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	<title>Petite bibliothèque A2C Archives - A2C - Autonomie de classe</title>
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	<title>Petite bibliothèque A2C Archives - A2C - Autonomie de classe</title>
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		<title>« On insiste : la liberté maintenant ! » – Partie 2</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Jakubowski]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 27 Feb 2024 17:28:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Petite bibliothèque A2C]]></category>
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		<category><![CDATA[États-Unis]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Cet article est la suite de On insiste: la liberté maintenant ! &#8211; Partie 1, à partir de Free jazz/Black power de Philippe Carles et Jean-Louis Comolli Publié pour la première fois en 1971 (et <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/petite-bibliotheque-a2c/on-insiste-la-liberte-maintenant-partie-2/" title="« On insiste : la liberté maintenant ! » – Partie 2">[...]</a></div>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/petite-bibliotheque-a2c/on-insiste-la-liberte-maintenant-partie-2/">« On insiste : la liberté maintenant ! » – Partie 2</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-background" style="background-color:#e29f02">Cet article est la suite de <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/petite-bibliotheque-a2c/on-insiste-la-liberte-maintenant-partie-1/">On insiste: la liberté maintenant ! &#8211; Partie 1</a>, à partir de <em>Free jazz/Black power</em> de Philippe Carles et Jean-Louis Comolli<sup data-fn="609a9781-4d49-444f-9e62-fb05a126ce53" class="fn"><a href="#609a9781-4d49-444f-9e62-fb05a126ce53" id="609a9781-4d49-444f-9e62-fb05a126ce53-link">1</a></sup></p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img data-dominant-color="858482" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #858482;" fetchpriority="high" decoding="async" width="180" height="280" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/10/A2C_RevueN9_Jazz_Illustr1.jpg" alt="" class="wp-image-7954 not-transparent"/></figure>
</div>


<p style="font-style:normal;font-weight:600">Publié pour la première fois en 1971 (et réédité depuis en 1979 et en 2000 avec à chaque fois l’ajout d’une préface des auteurs), <em>Free jazz/Black power</em><sup data-fn="42d060f2-411b-4330-b69d-7d1e21cd861d" class="fn"><a href="#42d060f2-411b-4330-b69d-7d1e21cd861d" id="42d060f2-411b-4330-b69d-7d1e21cd861d-link">2</a></sup> de Philippe Carles et Jean-Louis Comolli est un texte particulièrement dense, dont les phrases à rallonge, entrecoupées de parenthèses, virgules, notes de bas de page, etc., pour cerner au plus près leur objet, semblent s’amuser à recréer la poly­rythmie du sujet (apparent) du livre, les musiques africaines en Amériques. Aussi âpre à lire que le free jazz peut l’être à écouter, il n’en est pas moins indispensable pour quiconque s’intéresse à l’histoire des Noir·es aux USA ou souhaite réfléchir à la place de la musique, et plus globalement de l’art dans la société et de son (r)apport à la lutte révolutionnaire.</p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #11 &#8211; Janvier 2024</h6>



<h2 class="wp-block-heading">La forme du Jazz à venir<sup data-fn="f22bfc86-6511-4250-abaf-99eaa366bc00" class="fn"><a href="#f22bfc86-6511-4250-abaf-99eaa366bc00" id="f22bfc86-6511-4250-abaf-99eaa366bc00-link">3</a></sup></h2>



<p>Sans se lancer dans un fastidieux résumé du résumé que nous offrent les auteurs de l’histoire du jazz et de ses marges pour arriver au free jazz, retenons pour les besoins de cet article :&nbsp;</p>



<p>–&nbsp;Que&nbsp;<em>« l’apparition et l’évolution du phénomène musical afro-américain&nbsp;</em>[doivent être]&nbsp;<em>étudiées dans leur rapport avec 3 éléments essentiels : permanence d’africanismes, influence du contexte social oppressif et —&nbsp;ce troisième élément étant indissociable du deuxième&nbsp;— continuité protestataire de toutes les manifestations vocales et instrumentales des Noir·es en Amérique. »</em>&nbsp;(p.&nbsp;187)</p>



<p>–&nbsp;Que le blues,&nbsp;<em>« formation majeure de la musique afro-américaine, dont le jazz ne serait qu’une adaptation, une traduction instrumentale, un compromis musical avec les différents ordres imposés par l’Amérique blanche : musique de spectacle, instrumentale et distractive »</em>&nbsp;(p.&nbsp;211), représente l’élément de continuité antagoniste, sans cesse réactivé par les musiques noires, dont le jazz,&nbsp;<em>« si les déterminations blanches prennent trop longtemps le dessus (et notons-le : ce ne peut être la détermination noire qui domine, puisque le lieu de ce conflit est celui de la domination de l’idéologie bourgeoise) »</em>&nbsp;(p.&nbsp;326)</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-full is-resized"><img data-dominant-color="595959" data-has-transparency="false" decoding="async" width="891" height="918" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_Jazz_Illustr1-1-edited.png" alt="" class="wp-image-8238 not-transparent" style="--dominant-color: #595959; width:341px;height:auto" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_Jazz_Illustr1-1-edited.png 891w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_Jazz_Illustr1-1-edited-291x300.png 291w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_Jazz_Illustr1-1-edited-768x791.png 768w" sizes="(max-width: 891px) 100vw, 891px" /></figure>
</div>


<p>–&nbsp;Que la lutte (de classe et de race) entre africanisme et européanisation du jazz est le moteur de son histoire. Ainsi le free jazz est une réaction jazz cool des musicien·nes blanc·hes de la côte Ouest, comme le be bop (et ses dérivés) l’était face à l’ersatz de swing d’orchestres blancs pour GI’s qui dominait le jazz au sortir de la Seconde Guerre mondiale. Et que cette lutte est déterminée par l’évolution de la conscience et des luttes des africain·es américain·es sur les plans social, politique, idéologique… bref par la lutte des classes aux USA.</p>



<p>Le free jazz nait dans un contexte de montée des luttes des prolétaires africain·es américain·es que les auteurs appellent&nbsp;<em>« l’étape du Pouvoir noir »</em>&nbsp;(p.&nbsp;51). Ce contexte se caractérise par le développement de ces luttes sur les plans :</p>



<p>–&nbsp;De l’organisation : création, développement et radicalisation d’organisations qui&nbsp;<em>« accentuent leur rupture avec les intégrationnistes et les élites de la bourgeoisie noire »</em>&nbsp;(p.&nbsp;52),&nbsp;</p>



<p>–&nbsp;De l’idéologie :&nbsp;<em>« Malcom&nbsp;X fait accomplir aux luttes des Noir·es un pas politique important (rejoignant les conclusions marxistes de W.E.B. Dubois) en subordonnant l’ensemble des revendications raciales, juridiques, sociales et culturelles aux revendications directement politiques : à la lutte contre le capitalisme américain qui devient l’ennemi principal »</em>&nbsp;(p.&nbsp;54),</p>



<p>–&nbsp;De l’action : émeutes urbaines de 1964-1965 dans plusieurs ghettos (Harlem, Détroit, Watts,…) «<em> qui terrifient l’Amérique blanche et accélèrent la transformation de la lutte revendicative en lutte prérévolutionnaire »</em>&nbsp;(p.&nbsp;55).&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une improvisation collective<sup data-fn="9ec9f43b-5acb-480d-8abe-3c01e81039fe" class="fn"><a href="#9ec9f43b-5acb-480d-8abe-3c01e81039fe" id="9ec9f43b-5acb-480d-8abe-3c01e81039fe-link">4</a></sup></h2>



<p>C’est ce même contexte qui conduit en 1966 à la création du Black Panthers Party et va donc déterminer les formes du jazz qui se crée, en toute liberté. Car la caractéristique principale du free jazz, c’est précisément qu’il ne s’interdit rien :&nbsp;<em>« Tout se passe avec ces jazzmen là comme s’ils avaient décidé de ne plus se priver de quoi que ce fût qui pût leur faire envie ou besoin à toutes les étapes du processus de création »&nbsp;</em>(p.&nbsp;343).</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img data-dominant-color="5e5e5e" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #5e5e5e;" decoding="async" width="1100" height="618" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_Jazz_Illustr2-1100x618.webp" alt="" class="wp-image-8239 not-transparent" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_Jazz_Illustr2-1100x618.webp 1100w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_Jazz_Illustr2-300x169.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_Jazz_Illustr2-768x431.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_Jazz_Illustr2-678x381.webp 678w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_Jazz_Illustr2-1320x741.webp 1320w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_Jazz_Illustr2-jpg.webp 1800w" sizes="(max-width: 1100px) 100vw, 1100px" /></figure>



<p>En effet, les musicien·nes free<em>&nbsp;« se démarquent de la plupart des traits du jazz coutumier : structure des morceaux, fonction et rapports des instruments, conceptions rythmiques, rapport du musicien à son public, aux autres musiciens, etc. »</em>. Et les auteurs de conclure&nbsp;<em>« Décisive, unique dans l’histoire de la musique noire aux États-Unis, cette série de largage met en cause plus qu’un ordre musical : un ordre culturel »</em>&nbsp;(p.&nbsp;345).&nbsp;</p>



<p>Ainsi, si le « Nouveau truc » (New Thing fut un autre nom du free jazz) recouvre une multitude de formes esthétiques et musicales,<em>&nbsp;« ce qui fonde le phénomène free comme ensemble, ce qui articule la multiplicité de ses manifestations musicales, ce sont leurs communes surdéterminations par l’histoire, les rapports sociaux, le niveau de luttes politiques et idéologiques, l’attitude culturelle par rapport au jazz antérieur »</em>&nbsp;(p.&nbsp;378).</p>



<p>Les auteurs concluent de leurs études de l’évolution des conditions matérielles de production des musiques noires aux USA, et de leur influence sur les formes de celles-ci, en lien avec le niveau de conscience et de luttes des Africain·es américain·es que les free jazz wo·men ont&nbsp;<em>« affaire à la même exploitation capitaliste que le reste du jazz, à cette seule différence près que, centrée politiquement, résistante culturellement, leur musique est infiniment moins récupérable par le commerce et l’idéologie »</em>&nbsp;(p. 83).&nbsp;</p>



<p>En effet,&nbsp;<em>« Comme le bop et plus nettement encore, le free jazz n’est pas seulement remis en question, au plan musical, des formes et styles qui le précèdent historiquement : son action déborde le champ strictement musical pour concerner les champs culturels et idéologiques. Il se donne, très vite pour un acte de résistance culturelle : la réappropriation (et les transformations qu’elle nécessite) par les Noir·es américain·es, musicien·nes et auditeurices, d’une musique qui originellement fut leur, c’est-à-dire qu’iels fabriquèrent dans des conditions historiques, sociales et culturelles (déportation, esclavage, misère, racisme) qui furent les leurs sans partage. Or cette musique s’est vue aussitôt, et pendant plus d’un demi-siècle, sous la pression d’un grand nombre de facteurs (commerciaux, sociaux, raciaux, culturels, parasitée et exploitée par cela même qui avait réduit les Africain·es en esclavage, fait naitre et utiliser contre elleux l’idéologie raciste, et qui continue de les exploiter et de les opprimer : le capitalisme blanc américain, son idéologie et son système de valeurs. »</em>&nbsp;(p. 49)</p>



<p>C’est donc bien à tout l’édifice idéologique, mais aussi esthétique, du capitalisme blanc américain et de sa pénétration dans les masses noires que s’attaque le free jazz,&nbsp;<em>« dans la mesure précisément ou il entreprend une remise en question de ce qui domine les « goûts populaires », de ce qui conditionne la demande des masses. Il s’efforce en effet de se couper non des masses elles-mêmes mais de l’idéologie qui les traverse, les aveugle, parle en leur nom pour perpétuer l’exploitation ; il rejoint en revanche, et par cette critique même de l’idéologie, les exigences politiques des masses noires. Il est plus près d’elles, et répond davantage à leurs intérêts, en s’attaquant à l’idée même qu’elles ont de leur musique, de ce jazz dont nous avons vu combien il était mis au service de leurs ennemis. »</em>&nbsp;(p.&nbsp;383)</p>



<p>Comme le notait déjà le Vieux révolutionnaire Léon Trotsky en 1933, à propos du premier roman de LF Céline : <em>« la lutte contre la simulation dans l’art se transforme toujours plus ou moins en lutte contre le mensonge des rapports sociaux »</em><sup data-fn="fcf3017b-4912-477a-853f-2104d97eeaef" class="fn"><a href="#fcf3017b-4912-477a-853f-2104d97eeaef" id="fcf3017b-4912-477a-853f-2104d97eeaef-link">5</a></sup>. C’est armé·es de toute l’histoire des Africain·es déporté·es dans le « nouveau monde », de l’histoire de leurs résistances, des cales des galères négrières jusqu’aux émeutes prérévolutionnaires de 1965 et l’histoire de leurs musiques, des spirituals et work songs jusqu’au jazz d’avant-garde, que les musicien·nes free fracassent la simulation dans l’art et le mensonge des rapports sociaux. </p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img data-dominant-color="afafaa" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #afafaa;" loading="lazy" decoding="async" width="1100" height="733" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_Jazz_Illustr3-1100x733.webp" alt="" class="wp-image-8240 not-transparent" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_Jazz_Illustr3-1100x733.webp 1100w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_Jazz_Illustr3-300x200.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_Jazz_Illustr3-768x512.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_Jazz_Illustr3-jpg.webp 1152w" sizes="auto, (max-width: 1100px) 100vw, 1100px" /></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Laisse mon peuple s’évader !<sup data-fn="a51d5e1d-fd4f-4d7e-a1bc-b8f11aa354f7" class="fn"><a href="#a51d5e1d-fd4f-4d7e-a1bc-b8f11aa354f7" id="a51d5e1d-fd4f-4d7e-a1bc-b8f11aa354f7-link">6</a></sup></h2>



<p><em>« L’histoire politique des Noir·es américain·es est aussi longue et riche que méconnue — et cette méconnaissance n’est pas accidentelle : elle est le fait d’un systématique effort de brouillage et d’occultation de la part des appareils idéologiques (école, presse, supports culturels, etc.) de la société américaine »&nbsp;</em>(p.&nbsp;51) avertissent les auteurs. Et de préciser :&nbsp;<em>« l’histoire des Noir·es américain·es n’est pas faite que de résistances et de batailles culturelles : mais de luttes politiques qui débouchent sur une révolution qui n’est pas que culturelle »</em>. (p.&nbsp;40). Ils s’attachent donc à&nbsp;<em>« tenter de montrer quelques-unes des principales articulations du jazz et du free jazz avec les luttes, mouvements et programmes politiques noirs, avec les développements de la conscience révolutionnaire chez les Noir·es américain·es »</em>&nbsp;(p.&nbsp;41).&nbsp;</p>



<p>La création même de ce peuple, les « Noir·es américain·es », est le produit du colonialisme, de l’extension du capitalisme à l’ensemble de la planète (première mondialisation). En effet, ce sont des Ashantis, des Bantous, des Peuls, des Wolofs, des Sérères, des Soninkés, des Yoroubas etc. qui débarquent des galères négrières et sont transformé·es en « Noir·es » par l’horreur de la déportation, de l’esclavage et de l’idéologie raciste, aberrante, absurde et abominable abstraction basée sur le taux de mélanine, qui déshumanise un pan entier de l’humanité et&nbsp;<em>« a pour fonction de justifier l’expansionnisme capitaliste »</em>&nbsp;(p.&nbsp;40).&nbsp;</p>



<p>La <em>« double conscience »</em><sup data-fn="23cf6f68-ea1f-4064-83d8-5b281d85e69a" class="fn"><a href="#23cf6f68-ea1f-4064-83d8-5b281d85e69a" id="23cf6f68-ea1f-4064-83d8-5b281d85e69a-link">7</a></sup> de ce peuple, Africain·es coupé·es du continent, de leur culture, de leur tradition, de leur musique et Américain·es mais toujours de seconde zone, même après la fin de l’esclavage et de la ségrégation, est une caractéristique importante de ce peuple. Elle se lit jusque dans le nom qu’il s’est choisi : Africain·es américain·es, dont Afro-Américain·es n’est pas un diminutif, mais une étape antérieure dans la prise de conscience. Cette double conscience influence tant sa musique que ses luttes. Et comme nous le rappellent les auteurs, ses luttes ont toujours existé malgré, ou à cause, de la radicalité de l’oppression : <em>« outre les innombrables mutineries et suicides collectifs à bord des bateaux négriers, et une résistance passive permanente sur les plantations (sabotage de matériel, négligence systématique, etc.) des révoltes éclatèrent dans les colonies d’Amérique dès l’installation des premiers esclaves »</em> (p. 155). Ainsi, contrairement à ce que pourrait laisser entendre le titre de l’important bouquin de Daniel Guérin<sup data-fn="f2e72c81-b073-4d22-9f46-0c53e697728a" class="fn"><a href="#f2e72c81-b073-4d22-9f46-0c53e697728a" id="f2e72c81-b073-4d22-9f46-0c53e697728a-link">8</a></sup>, il y a toujours eu à la fois des « Oncles Tom » et des « Panthers ». Comme dans le jazz ont toujours cohabité des Louis Armstrong, représentant des Tom, décris comme ces <em>«  »nègres idéals » dont rêve l’Amérique blanche »</em> (p. 258) et des Duke Ellington, qui <em>« entreprenent de faire « la musique du Noir américain » »</em>(p. 265) : <em>« les œuvres d’Armstrong et d’Ellington (les deux musiciens noirs les plus prestigieux et célèbres) sont dès leur origine (1925) opposables dans la mesure où répondant chacune à l’un des deux grands courants idéologiques du mouvement noir, l’intégrationnisme (gradualiste) et le -séparatisme »</em> (p. 262). </p>



<h2 class="wp-block-heading">Le Jazz est mort !<sup data-fn="be65741c-4c71-4953-9720-33597142f1ec" class="fn"><a href="#be65741c-4c71-4953-9720-33597142f1ec" id="be65741c-4c71-4953-9720-33597142f1ec-link">9</a></sup></h2>



<p><em>« Le couronnement du jazz comme art, considéré partout comme une victoire des « progressistes » sur les conservateurs paracheva la colonisation commencée par le commerce »&nbsp;</em>(p.&nbsp;91) assènent les auteurs. En effet,&nbsp;<em>« ce sont l’invention et l’industrialisation des techniques de reproduction sonore (rouleaux puis disques) qui marquent la constitution du jazz en objet de commerce — et en conséquence, en objet d’art »</em>&nbsp;(p.&nbsp;75). C’est donc bien avec l’instauration du capitalisme industriel que se développe à une échelle de masse l’exploitation commerciale de la musique noire, qu’il a fallu auparavant blanchir (le premier disque de jazz jamais gravé sur vinyle est celui d’un orchestre blanc).&nbsp;</p>



<p>Donner au jazz le statut d’art, c’est bien sûr, contre les plus radicaux des racistes, enfin reconnaitre aux esclaves africain·es américain·es le statut d’êtres humains, capables d’accéder à l’élévation que représente l’art dans la pensée bourgeoise. Mais c’est aussi, contre les musicien·nes de jazz, faire rentrer de force leurs productions dans la catégorie occidentale d’art. C’est les forcer à traduire leur musique dans les codes blancs : une musique de divertissement, principalement instrumentale (qui n’a rien à dire), coupée de ses déterminations sociopolitiques. C’est les obliger à rendre leur musique acceptable pour les blanc·hes, donc empreinte «<em> du défaut de sens qui frappe toutes les activités entreprises sous le signe de l’art pour l’art »</em><sup data-fn="4c65b653-6daf-49e3-856c-e1676e6878e3" class="fn"><a href="#4c65b653-6daf-49e3-856c-e1676e6878e3" id="4c65b653-6daf-49e3-856c-e1676e6878e3-link">10</a></sup>. Bref, c’est vouloir faire rentrer les musicien·nes noir·es à l’universel abstrait de la bourgeoisie blanche. Car comme le note les auteurs, les critiques bannissent de leurs discours toutes considérations sur la race (sociale) des musicien·nes de jazz (le fait qu’iels soient noir·es et ce qu’iels disent, à travers leur musique, mais pas seulement, de l’expérience d’être noir·e dans un système capitaliste et raciste)<em> « au nom de l’antiracisme qui sert de couverture à l’antihistoricité »</em> (p. 384). C’est donc au nom d’un antiracisme moral qu’on va s’attaquer à l’antiracisme politique développé par les Noir·es elleux-mêmes. </p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img data-dominant-color="ba895f" data-has-transparency="false" loading="lazy" decoding="async" width="598" height="834" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_Jazz_Illustr4-jpg.webp" alt="" class="wp-image-8241 not-transparent" style="--dominant-color: #ba895f; width:359px;height:auto" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_Jazz_Illustr4-jpg.webp 598w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_Jazz_Illustr4-215x300.webp 215w" sizes="auto, (max-width: 598px) 100vw, 598px" /></figure>
</div>


<p>Les critiques adressées aux free jazz&nbsp;<em>« témoignent massivement d’un système de valeurs (esthétiques entre autres) : celui de la civilisation judéo&#8211;chrétienne qui se pense comme au centre de toutes autres, référence unique et universelle, et en qui l’Art occupe une place centrale et supérieure »&nbsp;</em>(p.&nbsp;388). L’Art incarne dans le système occidental&nbsp;<em>« la pureté de l’Idée » « transhistorique, dégagée des contingences, des contradictions (synthèse, Trinité), du travail, lieu de jouissance sans entrave (fantasme du capitalisme) de la domination démiurgique/magique du monde »</em>. Ce à quoi s’attaquent les musicien·nes free c’est précisément&nbsp;<em>« ce fantasme de l’unité en Art qui ne voit pas sa détermination par l’idéologie dominante (négation de la lutte des classes) ni par la théologie »</em>.</p>



<p>Et c’est précisément là que le free jazz, en tant que réactivation de l’antagonisme qui parcourt l’histoire des musiques noires en Amérique, donc en tant que <em>« la lutte contre la simulation dans l’art »</em>, <em>« se transforme en lutte contre le mensonge des rapports sociaux.»</em><sup data-fn="16bbab89-3f6c-44ab-b8f2-29b2f5544511" class="fn"><a href="#16bbab89-3f6c-44ab-b8f2-29b2f5544511" id="16bbab89-3f6c-44ab-b8f2-29b2f5544511-link">11</a></sup> <em>« Les réactions de rejet et de haine d’une certaine critique à l’endroit du free jazz signalent qu’il constitue (dans les limites de l’importance relative du champ esthétique/culturel) un profond danger pour l’idéologie dominante et ce qu’elle a produit comme fonction de la musique (distraction, évasion, satisfaction fantasmatique) et comme fonction et place de l’art. » </em>(p. 383)</p>



<p><em>« Selon les esthétiques bourgeoises (idéalistes) la musiques et les autres arts sont réputés « autonomes », comme s’ils se faisaient ailleurs et au–dessus des rapports sociaux, hors des déterminations économiques, historiques et sociales »</em>&nbsp;(p.&nbsp;393). Or,&nbsp;<em>« dans une situation du type colonial, l’instance culturelle est directement déterminée par la politique : la culture est ou celle des colonisé·es ou celle des dominateurs »&nbsp;</em>(p.&nbsp;400). Et comme&nbsp;<em>« tout ce que l’idée occidentale d’Art censure en ses arts vit dans le free jazz (ce qui suffirait à montrer qu’il ne relève pas de cette civilisation et de cette culture mais de leurs déchets : une autre civilisation et une autre culture) »&nbsp;</em>(p.&nbsp;390) le free jazz est nécessairement révolutionnaire. Tout comme le hip hop qui se développe à base de « popopopop », mais c’est une autre histoire abordée dans<em>&nbsp;Les Cahiers n°10</em>.&nbsp;</p>



<h5 class="wp-block-heading">Thomas (Bobigny)</h5>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-dots"/>



<h6 class="wp-block-heading">NOTES</h6>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="609a9781-4d49-444f-9e62-fb05a126ce53">Le titre de cet article est un clin d&rsquo;oeil à <em>We insist ! (Max Roach’s Freedom now suit) </em>– Album de Max Roach (1960) <a href="#609a9781-4d49-444f-9e62-fb05a126ce53-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li><li id="42d060f2-411b-4330-b69d-7d1e21cd861d">Philippe Carles et Jean-Louis Comolli,<em> Free Jazz Black Power</em>, Collection Folio. La version actuellement disponible en librairie est identique à celle de 2000 (à l’exception de la couverture) et comprend donc les 2 préfaces et une discographie.  <a href="#42d060f2-411b-4330-b69d-7d1e21cd861d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2">↩︎</a></li><li id="f22bfc86-6511-4250-abaf-99eaa366bc00">The Shape of Jazz to come – Album d’Ornette Coleman (1959) <a href="#f22bfc86-6511-4250-abaf-99eaa366bc00-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3">↩︎</a></li><li id="9ec9f43b-5acb-480d-8abe-3c01e81039fe"><em>Free Jazz (A collective improvisation)</em> – Album d’Ornette Coleman (1960) <a href="#9ec9f43b-5acb-480d-8abe-3c01e81039fe-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4">↩︎</a></li><li id="fcf3017b-4912-477a-853f-2104d97eeaef">Léon Trotsky, <em>Céline et Poincaré</em>, mai 1933 :<br>https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/litterature/lt19330510.htm <a href="#fcf3017b-4912-477a-853f-2104d97eeaef-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5">↩︎</a></li><li id="a51d5e1d-fd4f-4d7e-a1bc-b8f11aa354f7"><em>Let My People Go </em>– Album de Archie Sheep (2021) <a href="#a51d5e1d-fd4f-4d7e-a1bc-b8f11aa354f7-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6">↩︎</a></li><li id="23cf6f68-ea1f-4064-83d8-5b281d85e69a">Concept forgé par WEB Dubois <a href="#23cf6f68-ea1f-4064-83d8-5b281d85e69a-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 7">↩︎</a></li><li id="f2e72c81-b073-4d22-9f46-0c53e697728a">Daniel Guérin, <em>De l’Oncle Tom aux Panthères noire</em>s, Paris, Les bons caractères, 2010 <a href="#f2e72c81-b073-4d22-9f46-0c53e697728a-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 8">↩︎</a></li><li id="be65741c-4c71-4953-9720-33597142f1ec"><em>Jazz is Dead</em>, série d’albums de Ali Shaheed Muhammad, membre du groupe Hip Hop A Tribe Called Quest et Adrian Younge, avec à chaque fois des invités.  <a href="#be65741c-4c71-4953-9720-33597142f1ec-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 9">↩︎</a></li><li id="4c65b653-6daf-49e3-856c-e1676e6878e3">Simon Reynolds, <em>Hardcore</em>, Paris, audimat éditions, 2022 <a href="#4c65b653-6daf-49e3-856c-e1676e6878e3-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 10">↩︎</a></li><li id="16bbab89-3f6c-44ab-b8f2-29b2f5544511">Léon Trotsky, <em>Céline et Poincaré</em>, mai 1933 :<br><a href="https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/litterature/lt19330510.htm">https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/litterature/lt19330510.htm</a> <a href="#16bbab89-3f6c-44ab-b8f2-29b2f5544511-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 11">↩︎</a></li></ol>

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		<title>Pour la gloire de nos vies : l’attitude de BEN !</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/petite-bibliotheque-a2c/pour-la-gloire-de-nos-vies-lattitude-de-ben/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jakubowski]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 27 Feb 2024 15:45:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Petite bibliothèque A2C]]></category>
		<category><![CDATA[Disques]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[Rap]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">On ne va pas faire dans le détail pour cette mini chronique, il faut écouter BEN&#160;plg. Pour la gloire. Les Cahiers d&#8217;A2C #11 &#8211; Janvier 2024 Depuis plusieurs années, ce rappeur prend comme paysages pour <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/petite-bibliotheque-a2c/pour-la-gloire-de-nos-vies-lattitude-de-ben/" title="Pour la gloire de nos vies : l’attitude de BEN !">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p style="font-style:normal;font-weight:600">On ne va pas faire dans le détail pour cette mini chronique, il faut écouter BEN&nbsp;plg. Pour la gloire.</p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #11 &#8211; Janvier 2024</h6>



<p class="has-drop-cap">Depuis plusieurs années, ce rappeur prend comme paysages pour ses clips les plages, les rues, les docks, les kebabs, les PMU du Nord, de Tourcoing à Lille en passant par Dunkerque. Ses textes sont des poèmes issus de la brutalité de l’exploitation, articulée à une rage d’exister et de résister, une générosité dans les images proposées, avec une patate qui donne de la fraîcheur et de la motivation dans les jours où le moral est parti en vadrouille.&nbsp;</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-large is-resized"><img data-dominant-color="3d2f22" data-has-transparency="false" loading="lazy" decoding="async" width="934" height="1245" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_Ben_Illustr1-edited.webp" alt="" class="wp-image-8255 not-transparent" style="--dominant-color: #3d2f22; width:379px;height:auto" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_Ben_Illustr1-edited.webp 934w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_Ben_Illustr1-edited-225x300.webp 225w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_Ben_Illustr1-edited-768x1024.webp 768w" sizes="auto, (max-width: 934px) 100vw, 934px" /></figure>
</div>


<p>Je me souviens de son passage à Rennes l’an dernier, où sur scène il s’enquiert de notre état de santé suite à la manifestation de l’après-midi contre la réforme des retraites. Ou encore, lorsqu’en ouverture du festival&nbsp;<em>Un singe en été</em>&nbsp;à Mayenne, il rappelle à quel point il est sain de détester Darmanin, maire de sa ville, Tourcoing. BEN plg, c’est aussi un rappeur qui pousse la réflexion sur des contradictions qu’il observe autour de lui : entre « Arrête de crier sur ta meuf », « Tramadol » sur la psychiatrie, et son titre « Ah bah ouais » où en référence à son travail dans le secteur social et à son petit frère, il tranche&nbsp;<em>« parler du handicap avec de la pitié c’est un truc de batard »</em>. Difficile de savoir quel titre est le meilleur, tant il enchaîne les pépites auditives et les images sensibles entre espoir, goût du collectif, références à sa mère, et fierté de sa classe. D’ailleurs, pour terminer sur un couplet, voici ce qu’il faut écouter en priorité : le titre « Magnifique ».</p>



<p><em>À la base, s’lever pour un SMIC, c’est une fierté</em></p>



<p><em>Dorénavant, arracher l’sol, c’est une certitude</em></p>



<p><em>J’peux plus faire demi-tour, j’me sens cerné</em></p>



<p><em>Là, c’est le prolétariat avec de l’attitude&nbsp;</em></p>



<p>RDV lors des concerts de sa tournée en cours (le 28&nbsp;mars à Rennes !). Son nouvel album sort le 26&nbsp;janvier :&nbsp;<em>Dire je t’aime</em>.</p>



<h5 class="wp-block-heading">Solen Ferrandon-Bescond (Rennes)</h5>
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		<title>Infirme, j’affirme !</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/petite-bibliotheque-a2c/infirme-jaffirme/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jakubowski]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 11 Dec 2023 07:55:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Petite bibliothèque A2C]]></category>
		<category><![CDATA[littérature des opprimés]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=8136</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">« Cette nouvelle parle de mon quotidien, celui d’une personne handicapée, kabyle vivant à Paris Nord, évoluant dans une société capacitiste et capitaliste. » Med’h Les Cahiers d&#8217;A2C #10 &#8211; NOVEMBRE 2023 Après plusieurs recueils de poèmes, <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/petite-bibliotheque-a2c/infirme-jaffirme/" title="Infirme, j’affirme !">[...]</a></div>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p style="font-style:normal;font-weight:600">« <em>Cette nouvelle parle de mon quotidien, celui d’une personne handicapée, kabyle vivant à Paris Nord, évoluant dans une société capacitiste et capitaliste.</em> » Med’h</p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #10 &#8211; NOVEMBRE 2023</h6>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-full"><img data-dominant-color="898d7f" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #898d7f;" loading="lazy" decoding="async" width="384" height="544" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN10_Infirme_Illustr1-jpg.webp" alt="" class="wp-image-8138 not-transparent" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN10_Infirme_Illustr1-jpg.webp 384w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN10_Infirme_Illustr1-212x300.webp 212w" sizes="auto, (max-width: 384px) 100vw, 384px" /></figure>
</div>


<p>Après plusieurs recueils de poèmes, Med’h, camarade d’A2C de Toulouse, sort son quatrième ouvrage <em>Infirme, j’affirme ! </em>Ne perdant aucunement la poésie de ses premiers textes, Med’h se livre, écrit, s’insurge, raconte des moments de vie. Par ses mots courts, abordables, justes et spontanés, iel décrit des lieux, des rencontres mais aussi l’amour, ses questionnements et ses révoltes. Ses indignations vis-à-vis de cette société capacitiste (et pas que !) nous invitent frontalement à nous questionner sur la réalité des conditions de vie des personnes de notre classe. Ses écrits nous rappellent l’importance de la politique et du partage, mais aussi de l’écriture, qui semble être pour ellui à la fois un moyen d’échapper et de mettre le doigt sur les injustices rencontrées au quotidien.</p>



<h6 class="wp-block-heading">Maélig (Rennes)</h6>
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		<title>« On insiste : la liberté maintenant ! » – Partie 1</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/petite-bibliotheque-a2c/on-insiste-la-liberte-maintenant-partie-1/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[A2C-WP_Aude]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 29 Oct 2023 21:02:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Petite bibliothèque A2C]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=7948</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">À partir de Free Jazz/Black Power de Philippe Carles et Jean-Louis Comolli. Cet article a pour suite « On insiste : la liberté maintenant ! » – Partie 2 Publié pour la première fois en 1971 (et réédité depuis en 1979 <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/petite-bibliotheque-a2c/on-insiste-la-liberte-maintenant-partie-1/" title="« On insiste : la liberté maintenant ! » – Partie 1">[...]</a></div>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-background" style="background-color:#e29f02">À partir de <em>Free Jazz/Black Power</em> de Philippe Carles et Jean-Louis Comolli. Cet article a pour suite <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/petite-bibliotheque-a2c/on-insiste-la-liberte-maintenant-partie-2/">« On insiste : la liberté maintenant ! » – Partie 2</a><sup data-fn="838573ed-ff9e-49ea-8e01-4a7d3662cb49" class="fn"><a href="#838573ed-ff9e-49ea-8e01-4a7d3662cb49" id="838573ed-ff9e-49ea-8e01-4a7d3662cb49-link">1</a></sup></p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img data-dominant-color="858482" data-has-transparency="false" loading="lazy" decoding="async" width="180" height="280" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/10/A2C_RevueN9_Jazz_Illustr1.jpg" alt="" class="wp-image-7954 not-transparent" style="--dominant-color: #858482; aspect-ratio:0.6428571428571429;width:157px;height:auto"/></figure>
</div>


<p style="font-style:normal;font-weight:600">Publié pour la première fois en 1971 (et réédité depuis en 1979 et en 2000 avec à chaque fois l’ajout d’une préface des auteurs), Free Jazz/Black Power de Philippe Carles et Jean-Louis Comolli<sup data-fn="bc886d39-3c62-4b5d-86ab-5b8087f2d790" class="fn"><a href="#bc886d39-3c62-4b5d-86ab-5b8087f2d790" id="bc886d39-3c62-4b5d-86ab-5b8087f2d790-link">2</a></sup> est un texte particulièrement dense, dont les phrases à rallonge, entrecoupées de parenthèses, virgules, notes de bas de pages, etc., pour cerner au plus près leur objet, semblent s’amuser à recréer la polyrythmie du sujet (apparent) du livre, les musiques africaines en Amériques. Aussi âpre à lire que le Free Jazz peut l’être à écouter, il n’en est pas moins indispensable pour quiconque s’intéresse à l’histoire des Africain·es Américain·es ou souhaite réfléchir à la place de la musique, et plus globalement de l’art, dans la société et de son (r)apport à la lutte révolutionnaire.</p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #09 &#8211; SEPTEMBRE 2023</h6>



<h2 class="wp-block-heading">Unité Noire<sup data-fn="3e18ad5d-56b6-4826-bec6-05a63e2ef893" class="fn"><a href="#3e18ad5d-56b6-4826-bec6-05a63e2ef893" id="3e18ad5d-56b6-4826-bec6-05a63e2ef893-link">3</a></sup></h2>



<p>Le livre s’inscrit dans la lignée des travaux de LeRoi Jones, et en particulier son livre de 1963, Le peuple du blues<sup data-fn="1e32379e-13f3-472d-86be-340d1bbec3a0" class="fn"><a href="#1e32379e-13f3-472d-86be-340d1bbec3a0" id="1e32379e-13f3-472d-86be-340d1bbec3a0-link">4</a></sup>, qui, le premier, entreprend de relire l’histoire du jazz à partir de son point d’aboutissement à l’époque, le free jazz. Ce faisant, il lie cette histoire à celles des luttes des Africain·es Américain·es et met ainsi en lumière le moteur des évolutions du jazz, la lutte entre la récupération et les influences européennes/blanches et l’identité et les influences africaines/noires de cette musique créée par et pour les esclaves.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-full is-resized"><img data-dominant-color="7b7b7b" data-has-transparency="false" loading="lazy" decoding="async" width="640" height="400" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/10/A2C_RevueN9_Jazz_Illustr3-jpg.webp" alt="" class="wp-image-7952 not-transparent" style="--dominant-color: #7b7b7b; aspect-ratio:1.6;width:431px;height:auto" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/10/A2C_RevueN9_Jazz_Illustr3-jpg.webp 640w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/10/A2C_RevueN9_Jazz_Illustr3-300x188.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /></figure>
</div>


<p>Nos frenchies entendent se démarquer de Jones sur un point, mais au combien crucial, la question de classe. Ainsi précisent-ils dès l’introduction, « cette contradiction entre valeurs blanches et valeurs noires à l’œuvre dans les colonisations et les résistances à ces colonisations du jazz n’est que l’un des moments de la contradiction principale entre colons et colonisé·es, exploiteurs et exploité·es : le capitalisme et ses proies. » (p.39).</p>



<p>À cette époque où Alger était « la capitale de la Révolution »<sup data-fn="42e8fbc5-a749-4269-8633-a73ba552306d" class="fn"><a href="#42e8fbc5-a749-4269-8633-a73ba552306d" id="42e8fbc5-a749-4269-8633-a73ba552306d-link">5</a></sup>, l’anticolonialisme est un marqueur des politiques révolutionnaires. Ainsi, les militant·es révolutionnaires africain·es américain·es qualifient la situation de leur peuple comme relevant du colonialisme (sur exploitation économique, racisme, enfermement dans des ghettos…). Dans une période d’important développement des luttes noires aux USA qui se cristallisent, notent les auteurs, dans le Black Panther Party, toute politique réellement de classe est nécessairement anticoloniale. Et un anticolonialisme conséquent doit prendre en compte la lutte des classes au risque, sinon, de laisser se perpétuer les mécanismes de domination, comme le prouve, hélas, le destin des pays nouvellement indépendants et le développement du néocolonialisme.</p>



<p>Lutter contre la colonisation du jazz par l’esthétique et l’idéologie occidentale implique donc de lutter contre leur relai dans le prolétariat noir, la bourgeoisie et la petite bourgeoisie noire et leur idéologie assimilationniste. « Il est remarquable que l’un des principaux problèmes auxquels sont confronté·es aujourd’hui les militant·es politiques noir·es américain·es soit celui de l’idéologie dominante dans les élites et une partie des masses noires ; qu’ils doivent lutter contre le sentiment de résignation (acceptation de leur « infériorité ») et les illusions de progrès (les choses s’arrangeront quand…) que cette idéologie, celle du capitalisme américain, inculque à ces masses. Et il est non moins remarquable que le free jazz soit apparu comme réaction à la récupération, par la même idéologie, de la musique noire » (p. 43).</p>



<p>Entre les tenants d’un nationalisme culturel (cultural nationalism) dont certain·es se proposent « d’offrir à l’Amérique sa dernière chance de régler raisonnablement ses problèmes raciaux sans s’engager dans une longue lutte de guérilla »<sup data-fn="2a1f07d5-81a0-46a5-a403-1e4d56f285cd" class="fn"><a href="#2a1f07d5-81a0-46a5-a403-1e4d56f285cd" id="2a1f07d5-81a0-46a5-a403-1e4d56f285cd-link">6</a></sup> et les révolutionnaires du Black Panther Party, ou Archie Shepp qui déclare : « notre vengeance sera noire, comme la souffrance est noire, comme Fidel est noir, comme Ho Chi Minh est noir » (cité page 55), les auteurs ont choisi.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img data-dominant-color="737373" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #737373;" loading="lazy" decoding="async" width="768" height="636" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/10/A2C_RevueN9_Jazz_Illustr2-jpg.webp" alt="" class="wp-image-7953 not-transparent" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/10/A2C_RevueN9_Jazz_Illustr2-jpg.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/10/A2C_RevueN9_Jazz_Illustr2-300x248.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 768px) 100vw, 768px" /></figure>
</div>


<p>Ils sont clairement du côté de Rap Brown, ministre de la Justice du BPP, dont ils citent des propos d’une brulante actualité : « Je prétends que les Noir·es qui ont incendié Watts et Détroit n’ont pas besoin de lire. Ces pauvres gens ont plus vécu que les intellectuels n’ont lu. Ainsi ont-ils un caractère politique à cause de ce que leur a appris l’existence. C’est l’oppression qui fait de ces pauvres gens des politiques.[…]. « L’homme » à crée un nouveau genre de Tom, le bourgeois noir. Ceux-là sont prêts à faire n’importe quoi pourvu qu’ils puissent être noirs avant tout. Des capitalistes noirs, des impérialistes noirs, n’importe quoi pourvu que ce soit noir avant tout. » (p.61)</p>



<p>La France, interdit de séjour le trompettiste Clifford Thornton, coupable d’avoir pris la trompette et la parole lors d’un spectacle de soutien au BPP à Paris en 1970, quelques mois après avoir participé au festival panafricain d’Alger. Les Panthers exilé·es en Algérie, quant à elleux, quitteront le pays s’estimant sacrifié·es sur l’autel de la raison du nouvel État indépendant en recherche de respectabilité internationale.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Cette musique est la nôtre !<sup data-fn="7e9511ab-9e25-4d37-9031-2709aeb45181" class="fn"><a href="#7e9511ab-9e25-4d37-9031-2709aeb45181" id="7e9511ab-9e25-4d37-9031-2709aeb45181-link">7</a></sup></h2>



<p>Philippe Carles et Jean-Louis Comolli vont donc s’atteler dans un premier temps à étudier les différentes formes de colonisation que subit le jazz. Car l’appropriation est loin de se limiter à être culturelle. Elle est économique : la bourgeoisie blanche contrôlant l’industrie musicale, c’est elle qui s’enrichit sur l’invention de ses ancien·es esclaves. Cela se traduit aussi par la priorité donnée aux musicien·es blanc·hes pour les enregistrements et les concerts (donc l’accès à des revenus). « Les musicien·es de couleur, dit Lucky Thompson en 1956, se rendent parfaitement compte que, depuis le début du jazz, leur musique a été exploitée de telle sorte qu’ils en retirent le minimum de profit et qu’on leur en retire même le privilège d’en avoir été les créateurs » (p.77).</p>



<p>Cette appropriation économique aura des conséquences sur les formes du jazz : « Voler aux Noir·es leur musique revient à voler les Noir·es à leur musique, à les en refouler » (p.79). En effet, l’industrialisation et la commercialisation du jazz vont avoir comme conséquence le refoulement des éléments africains les plus saillants de cette musique.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large is-resized"><img data-dominant-color="646666" data-has-transparency="false" loading="lazy" decoding="async" width="1100" height="733" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/10/A2C_RevueN9_Jazz_Illustr4-1100x733.webp" alt="" class="wp-image-7951 not-transparent" style="--dominant-color: #646666; aspect-ratio:1.500682128240109;width:520px;height:auto" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/10/A2C_RevueN9_Jazz_Illustr4-1100x733.webp 1100w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/10/A2C_RevueN9_Jazz_Illustr4-300x200.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/10/A2C_RevueN9_Jazz_Illustr4-768x512.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/10/A2C_RevueN9_Jazz_Illustr4-jpg.webp 1152w" sizes="auto, (max-width: 1100px) 100vw, 1100px" /></figure>
</div>


<p>C’est alors que rentre en jeu la critique du jazz, c’est-à-dire le discours blanc sur les musiques noires. Elle va raboter le jazz pour le faire rentrer dans la catégorie occidentale « d’art » (catégorie supposée détachée des autres aspects de la vie sociale), c’est-à-dire le couper de ses déterminations sociales et politiques. Pour ensuite s’attacher à édicter les critères de ce qu’est le « vrai » jazz. En effet, depuis l’effroi créé chez les tenants de la tradition swing par Charlie Parker et son be bop, jusqu’à ceux qui considèrent que le « vrais hip hop » est mort avec 2Pac et Biggie ou qui opposent reggae roots et dancehall<sup data-fn="ae826eea-1c6d-45be-a843-a42e5e480731" class="fn"><a href="#ae826eea-1c6d-45be-a843-a42e5e480731" id="ae826eea-1c6d-45be-a843-a42e5e480731-link">8</a></sup>, les amateur·es blanc·hes de musique ont toujours été enclins à distribuer des brevets d’authenticité aux formes établies des musiques noires pour mieux dénigrer leurs formes les plus novatrices et/ou populaires.</p>



<p>Analysant le premier roman de LF Céline, le vieux révolutionnaire Léon Trotsky écrit : « Non seulement s’usent les partis au pouvoir, mais également les écoles artistiques. Les procédés de la création s’épuisent et cessent de heurter les sentiments de l’homme : c’est le signe le plus certain que l’école est mûre pour le cimetière des possibilités taries, c’est-à-dire pour l’Académie. La création vivante ne peut aller de l’avant sans se détourner de la tradition officielle, des idées et sentiments canonisés, des images et tournures enduits de la laque de l’habitude. »<sup data-fn="7c65b00c-da6c-4158-af36-c4c75af59cb4" class="fn"><a href="#7c65b00c-da6c-4158-af36-c4c75af59cb4" id="7c65b00c-da6c-4158-af36-c4c75af59cb4-link">9</a></sup></p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-full is-resized"><img data-dominant-color="5a5855" data-has-transparency="false" loading="lazy" decoding="async" width="940" height="530" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/10/A2C_RevueN9_Jazz_Illustr5-jpg.webp" alt="" class="wp-image-7950 not-transparent" style="--dominant-color: #5a5855; aspect-ratio:1.7735849056603774;width:392px;height:auto" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/10/A2C_RevueN9_Jazz_Illustr5-jpg.webp 940w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/10/A2C_RevueN9_Jazz_Illustr5-300x169.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/10/A2C_RevueN9_Jazz_Illustr5-768x433.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/10/A2C_RevueN9_Jazz_Illustr5-678x381.webp 678w" sizes="auto, (max-width: 940px) 100vw, 940px" /></figure>
</div>


<p>Le bop étant prêt pour l’Académie, adulé par la même critique blanche qui l’avait dénigré, le free jazz allait pouvoir entrer en scène dans un contexte de montée des luttes africaines américaines. Noir et révolutionnaire, comme il se doit ! — On en parle au prochain numéro ! </p>



<h5 class="wp-block-heading">Thomas, Bobigny</h5>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-dots"/>



<h6 class="wp-block-heading">NOTES</h6>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="838573ed-ff9e-49ea-8e01-4a7d3662cb49">Le titre de cet article est un clin d&rsquo;oeil à <em>We insist ! (Max Roach’s Freedom now suit) </em>– Album de Max Roach (1960) <a href="#838573ed-ff9e-49ea-8e01-4a7d3662cb49-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li><li id="bc886d39-3c62-4b5d-86ab-5b8087f2d790">Philippe Carles et Jean-Louis Comolli, Free Jazz Black Power, Collection Folio. La version actuellement disponible en librairie est identique à celle de 2000 (à l’exception de la couverture) et comprend donc les 2 préfaces et une discographie. <a href="#bc886d39-3c62-4b5d-86ab-5b8087f2d790-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2">↩︎</a></li><li id="3e18ad5d-56b6-4826-bec6-05a63e2ef893">Black Unity – Album de Pharoah Sander (1972).)) et Conscience Universelle ((Universal Consciousness – Album d’Alice Coltrane (1971). <a href="#3e18ad5d-56b6-4826-bec6-05a63e2ef893-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3">↩︎</a></li><li id="1e32379e-13f3-472d-86be-340d1bbec3a0">LeRoi Jones, Le peuple du blues, Collection Folio. <a href="#1e32379e-13f3-472d-86be-340d1bbec3a0-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4">↩︎</a></li><li id="42e8fbc5-a749-4269-8633-a73ba552306d">Voir <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/petite-bibliotheque-a2c/dalger-a-detroit-et-de-fanon-a-bobby-seale/">la recension du livre de Elaine Mokhefti, Alger capitale de la Révolution</a> <a href="#42e8fbc5-a749-4269-8633-a73ba552306d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5">↩︎</a></li><li id="2a1f07d5-81a0-46a5-a403-1e4d56f285cd">Voir Le Black Power de Stokely Carmichael et Charles V Hamilton, publié en France par Payot en avril 1968. <a href="#2a1f07d5-81a0-46a5-a403-1e4d56f285cd-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6">↩︎</a></li><li id="7e9511ab-9e25-4d37-9031-2709aeb45181">This is our music – Album de Ornette Colman (1961) <a href="#7e9511ab-9e25-4d37-9031-2709aeb45181-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 7">↩︎</a></li><li id="ae826eea-1c6d-45be-a843-a42e5e480731">Voir <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/culture-populaire/une-histoire-politique-des-sound-systems/">Une histoire politique du Sound System </a> <a href="#ae826eea-1c6d-45be-a843-a42e5e480731-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 8">↩︎</a></li><li id="7c65b00c-da6c-4158-af36-c4c75af59cb4">Léon Trosky, Céline et Poincaré, mai 1933 : <a href="https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/litterature/lt19330510.htm">https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/litterature/lt19330510.htm</a> <a href="#7c65b00c-da6c-4158-af36-c4c75af59cb4-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 9">↩︎</a></li></ol><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/petite-bibliotheque-a2c/on-insiste-la-liberte-maintenant-partie-1/">« On insiste : la liberté maintenant ! » – Partie 1</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Culture #09</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/petite-bibliotheque-a2c/culture-09/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jakubowski]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 28 Oct 2023 22:39:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Petite bibliothèque A2C]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Disques]]></category>
		<category><![CDATA[Livre]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=8035</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Les Cahiers d&#8217;A2C #09 &#8211; Septembre 2023 Littérature Septembre rouge, Olivier Besancenot Michael Lowy, Textuel, 2023 Dans un format hybride entre livre d’histoire et roman, cette fiction documentaire revient sur le coup d’État de Pinochet <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/petite-bibliotheque-a2c/culture-09/" title="Culture #09">[...]</a></div>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/petite-bibliotheque-a2c/culture-09/">Culture #09</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #09 &#8211; Septembre 2023</h6>



<h2 class="wp-block-heading">Littérature</h2>



<h3 class="wp-block-heading">Septembre rouge, Olivier Besancenot Michael Lowy, Textuel, 2023</h3>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-medium"><img data-dominant-color="eb5f54" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #eb5f54;" loading="lazy" decoding="async" width="197" height="300" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN9_Culture_Illustr1-197x300.webp" alt="" class="wp-image-8037 not-transparent" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN9_Culture_Illustr1-197x300.webp 197w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN9_Culture_Illustr1-jpg.webp 553w" sizes="auto, (max-width: 197px) 100vw, 197px" /></figure>
</div>


<p>Dans un format hybride entre livre d’histoire et roman, cette fiction documentaire revient sur le coup d’État de Pinochet du 11&nbsp;septembre 1973. Je ne reviendrai pas ici sur l’analyse de cet événement. Dani de Toulouse y revient plus longuement dans son article. Durant toute la lecture, et aujourd’hui encore, je m’interroge sur une petite phrase de la préface.</p>



<p>En effet les auteurs affirment « Nous n’avons aucune prétention et aucune envie de tirer “les leçons de l’histoire” à la place des révolutionnaires chiliens eux-mêmes ». Cette phrase peut paraître anodine mais me pose plusieurs questions : pourquoi écrire un livre sur cet événement historique si ce n’est pour en tirer des leçons pour ici et maintenant ? Pourquoi en tant que militant·es révolutionnaire ne pourrions nous pas apprendre de cette expérience riche ? Pourquoi traiterions-nous cette histoire de manière différente que celle de la Révolution russe, allemande ou de la Commune de Paris sur lesquelles nous revenons abondamment, tant pour apprendre des expériences passées que pour ne pas répéter les mêmes erreurs à l’infini ? Apprendre de nos prédécesseurs pour changer le monde, me semble indispensable.&nbsp;</p>



<p>Avec Allende, réformiste radical sincère, nous devons apprendre et comprendre les impasses dans lesquelles nous mènent ces politiques, d’autant plus lorsque l’on voit partout dans le monde apparaître des alternatives radicales mais réformistes, cela doit être un devoir des révolutionnaires de comprendre pour mieux voir les limites de ces courants. Comprendre aussi comment travailler en commun, discuter stratégie avec ces militant·es qui veulent changer le monde.&nbsp;</p>



<p>Lire Septembre rouge nous en apprend beaucoup sur cette journée du 11&nbsp;septembre et sur comment on en est arrivé là du point de vue de la bourgeoisie chilienne et américaine, mais on est frustré de ne voir s’esquisser aucun bilan de la politique d’Allende qui emmena toute la classe ouvrière chilienne dans sa chute.&nbsp;</p>



<h5 class="wp-block-heading">Sana, Paris 18<sup>e</sup></h5>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-dots"/>



<h2 class="wp-block-heading">Disques</h2>



<h3 class="wp-block-heading">Comment rester propre ?, La&nbsp;Rumeur, 2023</h3>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-thumbnail is-resized"><img data-dominant-color="473737" data-has-transparency="false" loading="lazy" decoding="async" width="150" height="150" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN9_Culture_Illustr2-150x150.webp" alt="" class="wp-image-8038 not-transparent" style="--dominant-color: #473737; width:210px" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN9_Culture_Illustr2-150x150.webp 150w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN9_Culture_Illustr2-300x300.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN9_Culture_Illustr2.jpg 340w" sizes="auto, (max-width: 150px) 100vw, 150px" /></figure>
</div>


<p>La Rumeur, groupe phare des années 2000, ayant gagné les procès intentés par le ministre de l’Intérieur de l’époque, un certain Nicolas Sarkozy, balance&nbsp;10 titres (plus un remix et un bonus track sur les plateformes) dans leur très bon cinquième album, Comment rester propre ? (2023). Des textes sombres sur une musique poisseuse, saturée, nébuleuse. Les darons du rap hexagonal ne font pas semblant d’avoir 20 piges mais garde du cœur à l’outrage pour nous pondre un album d’une noirceur lumineuse.&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading">Hoba, Lasty, 2023</h3>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img data-dominant-color="1c1835" data-has-transparency="false" loading="lazy" decoding="async" width="716" height="716" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/31WoGwi2MeL._UX716_FMwebp_QL85_.jpg.webp" alt="" class="wp-image-8043 not-transparent" style="--dominant-color: #1c1835; width:210px" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/31WoGwi2MeL._UX716_FMwebp_QL85_.jpg.webp 716w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/31WoGwi2MeL._UX716_FMwebp_QL85_.jpg-300x300.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/31WoGwi2MeL._UX716_FMwebp_QL85_.jpg-150x150.webp 150w" sizes="auto, (max-width: 716px) 100vw, 716px" /></figure>
</div>


<p>Lui aussi ne fait pas semblant d’avoir 20 piges, il les a vraiment. Le jeune rappeur Lasty balance en direct de l’île de la Réunion un solide premier EP (disponible entre autre sur Spotify et youtube) intitulé Hoba. Un flow qui colle parfaitement aux prods bien ficelées, des textes désenchantés à souhait… Bref 6&nbsp;titres synthétiques et cohérents, bien dans l’air du temps. Un début prometteur, en espérant pouvoir le voir bientôt sur les scènes hexagonales (et peut-être en interview dans un prochain numéro de votre revue préférée !)</p>



<h3 class="wp-block-heading">Back to my Roots, Nagaï et Dub my Roots, Roberto Sanchez, (Kaboum Music) 2023</h3>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-thumbnail is-resized"><img data-dominant-color="28211a" data-has-transparency="false" loading="lazy" decoding="async" width="150" height="150" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN9_Culture_Illustr3-150x150.webp" alt="" class="wp-image-8039 not-transparent" style="--dominant-color: #28211a; width:210px" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN9_Culture_Illustr3-150x150.webp 150w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN9_Culture_Illustr3-300x300.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN9_Culture_Illustr3-jpg.webp 474w" sizes="auto, (max-width: 150px) 100vw, 150px" /></figure>
</div>


<p>Une bien belle réussite pour la première sortie du label Kaboum Music, monté par le producteur Baptiste Dédjah, toujours sur l’île de la Réunion. La belle voix de la chanteuse Nagaï, connue sur l’île pour, entre autres, avoir fait les chœurs pour des groupes de Maloya ou de Reggae (Saodaj’, Roots Messengers, Bigtree…), pose son « Back to my Roots » sur un superbe riddim reggae bien roots. Le sorcier du son Roberto Sanchez, le Lee Perry espagnol, mixe 3 versions Dub, dont une qui met en avant les percussions Kette. On attend la suite des productions de ce label qui affiche la volonté de mettre en avant le reggae féminin de l’île avec une impatience non feinte !&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading">Weh dem a go do (Sky Things) et Chant Them Down (Salomon Heritage), Peter Youthman, 2023</h3>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-large is-resized"><img data-dominant-color="da9753" data-has-transparency="false" loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="1024" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN9_Culture_Illustr4-1024x1024.webp" alt="" class="wp-image-8040 not-transparent" style="--dominant-color: #da9753; width:210px" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN9_Culture_Illustr4-1024x1024.webp 1024w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN9_Culture_Illustr4-300x300.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN9_Culture_Illustr4-150x150.webp 150w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN9_Culture_Illustr4-768x768.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN9_Culture_Illustr4-jpeg.webp 1200w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>
</div>


<p>DeeJay ayant fait ses armes sur les sound systems de Paname (me reviennent en tête les souvenirs d’une époque où l’on entendait sur des sonos comme Roots Fe Disco ou Fondation HiFi au bar « l’Époque » à Stalingrad au milieu des années 2000 !), Peter Youthman sort coup sur coup 2 singles des plus intéressants ! Dans un style de plus en plus chantant, qui se rapproche du Watterhouse stylé jamaïquain popularisé dans les années 1980, au détriment du toast de ses débuts, le jeune artiste pose des textes combatifs en patwah yardie (Chant Dem down, Weh dem a go do) sur des riddims digi-roots de 2 labels français : Salomon Heritage (liée au Sound montpelliérain du même nom) et Sky Ting (dont c’est la deuxième sortie après un très bon single de Beniam Willing, No one can fool I&amp;I, sorti l’année dernière).&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading">Face au Mur, Tchernobyl / Purgatoire, Fracture / Claimed Choice, (UVPR) 2023</h3>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-full is-resized"><img data-dominant-color="47400b" data-has-transparency="false" loading="lazy" decoding="async" width="700" height="700" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN9_Culture_Illustr5-jpg.webp" alt="" class="wp-image-8041 not-transparent" style="--dominant-color: #47400b; width:210px" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN9_Culture_Illustr5-jpg.webp 700w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN9_Culture_Illustr5-300x300.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN9_Culture_Illustr5-150x150.webp 150w" sizes="auto, (max-width: 700px) 100vw, 700px" /></figure>
</div>


<p>Toujours du côté de Paris, mais on a troqué la ganjah contre le speed et les 8.6 : Tchernobyl et Fracture balance chacun un single 3 titres chez UVPR. Oï ! bien rentre dedans pour les premièr·es avec Face au mur. Des textes et de la musique taillés pour les neuskis dont un titre contre le paternalisme dans le milieu ; plutôt bien senti ! Punk bien vénèr au chant féminin pour le Purgatoire des 3 de Fracture. Des textes qui parlent « d’angoisse nocturnes », de « leur faire payer la fin de l’impunité » ou des « imposteurs, victimes de leurs contradictions qui passent leur temps à se justifier » pour un EP bien réussi. Le label nantais balance aussi 2 titres des Lyonnais de Claimed Choice sur un 45 tours éponyme au design minimaliste qui donne le ton :&nbsp;de la bonne grosse Oï ! qui tabasse !</p>



<h3 class="wp-block-heading">Singles &amp; Rarities, The 4 Skins, Dirty Punk Records, 2023</h3>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img data-dominant-color="8e6c70" data-has-transparency="false" loading="lazy" decoding="async" width="595" height="595" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN9_Culture_Illustr8-jpg.webp" alt="" class="wp-image-8042 not-transparent" style="--dominant-color: #8e6c70; width:210px" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN9_Culture_Illustr8-jpg.webp 595w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN9_Culture_Illustr8-300x300.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN9_Culture_Illustr8-150x150.webp 150w" sizes="auto, (max-width: 595px) 100vw, 595px" /></figure>
</div>


<p>Sinon, les sales punks de Dirty Punk Records, après une première compilation consacrée aux Punk Singles des mythiques The Exploited, sortent un deuxième volume de cette série, cette fois-ci consacré au Singles &amp; Rarities des légendaires 4 Skins. On y entend ce qui doit être la première mise en musique du fameux « ACAB » datant de 1980, il y a plus de 40 ans. On y retrouve aussi le jouissif « Chaos » ou le terrible « One law for Them ». Un concentré de Rock’n’Roll de classe !&nbsp;</p>



<h5 class="wp-block-heading">Thomas, Bobigny</h5>
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		<item>
		<title>Culture #08</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/petite-bibliotheque-a2c/culture-08/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jakubowski]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 26 Jun 2023 15:28:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Petite bibliothèque A2C]]></category>
		<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Les Cahiers d&#8217;A2C #08 &#8211; Mai 2023 Films Avec le sang des autres, un film de Bruno Muel, Groupe Medvedkine de Sochaux, 1974 Bruno Muel filme les ouvrier·es de l’usine à la chaîne Peugeot à <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/petite-bibliotheque-a2c/culture-08/" title="Culture #08">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #08 &#8211; Mai 2023</h6>



<h2 class="wp-block-heading" style="text-transform:uppercase">Films</h2>



<h3 class="wp-block-heading"><em><strong>Avec le sang des autres</strong></em>, un film de Bruno Muel, Groupe Medvedkine de Sochaux, 1974</h3>



<p>Bruno Muel filme les ouvrier·es de l’usine à la chaîne Peugeot à Sochaux, dans l’est de la France, dans les années 1970. Il les filme travailler dans l’environnement hostile et assourdissant des machines où ils et elles évoluent sans protections, et dont la manipulation laisse des marques irrémédiables sur leurs corps : l’un explique qu’il ne peut plus se servir de ses mains, qu’il ne peut faire ce qu’il aime lorsqu’il rentre chez lui, l’autre qu’elle respire des vapeurs de peinture toute la journée.&nbsp;</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-large is-resized"><img data-dominant-color="39413b" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #39413b;" loading="lazy" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/06/A2C_RevueN8_Culture_Illustr2-730x1024.webp" alt="" class="wp-image-7715 not-transparent" width="277" height="387" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/06/A2C_RevueN8_Culture_Illustr2-214x300.webp 214w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/06/A2C_RevueN8_Culture_Illustr2-768x1077.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/06/A2C_RevueN8_Culture_Illustr2-jpg.webp 913w" sizes="auto, (max-width: 277px) 100vw, 277px" /></figure>
</div>


<p>Les ouvrier·es, face à la caméra, montrent que Peugeot contrôle toute leur vie, depuis des générations, dressant un tableau effrayant de leur enfermement par l’entreprise : leurs maisons ont été construites par Peugeot pour ne pas qu’ils partent, ils et elles prennent les cars Peugeot pour aller à l’usine le matin, et ainsi de suite, Peugeot du lever au coucher. Cette famille qui détruit leurs rêves et leurs corps, elle, s’enrichit. Un ouvrier filmé devant le château de Robert Peugeot, fondateur de l’industrie, dresse la liste de leurs exploiteurs : « Robert Peugeot c’est le grand-père à Roland Peugeot qui est le Président-directeur général actuel de la société des automobiles Peugeot, c’était le père d’Eugène Peugeot, le Président-directeur général des Cycles, (…) c’est le grand-père de François Peugeot qui a été député du Doubs de 1936 à 1945 », exposant l’entre-soi dynastique bourgeois dont les ouvrier·es sont les victimes.&nbsp;</p>



<p>Interrogées, les femmes mettent en lumière leurs conditions de travail chez Peugeot puis chez elles, comme une piqûre de rappel de l’importance de la grève féministe. Les ouvrier·es qui s’organisent dans des syndicats et par la grève et sont durement réprimé·es expliquent comment la société Peugeot tente de casser la révolte en mobilisant des logiques racistes : la bourgeoisie, de tout temps, ne veut pas que notre classe s’unisse. Mais elle le fait : les chants des ouvrier·es résonnent à la fin du film, lorsqu’ils et elles se retrouvent toustes pour partager un repas et organiser leur émancipation collective du travail capitaliste.&nbsp;</p>



<p>Sans apporter explicitement de grande théorie révolutionnaire, le film montre simplement et très sensiblement, par la description des vies des ouvrier·es dont les ficelles sont entre les mains de la famille Peugeot depuis des générations, que l’unité de notre classe est nécessaire et salvatrice, et rappelle que nous sommes les héritier·es d’une histoire de lutte que nous pouvons être fier·es de faire perdurer.&nbsp;</p>



<p>Le film, qui dure une cinquantaine de minutes, est disponible sur Youtube et Vimeo.&nbsp;</p>



<h6 class="wp-block-heading">Ju Lhullier-Le Moal, Rennes</h6>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><em>La Flaca Alejandra</em></strong>, un film de Carmen Castillo et Guy Girard, 1994</h3>



<p>Carmen Castillo est une cinéaste et autrice née au Chili en 1945 et exilée en Angleterre puis en France depuis 1974, sous la dictature de Pinochet. En 1974, plusieurs militant·es du MIR (Mouvement de la gauche révolutionnaire, principal organe de lutte contre la dictature chilienne), dont Carmen Castillo fait partie, sont assailli·es par les militaires de Pinochet dans la maison où ils et elles vivaient clandestinement rue Santa Fe à Santiago (qui donnera son nom à un autre documentaire de Carmen Castillo). Les militant·es sont soit assassiné·es, soit emprisonné·es, soient, comme Carmen Castillo, sauvé·es par la solidarité internationale et exilé·es. Depuis son exil, Carmen Castillo ne perd pas de vue ses camarades toujours prisonnier·es de la dictature et n’aura de cesse de raconter leur histoire et de les défendre à travers ses films et ses écrits, qui sont des témoignages précieux pour comprendre la lutte du MIR sous la dictature.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img data-dominant-color="474242" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #474242;" loading="lazy" decoding="async" width="300" height="415" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/06/A2C_RevueN8_Culture_Illustr1-jpg.webp" alt="" class="wp-image-7716 not-transparent" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/06/A2C_RevueN8_Culture_Illustr1-jpg.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/06/A2C_RevueN8_Culture_Illustr1-217x300.webp 217w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></figure>
</div>


<p>La Flaca Alejandra est le film d’une longue discussion entre Carmen Castillo et Marcia Merino, ancienne militante et dirigeante du MIR, arrêtée en 1974 par la milice de Pinochet et, sous l’effet de la torture et de l’isolement, devenue principale dénonciatrice de ses ancien·nes camarades pendant les 18&nbsp;ans que dureront sa captivité. Les deux femmes se retrouvent au Chili sous la caméra très juste de Guy Girard, après la fin de la dictature. Leur renommée les précède : Carmen Castillo, victime de la dictature, dont les ami·es et partenaire ont été tué·es par le régime meurtrier, dont l’enfant est décédé des suites des violences subies pendant l’attaque de la maison rue Santa Fe, et Marcia Merino, dont le surnom « la flaca Alejandra » a résonné pendant les 16&nbsp;ans de sa collaboration comme une menace de mort pour les militant·es du MIR, dont la tête est mise à prix par certain·es, dont la trahison semble impardonnable. Chargées de ce lourd passé, elles conversent calmement en revenant sur les lieux qui ont marqué leur histoire : les bâtiments de la police de Pinochet où la Flaca a été torturée, emprisonnée, interrogée, les rues où elle passait dans une voiture conduite par des militaires pour dénoncer des militant·es qui semblaient toujours être là par hasard, la maison de la rue Santa Fe… Elles démêlent le passé, et parlent avec une grande sensibilité du pardon, de la culpabilité, des raisons qui font que certain·es trahissent et d’autres pas, du chemin qu’elles ont dû faire pour continuer à vivre malgré tout, de la reconstruction après la dictature. Petit à petit, les langues se délient. On comprend les deux femmes et leurs ancien·nes camarades et elles font résonner en nous de grands espaces. Marcia Merino, de délatrice de ses ancien·nes camarades, devient celle de ses tortionnaires : ensemble, elles tentent de trouver justice, et nous montrent qu’elle est difficile à obtenir dans le Chili post-dictature où les anciens tortionnaires vivent en toute impunité et ont conservé leur place dans l’appareil étatique. Le film, en offrant une plongée dans les têtes des militantes du MIR, apporte une perspective singulière de la vie sous la dictature chilienne et de ce que peux être la vie d’un·e militant·e révolutionnaire. Il est très émouvant et instructif, on en sort enrichi·e de toutes les manières possibles.</p>



<p>Le film dure une heure et est disponible sur Youtube et Vimeo.</p>



<h6 class="wp-block-heading">Ju Lhullier-Le Moal, Rennes</h6>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-dots"/>



<h2 class="wp-block-heading">MUSIQUE</h2>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><em>Freed From Desire</em></strong>, de tube eurodance crypto lesbien à hymne du mouvement : destin politique d’une chanson</h3>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-full is-resized"><img data-dominant-color="cebe64" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #cebe64;" loading="lazy" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/06/A2C_RevueN8_Culture_Illustr3-jpg.webp" alt="" class="wp-image-7717 not-transparent" width="300" height="300" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/06/A2C_RevueN8_Culture_Illustr3-jpg.webp 600w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/06/A2C_RevueN8_Culture_Illustr3-300x300.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/06/A2C_RevueN8_Culture_Illustr3-150x150.webp 150w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></figure>
</div>


<p>Milieu des années 1990, une jeune artiste photographe, Gala Rizzatto, fille d’une militante féministe et d’un activiste de l’Autonomie italienne, exilée à New York après avoir quitté une Italie qu’elle juge « machiste et patriarcale », échange une photo contre une séance d’enregistrement. Durant cette session elle enregistre la démo d’une chanson intitulée à l’époque Everyone Has Inside. C’est le label italien indépendant Do It Yourself Records qui fera enregistrer à Londres ce titre sous sa forme définitive et le renommera Freed From Desire.</p>



<p>Outre ses « na-na-na-na-na, na-na, na-na-na, na-na-na » caractéristiques, le texte de la chanson « parle de l’importance d’avoir des principes des valeurs et des convictions fortes, par opposition à la valeur superficielle de l’argent, du pouvoir, du succès, de la célébrité. C’est un hymne à la liberté, liberté de ne pas toujours en vouloir plus : une maison plus grande, une voiture plus rapide, un selfie sur Instagram qui en jette encore plus que les photos de nos amis… » déclarera la chanteuse en 2020 au magazine Trax.</p>



<p>Le succès est instantané et planétaire.</p>



<p>Celleux qui se l’approprient en premier pour en faire un hymne sont les communautés LGBT que soutient la chanteuse. D’autres hits suivent comme Let a Boy Cry ou Come Into Life, mais à la défaveur de contrats abusifs, la jeune femme n’a jamais pu profiter de ce qui lui était pourtant dû. Cela la poussera en 2004 à monter son propre label Matriarchy Records, qui n’embauche et ne produit que des meufs !</p>



<p>2016, en France, le mouvement contre la « Loi Travail » d’un gouvernement soi-disant socialiste (au sein duquel le ministre de l’économie est un certain E. Macron) ouvre un nouveau cycle de lutte dont le mouvement actuel est en quelque sorte la continuation (ce n’est pas pour rien, que c’est à cette époque que se cristallise le projet de ce qu’est aujourd’hui A2C). Se mettent alors en place de nouvelles pratiques de lutte (cortège de tête, banderoles renforcées, floraison de pancartes aux slogans les plus imaginatifs…) largement relayées sur les réseaux sociaux et par des médias alternatifs et/ou militants (Streetpress, Taranis news, etc.). Ces médias se spécialisent dans ce que certain·es qualifient de « Riot Porn » : des vidéos ultra léchées de manifestations et d’affrontements avec la police sur lesquelles il n’est pas rare d’entendre les « na-na-na-na-na, na-na, na-na-na, na-na-na » de Gala. En effet, les dispositifs sonores portatifs (ce qui à l’époque ne désignait pas les casseroles, mais les enceintes portables) les font résonner au cours des émeutes urbaines. La chanteuse elle-même postera sur ses réseaux sociaux une vidéo qu’elle a prise à Paris au cours du mouvement de 2019, où de jeunes manifestant·es hurlent sa chanson à la face d’une rangée de Robocops.</p>



<p>Et si depuis, des institutions masculines pour ne pas dire masculinistes comme les équipes de France de rugby ou de foot, ont essayé de nous voler notre hymne, c’est bien dans le mouvement que s’épanouit la seconde jeunesse de ce tube. Pour preuve, les nombreuses adaptations dont il fait l’objet au cours du mouvement actuel : de la version un peu molle des Rosies, à celle géniale des camarades de Nous Toutes 35 : « C’est la gréve féministe ! Patriarcat au feu, et les patrons au milieu ! » On a aussi pu l’entendre adaptée par les occupant·es du musée du Louvre « À l’Élysée on se fait insulter, à Matignon on nous prend pour des cons. Grève Générale, Tous ensemble, Tous ensemble. Grève générale Tous ensemble Tous ensemble Na-na-na-na-na, na-na, na-na-na, na-na-na ».</p>



<h6 class="wp-block-heading">Thomas Nifestant, Bobigny</h6>
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		<title>Un antiracisme par en haut ? « Beaufs et barbares » d’Houria Bouteldja</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/petite-bibliotheque-a2c/un-antiracisme-par-en-haut-beaufs-et-barbares-dhouria-bouteldja/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jakubowski]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 10 Apr 2023 05:30:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Petite bibliothèque A2C]]></category>
		<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[Livre]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Dès les premières pages, Houria Bouteldja est claire sur son analyse de la situation : Si nous ne mettons pas fin au capitalisme qui domine notre monde, alors nous nous dirigerons vers la guerre et la <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/petite-bibliotheque-a2c/un-antiracisme-par-en-haut-beaufs-et-barbares-dhouria-bouteldja/" title="Un antiracisme par en haut ? « Beaufs et barbares » d’Houria Bouteldja">[...]</a></div>
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]]></description>
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<p style="font-style:normal;font-weight:600">Dès les premières pages, Houria Bouteldja est claire sur son analyse de la situation : Si nous ne mettons pas fin au capitalisme qui domine notre monde, alors nous nous dirigerons vers la guerre et la destruction du vivant. Elle identifie une force —&nbsp;qu’elle nomme selon les passages « forces populaires », « classes populaires », « prolétariat »&nbsp;— capable d’empêcher cette trajectoire du pire, à une condition : son unité. L’autrice s’attaque dans ce livre aux conditions qui permettraient cette unité et pointe un facteur de désunion central : le racisme.&nbsp;</p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #07 &#8211; Mars 2023</h6>



<h2 class="wp-block-heading">Les origines du racisme et son évolution</h2>



<p>Pour ce faire, Houria Bouteldja revient sur les origines du racisme et détaille comment l’essor du capitalisme a produit l’expansion de l’esclavage qui le nourrissait en retour, accélérant son développement jusqu’à la création des premiers États-Nations. D’un racisme biologique qui permettait de justifier la coexistence de l’esclavage et des Lumières où « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits », à un racisme « civilisationnel » pour expliquer la colonisation, jusqu’à la hiérarchisation culturelle et ­l’islamophobie d’aujourd’hui.</p>



<p>La manière dont les « beaufs » et les « barbares » se perçoivent et interagissent n’est pas uniquement déterminée par leurs conditions matérielles, mais également par l’idéologie de la classe dominante, la bourgeoisie. Et les relais de cette idéologie disposent d’un certain degré d’autonomie vis-à-vis de l’État qui permet d’expliquer, en dehors des conditions qui l’ont produite, la persistance d’une forme de racisme développée à un moment donné de l’histoire. Le racisme des Nazis n’est ainsi pas « anachronique » comme Houria Bouteldja le dit (p.&nbsp;45), il vient plutôt illustrer cette autonomie que le modèle « d’État intégral » qu’elle a choisi ne permet pas d’appréhender.</p>



<h2 class="wp-block-heading">C’est dans l’action que les idées changent</h2>



<p>Vis-à-vis des Gilets jaunes, Houria Bouteldja pose une question simple : « on ne peut pas faire procès aux Gilets jaunes d’avoir exprimé ouvertement un sentiment raciste ou franchement partisan des idées d’extrême droite. On peut se demander pourquoi n’ont-ils pas ouvert plus les vannes de cette spontanéité chauvine ? Pourquoi cette retenue ? » Selon elle, c’est un “savoir intime” qui leur aurait permis de reconnaître leur véritable ennemi de classe et de se prémunir de la division raciste.</p>



<p>Cette réponse ne résiste pas à l’analyse des faits : les fascistes ont tenté de s’engager dans le mouvement, des électeur·rices du RN y ont participé et, sans être dominants, des préjugés racistes et nationalistes s’y sont exprimés.&nbsp;</p>



<p>Il ne s’agit donc ni de “retenue”, ni de “savoir intime”, mais de luttes politiques —&nbsp;parfois physiques et violentes&nbsp;— contre le développement des idées racistes et l’implantation des fascistes dans le mouvement qui ont été menées et gagnées plus ou moins rapidement dans les différentes villes.</p>



<p>Les idées dominantes sont les idées de la classe dominante. Si ces idées sont acceptées par la classe ouvrière, c’est parce qu’elles apparaissent cohérentes avec la situation de mise en concurrence permanente dans laquelle la bourgeoisie la met. C’est lorsqu’on se retrouve à agir collectivement que des possibilités s’ouvrent pour développer de nouvelles idées de coopération et de solidarité —&nbsp;à condition que le combat soit mené !</p>



<h2 class="wp-block-heading">Antiracisme par en haut</h2>



<p>Houria Bouteldja développe la nécessité d’un antiracisme politique qui reconnaît que les ouvrier·es blanc·hes ont aussi un intérêt matériel et donc politique à se battre contre le racisme. Sans cet intérêt matériel, alors l’engagement ne peut être que moral.</p>



<p>Mais son erreur, c’est qu’elle développe un anti­racisme par en haut : plutôt que de mener le combat contre le racisme au sein de la classe, elle contourne le problème et propose de construire l’unité par un « frexit décolonial » (p.&nbsp;234) comme horizon politique qui permettrait de rassembler « beaufs » et « barbares » et « cela implique de défendre des politique de nature économique (la nationalisation de secteurs stratégiques de l’économie par exemple), sociale, législative et culturelle (la réhabilitation des langues et cultures régionales) ». La condition de l’unité de notre classe, ce n’est plus de faire reculer le racisme et, plutôt que de faire de la politique, Houria Bouteldja développe un programme électoral.</p>



<h6 class="wp-block-heading">Mathieu Pastor, Paris 20<sup>e</sup></h6>
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			</item>
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		<title>Culture #07</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/petite-bibliotheque-a2c/culture-07/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jakubowski]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 10 Apr 2023 05:26:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Petite bibliothèque A2C]]></category>
		<category><![CDATA[Disques]]></category>
		<category><![CDATA[Livre]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Les Cahiers d&#8217;A2C #07 &#8211; Mars 2023 À lire ! Princesa, Fernanda Farias de Albuquerque et&#160;Maurizio Iannelli, éditions&#160;Héliotropismes&#160; Une histoire d’alternance entre l’enfermement et la fuite à la recherche de liberté. L’enfermement dans un monde qui <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/petite-bibliotheque-a2c/culture-07/" title="Culture #07">[...]</a></div>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #07 &#8211; Mars 2023</h6>



<h2 class="wp-block-heading">À lire !</h2>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-large is-resized"><img data-dominant-color="777777" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #777777;" loading="lazy" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/04/A2C_RevueN7_Culture_Illustr1-724x1024.jpg" alt="" class="wp-image-7175 not-transparent" width="233" height="330"/><figcaption class="wp-element-caption"> </figcaption></figure>
</div>


<h3 class="wp-block-heading"><em>Princesa</em>, Fernanda Farias de Albuquerque et&nbsp;Maurizio Iannelli, éditions&nbsp;Héliotropismes&nbsp;</h3>



<p>Une histoire d’alternance entre l’enfermement et la fuite à la recherche de liberté. L’enfermement dans un monde qui ne cesse pas de montrer sa violence et d’imposer ses règles et ses limites. La liberté de se retrouver soi-même et de pouvoir être soi-même. On accompagne Fernanda Farias de Albuquerque, dès son enfance à la campagne nordestine brésilienne, son départ pour les grandes villes du sud-est et ensuite son départ pour l’Europe. Fernanda est une femme trans, travailleuse du sexe, migrante. Le contexte, ce sont les années 1980, au Brésil et en Europe. Son histoire est celle de milliers des brésilien·nes à la recherche d’une nouvelle vie au-delà des frontières. Les frontières imposées par les limites sociétaires, les préjugés, et la pauvreté, mais aussi les frontières imposées par le genre, la violence, l’homophobie et la misogynie. Les portes se ferment et les routes s’ouvrent pour cette femme courageuse et déterminée, forte et au même temps fragile. Un récit vif qui nous mets à suivre ses pas, sa manière d’interpréter le monde et de s’adapter à des nouvelles réalités.&nbsp;</p>



<p>Un livre écrit à trois mains dans une prison en Italie où Fernanda rencontre Giovanni Tamponi, un berger sarde qui lui propose l’écriture comme forme de raconter son histoire et de survivre à la dureté de l’enfermement, et Maurizio Ianneli, un ancien brigadiste rouge emprisonné à vie. En échangeant des lettres entre eux, dans un mélange de trois langues, le portugais, l’italien et le sarde, Fernanda raconte son parcours qui deviendra un livre, publié pour la première fois en Italie en 1994. Un documentaire inspiré du livre a été réalisé en 1997 et une adaptation en 2001. Le travail d’illustration de l’édition française est ­particulièrement précieux.</p>



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<figure class="alignleft size-full is-resized"><img data-dominant-color="c0c0c0" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #c0c0c0;" loading="lazy" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/04/A2C_RevueN7_Culture_Illustr2.jpg" alt="" class="wp-image-7176 not-transparent" width="233" height="375"/><figcaption class="wp-element-caption"> </figcaption></figure>
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<h3 class="wp-block-heading"><em>Le travailleur de l’extrême</em>, Äke Anställning, éditions Ici-bas&nbsp;</h3>



<p>Pôle emploi, Caf, les boîtes d’intérim et les patrons avec leurs petits pouvoirs de merde. Voilà le combo qui pourrit la vie des travailleur·euses tous les jours. On accompagne l’auteur, un guitariste passionné du rock, dans sa vie de travailleur/chômeur précarisé, obligé de prendre n’importe quel sale boulot dans la ligne de production capitaliste. Il nous raconte la galère, les horaires décalés, le manque de logique et de respect de la part des responsables et surtout l’absurdité de la réalité du travail qui rend les heures complètement insupportables ! La seule issue de sortie, le sabotage. Ne pas prendre au sérieux la logique néolibéral du travail, ni les discours à côté de la plaque des petits responsables de production devient le choix conscient de notre personnage qui va te faire craquer de rire à chaque nouveau boulot. Une critique sur la perte de sens avec beaucoup d’humour. À ne pas rater !</p>



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<figure class="alignright size-full is-resized"><img data-dominant-color="7d7d7d" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #7d7d7d;" loading="lazy" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/04/A2C_RevueN7_Culture_Illustr3.jpg" alt="" class="wp-image-7177 not-transparent" width="240" height="349"/><figcaption class="wp-element-caption"> </figcaption></figure>
</div>


<h3 class="wp-block-heading"><em>Enfin libre : Grandir quand tout s’écroule</em>, Lea Ypi, éditions Seuil&nbsp;</h3>



<p>Une autobiographie politique racontée dans une première partie à partir de la perspective d’une petite fille de 6&nbsp;ans, grandissant en plein période de « la fin de l’Histoire », en Albanie. On l’accompagne dans sa vie de tous les jours avec sa famille, dans ses journées à l’école et on suit ses liens avec sa prof et ses collègues. La petite Lea est très convaincue de faire partie de la construction d’un nouveau monde et elle raconte avec enthousiasme ses activités. Elle habite avec ses deux parents et avec sa grand-mère, avec qui elle entretient des forts liens de solidarité et de confiance. Petit à petit, un des plus grands bouleversement du 20e&nbsp;siècle commence à s’entremêler à leur vies, les choses changent à grande vitesse et Lea commence à s’apercevoir qu’elle ne connaissait pas toute la vérité à propos de ses parents, ni de la situation politique de son pays.&nbsp;</p>



<p>L’Albanie à été jeté presque du jour au lendemain dans un monde libéral qui était censé en théorie, apporter plus de liberté à ses citoyen·nes. Cependant, les conséquences immédiates de ce changement brutal ont été les fermetures d’usines, le chômage, l’emmigration et la guerre civile. La narratrice, adolescente, essaie de comprendre la nouvelle réalité politique et sociale de son pays en même temps que sa vie personnelle est bouleversée par la guerre. Certains liens sont perdus pour toujours, beaucoup de choses ne seront plus jamais comme avant. Un texte passionnant qu’on a pas envie d’arrêter de lire.</p>



<h6 class="wp-block-heading">Daniela Lima, Toulouse</h6>



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<h2 class="wp-block-heading">Du bon son… interdit aux bouffons</h2>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-full is-resized"><img data-dominant-color="5d5d5d" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #5d5d5d;" loading="lazy" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/04/A2C_RevueN7_Culture_Illustr8.jpg" alt="" class="wp-image-7182 not-transparent" width="263" height="263"/><figcaption class="wp-element-caption"> </figcaption></figure>
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<p>On attaque fort avec la sortie vinyle attendue depuis un bout de temps par les reggae addicts. Deux bombes taillées pour le Sound System (et bastonnées en version Dubplate par les meilleures sonos de fRance, de Navarre et d’ailleurs) sur des productions de Likka Lion et réunies sur un maxi par Chouette Record, un label lié au Sound parisien Nayabin (allez fouiner sur leur Bandcamp, ils y ajoutent régulièrement des Digital Relases et autres Duplates). D’un côté, un vocal du chanteur américain d’origine jamaïquaine&nbsp;<strong>King Mas</strong>,&nbsp;<strong><em>Liffe caan done&nbsp;</em></strong>(disponible sur le net depuis une dizaine d’année) subi un traitement stepper des plus efficace, et le dub est à l’avenant. De l’autre,&nbsp;<strong>King Stanley</strong>&nbsp;reprend&nbsp;<strong><em>le Mary de Gregory Isaac</em></strong>, sur un tempo alangui au groove entrainant. Le chanteur anglais semble se spécialiser dans les reprises du Cool Ruler. En effet, son adaptation de l’anthem Rumours sur un riddim de Stepwizer est sortie depuis peu. Notons que peu de temps après la sortie du vinyle, Marshall Neeko à lui aussi proposé sa relecture du Life caan done. Son&nbsp;<strong><em>Bandcamp</em></strong>(à prix libre !!!) est une mine toujours mise à jour avec de nouvelles livraisons de remix sur des riddims maison ! Le Masrshall alimente aussi régulièrement une chaine Youtube consacrée au reggae des années 90’s (et early 00’s) pleine de pépites.&nbsp;</p>



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<figure class="alignleft size-full is-resized"><img data-dominant-color="848484" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #848484;" loading="lazy" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/04/A2C_RevueN7_Culture_Illustr4.jpg" alt="" class="wp-image-7178 not-transparent" width="263" height="263"/><figcaption class="wp-element-caption"> </figcaption></figure>
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<p>Peut être un peu moins attendu (dans tous les sens du terme !), la dernière sortie de&nbsp;<strong><em>Soul of Anbessa</em></strong>&nbsp;a de quoi surprendre ! Sur un riddim comme les affectionne le label suisse, du genre tu pourrais croire que ca été enregistré sur Maxfield Avenue a Kingston à la fin des 70’s, jusqu’à là, on est en terrain connu. Non la vraie surprise c’est le chant en français, et le texte… signé Baudelaire. En effet,&nbsp;<strong>Max Livio</strong>&nbsp;nous livre ici une interprétation du<em>&nbsp;Chant d’automne&nbsp;</em>de Charles. Adapter du Baudelaire en reggae et que ça sonne mieux que Gainsbarre et sa&nbsp;<em>marseillaise</em>, fallait le faire. Ils l’ont fait, et bien fait !&nbsp;</p>



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<figure class="alignright size-full is-resized"><img data-dominant-color="6a6a6a" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #6a6a6a;" loading="lazy" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/04/A2C_RevueN7_Culture_Illustr6.jpg" alt="" class="wp-image-7180 not-transparent" width="263" height="263"/><figcaption class="wp-element-caption"> </figcaption></figure>
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<p>On troque les dreads pour des crêtes et autres cranes d’œuf et on file du côté de Brest pour s’offrir une double dose de punk/oï ! bien mélodique et ultra accrocheuse.&nbsp;<strong>Syndrome 81</strong>&nbsp;profite du repressage de leur 1<sup>er</sup>&nbsp;album&nbsp;<strong><em>Prisons imaginaires</em></strong>&nbsp;(Destructure Record et Sabotage, 2022) pour en éditer une version&nbsp;<em>« Inédits, démos et prises alternatives »</em>&nbsp;(Destructure Record et Sabotage, 2023). C’est donc un presque double album que nous propose le quintet breton, et c’est du tout bon ! Des textes bien pensés sur de la musique bien balancée, des refrains qui s’incrustent dans ton crane sans que tu t’en rendes compte mais qui ne te quittent plus (du genre tu te retrouve à beugler<em>&nbsp;« et dans les rue de Brest j’ai prolongé l’ivresse »&nbsp;</em>alors que t’as jamais mis les pieds dans cette foutue ville), que demander de plus ? La suite, vite ! En attendant on peut aller jeter une oreille (voire même deux) sur l’album du slide project du bassiste du groupe, <strong><em>Prisonnier du Temps Comme un lion en cage</em></strong>&nbsp;(UVPR ?, 2022), un poil plus hardcore et brut.</p>



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<figure class="alignleft size-full is-resized"><img data-dominant-color="161616" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #161616;" loading="lazy" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/04/A2C_RevueN7_Culture_Illustr7.jpg" alt="" class="wp-image-7181 not-transparent" width="256" height="256"/><figcaption class="wp-element-caption"> </figcaption></figure>
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<p>Toujours gris et froid, mais plus à l’est, c’est de Nancy que&nbsp;<strong>Rancœur</strong>&nbsp;envoie les 11&nbsp;titres de leur premier album éponyme (Kanal hysterik &amp; co, 2022). Dans un style qu’ils qualifient de « cold oï ! » aux paroles remplies de rage, aux cœurs entêtants et aux refrains puissants, ils multiplient les clins d’œil aux mythiques Camera Silens (le meilleur et le plus authentique groupe de Punk/Oï ! hexagonal de tous les temps, mais c’est un autre débat…). Et puis si tu chope le vinyle t’aura le droit à une superbe pochette dépliante (la version en rouge et noire claque tout, évidemment), alors hésite pas plus longtemps… surtout que « les traites seront laisser face à leur conscience » !</p>



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<figure class="alignright size-full is-resized"><img data-dominant-color="8b8b8b" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #8b8b8b;" loading="lazy" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/04/A2C_RevueN7_Culture_Illustr5.jpg" alt="" class="wp-image-7179 not-transparent" width="176" height="176"/><figcaption class="wp-element-caption"> </figcaption></figure>
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<p class="has-text-align-left">Dans le genre groupes sous influences bordelaises, on passe direct aux basques de&nbsp;<strong>Blessure</strong>&nbsp;qui balance depuis Bilbo une K7 4 titres de très belle facture. Sur une musique très Camera-esque (et bien exécutée), le chant féminin en français avec l’accent euskara apporte fraicheur et originalité. On espère un album avec une bonne production pour bientôt. Et comme ça déchire sur scène, courrez les voir si l’occasion se présente !</p>



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<h6 class="wp-block-heading">Thomas Racasse, Bobigny</h6>



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<h2 class="wp-block-heading">À découvrir</h2>



<h3 class="wp-block-heading">La bande originale du mouvement :<em>&nbsp;les Vulves Assassines</em>&nbsp;en tournée et en manif</h3>



<p>Évidemment, on a pu entendre le doux bruit du slogan du mouvement de 2010&nbsp;<em>« la retraite, à 60 ans, on s’est battus pour la gagner, on se battra pour la garder »</em>&nbsp;en introduction de leur titre phare craché par les sono de plusieurs cortèges depuis janvier. C’est sur cette musique qu’on a pu traverser avec le cortège féminisme le nuage lacrymogène lors de la manifestation du 11&nbsp;février, tant elle nous motivait à avancer malgré les détonations et la crainte d’une partie du cortège. Cette chanson, intitulée&nbsp;<em>La retraite</em>, issue de leur second album&nbsp;<em>Das Kapital</em>, est donc sortie en 2022. Leurs deux premiers albums abordent les sujets de manière très directe, comme d’autres groupes de rap, de punk, ou de mélange inter-styles qui, ces dernières années, n’ont plus le temps de faire dans l’abstraction ou les figures de style. Ça parle d’écologie politique, de Pierre Gattaz, de lutte de classes, du chômage, du fétichisme pour le bien-être hors-sol, de pression à la beauté, des violences sexuelles… Leur album fait référence à plusieurs reprises à Marx, et les trois musiciennes parisiennes affirment d’elles-mêmes de faire de la politique sous forme de musique, car elles ne savaient pas vraiment faire de musique à la base (enfin si quand même un peu !). C’était même pas vraiment l’idée. L’objectif étant de faire entendre des discours féministes (et) marxistes par un public plus large que celui qui prend le temps de lire les tracts. C’est chose faite : elles jouent dans moult endroits, et notamment plusieurs petites villes dans les prochaines semaines. Depuis le lancement du groupe en 2013,&nbsp;<em>les Vulves Assassines</em>ont bien évolué, mais aujourd’hui, elles font salle comble à la Maroquinerie et veulent donner de la joie pour gagner.&nbsp;</p>



<p>Conseil de visite : le site vulvesassassines.fr sur lequel on rigole beaucoup, avec des citations de féministes et de révolutionnaires.</p>



<p>Conseil d’écoute : le titre&nbsp;<em>Das Kapital&nbsp;</em>pour se motiver tout en réécoutant des citations du Livre 1 du&nbsp;<em>Capital</em>.</p>



<p>Conseil de lecture : leur interview sur le site Muzzart.fr&nbsp;</p>



<h6 class="wp-block-heading">Solen Ferrandon-Bescond, Rennes</h6>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img data-dominant-color="5f5f5f" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #5f5f5f;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/04/A2C_RevueN7_Culture_Illustr9.jpg" alt="" class="wp-image-7183 not-transparent"/></figure>
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			</item>
		<item>
		<title>Culture #06</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/petite-bibliotheque-a2c/culture-06/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jakubowski]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 27 Feb 2023 06:30:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Petite bibliothèque A2C]]></category>
		<category><![CDATA[Concert]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Disques]]></category>
		<category><![CDATA[Fanzines]]></category>
		<category><![CDATA[Livre]]></category>
		<category><![CDATA[Série]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Les Cahiers d&#8217;A2C #06 &#8211; JANVIER 2023 SÉRIE Ridley Road :&#160;La lutte contre le fascisme continue Ridley Road&#160;est une série télé anglaise de 4&#160;épisodes (chacun dure 1&#160;heure) produite par la BBC en 2021. L’histoire relate les <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/petite-bibliotheque-a2c/culture-06/" title="Culture #06">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #06 &#8211; JANVIER 2023</h6>



<h2 class="wp-block-heading">SÉRIE</h2>



<h3 class="wp-block-heading"><em>Ridley Road :&nbsp;</em><strong>La lutte contre le fascisme continue</strong></h3>



<figure class="wp-block-image size-full"><img data-dominant-color="464441" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #464441;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/02/A2C_RevueN6_Culture_Illustr_Serie.jpg" alt="" class="wp-image-7012 not-transparent"/><figcaption class="wp-element-caption"> </figcaption></figure>



<p><em>Ridley Road</em>&nbsp;est une série télé anglaise de 4&nbsp;épisodes (chacun dure 1&nbsp;heure) produite par la BBC en 2021. L’histoire relate les actions de juives et juifs antifascistes qui s’opposent à la montée d’un parti fasciste en Angleterre dans les années 60 et s’inspire de faits réels : le leader fasciste Colin Jordan a existé et les antifascistes prennent pour modèles les militant·es et les actions du 62&nbsp;Group.</p>



<p>Une citation de l’épisode&nbsp;2 résume très bien le message que fait passer la série tout au long de sa narration :&nbsp;<em>« Ça n’a pas d’importance que tu ne sois pas raciste ou pas fasciste. Ce qui compte c’est si tu es antiraciste ou antifasciste. Un·e antifasciste se bat. Un·e antifasciste agit. »</em></p>



<p>Quant à la fin, la série se termine sur ces mots :<em>&nbsp;« La lutte contre le fascisme continue »</em>.</p>



<h6 class="wp-block-heading">Mathieu Pastor, Paris 20<sup>e</sup></h6>



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<div style="height:21px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<h2 class="wp-block-heading">ESSAIS</h2>



<h3 class="wp-block-heading"><em>De chair et de fer : vivre et lutter dans une société validiste,&nbsp;</em><strong>Charlotte Puiseux, 2022, éditions La Découverte</strong></h3>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img data-dominant-color="ebe6e9" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #ebe6e9;" loading="lazy" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/02/A2C_RevueN6_Culture_Illustr_Essais1-1.jpg" alt="" class="wp-image-7014 not-transparent" width="219" height="319"/></figure>
</div>


<p>Charlotte Puiseux politise l’intime en liant son expérience à une histoire collective pour dénoncer le système d’oppression subi par les personnes handi-x-es. Féministe queer et crip, elle redonne au handicap sa véritable définition politique : il n’est qu’une construction sociale.</p>



<p>Avec une analyse anticapitaliste du handicap, elle raconte comment être handicapé·x·e c’est être confronté·x·e à l’infantilisation tout au long de sa vie, à la charité et à l’inspiration porn (à travers le Téléthon notamment) mais aussi à subir la surmédicalisation et l’enfermement dans des institutions dites « spécialisées ». C’est se voir empêcher l’accès aux espaces culturels, d’éducation et de travail (comprendre avec des droits semblables à ceux des personnes considérées comme « valides »), aux logements et par conséquent à l’intimité avec ses proches (leurs logements n’étant pas accessibles non plus pour la plupart). C’est grandir dans une société binaire de corps « valides » face à des corps « handis » ; être perçu·x·e comme non-désirable et par conséquent se percevoir comme tel et se voir refusé·x·e à la sexualité, puis à la parentalité, ainsi qu’à toutes les choses basiques et essentielles auxquelles ont accès les personnes dites « valides ».</p>



<p>À travers son cheminement personnel et son expériences des milieux militants antivalidistes, Charlotte nous pousse à réfléchir l’anticapacitisme avec une analyse féministe, queer, intersectionnelle et anticapitaliste.</p>



<h6 class="wp-block-heading">Charlie, Toulouse</h6>



<div style="height:20px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Quand la musique nous aide à penser le&nbsp;monde avec&nbsp;</strong>Audimat éditions</h3>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-full is-resized"><img data-dominant-color="d9c2c4" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #d9c2c4;" loading="lazy" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/02/A2C_RevueN6_Culture_Illustr_Essais2.jpg" alt="" class="wp-image-7015 not-transparent" width="186" height="300"/></figure>
</div>


<p><em>« Quand on la sépare de son contexte subculturel, la musique souffre du défaut de sens qui frappe toutes les activités entreprise sous le signe de l’art pour l’art »</em>. C’est ce constat qui semble guider les éditions Audimat (qui publie le&nbsp;<em>Hardcore</em>&nbsp;de Simon Reynold, dont est tiré le dit constat). Elles s’attachent donc à publier une revue,&nbsp;<em>Audimat</em>&nbsp;(2&nbsp;numéros par an), qui nous parle aussi bien de&nbsp;<em>« syndicalisme rap »</em>&nbsp;ou de&nbsp;<em>« la vie avant le zouk »</em>&nbsp;(numéro&nbsp;17) que de&nbsp;<em>« faire grimacer la pop »</em>&nbsp;(numéro&nbsp;18) ou des&nbsp;<em>« Mods d’Avignon »&nbsp;</em>(numéro&nbsp;12) et de&nbsp;<em>« l’Italie’70 : musique légère, années de plombs »</em>&nbsp;(numéro&nbsp;7). Il est à noter que l’Autonomie (de classe ?) est un angle régulièrement utilisé pour analyser les genres musicaux avec des articles comme&nbsp;<em>« Techno – Autonomie ! »</em>&nbsp;(numéro&nbsp;15) ou «<em> Autonomes et Punk »&nbsp;</em>(numéro&nbsp;16).</p>



<p>Audimat éditions s’est aussi mis à publier des livres qui dissèquent plus en profondeur un genre ou une thématique. On a ainsi droit (entre autres) à un très instructif volume sur&nbsp;<em>Trap : rap, drogue, argent, survie</em>&nbsp;qui compile des articles de différents auteur·trices revenant sur l’histoire de ce style, les lieux dans lesquels il s’est développé à Atlanta, son rapport quasi filial avec le « lean », cette drogue qui mélange sirop anti-toux vendu sur ordonnance (prométhazine + codéine) et soda, et qui&nbsp;<em>« ancre radicalement dans un continuum physique, spatial et temporel alternatif aux exigences que l’État néolibéral dicte au corps noir »</em>. On y découvre aussi la scène Trap des Balkans et les stratégies de promotion en ligne de la scène Drill de Chicago.&nbsp;</p>



<p>Et j’ai déjà cité plus haut le volume consacré à la scène Rave anglaise et à ses suites au sein de ce que l’auteur appelle le&nbsp;<em>« continuum Hardcore »</em>&nbsp;qui donne une définition inspirante à ce terme de continuum justement. Bref, vous l’aurez compris, les éditions Audimat nous propose&nbsp;<em>« d’être à l’écoute des ruines du capitalisme »</em>&nbsp;(numéro&nbsp;10 de la revue) et ca fait du bien !</p>



<h6 class="wp-block-heading">Thomas Toquetchup, Bobigny</h6>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-dots"/>



<div style="height:20px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<h2 class="wp-block-heading">DISQUES</h2>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Petit tour dans les sorties vinyles actuelles des scènes rock alternatives&nbsp;</strong></h3>


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<figure class="alignright size-full is-resized"><img data-dominant-color="4e4d3c" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #4e4d3c;" loading="lazy" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/02/A2C_RevueN6_Culture_Illustr_Disques_nuits-blanche.jpg" alt="" class="wp-image-7016 not-transparent" width="161" height="147"/></figure>
</div>


<p>On attaque avec&nbsp;<em>« une belle tranche de Rock’n’roll made in France »&nbsp;</em>(dixit T.Boy sur la pochette) en provenance directe de Marseille avec la complil&nbsp;<strong><em>Nuits Blanches</em></strong>&nbsp;(Lollipop record, 2022). 16&nbsp;titres de 16&nbsp;groupes (dont pas mal de marseillais, mais pas que) qui vont de la pop plus ou moins power au rock plus ou moins garage ou au punk plus ou moins speed. Le tout porté par une énergie DIY qui fait plaisir.&nbsp;</p>


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<figure class="alignleft size-large is-resized"><img data-dominant-color="8f8d86" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #8f8d86;" loading="lazy" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/02/A2C_RevueN6_Culture_Illustr_Disques_brigada-1024x1024.jpg" alt="" class="wp-image-7017 not-transparent" width="234" height="234"/></figure>
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<p>Après plus de 10&nbsp;ans d’absence en studio,&nbsp;<strong>la Brigada Flores Magon</strong>&nbsp;en a retrouvé le chemin, avec un line up comprenant historiques du groupe et compagnons de lutte et de route de longue date, pour nous pondre&nbsp;<strong><em>Immortels</em></strong>&nbsp;(Machette record, 2022) un bel album de 10&nbsp;titre d’une Oï ! plutôt speed aux accents Metal (qui a dit métalliques ?) bien appuyés. Comme on pouvait s’y attendre avec ce groupe phare de la scène RASH parisienne des années 2000, les textes parlent de&nbsp;<em>« class war »</em>, de&nbsp;<em>« Hold the line »</em>&nbsp;dans le combat&nbsp;<em>« d’eux contre nous »</em>&nbsp;car il y a bien&nbsp;<em>« leur morale et la notre »</em>, et affirme que&nbsp;<em>« personne n’appartient à personne »</em>&nbsp;ou crache&nbsp;<em>« Honte à toi »</em>&nbsp;à la gueule de la vieille France.&nbsp;</p>


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<figure class="alignright size-large is-resized"><img data-dominant-color="8f5a78" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #8f5a78;" loading="lazy" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/02/A2C_RevueN6_Culture_Illustr_Disques_krav-boca-1024x1024.jpg" alt="" class="wp-image-7018 not-transparent" width="203" height="203"/></figure>
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<p>Puisque la Brigada était en featuring sur leur précédente production (<em>Barrikkade</em>, autoprod’, 2021) passons direct à&nbsp;<strong>Krav Boca&nbsp;</strong>qui a sorti en 2022&nbsp;<strong><em>Pirate Party&nbsp;</em></strong>(toujours en autoprod’ avec le soutien de nombreux labels, 2022). 9&nbsp;titres (+&nbsp;une intro) dont 7&nbsp;featuring, pour une bombe punk-rap comme savent en produire ces infatigables activistes (qu’on pourra voir à la Flèche d’Or de Paris en soutien à la CNT petite enfance en lutte fin janvier après un concert déjà mythique fin 2022 à la Parole Errante dans le cadre d’un weekend contre les violences policières).&nbsp;</p>


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<figure class="alignleft size-large is-resized"><img data-dominant-color="73868e" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #73868e;" loading="lazy" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/02/A2C_RevueN6_Culture_Illustr_Disques_oi-boy-1024x1018.jpg" alt="" class="wp-image-7019 not-transparent" width="207" height="206"/></figure>
</div>


<p>Venus de Mulhouse,&nbsp;<strong>les Oï boys&nbsp;</strong>nous livre l’album (<strong><em>Oï Boy</em></strong>, multiple prod’ dont Maloka, 2022) le moins Oï ! de cette chronique ! Ces 11&nbsp;titres, claustro comme un confinement sans fin, d’une dark wawe presque indus, appuyés sur les rythmes de nos vies, nappés de synthés et striés de guitares, donnent à cet album étonnant un sacré goût de reviens y dans l’oreille.&nbsp;</p>



<p>Plus classiquement Oï !, les sorties qui ont retenu mon attention ces derniers temps sont l’album de&nbsp;<strong>Kapo Blöd</strong>&nbsp;<strong><em>On sera là&nbsp;</em></strong>(2019, multiprod’ dont General Strike), ça tache comme du gros rouge (normal pour un groupe de (red)skin bordelais !) et c’est ça qu’est bon ! Du côté de Pau, dans un style qui te remémore tes années Chaos,&nbsp;<strong><em>Brutal Mais Cordial</em></strong>&nbsp;a sorti un album éponyme (autoprod’ 2021). Brutal, pour sûr ! Cordial, avec celleux qui sont du bon côté de la barricade, comme sur le titre&nbsp;<em>Action Directe</em>. Du pur rock de rue qui n’est pas Charlie mais&nbsp;<em>Choron</em>, et là aussi c’est ça qu’est bon !&nbsp;</p>


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<figure class="alignright size-full is-resized"><img data-dominant-color="c8c8c8" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #c8c8c8;" loading="lazy" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/02/A2C_RevueN6_Culture_Illustr_Disques_a-cran.jpg" alt="" class="wp-image-7020 not-transparent" width="169" height="169" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/02/A2C_RevueN6_Culture_Illustr_Disques_a-cran.jpg 225w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/02/A2C_RevueN6_Culture_Illustr_Disques_a-cran-150x150.webp 150w" sizes="auto, (max-width: 169px) 100vw, 169px" /></figure>
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<p>Pour ce qui est de la scène parisienne, très prolifique en ce moment, j’ai bloqué sur le maxi 45&nbsp;tours (ou mini album, un disque de 30&nbsp;cm de diamètre qui tourne en 45&nbsp;révolutions par minute pour résumer) de&nbsp;<strong><em>A Cran</em></strong>(Crom, 2020), soit 7&nbsp;titres de bonne Oï ! bien rentre dedans qui chante le 11<sup>e</sup>&nbsp;arrondissement,<em>&nbsp;les Sentiers de la gloire&nbsp;</em>(en hommage à Rino Della Negra ),&nbsp;<em>les Gueules cassées&nbsp;</em>(en hommage aux morts de la grande boucherie de 1914-1918) ou même Johnny Cadillac et la vie sous&nbsp;<em>Acid</em>&nbsp;(<em>violence</em>). Bref un bon premier release pour ce groupe qui se revendique SHARP et porte haut et fort les couleurs du Red Star FC !&nbsp;</p>



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<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow"><div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img data-dominant-color="ae904c" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #ae904c;" loading="lazy" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/02/A2C_RevueN6_Culture_Illustr_Disques_tuelipe.jpg" alt="" class="wp-image-7021 not-transparent" width="300" height="300"/></figure>
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<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img data-dominant-color="757478" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #757478;" loading="lazy" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/02/A2C_RevueN6_Culture_Illustr_Disques_tukatukas.jpg" alt="" class="wp-image-7022 not-transparent" width="300" height="300"/></figure>
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</div>



<p>Sur l’île de la Réunion, qui a une foisonnante scène rock,&nbsp;<strong>Tulipe</strong>, par ailleurs membre du trio KilKil, a sorti un chouette album,&nbsp;<strong><em>Mono game</em></strong>&nbsp;(Maudit Tangue, 2022) minimal et entrainant à souhait. Quant au 5&nbsp;punks de<strong>Tukatukas</strong>, iels nous balancent à la gueule pas moins de 12&nbsp;titres de punk hardcore bien speed, agrémentés de saxo sur le double LP&nbsp;<strong><em>Royal Bourbon</em></strong>&nbsp;(multiprod’ dont Mass production, 2022). À noter une plus que sympathique reprise d’une chanson de Danyèl Waro,&nbsp;<em>Adekalom</em>, sur le combat de deux frères condamnés et emprisonnés pour avoir « squatté » une parcelle de l’Office nationale des forêts (ONF). Ça apporte un vrai supplément de personnalité à ce disque et l’ancre dans la réalité locale, quand la principale critique qu’on peut faire à cette scène c’est que la plupart des morceaux auraient pu être composés et enregistrés à Clermont-Ferrand (album de KilKil, Maudit Tangue, 2021)… ou n’importe où ailleurs.&nbsp;</p>



<h6 class="wp-block-heading">TT, Bobigny</h6>



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<div style="height:20px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<h2 class="wp-block-heading">CONCERT</h2>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Un album Medine records vocal, un concert de punk noir &#8211; Protest Song !</strong></h3>



<p>Voilà, la panther arabian est revenue avec un nouvel album,&nbsp;<strong><em>Médine France</em></strong>, et une tournée magnifique. Quand nous sommes allées le voir à Rennes, on a prévu des pancartes avec des phrases extraites de ses chansons. Comme pour finir de boucler la boucle après que Médine a écrit dans le morceau&nbsp;<em>Bataclan</em> : « <em>Comme dans les manifs, ils chantent mes slogans / Jamais je ne fais de shows décevants »</em>. Alors qu’il est un rappeur du Havre qui aborde aussi bien les questions du racisme et de l’histoire de la colonisation depuis ses premiers albums, il a accentué la présence de références à la politique meurtrière des frontières (<em>Yasser</em>) à l’Etat, à la politique actuelle ou encore aux industrie de l’armement (<em>Médine France</em>,&nbsp;<em>Allons Zenfants</em>).</p>


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<figure class="alignright size-full is-resized"><img data-dominant-color="5f5f5f" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #5f5f5f;" loading="lazy" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/02/A2C_RevueN6_Culture_Illustr_Concert.jpg" alt="" class="wp-image-7023 not-transparent" width="450" height="337"/></figure>
</div>


<p>« <em>Ils écrivent leurs discours d’la main gauche, la droite est dans nos poches »&nbsp;</em>(<em>Généric</em>)</p>



<p>Le samedi 22&nbsp;octobre 2022 à Rennes, il y a eu, comme dans de nombreuses villes, des rassemblements publics organisés par les fascistes, sous prétexte du meurtre d’une fille de douze ans à Paris. Il y avait en même temps un rassemblement antifasciste, et un concert de Médine quelques heures plus tard à la MJC de l’Antipode. En termes d’antipodes politiques, on a pu chanter&nbsp;<em>« Tout le monde adore Médine, et tout le monde déteste les fascistes »</em>&nbsp;en attendant qu’il monte sur scène, au même moment où un petit groupe de fascistes tentait d’attaquer une terrasse de bar à Sainte-Anne.&nbsp;</p>



<p><em>« Je préfère l’eau potable pour tous que le champagne pour quelques potes »</em>&nbsp;(<em>Médicis</em>)</p>



<p>Et si le concert avait eu lieu à Sainte-Anne ? Et si dans la fosse il n’y avait que des vrai·es, pour paraphraser Médine ? Des vrai·es, on peut imaginer que ce sont les convaincu·es, mais on peut aussi y mettre le sens que l’on veut : des personnes qui chantent les paroles, d’autres qui défendent Médine face à Aurore Berger, ou qui militent ? En tout cas, suite au slogan en soutien aux cheminot·es sorti de la fosse, il sourit et renchérit :&nbsp;<em>« Merci Rennes d’être sur le terrain, ça fait plaisir de voir des gens du vrai monde »</em>. Les passerelles qui existaient dans les années 1990 entre les salles de concert de rock et les manifestations antifascistes ou antiracistes seraient-elles en train de se reconstruire ?&nbsp;</p>



<p><em>« Un seul héros c’est le peuple et y aura jamais à changer les rôles »</em>&nbsp;(<em>Médine France</em>)</p>



<p>Des pancartes dans un concert, des banderoles… de Rennes à Marseille en passant par Montpellier et Toulouse, ses concerts sont l’occasion de relier luttes et musique, politique et culture populaire, joie et détermination, frissons et colère, slogans et émotions, chœur et cortège, chaleur et pogo.</p>



<p>La tournée continue sur plus de vingt dates en 2023. Alors si vous n’avez pas encore eu l’occasion, c’est le moment de chanter :&nbsp;</p>



<p>Deux passages de&nbsp;<em>Médine France</em>&nbsp;en lien avec l’actualité pour nous donner envie d’y aller ou d’y retourner :&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><em>J’suis pas Made in Qatar, nique le foot et l’soft power&nbsp;</em></p>



<p><em>La World Cup 2022 est pleine de sang d’bosseurs&nbsp;</em></p>



<p><em>De Népalais, de Sri lankais et Philippins&nbsp;</em></p>



<p><em>Mille vies venues d’Inde par conteneurs comme barquettes de filet d’dinde&nbsp;</em></p>



<p><em>(…)</em></p>



<p><em>Ils reculent l’âge de la r’traite mais avancent l’âge de la mort&nbsp;</em></p>



<p><em>Disent que c’est nous qu’appelons au meurtre, envie d’gerber jusqu’à l’aurore&nbsp;</em></p>



<p><em>Est-ce que l’État nous protège ou l’État s’protège de nous ?&nbsp;</em></p>



<p><em>J’sais plus si la France a assez de pouls, si on s’embrasse ou on s’étouffe&nbsp;</em></p>



<p><em>J’sais plus si j’dois militer ou, au contraire, me limiter&nbsp;</em></p>
</blockquote>



<h6 class="wp-block-heading">Solen Ferrandon-Bescond, Rennes</h6>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-dots"/>



<div style="height:20px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<h2 class="wp-block-heading">FANZINES</h2>



<h3 class="wp-block-heading">Prendre le pouls des scènes Alternatives en bouquinant des Fanzines</h3>



<p>Quoi de mieux pour connaître les dynamiques, actuelles ou passées, des mouvances contre-cultuelles que de lire des fanzines, cette presse libre, autonome, réalisée par des personnes impliqué·es dans les scènes qu’iels (re)présentent. Petite sélection de ceux qui me sont tombés dans les mains ces derniers temps (pas forcément d’actualité, mais ce n’est pas ça qui compte car pour beaucoup ils sont encore dispo il me semble<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_7010_18('footnote_plugin_reference_7010_18_1');" onkeypress="footnote_moveToReference_7010_18('footnote_plugin_reference_7010_18_1');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_7010_18_1" class="footnote_plugin_tooltip_text">1</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_7010_18_1" class="footnote_tooltip">Auprès des distros comme UVPR, B.R.A, Primotor Crew…</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_7010_18_1').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_7010_18_1', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>).&nbsp;</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-full is-resized"><img data-dominant-color="e78b62" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #e78b62;" loading="lazy" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/02/A2C_RevueN6_Culture_Fanzine1.jpg" alt="" class="wp-image-7030 not-transparent" width="225" height="276"/></figure>
</div>


<p>On attaque donc avec les historiques, et donc le numéro&nbsp;12 de la nouvelle série qui célèbre les 30&nbsp;piges de&nbsp;<a href="https://www.cheribibi.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><strong><em>Chéribibi</em></strong></a>, la revue des cultures populaires. Comme toujours, ce qui fait la renommée de ce titre vétéran de la presse libre ce sont des articles poussés sur des thématiques pointues (ici par exemple : un dossier sur les gangs féminins dans la contre-culture étatsunienne, en gros, dont un article sur les femmes qui ont inventé le Rock’n’Roll), de longues et passionnantes interviews (pardon, « causeries » comme dit l’Bibi) avec des musicien·nes mais pas que. Pour ce numéro on a en particulier droit à une rencontre avec Emory Douglas, le ministre de la Culture du Black Panther Party, et ça c’est la classe ! T’ajoutes des nouvelles, des BD, des chroniques et les rubriques habituelles du Bibi (<em>Bobines chéries</em>,&nbsp;<em>Chansons populaires</em>…) et t’as un numéro indispensable, comme toujours !</p>



<p>De 10&nbsp;ans sa cadette,&nbsp;l’<a href="http://facebook.com/apatridefanzine" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Apatride</a><strong><em>&nbsp;</em></strong>fête donc ses 20&nbsp;ans avec un numéro spécial et il faut bien le dire fort bien fait. On a à faire à 30&nbsp;interviews, plus intimes que d’habitudes, avec des activistes ou ex activistes des scènes punk/skinhead que fréquente la rédactrice et qui mis bout à bout dresse un portait pas forcément exhaustif ou même représentatif, mais sincère (et c’est ça qu’on demande à un fanzine !) d’une jeunesse (actuelle ou passée) révoltée et désabusée qui s’investit dans la contre-culture (monter un groupe de musiques, un fanzine, un label, organiser des concerts…) DIY or Die !&nbsp;</p>



<p>Et de 24&nbsp;numéros pour l’organe d’information des Reims City Rockers,&nbsp;<strong><em>La faute à qui ?</em></strong>, qui livre avec une certaine régularité une bonne dose d’entretiens, chroniques, article sur le foot… À noter un n°&nbsp;22 centré sur le Pays basque tout à fait passionnant.&nbsp;</p>



<p>Lancé en 2014 par l’équipe de Mass Production,&nbsp;<a href="https://www.massprod.com/accueil/accueil.htm" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Punkulture</a>&nbsp;a sorti 10&nbsp;numéros sur un papier glacé qui n’aide pas à la lecture pour mes yeux un peu fatigués… Le contenu vaut pourtant le coup de s’accrocher en particulier pour les articles ou dossiers sur les scènes alternatives du monde entier, de l’île de la Réunion au Mexique, des rappeurs grecques aux rockers de Ouagadougou.&nbsp;</p>



<p>En direct de Bordeaux on assiste en fanfare au retour de&nbsp;<a href="http://facebook.com/Fanzine-BRA" target="_blank" rel="noreferrer noopener">B.R.A.</a>, un temps lié au RASH<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_7010_18('footnote_plugin_reference_7010_18_2');" onkeypress="footnote_moveToReference_7010_18('footnote_plugin_reference_7010_18_2');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_7010_18_2" class="footnote_plugin_tooltip_text">2</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_7010_18_2" class="footnote_tooltip">Red &amp; Anarchist Skin Head</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_7010_18_2').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_7010_18_2', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>&nbsp;de la ville. Après une longue absence, depuis quelques numéros, la nouvelle formule semble avoir trouvé son équilibre (entre Reggae et Punk/Oï !, entretiens et articles historiques, musique et autres aspects de la contre-culture, dont la culture du vin… normal, pour un zine bordelais) et son rythme de croisière et ici, on s’en réjouit !&nbsp;</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img data-dominant-color="9a9a9a" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #9a9a9a;" loading="lazy" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/02/A2C_RevueN6_Culture_Fanzine3.jpg" alt="" class="wp-image-7031 not-transparent" width="164" height="223"/></figure>
</div>


<p>Du côté de Toulouse,&nbsp;<a href="http://www.karton-zine.com" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Karton</a> a balancé 9&nbsp;numéros, dans une mise en page qui cartonne ! Une dimension politique clairement assumée tant dans le choix des interviews que par exemple dans la publication de lettre de prisonniers politiques dans la rubrique&nbsp;<em>Worldwild Activist</em>&nbsp;(numéro&nbsp;8) ou des articles qui mêlent sport et résistance (rubrique&nbsp;<em>Carton Rouge</em>, avec dans le numéro&nbsp;8 un article bien fouillé sur Rino Della Negra, l’étoile rouge de Saint-Ouen mort sur les sentiers de la gloire de la résistance contre les nazis, ou sur le Roller Derby&nbsp;<em>« un sport fait par les gonzesses pour les gonzesses qui conservera son histoire militante »</em>dans le numéro&nbsp;9).&nbsp;</p>



<p>J’avais pas eu l’occasion de lire les précédents numéros de&nbsp;<a href="http://facebook.com/outsiders.classy.zine" target="_blank" rel="noreferrer noopener">The Outsiders</a> et le volume&nbsp;3 n°&nbsp;2 (été 2022) qui a atterri chez moi me l’a fait instantanément regretter ! Entre coups de gueule bien sentis (contre celleux qui réhabilite Scewdriver<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_7010_18('footnote_plugin_reference_7010_18_3');" onkeypress="footnote_moveToReference_7010_18('footnote_plugin_reference_7010_18_3');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_7010_18_3" class="footnote_plugin_tooltip_text">3</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_7010_18_3" class="footnote_tooltip">Dont le chanteur entrainera une partie des skins anglais vers l’extrême droite.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_7010_18_3').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_7010_18_3', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>, les universitaire qui étudient le punk pour le compte de l’université et donc de la République française, l’homophobie dans la scène skin…), sujets originaux (le meurtre de Smiley Culture par la police anglaise, quand le Mali Twistait…), cartes blanches données à d’autre fanzineu·ses et tant d’autres choses. Bref des heures de saines lectures en perspectives !&nbsp;</p>



<p>Côté nouveaux venus (le zine, pas forcément les personnes impliqué·es)&nbsp;<strong>Couvre Feu !</strong> à sorti 3&nbsp;numéro, un vrais (skin)zine à l’ancienne : une mise en page qui mélange joyeusement (bon joyeux n’est pas forcément l’adjectif qui colle le mieux à ce fanzine qui transpire la haine de classe et de ce monde tel qu’il va mal) le côté foutarque « ciseaux -colle » du punk et le côté « propre et bien rangé » des neusks, des entretiens ultra bien menés, riches et souvent drôles (du genre où t’apprends ce qu’il y a sur la table de chevet des interviewé·es ou leur Louis de Funès préféré – REST power !), des chroniques aiguisées… Un important focus est mis sur l’histoire des scènes skinheads (principalement parisiennes) dans les entretiens ou la republication d’anciens entretiens, ce qui permet d’en saisir la complexité, loin des clichés et de découvrir le parcourt étonnant de certains. Dans le numéro&nbsp;2 j’ai particulièrement aimé l’idée de demander à des activistes de la scène de raconter leur(s) histoire(s) avec un album, ça nous donne plein de supers petites nouvelles bien agréables à lire. Vivement le numéro&nbsp;4 !&nbsp;</p>



<p><a href="http://facebook.com/LaFranceauxnantais/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">La France au Nantais</a> –&nbsp;qui comme son nom l’indique n’est pas breton, mais presque héhéhé&nbsp;–en est à deux numéros sortis, là aussi du classique (entretiens avec des groupes, des auteurs de BD…), mais bien foutu, on attend la suite avec impatience en espérant que le côté acéré et original des chroniques infuse sur le reste des sommaires. Deux numéros (0 et 1) aussi pour le zine parisien&nbsp;<a href="http://facebook.com/IdeesNoiresFanzine" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Idées Noires</a>, assez classe dans sa mise en page. Dans le numéro&nbsp;1 des interviews de groupe plus tournés vers l’international et le passionnant entretien avec le collectif de photographe Belle Journée en Perspective apportent fraicheur et originalité.&nbsp;</p>



<p>Centré sur le Reggae et le Dub,&nbsp;<a href="http://facebook.com/people/Blackboard-Jungle-Dubzine" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Blackboard Jungle</a>, propose à chaque fois de superbe objets quoiqu’un peu cher. Pour le numéro&nbsp;8 Lee Perry est mis à l’honneur sur la couverture sérigraphiée en format&nbsp;10’ (un format de disque peu courant mais très prisé dans le reggae car associé au fameux Dubplates) et dans un dossier très complet. On retrouve aussi au long de ces 100&nbsp;pages des entretiens avec des vétérans de la scène électro dub hexagonale (High Tone, Zenzile) et des producteurs bien en vue actuellement (Dubkasm) ou des articles sur des labels come Dubquake et Irie Ites.&nbsp;</p>



<h6 class="wp-block-heading">TT, Bobigny</h6>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img data-dominant-color="7d7d7d" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #7d7d7d;" loading="lazy" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/02/A2C_RevueN6_Culture_Fanzine2.jpg" alt="" class="wp-image-7032 not-transparent" width="324" height="324"/></figure>
</div>


<div style="height:100px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>
<div class="speaker-mute footnotes_reference_container"> <div class="footnote_container_prepare"><p><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_label pointer" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_7010_18();">Notes</span><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_collapse_button" style="display: none;" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_7010_18();">[<a id="footnote_reference_container_collapse_button_7010_18">+</a>]</span></p></div> <div id="footnote_references_container_7010_18" style=""><table class="footnotes_table footnote-reference-container"><caption class="accessibility">Notes</caption> <tbody> 

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_7010_18_1" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_7010_18('footnote_plugin_tooltip_7010_18_1');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>1</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Auprès des distros comme UVPR, B.R.A, Primotor Crew…</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_7010_18_2" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_7010_18('footnote_plugin_tooltip_7010_18_2');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>2</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Red &amp; Anarchist Skin Head</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_7010_18_3" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_7010_18('footnote_plugin_tooltip_7010_18_3');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>3</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Dont le chanteur entrainera une partie des skins anglais vers l’extrême droite.</td></tr>

 </tbody> </table> </div></div><script type="text/javascript"> function footnote_expand_reference_container_7010_18() { jQuery('#footnote_references_container_7010_18').show(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_7010_18').text('−'); } function footnote_collapse_reference_container_7010_18() { jQuery('#footnote_references_container_7010_18').hide(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_7010_18').text('+'); } function footnote_expand_collapse_reference_container_7010_18() { if (jQuery('#footnote_references_container_7010_18').is(':hidden')) { footnote_expand_reference_container_7010_18(); } else { footnote_collapse_reference_container_7010_18(); } } function footnote_moveToReference_7010_18(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_7010_18(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } } function footnote_moveToAnchor_7010_18(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_7010_18(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } }</script><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/petite-bibliotheque-a2c/culture-06/">Culture #06</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Culture #05</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/petite-bibliotheque-a2c/culture-05/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[A2C-WP_Aude]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 19 Dec 2022 06:30:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Petite bibliothèque A2C]]></category>
		<category><![CDATA[littérature des opprimés]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Les Cahiers d&#8217;A2C #05 &#8211; noveMBRE 2022 Romans La Vie têtue, Juliette Rousseau, éditions Cambourakis, collection Sorcières, 2022. « Dire l’amour et les violences, les faire tenir ensemble. Ne renoncer à rien, ni à parler, ni <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/petite-bibliotheque-a2c/culture-05/" title="Culture #05">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #05 &#8211; noveMBRE 2022</h6>



<h2 class="wp-block-heading"><em>Romans</em></h2>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img data-dominant-color="857e6a" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #857e6a;" loading="lazy" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2022/12/A2C_RevueN5_ALire_Illustr1.jpg" alt="" class="wp-image-6581 not-transparent" width="187" height="298"/></figure>
</div>


<h3 class="wp-block-heading"><em><strong>La Vie têtue</strong>, </em>Juliette Rousseau<em>, </em>éditions Cambourakis, collection Sorcières, 2022.</h3>



<p>« Dire l’amour et les violences, les faire tenir ensemble. Ne renoncer à rien, ni à parler, ni à aimer, Voilà la véritable épreuve. »</p>



<p>Cet écrit, ce sont les mots de Juliette Rousseau qui parle à sa sœur décédée. L’auteure met en lumière ce qu’il y a de commun, très souvent, dans les histoires familiales des femmes, elle dépose des mots sur les maux de plusieurs générations, de nos grands-mères, à nos sœurs, nos filles, et nous-mêmes.</p>



<p>Ce livre est également traversé en filigrane par le deuil, le deuil d’une sœur d’abord, puis le deuil d’un environnement rural qu’elle avait connu dans son enfance aujourd’hui bouleversé par les industries et l’agriculture industrielle.&nbsp;</p>



<p>Juliette arrive à toucher, très vite, parfois de cette émotion qu’on a du mal à décrire.&nbsp;</p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right">Aude Pointier, Nantes</h6>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-dots"/>



<div style="height:20px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-full is-resized"><img data-dominant-color="9d735e" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #9d735e;" loading="lazy" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2022/12/A2C_RevueN5_ALire_Illustr2.jpg" alt="" class="wp-image-6582 not-transparent" width="195" height="299"/></figure>
</div>


<h3 class="wp-block-heading"><em><strong>Les Dépossédés</strong>,</em> Ursula&nbsp;K.&nbsp;Le&nbsp;Guin, 1974.</h3>



<p><em>« La société odonienne était conçue comme une révolution permanente, et la révolution commençait dans l’esprit pensant ».</em></p>



<p>D’un côté des révolutionnaires anarchistes, les odonien·nes, qui ont construit une société sans classe, sans patron, sans État, ni armée, ni frontière dans laquelle les humains vivent en communauté sans mariage ni famille. Ils et elles habitent sur la lune Anarres, aux faibles ressources naturelles et au climat inhospitalier.</p>



<p>De l’autre, les habitant·es de la planète Urras, autour de laquelle gravite la lune Anarres et qui vivent dans des sociétés de classes dominées par le capitalisme avec ses États-nations, ses frontières, ses patrons, ses armées et, comme sur la Terre, la majorité des habitant·es y sont exploité·es et opprimé·es. Même celles et ceux qui habitent Thu, un des États-nations d’Urras, qui avaient démarré la révolution avec les odonien·nes mais ne sont pas allé·es jusqu’au bout.</p>



<p>Quand l’histoire des Dépossédés démarre, les odonien·nes ont quitté Urras depuis 200&nbsp;ans et Ursula K. Le Guinn propose de découvrir ces deux mondes qui ne se connaissent plus, séparés par l’espace et des murs qui entourent les stations spatiales qui les connectent. On suit les aventures d’un physicien, né sur Anarres où il a passé toute sa vie, qui va se rendre sur Urras. Il vient de faire une invention, un outil qui permet de communiquer de manière instantanée quelque soit la distance.</p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right">Mathieu Pastor, Paris 20<sup>e</sup></h6>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-dots"/>



<div style="height:20px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img data-dominant-color="4c68a1" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #4c68a1;" loading="lazy" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2022/12/A2C_RevueN5_ALire_Illustr3.jpg" alt="" class="wp-image-6583 not-transparent" width="216" height="299"/></figure>
</div>


<h3 class="wp-block-heading"><em><strong>Subtil Béton</strong>, </em>Les aggloméré·e·s (collectif), éditions l’Atalante, 2022 (subtilbeton.org)</h3>



<p>L’insurrection de 2037 a été vaincue, la répression entraîne la grande Dispersion. Il faut maintenir l’espoir et reconstruire la confiance en la possibilité de changer le monde pour relancer le mouvement social. Construit à partir des travaux d’un atelier d’écriture itinérant, féministe en non mixité meufs-gouines-trans, <em>Subtil Béton</em> est un roman d’anticipation militant, féministe, qui posent des questionnements qui parcourent nos luttes actuelles et invente une écriture collective et non viriliste.</p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right">Thomas, Bobigny</h6>



<p></p>



<p></p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-dots"/>



<div style="height:20px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<h1 class="wp-block-heading"><em>Essais</em></h1>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-full is-resized"><img data-dominant-color="f5f1e4" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #f5f1e4;" loading="lazy" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2022/12/A2C_RevueN5_ALire_Illustr4.jpg" alt="" class="wp-image-6584 not-transparent" width="197" height="299"/></figure>
</div>


<h3 class="wp-block-heading"><em>Penser le monde contemporain avec Grégoire Chamayou&nbsp;</em></h3>



<p>Philosophe et éditeur de la collection Zone à la Découverte, les ouvrages de Grégoire Chamayou nous aident à comprendre le monde contemporain. Après une sorte de trilogie, initiée par son premier livre, issu de sa thèse<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_6580_20('footnote_plugin_reference_6580_20_1');" onkeypress="footnote_moveToReference_6580_20('footnote_plugin_reference_6580_20_1');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_6580_20_1" class="footnote_plugin_tooltip_text">1</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_6580_20_1" class="footnote_tooltip"><em>Les Corps vils</em>. <em>Expérimenter sur les êtres humains aux XVIII<sup>e</sup>&nbsp;siècle et XIX<sup>e</sup>&nbsp;siècle</em>, La Découverte, 2008</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_6580_20_1').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_6580_20_1', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>), et poursuivie par ses deux ouvrages suivants<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_6580_20('footnote_plugin_reference_6580_20_2');" onkeypress="footnote_moveToReference_6580_20('footnote_plugin_reference_6580_20_2');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_6580_20_2" class="footnote_plugin_tooltip_text">2</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_6580_20_2" class="footnote_tooltip"><em>Les chasses à l’homme</em> et <em>Théorie du Drone</em>, à La Fabrique en 2010 et 2013</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_6580_20_2').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_6580_20_2', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script> dont le thème central, qui parcourt ces 3 essais, est celui de l’exclusion d’une partie des humain·es de l’humanité même et la création d’une humanité à deux vitesse, les deux derniers livres de Grégoire Chamayou<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_6580_20('footnote_plugin_reference_6580_20_3');" onkeypress="footnote_moveToReference_6580_20('footnote_plugin_reference_6580_20_3');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_6580_20_3" class="footnote_plugin_tooltip_text">3</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_6580_20_3" class="footnote_tooltip"><em>La Société ingouvernable</em>. <em>Une généalogie du libéralisme autoritaire</em>, La Fabrique éditions, 2018 et <em>Du libéralisme autoritaire</em>. Carl Schmitt, Hermann Heller, traduction, présentation et notes de Grégoire Chamayou, Zones, 2020</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_6580_20_3').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_6580_20_3', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script> s’intéressent aux théorisations qui vont conduire à la mise en place du libéralisme autoritaire. Appuyés sur une méthodologie qui emprunte à la fois à Foucault (la généalogie) et à Canguilhem (traiter en philosophe des sources extérieures à la discipline) et armés de solides références marxistes, les écrits de Grégoire Chamayou s’avèrent indispensables pour penser la période actuelle.&nbsp;</p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right">Thomas, Bobigny&nbsp;</h6>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-dots"/>



<div style="height:20px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<h1 class="wp-block-heading">CD</h1>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img data-dominant-color="999798" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #999798;" loading="lazy" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2022/12/A2C_RevueN5_ALire_Illustr8.jpg" alt="" class="wp-image-6586 not-transparent" width="299" height="299"/></figure>
</div>


<h3 class="wp-block-heading"><em><strong>Neither Washington nor Moscow…, </strong>Redskins, London music, 1986</em></h3>



<p>London Music a eu la bonne idée de rééditer le premier, seul et cultissime album des Redskins, originellement sorti en 1986. Composé de militants du Socialist Worker Party britannique, Redskins affiche clairement la couleur (rouge, évidemment) dès la superbe pochette, un marin Bolchevik en photo principale, barré par le célèbre slogan de International Socialism Tendency : « Ni Washington ni Moscou … Mais le socialisme international ! » Les titres et les paroles des 12 titres sont dans la même veine : <em>Kick over the statues </em>(« détruit les statues ! »), <em>It can be done </em>(« on peut le faire »), <em>Go get organized</em> (« va t’organiser »),…. et respirent le soutien à la grève des mineurs. </p>



<p>En même temps un peu normal quand Tony Cliff (fondateur du SWP) est crédité à la « bootleg propaganda » ! Côté musique, on a à faire à de la Power Soul (de la soul mâtinée de punk rock) du meilleur effet que certain ont qualifié de « Modern Soul Classic » !&nbsp;</p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right">Thomas, Bobigny</h6>
<div class="speaker-mute footnotes_reference_container"> <div class="footnote_container_prepare"><p><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_label pointer" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_6580_20();">Notes</span><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_collapse_button" style="display: none;" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_6580_20();">[<a id="footnote_reference_container_collapse_button_6580_20">+</a>]</span></p></div> <div id="footnote_references_container_6580_20" style=""><table class="footnotes_table footnote-reference-container"><caption class="accessibility">Notes</caption> <tbody> 

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_6580_20_1" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_6580_20('footnote_plugin_tooltip_6580_20_1');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>1</a></th> <td class="footnote_plugin_text"><em>Les Corps vils</em>. <em>Expérimenter sur les êtres humains aux XVIII<sup>e</sup>&nbsp;siècle et XIX<sup>e</sup>&nbsp;siècle</em>, La Découverte, 2008</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_6580_20_2" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_6580_20('footnote_plugin_tooltip_6580_20_2');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>2</a></th> <td class="footnote_plugin_text"><em>Les chasses à l’homme</em> et <em>Théorie du Drone</em>, à La Fabrique en 2010 et 2013</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_6580_20_3" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_6580_20('footnote_plugin_tooltip_6580_20_3');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>3</a></th> <td class="footnote_plugin_text"><em>La Société ingouvernable</em>. <em>Une généalogie du libéralisme autoritaire</em>, La Fabrique éditions, 2018 et <em>Du libéralisme autoritaire</em>. Carl Schmitt, Hermann Heller, traduction, présentation et notes de Grégoire Chamayou, Zones, 2020</td></tr>

 </tbody> </table> </div></div><script type="text/javascript"> function footnote_expand_reference_container_6580_20() { jQuery('#footnote_references_container_6580_20').show(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_6580_20').text('−'); } function footnote_collapse_reference_container_6580_20() { jQuery('#footnote_references_container_6580_20').hide(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_6580_20').text('+'); } function footnote_expand_collapse_reference_container_6580_20() { if (jQuery('#footnote_references_container_6580_20').is(':hidden')) { footnote_expand_reference_container_6580_20(); } else { footnote_collapse_reference_container_6580_20(); } } function footnote_moveToReference_6580_20(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_6580_20(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } } function footnote_moveToAnchor_6580_20(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_6580_20(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } }</script><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/petite-bibliotheque-a2c/culture-05/">Culture #05</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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