<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Archives des bardella - A2C - Autonomie de classe</title>
	<atom:link href="https://www.autonomiedeclasse.org/tag/bardella/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://www.autonomiedeclasse.org/tag/bardella/</link>
	<description>Pour l&#039;autonomie de classe !</description>
	<lastBuildDate>Wed, 25 Feb 2026 16:01:05 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=6.9.4</generator>

<image>
	<url>https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2019/11/cropped-A2C_icon2-1-150x150.png</url>
	<title>Archives des bardella - A2C - Autonomie de classe</title>
	<link>https://www.autonomiedeclasse.org/tag/bardella/</link>
	<width>32</width>
	<height>32</height>
</image> 
	<item>
		<title>Fascisme en tension : comprendre et combattre les fascistes avec Gramsci </title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/fascisme-en-tension-comprendre-et-combattre-les-fascistes-avec-gramsci/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Vic]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Feb 2026 16:05:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Antifascisme]]></category>
		<category><![CDATA[bardella]]></category>
		<category><![CDATA[Gramsci]]></category>
		<category><![CDATA[Hitler]]></category>
		<category><![CDATA[le pen]]></category>
		<category><![CDATA[Nazisme]]></category>
		<category><![CDATA[RN]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=9724</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">« lorsque les fascistes reviendront, ils auront le parapluie bien roulé sous le bras et le chapeau melon&#160;», prédisait Orwell après la défaite des fascismes historiques.&#160; Les Cahiers d&#8217;A2C #17 &#8211; JUIN 2025 En 1945, <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/fascisme-en-tension-comprendre-et-combattre-les-fascistes-avec-gramsci/" title="Fascisme en tension : comprendre et combattre les fascistes avec Gramsci ">[...]</a></div>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/fascisme-en-tension-comprendre-et-combattre-les-fascistes-avec-gramsci/">Fascisme en tension : comprendre et combattre les fascistes avec Gramsci </a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>« lorsque les fascistes reviendront, ils auront le parapluie bien roulé sous le bras et le chapeau melon&nbsp;», prédisait Orwell après la défaite des fascismes historiques.&nbsp;</em></p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #17 &#8211; JUIN 2025</h6>



<p>En 1945, le fascisme est tellement marqué du sceau de l’infamie que ceux qui s’en réclament toujours ont dû renouveler à la fois leur look et leurs méthodes pour sortir de la marginalité politique. La chemise blanche a remplacé la chemise brune. Plus de crânes rasés, ni de croix gammées. Le FN est pensé dès le départ comme une tentative de dédiabolisation. Fondé par des anciens nazis, collabos et membres de l’OAS<sup data-fn="96ca0e92-420a-49f8-b59a-c5bc12eefbaf" class="fn"><a id="96ca0e92-420a-49f8-b59a-c5bc12eefbaf-link" href="#96ca0e92-420a-49f8-b59a-c5bc12eefbaf">1</a></sup>, il ne fait aucun doute que le FN porte un projet fasciste. Mais comme de nombreux mouvements similaires en Europe, il a opté pour la stratégie électorale, conscient, comme le disait un de ses idéologues, que si la flamme fasciste devait brûler à nouveau «&nbsp;elle ne pourrait brûler de la même manière parce que l’atmosphère a été profondément modifiée&nbsp;».&nbsp;</p>



<p>Ce changement d’habits et de méthodes a berné une bonne partie de notre camp qui s’arrête à ce constat&nbsp;: contrairement aux fascismes historiques, le RN d’aujourd’hui n’est pas un mouvement de masse (bien qu’il revendique 100 000 adhérents) et ne dispose pas d’une milice. Beaucoup de militant.es en concluent que le RN ne serait donc pas fasciste mais simplement d’extrême-droite, c’est-à-dire plus raciste et autoritaire que les autres. Une différence de degrés, donc, et non de nature. C’est un problème qui pourrait nous coûter cher car si on attend que le RN ait constitué un mouvement de masse pour le qualifier de fasciste et le combattre comme tel, il sera trop tard pour avoir raison.&nbsp;</p>



<p>Un détour par l’histoire et les écrits de Gramsci permet de comprendre que si le RN ne dispose pas de chemises noires, brunes ou bleues marine aujourd’hui, cela ne veut pas nécessairement dire qu’il n’en aura pas demain. L’histoire du FN/RN comme celle de tous les partis fascistes est, en effet, marquée par des allers-retours entre recherche de respectabilité et radicalité. Ces partis oscillent entre l’un et l’autre en fonction des rapports de force internes, de leur stade de développement et d’éléments extérieurs (puissance du mouvement ouvrier, contexte économique et politique).&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les deux fascismes</strong></h2>



<p>L’idée d’une tension stratégique entre la matraque et la cravate est exposée dès 1921 dans un article de Gramsci intitulé <em>Les deux fascismes</em>. A l’époque, il explique que cette tension se cristallisait autour de deux pôles &#8211; le fascisme agraire incarné par les propriétaires terriens et le fascisme urbain porté par les petits-bourgeois des villes (petits commerçants et anciens combattants) &#8211; qui ont des motivations et des intérêts matériels différents mais qui sont réunis par l&rsquo;anti-socialisme et la mise en mouvement radicale proposée par Mussolini. Gramsci raconte que la violence fasciste (expéditions punitives contre des villes socialistes menées par des armées de centaines voire milliers de chemises noires) finit par créer une retenue chez les petits bourgeois des villes. Ces derniers considèrent alors que la violence était utile au début pour neutraliser les socialistes<sup data-fn="709fbf61-0891-4786-a467-07495e354710" class="fn"><a id="709fbf61-0891-4786-a467-07495e354710-link" href="#709fbf61-0891-4786-a467-07495e354710">2</a></sup> mais qu’elle risque désormais de gêner leur alliances électorales et de mécontenter les couches moyennes. Les fascistes ruraux, eux, ne veulent pas renoncer à la violence car ils en ont besoin pour surexploiter la paysannerie et mater ses révoltes<sup data-fn="a358a6e6-f2d5-4af7-88f8-cf7d0936a4b6" class="fn"><a id="a358a6e6-f2d5-4af7-88f8-cf7d0936a4b6-link" href="#a358a6e6-f2d5-4af7-88f8-cf7d0936a4b6">3</a></sup>.<br></p>



<p>Gramsci prédit que cette tension pourrait être&nbsp; génératrice de scission au sein du camp fasciste et qu&rsquo;elle pourrait entraîner la création d’un parti qui porterait les idées fascistes sur le terrain parlementaire mais qu&rsquo;elle ne fera pas cesser les violences du «&nbsp;fascisme véritable&nbsp;» dans la rue. Mussolini, par exemple, s&rsquo;est engagé sur le terrain parlementaire tout en encourageant en sous-main le développement de milices violentes sur lesquelles il s’est appuyé pour arriver au pouvoir.&nbsp;</p>



<p>Globalement, le succès des fascismes italiens mais aussi allemands tient au fait que leurs dirigeants ont su faire tenir ensemble la matraque et la cravate en trouvant le bon dosage au bon moment.</p>



<p>En 1930 et en 1931, alors que le parti nazi, le NSDAP, s’est énormément développé, Hitler doit faire face à une autre crise. Les SA (chemises brunes), qui étaient déjà très puissantes (170 000 hommes en 1931) mais mal payées et impatientes de prendre le pouvoir, ont protesté contre les tentatives d’Hitler de gagner en respectabilité, notamment quand ce dernier a temporairement interdit les violences de rue. Elles ont alors occupé par deux fois le siège du parti nazi. Hitler s’en est sorti grâce à la diplomatie et à la purge de 500 d’entre eux, les plus radicaux.</p>



<p>Ensuite, en juillet 1932, le NSDAP devient le 1<sup>er</sup> parti d’Allemagne. Hitler refuse la proposition du Président de devenir vice-chancelier. Il joue la carte du tout ou rien (comme Bardella en 2024). Il doit faire face à de vives tensions internes. De nombreux cadres du parti sont, en effet, tentés d’accepter les propositions de coalition faites par les conservateurs. Ces tensions s’accentuent avec la contre-performance électorale de novembre 1932. Le NSDAP est alors en crise. Il n’a plus d’argent. Il reste 1<sup>er</sup> parti d’Allemagne mais a perdu son élan alors, qu’à l’inverse, le KPD (parti communiste allemand) progresse. Le parti nazi est désormais au bord de l’implosion. Il est sauvé finalement par une partie des conservateurs qui nomment&nbsp; Hitler chancelier en pensant pouvoir le contrôler et damer le pion à des conservateurs concurrents.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Fascisme en tension au sein du FN</strong></h2>



<p>Le FN/RN n’a pas non plus échappé à ces tensions. Depuis sa création, il marche sur une instable ligne de crête. Pour se développer, les dirigeants du FN cherchent à dissimuler les liens qui les unissent aux militants violents et à créer des ponts idéologiques et politiques avec la droite conservatrice. Mais plus ils se rapprochent du pouvoir, plus ils courent le risque de se ramollir et d’être dilués dans la droite conservatrice. Pour éviter cette dérive à gauche et la notabilisation du parti (le fait que ses élus soient prêts à renier leur projet politique pour garder leur place au chaud), le FN fait parfois le choix de la radicalité. C’est ce qui s’est passé dans les années 1980. Après les premières victoires électorales du FN, Jean-Marie Le Pen a choisi de durcir sa ligne en multipliant les «&nbsp;dérapages&nbsp;» racistes et homophobes qui étaient, en fait, tout à fait contrôlés. Le pari était que cela ferait peut-être fuir quelques personnes mais que cela ressouderait les troupes derrière le chef. Il prédisait aussi que les voix perdues seraient regagnées par la suite et de manière plus durable. Le pari s’est avéré gagnant. Le FN a réussi à fidéliser un électorat grossissant sur des bases ouvertement réactionnaires.</p>



<p>Cette radicalisation a aussi permis de donner des gages aux militants plus radicaux et violents dont le FN ne peut se passer car ils sont garants du projet fasciste, aussi bien d’un point de vue idéologique que pratique. En effet, le RN ne pourra mener à bout son projet que via la voie institutionnelle. Il devra aussi s’imposer dans la rue et mater les institutions bourgeoises. Et qui de mieux que des militants formés politiquement, amateurs de castagne et désireux de casser du <em>gauchiste</em>, du <em>pédé </em>et de <em>l’arabe </em>pour guider un mouvement de masse qui aurait pour but d’écraser tout ce qui fait obstacle au projet fasciste au moment où le FN aura décidé de tomber le masque&nbsp;?</p>



<p>C’est ainsi qu&rsquo;apparaît le paradoxe du RN entre le fait qu’il n’ait pas de mots assez durs publiquement vis-à-vis des fachos violents ou ouvertement racistes et qu’il leur offre en sous main des postes d’élus, d’assistants parlementaires, de chargés de communication et qu’il fait appel à eux pour leur service d’ordre. Ils ont besoin des radicaux pour que le parti n’oublie pas ses fondamentaux mais ils ne peuvent pas pour autant leur laisser toute la place au risque de retomber dans la marginalité politique.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Crises du RN</strong></h2>



<p>Depuis 2011 et l’intronisation de Marine Le Pen, la dynamique du FN (en progression constante dans les urnes) fait que la stratégie de la cravate est quasi incontestée, même parmi les cagoulés. Quand tout va bien, les tensions entre la cravate et la matraque sont mises sous le tapis. Mais elles ressurgissent aux premières difficultés. Pendant le mouvement social de 1995, le fait que la gauche soit de nouveau à l’offensive a fait que le FN pouvait moins facilement apparaître comme un débouché crédible pour la colère. Dans ce contexte, et alors que Le Pen était déclaré inéligible (déjà!), le FN a traversé des turbulences. Comme c’est arrivé à de nombreuses reprises dans l’histoire du parti<sup data-fn="2338c770-b8a8-4e6f-9007-10cee0973f8d" class="fn"><a id="2338c770-b8a8-4e6f-9007-10cee0973f8d-link" href="#2338c770-b8a8-4e6f-9007-10cee0973f8d">4</a></sup>, Le Pen a dû faire face à une tentative de débordement sur sa «&nbsp;gauche&nbsp;». Mégret et la plupart des cadres, peu convaincus par la ligne radicale de Le Pen,proposent de nouer des alliances avec la droite pour accéder au pouvoir. Jean-Marie Le Pen résout la crise en excluant et en humiliant Mégret et ses lieutenants du parti et en maintenant sa ligne radicale. Le parti était affaibli mais l’autorité du chef était réaffirmée. Trois ans plus tard, le FN était au 2ème tour de l’élection présidentielle tandis que le parti de Mégret tombait dans les oubliettes.</p>



<p>Avec l&rsquo;inéligibilité potentielle de Marine Le Pen, une nouvelle période de crise s’ouvre et avec elle, les tensions stratégiques mises sous le tapis refont surface. On l’a vu juste après l’annonce de l’inéligibilité. Certains cadres appelaient à des manifestations partout et avaient un discours public assez véhément contre les institutions et en appelant à la résistance populaire.Mais la ligne respectable l’a temporairement emporté et la colère qu’ils avaient eux-même attisée a été vite canalisée. Pas de manifestation en région mais un seul rassemblement à Paris, pour éviter tout débordement. La direction du parti aurait même préféré un meeting dans une salle pour limiter le risque de violences mais il n’y en avait pas d’assez grande de disponible en aussi peu de temps, c’est donc par défaut qu’ils ont organisé la 1ère mobilisation dans l’espace public du RN depuis des années.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Profiter des crises</strong></h2>



<p>Les partis fascistes revoient leurs stratégies en fonction des crises qu’ils traversent ou que traverse la société. Et sous certaines conditions (aggravation des crises économiques et politiques, poussée révolutionnaire, perte de vitesse électorale ou au contraire accession au pouvoir), les fascistes pourraient de nouveau chercher à construire un mouvement de masse et être soutenus dans cette entreprise par la bourgeoisie. Le meilleur moyen de s’assurer que les fascistes ne parviennent pas à leurs fins (c’est-à-dire notre fin), c’est de tuer leur mouvement dans l&rsquo;œuf. L’œuf est déjà bien gros. L’analyse de Gramsci nous est utile, à la fois, pour ne pas baisser la garde et garder en tête que les fascistes portent plusieurs costumes mais elle nous donne aussi des pistes pour les attaquer en profitant de leurs contradictions. Gramsci nous invitait déjà en 1921 à “profiter de la période de calme relatif provoquée par les dissensions internes des bandes fascistes”.&nbsp;</p>



<p>Sauf qu’en Allemagne et en Italie, le mouvement ouvrier n’a jamais profité de ces crises.&nbsp; En Italie, les socialistes exhortaient à l’inaction face aux fascistes («&nbsp;Restez dans vos maisons&nbsp;; ne répondez pas aux provocations. Même le silence, même la lâcheté sont parfois héroïques&nbsp;», disait un dirigeant et se concentraient sur l’opposition parlementaire en allant jusqu’à signer avec eux un pacte de non-agression. En Allemagne, les communistes sous-estimaient le danger fasciste et combattaient les socialistes avec autant de hargne que les fascistes. Les socialistes, eux, comptaient juste sur la voie institutionnelle pour stopper les nazis. Aucun d’eux n’a su tirer profit des crises, parfois profondes, qu’ont pourtant traversé les partis fascistes.&nbsp;</p>



<p>Nous avons la possibilité de ne pas reproduire les mêmes erreurs à condition de bien cerner la menace et de la traiter en conséquence. Le retour d’un mouvement de masse fasciste incarné par le RN et sa galaxie est une option à considérer sérieusement. Pour l’instant le RN est fort dans les urnes et les médias mais la présence des fachos dans la rue, bien que menaçante et croissante, reste groupusculaire. </p>



<p>Leur ascension est résistible à condition de faire les bons choix. Nous devons créer un mouvement antifasciste de masse, suffisamment nombreux pour empêcher (ou à minima perturber) toute apparition publique des fachos car chacune d’elles contribue à la fois à banaliser leur présence et leur permet de recruter des militants. Nous ne devons pas les laisser traduire leur puissance médiatique et institutionnelle en puissance militante. Seule l’unité d’action de tout notre camp contre les fascistes peut nous permettre d’y parvenir. Nous devons aussi, rediaboliser le RN car leur progression s’appuie en grande partie sur sa stratégie de respectabilité. En montrant son vrai visage, nous fragiliserons le bloc fasciste qu’ils construisent en compliquant leurs alliances avec la droite conservatrice et en les empêchant de recruter de nouveaux électeurs et militant.es<s> </s>.&nbsp;</p>



<p>Au lendemain du départ de Mégret, le FN était au fond du trou mais Ras l’Front et le reste du mouvement antifasciste n&rsquo;ont pas réussi à lui porter le coup de grâce. Groupons nos forces et, cette fois-ci, finissons le travail.&nbsp;</p>



<h5 class="wp-block-heading">Manu (Saint-Brieuc)</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="96ca0e92-420a-49f8-b59a-c5bc12eefbaf">Organisation d’Armée Secrète est une organisation politique fasciste qui menait un combat contre l’indépendance algérienne dès 1961. <a href="#96ca0e92-420a-49f8-b59a-c5bc12eefbaf-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li><li id="709fbf61-0891-4786-a467-07495e354710">Ils sont passés de lutte de classe à collaboration de classe quand la moitié d’entre eux ont accepté de créer une coalition avec la droite et ont signé un pacte de pacification avec les fascistes. <a href="#709fbf61-0891-4786-a467-07495e354710-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2">↩︎</a></li><li id="a358a6e6-f2d5-4af7-88f8-cf7d0936a4b6">Un travail serait à mener sur les assises matérielles contemporaines des divergences stratégiques entre les partisans de la cravate et de la cagoule. <a href="#a358a6e6-f2d5-4af7-88f8-cf7d0936a4b6-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3">↩︎</a></li><li id="2338c770-b8a8-4e6f-9007-10cee0973f8d">https://www.quefaire.lautre.net/La-crise-d-un-parti-fasciste <a href="#2338c770-b8a8-4e6f-9007-10cee0973f8d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4">↩︎</a></li></ol><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/fascisme-en-tension-comprendre-et-combattre-les-fascistes-avec-gramsci/">Fascisme en tension : comprendre et combattre les fascistes avec Gramsci </a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Le RN n’est pas le parti des ouvrier·es</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/le-rn-nest-pas-le-parti-des-ouvrieres/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Vic]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 06 Jan 2025 15:36:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Antifascisme]]></category>
		<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[bardella]]></category>
		<category><![CDATA[Élections]]></category>
		<category><![CDATA[le pen]]></category>
		<category><![CDATA[RN]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=9111</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Les Cahiers d&#8217;A2C #15 &#8211; décembre 2024 Depuis 2017, les résultats électoraux successifs du RN ont rendu la possibilité imminente de son accès au pouvoir crédible. Mais c’est suite à l’électrochoc des européennes et des <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/le-rn-nest-pas-le-parti-des-ouvrieres/" title="Le RN n’est pas le parti des ouvrier·es">[...]</a></div>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/le-rn-nest-pas-le-parti-des-ouvrieres/">Le RN n’est pas le parti des ouvrier·es</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #15 &#8211; décembre 2024</h6>



<p>Depuis 2017, les résultats électoraux successifs du RN ont rendu la possibilité imminente de son accès au pouvoir crédible. Mais c’est suite à l’électrochoc des européennes et des élections législatives anticipées que nombre de militant·e·s ont véritablement pris conscience du danger. S’en est suivi une formidable mobilisation qui, bien que circonscrite à la campagne électorale, a démontré la volonté de se battre d’une grande partie d’entre nous. Aujourd’hui, il est donc capital de bien cerner notre adversaire pour le combattre avec la stratégie adéquate. Or, nous nous heurtons à gauche à maintes conceptions erronées et illusions quant à l’électorat du RN et la nature de ce vote.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les sondages, un outil politique produit par l’idéologie dominante</strong></h2>



<p>Il est maintenant communément admis que le vote RN est un vote majoritairement populaire et ouvrier, nourri par la profonde détresse sociale dans les campagnes isolées. Cette idée reçue est abondement entretenue par les études et les sondages. Or, de nombreux biais ont été mis en avant par Tiberj qui insiste sur la rigueur méthodologique à avoir lorsqu’on utilise les sondages. En effet, ces derniers « sont devenus un enjeu politique majeur »<sup data-fn="353d32a7-434e-476c-a577-f9f92b2112f3" class="fn"><a id="353d32a7-434e-476c-a577-f9f92b2112f3-link" href="#353d32a7-434e-476c-a577-f9f92b2112f3">1</a></sup>. Le choix des sujets, leur fréquence et la manière dont les questions sont posées orientent le débat public. Ce n’est pas par hasard si le milliardaire Stérin, dont le projet Périclès vise à installer le RN au pouvoir, cherche à acheter un institut de sondage<sup data-fn="4ea9d428-d61f-4bf7-98ad-4d5f48a5f001" class="fn"><a id="4ea9d428-d61f-4bf7-98ad-4d5f48a5f001-link" href="#4ea9d428-d61f-4bf7-98ad-4d5f48a5f001">2</a></sup>. Aujourd’hui, les panels sont constitués en recrutant et rémunèrant des individus volontaires sur internet. Or, cette méthodologie entraîne d’une part, une surreprésentation de personnes d’extrême droite et d’autre part, une tendance à répondre aux questions impulsivement, sans que les conditions de passation soient connues<sup data-fn="7e621774-c387-461c-a806-a44065648ecf" class="fn"><a id="7e621774-c387-461c-a806-a44065648ecf-link" href="#7e621774-c387-461c-a806-a44065648ecf">3</a></sup>. Le sondage Elab du 20/12/23 commandité par CNews et Europe 1 est un exemple des contradictions de ce type d’étude : il indiquait que 71% des français·e·s étaient favorables à la préférence nationale et que 70% étaient satisfait·e·s du vote de la loi immigration pourtant, la CNCDH<sup data-fn="5e0ca56f-a84f-4ee6-8a98-1a5f7a77485f" class="fn"><a id="5e0ca56f-a84f-4ee6-8a98-1a5f7a77485f-link" href="#5e0ca56f-a84f-4ee6-8a98-1a5f7a77485f">4</a></sup> établissait en 2022 que pour plus de 60% des français·e·s, l’immigration est une source d’enrichissement culturel. </p>



<p>En fonction de la formulation des questions, de leur occurrence dans le débat public, de la méthode utilisée pour construire les échantillons, les résultats peuvent être diamétralement opposés.&nbsp;</p>



<p>Les sondages ont donc une fonction politique. Ils ne peuvent être utilisés qu’avec une très grande précaution, notamment lorsque ceux qui produisent l’idéologie dominante s’en servent pour établir que le vote RN serait un vote des classes populaires car comme le pointe Annie Collovald, ce n’est pas un hasard. En effet, dès les années 80, après les premières victoires du FN, un glissement sémantique s’observe chez les historiens et sociologues. De parti fasciste, il devient un parti « national-populiste ». Le succès du néolibéralisme a divisé le monde social en deux, les inclus et les exclus. Pour les experts en menace démocratique, « le peuple, [… est devenu] plus un problème à résoudre qu’à défendre »<sup data-fn="a486b6e8-be6c-47b3-8a6d-faefcec7bd3a" class="fn"><a id="a486b6e8-be6c-47b3-8a6d-faefcec7bd3a-link" href="#a486b6e8-be6c-47b3-8a6d-faefcec7bd3a">5</a></sup>, il est le coupable idéal. C’est ainsi que la suspicion envers les plus pauvres et un profond mépris de classe ont permis au FN de se construire une identité respectable qui l’autorise aujourd’hui à se proclamer parti du peuple. La gauche a été peu à peu contaminée par ces analyses et, si c’est de manière inconsciente, elle n’en est pas moins exempt.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une analyse de classe incohérente pour établir la composition sociale du vote RN</strong></h2>



<p>La répartition choisie par les instituts de sondage pour définir les différents groupes sociaux agrège des profils très hétérogènes en ne tenant absolument pas compte de la position sociale réelle des individus. Dans l’analyse des élections législatives, Ipsos en retient 5 : les cadres, les professions intermédiaires, les employés, les ouvriers et les retraités<sup data-fn="68367cb1-c17b-4c24-a68d-ecce03b6fde3" class="fn"><a id="68367cb1-c17b-4c24-a68d-ecce03b6fde3-link" href="#68367cb1-c17b-4c24-a68d-ecce03b6fde3">6</a></sup>. Aucune information n’indique ce qui motive ces choix ni les définitions sur lesquelles ils s&rsquo;appuient pour déterminer ces catégories. Où sont classés les policiers, militaires et gendarmes, c&rsquo;est-à-dire les professions qui ont un pouvoir coercitif ? Les commerçants, artisans, agriculteurs qui possèdent leur outil de travail ? Les chefs d&rsquo;exploitations agricoles et les chefs d&rsquo;entreprise ? La méthodologie choisie ne permet donc pas d&rsquo;identifier les classes populaires.</p>



<p>De plus la plupart des analyses ne tiennent pas compte de l’abstention, des votes nuls ou blancs et des non-inscrit·e·s. Or, « les différences sociales d’inscription et de participation se cumulent […] au total, sur 100 français en âge de voter parmi les plus modestes, 62 ont pris part aux élections contre 88 personnes sur 100 parmi les plus aisées<sup data-fn="e440b0b9-0bbc-4120-bdfc-8ab4ce94890c" class="fn"><a id="e440b0b9-0bbc-4120-bdfc-8ab4ce94890c-link" href="#e440b0b9-0bbc-4120-bdfc-8ab4ce94890c">7</a></sup> ».</p>



<p>Si on reprend les données de l’enquête Ipsos malgré ces catégories biaisées et qu’on exprime les pourcentages par rapport aux inscrit·e·s, les conclusions sont déjà beaucoup plus nuancées&nbsp;: 30,78% des ouvrièr·e·s, 25,52% des employé·e·s, 19,22% des professions intermédiaires, 13,65% des cadres, 21% des retraité·e·s CSP+, 27% des retraité·e·s CSP-, 18,81% des 18-24 ans et 16,31% des 25-34 ans auraient voté RN. Contrairement aux idées reçues, les jeunes et la majorité des ouvrièr·e·s ne sont pas « gagné·e·s » par l’extrême-droite.</p>



<p>Si on observe les résultats par rapport aux niveaux de vie, 21,66% parmi celleux qui gagnent moins de 1.250€ votent RN et 22,08% parmi celleux qui gagnent plus de 3.000€. Les revenus ne semblent pas déterminants et se baser sur ce critère n’est donc absolument pas opérant. Mais alors, de quoi le vote RN est-il le nom&nbsp;?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un vote de la petite bourgeoisie</h2>



<p>La dimension géographique est l’une des données significatives du vote RN. En effet, sur les 10,6 millions de suffrages pour le RN et ses alliés, 7,2 proviennent des villes de moins de 10 000 habitant·e·s soit près de 70%<sup data-fn="4de9dad2-bcfc-4bc9-ac7a-642a79522bcb" class="fn"><a id="4de9dad2-bcfc-4bc9-ac7a-642a79522bcb-link" href="#4de9dad2-bcfc-4bc9-ac7a-642a79522bcb">8</a></sup>. Ce sur-vote de la « France périphérique » a beaucoup été commenté, notamment par Piketty et Cagé, mais souvent au détriment du profil de ces électeurices. </p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img data-dominant-color="79553d" data-has-transparency="true" fetchpriority="high" decoding="async" width="1100" height="827" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/12/unnamed-1100x827.webp" alt="" class="wp-image-9112 has-transparency" style="--dominant-color: #79553d; width:411px;height:auto" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/12/unnamed-1100x827.webp 1100w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/12/unnamed-300x226.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/12/unnamed-768x577.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/12/unnamed-678x509.webp 678w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/12/unnamed-326x245.webp 326w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/12/unnamed-80x60.webp 80w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/12/unnamed-png.webp 1153w" sizes="(max-width: 1100px) 100vw, 1100px" /></figure>



<p>Pour analyser leurs origines sociales, nous sommes confronté·e·s aux mêmes difficultés que pour les sondages. L’INSEE utilise 6 groupes socioprofessionnels dont l’homogénéité sociale prêterait à rire si le sujet n’était pas aussi dramatique&nbsp;: les personnels des services directs aux particuliers (les assistantes aux personnes âgées par exemple) appartiennent au même groupe que les policiers et militaires, les enseignantes du primaire à celui des curés. Les chefs d’entreprises de 10 salarié.es ou de 200 000 sont amalgamés. Nous ne pouvons donc nous baser aveuglément sur ces études. En revanche, nous pouvons les combiner en étudiant les spécificités des zones rurales, des petites et moyennes villes.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><img data-dominant-color="e8e8e8" data-has-transparency="false" decoding="async" width="873" height="735" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/01/image-png.webp" alt="" class="wp-image-9215 not-transparent" style="--dominant-color: #e8e8e8; width:469px;height:auto" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/01/image-png.webp 873w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/01/image-300x253.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/01/image-768x647.webp 768w" sizes="(max-width: 873px) 100vw, 873px" /><figcaption class="wp-element-caption">Libellés courts des groupes et catégories socioprofessionnels de la PCS 2020 (nomenclature d’usage)<sup data-fn="5d984552-765d-43cd-a43d-c6aa65fb817f" class="fn"><a id="5d984552-765d-43cd-a43d-c6aa65fb817f-link" href="#5d984552-765d-43cd-a43d-c6aa65fb817f">9</a></sup></figcaption></figure>



<p>L’INSEE a établi que la proportion de propriétaires était beaucoup plus importante chez les CSP (Catégories socio-professionnelles) non « ouvrièr·e·s » et « employé·e·s »<sup data-fn="69b504ad-0c98-4da8-b796-22bf99186bdc" class="fn"><a id="69b504ad-0c98-4da8-b796-22bf99186bdc-link" href="#69b504ad-0c98-4da8-b796-22bf99186bdc">10</a></sup>. Or, celle-ci varie en fonction de la taille des villes (avec une concentration beaucoup plus importante dans les petites villes : allant d’environ 80% dans les villes de moins de 2000 habitant.es à 35% dans les villes de plus de 500 000 hab.). De plus, les revenus du patrimoine représentent une part du niveau de vie bien plus élevée pour les indépendant·e·s. </p>



<p>Par ailleurs, en raison de leurs différences de structures économiques, sociales et culturelles, les CSP varient elles-aussi en fonction de la taille des villes&nbsp;: les agriculteurs, les exploitants, les artisans, les commerçants, les petits chefs d’entreprise (c’est-à-dire ceux dont les activités sont majoritairement orientées vers les besoins locaux) et les retraité·e·s sont surreprésentés dans les zones où le RN fait ses scores les plus importants. Se dessine alors un premier profil d’électeurice.</p>



<p>L’étude, très fouillée, de l’institut Terram permet d’aller plus loin. Elle met en évidence le lien entre capital résidentiel (valeur et désirabilité du lieu dans lequel réside un individu) et vote RN. En effet, si le prix du mètre carré varie en fonction du type de bien, il est aussi intimement lié à sa géolocalisation : plus un bien est désirable plus il prend de la valeur. Or, aujourd’hui, moins la population de la commune est élevée, moins il en a. L’évolution des prix du marché crée une discordance entre capital économique et capital résidentiel (des bien hérités prennent ou perdent de la valeur…) et instaure une organisation spatiale qui font apparaître un lien très important entre capital résidentiel faible et vote RN élevé. Les électeurices du RN expriment « leur frustration vis-à-vis de leur statut de dominés dans le champ immobilier local ou leur insatisfaction de devoir vivre dans une zone de relégation »<sup data-fn="7e641b59-a6d1-4994-b4cc-9461487116fe" class="fn"><a id="7e641b59-a6d1-4994-b4cc-9461487116fe-link" href="#7e641b59-a6d1-4994-b4cc-9461487116fe">11</a></sup>.  Ces données croisées avec les précédentes confirment le premier profil établi.</p>



<p>L’« électorat [du RN] se recrut[e] dans la petite classe moyenne et les milieux populaires intégrés socialement [qui] souffrent de ne pas pouvoir vivre plus confortablement et de ne pas pouvoir accéder à un mode de vie s’approchant de celui de CSP+ et des classes moyennes supérieures »<sup data-fn="3a112f5a-d6e3-4c65-adf8-79b04abef119" class="fn"><a id="3a112f5a-d6e3-4c65-adf8-79b04abef119-link" href="#3a112f5a-d6e3-4c65-adf8-79b04abef119">12</a></sup>. Il existe une corrélation entre les zones où les écarts de niveaux de vie sont les plus importants et visibles et celles où le RN obtient ses meilleurs résultats (avec quelques exceptions). Leurs électeurices se disent « trop riches pour être aidé·e·s mais pas suffisamment pour bien vivre ». </p>



<p>Ce constat confirme les travaux de sociologues tel que Benoît Coquard, qui ont démontré l’hostilité de l’électorat du RN vis à vis de l’assistanat dont bénéficie les plus modestes. Si on compare les résultats des 3 blocs principaux, dans les zones les plus pauvres, le vote NFP est très largement en tête, dans les zones les plus riches, c’est le bloc présidentiel qui domine et dans les zones où les revenus médians sont assez modérés c’est le vote RN<sup data-fn="731f99a9-001f-4f37-820e-c2c14bd5d4c5" class="fn"><a id="731f99a9-001f-4f37-820e-c2c14bd5d4c5-link" href="#731f99a9-001f-4f37-820e-c2c14bd5d4c5">13</a></sup>. </p>



<p>Le vote de gauche serait donc plutôt un vote populaire, celui du centre et de la droite un vote bourgeois et celui du RN, un vote de la petite bourgeoisie. Cette classe, difficile à définir, est totalement invisibilisée dans toutes les études sur l’électorat du RN. Or, tous les éléments exposés précédemment, montrent à quel point, elle est pourtant celle dont le vote RN est issu. En effet, selon l’analyse marxiste, la société s’articule autour d’un antagonisme entre la classe ouvrière (au sens de toutes celleux qui sont exploité·e·s et qui ont besoin de vendre leur force de travail pour vivre) et la bourgeoisie qui l’exploite. La petite bourgeoisie quant à elle est prise en étaux entre ces deux classes sociales. Elle est composée de petits patrons, d’indépendants, de commerçants, d’artisans, de la partie des salariés dans les entreprises qui occupent des fonctions d’encadrement, de relai des patrons et des fonctions coercitives (police, armée, gendarmerie) … Ce ne sont ni des personnes complétement exploitées, ni celles qui détiennent le pouvoir de la bourgeoisie. Cette définition correspond donc à la fois à ce que nous savons des électeurices du RN (ici, elle s’éloigne en plus d’une classe urbaine et racisée) et à la fois aux analyses du fascisme qui se construit en autonomie de l’État et qui s’appuie sur cette classe.</p>



<p>Il ne s’agit pas de se faire plaisir et d’utiliser la théorie pour appliquer ensuite des projections qui valideraient nos hypothèses. La classe des exploité·e·s n’est pas homogène, il y existe des tensions, des contradictions et ce serait se leurrer que d’imaginer que certain·e·s ne votent pas RN. Toute la question est de savoir s’ils et elles sont majoritaires, s’ils et elles sont nos allié·e·s, s’ils et elles sont celleux à qui nous devons nous adresser.</p>



<p>Aussi, afin d’être au plus près des rapports de force en présence, il est important de comparer les résultats des élections législatives en tenant compte de la participation, du nombre d’inscrit·e·s et du nombre de personnes n’ayant pas la nationalité française (sans tenir compte des sans-papiers)<sup data-fn="025c91eb-dc2c-4a87-944b-1bd44f3c39c4" class="fn"><a id="025c91eb-dc2c-4a87-944b-1bd44f3c39c4-link" href="#025c91eb-dc2c-4a87-944b-1bd44f3c39c4">14</a></sup> :</p>



<figure class="wp-block-table"><table class="has-fixed-layout"><tbody><tr><td></td><td>Villes de moins de 10 000 hab.</td><td>Villes de plus de 10 000 hab.</td></tr><tr><td>Vote RN par rapport&nbsp;aux électeur·ices</td><td>28,14%</td><td>18,92%</td></tr><tr><td>Vote RN par rapport au nombre d’hab. adultes</td><td>26,94%</td><td>15%</td></tr><tr><td>Adultes n’ayant pas voté RN</td><td>73,06%</td><td>85%</td></tr></tbody></table></figure>



<p>Les disparités sont évidentes mais, en réalité le RN, même dans les campagnes, ne dispose pas de l’hégémonie qu’on lui prête.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un vote raciste</h2>



<p>Le débat sur la base sociale du RN n’est pas le seul différend au sein des chercheureuses. Il en existe un autre et de taille : les motivations de ce vote. Une partie d’entre elleux pensent qu’il s’agit d’un vote mu par un désespoir social. Pourtant, ce serait ne pas voir « l’éléphant dans la pièce : la question identitaire »<sup data-fn="cbf75625-eba8-4955-aea3-aa0f1e4f5f7e" class="fn"><a id="cbf75625-eba8-4955-aea3-aa0f1e4f5f7e-link" href="#cbf75625-eba8-4955-aea3-aa0f1e4f5f7e">15</a></sup>.  Pour Nonna Mayer, les déterminants les plus importants sont les attitudes : « l’ethnocentrisme est en 1<sup>ère</sup> position, avec le sentiment affirmé de ne plus être chez soi, suivi en 2<sup>ème</sup> position de l’hostilité à l’intégration européenne, soupçonnée d’encourager l’immigration, et en 3<sup>ème </sup>position d’un placement très à droite de l’échiquier politique »<sup data-fn="c6c312df-157c-46e2-b6aa-b31c15303bcf" class="fn"><a id="c6c312df-157c-46e2-b6aa-b31c15303bcf-link" href="#c6c312df-157c-46e2-b6aa-b31c15303bcf">16</a></sup>. Il est notable, à ce titre, que les divers scandales autour de certain·e·s candidat·e·s, les revirements et contradictions du programme économique du RN, n’aient absolument pas influé sur ses résultats. D’ailleurs, son électorat n’en connaît souvent qu’un élément : la préférence nationale.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><img data-dominant-color="dcdfe0" data-has-transparency="false" decoding="async" width="888" height="737" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/01/image-1-png.webp" alt="" class="wp-image-9217 not-transparent" style="--dominant-color: #dcdfe0; width:506px;height:auto" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/01/image-1-png.webp 888w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/01/image-1-300x249.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/01/image-1-768x637.webp 768w" sizes="(max-width: 888px) 100vw, 888px" /><figcaption class="wp-element-caption">L’indice IPI par département et le vote RN au 1er tour des élections législatives de 2024</figcaption></figure>



<p>Si l’on reprend les données de l’étude Terram, les motivations qui émergent sont très claires : la question de l’immigration et celle de l’insécurité (ces 2 items recueillent 20 points de + que ceux des salaires et du pouvoir d’achat)<sup data-fn="685eb720-86aa-41f2-b10a-aae2f9657042" class="fn"><a id="685eb720-86aa-41f2-b10a-aae2f9657042-link" href="#685eb720-86aa-41f2-b10a-aae2f9657042">17</a></sup>. « Les entretiens qualitatifs et les reportages menés auprès des électeurs frontistes ont bien montré que l’insécurité culturelle qu’ils ressentaient ou même, pour les plus radicaux d’entre eux, la crainte d’un « grand remplacement » qu’ils exprimaient se nourrissaient de la coexistence avec des personnes issues des immigrations arabo-musulmanes, et ce quelle que soit leur nationalité ». Les auteur·e·s ont créé un indice IPI (Immigration, Pauvreté &#8211; prégnance des inégalités &#8211; et Insécurité) dont l’objectif est de croiser différents facteurs qui expliquent le vote RN. Les résultats sur les cartes sont troublants<sup data-fn="667cc2c5-0a41-46fd-bfd3-3dd326467126" class="fn"><a id="667cc2c5-0a41-46fd-bfd3-3dd326467126-link" href="#667cc2c5-0a41-46fd-bfd3-3dd326467126">18</a></sup>.</p>



<p>Si on y ajoute les variables nombre d’habitant·e·s de la commune et capital résidentiel, les exceptions disparaissent. Ainsi, « tout se passe comme si, dans ces territoires limitrophes, le rejet de l’immigration se combinait avec le souci de préserver son capital résidentiel. Le vote RN agit alors comme un moyen […] de mettre à distance les familles issues de l’immigration »<sup data-fn="a85a9514-501e-43e7-b11a-6251bceb02c6" class="fn"><a id="a85a9514-501e-43e7-b11a-6251bceb02c6-link" href="#a85a9514-501e-43e7-b11a-6251bceb02c6">19</a></sup>. Les dynamiques de ce vote deviennent alors limpides. Il repose sur une petite bourgeoisie blanche, raciste, qui craint, en période de crise, le déclassement et son décrochage. Peut se greffer à elle, comme l’a démontré François Coquard, des individus blancs des classes populaires qui sont influencés par des « figures de réussite – typiquement l’ouvrier qui a réussi à devenir artisan à son compte […]. En mettant un bulletin RN dans l’urne, ils n’envoient pas un message de colère ou de ressentiment lié à un abandon. Ils affirment au contraire leur style de vie avec fierté »<sup data-fn="5da9a1b7-93f7-46ac-bf09-70b347a0e4de" class="fn"><a id="5da9a1b7-93f7-46ac-bf09-70b347a0e4de-link" href="#5da9a1b7-93f7-46ac-bf09-70b347a0e4de">20</a></sup>. Ils n&rsquo;ont pas de vision de classe mais une vision raciale.<strong> </strong>Si d&rsquo;aucun.e veulent malgré tout s&rsquo;adresser aux électeurices du RN, ils doivent prendre conscience qu&rsquo;aucun argument ne sera efficace. Quoi qu&rsquo;ils puissent en dire, ce vote se construit avant tout autour des questions migratoires et du racisme.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le RN est un parti fasciste, comment le combattre&nbsp;?</h2>



<p>Cette situation où un seul récit domine a fini par influencer la gauche et ses militant·e·s&nbsp;:&nbsp;le RN est majoritaire, c’est un vote populaire, donc il faudrait s’adresser à celleux qui votent pour lui. Finalement, personne ne s’adresse à tou·te·s les autres, qui sont en réalité largement majoritaire, et personne ne cherche à les mobiliser.</p>



<p>La fenêtre d&rsquo;Overton est « l&rsquo;ensemble des opinions qui sont considérées comme dicibles, acceptables au sein de l&rsquo;opinion publique. […] Toute l&rsquo;idée de cette fenêtre, c&rsquo;est qu&rsquo;elle est dynamique, elle s&rsquo;élargit, elle se contracte, elle se déplace »<sup data-fn="f851fcff-31bb-431d-9bcf-4ebd5af47e59" class="fn"><a id="f851fcff-31bb-431d-9bcf-4ebd5af47e59-link" href="#f851fcff-31bb-431d-9bcf-4ebd5af47e59">21</a></sup>. Pendant longtemps, l’islamophobie, la théorie du grand remplacement, le vote RN étaient in-assumables, créant une censure inconsciente. Qualifier le RN de parti populiste, débattre avec lui, cesser de lutter ardemment contre le racisme ont contribué à et accompagné sa banalisation. « La politique n’existe pas seulement lors des élections. L’enjeu, pour les syndicats, les associations et les partis, consiste à y reprendre pied pour diffuser une sorte d’antiracisme ordinaire »<sup data-fn="e99c8802-2d79-4f15-b4df-43ec064e94db" class="fn"><a id="e99c8802-2d79-4f15-b4df-43ec064e94db-link" href="#e99c8802-2d79-4f15-b4df-43ec064e94db">22</a></sup>.</p>



<p>Que proposons-nous&nbsp;? A qui&nbsp;? Il y a une vraie nécessité aujourd’hui à mobiliser les nôtres, à remettre la solidarité au cœur de nos interventions, à changer le cadre et les questions qu’on nous impose. Il n’y a qu’une chose à faire, se battre inlassablement contre l’extrême droite, la délégitimer, ne lui laisser aucune place, nulle part. Plus que jamais, no pasaran&nbsp;!</p>



<h5 class="wp-block-heading">Charlotte Pavez, Romainville</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="353d32a7-434e-476c-a577-f9f92b2112f3">Vincent Tiberj, <em>La France est-elle de droite</em>, interview de Salomé Saqué, Blast, 22/09/24<br> <a href="#353d32a7-434e-476c-a577-f9f92b2112f3-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li><li id="4ea9d428-d61f-4bf7-98ad-4d5f48a5f001">Thomas Lemahieu, <em>Exclusif : Périclès, le projet secret de Pierre-Édouard Stérin pour installer le RN au pouvoir</em>, L’humanité, 18/07/24 <a href="#4ea9d428-d61f-4bf7-98ad-4d5f48a5f001-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2">↩︎</a></li><li id="7e621774-c387-461c-a806-a44065648ecf">Vincent Tiberj,<em> op.cit.</em> <a href="#7e621774-c387-461c-a806-a44065648ecf-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3">↩︎</a></li><li id="5e0ca56f-a84f-4ee6-8a98-1a5f7a77485f">Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme <a href="#5e0ca56f-a84f-4ee6-8a98-1a5f7a77485f-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4">↩︎</a></li><li id="a486b6e8-be6c-47b3-8a6d-faefcec7bd3a">B. Cautrès, N. Mayer, <em>Le nouveau désordre électoral</em>, p. 189, Paris, Presses de Science Po, 2004 <a href="#a486b6e8-be6c-47b3-8a6d-faefcec7bd3a-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5">↩︎</a></li><li id="68367cb1-c17b-4c24-a68d-ecce03b6fde3">IPSOS, <a href="https://www.ipsos.com/fr-fr/legislatives-2024/sociologie-des-electorats-legislatives-2024" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Sociologie des électorats &#8211; Législatives 2024</a> <a href="#68367cb1-c17b-4c24-a68d-ecce03b6fde3-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6">↩︎</a></li><li id="e440b0b9-0bbc-4120-bdfc-8ab4ce94890c">Kilian Bloch (Insee), <a href="https://www.insee.fr/fr/statistiques/6658145" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Élections présidentielle et législatives de 2022 : seul un tiers des électeurs a voté à tous les tours</a>, 2022 <a href="#e440b0b9-0bbc-4120-bdfc-8ab4ce94890c-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 7">↩︎</a></li><li id="4de9dad2-bcfc-4bc9-ac7a-642a79522bcb">Graphique établi par l’institut Terram à partir des données du ministère de l’intérieur <a href="#4de9dad2-bcfc-4bc9-ac7a-642a79522bcb-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 8">↩︎</a></li><li id="5d984552-765d-43cd-a43d-c6aa65fb817f">NOMENCLATURE DES PROFESSIONS ET CATÉGORIES SOCIOPROFESSIONNELLES (PCS 2020) p.15 INSEE <a href="#5d984552-765d-43cd-a43d-c6aa65fb817f-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 9">↩︎</a></li><li id="69b504ad-0c98-4da8-b796-22bf99186bdc">Antoine Le Graët, <a href="https://www.insee.fr/fr/statistiques/3642600" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Direction régionale Insee NormandieDans toutes les régions, des ménages plus souvent propriétaires qu’il y a 50 ans</a> <a href="#69b504ad-0c98-4da8-b796-22bf99186bdc-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 10">↩︎</a></li><li id="7e641b59-a6d1-4994-b4cc-9461487116fe">Jérôme Fourquet, Sylvain Manternach, <em>Comprendre la géographie du vote RN en 2024</em>, Institut Terram, p.30 <a href="#7e641b59-a6d1-4994-b4cc-9461487116fe-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 11">↩︎</a></li><li id="3a112f5a-d6e3-4c65-adf8-79b04abef119"><em>Ibid.</em>, p.16 <a href="#3a112f5a-d6e3-4c65-adf8-79b04abef119-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 12">↩︎</a></li><li id="731f99a9-001f-4f37-820e-c2c14bd5d4c5"><em>Ibid.</em>, p.18 <a href="#731f99a9-001f-4f37-820e-c2c14bd5d4c5-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 13">↩︎</a></li><li id="025c91eb-dc2c-4a87-944b-1bd44f3c39c4">INSEE, répertoire électoral unique, 2020, INSEE, Recensement de la population &#8211; Base infra communale (IRIS), 2020<br>Données combinées et analysées à l&rsquo;aide du logiciel R <a href="#025c91eb-dc2c-4a87-944b-1bd44f3c39c4-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 14">↩︎</a></li><li id="cbf75625-eba8-4955-aea3-aa0f1e4f5f7e">Vincent Grimault, <em>Racisme ou sentiment d’abandon : ce qui détermine le vote RN</em>, 28/08/24, Alternatives Économiques <a href="#cbf75625-eba8-4955-aea3-aa0f1e4f5f7e-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 15">↩︎</a></li><li id="c6c312df-157c-46e2-b6aa-b31c15303bcf">Fabien Escalona, <em>Extrême droite : Cagé/Piketty risquent de bercer la gauche d’illusions</em>, 23/09/23, Mediapart <a href="#c6c312df-157c-46e2-b6aa-b31c15303bcf-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 16">↩︎</a></li><li id="685eb720-86aa-41f2-b10a-aae2f9657042">Jérôme Fourquet et Sylvain Manternach, <em>op.cit., </em>p.13 <a href="#685eb720-86aa-41f2-b10a-aae2f9657042-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 17">↩︎</a></li><li id="667cc2c5-0a41-46fd-bfd3-3dd326467126"><em>Ibid.</em>, p.19 <a href="#667cc2c5-0a41-46fd-bfd3-3dd326467126-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 18">↩︎</a></li><li id="a85a9514-501e-43e7-b11a-6251bceb02c6"><em>Ibid.</em>, p.30 <a href="#a85a9514-501e-43e7-b11a-6251bceb02c6-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 19">↩︎</a></li><li id="5da9a1b7-93f7-46ac-bf09-70b347a0e4de">Vincent Grimault, <em>op.cit.</em> <a href="#5da9a1b7-93f7-46ac-bf09-70b347a0e4de-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 20">↩︎</a></li><li id="f851fcff-31bb-431d-9bcf-4ebd5af47e59">Vitktorovitch, <em>« Zemmour, Bannon et macronistes&#8230; Qu&rsquo;est-ce que « la fenêtre d&rsquo;Overton » ?»</em>, RTL, 23/10/24 <a href="#f851fcff-31bb-431d-9bcf-4ebd5af47e59-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 21">↩︎</a></li><li id="e99c8802-2d79-4f15-b4df-43ec064e94db">Faury, <em>Dans l’électorat du RN « le racisme s’articule à des expériences de classes »</em>, Fabien Escalona, 01/05/24, Mediapart <a href="#e99c8802-2d79-4f15-b4df-43ec064e94db-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 22">↩︎</a></li></ol><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/le-rn-nest-pas-le-parti-des-ouvrieres/">Le RN n’est pas le parti des ouvrier·es</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Toi tu cherches, nous on te trouve !</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/editorial/toi-tu-cherches-nous-on-te-trouve/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Vic]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 22 Dec 2024 14:46:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Antifascisme]]></category>
		<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[bardella]]></category>
		<category><![CDATA[RN]]></category>
		<category><![CDATA[Stratégie]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=9050</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Le 23 novembre dernier avaient lieu partout en France des manifestations contre les violences sexistes et sexuelles. C’est de cette mobilisation que se sont saisi·es les sionistes fascistes de Nous Vivrons et les fémonationalistes fascistes <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/editorial/toi-tu-cherches-nous-on-te-trouve/" title="Toi tu cherches, nous on te trouve !">[...]</a></div>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/editorial/toi-tu-cherches-nous-on-te-trouve/">Toi tu cherches, nous on te trouve !</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-text-align-left"><strong>Le 23 novembre dernier avaient lieu partout en France des manifestations contre les violences sexistes et sexuelles. C’est de cette mobilisation que se sont saisi·es les sionistes fascistes de Nous Vivrons et les fémonationalistes fascistes de Nemesis pour défiler en fin du cortège parisien, en criant des slogans génocidaires et racistes. Pour rappel, la stratégie de ces deux groupes est d’instrumentaliser le féminisme, et en particulier les féminicides, pour désigner en coupables, les palestiniens ou les migrants.</strong></p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;text-transform:uppercase">EDITO &#8211; Les Cahiers d&rsquo;A2C #15 &#8211; DECEMBRE 2024</h6>



<p>Face à leur présence, quelques personnes ont réagi pour essayer de les virer, mais les organisations antifascistes et féministes ont brillé par leur manque de réaction sur le terrain. Le présence de fascistes et de groupes d’extrême-droite auprès de nous n’est jamais acceptable et c’est notre responsabilité de ne jamais les laisser être présent·es.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Prendre au sérieux le danger fasciste</strong></h2>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-large is-resized"><img data-dominant-color="dbc1d0" data-has-transparency="false" loading="lazy" decoding="async" width="724" height="1024" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/12/edito-image-1-decembre-1-724x1024.webp" alt="" class="wp-image-9055 not-transparent" style="--dominant-color: #dbc1d0; width:306px;height:auto" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/12/edito-image-1-decembre-1-724x1024.webp 724w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/12/edito-image-1-decembre-1-212x300.webp 212w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/12/edito-image-1-decembre-1-768x1087.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/12/edito-image-1-decembre-1-jpg.webp 1169w" sizes="auto, (max-width: 724px) 100vw, 724px" /></figure>
</div>


<p>L’absence de réaction claire et directe ce 23 novembre est significative.</p>



<p>Elle dit la conviction, pour beaucoup dans notre camp, que le RN ne serait qu’un parti plus raciste, plus réactionnaire et plus autoritaire, et que son accession au pouvoir ne serait que l’exercice radicalisé des politiques déjà menées par le pouvoir actuel.</p>



<p>Si l’on pense au contraire, que le RN pourrait représenter une réelle possibilité pour le fascisme de conquérir le pouvoir en France, il faut agir en conséquence.</p>



<p>Et pour qu’il puisse émerger, voilà quelles en seraient certaines des conditions&nbsp;: d’un côté un parti, établi au niveau parlementaire, assez respectable pour que la classe politique au pouvoir envisage de gouverner à ses côtés, de l’autre la mise en place d’un mouvement de masse actif qui puisse offrir à la bourgeoisie une alternative décisive aux blocages du système pour maintenir sa domination.</p>



<p>Le RN veut incarner un tel parti, il gagne des sièges dans les mairies et à l’Assemblée, et se place comme arbitre de la politique du gouvernement avec la menace de la censure.</p>



<p>Le mouvement de masse par contre, n’existe pas encore aujourd’hui, et le RN cherche à le construire. Le fait que le cortège de Nemesis ait été préparé dans le château des Le Pen en est la preuve.</p>



<p>Alors c’est derrière cet objectif que doit se rassembler notre antifascisme&nbsp;: empêcher le mouvement de masse de se construire, et affaiblir le RN par sa base, dans la rue, dans les manifestations, partout où les fachos pointent leur nez.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les fascistes prennent la confiance</strong></h2>



<p>La séquence électorale qui a suivi la dissolution et a permis au RN de devenir le premier parti à l’Assemblée Nationale avec ses 143 sièges, a donné la confiance aux fascistes. Depuis la rentrée on fait face à une offensive terrifiante.</p>



<p>La sortie du livre de Bardella lui offre invitations dans tous les médias et tournée de dédicaces dans toute la France qui réunit des milliers de ses électeurices et de ses fans.</p>



<p>Des groupes de presses ou des maisons d’éditions sont rachetées ou reprises par des figures comme Vincent Bolloré, Pierre-Edouard Stérin ou Lise Boëll, des figures d’extrême-droite.&nbsp;</p>



<p>Les fascistes prennent la confiance et font des cortèges, comme à Paris le 23 novembre, ou à Romans-sur-Isère, où un an après la mort de Thomas à Crespol qui avait déclenché des attaques racistes et des défilés fascistes, l’extrême-droite a appelé à une manifestation nationale contre l’immigration.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>En grève contre l’extrême-droite</strong></h2>



<p>Mais face à tout cela, des réactions par en bas nous montrent l’exemple et nous donnent la conviction qu’on peut encore gagner.</p>



<p>Pour commencer, MediaTransports, la régie publicitaire de la SNCF, a fini par annuler la campagne prévue par Hachette pour le livre de Bardella, sous la pression du syndicat SUD Rail qui jouait sur l’obligation de neutralité politique mais écrivait aussi noir sur blanc que le RN&nbsp; «&nbsp;est un parti créé par des Waffen-SS&nbsp;» et rappelait «&nbsp;l&rsquo;opposition totale des « valeurs » d&rsquo;extrême droite de ce parti réactionnaire à celles de [leur syndicat]&nbsp;».</p>



<p>Ensuite, c’est le groupe Bayard qui a abandonné la nomination prévue d’Alban du Rostu, ancien associé du milliardaire fasciste Pierre-Edouard Stérin, au poste de directeur de la stratégie, face à la grève des salarié·es et auteurices du groupe, soutenu·es par le syndicat du livre la CGT SGLCE qui a même affirmé dans son tract que « la grève est un puissant outil pour contrecarrer les ambitions de ces ultrariches fascistes ».</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>«&nbsp;Toi tu cherches, nous on te trouve&nbsp;»</strong></h2>



<p>Ces initiatives victorieuses sur des lieux de travail donnent de la force, mais il paraît important d’aller aussi regarder ce qui se passe dans la rue, et d’en tirer des conséquences.</p>



<p>À Romans-sur-Isère, en réaction à la manifestation d’extrême-droite, une inter-orga a appelé à une&nbsp; manifestation « contre la récupération raciste ». Le bilan est positif numérairement puisque la manifestation antifasciste était quatre fois plus importante, mais insuffisant puisque 200 fascistes ont quand-même pu se réunir.</p>



<p>Partout où des signatures de Bardella sont organisées, à Sète, à Beaucaire, à Tonneins, à Marseille, à Bruxelles, des contre-rassemblements antifascistes ont été appelés et ont eu lieu.</p>



<p>À Marseille, la Riposte Antifasciste, collectif qui cherche à construire un antifascisme large et ouvert, a organisé le contre-rassemblement sous le mot d’ordre « Toi tu cherches, Nous on te trouve ». Malgré l’urgence dans laquelle l’organisation a eu lieu, la modalité a été d’appeler à une Assemblée Antifasciste la veille de la séance de dédicaces, pour permettre au plus grand nombre de rejoindre et de s’impliquer dès la veille.</p>



<p>Même si trop peu de monde s’est effectivement mobilisé, et que la séance de dédicaces a bien pu avoir lieu, il faut retenir de ce mode d’organisation qui passe par une assemblée ce qui paraît être les bases de ce que devrait être l’antifascisme&nbsp;: réactif, organisé par en bas, et l’affaire de toustes.</p>



<p>« L’antifascisme (&#8230;) doit être une invitation à nous organiser plus efficacement, à nous coordonner d’avantage » (communiqué du collectif Tsedek! suite à la manifestation du 23 novembre)</p>



<p>Maintenant, il va falloir passer à la vitesse supérieure et construire une unité d’action antifasciste.</p>



<p>Si la présence de Nemesis et Nous Vivrons dans une manifestation féministe est inacceptable, les contre-rassemblements sont insuffisants.</p>



<p>Les dédicaces de Bardella ne doivent tout simplement plus avoir lieu.</p>



<p>Les fascistes ne doivent plus défiler, que ça soit dans nos manifestations ou dans les leurs comme à Romans-sur-Isère.</p>



<p>Les fascistes s’organisent et gagnent du pouvoir, à l’Assemblée, dans la presse et l’édition, dans la rue, et dans nos propres syndicats.&nbsp;</p>



<p>Alors si on veut continuer à pouvoir s’organiser, il faut faire de l’antifascisme une priorité simple et efficace , et se dire que, si on arrive à convaincre, on a les moyens de cet antifascisme</p>



<p>Convaincre nos syndicats de couper l’électricité quand une dédicace de Bardella ou un meeting du RN sont organisés.</p>



<p>Convaincre nos collectifs, féministes et antifascistes, qu’il faut nous préparer, dans chaque manifestation, à virer les fachos qui voudraient s’inviter.</p>



<p>Convaincre chacune de nos organisations, que si on ne construit pas aujourd’hui, un front antifasciste, avec des mots d’ordre d’action clairs, on le paiera demain.</p>



<p>Mais convaincre aussi que le fascisme ne cessera pas de se développer sans s’attaquer au racisme qui est son coeur, et donc de la nécessité prendre part et de renforcer toutes les luttes contre les frontières, l’islamophobie, les lois racistes, pour la libération de la Palestine ou la liberté de circulation.</p>



<p>L’antifascisme doit devenir l’affaire de toustes&nbsp;! Même si la séquence électorale après la dissolution aura permis une mobilisation antifasciste inédite, par en bas, elle s’est concentrée vers le haut derrière le NFP, nous faisant croire que c’est par la voie électorale qu’on vaincra les fachos, et nous faisant oublier l’essentiel, c’est qu’on est plus nombreux·ses qu’elleux, et que c’est là qu’est notre force.</p>



<h2 class="wp-block-heading"></h2>



<p>Il est temps de rappeler que l’antifascisme ne doit être ni une façade, ni une valeur, mais l’opportunité de bâtir une lutte offensive, qui fasse comprendre à chacun·e que pour éradiquer les rats, il faut s’attaquer aux égouts dans lesquels ils se développent.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Lou, Marseille</h4>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/editorial/toi-tu-cherches-nous-on-te-trouve/">Toi tu cherches, nous on te trouve !</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
