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	<title>Archives des Chris Harman - A2C - Autonomie de classe</title>
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		<title>Il s’agit maintenant de le transformer ! Retour sur une expérience de formation militante et collective aux idées marxistes</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/theorie/il-sagit-maintenant-de-le-transformer-rex/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Vic]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 08 Sep 2026 15:48:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Théorie]]></category>
		<category><![CDATA[Chris Harman]]></category>
		<category><![CDATA[Petite bibliothèque A2C]]></category>
		<category><![CDATA[retour d&#039;experience]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Dans les lignes qui suivent, nous vous proposons de revenir sur une expérience de formation collective menée récemment à A2C et à laquelle nous avons participé. Les camarades qui nous ont rejoint suite au festival <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/theorie/il-sagit-maintenant-de-le-transformer-rex/" title="Il s’agit maintenant de le transformer ! Retour sur une expérience de formation militante et collective aux idées marxistes">[...]</a></div>
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<p class="wp-block-paragraph"><em>Dans les lignes qui suivent, nous vous proposons de revenir sur une expérience de formation collective menée récemment à A2C et à laquelle nous avons participé. Les camarades qui nous ont rejoint suite au festival Boussoles #2 (mai 2026) ont cherché à en savoir plus sur l’organisation dont elleux faisaient désormais partie. Une question revenait en particulier : pourquoi A2C se définit-il comme marxiste ? Est-ce que c’est important, et quelles sont les implications pratiques de cette définition ?</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour tenter une première réponse, des camarades des antennes parisiennes d’A2C ont décidé de se baser sur la brochure <em>Qu’est-ce que le marxisme ?</em><sup data-fn="c47ce2e9-1253-4e6b-b2ac-308e8bd65205" class="fn"><a href="#c47ce2e9-1253-4e6b-b2ac-308e8bd65205" id="c47ce2e9-1253-4e6b-b2ac-308e8bd65205-link">1</a></sup> du militant britannique Chris Harman. L’auteur entend démontrer que « face aux idéologues bourgeois qui (&#8230;) tournent en rond dans un monde qu’ils ne comprennent pas et expliquent encore moins », les idées de base du marxisme peuvent aider à comprendre simplement la société dans laquelle nous vivons et donner des pistes pour la changer. </p>



<p class="wp-block-paragraph">La brochure parcourt les bases du marxisme en une quarantaine de pages : la conception matérialiste de l’histoire, les origines du système capitaliste, l’économie politique et la lutte des classes, l’impérialisme et la guerre, la lutte contre l’oppression et enfin l’organisation révolutionnaire et la lutte pour transformer la société. Ces concepts sont présentés de manière claire, sans fioritures et mots compliqués, pour rendre la théorie marxiste accessible au plus grand nombre.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais simple ne veut pas forcément dire facile ! Certaines notions fondamentales, comme la théorie de la valeur, demandent une attention particulière. C’est là que le format de lecture collective nous a permis de surmonter les difficultés. Nous avons organisé 5 sessions au rythme d’une par semaine. On préparait chaque session en lisant un ou deux chapitres et un·e camarade était chargé·e de présenter brièvement ce qu’iel en avait compris pour lancer la discussion.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous voulions éviter de tomber dans l’écueil de la formation par pure transmission allant d’ancien·ne·s qui auraient tout compris aux militant·e·s plus jeunes placé·e·s dans une posture passive. Le caractère moins formel des réunions a permis une certaine désinhibition qui a fluidifié les échanges et fait que chacun·e a joué le jeu, acceptant de se tromper et de prendre le temps pour reformuler.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les participant·e·s avaient des expériences militantes et des degrés différents de connaissances des idées marxistes. Cette diversité des parcours a finalement enrichi les discussions : les notions complexes ont pû être décortiquées collectivement, grâce à des exemples sortis des livres d’histoires ou venant de nos propres expériences dans le mouvement, au travail et dans la vie.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Prendre confiance et construire une culture commune&nbsp;</h2>



<p class="wp-block-paragraph">En ces temps où tous les rythmes s’accélèrent jusqu’à donner le tournis, il est nécessaire de pouvoir aller au-delà de la réaction immédiate à l’actualité. Prendre le temps de se former collectivement permet de placer notre intervention militante dans un contexte plus global. Ça permet de contribuer avec plus de confiance aux discussions internes à A2C, mais aussi et surtout aux débats stratégiques qui ont lieu dans le mouvement.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est pourquoi nous pensons qu’il faut envisager de généraliser ces formations collectives et d’en organiser des cycles plusieurs fois par an, ce qui nous aidera à construire une culture commune à tous·te·s les militant·e·s d’A2C.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a un regain d’intérêt pour les idées marxistes, c’est indéniable. Nous le constatons autour de nous dans le mouvement, lors des ventes de nos revues ou quand nous organisons des évènements publics. Ce qui est crucial, c’est que cette soif vienne principalement de jeunes militant·e·s du mouvement : quelle meilleure application de l’adage du vieux Marx, quand il a dit que « les philosophes n’ont fait qu’interpréter le monde de différentes manières, ce qui importe c’est de le transformer » !</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Axel, Rach, Hugues (Paris 20e), Jad (hauts-de-seine) </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="c47ce2e9-1253-4e6b-b2ac-308e8bd65205">Brochure et renvoi vers lecture audio ici : <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/theorie/quest-ce-que-le-marxisme/">Qu&rsquo;est-ce-que le marxisme ?</a>  <a href="#c47ce2e9-1253-4e6b-b2ac-308e8bd65205-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li></ol><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/theorie/il-sagit-maintenant-de-le-transformer-rex/">Il s’agit maintenant de le transformer ! Retour sur une expérience de formation militante et collective aux idées marxistes</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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		<item>
		<title>La théorie de la valeur </title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/theorie/la-theorie-de-la-valeur/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Vic]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 19 Dec 2025 17:32:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Théorie]]></category>
		<category><![CDATA[Chris Harman]]></category>
		<category><![CDATA[Economie politique]]></category>
		<category><![CDATA[marx]]></category>
		<category><![CDATA[Théorie de la valeur]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Le Capitalisme est le règne de la marchandise : on n’y produit pas des biens pour satisfaire des besoins mais pour pouvoir les échanger sur le marché et en tirer un profit. Pourquoi 10 paires <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/theorie/la-theorie-de-la-valeur/" title="La théorie de la valeur ">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><em>Le Capitalisme est le règne de la marchandise : on n’y produit pas des biens pour satisfaire des besoins mais pour pouvoir les échanger sur le marché et en tirer un profit. Pourquoi 10 paires de lacets, une enceinte bluetooth bas-degamme ou un rouge à lèvre sont-ils interchangeables ? D’où vient ce profit et par quels mécanismes les capitalistes tentent-ils de l’augmenter ? Quelles sont les conséquences de cette quête du profit pour l’entièreté du système de production ? L’économie bourgeoise s’échigne à justifier l’état du marché économique par la loi de l’offre et de la demande. À rebours de cette rengaine, Chris Harman, militant révolutionnaire, nous présente la théorie de la valeur. </em></p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #19 &#8211; Decembre 2025</h6>



<p class="wp-block-paragraph">Mais les machines, le capital produisent des marchandises aussi bien que le travail. Ainsi, il est juste que le capital, tout comme le travail, obtienne une part des richesses produites. Chaque « facteur de production » doit avoir sa récompense. </p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est comme cela que répond quelqu’un à qui on a appris un petit peu d’économie pro-capitaliste, à l’analyse marxiste de l’exploitation et de la plus-value. Et à première vue, l’objection semble se tenir. Car, assurément, on ne peut produire de richesse sans capital. Les marxistes n’ont jamais dit le contraire. Mais notre point de départ est bien différent. Nous commençons par demander : d’où vient le capital ? Comment les moyens de production sont apparus pour la première fois ? </p>



<p class="wp-block-paragraph">La réponse n’est pas difficile à trouver. Tout ce que les humains ont utilisé, au cours de l’histoire, pour créer des richesses &#8211; que ce soit une hache de pierre néolithique ou un micro-ordinateur &#8211; a, à un moment, été créé par du travail humain. Même si on a eu besoin d’outils pour faire la hache, ces outils viennent d’un travail précédent. </p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est pourquoi Karl Marx parlait, au sujet des moyens de production, « de travail mort ». Alors que les hommes d’affaires se vantent du capital qu’ils possèdent, en réalité, ils se vantent d’avoir acquis le contrôle d’une vaste chaîne de travail de générations précédentes &#8211; ce qui ne veut pas dire du travail de leurs ancêtres, qui ne travaillaient pas plus qu’eux maintenant. </p>



<p class="wp-block-paragraph">L’idée que le travail est la source des richesses &#8211; souvent appelée la « théorie de la valeur » &#8211; n’est pas une découverte originale de Marx. Tous les grands économistes pro-capitalistes avant lui l’avaient acceptée. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Des personnes, comme l’économiste écossais Adam Smith ou l’économiste anglais David Ricardo, l’avaient écrit quand le système du capitalisme industriel était encore jeune &#8211; peu avant et peu après la Révolution française. Les capitalistes ne dominaient pas encore et devaient connaître la source réelle de leur richesse s’ils devaient un jour dominer. Smith et Ricardo servirent leurs intérêts en leur montrant que le travail créait la richesse, et pour construire leurs richesses, ils avaient besoin de « libérer » le travail du joug des anciens dirigeants pré-capitalistes. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais il ne fallut pas attendre longtemps pour que des penseurs proches de la classe ouvrière commencent à retourner l’argument contre les amis de Smith et Ricardo : si le travail crée la richesse, alors le travail crée le capital. Et les « droits du capital » ne sont rien de plus que les droits du travail usurpé. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Rapidement, les économistes qui soutenaient le capital décidèrent que la théorie de la valeur était sans fondement. Mais si vous creusez un peu plus leurs arguments, elle revient sans cesse sous une forme ou une autre. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Allumez la radio. Écoutez-la assez longtemps, et vous entendrez quelqu’un vous expliquer que, ce qui ne va pas dans l’économie française, c’est que « les gens ne travaillent pas assez dur » ou, et c’est une autre manière de le dire, que « la productivité est trop faible ». Ne cherchons pas, un instant, à savoir si ces arguments tiennent la route ou pas. Regardez plutôt la façon dont ils sont présentés. Ils ne disent jamais « les machines ne travaillent pas assez dur ». Non, c’est toujours les gens, les travailleurs.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ils prétendent que, si seulement les travailleurs travaillaient plus dur, plus de richesses pourraient être créées, et que cela permettrait de faire de nouveaux investissements dans de nouvelles machines. Ceux qui se servent de ce genre d’arguments l’ignorent sûrement, mais ils affirment que plus de travail créera plus de capital. Le travail est la source des richesses. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Supposons que j’ai un billet de 50 euros dans ma poche. Quelle utilité cela a pour moi ? Après tout, ce n’est qu’un morceau de papier. Sa valeur réside dans le fait que je pourrai obtenir, en échange, quelque chose d’utile qui a été fabriqué par le travail de quelqu’un d’autre. Le billet de 50 euros n’est, en fait, que le droit de disposer des produits d’une certaine quantité de travail. Deux billets de 50 euros seront le droit de disposer des produits de deux fois cette quantité et ainsi de suite. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Quand nous mesurons la richesse, nous mesurons, en fait, la quantité de travail qui a été nécessaire pour la créer. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Bien sûr, tout le monde ne produit pas la même quantité, dans un temps donné. Si j’essayais, par exemple, de faire une table, cela me prendrait, peut-être, cinq à six fois plus de temps qu’un charpentier. Mais personne, sain d’esprit, ne me la paiera cinq à six fois le prix de celle faite par le charpentier. On estimera, plutôt, sa valeur suivant la quantité de travail fournie par le charpentier, pas par moi. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Supposons qu’il faut une heure à ce charpentier pour faire une table, on dira alors que la valeur de la table est équivalente à une heure de travail. Ce sera le temps de travail nécessaire pour la fabriquer, compte tenu du niveau moyen de technologie et des compétences de la société. </p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est pour cette raison que Marx insistait sur le fait que la valeur de quelque chose n’était pas, simplement, le temps que cela prenait à un individu pour le faire, mais le temps que cela prendrait à un individu travaillant avec le niveau de technologie moyen et les compétences moyennes &#8211; il appela ce temps moyen de travail, « le temps de travail socialement nécessaire ». Ce point est essentiel, car sous le capitalisme, des améliorations technologiques se produisent constamment, ce qui veut dire qu’il faut de moins en moins de temps pour produire. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Par exemple, quand les radios étaient faites avec des lampes, elles étaient très chères, parce qu’il fallait vraiment beaucoup de temps pour fabriquer les lampes, pour les brancher etc. Puis, le transistor fut inventé, qui pouvait être fabriqué et assemblé en beaucoup moins de temps. Soudainement, les travailleurs qui continuaient à produire des lampes pour radios, virent le prix de ce qu’ils produisaient dégringoler, car la valeur des radios n’était plus déterminée par le temps de travail nécessaire pour les faire avec des lampes, mais celui pour les faire avec des transistors. Un dernier point. Les prix de certaines choses varient grandement &#8211; jour après jour ou semaine après semaine. Ces changements peuvent provenir de plusieurs raisons autres que la baisse du temps nécessaire pour les produire. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Quand le gel tua tous les plants de café au Brésil, le prix du café explosa, parce qu’il y avait pénurie dans monde et que les gens étaient prêts à payer plus. Si, demain, une catastrophe quelconque venait à détruire tous les téléviseurs en France, il ne fait aucun doute que le prix des télévisions exploserait de la même façon. Ce que les économistes appellent « l’offre et la demande » explique de telles variations dans le prix. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour cette raison, beaucoup d’économistes pro-capitalistes prétendent que la théorie de la valeur est sans fondement. Ils disent que seules l’offre et la demande importent. C’est cela qui est sans fondement. Ils oublient que lorsque les prix varient, ils varient autour d’une valeur moyenne. La mer monte ou descend à cause des marées, mais cela ne veut pas dire que l’on ne peut pas parler d’un point fixe autour duquel elle bouge, que nous appelons, d’ailleurs, le niveau de la mer. </p>



<p class="wp-block-paragraph">De la même manière, le fait que les prix montent ou baissent, quotidiennement, ne signifie pas qu’il n’y a pas de valeurs fixes autour desquelles ils varient. Ainsi, si tous les téléviseurs étaient détruits, les premiers fabriqués seraient très demandés et très chers. Mais, il ne faudrait pas attendre longtemps pour qu’il y en ait de plus en plus sur le marché, en concurrence les uns les autres, ce qui inévitablement baisserait les prix, jusqu’à atteindre leur valeur en termes de travail nécessaire pour les fabriquer. </p>



<h2 class="wp-block-heading">Compétition et accumulation </h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il fut un temps où le capitalisme semblait être un système dynamique et progressiste. Pendant la plus grande partie de l’histoire humaine, les vies de la plupart des hommes et des femmes ont été dominées par l’esclavage et l’exploitation. Le capitalisme industriel, lorsqu’il fit son apparition au XVIIIème et XIXème siècles, ne changea rien de tout cela. Cependant, il semblait mettre cet esclavage et cette exploitation à profit pour un but utile. Plutôt que de gaspiller des montagnes de richesses pour le luxe de quelques parasites aristocrates, plutôt que de construire de fastueuses tombes pour des monarques décédés, plutôt que d’enclencher de futiles guerres pour que le fils d’un empereur puisse gouverner un trou perdu, il utilisa les richesses pour construire les moyens qui permettent de produire encore plus de richesses. L’essor du capitalisme fut une période de croissance de l’industrie, des villes et des moyens de transport, à une échelle inimaginable pour les générations passées. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Aussi étrange que cela peut être de nos jours, des villes comme Lille, Lyon et certaines banlieues de Paris étaient des endroits miraculeux. L’humanité n’avait jamais vu autant de coton et de laine brute se transformer, aussi rapidement, en vêtements pour des millions de personnes. Cela ne venait pas de qualités particulières aux capitalistes. Ceux-ci étaient plutôt des gens nocifs, obsédés uniquement par les richesses qu’ils pouvaient récupérer en payant le moins possible pour le travail effectué. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Plusieurs classes dominantes antérieures leur avaient ressemblé, sous cet aspect, sans avoir à construire des industries. Mais les capitalistes étaient différents sur deux points importants. Le premier dont nous avons parlé &#8211; ils ne possédaient pas les travailleurs, ils les payaient à l’heure pour leur capacité à travailler, leur force de travail. Ils utilisaient des esclaves salariés, pas des esclaves. Ensuite, ils ne consommaient pas eux-mêmes les biens que les travailleurs produisaient. Le seigneur féodal vivait directement de la viande, du pain, du fromage et du vin produits par les serfs. Les capitalistes vivaient de la vente à d’autres personnes des biens produits par les travailleurs. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Cela donna au capitaliste individuel moins de liberté pour faire ce qu’il voulait que le possesseur d’esclaves ou le seigneur féodal. Pour vendre ses marchandises, il devait les produire au plus bas coût possible. Le capitaliste possédait l’usine et y était tout puissant. Mais il ne pouvait utiliser ce pouvoir comme il le souhaitait. Il devait s’agenouiller devant les impératifs de la compétition avec les autres usines. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Revenons à notre capitaliste préféré, M.Dupont. Supposons qu’une certaine quantité de coton produit dans son usine nécessite dix heures de travail pour sortir, mais que, dans une autre usine, cette quantité soit produite en cinq heures de travail. M.Dupont serait incapable d’obtenir, pour son produit, l’équivalent de dix heures de travail. Aucune personne sensée ne paierait ce prix, alors qu’il y a moins cher de l’autre côté de la rue. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Chaque capitaliste, qui voulait survivre dans les affaires, devait s’assurer que ses travailleurs travaillent le plus vite possible. Mais ce n’est pas tout. Il devait aussi s’assurer que ses travailleurs travaillent sur les machines les plus performantes, de telle sorte que leur travail produise autant de richesses en une heure que celui des autres travailleurs dans d’autres usines. Le capitaliste qui voulait survivre devait posséder de plus en plus grandes quantités de moyens de production &#8211; ou, comme disait Marx, accumuler du capital ! </p>



<p class="wp-block-paragraph">La compétition entre les capitalistes créa un pouvoir, le système du marché, qui les tenait tous sous son emprise. Il les poussa à accélérer les cadences tout le temps et à investir sans arrêt dans de nouvelles machines ( et, bien sûr, à avoir leur propre luxe à côté ), et ils ne pouvaient se le permettre qu’à condition de garder les salaires des ouvriers aussi bas que possible. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Marx écrivit, dans son œuvre principale, Le Capital, que le capitaliste est un avare obsédé par l’acquisition incessante de plus en plus de richesses. Mais :</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Ce qui chez l’un parait être une manie individuelle est chez l’autre l’effet du mécanisme social dont il n’est qu’un rouage. Le développement de la production capitaliste nécessite un agrandissement continu du capital placé dans une entreprise, et la concurrence impose les lois immanentes de la production capitaliste comme lois coercitives externes à chaque capitaliste individuel. Elle ne lui permet pas de conserver son capital sans l’accroître, et il ne peut continuer de l’accroître à moins d’une accumulation progressive. (&#8230;) </p>



<p class="wp-block-paragraph">Accumulez, accumulez ! C’est la loi et les prophètes ! » </p>



<p class="wp-block-paragraph">La production ne sert pas à satisfaire des besoins humains &#8211; mêmes ceux des capitalistes &#8211; mais elle sert à permettre à un capitaliste de survivre en concurrence avec un autre. Les travailleurs, employés par chacun d’eux, voient leurs vies dominées par la tendance qu’ont leurs employeurs à accumuler plus rapidement que leurs rivaux. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Comme le Manifeste du parti communiste l’explique : <br>« Dans la société bourgeoise, le travail vivant n’est qu’un moyen d’accroître le travail accumulé&#8230; le capital est indépendant et personnel, tandis que l’individu qui travaille n’a ni indépendance, ni personnalité ». </p>



<p class="wp-block-paragraph">L’obligation pour les capitalistes d’accumuler, en concurrence les uns avec les autres, explique les grandes avancées industrielles des premières années du système. Mais quelque chose d’autre en résulta &#8211; les crises économiques à répétition. Les crises ne sont pas nouvelles. Elles sont aussi vieilles que le système lui-même. </p>



<h5 class="wp-block-heading">Chris Harman<sup data-fn="d70f989c-9971-4dee-8847-b92aec917bd3" class="fn"><a id="d70f989c-9971-4dee-8847-b92aec917bd3-link" href="#d70f989c-9971-4dee-8847-b92aec917bd3">1</a></sup></h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="d70f989c-9971-4dee-8847-b92aec917bd3">Cet article est extrait d’une brochure,<br><a href="https://quefaire.lautre.net/IMG/pdf/harmanmarxisme.pdf">« Qu’est-ce-que le marxisme »</a>, dont nous<br>vous conseillons la lecture. <a href="#d70f989c-9971-4dee-8847-b92aec917bd3-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li></ol><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/theorie/la-theorie-de-la-valeur/">La théorie de la valeur </a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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