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	<title>Archives des canicule - A2C - Autonomie de classe</title>
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	<title>Archives des canicule - A2C - Autonomie de classe</title>
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		<title>Canicule : penser la riposte de classe</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Emil]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 28 Jun 2026 07:34:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Écologie]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">On ne peut pas y échapper, nous traversons actuellement la deuxième canicule de l&#8217;année, avec des températures de plus de 40 degrés parfois, qui impactent tous les aspects de la vie, du travail à la <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/ecologie/canicule-penser-la-riposte-de-classe/" title="Canicule : penser la riposte de classe">[...]</a></div>
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<p>On ne peut pas y échapper, nous traversons actuellement la deuxième canicule de l&rsquo;année, avec des températures de plus de 40 degrés parfois, qui impactent tous les aspects de la vie, du travail à la santé ou à l&rsquo;éducation. Pourtant, on comprend que la trajectoire du capitalisme est telle que, sans transformation majeure de la société, cet été sera le moins chaud du reste de nos vies. Cette canicule, elle n&rsquo;est pas due à un changement de météo, alors comment politiser cette canicule et ses conséquences ?</p>



<p>Interview de Anouk, militante à A2C Paris, investie dans les luttes écologistes et révolutionnaires et de Mathilda, Aude et Armel&nbsp; miltiant&rsquo;es à A2C Rennes qui nous racontent les tentatives de mobilisations dans leurs secteurs et lieux de travail.&nbsp;</p>



<p><strong>&nbsp;De quoi la canicule est-elle le symptôme ?</strong></p>



<p><strong>Anouk&nbsp; :</strong>&nbsp; ce qu&rsquo;il se passe avec la canicule actuelle et le traitement médiatique qui en est fait c&rsquo;est que tous les journaux, tous les médias parlent de la climatisation, ses bénéfices, ses effets négatifs. Ce n&rsquo;est pas du tout l&rsquo;angle sous lequel il faut traiter cet épisode climatique et il faut vraiment réussir à se détacher de cette approche qui dépolitise complètement la canicule.</p>



<p>On entend dans l&rsquo;émission le Quotidien&nbsp;  » Voilà, on a tous chaud  » mais ce n&rsquo;est pas vrai. &nbsp; Bernard Arnault sur son yacht il n&rsquo;a pas aussi chaud que quelqu&rsquo;un qui vit sous les toits dans une bouilloire thermique, ce n&rsquo;est pas du tout la même réalité,&nbsp; pas du tout la même manière de vivre la canicule .&nbsp;</p>



<p>Quand on parle de la canicule c&rsquo;est hyper important de comprendre d&rsquo;où elle vient et qui sont les personnes qui sont responsables parce que ça permet justement par la suite de pouvoir réfléchir aux causes de ce type d&rsquo;épisodes climatiques qui vont se répéter . Ça fait des années que c&rsquo;est expliqué par des chercheurs et des chercheuses .&nbsp;</p>



<p>Je vais m&rsquo;appuyer sur les analyses d&rsquo;Andreas Malm dans son livre <em>L&rsquo;anthropocène contre l&rsquo;histoire</em>. Le fond du problème vient d&rsquo;une transition vers un mode de production qui est le capitalisme industriel en Angleterre au 19ème siècle où l&rsquo;on est passé d&rsquo;une économie utilisant l&rsquo;eau comme source d&rsquo;énergie à une économie utilisant de la vapeur notamment grâce au charbon. En fait ce n&rsquo;était pas vraiment une technique plus efficace, elle était&nbsp; même plus chère. Mais elle avait d&rsquo;autres avantages : permettre de discipliner la main d&rsquo;œuvre,&nbsp; de ne pas dépendre des conditions difficiles d&rsquo;approvisionnement en eau donc des saisons. Cela permettait d&rsquo;avoir une énergie beaucoup plus stable et donc beaucoup plus productive. Ce capitalisme industriel qui repose sur l&rsquo;exploitation de toutes les énergies fossiles n&rsquo;est pas arrivé par hasard comme simple une découverte technique. C&rsquo;est vraiment un choix qui a été politique et social dès le début.&nbsp;</p>



<p>Et aujourd&rsquo;hui le capitalisme dépend complètement des énergies fossiles. On a donc de grosses entreprises qui investissent dans des mégaprojets qui détruisent l&rsquo;environnement et des personnes qui y travaillent. On peut citer le méga projet pétrolier de Total en Ouganda qui est un véritable désastre. En 2023 plus de 700 milliards de dollars étaient investis dans l&rsquo;extraction de combustibles fossiles.</p>



<p>Le problème c&rsquo;est que l&rsquo;utilisation des énergies fossiles émet des gaz à effet de serre.&nbsp; Ce n&rsquo;est pas juste un réchauffement de la planète mais c&rsquo;est un dérèglement total où on peut avoir des épisodes de canicule comme aujourd&rsquo;hui mais aussi des épisodes de froid très intense. Avec des conséquences multiples qui ne touchent pas tout le monde de la même manière.&nbsp; Les personnes qui polluent le plus,&nbsp; les capitalistes qui&nbsp; détiennent les moyens de production, qui exploitent à la fois la terre et les travailleureuses sont à l&rsquo;abri des conséquences de ces dérèglements environnementaux et climatiques. Ils travaillent et vivent dans des espaces climatisés ou peuvent s’échapper vers&nbsp; les endroits où il fait moins chaud. Nous on ne peut pas faire ça, on ne peut pas partir, on est obligé de subir la canicule.&nbsp; Ça se traduit par des morts dues à des conditions de travail extrêmes.</p>



<p>Il faut bien avoir en tête que cette canicule est le produit de deux siècles d&rsquo;utilisation des énergies fossiles.</p>



<p><strong>Sur les lieux de travail, la situation est souvent très difficile pour les travailleureuses. Quelles résistances ont existé cette semaine pour exiger de meilleures protections face à la chaleur ?</strong></p>



<p><strong>Mathilda :</strong> Je suis syndiquée à la CGT commerce, j&rsquo;ai monté une section syndicale de coiffeuse. Je me suis beaucoup mobilisée&nbsp; sur cette question en apprenant qu&rsquo; il y a eu des&nbsp; décès au travail, notamment un jeune de 19 ans dans le BTP&nbsp; sans que rien ne se passe&nbsp; au niveau de mon syndicat. Je me suis demandé ce qu&rsquo;on peut faire, j&rsquo;ai eu besoin de poser des questions, de parler avec d&rsquo;autres&nbsp; pour savoir comment se mobiliser.&nbsp; On s&rsquo;est fait une visio le lundi matin, on était 5, dont deux délégués de la CGT. On a&nbsp; décidé d&rsquo;un tract pour rencontrer, informer, alerter les travailleureuses notamment sur le danger auquel on allait être exposé&rsquo;es, nos droits, le droit de retrait, les devoirs des employeurs&#8230; Avec l’idée de rattacher nos conditions propres de travail aux conditions globales de tous les&nbsp;</p>



<p>travailleureuses.</p>



<p>On s&rsquo;est retrouvés le mercredi matin pour tracter dans trois centres commerciaux où on a des collègues qui travaillent sous plus de 40 degrés. Pendant cette tournée-là, on était trois camarades de la CGT à faire le tour des commerces notamment la restauration et la coiffure et on a eu des discussions super intéressantes, sur le fait que c&rsquo;est grave que rien ne soit mis en place et qu&rsquo;on s&rsquo;expose à un réel danger en travaillant dans ces conditions-là. On a fait un deuxième tractage le lendemain avec l&rsquo;idée de relever un peu tous les endroits où il y avait eu des choses qui nous avaient alertés, rythme de travail maintenu, température&nbsp; au-delà de 40 &#8230;</p>



<p>On a évoqué aussi le fait de faire des collages dans la rue pour rendre visible le soutien de toutes les personnes qui doivent subir ça et se faire exploiter et le besoin de s&rsquo;arrêter de travailler.</p>



<p>Ca fait un peu mal au cœur de se dire qu&rsquo;on est si peu à se mobiliser. En fait c&rsquo;est difficile, ça demande un temps énorme d&rsquo;aller voir chaque travailleureuse, chaque lieu de travail&#8230; Il faudrait que les secteurs se mobilisent par eux-mêmes mais ce n&rsquo;est pas forcément un réflexe, d&rsquo;autant plus que les gens sont dépassés et peu au fait de leurs droits comme le droit de retrait. Pour l&rsquo;exercer, il faut avoir la confiance. Il y a le fait aussi que beaucoup sont des non-syndiqués et ne savent pas par où commencer. Syndiqué ou pas, il faut se mobiliser et être en solidarité avec ses voisins, les secteurs d&rsquo;à côté de son travail.</p>



<p>Mais c&rsquo;est un début. On sait que la vague de chaleur va passer mais qu&rsquo;il y en aura d&rsquo;autres. A ce moment-là on sera un peu plus et c&rsquo;est comme ça aussi que ça va marcher !&nbsp;</p>



<p><strong>Aude :</strong> je travaille dans le social et j&rsquo;accompagne dans ce qu&rsquo;on appelle un habitat regroupé&nbsp; des personnes en situation de handicap et là cette semaine, on a beaucoup parlé de se mettre en grève en fait parce que on se retrouve dans une situation où on a l&rsquo;impression d&rsquo;être aussi maltraitante envers les personnes qu&rsquo;on accompagne. Dans leurs logements la température monte entre 30° et 35° et ils font plusieurs malaises.&nbsp;</p>



<p>On réfléchit donc à se mettre en grève sur des revendications pour des conditions dignes pour les personnes qu&rsquo;on accompagne et des conditions de travail plus tenables. Pour l&rsquo;instant on a un peu du mal à convaincre que la grève pourrait se faire. Certains pensent qu&rsquo;elle ne marcherait pas, que les parents sont trop condescendants mais j&rsquo;ai pas mal de collègues sur des contrats courts qui pourraient être convaincus.</p>



<p><strong>La canicule entraîne-t-elle une prise de conscience des travailleureuses sur les liens entre changement climatique et capitalisme ? Les syndicats réussissent-ils à politiser la canicule ?&nbsp;</strong></p>



<p><strong>Mathilda </strong>: Ce qui ressortait c&rsquo;était l&rsquo;urgence d&rsquo;anticiper cette semaine-là qui allait mettre en danger une vague énorme de travailleureuses.&nbsp; Mais il y a vraiment un truc très clair sur le rapport d&rsquo;exploitation surtout dans les toutes petites entreprises du secteur où il y a plus de proximité avec le patron. Quand on discute avec les gens ça met vraiment en lumière le fait qu&rsquo;on n&rsquo;est pas dans le même panier.&nbsp; Par exemple la climatisation, elle est dans la salle où les&nbsp; clients consomment mais à l&rsquo;arrière dans les salles de pause ou dans la cuisine il n&rsquo;y en a pas, on subit parce que apparemment c&rsquo;est pas hygiénique d&rsquo;après la patronne. Ce ne sont pas ceux qui te disent de continuer de travailler qui vont subir la canicule. Et quand bien même le patron qui contrôle subit aussi la canicule, qu&rsquo;il veut continuer à travailler, c&rsquo;est son choix. Par contre au final, on ne va pas gagner les mêmes choses et un travail salarié ça reste un travail salarié, ce n&rsquo;est pas notre entreprise. Ce qu’on vit montre qu&rsquo;il y a un intérêt des travailleureuses à se protéger et à s&rsquo;organiser par elleux-même.&nbsp;</p>



<p><strong>Pour l&rsquo;instant, on a parlé de luttes des travailleureuses importantes, de survie, pour se protéger des conséquences immédiates du capitalisme. Mais comment peut-on imaginer aller plus loin, et s&rsquo;attaquer à ses racines elles-mêmes ? Quelles alliances peuvent être imaginées ?</strong></p>



<p><strong>Anouk :</strong>&nbsp; L&rsquo;écologie, il faut aussi l&rsquo;ancrer dans une dimension politique et sociale.&nbsp; Ca a trop longtemps été un sujet à part qui ne s&rsquo;inscrit pas dans les réalités matérielles de toute notre classe et&nbsp; ça porte préjudice à la lutte. Ça découle des milieux écolos qui sont en réalité un peu perdus parce qu&rsquo;ils héritent d&rsquo;une histoire militante compliquée et qui n&rsquo;est pas du tout politisée. A l&rsquo;origine, c&rsquo;est Greenpeace, c&rsquo;est une écologie consensuelle qui doit parler à tout le monde et notamment aux médias&#8230; Il y a beaucoup d&rsquo;écologie du spectacle et beaucoup moins de&nbsp; soutien aux piquets de grève.</p>



<p>Mais il y a quand même déjà des alliances qui se créent entre les milieux écolos et les syndicats, par exemple avec les soulèvements de la terre. Il y a eu cette campagne commune&nbsp; avec la CGT pendant une grève dans le secteur de la logistique à Gennevilliers, avec des prises de contacts qui avaient été faites petit à petit.&nbsp; Ça a débouché sur une campagne qui s&rsquo;appelle soulèvement des salaires où du coup ça traite justement de la question des salaires des travailleureuses de la logistique. Ça a&nbsp; conduit à l&rsquo;annulation du projet Green Dock. Donc il y a quand même des victoires qui sont créées par ces alliances mais il faut que ça aille plus loin.&nbsp;</p>



<p><strong>Armel :</strong> Ces soutiens aux grèves depuis l&rsquo;extérieur, c&rsquo;est des choses qui peuvent être intéressantes mais ce sont des postures qui sont un peu décalées. Je pense qu&rsquo;en fait&nbsp; la meilleure manière de faire ce lien, c&rsquo;est un peu le chemin qu&rsquo;on est en train de prendre, c&rsquo;est de se dire que les écologistes aussi sont des travailleureuses, ils et elles aussi sont pour une grande majorité exploités dans leur travail et peuvent s&rsquo;engager dans le syndicalisme. Je pense qu&rsquo;il faut repartir de l&rsquo;analyse marxiste et du fait que c&rsquo;est dans les contradictions du capitalisme et donc en grande partie dans la question du travail et des conflits qu&rsquo;il y a autour du travail qu&rsquo;on va réussir à attaquer la question de l&rsquo;écologie. C&rsquo;est une histoire de classe qui nous concerne tous et toutes?&nbsp; C&rsquo;est de la lutte des classes le meilleur outil.&nbsp;</p>



<p><strong>Anouk :</strong> oui, c&rsquo;est difficile de parler de syndicat aux militants et militantes écolos qui ont pas du tout forcément pas la même tradition. Mais effectivement c&rsquo;est un sujet qu&rsquo;il faut pousser en essayant justement de développer cette conscience de classe et de pousser à des appels à la grève, à une grève climatique.</p>



<p><strong>Mathilda :</strong> je suis grave d&rsquo;accord avec ce que disait Armel et je pense à ta conclusion, Anouk, sur la grève climatique. L&rsquo;outil de la grève, il est vraiment à toujours remettre sur la table parce que c&rsquo;est par l&rsquo;arrêt qu&rsquo;on imposera des choses.</p>



<p>Le syndicat c&rsquo;est un peu la base dans le sens où on est tous et toutes exploité.e.s. On a donc besoin de se défendre et de s&rsquo;organiser dans les syndicats. Mais pour la CGT à Rennes, sur la question écolo, il n&rsquo;y a pas encore ces liens. Il faut travailler en ce sens.&nbsp;</p>



<p>Par exemple, pour le&nbsp; syndicat du commerce, aller voir ce qui se passe ailleurs pour se mobiliser ensemble, faire des tractages communs, avoir des moments de discussion avec des collectifs écolos.&nbsp;</p>
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