Courrier de nos camarades</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #13 &#8211; juin 2024</h6>



<p><em>Depuis le 07 octobre, A2C, assumant un retard en matière d’élaboration collective quant à la question palestinienne, met en avant des arguments sans concession avec l’enclave coloniale israélienne. Dans les cahiers précédents, nous proposions trois analyses marxistes en rupture avec la vision dominante de la situation</em><sup data-fn="11a9a46e-123f-4880-bd8c-2cef3324e320" class="fn"><a id="11a9a46e-123f-4880-bd8c-2cef3324e320-link" href="#11a9a46e-123f-4880-bd8c-2cef3324e320">1</a></sup><em>.</em></p>



<p><em>Suite à l’arpentage organisé par A2C Ile-de-France et relatif à l’article « Pourquoi la classe ouvrière israélienne n’a pas intérêt à la fin de l’apartheid », Vanina Giudicelli, (voir le retour ci-avant), un camarade nous a écrit une réponse précieuse.. C’est là le sens de la revue : mettre en débat tout ce qui questionne, laisse dans l’incompréhension et donner la parole à celles et ceux qui souhaitent émettre un désaccord.</em> </p>



<p>Merci (A2C Paris) pour le stimulant arpentage de vendredi dernier sur «Pourquoi la classe ouvrière israélienne n’a pas intérêt à la fin de l’apartheid». Deux-trois Trepverter là-dessus. (Du yiddish Trep = marche (d’un escalier), Verter = mots. En gros : ce que tu as à dire après le déclenchement de l’esprit d’escalier.)</p>



<p>Israël n’est pas la seule puissance au monde à mettre en œuvre une colonisation de peuplement.</p>



<p>A propos de la thèse de Machover/Orr et Thier &#8211; qui semble être une tentative de sauver la mise marxiste &#8211; selon laquelle la fascisation de la classe ouvrière israélienne serait une situation unique au monde. Selon eux, tu ne peux trouver, nulle part sur la planète, aucun autre prolétariat ou, nuance, aucune autre couche de prolétariat, qui se comporte de cette façon, et qui aurait raison de le faire. En effet, le cœur de leur thèse est que les fachos israéliens de la classe ouvrière sont parfaitement lucides, ils voient parfaitement où se trouvent leurs intérêts, et ils agissent en conséquence : Ils ne sont pas dupes.</p>



<p>En supposant que les auteurs ont raison sur le cas israélien, je me dis qu’une analogie pourrait peut-être exister avec une certaine composante de la classe ouvrière américaine, notamment la fraction la plus réactionnaire du prolétariat blanc. Les Etats-Unis étant eux aussi une ancienne colonie de peuplement, la chose ne m’étonnerait pas. J’ai souvent l’impression que des fachos américains pauvres &#8212; tout comme les fachos américains petits-bourgeois &#8212; ont tout intérêt à s’identifier avec le pouvoir qui les opprime. Ils vont tellement bien ensemble.</p>



<p>Si l’analogie Israël/USA tient, la différence, ou une différence, serait sans doute la suivante : Alors qu’en Israël le prolétariat est facho parce que bénéficiaire de façon massive du statu quo, aux Etats-Unis, il suffit que le statu quo permette au prolétaire blanc de bénéficier plus que son voisin pour qu’il se rallie au suprémacisme blanc. Ce ne serait donc pas le fait d’être une sorte de prolétariat aisé – le cas israélien &#8211; qui serait déterminant pour expliquer la politisation à l’extrême droite du prolétaire blanc raciste, mais la hantise, plus ou moins constante, de tomber dans la couche du prolétariat inférieure à celle dans laquelle il se trouve actuellement. Autrement dit, la peur “de vivre comme les noirs.”</p>



<p>Si Israël est un cas à part parmi les pays colonisateurs &#8211; et il l’est &#8211; ce n’est pas parce qu’il n’aurait rien à voir avec d’autres cas (Thier ne dit pas cela d’ailleurs) mais parce qu’il est une sorte de condensé ou de caricature poussé à l’extrême de ceux-ci. Si la situation du white trash américain est une forme atténuée de celle du sioniste il serait donc logique, et non contradictoire que le facho yankee perçoive son intérêt matériel en termes relatifs plutôt qu’absolus.</p>



<p><strong>Les conditions du sionisme de 1948. Et celui d’aujourd’hui</strong></p>



<p>Tout à fait d’accord avec la remarque de Sana (A2C Paris 18ème) dans laquelle elle différenciait les petits blancs des colonies (qu’elle ne dédouane pas du tout !) du sioniste actuel qui fait “son” alya. Seulement, je pense que le tableau se brouille si on compare le petit blanc de l’avant-Françafrique avec certaines composantes de l’immigration juive en Palestine en fonction de l’époque. En effet, je crois que, avant aussi bien qu’après la Shoah, beaucoup de réfugié∙e∙s juif∙ve∙s sont allé·es en Palestine non pour trouver la terre promise, leur dû, mais simplement en dernier ressort.</p>



<p>Je précise tout de suite que, pour moi, ceci ne change absolument rien à l’essentiel, c’est-à-dire ce qu’ils ont fait après avoir débarqué. Mais, je pense que ce qui a déterminé le choix, fatal, de cette destination pour un certain nombre de juif·ve·s était, non pas le sionisme en tant que tel pour lequel ils n’étaient peut-être pas très chaud∙e∙s, mais le manque d’alternatives viables, à cause, entre autres, des lois antisémites comme l’US Immigration Act of 1924. Et, il est toujours accablant de voir avec quelle rapidité, et avec quelle facilité, les victimes se transforment en bourreaux.</p>



<p>Je profite de l’occasion pour rebondir sur les remarques de Jad dans les Cahiers 10 sur le 7 octobre (c’est la transformation de victimes en bourreaux qui m’y a fait penser).</p>



<p>Je suis entièrement d’accord avec les paragraphes qu’il consacre aux dilemmes moraux. Seulement voilà, je ne pense pas qu’ils épuisent la question. Ils débroussaillent bien le terrain («il n’existe pas de morale au-dessus de la politique [&#8230;]“ ”La guerre [&#8230;] et ses calamités sont imposées par l’oppresseur») mais laissent ouvertes les questions plus, ou les plus, épineuses &#8212; c’était peut-être leur but d’ailleurs («C’est seulement dans ce contexte historique qu’on peut [&#8230;] espérer y porter un jugement moral»).</p>



<p>Je me demande si, une fois éliminée toute dépolitisation, l’on n’a plus la possibilité de condamner &#8212; disons plutôt : de voter contre&#8230; &#8212; des atrocités commises avec telle ou telle visée politique, dans tel ou tel contexte d’oppression ? Je veux dire : voter contre pour des raisons qui ne sont pas uniquement d’ordre politique (ou tactique ou stratégique) ?</p>



<p>Que devient au juste cette catégorie de «moralité» après qu’on a pigé (début des années 1840) qu’elle n’existe pas indépendamment des conditions matérielles (et autres) dont elle est une projection ? Est-ce qu’on a vraiment besoin d’une moralité à l’ancienne &#8212; celle qui surplombe la politique de très haut &#8212; pour pouvoir émettre un jugement &#8212; moral &#8212; sur le 7 octobre ?</p>



<p>Et si je disais (pour ma part) que, oui, le 7 octobre procédait des revendications légitimes &#8212; plus que légitimes &#8212; mais que cela ne le justifie pas. Autrement dit : cette tuerie aveugle, parfaitement explicable dans le contexte, a été une très très mauvaise idée sur le plan moral.</p>



<p>Sur quel plan moral ? Celui des valeurs au nom desquelles la lutte armée elle-même se fait&#8230; Ce n’est pas comme si ces valeurs n’entrent plus dans l’affaire une fois que leur ancrage dans une histoire matérielle est pleinement reconnu. Au contraire ! (Est-ce que ça revient à faire porter aux opprimés une charge (de responsabilité morale) plus lourde que celle que porte les bourgeois ? Ce serait dégueulasse en effet.)</p>



<p>Imaginons qu’un habitant du ghetto de Varsovie parvient, par miracle à s’échapper du ghetto de Varsovie, et qu’il se mette ensuite à tirer sur tout ce qui bouge. On comprendrait comprends parfaitement son geste, d’autant plus que son voisinage immédiat compterait bon nombre d’antisémites de tous âges qui vivraient tranquillou à deux pas de là où il crevait du Typhus. Mais, tout de même, ça n’aurait pas fait de mal de se limiter aux SS, il me semble.</p>



<p>Bref. Une exigence morale résistante serait de ne pas sombrer, par soif de vengeance ou je ne sais quel calcul, dans un mimétisme, forcément mortifère, avec l’oppresseur. Ce serait ça l’obligation morale, la règle d’or : le mal absolu ce n’est pas de tuer, c’est de s’abaisser au niveau du facho qu’on a en face. L’impératif catégorique c’est d’éviter à tout prix, non pas la violence, mais ce style de terrorisme totalement aveugle qu’affectionnent l’Etat d’Israël et ses soutiens.</p>



<p>A+</p>



<h5 class="wp-block-heading">Arthur (paris 18e)</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="11a9a46e-123f-4880-bd8c-2cef3324e320">Les cahiers A2C n°10, « Une Histoire abrégée du conflit israélo-palestinien », Jad Bouharoun, A2C Paris 18ème<br>Les cahiers A2C n°11 « Le sionisme : un projet raciste et colonial qui doit être combattu au nom de la lutte contre le racisme et l’antisémitisme » Dani et Hugo, A2C Toulouse<br>Les cahiers A2C n°12 « Pourquoi la classe ouvrière israélienne n’a pas intérêt à la fin de l’apartheid » Vanina Giudicelli, A2C Paris 20ème <a href="#11a9a46e-123f-4880-bd8c-2cef3324e320-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li></ol><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/courrier-de-nos-camarades/">Courrier de nos camarades</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>L’autonomie de classe : « aller de l’avant est une élévation  »! </title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/theorie/lautonomie-de-classe-aller-de-lavant-est-une-elevation/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jakubowski]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 02 Oct 2023 05:30:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Théorie]]></category>
		<category><![CDATA[Autonomie]]></category>
		<category><![CDATA[Classe ouvrière]]></category>
		<category><![CDATA[mouvement]]></category>
		<category><![CDATA[Stratégie]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=7877</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">L’autonomie de classe est un processus. Ce n’est pas uniquement une expression théorique, cela est même, au contraire, un objectif à atteindre dont découle une pratique. Cet article tente d’expliciter ce qu’on entend par cette <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/theorie/lautonomie-de-classe-aller-de-lavant-est-une-elevation/" title="L’autonomie de classe : « aller de l’avant est une élévation  »! ">[...]</a></div>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/theorie/lautonomie-de-classe-aller-de-lavant-est-une-elevation/">L’autonomie de classe : « aller de l’avant est une élévation  »! </a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p style="font-style:normal;font-weight:600">L’autonomie de classe est un processus. Ce n’est pas uniquement une expression théorique, cela est même, au contraire, un objectif à atteindre dont découle une pratique. Cet article tente d’expliciter ce qu’on entend par cette expression.</p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #09 &#8211; Septembre 2023</h6>



<p class="has-drop-cap">Le conflit qui oppose la bourgeoisie et la classe ouvrière existe. Il n’est pas une vue de l’esprit. L’enjeu auquel nous nous attelons est universel : transformer toute la société. Pas seulement les conditions d’un petit groupe de personnes, d’un corps de métier, d’une partie de l’humanité… Toute la société !</p>



<h2 class="wp-block-heading">La trajectoire du capital</h2>



<p>Ce que nous appelons la trajectoire du capital, dans différents articles que nous avons publiés, c’est le chemin qu’emprunte la bourgeoisie et ce qui en résulte : l’augmentation des budgets d’armement, la tendance générale à la multiplication des conflits entre blocs de capitaux, la guerre en Ukraine, les tensions au Sahel, le renforcement des polices à travers le monde, la prégnance du danger fasciste, les contre-réformes, etc.</p>



<p>Cette trajectoire a une conséquence : nous ne pouvons pas compter sur la bourgeoisie —&nbsp;donc ni sur le capital ni sur l’État&nbsp;— pour mettre un point d’arrêt aux guerres. Ainsi, il est impossible d’attendre que nos intérêts de classe soient défendus par un État quel qu’il soit dans une guerre comme celle qui a cours en Ukraine. On ne peut pas s’en remettre à l’État pour nous protéger durant une pandémie. On ne peut pas attendre que l’État interdise des meetings fascistes et on ne peut pas non plus s’en remettre à la démocratie bourgeoise. Et en 2023, on ne pouvait pas attendre de victoire sur les retraites dans l’Assemblée nationale.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Être dans les luttes, construire l’autonomie de classe</h2>



<p>L’autonomie de classe, c’est un éclairage qui aide, qui m’aide, qui nous aide à faire des choix, à comprendre l’actualité, comme si on utilisait un filtre « l’opposition capital / travail ». Ces lunettes d’analyse permettent d’éclairer l’opposition des forces entre la bourgeoisie et notre classe. « Notre classe », c’est-à-dire celles et ceux qui n’ont pas d’autre choix que de travailler pour subvenir à leurs besoins. Il s’agit bien d’une analyse marxiste de la société. Dans les premières pages du Manifeste du Parti communiste, Marx et Engels expliquent déjà en 1848 que le fonctionnement même du capitalisme le pousse à infester le monde entier : « poussée par le besoin de débouchés de plus en plus larges pour ses produits, la bourgeoisie envahit le globe entier. Il lui faut s’implanter partout, mettre tout en exploitation. » Si elle rencontre des résistances, il y aura affrontement. Dans tous les cas, le capitalisme n’est pas un système moral. D’où le fait qu’on ne peut pas faire sécession avec de bonnes intentions : il n’y a pas d’en-dehors du capitalisme, du plus petit village d’Ardèche à Wall Street. On ne peut malheureusement pas vivre que de ZAD, d’alternatives isolées, d’associations, d’augmentations de salaires éparses ou autres réseaux d’entraide… Pour autant, toutes ces luttes sont le mouvement, « le prolétariat avec de l’attitude »<sup data-fn="0ad84e76-0e0e-475e-a1fc-10d548e2fed5" class="fn"><a href="#0ad84e76-0e0e-475e-a1fc-10d548e2fed5" id="0ad84e76-0e0e-475e-a1fc-10d548e2fed5-link">1</a></sup>. Elles ont une valeur pour l’augmentation de notre confiance, elles sont le germe de ce qui peut advenir de meilleur. Grâce à la solidarité et à l’action collective, ces initiatives, élaborées ensemble par celles et ceux qui luttent, construisent l’autonomie de notre classe.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img data-dominant-color="878799" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #878799;" loading="lazy" decoding="async" width="800" height="600" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/09/A2C_RevueN9_Autonomie_Illustr1-jpg.webp" alt="" class="wp-image-7881 not-transparent" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/09/A2C_RevueN9_Autonomie_Illustr1-jpg.webp 800w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/09/A2C_RevueN9_Autonomie_Illustr1-300x225.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/09/A2C_RevueN9_Autonomie_Illustr1-768x576.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/09/A2C_RevueN9_Autonomie_Illustr1-678x509.webp 678w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/09/A2C_RevueN9_Autonomie_Illustr1-326x245.webp 326w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/09/A2C_RevueN9_Autonomie_Illustr1-80x60.webp 80w" sizes="auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px" /></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Penser le changement, changer de pansement ou…</h2>



<p>À la fois on ne peut pas faire sécession, faire la révolution dans son coin en ignorant le reste du monde, à la fois on ne peut pas aborder la révolution uniquement comme une rêverie lointaine. En gros, bavasser sur la révolution ou se satisfaire de solutions à échelle réduite ? Là commence la gymnastique pour dépasser cette fausse opposition. En effet, quand on parle d’autonomie de classe, on sait que notre classe n’existe pas isolément mais dans l’opposition avec la bourgeoisie. Si le but visé est une société sans classe, alors on vise notre disparition en tant que classe. Et pour y parvenir, la stratégie révolutionnaire ne doit pas faire fi du mouvement, elle doit le mettre au centre. « Le mouvement », ce n’est pas seulement le mouvement « social ». Ce ne sont pas seulement les manifestations, spectaculaires, belles et vivantes. Ou seulement les syndicats. Ce sont tous les moments où la classe s’auto-organise. Ce fameux mouvement —&nbsp;à partir duquel nous travaillons dans les articles des Cahiers d’A2C&nbsp;— peut apparaître comme étant très limité d’un point de vue révolutionnaire, si l’on s’en tient à quelques clichés figés dans le temps. Pourtant, il est plein de vitalité, source de transformation. C’est là que se pose la question de l’autonomie.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Lutter pour nous-mêmes et par nous-mêmes : notre fête, leur misère !</h2>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-full is-resized"><img data-dominant-color="465352" data-has-transparency="false" loading="lazy" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/09/A2C_RevueN9_Autonomie_Illustr2-jpg.webp" alt="" class="wp-image-7882 not-transparent" style="--dominant-color: #465352; width:397px;height:298px" width="397" height="298" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/09/A2C_RevueN9_Autonomie_Illustr2-jpg.webp 600w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/09/A2C_RevueN9_Autonomie_Illustr2-300x226.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/09/A2C_RevueN9_Autonomie_Illustr2-326x245.webp 326w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/09/A2C_RevueN9_Autonomie_Illustr2-80x60.webp 80w" sizes="auto, (max-width: 397px) 100vw, 397px" /></figure>
</div>


<p>La boussole de l’autonomie de classe, c’est ce qui permet d’éviter que tout s’arrête à la fin d’un processus institutionnel. C’est même ce qui permet de ne rien en attendre. Concrètement, c’est commencer dès le début d’un mouvement d’ampleur à mobiliser à la base, à rendre la confiance contagieuse en valorisant ce qui se fait en bas. C’est se concentrer sur nous-mêmes, valoriser notre classe, se demander comment on se renforce et on se lie, comment évolue notre état, notre capacité à prendre nos affaires en main, pour mieux affronter ceux d’en face. Nous ne devons pas attendre que les initiatives d’élu·es, quelles qu’elles soient, aboutissent. Quand bien même ces initiatives prises « par en haut » permettraient d’appuyer un rapport de forces globalement élevé, il ne s’agit pas de la même chose si c’est nous qui mettons un stop à la classe dirigeante. Car pour leur faire la misère, il faut qu’on fasse vraiment la fête. Quand on dit autonomie de classe, on dit que c’est par la base, par nos assemblées de fac, nos collectifs de quartier, nos expériences syndicales qu’on grappille des degrés de confiance sur la classe adverse, finalement par la mise en action collective. Se penser comme autonome, c’est se penser comme capable de tout changer et que nous sommes d’une importance extrême. D’autres, qu’on imagine mieux placés, plus proches des sphères de pouvoir, ne peuvent pas se battre à notre place. Même si cela paraît plus simple, les expert·es, les pro, les élu·es sauraient-ils et elles faire mieux que nous-mêmes ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Humilité et prétention</h2>



<p>Des expériences qui renforcent l’autonomie de classe ont lieu à plein d’endroits dans le monde, sans que les protagonistes utilisent nécessairement cette expression. Que ce soit dans des syndicats, des villes ou des campagnes, chez des personnes éloignées de la politique institutionnelle, dans des cercles de base de certaines organisations politiques, des collectifs féministes, écologistes, antiracistes, des ZAD, des occupations, des médias, des milices, des réseaux clandestins, des organisations d’autonomie alimentaire, de paysannerie… Par exemple, lorsque des paysan·nes du Plateau de Millevache prennent l’initiative de créer un droit d’asile du Limousin ou quand des habitant·es du 20e&nbsp;arrondissement de Paris créent une « carte d’habitant·e » pour tous·tes, avec ou sans papiers,&nbsp;&nbsp;iels prennent leurs affaires en main pour contrer le discours dominant de division et de racisme. Un territoire rural, un quartier ouvrier, un local de cantine, tout cela participe au renforcement de notre confiance dans le fait que « l’émancipation des travailleur·euses sera l’œuvre des travailleur·euses elles et eux-mêmes ». Il y a de l’humilité et de la prétention dans cette pensée : penser que ce n’est pas un petit groupe de personnes qui peut changer le monde seul, mais avoir la prétention de pouvoir quand même influencer le cours des choses. Éviter l’immobilisme. Penser que malgré tout, une personne de plus, c’est une personne de plus. Et plus notre classe forge son autonomie en alliage soie et nickel, plus nous entrevoyons la disparition de la classe capitaliste.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’autonomie de classe : une histoire de&nbsp;confiance pour contre-attaquer !</h2>



<p>Comme je le disais plus haut, notre classe est en capacité de tout changer. Ce qui me faisait penser au souhait de Don Choa : « Tu voudrais voir l’atmosphère se détendre, j’veux voir la classe ouvrière se défendre »<sup data-fn="8802372d-aeb0-40da-b335-7812e405f077" class="fn"><a href="#8802372d-aeb0-40da-b335-7812e405f077" id="8802372d-aeb0-40da-b335-7812e405f077-link">2</a></sup>. Et se défendre, ce n’est pas « être défendue par »… On aura beau avoir de notre côté des avocat·es, des magistrat·es, des organisations de bienfaisance, ça n’ira pas beaucoup plus loin que le maintien d’un rapport conflictuel où l’on répond aux coups portés par le capital. Quel que soit le nom que nous donnons à notre classe, et quand bien même elle est traversée par de multiples contradictions, il n’y a que par la mise en action réelle de millions de personnes qu’on arrivera à résoudre l’équation, et à faire plus que se défendre : à contre-attaquer.</p>



<p>Imaginons, si 1 000 personnes font à la place de 10&nbsp;millions, avec beaucoup de bonne volonté et de bonnes intentions, il y aura toujours la répression en face, et aussi une déconnexion inévitable. Par exemple, rêver qu’une motion de censure fasse le travail à notre place peut sembler attirant. Mais cela aurait bien des effets sur la suite et sur notre conception générale de l’importance de la lutte. Croire que nous n’avons pas d’impact par notre mise en action collective, c’est renforcer la passivité et le défaitisme. C’est peut-être aussi cela qui fait qu’on participe aux manifestations comme à un rituel obligatoire. Chacune et chacun a pourtant toute la légitimité d’apporter au mouvement, de le faire grossir, de le renforcer. Croire qu’on n’y peut rien et qu’on n’est rien est trop courant, et c’est le chemin de réflexion qui nous amène à penser que pour régler toutes nos questions, il faudrait voter ou « mieux » voter pour améliorer notre sort.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img data-dominant-color="7d736f" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #7d736f;" loading="lazy" decoding="async" width="1100" height="825" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/09/A2C_RevueN9_Autonomie_Illustr3-1100x825.webp" alt="" class="wp-image-7883 not-transparent" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/09/A2C_RevueN9_Autonomie_Illustr3-1100x825.webp 1100w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/09/A2C_RevueN9_Autonomie_Illustr3-300x225.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/09/A2C_RevueN9_Autonomie_Illustr3-768x576.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/09/A2C_RevueN9_Autonomie_Illustr3-678x509.webp 678w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/09/A2C_RevueN9_Autonomie_Illustr3-326x245.webp 326w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/09/A2C_RevueN9_Autonomie_Illustr3-80x60.webp 80w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/09/A2C_RevueN9_Autonomie_Illustr3-jpg.webp 1200w" sizes="auto, (max-width: 1100px) 100vw, 1100px" /></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Une seule boussole : le mouvement</h2>



<p>Oui, il n’est pas simple de militer et on peut imaginer que certaines de ces approches donnent parfois la confiance de continuer malgré toutes les limites évoquées. Dans une situation politique aussi tendue, nous devons continuer d’insister sur le potentiel d’auto-organisation et d’élargissement du mouvement. Nous devons avoir en tête l’ampleur du travail d’argumentation, d’initiatives, de renforcement de liens entre militant·es et non militant·es qui nous attend encore. Quand il y a des initiatives du mouvement —&nbsp;un flash mob, une banderole monumentale, une assemblée de grévistes, une manifestation à vélo, une kermesse antifasciste, un atelier pancarte, une jonction entre féministes et syndicalistes, un festival antiraciste&nbsp;— il faut s’en réjouir, les soutenir et les considérer comme des illustrations de l’augmentation de cette fameuse confiance. Et si la confiance prend du temps, c’est que le processus vaut la peine d’être vécu. Prendre des raccourcis, c’est passer à côté du processus de transformation pourtant nécessaire à la prise de confiance politique et donc à la révolution.</p>



<p>D’ailleurs, si l’on revient sur les mouvements des derniers mois, on a pu retrouver des raccourcis, qui peuvent être très mobilisants dans le temps court, mais finir par nous éloigner de la politique sur le long terme.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Le débouché politique</strong> : extérieur au mouvement, un parti se positionne comme la voie institutionnelle qui va porter les voix des grévistes et/ou des manifestant·es. Ainsi, notre rôle serait uniquement de « faire pression » sur le gouvernement en appuyant le parti censé nous représenter.</li>



<li><strong>La personne ou l’organisation providentielle</strong> : elle apporterait l’idée qui va tout changer, la bonne revendication à suivre, la bonne action spectaculaire, le bon rythme de dates de manifestations.</li>



<li><strong>La super grève qui bloque tout</strong> : se mettre en grève ne vaut le coup que si un secteur stratégique s’y met. La grève n’a dans cette approche qu’un pouvoir bloquant et non un pouvoir d’auto-­organisation de notre classe. Donc si la grève ne bloque rien, alors elle est inutile. Dans cette logique, si un secteur n’a pas de pouvoir bloquant, la grève de celui-ci serait inutile. Aussi, si peu de monde est en grève, on peut entendre que « les gens ne veulent pas se battre ».</li>



<li><strong>La grève générale</strong> : l’objectif est qu’un maximum de monde se mette en grève en même temps. Mais comme tout le monde ne se lance pas en même temps, on se dit que c’est soit la faute des gens, soit la faute des syndicats. C’est le chaton qui se mord la queue : on ne se met pas en action car on attend que des masses se soulèvent, et une grève isolée n’est rien.</li>



<li><strong>La direction révolutionnaire </strong>: pour que le mouvement prenne la bonne direction, il faut en prendre… la direction. Donc l’idée serait de substituer à la mauvaise direction réformiste la bonne direction révolutionnaire auquel le mouvement devrait naturellement se subordonner.</li>



<li><strong>Le spectacle, les pertes matérielles et la tactique militaire</strong> : plus on s’attaque physiquement aux éléments visibles du capitalisme et plus on s’entraîne, plus on augmente la pression sur le gouvernement et les bourgeois qui vont compter leurs pertes et leurs blessé·es. La frustration vient souvent du fait que « les gens ne sont pas assez radicaux, ne sont pas déterminé·es ». Ou bien, le défaitisme peut venir de l’épuisement et du fait que nous n’arrivons pas à infliger une défaite militaire à la police, qui reste plus forte, nous blesse et nous tue.</li>



<li><strong>L’alternative concrète comme fin en soi </strong>: régulièrement en fin de mouvement, revient cette envie de faire sécession. Si on estime que notre rôle était de faire seulement plier les député·es, le gouvernement, les bourgeois, les oppresseurs, et si on n’y a pas réussi, alors on peut avoir envie de faire quelque chose de concret, dont les effets seront rapidement palpables : créer des colocations à la campagne, construire une utopie ne cherchant plus à entraîner d’autres personnes avec soi.</li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading">L’immense toile de l’autonomie politique</h2>



<p>Au sein du mouvement, on discute, on débat, on ne passe pas en force, on s’appuie sur des expériences vécues, des bilans, des freins et des tremplins… Politiquement, c’est plus sûr et encourageant d’avoir des équipes de gens en action qui impulsent et motivent, invitent et proposent, pensent toujours à communiquer au-delà des cercles habituels. Ce qui est moins sécurisant, c’est de voir des personnes donner des leçons sans agir là où elles se trouvent et voir se diffuser l’idée que les raccourcis seraient bénéfiques pour gagner vite et à moindre frais.</p>



<p>Dans les raccourcis évoqués plus haut, il manque souvent quelque chose d’incontournable : le fait que notre classe soit en mouvement, physiquement et psychologiquement. Qu’elle se parle, rompe avec le quotidien de l’exploitation, dépasse ses peurs, ses préjugés sur les « autres » et sur elle-même. Autrement dit, que notre classe dépasse les oppressions qui la traversent pour aller vers une force collective offrant une énorme bouffée d’air. Comme un feu d’artifice émancipateur auquel rien ne résiste plus, parce qu’« en bande organisée, personne peut nous canaliser »<sup data-fn="b7c02cb6-37aa-45a0-8324-4ce757f954dc" class="fn"><a href="#b7c02cb6-37aa-45a0-8324-4ce757f954dc" id="b7c02cb6-37aa-45a0-8324-4ce757f954dc-link">3</a></sup>. On peut alors imaginer être à la hauteur du rapport de forces nécessaire pour résister aux forces de répression et contre-révolutionnaires, aux relents individualistes. Pour garder la patate et aller de l’avant, on garde en tête que tout se joue collectivement, et que même dans les moments de doute, « gigantesque est la foule, encagoulée et gantée »<sup data-fn="9ccea5c1-b1e3-47a8-a5a6-a343a18b6a76" class="fn"><a href="#9ccea5c1-b1e3-47a8-a5a6-a343a18b6a76" id="9ccea5c1-b1e3-47a8-a5a6-a343a18b6a76-link">4</a></sup>!</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« Pas de temps pour la stagnation,</p>



<p>à la Franz Fanon, pas de damnation (…)</p>



<p>aller de l’avant est une élévation ! »</p>
<cite>« Homme neuf », in Comment rester propre ?, La Rumeur ft Ali, 2023</cite></blockquote>



<h5 class="wp-block-heading">Solen Ferrandon-Bescond, Rennes</h5>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-dots"/>



<h6 class="wp-block-heading">Notes</h6>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="0ad84e76-0e0e-475e-a1fc-10d548e2fed5">« Magnifique », in Réalité Rap Musique, Vol. 3, Ben PLG, 2022 <a href="#0ad84e76-0e0e-475e-a1fc-10d548e2fed5-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li><li id="8802372d-aeb0-40da-b335-7812e405f077">« Poches vides », Don Choa, EP 2017 <a href="#8802372d-aeb0-40da-b335-7812e405f077-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2">↩︎</a></li><li id="b7c02cb6-37aa-45a0-8324-4ce757f954dc">« Bande organisée », in 13’Organisé, Jul / 13’Organisé, 2020 <a href="#b7c02cb6-37aa-45a0-8324-4ce757f954dc-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3">↩︎</a></li><li id="9ccea5c1-b1e3-47a8-a5a6-a343a18b6a76">« Généric », in Médine France, Médine, 2022 <a href="#9ccea5c1-b1e3-47a8-a5a6-a343a18b6a76-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4">↩︎</a></li></ol><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/theorie/lautonomie-de-classe-aller-de-lavant-est-une-elevation/">L’autonomie de classe : « aller de l’avant est une élévation  »! </a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>À quoi ressemblerait un « pouvoir ouvrier » ?</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/theorie/a-quoi-ressemblerait-un-pouvoir-ouvrier/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Mathieu]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 25 Sep 2023 09:02:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Théorie]]></category>
		<category><![CDATA[Classe ouvrière]]></category>
		<category><![CDATA[Grève]]></category>
		<category><![CDATA[Révolution]]></category>
		<category><![CDATA[Stratégie]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=7872</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">En plein milieu des grèves sur les retraites de 2019-2020, il s’est passé un des moments les plus jubilatoires des luttes de ces dernières années, lorsque Sibyle Veil, la présidente de Radio France a essayé <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/theorie/a-quoi-ressemblerait-un-pouvoir-ouvrier/" title="À quoi ressemblerait un « pouvoir ouvrier » ?">[...]</a></div>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/theorie/a-quoi-ressemblerait-un-pouvoir-ouvrier/">À quoi ressemblerait un « pouvoir ouvrier » ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>En plein milieu des grèves sur les retraites de 2019-2020, il s’est passé un des moments les plus jubilatoires des luttes de ces dernières années, lorsque Sibyle Veil, la présidente de Radio France a essayé de présenter ses vœux de bonne année au personnel. À peine son discours commencé, les membres de la chorale de Radio France, présent·es dans l’auditorium et en grève aussi contre la tentative de la supprimer, se sont tou·te·s levé·es pour entonner un morceau d’un opéra de Verdi… « Le chœur des esclaves ». Pendant quinze longues minutes, les grévistes ont continué à se moquer de Veil, montant sur la scène avec des pancartes et un jeu de frisbee (!) autour d’une Sibyle Veil complètement désarçonnée et impuissante et qui finit par abandonner la partie. Allez voir la vidéo pour (re)savourer la scène</strong><span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_7872_12('footnote_plugin_reference_7872_12_1');" onkeypress="footnote_moveToReference_7872_12('footnote_plugin_reference_7872_12_1');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_7872_12_1" class="footnote_plugin_tooltip_text">1</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_7872_12_1" class="footnote_tooltip"><a href="https://www.youtube.com/watch?v=3Qf38heMuD4"><span class="footnote_url_wrap">https://www.youtube.com/watch?v=3Qf38heMuD4</span></a></span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_7872_12_1').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_7872_12_1', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script><strong>.</strong></p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #09 &#8211; Septembre 2023</h6>



<p class="has-drop-cap">Si nous commençons par cet exemple c’est pour deux raisons. D’abord, comme dans tout grand mouvement de grève, où les rapports de forces s’inversent, nous avons ici un petit aperçu de notre pouvoir et de leur impuissance… et de ce qui serait possible demain à l’échelle de la société toute entière. D’autre part, lorsque nous parlons de pouvoir « ouvrier », il ne s’agit pas de la vieille classe ouvrière industrielle, aujourd’hui minoritaire. Nous parlons d’une nouvelle classe ouvrière, de salarié·es exploité·es, de l’industrie toujours mais aussi des services, qui ont tout aussi peu de contrôle sur leurs conditions de travail, leur salaire, etc.</p>



<p>Pris·es ensemble, iels représentent plus de 80 % de la population. La classe capitaliste représente moins d’un pour cent. Notre exemple de Radio France est typique de cette nouvelle configuration. Sibyle Veil, membre de la même promotion que Macron à l’ENA et nommée pour appliquer les coupes budgétaires et faire régner l’ordre, fait face ici à un ensemble de salarié·es — journalistes, technicien·nes, administratif·ives, etc. qui produisent toutes les richesses, ici culturelles.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Comment aller plus loin ?</h2>



<p>Après ces brefs moments de liberté et de pouvoir, la fin de la lutte signifie le retour à la « normale » où le patronat reprend le contrôle. Mais si on allait plus loin et si on en finissait avec Macron et son monde ? Au centre de ce débat se trouve la question du pouvoir. Car si nous commencions à étendre notre pouvoir sur l’ensemble de la société, comment empêcher les capitalistes de le reprendre ? Mais il y a aussi la question du pouvoir de décider collectivement comment nous voulons réorganiser tous les aspects de la société. Quoi produire ? Quelle durée du temps de travail ? Quel temps pour discuter ? Pour décider ? Quelle place pour les loisirs, la culture ? Et tant d’autres questions…</p>



<h2 class="wp-block-heading">Quelle stratégie pour y arriver ?</h2>



<p>Les révolutionnaires ne sont pas les seul·es à envisager une société débarrassée des injustices et des oppressions. LFI comme les écologistes, par exemple, en parlent dans leurs programmes. Mais s’agit-il de la même chose ? D’une part, au cœur de la stratégie réformiste se trouve l’idée qu’avec une majorité parlementaire on pourrait, par une série de réformes, instaurer graduellement une société plus juste. Pourtant, l’histoire nous a montré trop de fois que la classe capitaliste ne se laissera jamais déposséder de ses richesses ni de son pouvoir sans la résistance la plus féroce.</p>



<p>D’autre part, il y a la question du but. Une des premières militantes à en parler était la révolutionnaire polonaise/allemande Rosa Luxembourg qui, au début du siècle dernier, a argumenté que le réformisme n’était pas simplement un chemin plus calme, plus tranquille vers le même but mais vers un but différent. Soixante ans plus tard, le révolutionnaire étatsunien, Hal Draper, est revenu sur cette idée dans une brochure magistrale Les deux âmes du socialisme<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_7872_12('footnote_plugin_reference_7872_12_2');" onkeypress="footnote_moveToReference_7872_12('footnote_plugin_reference_7872_12_2');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_7872_12_2" class="footnote_plugin_tooltip_text">2</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_7872_12_2" class="footnote_tooltip"><a href="https://www.marxists.org/francais/draper/1966/deuxames/index.htm"><span class="footnote_url_wrap">https://www.marxists.org/francais/draper/1966/deuxames/index.htm</span></a></span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_7872_12_2').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_7872_12_2', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>, où avec une série d’exemples historiques il analyse la différence totale entre le « socialisme par en haut » et le « socialisme par en bas ». Reprenant la formule de Karl Marx, « l’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes », il démontre que l’auto-émancipation de la classe ouvrière doit être au centre de tout projet socialiste authentique.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img data-dominant-color="866771" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #866771;" loading="lazy" decoding="async" width="553" height="369" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/09/A2C_RevueN9_PouvoirOuvrier_Illustr1-jpg.webp" alt="" class="wp-image-7873 not-transparent" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/09/A2C_RevueN9_PouvoirOuvrier_Illustr1-jpg.webp 553w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/09/A2C_RevueN9_PouvoirOuvrier_Illustr1-300x200.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 553px) 100vw, 553px" /></figure>
</div>


<h2 class="wp-block-heading">Les exemples de l’histoire</h2>



<p>Alors à quoi ressemblerait le pouvoir d’une classe ouvrière qui s’émancipe ? Pour Marx, Draper et d’autres révolutionnaires depuis, la réponse ne sort pas de la tête d’un penseur génial mais de la pratique des masses révolutionnaires elles-mêmes. Au cours des 150 dernières années, nous avons vu des dizaines de moments où la classe ouvrière a fait trembler ses exploiteurs avec une démonstration de son pouvoir. Un des exemples les plus éclairants est celui de la Révolution russe et cela pour deux raisons.</p>



<p>D’abord parce qu’en 1917 c’est là où le processus est allé le plus loin. Les travailleur·euses russes n’ont pas seulement fait peur et arraché des concessions mais ont pris le pouvoir et ont commencé à reconstruire la société dans l’intérêt de l’immense majorité. Deuxièmement, c’est la première fois —&nbsp;d’abord dans la révolution de 1905&nbsp;— que des formes spécifiques de pouvoir ouvrier émergent, c’est-à-dire, les conseils, ou pour utiliser le terme en russe, les soviets.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La Révolution russe de 1905</h2>



<p>Au milieu d’un pays en pleine ébullition, avec des mouvements insurrectionnels à la campagne et des grèves ouvrières massives dans les villes, c’est le 13 octobre à Saint-Pétersbourg qu’a lieu la première réunion du soviet avec seulement 43 délégué·es. À l’origine, le soviet a la fonction d’un comité de grève et d’une seule entreprise mais très rapidement il va plus loin, regroupant des délégué·es de plusieurs entreprises en grève. Chose nouvelle, il pose non seulement des revendications économiques mais également politiques comme la formation d’une Assemblée constituante ou le suffrage universel. Quatre semaines plus tard, ce ne sont pas 43 mais 562 délégué·es, représentant 200 000 travailleur·euses qui se réunissent. Au-delà de l’organisation et de l’extension de la grève, le soviet s’occupe maintenant de la distribution de la nourriture et de l’énergie. Il sort un journal et lorsque les antisémites commencent à organiser des pogroms contre les Juif·ves, le soviet organise des milices ouvrières pour patrouiller les rues.</p>



<p>Le chef de la police secrète a écrit à l’époque : « Le Soviet se comporte comme un second gouvernement ». C’était effectivement un pouvoir alternatif, ce qu’on a décrit par la suite comme une situation de double pouvoir. Car le pouvoir tsariste était toujours en place. Les deux ne pouvaient pas continuer à exister côte à côte éternellement. La situation devait basculer d’un côté ou de l’autre —&nbsp;la révolution ou la réaction et la contre-révolution. Cette fois-ci, par la répression et l’usure, le régime finit par reprendre la main et la révolution est défaite.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Et en 1917</h2>



<p>Douze ans plus tard, en 1917, une nouvelle crise révolutionnaire éclate mais cette fois-ci avec la mémoire des expériences de 1905 encore fraîche dans la tête de millions de personnes. L’idée des soviets est spontanément reprise, pas simplement dans les usines mais aussi dans les quartiers, dans l’armée et chez les paysan·nes. Là où en 1905 les délégué·es venaient de quelques villes, cette fois-ci c’est de l’ensemble de la Russie. Par exemple le 3 juin le premier congrès panrusse (de toute la Russie donc) représente 20 millions de personnes. Comme en 1905, une situation de double pouvoir s’installe mais de façon bien plus avancée. Le gouvernement ne peut pratiquement rien faire sans l’accord du Soviet, y compris dans l’armée. Après l’abdication du Tsar, la situation évolue à une vitesse incroyable. Des centaines de milliers, et à la fin des millions de personnes dans les soviets représentées par leurs délégué·es sont confrontées à des choix, des votes, des actions…et des batailles politiques intenses sur les différentes stratégies à mener. Dans les soviets les positions sur ces questions évoluent d’autant plus qu’il y a régulièrement des élections où les délégué·es sont renouvelé·es. De multiples récits et analyses passionnants en témoignent<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_7872_12('footnote_plugin_reference_7872_12_3');" onkeypress="footnote_moveToReference_7872_12('footnote_plugin_reference_7872_12_3');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_7872_12_3" class="footnote_plugin_tooltip_text">3</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_7872_12_3" class="footnote_tooltip">John Reed, <em>Dix jours qui ébranlèrent le monde</em> &#8211; Léon Trotsky, <em>Russie 1905</em> et <em>Bilan et Perspectives</em> &#8211; Léon Trotsky, <em>Histoire de la Révolution russe</em> &#8211; Alexander Rabinowitch, <em>Les bolcheviks prennent le pouvoir</em></span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_7872_12_3').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_7872_12_3', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>. La situation intenable de double pouvoir finit par se dénouer en octobre par une insurrection, par le renversement du pouvoir bourgeois et la mise en place d’un gouvernement des soviets.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un pouvoir radicalement différent</h2>



<p>Mais ce nouveau pouvoir ouvrier était totalement différent des gouvernements de gauche qui ont pu être élus au cours du 20e&nbsp;siècle dans le cadre d’institutions parlementaires. D’abord, les révolutionnaires avaient anticipé la résistance des capitalistes qui ne s’est pas faite attendre. Toutes les forces réactionnaires du pays se sont regroupées pour créer des « armées blanches » pour mener une guerre civile. Et avec une vraie solidarité de classe… capitaliste, 14&nbsp;armées étrangères, dont la France, ont envahi la Russie pour ramener leurs frères de classe au pouvoir et pour couper court à une contagion potentiellement très dangereuse pour eux-mêmes. Mais en face elles ont trouvé une armée rouge avec des centaines de milliers d’ouvrier·es et de paysan·nes galvanisé·es par la révolution qui au bout de trois années ont pu remporter la victoire.</p>



<p>Deuxièmement, en très peu de temps, parfois dès les premiers jours, le nouveau pouvoir a passé des décrets qui mettaient en pratique l’essentiel des promesses de la révolution : sur le contrôle ouvrier des entreprises, sur l’arrêt unilatéral des combats et la fin de la guerre, sur la confiscation des immenses propriétés agricoles et leur redistribution aux paysan·nes, la liberté de culte, les droits des femmes et des homosexuel·les, l’éducation, la culture. Aucune place ici pour détailler mais les mesures étaient souvent des décennies en avance sur la situation dans les pays capitalistes les plus avancés et pour certaines d’entre elles ne sont toujours pas réalisées. Enfin, troisièmement, le gouvernement était parfaitement conscient que les décrets seuls ne suffiraient pas sans l’activité consciente de millions de personnes pour les faire vivre. Peu après l’insurrection, Lénine disait : « Le socialisme ne peut être décrété par en haut. Son esprit rejette l’approche mécanique, bureaucratique. Le socialisme vivant et créatif est le produit des masses elles-mêmes… Les décrets sont des instructions qui appellent aux travaux pratiques sur une échelle de masse. »</p>



<h2 class="wp-block-heading">De multiples exemples</h2>



<p>Contrairement à ce qu’on prétend souvent, la Révolution russe n’était pas une aberration, un événement unique. Au cours du 20e siècle, il y a eu des dizaines de moments de pouvoir « ouvrier » de grande ampleur et des révolutions avec des situations de double pouvoir. La seule différence avec 1917 était que malheureusement elles n’ont pas débouché sur des victoires même s’il a parfois failli de peu. Lisez les témoignages sur la Révolution allemande de 1918<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_7872_12('footnote_plugin_reference_7872_12_4');" onkeypress="footnote_moveToReference_7872_12('footnote_plugin_reference_7872_12_4');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_7872_12_4" class="footnote_plugin_tooltip_text">4</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_7872_12_4" class="footnote_tooltip">Chris Harman, <em>La Révolution allemande</em></span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_7872_12_4').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_7872_12_4', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>, la Révolution espagnole de 1936<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_7872_12('footnote_plugin_reference_7872_12_5');" onkeypress="footnote_moveToReference_7872_12('footnote_plugin_reference_7872_12_5');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_7872_12_5" class="footnote_plugin_tooltip_text">5</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_7872_12_5" class="footnote_tooltip">George Orwell, <em>Hommage à la Catalogne</em></span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_7872_12_5').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_7872_12_5', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>, la Hongrie en 1956, le Portugal en 1974-1975. À chaque fois les mouvements de protestations et de grève ont retrouvé des formes similaires d’organisation en conseils. Au Chili en 1973 on les appelait des « cordons industriels », en Iran en 1979, des « shoras ». Puis encore plus récemment, en 2011, pendant les révolutions du Printemps arabe nous avons vu apparaître les assemblées sur les places occupées, comme en Égypte, avec l’immense ruche qu’était la place Tahrir. C’est là où réside notre force et notre pouvoir, notre pouvoir de faire trembler les exploiteurs et un jour de les renverser.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Et une pratique qui en découle…</h2>



<p>Cette question du pouvoir ouvrier est cruciale car elle nous ramène au débat sur les buts et les moyens et au sens à donner à notre activité militante, au type d’organisations que nous construisons, associatives, syndicales, politiques. Si on pense que c’est par les élections qu’on pourra changer le monde, avec des dirigeant·es bien formé·es, alors l’essentiel de l’activité militante sera dirigée dans ce sens. Si, au contraire, on est convaincu que ce n’est que par une révolution et la prise en main de la société par l’ensemble des exploité·es et opprimé·es elles et eux-mêmes, alors tout le travail au quotidien sera consacré au développement des expériences collectives de résistance les plus larges au système dans tous les domaines. Cela ne nous intéresse pas de créer un parti en dehors du mouvement qui, le moment venu, se présentera comme « débouché politique ». Le débouché politique sera le mouvement lui-même, conscient et riche de ses expériences et débats.</p>



<p>Aujourd’hui, nous avons besoin d’expériences qui font vivre la perspective du socialisme par en bas, des expériences et des débats qui seront différents de celles du passé. Mais les expériences du passé et la manière dont les révolutionnaires les ont abordées peuvent être d’une énorme inspiration pour nos activités d’aujourd’hui et pour les tâches qui nous attendent demain.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Ross Harrold, Paris 20<sup>e</sup></h4>
<div class="speaker-mute footnotes_reference_container"> <div class="footnote_container_prepare"><p><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_label pointer" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_7872_12();">Notes</span><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_collapse_button" style="display: none;" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_7872_12();">[<a id="footnote_reference_container_collapse_button_7872_12">+</a>]</span></p></div> <div id="footnote_references_container_7872_12" style=""><table class="footnotes_table footnote-reference-container"><caption class="accessibility">Notes</caption> <tbody> 

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_7872_12_1" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_7872_12('footnote_plugin_tooltip_7872_12_1');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>1</a></th> <td class="footnote_plugin_text"><a href="https://www.youtube.com/watch?v=3Qf38heMuD4"><span class="footnote_url_wrap">https://www.youtube.com/watch?v=3Qf38heMuD4</span></a></td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_7872_12_2" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_7872_12('footnote_plugin_tooltip_7872_12_2');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>2</a></th> <td class="footnote_plugin_text"><a href="https://www.marxists.org/francais/draper/1966/deuxames/index.htm"><span class="footnote_url_wrap">https://www.marxists.org/francais/draper/1966/deuxames/index.htm</span></a></td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_7872_12_3" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_7872_12('footnote_plugin_tooltip_7872_12_3');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>3</a></th> <td class="footnote_plugin_text">John Reed, <em>Dix jours qui ébranlèrent le monde</em> &#8211; Léon Trotsky, <em>Russie 1905</em> et <em>Bilan et Perspectives</em> &#8211; Léon Trotsky, <em>Histoire de la Révolution russe</em> &#8211; Alexander Rabinowitch, <em>Les bolcheviks prennent le pouvoir</em></td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_7872_12_4" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_7872_12('footnote_plugin_tooltip_7872_12_4');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>4</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Chris Harman, <em>La Révolution allemande</em></td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_7872_12_5" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_7872_12('footnote_plugin_tooltip_7872_12_5');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>5</a></th> <td class="footnote_plugin_text">George Orwell, <em>Hommage à la Catalogne</em></td></tr>

 </tbody> </table> </div></div><script type="text/javascript"> function footnote_expand_reference_container_7872_12() { jQuery('#footnote_references_container_7872_12').show(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_7872_12').text('−'); } function footnote_collapse_reference_container_7872_12() { jQuery('#footnote_references_container_7872_12').hide(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_7872_12').text('+'); } function footnote_expand_collapse_reference_container_7872_12() { if (jQuery('#footnote_references_container_7872_12').is(':hidden')) { footnote_expand_reference_container_7872_12(); } else { footnote_collapse_reference_container_7872_12(); } } function footnote_moveToReference_7872_12(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_7872_12(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } } function footnote_moveToAnchor_7872_12(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_7872_12(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } }</script><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/theorie/a-quoi-ressemblerait-un-pouvoir-ouvrier/">À quoi ressemblerait un « pouvoir ouvrier » ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Les idées révolutionnaires de Karl Marx</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/theorie/les-idees-revolutionnaires-de-karl-marx/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jakubowski]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 19 Jun 2023 15:26:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Théorie]]></category>
		<category><![CDATA[Capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Classe ouvrière]]></category>
		<category><![CDATA[Commune de Paris]]></category>
		<category><![CDATA[Marxisme]]></category>
		<category><![CDATA[Matérialisme]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=7689</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Les crises politiques et économiques actuelles, leurs décantations en matière de lutte de masse, de renforcement des antagonismes de classe, de montées du racisme, du danger du fascisme ou de la guerre, redonnent à l’œuvre <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/theorie/les-idees-revolutionnaires-de-karl-marx/" title="Les idées révolutionnaires de Karl Marx">[...]</a></div>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/theorie/les-idees-revolutionnaires-de-karl-marx/">Les idées révolutionnaires de Karl Marx</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p style="font-style:normal;font-weight:600">Les crises politiques et économiques actuelles, leurs décantations en matière de lutte de masse, de renforcement des antagonismes de classe, de montées du racisme, du danger du fascisme ou de la guerre, redonnent à l’œuvre de Marx toute sa force. Pendant le mouvement contre la réforme des retraites et son monde, nous avons proposé des cycles de discussion avec toutes celles et tous ceux voulant échanger et généraliser leurs analyses. L’un de ces échanges a été introduit sur la base des principales idées défendues par Karl Marx au 19e&nbsp;siècle et qui nous semble encore aujourd’hui nécessaire de développer dans cet article.</p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #08 &#8211; Mai 2023</h6>



<p>Après l’effondrement des régimes staliniens et l’effondrement de l’URSS en 1991, Marx et son œuvre ont été marginalisés. Être marxiste est alors considéré comme démodé. Dans ce contexte, Francis Fukuyama écrit La fin de l’Histoire et le dernier Homme, où il affirme que le temps des guerres et des révolutions est révolu grâce à l’émergence d’un marché libre qui dominerait le monde à travers la démocratie libérale. Contrairement à ce qu’il pouvait prétendre, le monde capitaliste n’a pas cessé d’être bouleversé par des crises de nature révolutionnaire ou par la montée du fascisme.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le marxisme confronté aux crises du&nbsp;21e&nbsp;siècle</h2>



<p>Pour la première fois depuis la chute de l’URSS, l’idée même de la guerre s’ancre au cœur de l’Europe sur laquelle plane une nouvelle menace de conflit nucléaire mondiale. Les prédictions de F. Fukuyama il y a 30 ans ne se sont évidemment pas réalisées. Les crises économiques et politiques bouleversent notre époque. En raison de cela, le consensus idéologique autour de la stabilité du système capitaliste s’effondre. Même aux USA, l’idée du socialisme cristallise de la sympathie. La popularité de Bernie Senders ou l’émergence de DSA en sont l’incarnation. Dans la rue, cela s’est traduit par des grèves enseignantes sous l’ère de Trump, des manifestations de centaines de milliers de femmes lors de son investiture ou encore par la rébellion antiraciste de 2020 durant laquelle 26&nbsp;millions de personnes ont manifesté contre les crimes racistes de la police américaine suite à l’assassinat de Georges Floyd.&nbsp;</p>



<p>Ces soulèvements ont modifié la conscience de la population. Par exemple, en 2020, les syndicats ont proposé de participer à des actions contre le racisme. Souvenons-nous d’Angela Davis qui déclarait : « Les travailleuses et les travailleurs ont la possibilité de mettre fin au racisme ». Cette vision stratégique est un réel héritage de Karl Marx : elle repose sur l’idée que la classe ouvrière est au centre de la lutte pour un monde débarrassé de l’ensemble des oppressions et donc du racisme. Ce sont les travailleuses et les travailleurs qui ont le pouvoir de transformer la société en raison du rôle qu’ils et elles jouent dans la production capitaliste. Leur pouvoir collectif peut se traduire par des grèves, jusqu’à des crises révolutionnaires.&nbsp;</p>



<p>Des épisodes comme la crise de sub primes en 2008 ou celle de 2020, conséquence de la pandémie, ont favorisé la gauche dans les processus électoraux. Certaines organisations comme Syrisa en Grèce ou Podemos dans l’État espagnol ont fini par capituler devant les impératifs de la bourgeoisie. Pour comprendre les raisons de leur échec il faut en revenir à Marx, pour qui gagner les élections ne signifiait pas prendre le pouvoir.&nbsp;</p>



<p>La crise actuelle met en lumière que le système capitaliste, en lui-même, est au centre du problème. Les crises économiques en cours ou le réchauffement climatique en sont les conséquences directes. Alors que la pandémie a révélé au plus grand nombre à quel point notre modèle agro-alimentaire est destructeur pour l’humanité, rien n’a changé trois ans après.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Marx devient marxiste&nbsp;</h2>



<p>Marx est d’abord un militant révolutionnaire. À ses funérailles, Friedrich Engels déclare, que c’est ce qu’il est avant tout. Il atteint sa majorité politique en Allemagne. Lors de sa formation universitaire. Marx reçoit un enseignement juridique et philosophique par des Hégéliens de gauche. Ces héritiers de la pensée d’Hegel veulent éradiquer le féodalisme et défendent la liberté politique. L’Allemagne de l’époque est un ensemble de petits États despotiques et issus de la féodalité. Le mouvement hégélien se caractérise par une aspiration à l’unité nationale et la démocratie représentative.&nbsp;</p>



<p>La première source d’inspiration de cette époque est la Révolution française. Selon les hégéliens des premiers temps de Marx, elle a brisé la monarchie et ouvert la voie à la démocratie. Le siècle du jeune Marx est aussi marqué par la révolution industrielle. Celle-ci transforme en profondeur le quotidien des populations. La classe ouvrière en émerge, elle est incarnée par des millions d’hommes, de femmes et d’enfants exploité·es dans des conditions épouvantables.&nbsp;</p>



<p>À partir des années 1840, Marx est impliqué dans plusieurs organisations et luttes politiques. Une séquence modifie durablement la vision qu’a Marx de la société dans laquelle il milite. Les révolutions de 1848 continuent l’œuvre de la Révolution française avec un changement inédit : la participation active et majoritaire de la classe ouvrière. Alors que les capitalistes de 1789 prennent part à la révolution, les capitalistes de 1848 y voient une menace pour leur pouvoir en raison de la participation active des franges ouvrières de la population, presque inexistantes en 1789. Cela marque d’une part, la fin de l’ère de la révolution bourgeoise et, d’autre part, l’avènement de la révolution ouvrière.&nbsp;</p>



<p>Après les défaites des révolutions de 1848 et les séquences de répression qui s’en sont suivies, Marx est expulsé d’Allemagne. Il vit la majeure partie de son existence en tant que réfugié à Paris, à Bruxelles et à Londres. À Paris, il assiste fréquemment aux meetings socialistes et y fait la rencontre de F. Engels, lui-même arrivant de Manchester où il aidait à la direction de l’industrie familiale.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Engels a une influence réelle dans l’œuvre de Marx car il est un témoignage vivant de la conception de l’exploitation capitaliste. Engels est un traître à sa classe au sens où il défend et décrit les aspirations de la classe ouvrière dans l’Angleterre victorienne.&nbsp;</p>



<p>Mary Burns, la maîtresse d’Engels était une migrante de la classe ouvrière irlandaise, elle a également eu une influence très importante sur Engels et Marx lui-même. C’est par elle que Marx et Engels vont à la rencontre du mouvement ouvrier, très avancé déjà à l’époque. C’est de ces discussions, alors que Marx vit à Londres, qu’il participe à la fondation de la première Association Internationale des Travailleurs (AIT).&nbsp;</p>



<p>L’Association Internationale des Travailleurs est la première forme d’organisation regroupant plusieurs courants européens de militant·es ouvrier·es socialistes en plus des principaux syndicats britanniques. Marx allie la pratique, par son investissement dans cette Première Internationale ouvrière, à la théorie, par la rédaction du Capital. Cette œuvre conserve sa pleine actualité pour tou·te militant·e désirant comprendre en profondeur le fonctionnement du système capitaliste.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le matérialisme historique&nbsp;</h2>



<p>Les premières idées révolutionnaires de Marx se regroupent dans son analyse matérialiste de l’histoire. Le matérialisme historique implique d’appréhender les sociétés humaines par le prisme de leurs réalités matérielles. Encore aujourd’hui, nous considérons que les réalités matérielles dans lesquelles nous vivons déterminent nos formes de représentation, nos sentiments et nos idées. À son époque, Marx rompt avec l’idéalisme qui domine chez les Hégéliens de gauche. Ce courant de pensée part du postulat que les idées des sociétés humaines en définissent leurs réalités. L’histoire au 19e&nbsp;siècle est alors narrée par une succession d’évènements où seule l’influence des grands hommes, des puissants, est retenue. Marx se pose en rupture avec cette vision en attribuant aux classes laborieuses le rôle principal des séquences historiques et de l’évolution des sociétés humaines. Selon lui, le moteur de l’histoire repose principalement sur les antagonismes de classe qui dominent chacune des périodes de l’histoire de l’humanité.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’exploitation capitaliste&nbsp;</h2>



<p>Marx définit le capitalisme comme reposant sur un rapport social : l’exploitation. Marx, durant l’ensemble de ses œuvres ne cesse de le répéter, ce sont les travailleuses et les travailleurs qui produisent les richesses de la société. Sa haine du capitalisme et des horreurs qu’il engendre se sont affûtées par une analyse précise de son fonctionnement. L’optimisme de son analyse repose sur les potentialités de la classe ouvrière, en capacité d’être le fossoyeur de ce système.&nbsp;</p>



<p>Ce système de domination économique et politique repose selon lui sur l’extraction d’une plus-value par les capitalistes sur les richesses produites par la classe ouvrière, et donc par la réalisation d’un taux de profit par ceux qui détiennent les capitaux.&nbsp;</p>



<p>La logique du capitalisme reposant sur l’exploitation des travailleuses et des travailleurs en des lieux de travail, les capitalistes s’assurent que leurs employé·es travaillent longuement et durement afin de générer des taux de profit maximum. La réalité de l’exploitation engendre nécessairement des luttes à l’échelle de l’atelier ou de l’usine sur la durée de la journée de travail ou sur les cadences de la production. À l’époque de Marx, le salaire des ouvrier·es n’est en rien un montant fixe. Il est calculé à partir de la productivité des salarié·es. Les luttes pour le montant du salaire, autrement dit, pour la répartition des richesses produites est un des facteurs importants du développement des grèves au 19e&nbsp;siècle.&nbsp;</p>



<p>En plus de grèves à caractère économique, se situant à l’échelle d’une usine, Marx dresse une lecture des crises révolutionnaires du 19e&nbsp;siècle. Marx constate que ceux qu’il nomme les prolétaires, celles et ceux ne possédant que leur force de travail à échanger contre un salaire, ont cette capacité de s’organiser de telle sorte qu’émergent des contre-pouvoirs ouvriers.&nbsp;</p>



<p>De ces mouvements révolutionnaires, Marx en tire une conclusion : la révolution est autant nécessaire pour briser le système capitaliste que pour modifier les idées mêmes des travailleuses et des travailleurs prenant part à ces soulèvements. C’est par le processus même de la lutte révolutionnaire que la classe ouvrière prend conscience de sa propre force tout en se débarrassant des idées réactionnaires de la bourgeoisie. D’où cette idée si importante que l’émancipation des travailleur·euses sera l’œuvre des travailleur·euses eux et elles-mêmes.&nbsp;</p>



<p>Ainsi, le capitalisme repose sur une contradiction principale. L’exploitation, en tant que rapport social, est une forme de domination différente d’autres formes d’oppression telles que le racisme ou le sexisme. L’exploitation, aussi violente soit elle, donne aux travailleur·euses la potentialité de changer la société.&nbsp;</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img data-dominant-color="9e8e9d" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #9e8e9d;" loading="lazy" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/06/A2C_RevueN8_Marx_Illustr1-jpg.webp" alt="" class="wp-image-7691 not-transparent" width="773" height="329" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/06/A2C_RevueN8_Marx_Illustr1-jpg.webp 1030w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/06/A2C_RevueN8_Marx_Illustr1-300x128.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/06/A2C_RevueN8_Marx_Illustr1-768x327.webp 768w" sizes="auto, (max-width: 773px) 100vw, 773px" /><figcaption class="wp-element-caption"> </figcaption></figure>
</div>


<h2 class="wp-block-heading">À l’assaut du ciel : le bilan de Marx de la Commune de Paris</h2>



<p>L’expérience révolutionnaire la plus affirmée à s’être déroulée du vivant de Marx est la Commune de Paris. Toutefois, il constate que la règle de tout processus révolutionnaire est l’émergence de formes de pouvoir alternatif animées par des travailleuses et des travailleurs. La Commune de Paris n’est pas une exception qui confirme la règle, mais bien l’expérience la plus aboutie durant laquelle les ouvrier·es, les artisan·nes ou les apprenti·es parisien·nes ont incarné durant quelques mois, un pouvoir alternatif à celui de la bourgeoisie.&nbsp;</p>



<p>La Commune de Paris est une forme de démocratie ouvrière radicale. Dans La Guerre Civile en France, Marx rassemble des discours prononcés devant l’AIT. Dans cet ouvrage, Marx analyse comment les communards ont réorganisé toute la vie politique,</p>



<p>C’est à partir de cette œuvre que Lénine réfléchit à la question de l’État dans L’État et la Révolution. Selon Marx, l’État n’est pas neutre. Une victoire électorale ne désarme par les forces réactionnaires incarnées à l’époque de la Commune par la police de la réaction, l’Église ou les armées contre-révolutionnaires. Par le triste bilan tiré de l’écrasement de la Commune, Marx voit en l’État capitaliste un outil de répression forgé contre la classe ouvrière. En cela, la Commune de Paris s’est fait écraser en raison de son incapacité à détruire l’État de la bourgeoisie.&nbsp;</p>



<p>Une révolution se donnant pour objectif d’aller jusqu’au bout, sera donc confrontée à la nécessité d’écraser l’État et les forces sur lesquelles repose le pouvoir de la bourgeoisie&nbsp;dans de tels contextes : l’armée, la police et les prisons.&nbsp;&nbsp;</p>



<h6 class="wp-block-heading">Iannis Delatolas (Paris 20e)</h6>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/theorie/les-idees-revolutionnaires-de-karl-marx/">Les idées révolutionnaires de Karl Marx</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
