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	<title>Archives des canicule - A2C - Autonomie de classe</title>
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	<description>Pour l&#039;autonomie de classe !</description>
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	<title>Archives des canicule - A2C - Autonomie de classe</title>
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		<title>On meurt de chaud, à quand la révolution climatique ?</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/ecologie/on-meurt-de-chaud-a-quand-la-revolution-climatique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jakubowski]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 11 Sep 2026 20:13:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Écologie]]></category>
		<category><![CDATA[canicule]]></category>
		<category><![CDATA[Crise climatique]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Les Cahiers d&#8217;A2C #23 &#8211; Septembre 2026 En cet été 2026, la crise écologique est plus palpable que jamais. Nous venons de vivre 5 vagues de chaleur en 3 mois et beaucoup d’entre nous ressentent <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/ecologie/on-meurt-de-chaud-a-quand-la-revolution-climatique/" title="On meurt de chaud, à quand la révolution climatique ?">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-text-align-right has-luminous-vivid-amber-background-color has-background wp-block-paragraph"><strong>Les Cahiers d&rsquo;A2C #23 &#8211; Septembre 2026</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>En cet été 2026, la <strong>crise écologique</strong> est plus palpable que jamais. Nous venons de vivre 5 vagues de chaleur en 3 mois et beaucoup d’entre nous ressentent pour la première fois les <strong>limites d’habitabilité</strong> de la planète. On risque notre santé et parfois notre vie en continuant d’aller travailler ou étudier, on meurt de chaud chez nous (+36% de mort·es pendant l’épisode caniculaire de juin en France d’après Santé Publique France), on ne peut pas trouver d’espaces de fraîcheur, la production de fruits et légumes est réduite par la sécheresse et donc les prix augmentent, les animaux sauvages et d’élevage meurent “par tonnes” à cause de la chaleur et de la sécheresse, la même sécheresse qui détruit nos habitations (fissures, glissements de terrain, incendies) et les écosystèmes.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors que les milieux écolo peinent à obtenir des victoires, que le backlash anti-écologique a réussi à imposer ses éléments de langage comme l’écologie punitive ou l’éco-terrorisme <sup data-fn="9dd3ca08-b25d-455f-8d37-e95280c92d1a" class="fn"><a href="#9dd3ca08-b25d-455f-8d37-e95280c92d1a" id="9dd3ca08-b25d-455f-8d37-e95280c92d1a-link">1</a></sup>, <strong>l’été 2026 a réveillé de nombreuses consciences sur la crise écologique</strong>. Nous pensons qu’il pourrait être un coup d’<strong>élan de massification des luttes écolo</strong> et il semble donc important de (1) mieux comprendre ce qu’est la crise écologique, (2) en quoi elle est liée au capitalisme, (3) définir le rôle de notre classe face à celle-ci, (4) discuter des stratégies des mouvements écolo et (5) identifier les principaux leviers d’action à investir pour nous permettre de nous diriger vers la révolution climatique.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>1/ Vagues de chaleurs, changement climatique et crise écologique</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pics, vagues de <strong>chaleur</strong>, canicules, ces épisodes pendant lesquels les températures dépassent nettement les normales de saison voient leur fréquence augmenter avec le changement climatique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais le changement climatique est seulement l’un des symptômes de la <strong>crise écologique globale</strong>. On peut appréhender les dimensions de cette crise via les notions de <strong>limites planétaires</strong> <sup data-fn="c4f6c255-7086-4f91-bc22-60a27d3a3741" class="fn"><a href="#c4f6c255-7086-4f91-bc22-60a27d3a3741" id="c4f6c255-7086-4f91-bc22-60a27d3a3741-link">2</a></sup> (concept proposé en 2009 par des chercheur·euses) et d’<strong>épuisement des ressources</strong>. Les <strong>limites planétaires</strong> sont les conditions qui permettent la vie de l’espèce humaine sur terre. Elles sont au nombre de 9 dont : l’état de la biodiversité, le changement climatique, l’usage des sols (avec les dangers liés au changement d’utilisation des sols comme l’artificialisation ou la déforestation), la pollution de l’environnement, ou le cycle de l’eau. Ces limites interagissent entre elles et nous en avons déjà dépassé 6. L’<strong>épuisement des ressources</strong> décrit quant à lui le fait que nous utilisons toujours plus de ressources naturelles (eau, bois, sols, énergies fossiles, sables, métaux), à un rythme qui excède celui de leur régénération. Les concepts de <strong>limites planétaires</strong> et d’<strong>épuisement des ressources</strong> sont <strong>complémentaires</strong> : le premier pose un cadre global de stabilité de la Terre à ne pas dépasser, tandis que le second mesure la surconsommation des stocks naturels qui provoque précisément ce dépassement. </p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>2/ Lien entre crise écologique et capitalisme&nbsp;</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Si de tout temps l’humain a exploité la nature, cette exploitation a été profondément changée par notre système actuel de production et de consommation, le <strong>système capitaliste</strong>. En se basant sur l’<strong>extractivisme</strong>, l’<strong>accumulation</strong> et la <strong>compétition entre puissances capitalistes,</strong> le capitalisme utilise la nature comme source de matières, d’énergie et d’espace pour produire des biens et des profits.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La logique capitaliste mène à ce que le philosophe John Bellamy Foster appelle la <strong>rupture métabolique</strong><sup data-fn="d049ab41-116a-4fa5-89ab-8eadbb4e7aeb" class="fn"><a href="#d049ab41-116a-4fa5-89ab-8eadbb4e7aeb" id="d049ab41-116a-4fa5-89ab-8eadbb4e7aeb-link">3</a></sup>. Celle-ci décrit la rupture des cycles écologiques par le capitalisme : en cherchant à extraire toujours plus de ressources, le capitalisme exploite la nature au-delà de ses capacités. Ce concept a été développé sur l’exemple de la rupture métabolique entre villes et campagnes mais est applicable à des échelles plus larges : les ressources sont extraites dans les pays du sud par une exploitation inhumaine des travailleur·euses et une extraction illimitée des écosystèmes de ces pays; les matières premières sont exportées dans les pays du nord où les travailleur·euses sont exploité·es pour les transformer en marchandises et optimiser l’exploitation de la nature; les marchandises sont vendues et consommées dans les pays du nord mais aussi importées et vendues pour la consommation des pays du sud ; les déchets liés à la consommation de ces produits dans les pays du nord sont eux aussi exportés vers les pays du sud où ils viennent polluer les écosystèmes naturels et les populations de ces pays. On voit donc alors apparaître le rôle du <strong>(néo)colonialisme,</strong> de <strong>l&rsquo;impérialisme</strong> et du <strong>racisme environnemental</strong> dans la crise écologique<strong> </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En induisant une rupture métabolique, le capitalisme a profondément <strong>changé notre le lien à la nature</strong>. La rupture métabolique provoque une mise à distance matérielle, sociale et économique de notre dépendance à l&rsquo;égard des écosystèmes et participe à la séparation conceptuelle entre nature et culture, humains et non-humains, permettant d’accepter que la nature soit exploitable car elle est un objet extérieur avec lequel on peut entretenir des rapports productivistes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Toutefois, la crise écologique met à jour une des <strong>contradictions fondamentales</strong> du capitalisme, celle de la limite matérielle à l’accumulation du capital, révélant ainsi l’<strong>impossibilité d’une croissance infinie et redistributive</strong>. La crise écologique n’est pas une crise des “mauvaises pratiques” (mauvaise gestion des ressources, technologies insuffisantes, mauvaises consommations individuelles), mais bien une crise liée à la manière dont nos sociétés organisent la production, le pouvoir et les rapports à la nature. C’est donc <strong>une crise du capitalisme</strong>.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>3/ Quel est le rôle de notre classe contre la crise écologique ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le capitalisme n’est pas un choix de quelques-uns, mais un système dans lequel la compétition entre puissances capitalistes les contraint elles même à la rentabilité. <strong>La domination capitaliste est structurelle</strong> et <strong>déterminée par les rapports sociaux de classe</strong> entre la classe dominante qui détient les moyens de production et les capitaux et la classe ouvrière/laborieuse qui est obligée de travailler pour les capitalistes pour vivre.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tant que les mesures écologiques préservent les intérêts de la classe dominante et sont compatibles avec l’accumulation (croissance “verte et sociale”, investissement dans le secteur de la transition, aires naturelles protégées), celle-ci n’y est pas hostile. On comprend toutefois désormais que ces mesures ne sont pas des solutions et que <strong>sortir de la crise écologique</strong> nécessite un changement des rapports sociaux, à la nature et économiques qui organisent la production, et <strong>va à l’encontre des intérêts de la classe dominante</strong>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est de notre ressort à nous, la classe laborieuse, de mettre un frein à la crise écologique en <strong>renversant la classe dominante</strong> et <strong>menant une transformation collective</strong> du système économique afin de remplacer la production guidée par le profit par une production démocratiquement organisée, répondant aux besoins humains tout en respectant les limites écologiques. Il nous faut donc <strong>faire la révolution climatique</strong>.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>4/ Comment les mouvements écolo luttent-ils contre la crise écologique?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Historiquement, les mouvements qui se sont organisés contre l&rsquo;appropriation des terres, des ressources et des corps sont <strong>des mouvements populaires qui ne se revendiquent pas écolo</strong> &#8211; comme la défense des communs (forêts, rivières, champs) par les paysan·nes lors de la mise en place de la propriété au Moyen-Age en Europe ou la lutte contre l’appropriation des terres et des corps par les <strong>populations colonisées</strong> lors de la conquête coloniale par les puissances Européennes. Elles sont devenues des <strong>luttes d’habitant·es</strong> contre la confiscation de l’espace public par des méga-industries – centres commerciaux, complexes industriels, réseau routier, banlieues pavillonnaires; des luttes d’habitant-es <strong>et de travailleur</strong>·<strong>euses</strong> contre la pollution – fumées d’usines, eaux contaminés, accidents chimiques; ou encore des luttes <strong>de paysan</strong>·<strong>nes</strong> contre l’agriculture industrielle, la dépendance aux pesticides, la concentration foncière. Un <strong>changement s&rsquo;opère dans les années 1970</strong>, lorsque les gouvernements reconnaissent l’existence de la crise écologique et commencent à vouloir protéger la nature (dans une dynamique conservatrice, raciste et coloniale). Des luttes écolo revendiquées comme telles apparaissent, se professionnalisent (création d’ONG comme Greenpeace, WWF ou Sea Shepherd). Le mouvement se concentre alors à <strong>alerter et convaincre l’opinion publique et la classe dirigeante de la crise écologique</strong> via des campagnes médiatiques, des plaidoyers, la production de lois. En passant de luttes collectives (par en bas) en campagnes de sensibilisation par en haut, nous sommes passé·es du rôle d’acteur·ices mobilisé·es au rôle de consommateur·ices devant changer ses consommations, affaiblissant ainsi la possibilité de rapport de force collectif. Les actions écolo sont alors principalement les <strong>campagnes de boycott</strong>, servant à visibiliser un produit, tout en ayant peu d’effet économique réel <sup data-fn="81ce0176-03f9-40d9-b75d-f99c0a105652" class="fn"><a href="#81ce0176-03f9-40d9-b75d-f99c0a105652" id="81ce0176-03f9-40d9-b75d-f99c0a105652-link">4</a></sup>, mais aussi les <strong>manifestations</strong> (marches climats), la <strong>désobéissance civile</strong> (Extinction Rébellion, Dernière Rénovation), voire le <strong>sabotage</strong> (Soulèvements de la Terre) utilisées pour créer des évènements spectaculaires servant toujours le but d’alerter ou de perturber mais créant <strong>peu de pouvoir social</strong>.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>5/ Quelles perspectives stratégiques pour l’avenir du mouvement écolo ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Si lutter contre la crise écologique passe par un <strong>renversement de la classe dominante</strong>, il nous faut réduire l’emprise de celle-ci sur nos vies <strong>dans les lieux où se joue sa domination</strong>, en passant d’actions qui vise à perturber à des <strong>actions qui vise à reprendre le pouvoir</strong>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour cela, <strong>le travail est central</strong> car l’appropriation de la nature par le capitalisme se fait majoritairement par le travail mais aussi parce qu’il est le principal levier des classes dirigeantes pour nous dominer tout en étant un endroit où nous sommes indispensables, et donc où nous avons le plus de pouvoir. Aussi, <strong>les luttes écolo doivent-elles se pencher sur le travail</strong> qu’il s’agisse de s’allier avec les travailleur·euses des entreprises exploitant le vivant (ex : énergies fossiles, bâtiments, production agricole, etc.) ou de s’investir dans les syndicats et d’y pousser une conscience écologique de classe <sup data-fn="39b0c795-6a8e-4e43-9c21-f25d404654e8" class="fn"><a href="#39b0c795-6a8e-4e43-9c21-f25d404654e8" id="39b0c795-6a8e-4e43-9c21-f25d404654e8-link">5</a></sup>. Des luttes écolo fructueuses alliant habitant·es, syndicats et collectifs écolo existent et doivent nous inspirer comme celle des Greens Bans en Australie dans les années 1970 <sup data-fn="d8dd982e-8b40-4ad4-a5d7-56f2beadd7ee" class="fn"><a href="#d8dd982e-8b40-4ad4-a5d7-56f2beadd7ee" id="d8dd982e-8b40-4ad4-a5d7-56f2beadd7ee-link">6</a></sup> au cours de laquelle les ouvriers du BTP revendiquent de choisir les finalités de leur travail. Mais on peut aussi regarder le présent pour se convaincre que <strong>le potentiel de lutte existe chez les travailleur·euses</strong> qui ont déjà été nombreux·euses à s’organiser contre leur direction en période de canicule cette année, ex : boulangers à Paris, coiffeuses à Rennes, facteur·ices en Gironde, salarié·es de la Bibliothèque Nationale de France. </p>



<p class="wp-block-paragraph">D’autres endroits comme nos logements, nos quartiers, nos villes, les transports en communs, les écoles, les facs et les lieux de fraîcheur (parcs, lieux de baignades, etc.), sont autant d’<strong>espaces au sujet desquels la canicule met en évidence le conflit politique entre notre classe et celle des dominants</strong>. Aussi, il est indispensable que nous nous organisions tous·tes pour nous réapproprier ces espaces et leur aménagement, rendre les lieux de fraîcheur accessibles et gratuits, et pour des logements dignes en prenant exemple sur de luttes comme celle les locataires à Lyon <sup data-fn="1a408b84-6f85-4d7b-ba37-121081083fed" class="fn"><a href="#1a408b84-6f85-4d7b-ba37-121081083fed" id="1a408b84-6f85-4d7b-ba37-121081083fed-link">7</a></sup> qui ont obtenu volets et ventilation en menaçant leur bailleur d’une grève des loyers.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les prises de conscience écologique liées aux canicules de 2026 nous offrent la possibilité de mobiliser contre la crise écologique en mettant au centre les intérêts de notre classe. Il est du ressort des collectifs écolo de s’atteler à <strong>faire émerger une conscience écologique de classe</strong> et d’<strong>organiser des luttes par en bas pour construire un nouveau rapport de force.</strong></p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Kaïna (Paris 20e)</strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph"></p>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="9dd3ca08-b25d-455f-8d37-e95280c92d1a"><strong>Podcast La Terre au carré</strong>, « Qui veut la peau de l’écologie », France Inter, 2025. <a href="#9dd3ca08-b25d-455f-8d37-e95280c92d1a-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li><li id="c4f6c255-7086-4f91-bc22-60a27d3a3741"><strong>Rockström Johan et al.</strong>, « A safe operating space for humanity », <em>Nature</em>, vol. 461, 2009. <a href="#c4f6c255-7086-4f91-bc22-60a27d3a3741-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2">↩︎</a></li><li id="d049ab41-116a-4fa5-89ab-8eadbb4e7aeb"><strong>Marx Karl</strong>, <em>Le Capital</em>, livre III, 1894 ; <strong>Foster John Bellamy</strong>, « Marx’s theory of metabolic rift: Classical foundations for environmental sociology », <em>American Journal of Sociology</em>, vol. 105, n°2, 1999. <br> <a href="#d049ab41-116a-4fa5-89ab-8eadbb4e7aeb-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3">↩︎</a></li><li id="81ce0176-03f9-40d9-b75d-f99c0a105652"><strong>Blast</strong>, « BOYCOTT : arme fatale ou pétard mouillé ? », vidéo publiée en juin 2026. <a href="#81ce0176-03f9-40d9-b75d-f99c0a105652-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4">↩︎</a></li><li id="39b0c795-6a8e-4e43-9c21-f25d404654e8"><strong>A2C</strong>, « Pour une écologie révolutionnaire », <em>Cahiers d’A2C</em>, n°22, juin 2026. <a href="#39b0c795-6a8e-4e43-9c21-f25d404654e8-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5">↩︎</a></li><li id="d8dd982e-8b40-4ad4-a5d7-56f2beadd7ee"><strong>Union Communiste Libertaire</strong>, « Green bans : quand les maçons disent non, c’est non », article publié le 6 août 2021 <a href="#d8dd982e-8b40-4ad4-a5d7-56f2beadd7ee-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6">↩︎</a></li><li id="1a408b84-6f85-4d7b-ba37-121081083fed"><strong>Rue89 Lyon</strong>, « Grève des loyers : des locataires obtiennent gain de cause à Lyon », article publié le 18 juillet 2026 <a href="#1a408b84-6f85-4d7b-ba37-121081083fed-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 7">↩︎</a></li></ol>


<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Les travailleur·euses du commerce s’organisent face à la canicule ! </title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/ecologie/les-travailleur%c2%b7euses-du-commerce-sorganisent-face-a-la-canicule/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sana]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 10 Sep 2026 12:22:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Écologie]]></category>
		<category><![CDATA[canicule]]></category>
		<category><![CDATA[syndicalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Travail]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Vik, tu es coiffeuse et avec une autre camarade d’A2C, vous avez organisé fin juillet une mobilisation dans votre syndicat et sur votre lieu de travail face à la canicule et ses effets sur les <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/ecologie/les-travailleur%c2%b7euses-du-commerce-sorganisent-face-a-la-canicule/" title="Les travailleur·euses du commerce s’organisent face à la canicule ! ">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h3 class="wp-block-heading">Vik, tu es coiffeuse et avec une autre camarade d’A2C, vous avez organisé fin juillet une mobilisation dans votre syndicat et sur votre lieu de travail face à la canicule et ses effets sur les travailleurs et les travailleuses. Comment cette initiative est-elle née ?</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Cette initiative est née en discutant avec nos collègues, d’abord au sein du syndicat de la coiffure. On s&rsquo;est rendu compte qu&rsquo;il n&rsquo;y avait rien qui était mis en place alors qu’en tant que coiffeur·euses, on est amené·es à travailler avec des outils chauffants, comme des sèche-cheveux, ce qui est particulièrement compliqué sous 40°. On a eu pas mal de retours, dans notre groupe du syndicat, comme quoi c&rsquo;était très dur à vivre, qu&rsquo;il n’y avait pas d&rsquo;aménagement mis en place, même pas un ventilateur, rien du tout.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">A partir de ça, une camarade a travaillé sur un tract à partir d’une vulgarisation de la législation qui a été faite par la CGT. Ca nous a permis d’organiser quatres séances de tractages et deux collages à destination des travailleur.euses pour les informer sur leurs droits et pour les amener à rejoindre le syndicat et à s’organiser collectivement face à la canicule.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quand on a rencontré les travailleur·euses, on s’est vraiment rendu compte du désastre. Les espaces dédiés aux client.es sont climatisées mais pas ceux où les salarié.es travaillent. Dans une crêperie à Rennes, des collègues ont mesuré 50°C en cuisine. Iels nous ont dit que la température n&rsquo;était pas montée plus haut uniquement parce que le thermomètre ne pouvait plus afficher davantage.&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Donc vous avez construit cette mobilisation avec le secteur de la restauration ? Pourquoi ?&nbsp;</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">La restauration est un secteur avec lequel on partage beaucoup de choses : des petites entreprises, le travail en présence directe du patron, des week-ends travaillés, des heures supplémentaires souvent non payées. On avait déjà mené des mobilisations ensemble, donc c&rsquo;était naturel de construire celle-ci en commun. L&rsquo;objectif était aussi de renforcer la CGT Commerce. Si on reste organisé·es uniquement par métier, on est vite limité·es par notre nombre et notre force collective. Et puis là, la canicule touche tout le monde. Sous 42 °C, beaucoup de patrons préfèrent maintenir l&rsquo;activité plutôt que fermer quelques heures et perdre de l&rsquo;argent.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">On entend souvent que ce sont des secteurs durs pour le travail syndical mais quand on a tracté, les travailleur·euses nous ont expliqué que c’était la première fois qu’ielles voyaient des syndicalistes. Travailler aux côtés du patron rend les discussions compliquées, mais au moins on a pu laisser un contact et avoir des débuts de discussions.&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Comment ça s’est passé dans le syndicat ? Face à quels arguments vous êtes vous confrontés ?&nbsp;</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Au départ, cette démarche n&rsquo;a pas convaincu grand monde. Les plus motivé·es étaient surtout les nouvelles et nouveaux syndiqué·es, ainsi que quelques militant·es plus ancien·nes. D&rsquo;autres pensaient qu&rsquo;il n&rsquo;était pas utile de lancer une mobilisation spécifique pour un épisode qui ne durerait que quelques jours.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous avons défendu l&rsquo;idée inverse : la chaleur n&rsquo;est pas un événement exceptionnel mais une conséquence durable du changement climatique, qui transforme déjà nos conditions de travail. C&rsquo;est donc une question syndicale à part entière.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et quand la dynamique a pris, des cadres du syndicat nous ont rejoint car iels ont vu que ça pouvait mobiliser les collègues.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D’ailleurs en rencontrant les travailleur·euses plusieurs avaient menacé d’exercer leur droit de retrait, plusieurs s’étaient déjà organisé.es de façon collective. Au final j’ai l’impression que la canicule mobilise plus que les questions posées habituellement par les syndicats sur des conditions de travail spécifiques parce qu’il y a un vrai turn-over, et au final beaucoup aspirent à sortir du secteur. La canicule c’est tout de suite maintenant, ça mobilise plus.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Au final, qu’est ce que cette mobilisation a permis selon toi pour la suite ?&nbsp;</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Au final, on a pu rencontrer pas mal de travailleur·euses et constituer un petit groupe de militant·es de la CGT commerce avec des habitudes de faire ensemble, d’aller rencontrer les collègues, dans des secteurs particulièrement exploités. C’est une bonne base pour la suite. La canicule de cet été va avoir de grosses répercussions ces prochains mois sur les travailleur.euses. Des agriculteur·ices annoncent que l’épisode de canicule va affecter fortement les prix à cause des impacts sur les récoltes. Il faut qu’on arrive à continuer de lier cette mobilisation à une riposte de classe sur nos lieux de travail.&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Propos recueillis par Anouk Brunet (Marseille)</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Canicule : penser la riposte de classe</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/ecologie/canicule-penser-la-riposte-de-classe/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Emil]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 28 Jun 2026 07:34:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Écologie]]></category>
		<category><![CDATA[canicule]]></category>
		<category><![CDATA[écologie]]></category>
		<category><![CDATA[Révolution]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">On ne peut pas y échapper, nous traversons actuellement la deuxième canicule de l&#8217;année, avec des températures de plus de 40 degrés parfois, qui impactent tous les aspects de la vie, du travail à la <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/ecologie/canicule-penser-la-riposte-de-classe/" title="Canicule : penser la riposte de classe">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">On ne peut pas y échapper, nous traversons actuellement la deuxième canicule de l&rsquo;année, avec des températures de plus de 40 degrés parfois, qui impactent tous les aspects de la vie, du travail à la santé ou à l&rsquo;éducation. Pourtant, on comprend que la trajectoire du capitalisme est telle que, sans transformation majeure de la société, cet été sera le moins chaud du reste de nos vies. Cette canicule, elle n&rsquo;est pas due à un changement de météo, alors comment politiser cette canicule et ses conséquences ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Interview de Anouk, militante à A2C Paris, investie dans les luttes écologistes et révolutionnaires et de Mathilda, Aude et Armel&nbsp; miltiant&rsquo;es à A2C Rennes qui nous racontent les tentatives de mobilisations dans leurs secteurs et lieux de travail.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>&nbsp;De quoi la canicule est-elle le symptôme ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Anouk&nbsp; :</strong>&nbsp; ce qu&rsquo;il se passe avec la canicule actuelle et le traitement médiatique qui en est fait c&rsquo;est que tous les journaux, tous les médias parlent de la climatisation, ses bénéfices, ses effets négatifs. Ce n&rsquo;est pas du tout l&rsquo;angle sous lequel il faut traiter cet épisode climatique et il faut vraiment réussir à se détacher de cette approche qui dépolitise complètement la canicule.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On entend dans l&rsquo;émission le Quotidien&nbsp;  » Voilà, on a tous chaud  » mais ce n&rsquo;est pas vrai. &nbsp; Bernard Arnault sur son yacht il n&rsquo;a pas aussi chaud que quelqu&rsquo;un qui vit sous les toits dans une bouilloire thermique, ce n&rsquo;est pas du tout la même réalité,&nbsp; pas du tout la même manière de vivre la canicule .&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quand on parle de la canicule c&rsquo;est hyper important de comprendre d&rsquo;où elle vient et qui sont les personnes qui sont responsables parce que ça permet justement par la suite de pouvoir réfléchir aux causes de ce type d&rsquo;épisodes climatiques qui vont se répéter . Ça fait des années que c&rsquo;est expliqué par des chercheurs et des chercheuses .&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je vais m&rsquo;appuyer sur les analyses d&rsquo;Andreas Malm dans son livre <em>L&rsquo;anthropocène contre l&rsquo;histoire</em>. Le fond du problème vient d&rsquo;une transition vers un mode de production qui est le capitalisme industriel en Angleterre au 19ème siècle où l&rsquo;on est passé d&rsquo;une économie utilisant l&rsquo;eau comme source d&rsquo;énergie à une économie utilisant de la vapeur notamment grâce au charbon. En fait ce n&rsquo;était pas vraiment une technique plus efficace, elle était&nbsp; même plus chère. Mais elle avait d&rsquo;autres avantages : permettre de discipliner la main d&rsquo;œuvre,&nbsp; de ne pas dépendre des conditions difficiles d&rsquo;approvisionnement en eau donc des saisons. Cela permettait d&rsquo;avoir une énergie beaucoup plus stable et donc beaucoup plus productive. Ce capitalisme industriel qui repose sur l&rsquo;exploitation de toutes les énergies fossiles n&rsquo;est pas arrivé par hasard comme simple une découverte technique. C&rsquo;est vraiment un choix qui a été politique et social dès le début.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et aujourd&rsquo;hui le capitalisme dépend complètement des énergies fossiles. On a donc de grosses entreprises qui investissent dans des mégaprojets qui détruisent l&rsquo;environnement et des personnes qui y travaillent. On peut citer le méga projet pétrolier de Total en Ouganda qui est un véritable désastre. En 2023 plus de 700 milliards de dollars étaient investis dans l&rsquo;extraction de combustibles fossiles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le problème c&rsquo;est que l&rsquo;utilisation des énergies fossiles émet des gaz à effet de serre.&nbsp; Ce n&rsquo;est pas juste un réchauffement de la planète mais c&rsquo;est un dérèglement total où on peut avoir des épisodes de canicule comme aujourd&rsquo;hui mais aussi des épisodes de froid très intense. Avec des conséquences multiples qui ne touchent pas tout le monde de la même manière.&nbsp; Les personnes qui polluent le plus,&nbsp; les capitalistes qui&nbsp; détiennent les moyens de production, qui exploitent à la fois la terre et les travailleureuses sont à l&rsquo;abri des conséquences de ces dérèglements environnementaux et climatiques. Ils travaillent et vivent dans des espaces climatisés ou peuvent s’échapper vers&nbsp; les endroits où il fait moins chaud. Nous on ne peut pas faire ça, on ne peut pas partir, on est obligé de subir la canicule.&nbsp; Ça se traduit par des morts dues à des conditions de travail extrêmes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut bien avoir en tête que cette canicule est le produit de deux siècles d&rsquo;utilisation des énergies fossiles.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Sur les lieux de travail, la situation est souvent très difficile pour les travailleureuses. Quelles résistances ont existé cette semaine pour exiger de meilleures protections face à la chaleur ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Mathilda :</strong> Je suis syndiquée à la CGT commerce, j&rsquo;ai monté une section syndicale de coiffeuse. Je me suis beaucoup mobilisée&nbsp; sur cette question en apprenant qu&rsquo; il y a eu des&nbsp; décès au travail, notamment un jeune de 19 ans dans le BTP&nbsp; sans que rien ne se passe&nbsp; au niveau de mon syndicat. Je me suis demandé ce qu&rsquo;on peut faire, j&rsquo;ai eu besoin de poser des questions, de parler avec d&rsquo;autres&nbsp; pour savoir comment se mobiliser.&nbsp; On s&rsquo;est fait une visio le lundi matin, on était 5, dont deux délégués de la CGT. On a&nbsp; décidé d&rsquo;un tract pour rencontrer, informer, alerter les travailleureuses notamment sur le danger auquel on allait être exposé&rsquo;es, nos droits, le droit de retrait, les devoirs des employeurs&#8230; Avec l’idée de rattacher nos conditions propres de travail aux conditions globales de tous les&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">travailleureuses.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On s&rsquo;est retrouvés le mercredi matin pour tracter dans trois centres commerciaux où on a des collègues qui travaillent sous plus de 40 degrés. Pendant cette tournée-là, on était trois camarades de la CGT à faire le tour des commerces notamment la restauration et la coiffure et on a eu des discussions super intéressantes, sur le fait que c&rsquo;est grave que rien ne soit mis en place et qu&rsquo;on s&rsquo;expose à un réel danger en travaillant dans ces conditions-là. On a fait un deuxième tractage le lendemain avec l&rsquo;idée de relever un peu tous les endroits où il y avait eu des choses qui nous avaient alertés, rythme de travail maintenu, température&nbsp; au-delà de 40 &#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">On a évoqué aussi le fait de faire des collages dans la rue pour rendre visible le soutien de toutes les personnes qui doivent subir ça et se faire exploiter et le besoin de s&rsquo;arrêter de travailler.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ca fait un peu mal au cœur de se dire qu&rsquo;on est si peu à se mobiliser. En fait c&rsquo;est difficile, ça demande un temps énorme d&rsquo;aller voir chaque travailleureuse, chaque lieu de travail&#8230; Il faudrait que les secteurs se mobilisent par eux-mêmes mais ce n&rsquo;est pas forcément un réflexe, d&rsquo;autant plus que les gens sont dépassés et peu au fait de leurs droits comme le droit de retrait. Pour l&rsquo;exercer, il faut avoir la confiance. Il y a le fait aussi que beaucoup sont des non-syndiqués et ne savent pas par où commencer. Syndiqué ou pas, il faut se mobiliser et être en solidarité avec ses voisins, les secteurs d&rsquo;à côté de son travail.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais c&rsquo;est un début. On sait que la vague de chaleur va passer mais qu&rsquo;il y en aura d&rsquo;autres. A ce moment-là on sera un peu plus et c&rsquo;est comme ça aussi que ça va marcher !&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Aude :</strong> je travaille dans le social et j&rsquo;accompagne dans ce qu&rsquo;on appelle un habitat regroupé&nbsp; des personnes en situation de handicap et là cette semaine, on a beaucoup parlé de se mettre en grève en fait parce que on se retrouve dans une situation où on a l&rsquo;impression d&rsquo;être aussi maltraitante envers les personnes qu&rsquo;on accompagne. Dans leurs logements la température monte entre 30° et 35° et ils font plusieurs malaises.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">On réfléchit donc à se mettre en grève sur des revendications pour des conditions dignes pour les personnes qu&rsquo;on accompagne et des conditions de travail plus tenables. Pour l&rsquo;instant on a un peu du mal à convaincre que la grève pourrait se faire. Certains pensent qu&rsquo;elle ne marcherait pas, que les parents sont trop condescendants mais j&rsquo;ai pas mal de collègues sur des contrats courts qui pourraient être convaincus.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La canicule entraîne-t-elle une prise de conscience des travailleureuses sur les liens entre changement climatique et capitalisme ? Les syndicats réussissent-ils à politiser la canicule ?&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Mathilda </strong>: Ce qui ressortait c&rsquo;était l&rsquo;urgence d&rsquo;anticiper cette semaine-là qui allait mettre en danger une vague énorme de travailleureuses.&nbsp; Mais il y a vraiment un truc très clair sur le rapport d&rsquo;exploitation surtout dans les toutes petites entreprises du secteur où il y a plus de proximité avec le patron. Quand on discute avec les gens ça met vraiment en lumière le fait qu&rsquo;on n&rsquo;est pas dans le même panier.&nbsp; Par exemple la climatisation, elle est dans la salle où les&nbsp; clients consomment mais à l&rsquo;arrière dans les salles de pause ou dans la cuisine il n&rsquo;y en a pas, on subit parce que apparemment c&rsquo;est pas hygiénique d&rsquo;après la patronne. Ce ne sont pas ceux qui te disent de continuer de travailler qui vont subir la canicule. Et quand bien même le patron qui contrôle subit aussi la canicule, qu&rsquo;il veut continuer à travailler, c&rsquo;est son choix. Par contre au final, on ne va pas gagner les mêmes choses et un travail salarié ça reste un travail salarié, ce n&rsquo;est pas notre entreprise. Ce qu’on vit montre qu&rsquo;il y a un intérêt des travailleureuses à se protéger et à s&rsquo;organiser par elleux-même.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Pour l&rsquo;instant, on a parlé de luttes des travailleureuses importantes, de survie, pour se protéger des conséquences immédiates du capitalisme. Mais comment peut-on imaginer aller plus loin, et s&rsquo;attaquer à ses racines elles-mêmes ? Quelles alliances peuvent être imaginées ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Anouk :</strong>&nbsp; L&rsquo;écologie, il faut aussi l&rsquo;ancrer dans une dimension politique et sociale.&nbsp; Ca a trop longtemps été un sujet à part qui ne s&rsquo;inscrit pas dans les réalités matérielles de toute notre classe et&nbsp; ça porte préjudice à la lutte. Ça découle des milieux écolos qui sont en réalité un peu perdus parce qu&rsquo;ils héritent d&rsquo;une histoire militante compliquée et qui n&rsquo;est pas du tout politisée. A l&rsquo;origine, c&rsquo;est Greenpeace, c&rsquo;est une écologie consensuelle qui doit parler à tout le monde et notamment aux médias&#8230; Il y a beaucoup d&rsquo;écologie du spectacle et beaucoup moins de&nbsp; soutien aux piquets de grève.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais il y a quand même déjà des alliances qui se créent entre les milieux écolos et les syndicats, par exemple avec les soulèvements de la terre. Il y a eu cette campagne commune&nbsp; avec la CGT pendant une grève dans le secteur de la logistique à Gennevilliers, avec des prises de contacts qui avaient été faites petit à petit.&nbsp; Ça a débouché sur une campagne qui s&rsquo;appelle soulèvement des salaires où du coup ça traite justement de la question des salaires des travailleureuses de la logistique. Ça a&nbsp; conduit à l&rsquo;annulation du projet Green Dock. Donc il y a quand même des victoires qui sont créées par ces alliances mais il faut que ça aille plus loin.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Armel :</strong> Ces soutiens aux grèves depuis l&rsquo;extérieur, c&rsquo;est des choses qui peuvent être intéressantes mais ce sont des postures qui sont un peu décalées. Je pense qu&rsquo;en fait&nbsp; la meilleure manière de faire ce lien, c&rsquo;est un peu le chemin qu&rsquo;on est en train de prendre, c&rsquo;est de se dire que les écologistes aussi sont des travailleureuses, ils et elles aussi sont pour une grande majorité exploités dans leur travail et peuvent s&rsquo;engager dans le syndicalisme. Je pense qu&rsquo;il faut repartir de l&rsquo;analyse marxiste et du fait que c&rsquo;est dans les contradictions du capitalisme et donc en grande partie dans la question du travail et des conflits qu&rsquo;il y a autour du travail qu&rsquo;on va réussir à attaquer la question de l&rsquo;écologie. C&rsquo;est une histoire de classe qui nous concerne tous et toutes?&nbsp; C&rsquo;est de la lutte des classes le meilleur outil.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Anouk :</strong> oui, c&rsquo;est difficile de parler de syndicat aux militants et militantes écolos qui ont pas du tout forcément pas la même tradition. Mais effectivement c&rsquo;est un sujet qu&rsquo;il faut pousser en essayant justement de développer cette conscience de classe et de pousser à des appels à la grève, à une grève climatique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Mathilda :</strong> je suis grave d&rsquo;accord avec ce que disait Armel et je pense à ta conclusion, Anouk, sur la grève climatique. L&rsquo;outil de la grève, il est vraiment à toujours remettre sur la table parce que c&rsquo;est par l&rsquo;arrêt qu&rsquo;on imposera des choses.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le syndicat c&rsquo;est un peu la base dans le sens où on est tous et toutes exploité.e.s. On a donc besoin de se défendre et de s&rsquo;organiser dans les syndicats. Mais pour la CGT à Rennes, sur la question écolo, il n&rsquo;y a pas encore ces liens. Il faut travailler en ce sens.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par exemple, pour le&nbsp; syndicat du commerce, aller voir ce qui se passe ailleurs pour se mobiliser ensemble, faire des tractages communs, avoir des moments de discussion avec des collectifs écolos.&nbsp;</p>
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