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	<title>Archives des C9M - A2C - Autonomie de classe</title>
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	<title>Archives des C9M - A2C - Autonomie de classe</title>
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		<title>Mobilisation contre les fascistes du C9M à Paris : bilan d’un succès !</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/mobilisation-contre-les-fascistes-du-c9m-a-paris-bilan-dun-succes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Vic]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 08 Sep 2026 15:22:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Antifascisme]]></category>
		<category><![CDATA[C9M]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Entretien avec Oshka et Rach, militantes du collectif antifasciste de Paris 20e et membres d’A2C, pour un petit retour d’expérience qui donne de la force pour les mobilisations antifascistes à venir, notamment contre le congrès <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/mobilisation-contre-les-fascistes-du-c9m-a-paris-bilan-dun-succes/" title="Mobilisation contre les fascistes du C9M à Paris : bilan d’un succès !">[...]</a></div>
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<p class="wp-block-paragraph"><em>Entretien avec Oshka et Rach, militantes du collectif antifasciste de Paris 20e et membres d’A2C, pour un petit retour d’expérience qui donne de la force pour les mobilisations antifascistes à venir, notamment contre le congrès et le lancement de campagne du RN à Orléans.&nbsp;</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Pourquoi avoir insisté pour organiser une contre-manifestation ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Oshka :</strong> D’abord, par nécessité. Le fascisme se renforce par ce type de défilés, qui se veulent une démonstration de leur force, une mise en scène de leur violence, d’un idéal de retour à un ordre fantasmé. Ensuite, nous, on a la volonté de systématiquement empêcher les mouvements fascistes de se développer, de leur reprendre la rue, de casser leur confiance et de les rediaboliser. Et on se disait enfin qu’on pouvait le faire, parce qu’on est la majorité à être antiracistes et antifascistes, et que l’antifascisme de masse sera un antifascisme victorieux. Donc, si on a cette analyse-là, la contre-manifestation, c’est la forme d’action qui s’impose.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Comment expliquez-vous le changement de position des organisations, en faveur d’une manifestation contrairement à l’an dernier ?</strong><sup data-fn="8d4bc869-e540-4e7f-92d7-82801b3fc0d7" class="fn"><a href="#8d4bc869-e540-4e7f-92d7-82801b3fc0d7" id="8d4bc869-e540-4e7f-92d7-82801b3fc0d7-link">1</a></sup></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Rach :</strong> Cette fois, pour organiser la manifestation, il y a eu un cadre unitaire qui s’est formé, et à l’exception de la CGT, la plupart des organisations de notre camp nous ont rejoints. Je pense qu’une des raisons est que ça avait été fait l’année dernière, et que ça a marché. Même si la manifestation de l’année dernière, organisée par le collectif antifasciste du XXème, a été interdite, on a quand même réussi à être autour de 500 personnes à Montparnasse. Du coup, il n’y avait plus l’excuse de « c’est pas possible » ou « c’est trop dangereux ».</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Oshka :</strong> Cette année, on s’est dit qu’on voulait à nouveau rassembler le plus largement possible, donc on est retourné·es discuter avec les organisations qui avaient fait le village l’année dernière pour leur proposer une unité d’action. Et en plus de ce qu’a dit Rach, je pense qu’il y avait le contexte, avec la mort de Deranque en février. L’antifascisme a été à la fois extrêmement attaqué, et en même temps, il s’est mis à riposter de manière assez forte. Ça s’est vu dans les manifestations du 8 mars, du 14 mars, du 28 mars. Les orgas étaient poussées par la période à être plus offensives.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Qu’est-ce qui selon vous a été déterminant pour pouvoir réussir ?&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Rach :</strong> Faire une mobilisation de nombre par le bas, par les militant·es de base, par tout le monde, et donc s’organiser de manière ouverte, ce qui diffère de l’antifascisme dominant en France en ce moment. On s’est donc organisé·es sous forme d’assemblées générales (AG) publiques. Ensuite, mettre l’antiracisme au centre de cette mobilisation, c’est pour ça qu’on a voulu que cette mobilisation soit portée par les collectifs de sans-papiers et la Marche des Solidarités (MDS). Enfin : passer par Port-Royal, parce que c’était un endroit où les fascistes passaient. C’était cohérent pour nous avec le fait de reprendre la rue.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Est-ce que ces propositions stratégiques ont fait débat ?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Oshka :</strong> Je pense que l’obstacle le plus important a été le manque de confiance dans notre possibilité de gagner. Il y avait des gens qui, jusqu’au bout, étaient persuadés qu’on ne serait pas capables de mener à bien cette mobilisation. Donc, l’argument sur lequel on a dû le plus insister, c’est qu’on est capables de créer un rapport de force face à la Préfecture, à l’État, et de faire en sorte d’être plus nombreux·ses et plus fort·es que les nazis.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Rach : Il y avait aussi quelques réticences sur la sécurité, sur le principe de faire des AG ouvertes. Il y des gens qui trouvaient ça dangereux de faire une manifestation, avec l’idée que « on va se confronter aux fascistes et on va se taper ». Mais ça a été assez minime et on a pu convaincre assez rapidement en argumentant que c’est par notre nombre qu’on allait gagner.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Oshka :</strong> Il faut préciser que notre antifascisme ne se repose pas sur la Préfecture ou l’État pour nous protéger des fascistes. On sait très bien que ce n’est pas l’État qui va éloigner le danger fasciste et que c’est notre camp et son organisation qui sont capables de vaincre les fachos. La mobilisation n’a jamais eu l’objectif de déléguer notre pouvoir à l’État en lui demandant d’interdire les nazis. C’est parce que notre campagne a été forte qu’on l’a forcé à se positionner et à interdire le défilé.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Qu’est-ce qui a été fait concrètement pour mobiliser ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Oshka :</strong> On a lancé une première AG publique un mois avant le 9 mai, qu’on a massivement relayée et à laquelle on a invité des collectifs locaux d’Ile-de-France. Environ 200 personnes sont venues, et on a incité les gens à s’organiser par quartier et à organiser à leur tour des AG locales, en mettant du matériel à disposition. Ça a vraiment super bien fonctionné, il y a eu des AG à Paris dans le 18e, le 19e et le 11e &#8211; le 19e et le 11e se sont, depuis, créés en collectif antifasciste local ! &#8211; mais aussi, dans plusieurs villes d’Ile-de-France, Gentilly, Suresnes, les Lilas, Aubervilliers, Montrouge etc.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Comment avez-vous combiné les relations entre orgas et ces AG ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Oshka :</strong> On a exposé au cadre unitaire notre volonté de construire par en bas, avec des AG publiques qui seraient rejoignables par toustes. Les orgas ne nous ont pas empêché·es de le faire, mais elles n’y ont absolument pas pris part. On les a invitées à chaque AG, parfois des militant·es sont venus, mais ni ce cadre en tant que tel ni aucune de ses organisations n’ont jamais pris la parole. Je pense que c’est &#8211; en tout cas pour les grosses organisations &#8211; parce qu’elles ne croient pas en la possibilité de construire par en bas. Et aussi, pour les plus ancrées dans la politique institutionnelle, une peur de se faire dépasser. À part la MDS et Urgence Palestine, les autres ont plutôt tendance à construire des dates entre chefs d’organisations, mais très peu à mobiliser leurs membres et encore moins à aller chercher au-delà de leur propre organisation.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Rach</strong> : Je pense que pour les groupes antifascistes, il y a aussi la question de la sécurité car iels sont très réticent·es vis-à-vis du fait qu’on s’organise toujours de manière ouverte. Donc, ce n’est pas la même stratégie non plus.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Est-ce que ces différences de stratégie ont eu des répercussions sur la mobilisation contre le C9M ?&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Oshka :</strong> Pendant la mobilisation, si on avait toustes fait un travail de mobilisation par en bas, je pense qu’on aurait pu être encore plus fort·es que l’on a été. Et au moment où la manifestation a été interdite par la Préfecture, on s’est rendu·es compte qu’une grosse partie des organisations, par réflexe un peu institutionnel, avait décidé qu’il n’y aurait rien, même dans le cas où la manifestation des nazis, elle, était autorisée. De l’autre côté, on a eu les organisations qui font un antifascisme de confrontation minoritaire qui ont appelé à une action, où il était nécessaire d’être initié·e dans certaines boucles pour être au courant et pouvoir participer. Donc, il n’y a eu que la MDS et les collectifs locaux qui étaient non seulement pour ne pas attendre l’autorisation de l’État pour agir contre les fachos, mais aussi pour maintenir quoi qu’il arrive en gardant des cadres ouverts, larges et rejoignables.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Rach :</strong> Nous on pense que c’est par le nombre qu’on va gagner. Et en mobilisant par en bas, on gagne également de la confiance, alors que d’autres, du fait de leur vision de l’antifascisme, avaient moins la confiance de se dire qu’en cas d’interdiction, iels appelleraient quand même à quelque chose. Dans le cadre des discussions, on a pu voir nos différentes lectures du fascisme. Par exemple, il y avait des personnes qui disaient que l’État est déjà fasciste, donc il n’allait jamais nous autoriser, alors que les fascistes, eux, allaient forcément l’être. Avoir une analyse de l’État qui est déjà fasciste, de la fascisation, amène à penser que c’est impossible d’imposer un rapport de force à l’État. Alors que nous, du fait de notre lecture du danger fasciste, on pensait que c’est possible d’imposer un rapport de force, ce qui a été fait et qui a marché.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Oshka :</strong> Ça montre qu’on peut gagner, que quand on se mobilise par en bas, toustes ensemble, on gagne des trucs qui paraissent inatteignables quelques mois auparavant. C’est une bonne leçon pour 2027.&nbsp;</p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Propos recueillis par Vanina Giudicelli (Paris 20e)</strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph"></p>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="8d4bc869-e540-4e7f-92d7-82801b3fc0d7"> Lire le retour sur la mobilisation de l’an passé : <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/manifestation-du-10-mai-quel-bilan-pour-les-strategies-antifascistes/">« Manifestation du 10 mai : quel bilan pour les stratégies antifascistes ? »</a> par Lou (Marseille), et Emil (Paris 20), sur le site d’A2C. <a href="#8d4bc869-e540-4e7f-92d7-82801b3fc0d7-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li></ol>


<p class="wp-block-paragraph"></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Edito : Donnons du pouvoir à nos luttes ! </title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/editorial/edito-donnons-du-pouvoir-a-nos-luttes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ahmed Hammad]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 31 May 2026 15:12:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Antifascisme]]></category>
		<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[autonomie de classe]]></category>
		<category><![CDATA[C9M]]></category>
		<category><![CDATA[Edito]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[Manifestation]]></category>
		<category><![CDATA[Minneapolis]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Les Cahiers d’A2C #22 – Mai 2026 Le retour des luttes à l’internationale Qui, en 2024, après la réélection de Trump, aurait parié sur un tel retour de la lutte des classes aux Etats-Unis ? <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/editorial/edito-donnons-du-pouvoir-a-nos-luttes/" title="Edito : Donnons du pouvoir à nos luttes ! ">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-text-align-right has-luminous-vivid-amber-background-color has-background wp-block-paragraph" style="font-size:11px;text-transform:uppercase"><strong>Les Cahiers d’A2C #22 – Mai 2026</strong></p>



<div data-wp-interactive="core/file" class="wp-block-file"><object data-wp-bind--hidden="!state.hasPdfPreview" hidden class="wp-block-file__embed" data="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/05/edito.pdf" type="application/pdf" style="width:100%;height:200px" aria-label="Contenu embarqué edito."></object><a id="wp-block-file--media-5beb6a6e-6766-447e-8815-c75a7ddb0307" href="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/05/edito.pdf">edito</a><a href="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/05/edito.pdf" class="wp-block-file__button wp-element-button" download aria-describedby="wp-block-file--media-5beb6a6e-6766-447e-8815-c75a7ddb0307">Télécharger</a></div>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le retour des luttes à l’internationale</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Qui, en 2024, après la réélection de Trump, aurait parié sur un tel retour de la lutte des classes aux Etats-Unis ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 1er mai dernier, outre-atlantique, dans un pays où le droit de grève est quasi-inexistant, des centaines de milliers de travailleur&rsquo;euses, lycéen&rsquo;nes et étudiant&rsquo;es ont pris la rue plutôt qu’aller au travail. Iels se sont battu&rsquo;es contre la guerre, pour « l’unité des travailleureuses » contre « les milliardaires » (partout !) ont appelé au « soulèvement des immigré&rsquo;es » (Minneapolis et des dizaines d’autres grandes villes), conscient&rsquo;es que « seul le peuple peut renverser la vapeur » (Los Angeles). Au total, 4.000 manifestations – plus du double de l’année dernière ! – ont rassemblé des millions de personnes. C’est la seconde démonstration de force de cette ampleur en un mois, après le No Kings Day qui, autour des mêmes mots d’ordres, avait déjà fait descendre 8 millions de personnes dans les rues des États-Unis le 28 mars.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est à Minneapolis/Saint-Paul qu’a germé cette poussée qui s’enracine désormais dans tout le pays. En 2025, l’ICE avait déjà ravagé les villes de Los Angeles et Chicago, suscitant des résistances, mais sans commune mesure avec celles qui ont secoué les villes jumelles cet hiver. Fourmillements dans les quartiers, lieux de cultes, écoles, lieux de travail… on chiffre à plusieurs milliers le nombre de personnes quotidiennement organisées pour faire face à ICE ! Dans cette lutte, l’unité de la classe ouvrière s’est forgée dans la solidarité active contre le racisme. Et très vite, une question a commencé à émerger : comment gagner ? Comment dépasser les résistances dispersées ? Comment utiliser notre force collective pour bloquer réellement les attaques du pouvoir ? Dès janvier, la question de la grève générale commençait à circuler.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est à partir de cette expérience victorieuse et du retrait de l’ICE à Minneapolis que la confiance a pu se transmettre et un message se généraliser : il est possible de renverser la table. Ce qui se joue aux États-Unis est significatif pour tout le monde et illustre un climat global de résistance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En France, le 8 mars, des milliers de personnes se sont rejointes pour proposer une politique alternative à celle des directions traditionnelles du mouvement : s’organiser pour virer les fascistes et les sionistes de nos manifestations, et elles ont réussi ! Une semaine plus tard, le 14 mars, c’est plus d’une centaine de milliers qui a répondu à l’appel à manifester contre le racisme et le fascisme, dans des manifestations organisées dans plus de 100 villes par des collectifs et organisations locales qui ont répondu à l’appel de la Marche des Solidarités, des collectifs de sans-papiers et du Réseau d’Entraide Vérité et Justice. C’est une tendance globale face aux attaques de la classe dirigeante, au danger fasciste et à la guerre qui menace : non seulement notre classe résiste, mais elle est en train de gagner confiance en sa capacité de changer les choses.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Comment gagner ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les enjeux de la période rendent les débats stratégiques encore plus urgents, l’entrée de milliers de nouvelles personnes dans le mouvement renforce les rangs de celles et ceux qui veulent y prendre part et la situation dans son ensemble impose de les mener à l’échelle la plus massive possible.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Face au danger fasciste par exemple, on observe aujourd’hui un retour de la dynamique antifasciste, mais aussi des désaccords profonds sur les moyens de gagner face aux fascistes. L’histoire a démontré que le fascisme ne représente pas simplement une version plus autoritaire de l’État bourgeois. Son objectif est d’écraser toute possibilité d’organisation et de résistance de notre classe, en s’appuyant sur une mobilisation réactionnaire de masse. C’est pourquoi la lutte antifasciste ne peut pas se contenter de rassembler massivement, elle doit faire que ce nombre s’organise pour empêcher les fascistes d’apparaître publiquement, de s’organiser et de s’implanter.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La riposte au C9M (manifestation néonazie à Paris) est un exemple de ce qui se passe quand des centaines voire des milliers de personnes s’emparent de cette stratégie. Depuis plusieurs années, face au défilé nazi, les organisations de gauche se sont contentées d’organiser un village antifasciste faisant éloge de l’antifascisme et des idées progressistes pour combattre le fascisme plutôt que de construire un rapport de force en capacité de les empêcher de défiler. Grâce à une dynamique enclenchée dès l’année dernière pour organiser une contre manifestation plutôt qu’un village, la campagne de cette année a été massive (des assemblées publiques dans plusieurs quartiers de Paris et villes de région parisienne, des collectifs qui s’organisent et mobilisent à l’échelle de quartiers, 10000 tracts diffusés dans la manifestation du 1er mai, etc.) si bien que les institutions ont été contraintes de prendre position et face à la pression de reconnaître publiquement que les organisateurs du C9M sont des nazis. Grâce à une mobilisation qui s’est construite autour d’une stratégie qui visait à empêcher par notre nombre et notre détermination les fascistes de défiler, la pression a été telle que la préfecture a été contrainte d’interdire le défilé nazi qui n’a pas eu lieu pour la première fois depuis 2008. Ainsi les nazis n’ont pas défilé et nous ressortons de cette campagne avec des collectifs qui se sont organisés dans plusieurs arrondissements de Paris et villes de région parisienne. Ces collectifs vont constituer la base à partir de laquelle sera menée la bataille déterminante contre le RN durant les élections présidentielles et législatives de 2027.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La solution c’est nous !</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La question stratégique n’est pas qu’une question générale de comment renverser le système, c’est une question présente dans chacune des luttes : comment stopper le danger fasciste ? Comment mettre fin au génocide en Palestine ? Comment gagner la grève contre le budget de guerre dans l’éducation ? Comment obtenir la régularisation de tous&rsquo;tes les sans-papiers ? Comment virer ICE des quartiers des villes américaines ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la séquence électorale, les forces politiques réformistes vont tenter d’amener les conflits initiés dans nos luttes à se résoudre par en haut, dans les institutions de la classe dominante. Cette stratégie nous dépossède de notre capacité à nous penser comme la force capable de transformer la société.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Face à cela, il faut faire grandir les rangs de celles et ceux qui prennent conscience que la solution ne viendra que de notre classe qui s’organise pour se battre. Car nous seul&rsquo;es partageons les intérêts communs à se poser ces questions et nous seul&rsquo;es avons la force commune d’y répondre. Le potentiel de changer le monde se construit dans les luttes et la mise en mouvement du plus grand nombre d’entre nous et de la prise de conscience de notre capacité à se penser en alternative au pouvoir en place qui nous promet guerres, fascisme et autoritarisme.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>De quelle organisation avons-nous besoin ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Notre point de départ est simple : Si notre classe est la seule en capacité de changer les choses en prenant le pouvoir, alors le premier des combats à mener est au sein de la classe, pour convaincre et entraîner. Car c’est dans la pratique même de la lutte, dans la mise en mouvement que les représentations du monde se transforment. Dans la confrontation concrète avec un patron, avec l’État, ou avec les fascistes, se redéfinit progressivement la compréhension des rapports de force et des possibilités d’action collective.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et cette intervention au sein de la classe, nous la développons à partir d’une boussole, celle de l’autonomie de classe, en défendant que ce sont les luttes elles-mêmes qui sont la solution à condition de les renforcer, de s’y impliquer pour construire sincèrement le mouvement, de poser clairement les tâches politiques et d’encourager ainsi notre classe à se penser elle-même comme celle qui dirige. La révolution n’est pas un horizon plus ou moins lointain et abstrait, elle a une actualité qui réside dans la possibilité, à partir de chacune de nos luttes et résistances, d’acquérir toujours plus de confiance en notre capacité à tout changer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec A2C, nous proposons de rassembler les militant&rsquo;es qui partagent cette orientation stratégique dans une organisation pour intervenir dans le mouvement, pour le mouvement. Une organisation qui soit un espace de mise en commun où les expériences sont confrontées à la théorie. Nous proposons de le faire à partir de la boussole de l’autonomie de classe, sur des bases marxistes et en tâchant à travers des réunions publiques dans chacune de nos antennes, à travers une revue comme celle-ci (pour laquelle nous ouvrons à partir de ce numéro la possibilité de s’abonner) et d’évènements tels que le festival Boussoles que les élaborations que nous pensons nécessaires pour renforcer nos luttes se fassent avec le plus possible de personnes qui se posent les mêmes questions que nous : Face aux guerres, au fascisme, au désastre climatique et à une classe dirigeante déterminée à rester au pouvoir, comment gagner ?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>A2C</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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