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	<title>Antifascisme Archives - A2C - Autonomie de classe</title>
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	<description>Pour l&#039;autonomie de classe !</description>
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	<title>Antifascisme Archives - A2C - Autonomie de classe</title>
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		<title>Front populaire, antifascisme et révolution : </title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/front-populaire-antifascisme-et-revolution/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ahmed Hammad]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 03 Jun 2026 02:21:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Antifascisme]]></category>
		<category><![CDATA[Front populaire]]></category>
		<category><![CDATA[processus révolutionnaire]]></category>
		<category><![CDATA[Révolution]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">3 leçons Les Cahiers d’A2C #22 – Mai 2026 Ce que l’on appellera ici la période du Front populaire a commencé en 1934 par un mouvement antifasciste populaire et de masse. Elle a apporté des <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/front-populaire-antifascisme-et-revolution/" title="Front populaire, antifascisme et révolution : ">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>3 leçons</strong></p>



<p class="has-text-align-right has-luminous-vivid-amber-background-color has-background" style="font-size:11px;text-transform:uppercase"><strong>Les Cahiers d’A2C #22 – Mai 2026</strong></p>



<div data-wp-interactive="core/file" class="wp-block-file"><object data-wp-bind--hidden="!state.hasPdfPreview" hidden class="wp-block-file__embed" data="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/06/front-populaire.pdf" type="application/pdf" style="width:100%;height:200px" aria-label="Contenu embarqué front populaire."></object><a id="wp-block-file--media-f2213636-5010-47e0-91d1-8f123fab3007" href="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/06/front-populaire.pdf">front populaire</a><a href="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/06/front-populaire.pdf" class="wp-block-file__button wp-element-button" download aria-describedby="wp-block-file--media-f2213636-5010-47e0-91d1-8f123fab3007">Télécharger</a></div>



<p>Ce que l’on appellera ici la période du Front populaire a commencé en 1934 par un mouvement antifasciste populaire et de masse. Elle a apporté des leçons cruciales pour toutes celles et ceux qui se posent la question de l’articulation entre lutte contre le fascisme et contre le capitalisme.</p>



<p>Début 1934, en France, l’ambiance n’est pas à gauche ! Il y a un million de chômeur&rsquo;euses et plus de 50% des travailleur·euses ont des horaires réduits. Aucun gouvernement n’arrive à obtenir une majorité stable. Le mouvement social est déprimé. Les grèves sont à un niveau historiquement bas et généralement battues. Les syndicats sont divisés et faibles. Deux CGT, l’une liée au parti socialiste et l’autre au parti communiste, se font la guerre et rassemblent à elles deux seulement 750 000 membres<sup data-fn="66829c15-bdae-4eb6-9b86-1323f3eb29c2" class="fn"><a href="#66829c15-bdae-4eb6-9b86-1323f3eb29c2" id="66829c15-bdae-4eb6-9b86-1323f3eb29c2-link">1</a></sup>. L’extrême droite est à l’offensive. Plusieurs « ligues », violemment nationalistes et racistes, parfois ouvertement fascistes, ont des dizaines de milliers de membres avec des formations paramilitaires de milliers de membres.</p>



<p>En Allemagne Hitler est chancelier depuis un an. En quelques mois il a détruit le mouvement ouvrier le plus puissant du monde, syndicats comme partis, communiste et social-démocrate. Ces organisations ont été détruites sans combat, victimes de leur sectarisme mutuel. Paradoxalement cela va servir d’alerte en France.</p>



<p><strong>Le printemps des comités antifascistes</strong></p>



<p>Apparaissant comme une tentative de coup de force fasciste, une manifestation des ligues le 6 février 1934 à Paris déclenche une riposte de masse.</p>



<p>Des manifestations éclatent dès les jours suivants. Dès le 7 février, à Lyon des contre-manifestant&rsquo;es dirigé·es par le secrétaire départemental de la CGT dégagent les fascistes qui se rassemblent chaque jour sur la Place Bellecour. Le 8 février les dockers de Concarneau refusent de décharger un bateau allemand qui porte un pavillon nazi tandis qu’à Brest un meeting d’urgence réunit 2500 participant&rsquo;es ! Le 9 février une manifestation communiste fait 6 morts à Paris dans des affrontements avec la police. Et le lundi 12 février, la France est paralysée par 5 millions de grévistes et des manifestations dans 346 villes.&nbsp;</p>



<p>C’est une lame de fond. Des comités locaux sont créés dans tout le pays. Daniel Guérin évoque 3000 comités<sup data-fn="6dc6b564-2a19-4161-a3d1-1d94c0161af2" class="fn"><a href="#6dc6b564-2a19-4161-a3d1-1d94c0161af2" id="6dc6b564-2a19-4161-a3d1-1d94c0161af2-link">2</a></sup>. Les historien·nes parlent aujourd’hui d’un « printemps des comités<sup data-fn="83cc58b9-ad70-4cac-a866-e844d5bfd7ea" class="fn"><a href="#83cc58b9-ad70-4cac-a866-e844d5bfd7ea" id="83cc58b9-ad70-4cac-a866-e844d5bfd7ea-link">3</a></sup> ».</p>



<p>Ces comités sont des initiatives locales, généralement unitaires, d’où la diversité des noms : comités de vigilance, comités de lutte contre le fascisme, comités de défense républicaine&#8230; Au Havre il y a des comités dans les quartiers ouvriers et marins et dans les villes de la banlieue ainsi que des comités d’usine et de chantier. A l’été 1934 ces comités organisent plus de 3000 personnes. Dans le Finistère des comités apparaissent à Carhaix, Brest, Morlaix, Elliant, Pont-l’Abbé, Concarneau, Lesconil et Quimper. Dans d’autres communes, ce sont les comités de défense laïque qui en font état comme à Moëlan-sur-Mer, Riec-sur-Belon, Quimperlé ou Rosporden.</p>



<p>Partout, les comités barrent, par tous les moyens, la route aux fascistes. Ils remplissent, avant eux, leurs salles de meeting comme à Givors. Ou bien ils bloquent la salle comme à Grenoble où 3000 manifestant·es montent même des barricades. Dans les départements ruraux les contre-manifestations mobilisent toute la région. Les affrontements sont parfois violents. En septembre 1934 dans le 20e arrondissement de Paris un jeune militant socialiste est tué dans un rassemblement pour interdire une réunion des Jeunesses patriotes.</p>



<p>Mais d’autres moyens sont aussi utilisés. La Fédération socialiste du Rhône publie les noms et adresses des commerçants Croix-de-feu. Des meetings massifs, conférences, fêtes populaires se tiennent. Fin août 1934, dans le Finistère, 2000 personnes assistent à un meeting à Pont-l’Abbé !</p>



<p><strong>Défaite des fascistes</strong></p>



<p>Le mouvement ne met pas fin aux ligues. Mais il limite leur audience et la circonscrit à une partie de ces couches sociales qui constituent le noyau du fascisme : petite bourgeoisie traditionnelle, classes moyennes, fonctionnaires de police et de l’armée&#8230;</p>



<p>Pour prétendre accéder au pouvoir le fascisme doit élargir cette base sociale. Du côté de la classe ouvrière et du côté de la classe dirigeante. Le mouvement des comités fait obstacle à cet élargissement des deux côtés.</p>



<p>Il réveille le mouvement ouvrier et suscite une effervescence qui fait renaître la gauche sur tout le territoire ! Pour la classe dirigeante, les ligues ne sont – au moins temporairement &#8211; pas un recours mais un problème, pas un facteur d’ordre mais un facteur de désordre.</p>



<p>Et les craintes de la classe dirigeante sont fondées. Le réveil du mouvement ouvrier ne se cantonne pas à la lutte antifasciste.</p>



<p>Gérard Noiriel<sup data-fn="1bfa35bf-fb45-4e6f-b723-523835d53695" class="fn"><a href="#1bfa35bf-fb45-4e6f-b723-523835d53695" id="1bfa35bf-fb45-4e6f-b723-523835d53695-link">4</a></sup> indique qu’« à partir de 1934, dans la plupart des bassins miniers, la mobilisation retrouve une ampleur inconnue depuis 1920 ». À Saint-Nazaire en 1935 la ville est bloquée par les militant&rsquo;es de la CGT pour s’opposer à l’arrêt de la construction d’un navire. Au début de 1936, 4500 ouvrier&rsquo;es grévistes organisent un comité de résistance qui mobilise l’ensemble de la population locale.</p>



<p>À Rennes en juillet 1935 près de 2000 personnes se réunissent à la Maison du peuple puis partent en cortège, brisent les cordons de police aux cris de « Tant pis s’il y a du sang ! ». Début août des grèves insurrectionnelles éclatent à partir des arsenaux à Brest et Toulon. Trois ouvriers sont tués dans les affrontements.</p>



<p>À La Mure, dans le Dauphiné, début 1936, une grève des mineurs est soutenue par la population, commerçants, paysans, anciens combattants. Les couches sociales attirées par le fascisme se tournent vers la classe ouvrière&#8230;</p>



<p>Voilà la première leçon de cette période du Front populaire : ce ne sont pas les luttes sociales qui font mécaniquement reculer le fascisme, c’est la lutte contre le fascisme qui dynamise les luttes sociales.</p>



<p><strong>L’explosion de mai-juin</strong></p>



<p>La victoire de la gauche aux législatives le 3 mai 1936 est le signal qui fait exploser ce qui grandissait depuis février 1934 : les patrons vont payer. Alors, sans même attendre la nomination du gouvernement un mouvement de grèves et d’occupations d’usines démarre comme une vague qui n’arrête pas de monter.&nbsp;</p>



<p>En quelques semaines, 2 à 3 millions de travailleur&rsquo;euses vont se mettre en grève dans 12 000 entreprises dont 9000 seront occupées ! Quand une occupation s’arrête parce que les revendications ont été gagnées, c’est pour s’étendre à la voisine. Et la première s’y remet alors pour de nouvelles revendications.</p>



<p>Ce sont les patrons qui demandent au gouvernement une rencontre avec les syndicats pour endiguer le mouvement. C’est ainsi que sont signés les accords de Matignon le 8 juin tandis que le gouvernement s’engage à accorder par la loi ce qui ne relève pas des accords. Ce qui est présenté comme « les acquis du Front populaire » sont le fruit du mouvement et non du gouvernement : congés payés, augmentations de salaires, semaine de 40H, conventions collectives, droits syndicaux&#8230;.</p>



<p>Mais le mouvement s’étend encore à la suite de ces accords ! Le bâtiment s’en mêle, les dockers entrent en lutte. Le 10 juin « les employé·es de pharmacie, les coiffeur·ses, les boulanger·es, les ouvriers et ouvrières du bois, de la confection, de la maroquinerie, les garçons bouchers, les laveur·ses de voitures, les concierges, les lads d’écurie, les représentant·es d’aspirateur cessent le travail. A Paris même le Lido est en grève : le personnel occupe le cabaret<sup data-fn="dfd47419-8b9f-45c4-9dac-aeea4f5cd842" class="fn"><a href="#dfd47419-8b9f-45c4-9dac-aeea4f5cd842" id="dfd47419-8b9f-45c4-9dac-aeea4f5cd842-link">5</a></sup>. »</p>



<p>C’est la deuxième leçon de la période du Front populaire : l’anticapitalisme n’est pas un préalable à l’action antifasciste de masse, c’est l’action antifasciste de masse qui ouvre à une radicalisation anticapitaliste.</p>



<p><strong>Un processus révolutionnaire</strong></p>



<p>Nous avons choisi ici de décrire le Front populaire comme période plutôt que comme politique (celle des partis de gauche, celle du gouvernement). C’est sous cet angle que l’on peut comprendre la radicalisation de masse à partir de la riposte antifasciste.</p>



<p>C’est aussi sous cet angle que l’on peut comprendre le développement du mouvement de grèves et d’occupations en mai et juin, la combinaison entre revendications très spécifiques à un lieu de travail et revendications globales. La révolutionnaire polonaise Rosa Luxemburg avait décrit ce phénomène à partir de la révolution russe de 1905. Dans ce processus qu’elle dénommait « grève de masse » elle mettait en lumière comment la classe ouvrière pouvait faire « classe » et devenir révolutionnaire.</p>



<p>Cette période en est une illustration. Au cœur de la phase des comités se trouvaient les secteurs de la classe ouvrière les plus organisés. Une étude a montré la corrélation entre l’ampleur de la riposte du 12 février 1934 et l’implantation syndicale<sup data-fn="0094441b-a7c4-43c5-9b3f-062df5efc5e4" class="fn"><a href="#0094441b-a7c4-43c5-9b3f-062df5efc5e4" id="0094441b-a7c4-43c5-9b3f-062df5efc5e4-link">6</a></sup>. Dans les villages ruraux, le développement des comités a été l’œuvre du syndicat des instituteurs. Ce sont les militant·es, les syndicalistes révolutionnaires, les communistes, les membres de la gauche du parti socialiste qui ont été moteurs.</p>



<p>Puis la lutte antifasciste a fécondé le terrain pour la multiplication des conflits sur des bases économiques.&nbsp;</p>



<p>Et cette combativité retrouvée a éveillé à la lutte les secteurs les moins organisés. En mai-juin 1936 nous avons l’image inversée de 1934. Ce sont les secteurs les moins syndiqués (métallurgie, chimie, textile, le commerce&#8230;) qui sont à la pointe du combat. Ce sont aussi ceux où le syndicat se développe le plus. La CGT passe de 1 million de membres juste avant mai 1936 à plus de 4 millions !</p>



<p>Les secteurs mobilisés en 1934 ne font pas grève en juin : liés aux partis qui gagnent les élections ils et elles se reposent alors sur le gouvernement. Sur la durée, le processus brasse toute la classe ouvrière, dans toute sa diversité et ses différents secteurs, la politise et l’organise. La possibilité de la révolution comme émancipation des travailleur·euses par elles-mêmes et eux-mêmes apparaît alors. Car il ne s’agit pas seulement de mise en action. Il s’agit aussi de conscience et d’organisation. De la conscience antifasciste à la conscience de classe : en quelques mois c’est le parti communiste, perçu largement comme révolutionnaire, qui explose : de 50 000 membres à plus de 200 000 !&nbsp;</p>



<p>Après l’été 1936, puis en 1937 et 1938, les grèves reprennent, se multiplient, même si ce n’est pas la vague de juin. Cette fois, les secteurs non mobilisés en juin sont concernés, pour imposer l’application des acquis, puis empêcher qu’ils soient repris, puis se battre contre les mesures des gouvernements de plus en plus à droite qui se succèdent. C’est cette fois l’expérience des illusions réformistes et de la trahison des directions qui ouvre la possibilité d’une conscience révolutionnaire à une échelle de masse.</p>



<p><strong>La 3ème leçon</strong></p>



<p>En tant que politique, le Front populaire va détruire le mouvement antifasciste. Dès l’automne 1934, sous l’influence des partis les comités antifascistes deviennent des comités du Front populaire. Il reviendra à l’État d’interdire les organisations fascistes. En juin 1936, le gouvernement dissout effectivement ce qui reste des ligues. Les Croix-de-feu se transforment en Parti social français qui avec la démoralisation engendrée par le Front populaire va devenir à partir de 1938 le plus grand parti de masse français (1 million de membres !).</p>



<p>Le 17 mars 1937 c’est la police du Front populaire qui fait tirer sur les antifascistes tentant d’empêcher une réunion du PSF à Clichy !</p>



<p>Le parti communiste avait, avant 1934, défendu l’idée qu’il fallait être anticapitaliste pour lutter contre le fascisme. En Allemagne les nazis avaient détruit le parti communiste. Adoptant la politique du Front populaire, le parti communiste avait ensuite dit qu’il fallait d’abord stabiliser la démocratie bourgeoise pour faire obstacle au fascisme. En France, le parlement du Front populaire finira par interdire le parti communiste puis voter les pleins pouvoirs à Pétain sans riposte d’une classe ouvrière démoralisée.</p>



<p>La troisième leçon de la période du Front populaire est que pour obtenir une victoire définitive sur le fascisme un combat doit être mené au sein même du mouvement, dès ses premières étapes, pour construire une alternative révolutionnaire.&nbsp;</p>



<p><strong>Denis Godard (Paris 20e)</strong></p>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="66829c15-bdae-4eb6-9b86-1323f3eb29c2">A titre de comparaison, aujourd’hui il y a plus de 2 millions de syndiqué.es en France. <a href="#66829c15-bdae-4eb6-9b86-1323f3eb29c2-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li><li id="6dc6b564-2a19-4161-a3d1-1d94c0161af2">Daniel Guérin, Front populaire Révolution manquée <a href="#6dc6b564-2a19-4161-a3d1-1d94c0161af2-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2">↩︎</a></li><li id="83cc58b9-ad70-4cac-a866-e844d5bfd7ea">Gilles Vergnon, L’antifascisme en France de Mussolini à Le Pen <a href="#83cc58b9-ad70-4cac-a866-e844d5bfd7ea-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3">↩︎</a></li><li id="1bfa35bf-fb45-4e6f-b723-523835d53695">Gérard Noiriel, Les ouvriers dans la société française <a href="#1bfa35bf-fb45-4e6f-b723-523835d53695-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4">↩︎</a></li><li id="dfd47419-8b9f-45c4-9dac-aeea4f5cd842">Ludivine Bantigny, La Bourse ou la vie <a href="#dfd47419-8b9f-45c4-9dac-aeea4f5cd842-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5">↩︎</a></li><li id="0094441b-a7c4-43c5-9b3f-062df5efc5e4">Antoine Prost, Autour du Front populaire <a href="#0094441b-a7c4-43c5-9b3f-062df5efc5e4-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6">↩︎</a></li></ol><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/front-populaire-antifascisme-et-revolution/">Front populaire, antifascisme et révolution : </a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Technofascisme, maxiconfusion</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/technofascisme-maxiconfusion/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ahmed Hammad]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 03 Jun 2026 00:43:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Antifascisme]]></category>
		<category><![CDATA[danger fasciste]]></category>
		<category><![CDATA[technofascisme]]></category>
		<category><![CDATA[Trajectoire du capital]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Les Cahiers d’A2C #22 – Mai 2026 L’historien Robert O. Paxton, spécialiste du fascisme, regrette que ce terme soit utilisé à tort et à travers, au point de désigner « toutes les personnes que vous <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/technofascisme-maxiconfusion/" title="Technofascisme, maxiconfusion">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-text-align-right has-luminous-vivid-amber-background-color has-background" style="font-size:11px;text-transform:uppercase"><strong>Les Cahiers d’A2C #22 – Mai 2026</strong></p>



<div data-wp-interactive="core/file" class="wp-block-file"><object data-wp-bind--hidden="!state.hasPdfPreview" hidden class="wp-block-file__embed" data="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/06/technofascisme.pdf" type="application/pdf" style="width:100%;height:200px" aria-label="Contenu embarqué technofascisme."></object><a id="wp-block-file--media-21b6957f-d4c8-43fc-ba91-e4b1bc0efe60" href="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/06/technofascisme.pdf">technofascisme</a><a href="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/06/technofascisme.pdf" class="wp-block-file__button wp-element-button" download aria-describedby="wp-block-file--media-21b6957f-d4c8-43fc-ba91-e4b1bc0efe60">Télécharger</a></div>



<p><em>L’historien Robert O. Paxton, spécialiste du fascisme, regrette que ce terme soit utilisé à tort et à travers, au point de désigner « toutes les personnes que vous n’aimez pas<sup data-fn="9ecfa55a-e9b3-48b0-80d3-633bcbd702a5" class="fn"><a href="#9ecfa55a-e9b3-48b0-80d3-633bcbd702a5" id="9ecfa55a-e9b3-48b0-80d3-633bcbd702a5-link">1</a></sup> ». Pour lutter efficacement contre les phénomènes distincts que sont la radicalisation de la classe dirigeante et le danger fasciste, nous avons besoin de bons outils. Le « technofascisme » n’en est pas un.</em></p>



<p>L’analyse du fascisme que l’on retrouve dans le livre Technofascisme, Le nouveau rêve de la suprématie blanche de Norman Ajari s’inscrit dans la lignée de celle du « fascisme tardif » développée par Alberto Toscano. L’idée est que le fascisme est l’aboutissement d’un processus de généralisation à l’ensemble de la société de politiques répressives déjà existantes mais réservées au traitement des minorités notamment racisées.</p>



<p><strong>Le « technofascisme », le projet des milliardaires.&nbsp;</strong></p>



<p>Pour Ajari, un des germes à partir duquel risque de se généraliser une nouvelle forme de fascisme est les grandes entreprises américaines de la tech, détenues par des milliardaires d’extrême droite. Ces derniers perçoivent leurs entreprises comme des véhicules politiques capables de transformer la société, combinant « un travail de sape dirigé contre l’État social et la génération de considérable profit ».&nbsp;</p>



<p>L’exemple central est celui de Peter Thiel, milliardaire américain qui assume avoir investi dans Lyft (entreprise similaire à Uber) dans le but de « remodeler le marché du travail en éliminant les protections dont les travailleurs avaient bénéficié depuis le New Deal ». Son entreprise Palantir fournit aux États des outils militaires et de contrôle social : surveillance de la fraude sociale au Royaume-Uni, localisation d’immigré·es sans-papiers aux États-Unis, aide au ciblage militaire pour Israël.</p>



<p>Ces milliardaires réactionnaires, à la vision politique autoritaire, impérialiste et raciste, se passeraient d’avoir recours au peuple mais viseraient uniquement à influencer l’État et le reste de la classe dirigeante. Un « fascisme », sans parti, sans adhérents, sans mouvement.</p>



<p><strong>La trajectoire du capital et le danger fasciste.&nbsp;</strong></p>



<p>Il est nécessaire de mettre en avant, comme le fait Ajari, l’action d’une fraction de la bourgeoisie qui vise à orienter l’action des États dans un sens favorable à l’accroissement de ses profits. Si nous rejoignons son constat, nous rejetons son analyse.</p>



<p>Historiquement, en Europe, le régime politique qui s’est montré le plus à même de garantir au capitalisme une stabilité a été la démocratie libérale. Mais, en période de crise, lorsque les taux de profits baissent, les attaques contre les travailleur&rsquo;euses doivent s’intensifier ; l’usage des moyens de coercition augmente ; les tensions impérialistes s’exacerbent, l’économie se militarise et les capitaux se rapprochent des États. C’est ce durcissement capitaliste qu’Ajari analyse comme étant le fascisme.</p>



<p>Cette qualification est inexacte. Les mouvements fascistes se développent et agissent au moyen de la mobilisation de masse. S’ils s’enracinent dans les contextes de crises économiques et politiques, s’ils sont renforcés par les politiques autoritaires et racistes des États, s’ils sont in fine appelés au pouvoir par elle, ils se développent de manière autonome de la bourgeoisie et ne se confondent pas avec cette dernière<sup data-fn="3d2be451-fa60-4294-8a98-6a3cf6178e42" class="fn"><a href="#3d2be451-fa60-4294-8a98-6a3cf6178e42" id="3d2be451-fa60-4294-8a98-6a3cf6178e42-link">2</a></sup>.</p>



<p>Aux États-Unis, le danger fasciste repose avant tout sur l’existence d’un mouvement de masse structuré autour de Donald Trump et du mouvement MAGA, comme l’a montré l’assaut du Capitol le 6 janvier 2021. Certains milliardaires jouent un rôle de soutien important, mais ce qui porte Trump, c’est une base militante mobilisable. On retrouve une logique similaire en France. Vincent Bolloré joue un rôle important, mais le danger central réside dans le Rassemblement National, qui cherche à structurer une base de masse. Comme le souligne Robert O. Paxton, « quelle que soit la nature exacte du trumpisme, c’est un phénomène de masse qui vient d’en bas. C’est comme ça, que le fascisme italien et le nazisme ont vu le jour. (…) ; se focaliser uniquement sur ses chefs empêche de comprendre le terreau dans lequel il se développe<sup data-fn="b33f4135-486f-49fa-99b5-163fb1474754" class="fn"><a href="#b33f4135-486f-49fa-99b5-163fb1474754" id="b33f4135-486f-49fa-99b5-163fb1474754-link">3</a></sup> ». On comprend alors pourquoi il est erroné d’analyser le danger fasciste à partir de quelques milliardaires de la Silicon Valley. Considérer l’offensive capitaliste actuelle comme du fascisme, c’est risquer de passer à côté de la menace fasciste réelle &#8211; qui, hier comme aujourd’hui, prend la forme d’un mouvement de masse et doit être combattu comme tel.</p>



<p><strong>Combattre efficacement le fascisme.&nbsp;</strong></p>



<p>Dans sa conclusion, Ajari cite Gramsci pour qui « le fascisme, en tant que phénomène général, ne peut être éradiqué que par un nouveau pouvoir d’État entre les mains du prolétariat, seule classe capable de réorganiser la production et donc tous les rapports sociaux ». Gramsci a raison : le seul moyen de se débarrasser du fascisme en tant que « phénomène général », c’est de se débarrasser une bonne fois pour toute du capitalisme. Mais cela ne répond pas à la menace actuelle : les organisations fascistes se renforcent jusqu’à ce que la classe dirigeante, empêtrée dans la crise, décide de miser sur elles.&nbsp;</p>



<p>Contre cette possibilité, à A2C nous appelons à renforcer les luttes contre le racisme, qui fertilise le sol pour les fascistes, et à construire un front large et massif contre le RN et ses satellites de rue. Comme le 9 mai dernier, empêchons-les de se renforcer et de prendre la rue, en construisant la riposte dans chaque quartier, lieu de travail et d’étude.</p>



<p>Oshka (Paris 20e) et Milig Sinou (Paris 19e)</p>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="9ecfa55a-e9b3-48b0-80d3-633bcbd702a5">Courrier International, « Donald Trump est-il fasciste ? Comment l’historien américain Robert Paxton a changé d’avis », 14 septembre 2025 <a href="#9ecfa55a-e9b3-48b0-80d3-633bcbd702a5-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li><li id="3d2be451-fa60-4294-8a98-6a3cf6178e42">Brochure Comprendre le fascisme pour mieux le combattre, « Qu’est-ce que le fascisme ? », Vanina Giudicelli <a href="#3d2be451-fa60-4294-8a98-6a3cf6178e42-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2">↩︎</a></li><li id="b33f4135-486f-49fa-99b5-163fb1474754">Courrier International, ibid <a href="#b33f4135-486f-49fa-99b5-163fb1474754-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3">↩︎</a></li></ol>


<p></p>
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		<title>Brest contre les fachos : pour dépasser la peur, construire l&#8217;unité et reprendre la rue</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/brest-contre-les-fachos-pour-depasser-la-peur-construire-lunite-et-reprendre-la-rue/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Emil]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 02 May 2026 10:42:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[Antifascisme]]></category>
		<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
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		<category><![CDATA[Extrême-droite]]></category>
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		<category><![CDATA[Manifestation]]></category>
		<category><![CDATA[Racisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">A Brest, dans la nuit du 10 au 11 avril dernier, a eu lieu une violente agression raciste et pour riposter, a été organisée 15 jours plus tard, le 25 avril, une manifestation antiraciste par <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/brest-contre-les-fachos-pour-depasser-la-peur-construire-lunite-et-reprendre-la-rue/" title="Brest contre les fachos : pour dépasser la peur, construire l&#8217;unité et reprendre la rue">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>A Brest, dans la nuit du 10 au 11 avril dernier, a eu lieu une violente agression raciste et pour riposter, a été organisée 15 jours plus tard, le 25 avril, une manifestation antiraciste par l&rsquo;AG antifasciste de Brest qui a rassemblé 800 personnes.<br>Nico, de l&rsquo;AG antifasciste de Brest et d&rsquo;Autonomie de Classe, nous raconte comment est-ce que pour dépasser la peur face aux fascistes, on peut construire l&rsquo;unité pour reprendre la rue et reprendre confiance en nous.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-rich is-provider-spotify wp-block-embed-spotify wp-embed-aspect-21-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="Spotify Embed: Brest contre les fachos : pour dépasser la peur, construire l&amp;apos;unité et reprendre la rue" style="border-radius: 12px" width="100%" height="152" frameborder="0" allowfullscreen allow="autoplay; clipboard-write; encrypted-media; fullscreen; picture-in-picture" loading="lazy" src="https://open.spotify.com/embed/episode/2oEXZOr6AXfuRrRtA0ieTy?si=8cc6e1d2ba064c24&amp;utm_source=oembed"></iframe>
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<p><strong>Est-ce que tu peux revenir sur la forme que prend la menace fasciste dans ta ville, revenir sur ce qui s&rsquo;est passé ces dernières années et comment vous vous êtes organisé pour y faire face et revenir aussi sur les événements des dernières semaines ?</strong></p>



<p>À Brest, l&rsquo;engagement passe par l&rsquo;AG antifasciste qui s&rsquo;est montée en fin d’été dernier, suite à des agressions fascistes, de groupuscules néonazis, qui ont fait des agressions homophobes, contre des militant·es de gauche, et racistes. C&rsquo;est au sein de cet AG qu&rsquo;on s&rsquo;organise et qu&rsquo;on essaye d&rsquo;avoir une riposte. La menace fasciste, elle est assez présente à Brest par le biais de hooligans et par le biais de groupuscules néonazis et aussi par le biais de militants du RN.</p>



<p>Si tu veux, j&rsquo;ai l&rsquo;impression que les agressions clairement fascistes, racistes qu&rsquo;il y a eu il y a un an et demi, elles ne viennent pas de nulle part. Il y a toujours eu des groupuscules néonazis, identitaires en Bretagne. Il y a deux ans, il y a eu une manif fasciste soutenue par le RN contre l&rsquo;ouverture d&rsquo;un centre pour accueillir des personnes migrantes, en centre-Bretagne, et ils étaient déjà là. Donc, ce qui s&rsquo;est passé à Brest, c&rsquo;est que ça a touché des quartiers populaires, des endroits bien populaires, qui ont fédéré tout d&rsquo;un coup une réaction assez forte de la population et pas forcément de la population militante, ce qui a entraîné depuis un an une dynamique avec l’AG antifasciste qui existe.</p>



<p>Et il y a deux semaines, il y a eu une agression d&rsquo;une personne isolée, racisée, qui était tranquille sur le port et qui s&rsquo;est fait agresser lâchement. Il s&rsquo;est pris une droite qui l&rsquo;a mis KO, il est resté inconscient. Il a eu deux semaines d&rsquo;ITT.</p>



<p>Un des buts de l’AG antifasciste, c’est d&rsquo;organiser tout de suite un soutien aux victimes. Ce collectif rassemble différents militants de Brest, des gens soit qui sont syndiqués, qui militent dans les syndicats, soit qui militent dans des groupes de gauche, soit qui ne militent pas… Ca a créé une espèce d&rsquo;unité antifasciste qui se mobilise assez rapidement. Donc, rapidement, on a pu, en quelques jours, organiser une manif de soutien. C&rsquo;est ça qui est intéressant pour nous au sein de cette AG&nbsp;: avoir assez rapidement la possibilité d&rsquo;organiser des choses avec l&rsquo;aide des syndicats, des associations locales. Et, en cinq jours, on a organisé une manif de soutien, des prises de parole. Ca a rassemblé 800 personnes&nbsp;!</p>



<p>Et ce qui est intéressant, c&rsquo;est qu&rsquo;on arrive à pousser nos mots d&rsquo;ordre à nous, de s&rsquo;organiser à la base, dans les quartiers, dans les campagnes, sur nos lieux de vie, de travail.</p>



<p><strong>Et comment on peut faire pour dépasser la peur qui, parfois, justement, est un frein à la mobilisation par en bas contre les fascistes ?</strong></p>



<p>C’est sûr qu&rsquo;en fait, ça sidère un peu plein de gens, dans le milieu militant ou non, qui se demandent, du coup, s&rsquo;ils peuvent aller aux manifs ou s&rsquo;ils peuvent sortir tranquilles, en gros. Et on deal avec la peur en se disant que, de toute façon, c&rsquo;est la stratégie de l&rsquo;extrême droite et de la violence politique que porte l&rsquo;extrême droite de tétaniser et de faire peur et d&#8217;empêcher les gens de se réunir et de s&rsquo;organiser. Ça fait partie de leur stratégie. Donc ne nous laissons pas faire, parce qu&rsquo;en fait, on se rend compte que, mine de rien, on est nombreux et on a la force pour s&rsquo;organiser. Ce qui est intéressant, c&rsquo;est que là, les syndicats à Brest et les associations d&rsquo;aide aux migrants, les associations comme la Ligue de droit de l&rsquo;homme, tout de suite, ils sont partants. Parce qu&rsquo;on se connaît, on a l&rsquo;habitude de faire des choses. On n&rsquo;est pas d&rsquo;accord sur tout. Mais en fait, tout de suite, ça va assez vite d&rsquo;organiser la manifestation.</p>



<p>Et moi, je me dis, c’est grâce à ce qu&rsquo;on a pu forger à l’AG antifasciste&nbsp;: se faire confiance. On a organisé un gros festival en début d&rsquo;année qui a permis d&rsquo;occuper la place et de faire plein de choses pour nous redonner confiance, pour nous unir assez rapidement.</p>



<p>Maintenant, on est capable de s&rsquo;organiser vite et d&rsquo;aller tout de suite organiser une manif et de faire une occupation de la rue et de ne pas laisser la rue à la menace fasciste ou aux discours d&rsquo;extrême droite, aux actions de l&rsquo;extrême droite.</p>



<p>Et ça, c&rsquo;est vachement important. C&rsquo;est vachement important parce qu&rsquo;on se rend compte que la menace fasciste ou en tout cas la menace d&rsquo;action raciste, homophobe, anti-gauche, elle est réelle. Il y a des groupuscules qui s&rsquo;organisent, il y a des discours islamophobes à volonté déversés par les médias d&rsquo;extrême droite qui vont légitimer le passage à l&rsquo;acte. C’est important déjà de dire, on ne laisse pas faire, on se bat politiquement, symboliquement, on résiste. Et donc, c&rsquo;est important d&rsquo;occuper la place et de pouvoir réagir en masse, en tout cas de manière unitaire, avec les syndicats et les autres forces, et de ne pas laisser faire des choses qui sont inacceptables. Après, plus généralement, c&rsquo;est important parce qu&rsquo;on se rend compte que la montée de l&rsquo;extrême droite, la montée de la menace fasciste, elle est réelle et pas seulement en France, en Europe, dans le monde. Ils s&rsquo;organisent, ils ne sont pas inactifs, ils sont à l&rsquo;affût. Électoralement, le RN est le premier parti du pays, qu&rsquo;on le veuille ou non. Il fait des résultats impressionnants, ils sont en masse, ils ont des appuis d&rsquo;une partie de la classe patronale et de la classe politique qui commencent à faire leur relais. Alors, essayer de s&rsquo;organiser et d&rsquo;arriver à organiser des manifs et des ripostes sur le terrain, c&rsquo;est important. Essayer d&rsquo;unir les forces de gauche, et créer des dynamiques pour la suite, c&rsquo;est ça qui est intéressant. Notre manifestation, notre rassemblement en soutien à la victime, elle permet une dynamique, elle va permettre qu&rsquo;on continue au 1er mai d&rsquo;être dynamique sur ces questions-là, sur les questions antiracistes et aussi de montrer le racisme d&rsquo;État qui est réel.</p>



<p>Donc, face à la peur, on prend cette question au sérieux. Quand on fait des événements, on va réfléchir. Comment on fait un service d&rsquo;ordre ? Comment on riposte ? Sans avoir de réponse préétablie&nbsp;: on fait des bilans, etc. Et du coup, ça veut dire tout simplement qu&rsquo;en fait, la rue, on l&rsquo;abandonne pas. Mais moi, j&rsquo;ai envie de dire, ça va se construire petit à petit. Ça va être, par exemple, en organisant des festivals qui sont à la fois des moments où on se rencontre entre nous, on se fait confiance, on approfondit des questions, on discute stratégie politique et on se rend compte que tout se passe bien, qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de problème, on n&rsquo;a pas d&rsquo;agression, parce qu&rsquo;en fait, on n&rsquo;est plus nombreux qu&rsquo;eux. Il y a une division des forces, il faut arriver à s&rsquo;unir. Mais en vrai, on n&rsquo;est plus nombreux qu&rsquo;eux. Et la peur, au bout d&rsquo;un moment, elle change de nature. On se rend compte que ça peut nous mettre des freins, ça peut nous faire dire, faisons attention, soyons vigilants. Mais on se rend compte qu&rsquo;en fait, avec la confiance, on y fait face. C’est pas évident mais ça se fait sur le long terme. Ca se fait en se rencontrant, en organisant aussi des réunions publiques de façon régulière, petit à petit.</p>



<p><strong>Et maintenant, ça va être quoi les suites pour continuer à construire la dynamique antifasciste à Brest ?</strong></p>



<p>Alors là, on fait partie du 1er mai en tant qu’AG antifasciste. Ce qui est intéressant, c&rsquo;est que quand même, on est repéré par les forces syndicales et les forces politiques locales, même LFI par exemple. On est repéré comme, on va dire, une organisation de base qui compte, qui a sa voix au chapitre. Du coup, l’AG antifasciste va avoir son cortège pendant le 1er mai. Ensuite, il va y avoir le 9 mai&nbsp;: il va falloir faire des rassemblements contre les rassemblements fascistes qui ont lieu à Paris. Je fais référence au comité du 9 mai, qui est un mouvement néofasciste depuis quelques années, qui essaie de rassembler toutes les forces d&rsquo;extrême-droite de France et d&rsquo;Europe. Et nous, on a lancé tout de suite quelque chose pour le 9 mai, en lien avec les syndicats, et du coup, ça donne de la force. Ca permet vraiment de continuer sur une dynamique, et d&rsquo;approfondir ce qu&rsquo;on porte comme revendications et comme mots d&rsquo;ordre&nbsp;: Par exemple, le soutien aux personnes étrangères, la régularisation de tous les sans-papiers, des choses comme ça. Et ensuite, ça permet tout un travail qu&rsquo;on a construit depuis des mois avec tous ces acteurs, toutes ces associations dont j&rsquo;ai parlé, avec les syndicats, pour imaginer un autre festival antiraciste et antifasciste qui va se tenir à Brest, pour organiser des liens sur la lutte du peuple palestinien, etc. Donc en fait, on est pris dans une dynamique en réagissant à l&rsquo;actualité, en se greffant aux événements nationaux, comme le 1er mai, la Marche des Solidarités, la lutte en solidarité au peuple palestinien, et petit à petit, voilà, ça tient comme ça.</p>



<p>Là, on est parti sur une année qui va être très importante, avec au mois de mai prochain les élections présidentielles. Ça va être une année charnière. Du coup, si on arrive à avoir des mobilisations tout au long de l&rsquo;année pour arriver en force au printemps 2027, je me dis qu&rsquo;il y a quelque chose à faire. Au moins arriver en confiance, arriver en force, arriver unis.</p>



<p>Propos de Nico de Brest recueillis par Milig Sinou de Paris 19</p>
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		<title>Fascistes hors de nos vies ! Retour sur une campagne anti-RN et Reconquête ! dans le 20e arrondissement de Paris.</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/fascistes-hors-de-nos-vies-retour-sur-une-campagne-anti-rn-et-reconquete-dans-le-20e-arrondissement-de-paris/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ahmed Hammad]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 16 Mar 2026 14:14:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">À l’occasion des municipales à Paris, les fascistes de Reconquête se sont sentis pousser des ailes avec la candidature de Sarah Knafo. Heureusement, il y a eu des ripostes efficaces pour saboter leur campagne sur <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/fascistes-hors-de-nos-vies-retour-sur-une-campagne-anti-rn-et-reconquete-dans-le-20e-arrondissement-de-paris/" title="Fascistes hors de nos vies ! Retour sur une campagne anti-RN et Reconquête ! dans le 20e arrondissement de Paris.">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>À l’occasion des municipales à Paris, les fascistes de Reconquête se sont sentis pousser des ailes avec la candidature de Sarah Knafo. Heureusement, il y a eu des ripostes efficaces pour saboter leur campagne sur le terrain et dresser les habitant·es des quartiers populaires contre eux.&nbsp;</em><br><em>Nous avons interrogé Oshka, militante antifasciste et membre d’A2C.</em></p>



<p class="has-text-align-right has-luminous-vivid-amber-background-color has-background" style="font-size:11px;text-transform:uppercase"><strong>Les Cahiers d’A2C #21 – Mars 2026</strong></p>



<p><strong>Peux-tu nous présenter la riposte antifasciste pendant la campagne des municipales dans le quartier, et en particulier sur les marchés ?</strong><br>Avec le collectif antifasciste, on a lancé une campagne contre le RN et Reconquête, particulièrement contre le RN parce qu’on pense que c’est le parti fasciste le plus puissant en France. On a lancé ça dès le mois de septembre. Et on a été présent&rsquo;es sur les marchés, à distribuer des tracts contre le RN en rappelant pourquoi on considérait ce parti comme fasciste, et en se concentrant vraiment sur leur racisme. Très honnêtement, au début, ça ramait un peu, mais c’est normal parce que les élections municipales étaient loin.<br>Le RN, on avait vu des militants l’année dernière, cet été un peu, et un peu en septembre. Ils ont fait des posts Instagram où ils disaient qu’ils déposaient des tracts dans les boîtes aux lettres et qu’ils passaient sur les marchés. Et c’est à ce moment-là que nous, on a commencé à investir vraiment les marchés, en se disant que même s’ils n’étaient pas là, au moins, les gens qui ont reçu leur tract la semaine d’avant, la semaine d’après, ils recevront aussi les nôtres. Et depuis, on ne les a pas revus. C’est plutôt Reconquête qui a fait une campagne beaucoup plus dynamique et agressive dans nos quartiers.<br>Ce qu’on a fait, c’est réactiver une ancienne boucle Whatsapp du 20e arrondissement qui s’appelle « Antiracistes Antifa 20e », qui était une boucle utilisée par les militant&rsquo;es du quartier. On l’a rendue publique en mettant le QR code sur nos affiches, nos tracts, etc., et en incitant tout le monde à la rejoindre. Elle a été rejointe par énormément d’habitant&rsquo;es, mais aussi par des commerçant&rsquo;es, par des gens du marché qui avaient leur stand et qui pouvaient nous prévenir rapidement si les fascistes étaient là. Il y a presque 400 personnes sur ce groupe, et ça s’est vraiment accéléré ces dernières semaines, parce que la campagne battait son plein.<br>On a réussi à faire en sorte que la quasi-totalité des tractages des militants de Reconquête soient perturbés par des militants antifascistes, mais pas que, vraiment par tous les habitant·es. Tout le monde a pu se saisir de la question antifasciste. Car notre objectif, c’est que les antifascistes du XXe, ce soit tout le monde, que les réflexes antifascistes renaissent. Et cette riposte nous a permis de voir que s’il y avait bien une ligne qui marchait, c’était la ligne de l’antifascisme massif, ouvert, sur des bases larges.</p>



<p><strong>Qu’est-ce que la mort du fasciste à Lyon a fait à la dynamique du collectif ?</strong><br>Avec sa mort, il y a eu un sursaut antifasciste, en tout cas dans le 20e, qui était très clair. On a pu voir que tout le travail qu’on avait fait en amont n’était pas vain. On était plusieurs à argumenter que c’était le moment où le collectif antifasciste devait s’ouvrir. Parce que les gens se rendent compte du danger fasciste, ils se rendent compte de la nécessité d’un antifascisme qui soit fort et qui soit ouvert. Et donc, on avait besoin d’ouvrir le collectif, on avait besoin de faire en sorte que tout le monde puisse se joindre à la lutte sur des bases larges et donc il nous fallait construire un antifascisme de masse. Les débats ne sont pas réglés, mais en tout cas, je pense que ça a quand même éclairci un petit peu ce qu’il était nécessaire de faire.</p>



<p><strong>Comment voyez-vous la suite ?</strong><br>Ce qui est sûr, c’est que toutes les personnes qui se mobilisent aujourd’hui, il faut qu’on leur permette de continuer à se mobiliser. Il ne faut pas perdre cette dynamique et cet élan qu’on a. Effectivement, on risque de moins voir Reconquête et le RN dans nos quartiers, puisque la campagne va se terminer. Il reste toujours la question de l’implantation du RN et de faire en sorte que partout où ils soient, on aille les dégager. Mais il va falloir rediriger toute cette énergie antifasciste vers quelque chose d’autre qu’une contre-campagne antifasciste à l’occasion des municipales. Je pense que notre prochaine date, ça doit être la contre-manifestation du C9M, le défilé des fascistes, début mai. C’est la prochaine date antifasciste qui va compter.</p>



<p>Propos recueillis par Barnabe (Paris 18e)</p>
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		<title>S’organiser contre les campagnes électorales des fascistes : « Une urgence et plein de débats ! »</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/sorganiser-contre-les-campagnes-electorales-des-fascistes-une-urgence-et-plein-de-debats/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Vic]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 16 Mar 2026 14:13:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Antifascisme]]></category>
		<category><![CDATA[Retours militants]]></category>
		<category><![CDATA[Lepen]]></category>
		<category><![CDATA[Marseille]]></category>
		<category><![CDATA[Rassemblement national]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">En septembre 2025, le RN lance sa campagne à Marseille. Franck Allisio (tête de liste du RN local) allait serrer des mains dans des salons associatifs, à une présentation des nouvelles techniques de maintien de <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/sorganiser-contre-les-campagnes-electorales-des-fascistes-une-urgence-et-plein-de-debats/" title="S’organiser contre les campagnes électorales des fascistes : « Une urgence et plein de débats ! »">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>En septembre 2025, le RN lance sa campagne à Marseille. Franck Allisio (tête de liste du RN local) allait serrer des mains dans des salons associatifs, à une présentation des nouvelles techniques de maintien de l’ordre ou dans des pizzerias. Puis, très vite, le RN a annoncé faire alliance avec l’UDR ciottiste, le RPR (organisation fantoche du RN pour les candidats d’extrême-droite ne souhaitant pas se présenter sous la bannière du RN) et Marseille d’abord (scission identitaire locale de Reconquête ! portée par le sénateur Stéphane Ravier). </em></p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #20 &#8211; Janvier 2026</h6>



<p>Fort·es de l’expérience post-législatives 2024, la Riposte Antifasciste s’est donc donné comme objectif d’argumenter à nouveau sur ce dilemme : comment construire une contre-campagne qui n’aboutisse pas à de l’électoralisme, mais au contraire, pousse à l’auto-organisation et à dépasser les dates électorales ? Bref, comment concrètement faire que « l’antifascisme soit l’affaire de toustes » ? </p>



<h2 class="wp-block-heading">Argumenter de la centralité du RN </h2>



<p>À l’initiative d’A2C, une discussion publique a eu lieu au week-end régional réunissant des collectifs antifascistes et antiracistes. Ce moment a pu donner un aperçu de l’état du mouvement antifasciste en reconstruction. Ce qui était enthousiasmant, c’est la richesse des discussions : comment intervenir dans sa ville, son quartier ? Comment argumenter de la centralité du racisme ? Un point cependant ne mettait pas tout le monde d’accord, la question de la cible. Depuis avril 2025, Marseille est traversée par l’intensification de rafles contre les habitant·es des quartiers populaires du centre-ville. Comment argumenter qu’il ne faudrait pas se battre contre Benoît Payan (PS) maire en responsabilité et candidat à sa réélection ? Et Martine Vassal, candidate macroniste-LR, n’a-t-elle pas elle aussi stigmatisé les musulman·es et les migrant·es ? Est-ce qu’iels ne seraient pas eux-mêmes fascistes ? Ces mêmes questions traversent notre collectif. </p>



<p>On peut y répondre au moins par trois points : </p>



<p>1) Oui Payan et Vassal sont racistes et islamophobes. Mais le RN est un parti fasciste. Il faut qu’on parvienne à mener de front les luttes antiracistes qui s’opposent à ces partis, et un combat spécifique contre le RN. </p>



<p>2) Les périodes électorales sont un moment de forte politisation, le RN recrute massivement et intensifie ses liens (avec le CRIF, Nous Vivrons ou Némesis). Les empêcher de s’organiser, c’est sur le long terme les affaiblir tous. En reprenant le même argument, les périodes électorales doivent être pour nous, des moments où l’on impulse massivement l’auto-organisation. </p>



<p>3) « L’argent c’est le nerf de la guerre ». Si le RN prend le pouvoir localement, il pourra matériellement se renforcer en finançant de nouveaux cadres et contrôler les subventions. De quoi renforcer et mener à la baguette un tissu associatif local en direction de son agenda. Bref, le RN au pouvoir, c’est un RN plein aux as localement. </p>



<h2 class="wp-block-heading">Riposter par une contre-campagne, vers l’auto-organisation au-delà des élections </h2>



<p>Une première AG de mobilisation a été appelée le 04/12. Une centaine de personnes se sont réunies dans les locaux de Solidaires. Une première partie de ce rendez-vous revenait à argumenter sur « pourquoi le RN ? ». Contre toute attente, les personnes étaient largement convaincu·es de cibler principalement le RN. La deuxième partie de l’AG était organisée en petits groupes, où l’on a pu discuter de trois axes de riposte : <br>1) Cibler les fascistes sur le terrain et créer un groupe de vigilance, <br>2) Répertorier un réseau des lieux solidaires de notre camp, <br>3) Comprendre leur programme et les cibles du RN (quartiers, thèmes). </p>



<p>Chacun de ces groupes avait été pensé pour se répondre. En effet, comprendre les cibles du RN c’est aussi savoir où mettre ses forces, avoir un coup d’avance. Permettre la constitution d’un réseau de solidarités (commerçant·es, lieux culturels, locaux associatifs), c’est nous donner les capacités de réaction. Enfin, constituer un groupe de vigilance, c’est faire le choix de la massification et d’un réflexe collectif face aux tractages, collages et boîtages du RN. </p>



<p>L’AG s’est à nouveau réunie en plénière, et a décidé de se revoir toutes les deux semaines à partir de janvier afin de mettre en commun les travaux qui seraient réalisés d’ici-là. La seconde AG qui eu lieu le 06/01 a confirmé la dynamique. Cependant, il est certain qu’un travail d’animation de ces groupes est nécessaire à leur vitalité. On peut aussi se rassurer par la dizaine de nouveaux camarades qui fournissent dès aujourd’hui une aide bienvenue à l’organisation de la prochaine AG contre la venue de Marine Le Pen pour un meeting de campagne au Parc Chanot le 16/01<sup data-fn="c6c0d769-3d3f-4951-97dc-0542f2c57ca3" class="fn"><a href="#c6c0d769-3d3f-4951-97dc-0542f2c57ca3" id="c6c0d769-3d3f-4951-97dc-0542f2c57ca3-link">1</a></sup>. </p>



<p>Ce qu’on peut noter, c’est un intérêt massif pour se mettre en mouvement et s’organiser. Les personnes sont convaincu·es et veulent construire. Plusieurs fois, l’idée a été relancée de créer de nouveaux Comités de Quartiers Antifascistes. Ces groupes antifascistes de quartier avaient été initiés par la Riposte Antifasciste et l’Antifa Social Club Marseille en juillet 2024 après une AG de 400 personnes. </p>



<p>Le regain d’intérêt pour les Comités est une bonne nouvelle. Encore faut-il attraper au vol cette idée ! Pour le moment, seuls 4 comités sont encore actifs, mais l’envie de redynamiser l’expérience est bien présente. Notre tâche, en tant que Riposte Antifasciste, est d’être un soutien matériel, humain et technique au lancement de nouveaux Comités. Le collectif essaye de garder une attention particulière à animer les réseaux et à fournir des outils pour les impulser. </p>



<h2 class="wp-block-heading">Articuler localement une contre-campagne avec la lutte de classe et le calendrier de la Marche des Solidarités </h2>



<p>On a donc validé qu’une contre-campagne anti RN peut se massifier et s’outiller. Mais on a aussi touché une limite dure : si ça ne rencontre pas le monde du travail et les réseaux antiracistes audelà de nos bulles, on fera des AG correctes et le RN continuera sa campagne tranquille. </p>



<p>La Riposte Antifasciste s’est fixé un objectif stratégique : construire un Front Unique antifasciste et antiraciste<sup data-fn="3319e977-65f6-47ce-b0ed-7c0121b543f7" class="fn"><a href="#3319e977-65f6-47ce-b0ed-7c0121b543f7" id="3319e977-65f6-47ce-b0ed-7c0121b543f7-link">2</a></sup>. Mais faire alliance par « en bas » reste notre point faible. Le débat dans le collectif est très concret : hors période de mouvement, on ne sait pas vraiment intervenir sur les lieux de travail ; et on cherche en parallèle comment relancer des comités de quartier et stabiliser des alliances avec les collectifs antiracistes. </p>



<p>Côté lieux de travail, on a eu des points d’appui (mobilisation contre Stérin, défense des librairies attaquées), mais ce sont encore des coups justes, pas une continuité. </p>



<p>À Marseille, antifas et syndicats se croisent trop peu. À l’AG, seuls quelques camarades de Solidaires étaient présents. Double limite : peu de syndicalisation dans nos rangs, et une combativité antifasciste inégale dans les organisations syndicales. Tant qu’on n’a pas de relais réguliers, on reste cantonné·es à nos milieux. La rencontre à venir avec VISA doit servir à densifier des liens concrets. </p>



<p>Même tension côté antiracisme. Le 18 décembre a été combatif, mais n’a pas « pris » comme point d’orgue. Selon nous, cette inter-orga se limite à des réunions unitaires sans créer de dynamique sur le terrain. En conséquence, les initiatives proposées par la Marche des Solidarités sont parfois vécues par les militant·es antifascistes et antiracistes comme un catalogue de dates, difficile à transformer en construction locale. </p>



<p>Néanmoins, un argument a fait mouche auprès des camarades antifascistes : d’ici mars (municipales), il y aura peu de dates nationales mobilisatrices. Saisir le 18 décembre, c’était reprendre l’agenda au-delà du calendrier électoral. L’AG du 4 décembre l’a encouragé, sans être encore motrice d’initiatives : on en prend acte. Prochaine étape : renforcer des liens entre groupes antifascistes nationalement, pour construire localement, par en bas, une dynamique jusqu’au 14 mars, manifestation nationale antiraciste. </p>



<h5 class="wp-block-heading">Léon (Marseille)</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="c6c0d769-3d3f-4951-97dc-0542f2c57ca3">Un bilan de cette mobilisation sera disponible sur le site d’A2C. <a href="#c6c0d769-3d3f-4951-97dc-0542f2c57ca3-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li><li id="3319e977-65f6-47ce-b0ed-7c0121b543f7">Lou (2025), «Comment vaincre le fascisme : Trotsky et la stratégie du front unique». Revue #19. Disponible sur le site d’A2C <a href="#3319e977-65f6-47ce-b0ed-7c0121b543f7-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2">↩︎</a></li></ol><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/sorganiser-contre-les-campagnes-electorales-des-fascistes-une-urgence-et-plein-de-debats/">S’organiser contre les campagnes électorales des fascistes : « Une urgence et plein de débats ! »</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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		<title>Ni relégués ni déclassés, les racines sociales du vote RN dans le périurbain. Recension de Le vote FN au village.</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/ni-relegues-ni-declasses-les-racines-sociales-du-vote-rn-dans-le-periurbain-recension-de-le-vote-fn-au-village/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Emil]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 13 Mar 2026 10:01:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Antifascisme]]></category>
		<category><![CDATA[Classes sociales]]></category>
		<category><![CDATA[classes populaires]]></category>
		<category><![CDATA[Extrême-droite]]></category>
		<category><![CDATA[Fascisme]]></category>
		<category><![CDATA[fasciste]]></category>
		<category><![CDATA[Racisme]]></category>
		<category><![CDATA[RN]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">On a l’habitude d’entendre, dans le débat public et médiatique, que les petites villes périurbaines seraient le terreau de l’extrême droite et du vote FN/RN. Les classes populaires vivant dans ces régions seraient « naturellement <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/ni-relegues-ni-declasses-les-racines-sociales-du-vote-rn-dans-le-periurbain-recension-de-le-vote-fn-au-village/" title="Ni relégués ni déclassés, les racines sociales du vote RN dans le périurbain. Recension de Le vote FN au village.">[...]</a></div>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/ni-relegues-ni-declasses-les-racines-sociales-du-vote-rn-dans-le-periurbain-recension-de-le-vote-fn-au-village/">Ni relégués ni déclassés, les racines sociales du vote RN dans le périurbain. Recension de Le vote FN au village.</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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<p><em>On a l’habitude d’entendre, dans le débat public et médiatique, que les petites villes périurbaines seraient le terreau de l’extrême droite et du vote FN/RN. Les classes populaires vivant dans ces régions seraient « naturellement » portées vers le racisme, subiraient un déclassement et seraient nostalgiques d’un passé disparu.</em></p>



<p class="has-text-align-right has-luminous-vivid-amber-background-color has-background" style="font-size:11px"><strong>Les Cahiers d’A2C #21 – Mars 2026</strong></p>



<p>Cette vision des espaces périurbains comme foyers de relégation et bastions du vote Front national s’est appuyée sur des sondages de l’IFOP et les analyses de Christophe Guilluy, notamment dans Fractures françaises (2010) et La France périphérique (2014). Dans cet ouvrage, Violaine Girard vient déconstruire tous ces clichés à l’aide d’une enquête menée entre 2003 et 2008, puis en 2012.</p>



<p><strong>La situation sociale des habitant&rsquo;es</strong><br>L’enquête montre en effet qu’à rebours d’une vision misérabiliste des populations des espaces périurbains (qui constituent la majorité de la population française), les ménages de ces régions sont en ascension sociale et fiers d’accéder à une propriété souvent moins coûteuse que dans les grands centres urbains. Ils accèdent à la propriété et à de meilleurs postes dans de nouvelles industries comme l’industrie nucléaire. Dans les années 70, ce sont donc de nouveaux emplois, une tertiarisation de l’économie et un rejet des « opérateurs » (ouvrier&rsquo;es non qualifié&rsquo;es). L’une des raisons de cette implantation dans ces régions périurbaines, c’est la politique capitaliste agressive sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing ; les zones périurbaines ont été la priorité du patronat pour déstabiliser les bastions syndicaux construits tout au long du XXe siècle et acquérir « la paix sociale ». Girard montre bien les liens entre les politiques locales et les patrons pour contrer l’action syndicale. Tout ce travail antisyndical a rompu les liens avec l’identité ouvrière et la gauche traditionnelle.<br>Sur le plan professionnel, ces populations disposent de postes qui les distinguent des catégories les plus précaires. Ils accèdent souvent à des emplois stables et, parfois, à une progression vers la maîtrise ou l’indépendance, davantage par la valorisation de leurs compétences techniques que par les diplômes. Malgré les restructurations industrielles, les personnes résidant ces régions restent globalement à l’abri du déclassement.</p>



<p><strong>Le lien avec le vote RN</strong><br>Comment expliquer alors leur défiance politique, la progression de l’abstention et l’intérêt pour le FN/RN ? Girard montre que leur rapport au politique est façonné par le désir de sortir de la condition ouvrière et de se distinguer des plus défavorisés. Convaincu&rsquo;es que leur réussite tient à leurs propres efforts, ils se sentent peu redevables envers les responsables politiques. Se dessine ainsi une conscience sociale « triangulaire » : ces ménages cherchent à se distinguer à la fois du bas de l’échelle sociale et d’une partie du haut de l’échelle. Ils se montrent sensibles à des valeurs plutôt ancrées à droite : mérite, travail, entrepreneuriat, stabilité familiale. Les petits patrons et artisans constituent souvent un groupe de référence. On voit ici une belle démonstration que le fascisme et le vote FN/RN se construisent majoritairement à l’aide de la petite-bourgeoisie et non pas à l’aide du vote ouvrier (voir notre brochure sur le fascisme).<br>Le contexte local joue également un rôle décisif. Le territoire étudié est historiquement ancré à droite et le passage au vote FN concerne surtout d’anciens abstentionnistes ou électeurs de droite classique. Les politiques d’aménagement, favorisant la propriété individuelle et l’implantation d’entreprises dans des zones peu syndiquées, ont contribué à un climat social peu conflictuel et à une proximité valorisée avec les employeurs. Enfin, l’action municipale a renforcé l’entre-soi des familles « respectables » en limitant le logement social et en favorisant des pratiques racistes d’accès au logement assumées. Sans se traduire mécaniquement par un vote FN, cette mise à distance a pu banaliser certains discours et, à terme, faciliter un rapprochement avec cette offre politique.</p>



<p>Jack, Paris 20e.</p>



<p><em>Le vote FN au village : trajectoires de ménages populaires du périurbain, de Violaine Girard, 2017, Éditions du Croquant.</em></p>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/ni-relegues-ni-declasses-les-racines-sociales-du-vote-rn-dans-le-periurbain-recension-de-le-vote-fn-au-village/">Ni relégués ni déclassés, les racines sociales du vote RN dans le périurbain. Recension de Le vote FN au village.</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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		<title>Manifestations antiracistes et antifascistes du 14 mars : Une opportunité pour construire un front antiraciste ?</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/manifestations-antiracistes-et-antifascistes-du-14-mars-une-opportunite-pour-construire-un-front-antiraciste/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ahmed Hammad]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 13 Mar 2026 09:46:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[Antifascisme]]></category>
		<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[Retours militants]]></category>
		<category><![CDATA[fasciste]]></category>
		<category><![CDATA[Islamophobie]]></category>
		<category><![CDATA[Manifestation]]></category>
		<category><![CDATA[Migrants]]></category>
		<category><![CDATA[Violences policières]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Entretien avec Mathieu, militant d’A2C à Paris impliqué dans la Marche des Solidarités, et Wass, militante d’A2C à Marseille impliquée dans la lutte contre l’islamophobie. Iels organisent la manifestation du 14 mars, contre le racisme, <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/manifestations-antiracistes-et-antifascistes-du-14-mars-une-opportunite-pour-construire-un-front-antiraciste/" title="Manifestations antiracistes et antifascistes du 14 mars : Une opportunité pour construire un front antiraciste ?">[...]</a></div>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>Entretien avec Mathieu, militant d’A2C à Paris impliqué dans la Marche des Solidarités, et Wass, militante d’A2C à Marseille impliquée dans la lutte contre l’islamophobie. Iels organisent la manifestation du 14 mars, contre le racisme, le fascisme, contre l’islamophobie et les violences d’État.</em></p>



<p class="has-text-align-right has-luminous-vivid-amber-background-color has-background" style="font-size:11px;text-transform:uppercase"><strong>Les Cahiers d’A2C #21 – Mars 2026</strong></p>



<p><strong>Quelles sont les forces liées aux fronts antiracistes impliquées dans la construction de la date du 14 mars contre le racisme et le fascisme ?</strong><br><strong>Mathieu :</strong> En région parisienne, la mobilisation s’organise surtout autour de deux cadres : la Marche des Solidarités (autour des collectifs de sans-papiers) et le réseau d’entraide Vérité et Justice (les familles de victimes de violences policières).<br>Ce qui est notable par rapport à ces dernières années, c’est le développement de collectifs antiracistes et antifascistes de quartier : dans le 20e arrondissement, le 12e, mais aussi à Fontenay ou à Clichy. Une section de la Marche des Solidarités s’est même montée à Clichy.<br>Il y a aussi un front que l’on pense déterminant dans la période : la lutte contre l’islamophobie. Pour l’instant, on voit moins ces collectifs participer à la préparation de la mobilisation. Ce sont souvent des collectifs davantage présents dans la production de tribunes ou de prises de parole publiques que dans l’organisation militante sur le terrain.</p>



<p><strong>Pourquoi selon toi c’est central d’essayer de faire converger ces fronts : sans-papiers,&nbsp;lutte contre l’islamophobie et violences policières </strong>?</p>



<p><strong>Mathieu :</strong> Parce que cela correspond à la manière dont le racisme est développé par la classe dirigeante dans notre société. Quand on regarde les discours et les lois depuis vingt ans, on voit bien quelles sont les cibles centrales.<br>Depuis des années, les gouvernements s’attaquent aux musulman&rsquo;es : interdiction du voile dans certains espaces, interdiction de l’abaya, fermetures de mosquées ou d’associations, assimilation permanente à une menace pour la société.<br>Dans le même temps, ils s’attaquent aux migrants et migrantes et, en réalité, à l’ensemble des immigré&rsquo;es. La séquence autour de la loi Darmanin en est un exemple flagrant : la classe dirigeante a voulu faire entrer dans la tête de tout le monde que les immigrés seraient des délinquants ou des violeurs.<br>Le racisme ne touche pas que les migrant·es ou les musulman&rsquo;es. Mais il y a des priorités : il faut se défendre là où les attaques sont les plus fortes. Et notamment la violence ultime de l’État sur les personnes musulmanes, ou perçues comme telles, immigrées, sans papiers, ou perçues comme telles, c’est de les tuer par la police. Ça a été le cas&nbsp;d’El Hacen, travailleur immigré et musulman.</p>



<p><strong>Qu’est-ce que serait aujourd’hui un front antiraciste à la hauteur ?</strong><br><strong>Mathieu :</strong> Ce qui serait à la hauteur, c’est que partout où des personnes s’organisent aujourd’hui politiquement, elles s’organisent aussi contre le racisme. Que dans les réunions militantes, on discute aussi de comment empêcher les fachos de s’implanter dans nos quartiers, comment donner confiance aux personnes immigrées, avec ou sans papiers, de s’auto-organiser, comment soutenir les collègues sans papiers qui se battent pour obtenir ou renouveler leurs titres de séjour.<br>C’est vraiment une question de nombre et d’implantation. Il ne s’agit pas seulement d’unir les organisations antiracistes, mais de faire en sorte que cette lutte existe partout.</p>



<p><strong>Depuis ton expérience de la préparation du 14 mars, quels sont les blocages à cette convergence ?</strong><br><strong>Mathieu : </strong>Le problème dépasse largement les collectifs eux-mêmes. Il y a dans la gauche et dans le milieu militant une tendance très forte à séparer les luttes. Comme si parler de racisme ne signifiait pas forcément parler d’islamophobie ou de solidarité avec les migrant·es. Que l’un invisibilisait l’autre.<br>Le fait qu’il n’existe pas aujourd’hui un mouvement antiraciste de masse renforce cette tendance. Sur certaines questions, il n’y a pas suffisamment de forces organisées. Cela produit parfois une forme de sectarisme, où se lier à d’autres est perçu comme un risque d’invisibilisation plutôt que comme un renforcement.<br>Au fond, beaucoup de gens ne pensent pas qu’un mouvement de masse soit possible. Donc, on se fixe des objectifs plus petits, autour de mots d’ordre très restreints.</p>



<p><strong>Wass :</strong> Il existe aujourd’hui des collectifs antiracistes bien réels, avec des stratégies et des trajectoires parfois différentes. Je partage le constat de Mathieu sur la fragmentation des collectifs, mais je pense qu’il faut aussi interroger les raisons politiques plus profondes qui nous ont conduits à cette situation.<br>Si la convergence est si difficile aujourd’hui, c’est aussi parce que les grands partis de la gauche institutionnelle et ses bases ont trahi ces combats. En cherchant à s’intégrer aux logiques d’État, ils ont souvent relégué les luttes antiracistes au second plan, voire les ont neutralisées. Le mouvement antiraciste qui lutte contre l’islamophobie a par exemple essayé de se battre de l’intérieur, dans des partis politiques institutionnels, pour défendre la solidarité avec la Palestine et les luttes antiracistes, ce qui est un énorme saut qualitatif.<br>Mais il manque encore des espaces réels de discussion stratégique, de confrontation politique, où puissent se construire un front unitaire dans la rue, dans nos lieux de travail, nos lieux d’études… Ce blocage est le symptôme à la fois des trahisons politiques et du racisme qui continue à traverser notre propre camp.<br>Or, pour dépasser ces impasses, nous devons renouer avec la tradition d’auto-organisation de notre classe : c’est-à-dire la capacité de notre classe dans toutes les luttes qu’elle porte à se rassembler, débattre et agir. L’auto-organisation permet de reconstruire la confiance, d’unifier les luttes sur des bases concrètes et de faire émerger une direction issue directement du terrain, connectée à la réalité de nos quartiers, de nos lieux de travail et de nos combats.<br>Historiquement, le racisme a souvent affaibli et fait perdre le mouvement ouvrier. On peut penser à la grève de Talbot : au lieu d’une lutte unitaire pour tous les emplois, le patronat et l’État ont joué sur le racisme pour isoler les travailleurs immigrés, les traiter d’« intégristes chiites », faire circuler des slogans comme « bougnoules au four » ou « les Arabes, les Noirs à la Seine ».<br>Tout ça révèle un fondement du capitalisme : le racisme, qui a servi à justifier l’esclavage, le colonialisme, et aujourd’hui encore, qui organise la hiérarchie sociale du travail.<br>Cette instrumentalisation raciste a brisé la solidarité de classe et permis aux patrons d’imposer leurs licenciements. À chaque fois que le racisme entre dans notre camp, c’est tout notre camp social qui recule.&nbsp;<br>La préparation du 14 mars doit justement être l’occasion de tirer les leçons de ces divisions : construire une unité réelle, ancrée dans la reconnaissance du racisme comme question centrale de notre camp, non comme un sujet secondaire. C’est en affrontant ensemble ces contradictions, dans la rue comme dans nos organisations, que nous pourrons donner corps à un mouvement antiraciste de masse, capable de faire reculer à la fois le racisme et le pouvoir qui l’alimente.</p>



<p><strong>Comment répondre à la crainte d’invisibilisation et défendre l’unité ?</strong><br><strong>Wass : </strong>À Marseille, on a argumenté pour que la lutte contre l’islamophobie soit davantage mise en avant dans l’appel et dans l’affiche. Ça montre qu’il y a des blocages de départ, mais qu’ils peuvent bouger quand on met les choses franchement sur la table.<br>Si plus de personnes portent ces luttes, elles deviennent plus visibles, pas moins. C’est lorsqu’on combattra tous et toutes le racisme dans toutes les formes où il se manifeste qu’on pourra commencer à construire un front commun réel.</p>



<p><strong>Mathieu : </strong>La question qui devrait être centrale dans nos cadres d’organisation est trop souvent absente : quelle stratégie pour gagner ?<br>On discute beaucoup de la manière de se distinguer, de parler à nos propres cercles militants, plutôt que de se demander ce qui peut réellement faire avancer nos luttes.<br>Pour les collectifs de sans-papiers ou de mineurs isolés, l’objectif est concret : obtenir des régularisations, la reconnaissance de leurs droits, l’égalité. La question est donc comment faire en sorte que tout le monde se la pose et discute ensemble de ce qu’il faudrait construire pour y parvenir.<br>Et malgré tout, on sent que c’est possible. Dès qu’on va sur un marché, qu’on colle des affiches dans un quartier ou qu’on appelle à une manifestation, on rencontre beaucoup d’échos positifs. C’est ce qui donne confiance.</p>



<p><strong>Anouk :</strong> Aussi, comme tu l’as dis, à la Marche des Solidarités, on voit aussi se développer de nouveaux collectifs de quartier qui renforcent cette activité militante à la base. Les dates du 18 décembre et du 14 mars ne règlent pas tout. Les attaques racistes et fascistes ne se limitent pas à ces deux dates : elles sont quotidiennes. Mais ces dates servent d’appui pour accélérer le processus de construction à la base.&nbsp;<br>Et si on renforce les collectifs antiracistes locaux et les liens avec les syndicalistes, on peut ouvrir des perspectives plus larges pour la mobilisation et ouvrir les conditions d’une grève comme à Minneapolis contre le racisme.</p>



<p>Propos recueillis par Anouk (Marseille)</p>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/manifestations-antiracistes-et-antifascistes-du-14-mars-une-opportunite-pour-construire-un-front-antiraciste/">Manifestations antiracistes et antifascistes du 14 mars : Une opportunité pour construire un front antiraciste ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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		<title>Fascisme en tension : comprendre et combattre les fascistes avec Gramsci </title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/fascisme-en-tension-comprendre-et-combattre-les-fascistes-avec-gramsci/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Vic]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Feb 2026 16:05:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Antifascisme]]></category>
		<category><![CDATA[bardella]]></category>
		<category><![CDATA[Gramsci]]></category>
		<category><![CDATA[Hitler]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">« lorsque les fascistes reviendront, ils auront le parapluie bien roulé sous le bras et le chapeau melon&#160;», prédisait Orwell après la défaite des fascismes historiques.&#160; Les Cahiers d&#8217;A2C #17 &#8211; JUIN 2025 En 1945, <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/fascisme-en-tension-comprendre-et-combattre-les-fascistes-avec-gramsci/" title="Fascisme en tension : comprendre et combattre les fascistes avec Gramsci ">[...]</a></div>
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<p><em>« lorsque les fascistes reviendront, ils auront le parapluie bien roulé sous le bras et le chapeau melon&nbsp;», prédisait Orwell après la défaite des fascismes historiques.&nbsp;</em></p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #17 &#8211; JUIN 2025</h6>



<p>En 1945, le fascisme est tellement marqué du sceau de l’infamie que ceux qui s’en réclament toujours ont dû renouveler à la fois leur look et leurs méthodes pour sortir de la marginalité politique. La chemise blanche a remplacé la chemise brune. Plus de crânes rasés, ni de croix gammées. Le FN est pensé dès le départ comme une tentative de dédiabolisation. Fondé par des anciens nazis, collabos et membres de l’OAS<sup data-fn="96ca0e92-420a-49f8-b59a-c5bc12eefbaf" class="fn"><a id="96ca0e92-420a-49f8-b59a-c5bc12eefbaf-link" href="#96ca0e92-420a-49f8-b59a-c5bc12eefbaf">1</a></sup>, il ne fait aucun doute que le FN porte un projet fasciste. Mais comme de nombreux mouvements similaires en Europe, il a opté pour la stratégie électorale, conscient, comme le disait un de ses idéologues, que si la flamme fasciste devait brûler à nouveau «&nbsp;elle ne pourrait brûler de la même manière parce que l’atmosphère a été profondément modifiée&nbsp;».&nbsp;</p>



<p>Ce changement d’habits et de méthodes a berné une bonne partie de notre camp qui s’arrête à ce constat&nbsp;: contrairement aux fascismes historiques, le RN d’aujourd’hui n’est pas un mouvement de masse (bien qu’il revendique 100 000 adhérents) et ne dispose pas d’une milice. Beaucoup de militant.es en concluent que le RN ne serait donc pas fasciste mais simplement d’extrême-droite, c’est-à-dire plus raciste et autoritaire que les autres. Une différence de degrés, donc, et non de nature. C’est un problème qui pourrait nous coûter cher car si on attend que le RN ait constitué un mouvement de masse pour le qualifier de fasciste et le combattre comme tel, il sera trop tard pour avoir raison.&nbsp;</p>



<p>Un détour par l’histoire et les écrits de Gramsci permet de comprendre que si le RN ne dispose pas de chemises noires, brunes ou bleues marine aujourd’hui, cela ne veut pas nécessairement dire qu’il n’en aura pas demain. L’histoire du FN/RN comme celle de tous les partis fascistes est, en effet, marquée par des allers-retours entre recherche de respectabilité et radicalité. Ces partis oscillent entre l’un et l’autre en fonction des rapports de force internes, de leur stade de développement et d’éléments extérieurs (puissance du mouvement ouvrier, contexte économique et politique).&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les deux fascismes</strong></h2>



<p>L’idée d’une tension stratégique entre la matraque et la cravate est exposée dès 1921 dans un article de Gramsci intitulé <em>Les deux fascismes</em>. A l’époque, il explique que cette tension se cristallisait autour de deux pôles &#8211; le fascisme agraire incarné par les propriétaires terriens et le fascisme urbain porté par les petits-bourgeois des villes (petits commerçants et anciens combattants) &#8211; qui ont des motivations et des intérêts matériels différents mais qui sont réunis par l&rsquo;anti-socialisme et la mise en mouvement radicale proposée par Mussolini. Gramsci raconte que la violence fasciste (expéditions punitives contre des villes socialistes menées par des armées de centaines voire milliers de chemises noires) finit par créer une retenue chez les petits bourgeois des villes. Ces derniers considèrent alors que la violence était utile au début pour neutraliser les socialistes<sup data-fn="709fbf61-0891-4786-a467-07495e354710" class="fn"><a id="709fbf61-0891-4786-a467-07495e354710-link" href="#709fbf61-0891-4786-a467-07495e354710">2</a></sup> mais qu’elle risque désormais de gêner leur alliances électorales et de mécontenter les couches moyennes. Les fascistes ruraux, eux, ne veulent pas renoncer à la violence car ils en ont besoin pour surexploiter la paysannerie et mater ses révoltes<sup data-fn="a358a6e6-f2d5-4af7-88f8-cf7d0936a4b6" class="fn"><a id="a358a6e6-f2d5-4af7-88f8-cf7d0936a4b6-link" href="#a358a6e6-f2d5-4af7-88f8-cf7d0936a4b6">3</a></sup>.<br></p>



<p>Gramsci prédit que cette tension pourrait être&nbsp; génératrice de scission au sein du camp fasciste et qu&rsquo;elle pourrait entraîner la création d’un parti qui porterait les idées fascistes sur le terrain parlementaire mais qu&rsquo;elle ne fera pas cesser les violences du «&nbsp;fascisme véritable&nbsp;» dans la rue. Mussolini, par exemple, s&rsquo;est engagé sur le terrain parlementaire tout en encourageant en sous-main le développement de milices violentes sur lesquelles il s’est appuyé pour arriver au pouvoir.&nbsp;</p>



<p>Globalement, le succès des fascismes italiens mais aussi allemands tient au fait que leurs dirigeants ont su faire tenir ensemble la matraque et la cravate en trouvant le bon dosage au bon moment.</p>



<p>En 1930 et en 1931, alors que le parti nazi, le NSDAP, s’est énormément développé, Hitler doit faire face à une autre crise. Les SA (chemises brunes), qui étaient déjà très puissantes (170 000 hommes en 1931) mais mal payées et impatientes de prendre le pouvoir, ont protesté contre les tentatives d’Hitler de gagner en respectabilité, notamment quand ce dernier a temporairement interdit les violences de rue. Elles ont alors occupé par deux fois le siège du parti nazi. Hitler s’en est sorti grâce à la diplomatie et à la purge de 500 d’entre eux, les plus radicaux.</p>



<p>Ensuite, en juillet 1932, le NSDAP devient le 1<sup>er</sup> parti d’Allemagne. Hitler refuse la proposition du Président de devenir vice-chancelier. Il joue la carte du tout ou rien (comme Bardella en 2024). Il doit faire face à de vives tensions internes. De nombreux cadres du parti sont, en effet, tentés d’accepter les propositions de coalition faites par les conservateurs. Ces tensions s’accentuent avec la contre-performance électorale de novembre 1932. Le NSDAP est alors en crise. Il n’a plus d’argent. Il reste 1<sup>er</sup> parti d’Allemagne mais a perdu son élan alors, qu’à l’inverse, le KPD (parti communiste allemand) progresse. Le parti nazi est désormais au bord de l’implosion. Il est sauvé finalement par une partie des conservateurs qui nomment&nbsp; Hitler chancelier en pensant pouvoir le contrôler et damer le pion à des conservateurs concurrents.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Fascisme en tension au sein du FN</strong></h2>



<p>Le FN/RN n’a pas non plus échappé à ces tensions. Depuis sa création, il marche sur une instable ligne de crête. Pour se développer, les dirigeants du FN cherchent à dissimuler les liens qui les unissent aux militants violents et à créer des ponts idéologiques et politiques avec la droite conservatrice. Mais plus ils se rapprochent du pouvoir, plus ils courent le risque de se ramollir et d’être dilués dans la droite conservatrice. Pour éviter cette dérive à gauche et la notabilisation du parti (le fait que ses élus soient prêts à renier leur projet politique pour garder leur place au chaud), le FN fait parfois le choix de la radicalité. C’est ce qui s’est passé dans les années 1980. Après les premières victoires électorales du FN, Jean-Marie Le Pen a choisi de durcir sa ligne en multipliant les «&nbsp;dérapages&nbsp;» racistes et homophobes qui étaient, en fait, tout à fait contrôlés. Le pari était que cela ferait peut-être fuir quelques personnes mais que cela ressouderait les troupes derrière le chef. Il prédisait aussi que les voix perdues seraient regagnées par la suite et de manière plus durable. Le pari s’est avéré gagnant. Le FN a réussi à fidéliser un électorat grossissant sur des bases ouvertement réactionnaires.</p>



<p>Cette radicalisation a aussi permis de donner des gages aux militants plus radicaux et violents dont le FN ne peut se passer car ils sont garants du projet fasciste, aussi bien d’un point de vue idéologique que pratique. En effet, le RN ne pourra mener à bout son projet que via la voie institutionnelle. Il devra aussi s’imposer dans la rue et mater les institutions bourgeoises. Et qui de mieux que des militants formés politiquement, amateurs de castagne et désireux de casser du <em>gauchiste</em>, du <em>pédé </em>et de <em>l’arabe </em>pour guider un mouvement de masse qui aurait pour but d’écraser tout ce qui fait obstacle au projet fasciste au moment où le FN aura décidé de tomber le masque&nbsp;?</p>



<p>C’est ainsi qu&rsquo;apparaît le paradoxe du RN entre le fait qu’il n’ait pas de mots assez durs publiquement vis-à-vis des fachos violents ou ouvertement racistes et qu’il leur offre en sous main des postes d’élus, d’assistants parlementaires, de chargés de communication et qu’il fait appel à eux pour leur service d’ordre. Ils ont besoin des radicaux pour que le parti n’oublie pas ses fondamentaux mais ils ne peuvent pas pour autant leur laisser toute la place au risque de retomber dans la marginalité politique.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Crises du RN</strong></h2>



<p>Depuis 2011 et l’intronisation de Marine Le Pen, la dynamique du FN (en progression constante dans les urnes) fait que la stratégie de la cravate est quasi incontestée, même parmi les cagoulés. Quand tout va bien, les tensions entre la cravate et la matraque sont mises sous le tapis. Mais elles ressurgissent aux premières difficultés. Pendant le mouvement social de 1995, le fait que la gauche soit de nouveau à l’offensive a fait que le FN pouvait moins facilement apparaître comme un débouché crédible pour la colère. Dans ce contexte, et alors que Le Pen était déclaré inéligible (déjà!), le FN a traversé des turbulences. Comme c’est arrivé à de nombreuses reprises dans l’histoire du parti<sup data-fn="2338c770-b8a8-4e6f-9007-10cee0973f8d" class="fn"><a id="2338c770-b8a8-4e6f-9007-10cee0973f8d-link" href="#2338c770-b8a8-4e6f-9007-10cee0973f8d">4</a></sup>, Le Pen a dû faire face à une tentative de débordement sur sa «&nbsp;gauche&nbsp;». Mégret et la plupart des cadres, peu convaincus par la ligne radicale de Le Pen,proposent de nouer des alliances avec la droite pour accéder au pouvoir. Jean-Marie Le Pen résout la crise en excluant et en humiliant Mégret et ses lieutenants du parti et en maintenant sa ligne radicale. Le parti était affaibli mais l’autorité du chef était réaffirmée. Trois ans plus tard, le FN était au 2ème tour de l’élection présidentielle tandis que le parti de Mégret tombait dans les oubliettes.</p>



<p>Avec l&rsquo;inéligibilité potentielle de Marine Le Pen, une nouvelle période de crise s’ouvre et avec elle, les tensions stratégiques mises sous le tapis refont surface. On l’a vu juste après l’annonce de l’inéligibilité. Certains cadres appelaient à des manifestations partout et avaient un discours public assez véhément contre les institutions et en appelant à la résistance populaire.Mais la ligne respectable l’a temporairement emporté et la colère qu’ils avaient eux-même attisée a été vite canalisée. Pas de manifestation en région mais un seul rassemblement à Paris, pour éviter tout débordement. La direction du parti aurait même préféré un meeting dans une salle pour limiter le risque de violences mais il n’y en avait pas d’assez grande de disponible en aussi peu de temps, c’est donc par défaut qu’ils ont organisé la 1ère mobilisation dans l’espace public du RN depuis des années.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Profiter des crises</strong></h2>



<p>Les partis fascistes revoient leurs stratégies en fonction des crises qu’ils traversent ou que traverse la société. Et sous certaines conditions (aggravation des crises économiques et politiques, poussée révolutionnaire, perte de vitesse électorale ou au contraire accession au pouvoir), les fascistes pourraient de nouveau chercher à construire un mouvement de masse et être soutenus dans cette entreprise par la bourgeoisie. Le meilleur moyen de s’assurer que les fascistes ne parviennent pas à leurs fins (c’est-à-dire notre fin), c’est de tuer leur mouvement dans l&rsquo;œuf. L’œuf est déjà bien gros. L’analyse de Gramsci nous est utile, à la fois, pour ne pas baisser la garde et garder en tête que les fascistes portent plusieurs costumes mais elle nous donne aussi des pistes pour les attaquer en profitant de leurs contradictions. Gramsci nous invitait déjà en 1921 à “profiter de la période de calme relatif provoquée par les dissensions internes des bandes fascistes”.&nbsp;</p>



<p>Sauf qu’en Allemagne et en Italie, le mouvement ouvrier n’a jamais profité de ces crises.&nbsp; En Italie, les socialistes exhortaient à l’inaction face aux fascistes («&nbsp;Restez dans vos maisons&nbsp;; ne répondez pas aux provocations. Même le silence, même la lâcheté sont parfois héroïques&nbsp;», disait un dirigeant et se concentraient sur l’opposition parlementaire en allant jusqu’à signer avec eux un pacte de non-agression. En Allemagne, les communistes sous-estimaient le danger fasciste et combattaient les socialistes avec autant de hargne que les fascistes. Les socialistes, eux, comptaient juste sur la voie institutionnelle pour stopper les nazis. Aucun d’eux n’a su tirer profit des crises, parfois profondes, qu’ont pourtant traversé les partis fascistes.&nbsp;</p>



<p>Nous avons la possibilité de ne pas reproduire les mêmes erreurs à condition de bien cerner la menace et de la traiter en conséquence. Le retour d’un mouvement de masse fasciste incarné par le RN et sa galaxie est une option à considérer sérieusement. Pour l’instant le RN est fort dans les urnes et les médias mais la présence des fachos dans la rue, bien que menaçante et croissante, reste groupusculaire. </p>



<p>Leur ascension est résistible à condition de faire les bons choix. Nous devons créer un mouvement antifasciste de masse, suffisamment nombreux pour empêcher (ou à minima perturber) toute apparition publique des fachos car chacune d’elles contribue à la fois à banaliser leur présence et leur permet de recruter des militants. Nous ne devons pas les laisser traduire leur puissance médiatique et institutionnelle en puissance militante. Seule l’unité d’action de tout notre camp contre les fascistes peut nous permettre d’y parvenir. Nous devons aussi, rediaboliser le RN car leur progression s’appuie en grande partie sur sa stratégie de respectabilité. En montrant son vrai visage, nous fragiliserons le bloc fasciste qu’ils construisent en compliquant leurs alliances avec la droite conservatrice et en les empêchant de recruter de nouveaux électeurs et militant.es<s> </s>.&nbsp;</p>



<p>Au lendemain du départ de Mégret, le FN était au fond du trou mais Ras l’Front et le reste du mouvement antifasciste n&rsquo;ont pas réussi à lui porter le coup de grâce. Groupons nos forces et, cette fois-ci, finissons le travail.&nbsp;</p>



<h5 class="wp-block-heading">Manu (Saint-Brieuc)</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="96ca0e92-420a-49f8-b59a-c5bc12eefbaf">Organisation d’Armée Secrète est une organisation politique fasciste qui menait un combat contre l’indépendance algérienne dès 1961. <a href="#96ca0e92-420a-49f8-b59a-c5bc12eefbaf-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li><li id="709fbf61-0891-4786-a467-07495e354710">Ils sont passés de lutte de classe à collaboration de classe quand la moitié d’entre eux ont accepté de créer une coalition avec la droite et ont signé un pacte de pacification avec les fascistes. <a href="#709fbf61-0891-4786-a467-07495e354710-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2">↩︎</a></li><li id="a358a6e6-f2d5-4af7-88f8-cf7d0936a4b6">Un travail serait à mener sur les assises matérielles contemporaines des divergences stratégiques entre les partisans de la cravate et de la cagoule. <a href="#a358a6e6-f2d5-4af7-88f8-cf7d0936a4b6-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3">↩︎</a></li><li id="2338c770-b8a8-4e6f-9007-10cee0973f8d">https://www.quefaire.lautre.net/La-crise-d-un-parti-fasciste <a href="#2338c770-b8a8-4e6f-9007-10cee0973f8d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4">↩︎</a></li></ol><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/fascisme-en-tension-comprendre-et-combattre-les-fascistes-avec-gramsci/">Fascisme en tension : comprendre et combattre les fascistes avec Gramsci </a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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		<title>Contre les fachos et le racisme, construisons le 14 mars</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/contre-les-fachos-et-le-racisme-construisons-le-14-mars/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Emil]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Feb 2026 12:23:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[Antifascisme]]></category>
		<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">L&#8217;offensive des fascistes depuis deux semaines est violente. A Autonomie de Classe, on défend que la seule manière d&#8217;y faire face, c&#8217;est de construire une riposte de masse dans la rue pour casser la confiance <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/contre-les-fachos-et-le-racisme-construisons-le-14-mars/" title="Contre les fachos et le racisme, construisons le 14 mars">[...]</a></div>
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<p><em>L&rsquo;offensive des fascistes depuis deux semaines est violente. A Autonomie de Classe, on défend que la seule manière d&rsquo;y faire face, c&rsquo;est de construire une riposte de masse dans la rue pour casser la confiance des fachos et reprendre confiance en notre force, en la force de notre classe. Je suis avec Denis et Gabin d&rsquo;Autonomie de Classe qui, respectivement à Paris et Marseille, construisent cette riposte et la mobilisation du 14 mars contre le racisme et le fascisme appelé par la marche des solidarités.</em><br><em>On a plusieurs choses à aborder ensemble. Déjà, l&rsquo;offensive des fachos dont je parlais, elle ne suscite pas que de la peur. Au contraire, elle provoque aussi une prise de conscience du danger fasciste, qui peut potentiellement se transformer en un engagement, une mise en action. Est-ce que ce que je dis est vrai ? Est-ce que vous pouvez nous raconter où on est la riposte dans vos villes ?</em><br><em>Ensuite, le 14 mars, on devrait être le plus nombreux possible à défiler, pour montrer qu&rsquo;on est la majorité en France à être antiraciste et antifasciste. C&rsquo;est par le rapport de force dans la rue et pas par la voix institutionnelle qu&rsquo;on peut espérer transformer la société et battre les fachos. L&rsquo;enjeu, c&rsquo;est donc de construire massivement, tout en assumant cette radicalité stratégique. Et ça, ça va être possible qu&rsquo;en construisant par en bas, dans chaque quartier, dans chaque lieu de travail, dans chaque lieu d&rsquo;études. Est-ce que vous pouvez nous raconter de ce point de vue comment se construit la mobilisation ?<br>Et enfin, dans le cadre de la campagne des municipales, la marche des solidarités, elle appelle aussi à construire la riposte face aux fascistes du RN et de Reconquête, et à ne pas leur laisser un pouce de terrain, à ne pas leur laisser mener campagne. Est-ce que vous pouvez nous dire comment s&rsquo;articule cette campagne antifasciste à la construction du 14 mars ?</em></p>



<p>Moi c&rsquo;est Denis, je suis à la fois membre d&rsquo;autonomie de classe, donc dans le 20e arrondissement, et depuis le début de son existence, impliqué dans la Marche des Solidarités. Alors d&rsquo;abord, je pense que c&rsquo;est important, ça détermine des choses par rapport aux questions qui sont posées, je pense que la lutte antifasciste, ce n&rsquo;est pas simplement pour redonner confiance à notre classe, à notre camp, à la majorité, etc. C&rsquo;est vrai, et c&rsquo;est ce qui fait qu&rsquo;une riposte antifasciste, comme dans les années 30 en France, peut radicaliser et porter plus loin, et entraîner une radicalisation beaucoup plus générale.</p>



<p>Mais c&rsquo;est aussi, matériellement, pour stopper les fascistes, c&rsquo;est l&rsquo;aspect matériel des choses, c&rsquo;est-à-dire empêcher la construction d&rsquo;une organisation de masse fasciste, empêcher le fait que, par la diffusion, l&rsquo;intervention publique des fascistes dans la rue, etc., qu&rsquo;il y ait une sorte de banalisation de ce qu&rsquo;est le fascisme, de ses idées, etc. Donc les deux vont ensemble, c&rsquo;est dans la réussite et dans la capacité à s&rsquo;organiser collectivement de façon nombreuse pour stopper les fascistes, qu&rsquo;il y a une confiance qui est gagnée, qu&rsquo;il y a une solidarité qui se construit, qu&rsquo;il y a des liens qui se construisent, et que du coup, ces liens, cette solidarité, cette confiance, permettent d&rsquo;aller beaucoup plus loin que simplement une lutte défensive pour bloquer les fascistes. Ensuite, je pense que ce n&rsquo;est pas l&rsquo;offensive des fascistes de ces dernières semaines qui suscite un engagement. Marx, dans une polémique avec Proudhon, disait que ce n&rsquo;est pas la misère qui provoquait la révolte et qui provoquait l&rsquo;émancipation, la possibilité de changer les choses. C&rsquo;était la confiance prise dans la résistance et dans la lutte contre les inégalités, contre la misère, qui permettait de redonner confiance et de donner des perspectives de mobilisation, d&rsquo;émancipation. Je dis ça parce que, bien sûr, l&rsquo;offensive elle est terrible, mais c&rsquo;est plutôt parce qu&rsquo;il y a eu des étincelles, des noyaux, des éléments de contre-offensive, qui ont cristallisé le fait que magré une sorte de sidération dominante, il y a des gens qui disaient, « mais il faut lutter contre eux, ce n&rsquo;est pas possible », [que la riposte a été possible].</p>



<p>Et en plus, du coup, plus les fachos dans leur offensive ces derniers jours prenaient confiance, et plus la nature fasciste de leur offensive devenait claire, en fait, là où des initiatives ont été prises, effectivement, il y a eu une réponse. Il y a eu des gens qui ont dit, « ouf, oui, il faut faire quelque chose, oui, c&rsquo;est possible ». Je donne l&rsquo;exemple sur mon arrondissement, il y a des listes de diffusion whatsapp, qui existes parce qu&rsquo;on essaye de construire la lutte antifasciste et la lutte antiraciste depuis longtemps, avec La Marche, mais aussi dans des collectifs locaux. </p>



<p>Et du coup, une camarade a pris l&rsquo;initiative sur les listes du 20e arrondissement de dire, « écoutez, là, on riposte, on va écrire un tract, grand angle, pour dénoncer ce qu&rsquo;est la réalité du fascisme et la nécessité de s&rsquo;y opposer localement, de mobiliser pour le 14 mars, etc ». Et là, c&rsquo;était comme si tu appuyais sur un bouton et il y avait des gens qui n&rsquo;attendaient que ça, et pas forcément des militants et des militantes très impliquées ! Et du coup, il y a eu un tract qui est sorti, des gens qui se sont organisés pour l&rsquo;imprimer, qui ont proposé d&rsquo;aller faire des diffusions sur les marchés, et qui a été signé &#8211; moi, je n&rsquo;avais jamais vu ça sur le quartier, aussi bien par le collectif des secteurs un peu plus radicaux, la lutte antiraciste, le collectif antifasciste, les collectifs de sans-papier de Paris, le comité de soutien à El Hassan Diarra, qui a été tué devant son foyer, mais aussi les sections syndicales de plusieurs écoles de l&rsquo;arrondissement, mais aussi la section syndicale CGT de l&rsquo;hôpital, la section syndicale CGT du dépôt de la RATP locale, la section de la France insoumise, l&rsquo;UJFP localement, Urgence Palestine localement&#8230;</p>



<p>C&rsquo;est un exemple. La mobilisation autour de ce samedi dernier à la manifestation parisienne pour El Hacen, c&rsquo;est pareil. Il y a eu très peu d&rsquo;organisation, il y a eu très peu de boulot qui a été fait, mais il y avait 2000 personnes et c&rsquo;était clair pour les gens qui étaient là : le collectif des jeunes de Belleville, les collectifs de sans-papier, les résidents du foyer, pour les gens qui sont venus, la connexion entre la lutte contre le racisme, la lutte contre les violences policières et la lutte contre le fascisme était très présente. Et l&rsquo;opposition entre le traitement médiatique qui a été fait pour El Hacen et pour le fasciste mort. Pour le fasciste, ils demandent la dissolution de la Jeune Garde. Alors pour El Hacen il devraient demander la dissolution de la police. Parce que là, par contre, c&rsquo;est clair :  C&rsquo;est un guet-apens qu&rsquo;il y a eu vis-à-vis d&rsquo;El Hacen, on a des vidéos, ils sont dessus, ils tapent, et il est mort parce qu&rsquo;ils l&rsquo;ont tapé dans la rue. Là, c&rsquo;est clair. Mais les policiers qui ont fait ça ils sont encore en poste et Nunez les a défendus.</p>



<p>Là, la France Insoumise, après, elle en est prise plein la gueule. On peut être critique sur la façon dont elle a fait le dos rond. Mais il faut surtout être critique de toutes les autres organisations qui n&rsquo;ont pas poussé pour prendre clairement position. Il faut dire qu&rsquo;y compris derrière les attaques de la France Insoumise, qu&rsquo;est-ce que soit ce qu&rsquo;on en pense de la France Insoumise, en fait, c&rsquo;était des attaques contre l&rsquo;antifascisme, contre toute la gauche. C&rsquo;est ça qui était en jeu et donc, il fallait se mobiliser. Bon, la position de LFI n&rsquo;a pas aidé mais là le truc est en train de se renverser. Là, la France Insoumise vient de faire un communiqué, Mélenchon va faire un meeting à Lyon, donc là, il y a des possibilités. </p>



<p>Mais donc c&rsquo;est important d&rsquo;avoir cette idée que ce n&rsquo;est pas parce que les gens ont assisté à un déferlement de haine des fascistes et d&rsquo;offensive des fascistes que ça a suscité une riposte. Ce qui suscite la riposte, ce sont les initiatives qui sont prises et qui redonnent confiance au moins à un certain nombre de gens et les gens peuvent s&rsquo;en emparer et dire « oui, allez, là, on y va, c&rsquo;est possible, non seulement c&rsquo;est nécessaire, mais c&rsquo;est possible de résister ». Donc, dans cette situation-là, ce qui va être déterminant, c&rsquo;est les initiatives qui sont prises et leur l&rsquo;articulation à la mobilisation du 14 mars.</p>



<p>Le 14 mars doit être une manifestation de masse, une journée de manifestation de masse qui sera extrêmement importante pour renverser le climat, pour dire « dans ce pays, on peut se mobiliser en masse et il y a un antifascisme de masse, un antiracisme de masse qui est réel ». L&rsquo;enjeu, c&rsquo;est que antifascisme de masse et cet antiracisme de masse, ils se mobilisent, ils montrent leur force, ils se rendent visibles, ils permettent d&rsquo;unir ceux et celles qui sont en première ligne pour être victimes du racisme et du fascisme : à la fois les migrants, les immigrés, les arabes, les noirs, les musulmans, les musulmanes, mais c&rsquo;est aussi les centres LGBT, les locaux syndiquaux, les locaux de gauche, les endroits de fête. qui ont été attaqués ces dernières semaines. Tout ce qui reflète la diversité. C&rsquo;est ça que les fascistes, ils attaquent. Et ce qui permettra que le 14 mars soit massif, c&rsquo;est que dès aujourd&rsquo;hui, il y a une riposte qui se fasse quartier par quartier, ville par ville, etc. Nous, ce qu&rsquo;on essaye de favoriser avec La Marche, c&rsquo;est que l&rsquo;appel à manifester le 14 mars &#8211; et ça se concrétise, les manifestations sont en train de se construire dans plusierus villes &#8211; soit le prétexte pour des cadres de mobilisation pour dire « allez, on a un tract à distribuer, on peut aller sur le marché distribuer un tract parce qu&rsquo;il va y avoir une manifestation le 14 », et en allant distribuer ce tract, tu commences à unifier des gens, à organiser des gens pour le faire et du coup, ces gens qui s&rsquo;organisent, ils s&rsquo;organisent sur leur quartier ensemble et du coup, tu commences à mettre en place, s&rsquo;il y a un collectif qui n&rsquo;existait pas, un collectif se met à exister, tu vas aller contacter les sections, les syndicalistes localement, tu vas aller voir les commerçants pour qu&rsquo;ils mettent une affiche, etc. Tu vas sur le marché pour tracter si jamais il y a des gens du RN ou de Reconquête qui viennent, tu commences à organiser les gens autour pour essayer de les chasser, etc. Donc les 2 sont liés : la riposte quartier par quartier et la mobilisation du 14 mars</p>



<p>Donc voilà, c&rsquo;est ça qu&rsquo;on est en train de mettre en place. Rien que cette semaine-là où je parle, en région parisienne, il y a au moins, à ma connaissance, il y a au moins, 3 assemblées locales antifascistes qui se tiennent, du coup, qui permettent à la fois d&rsquo;organiser la riposte locale contre le RN, notamment dans le cadre de la campagne d&rsquo;élection municipale, et qui permettent aussi d&rsquo;appeler au 14 mars et d&rsquo;organiser la mobilisation pour le 14 mars. A Montreuil, dans le 20e et aux Lilas. Il y a un collectif qui est en train de s&rsquo;organiser dans le 12e, c&rsquo;est des gens qui sont venus d&rsquo;abord dans les assemblées de la Marche, qui se sont mis en contact avec ce qui se passait dans le 20e et qui ont décidé de créer un collectif antifasciste dans le 12e, et ça a permis de chasser les gens du Rassemblement National qui venaient faire une diffusion il y a quelques jours à la Porte Dorée. On a un contact, on a une camarade qui est en lien avec A2C par ailleurs, qui, à Gentilly, où il y a eu une offensive du Rassemblement National, elle a commencé à contacter des amis, des réseaux qu&rsquo;elle avait localement, elle a contacté les organisations de gauche qui se présentent à la campagne, le PC &#8211; qui n&rsquo;ont d&rsquo;ailleurs pas voulu réagir&#8230; Mais ça y est, elle est en train d&rsquo;organiser avec une vingtaine de personnes une première réunion pour voir comment s&rsquo;organiser. Il y a des possibilités au niveau de la Marche, pour la première fois, on a des camarades qui viennent aux assemblées de la Marche, qui ont commencé à organiser des listes, des boucles WhatsApp, on doit avoir peut-être 800 personnes sur la boucle région parisienne, et donc qui proposent, qui ont commencé à mettre en place des boucles par arrondissement, par ville autour de Paris, pour permettre aux gens de s&rsquo;organiser, de s&rsquo;organiser localement quand ils n&rsquo;étaient pas en contact. Et voilà, donc c&rsquo;est ça, le succès, la possibilité, ça va dans les deux sens, la possibilité que le 14 mars soit massif, et c&rsquo;est la veille du premier tour des élections municipales, elle vient du fait qu&rsquo;il y ait des gens qui s&rsquo;organisent localement partout, que se construise de cette façon-là, une implantation locale, le développement de liens de solidarité, etc. Et inversement, le 14 mars est un point d&rsquo;appui pour construire solidement ce mouvement, parce qu&rsquo;on sait qu&rsquo;une manifestation et une campagne ne suffira pas pour stopper les fascistes. </p>



<p>Et la dernière chose, je parle aussi en tant que militant révolutionnaire, on ne bloque pas simplement le fascisme. Oui il y a un combat défensif, il faut les bloquer, empêcher qu&rsquo;ils puissent utiliser la crise, la misère, la situation de désarroi, les galères dans lesquelles sont les gens, le fait que tout le système essaye de nous faire faire la guerre les uns contre les autres, et les unes contre les autres plutôt que contre le système en général, on peut réussir à les bloquer, à les empêcher d&rsquo;utiliser cette situation pour se développer. Mais par contre, si on veut mettre fin réellement au fascisme, et donc à la possibilité, au terreau que les fascistes peuvent utiliser, il y a des débats, des discussions sur comprendre justement ce terreau et comment est-ce qu&rsquo;on le change, et donc convaincre aussi les gens sur le fait que la seule manière de bloquer définitivement le fascisme, c&rsquo;est de changer le système et donc de faire la révolution et de s&rsquo;organiser pour ça.</p>



<p>Moi c&rsquo;est Gabin, je milite dans les cadres antiracistes depuis longtemps à Marseille, et notamment à Marseille contre Darmanin, où je suis avec Mathilde, qui m&rsquo;a aidé à préparer cette newsletter. Pour ma part, je suis aussi syndicaliste au syndicat Assos Solidaires 13.</p>



<p>À Marseille, après la mort du fasciste Quentin, il n&rsquo;y a pas eu tant que ça de messages de peur des fachos&#8230;</p>



<p>Par contre, il y a effectivement eu une prise de conscience de la nécessité de parler de la lutte antifasciste et de la faire vivre plus activement. Il y a pu y avoir aussi des critiques acerbes contre la France insoumise quand sa direction a commencé à se désolidariser et à compatir pour la famille de Quentin. Mais ces personnes-là, elles ne faisaient que critiquer la France insoumise, mais sans appeler à se mettre en action contre les attaques de fafs. Et en ne faisant pas la différence entre nos différents adversaires politiques, comme si le fascisme et le réformisme se combattaient de la même manière. Heureusement, ça n’a pas été le cas dans tous les cadres militants. Et cet événement, depuis une semaine, a quand même permis, j&rsquo;ai l&rsquo;impression, de maintenir la mobilisation de l’AG antifasciste, celles qui sont appelées par la Riposte Antifasciste, toutes les deux semaines contre le RN.</p>



<p>Et ça s&rsquo;est concrétisé par la possibilité de tenir deux tractages sur les marchés cette semaine-là contre le RN au lieu d&rsquo;un seul habituellement. On a vu des personnes nouvelles qui sont venues, et concrètement dans la rue, ça a amené à avoir plus de monde et une super ambiance aux deux tractages, des super bons retours, une bonne réception des personnes qui ont reçu nos tracts, des gens contents aussi qu&rsquo;on soit là, qu&rsquo;on soit présents, qu&rsquo;il y ait des réactions de notre part, pour ne pas se laisser complètement abattre par le discours ambiant. Et ça a aussi amené à la possibilité de faire un tractage et un grand collage collectif à l&rsquo;occasion de la commémoration d&rsquo;Ibrahim Ali, et en vue du grand meeting-concert antiraciste et antifasciste qui a eu lieu dimanche dernier, qui a été organisé par l&rsquo;inter-orga antiraciste, qui s’organise autour des dates de mobilisations et des mots d&rsquo;ordre de la Marche des Solidarités, et dont l’appel à Marseille a été signé par près de 150 associations et collectifs.</p>



<p>On peut aussi noter, un autre jour dans la semaine, une association de jeunes des quartiers populaires de Marseille, assez récente et en tout cas assez inconnue des militants du centre-ville, qui a appelé à un rassemblement du jour au lendemain contre la venue de Marion Maréchal Le Pen à Marseille pour son nouveau bouquin. Et même si le rassemblement a finalement été annulé, c&rsquo;était encourageant pour réussir à construire un front antifasciste encore plus large. Et donc tout ça, ça a permis de faire venir énormément de monde à ce concert-meeting, puisqu&rsquo;il y a eu 1000 personnes présentes qui sont rentrées dans la salle, et près de 500 qui ont dû être refoulées à l&rsquo;entrée par manque de place.</p>



<p>Et puis c&rsquo;était des personnes vraiment d&rsquo;un peu partout, vraiment hors des cadres militants, venant de plein de quartiers de Marseille. Et ça, c&rsquo;est quand même assez rassurant dans la période. On a pu du coup évidemment matraquer, en long, en large et en travers sur la nécessité de la date du 14 mars.</p>



<p>Et ce qui était chouette, c&rsquo;était de voir qu&rsquo;il y avait la participation active de plusieurs organisations qui n&rsquo;étaient pas habituées à participer activement aux événements de la Marche des Solidarités jusque-là, ces dernières années. Avec Marseille contre Darmanin (organisation antiraciste fondée lors de la lutte contre la Loi Darmanin), on a notamment pu rappeler notre mot d&rsquo;ordre sur la nécessité d&rsquo;un front antiraciste très large en parallèle du front antifasciste. Au final, on a pu récolter une soixantaine de contacts de personnes qui se sont dites prêtes à s&rsquo;investir pour construire le 14 mars avec nous, ou bien dans leur propre cadre associatif et militant.</p>



<p>Beaucoup de gens se sont mis en action ces dernières semaines, et on a vu que ça pouvait donner lieu à des formes d&rsquo;action, des formes d&rsquo;unité encore jamais initiées à l&rsquo;échelle de toute notre ville. On espère donc que la mobilisation du 14 mars fera venir le plus de monde possible au-delà des logiques électoralistes. Et en ce sens, la participation active de la France insoumise locale pour faire venir le maximum de monde dans la rue ce jour-là est à souligner.</p>



<p>Pour construire la lutte antiraciste, en tant que révolutionnaires convaincu.es que c&rsquo;est par en bas et que c&rsquo;est par notre unité la plus large qu&rsquo;on concrétisera le meilleur rapport de force, il va nous falloir rappeler toutes les organisations, tous les assos, tous les contacts qu&rsquo;on a eus, des personnes qui ont participé aux précédentes étapes ces dernières semaines pour les convaincre que c&rsquo;est bien le 14 mars, le point d&rsquo;orgue de notre lutte dans la rue et qui sera déterminante pour montrer à la fois à la bourgeoisie et à l&rsquo;État que c&rsquo;est de notre classe unie qu&rsquo;ils doivent avoir peur et aussi montrer au reste de notre camp, qui ne serait pas sortis ce jour-là, que c&rsquo;est bien possible de le faire même dans ce climat nauséabond et qu&rsquo;on ne doit en aucun cas avoir peur des fachos mais plutôt l&rsquo;inverse. Après sur la construction de ces dates, malheureusement il n&rsquo;y a pas de raccourci, il n&rsquo;y a pas de combat et de construction simple pour nos dates de mobilisation et sur Marseille on avait pu voir des choses assez intéressantes avec l&rsquo;AG du secteur du travail social et associatif qui s&rsquo;était mobilisé assez activement et qui avait appelé à trois jours de grève autour de la date du 18 décembre dernier, avec des mots d&rsquo;ordre antiracistes et ça avait pu notamment amener à ce qu’il y ait la création avec d&rsquo;autres secteurs en lutte sur Marseille d&rsquo;une interpro antiraciste avec des personnes de la restauration, de la culture, de l&rsquo;éducation, de l&rsquo;université. Malheureusement pour l&rsquo;instant ce cadre n&rsquo;a pas pu être renouvelé et la plupart des AG de secteurs sont beaucoup moins actives. C&rsquo;est à nous de voir comment on peut utiliser ces cadres et réussir à les maintenir, et moi je reste aussi persuadé que c&rsquo;est aussi grâce aux syndicats qu&rsquo;on peut faire tenir ce genre de cadre interpro.</p>



<p>Pour revenir à la campagne municipale, depuis le mois de décembre à Marseille la riposte antifasciste a lancé une contre-campagne spécifiquement pour s&rsquo;opposer au RN et ça a fait venir pas mal de monde avec des AG à plusieurs dizaines, environ 50-60 personnes toutes les deux semaines pour s&rsquo;organiser contre le RN, pour les empêcher de tenir la rue, pour les empêcher de tracter dans les marchés, pour décoller leurs affiches, pour coller les nôtres. Ça a amené à la possibilité de faire des tractages sur au moins un marché de Marseille où ils avaient été vus à plusieurs reprises en train de tracter le samedi matin et donc on arrive à tenir ces contre-tractages tous les samedis et ça permet aussi à nos différentes personnes des comités antifascistes de Marseille de participer et de se rencontrer. Ça nous permet aussi de réfléchir à quelles sont nos stratégies&nbsp;:</p>



<p>Est-ce qu&rsquo;il faut s&rsquo;en prendre au parti socialiste qui a lancé sa police municipale contre les personnes étrangères à Marseille ces dernières années ? Est-ce qu&rsquo;il faut s&rsquo;en prendre au parti des Républicains ? Il y a notamment Martine Vassal (Présidente de la Métropole d&rsquo;Aix-Marseille-Provence) qui a dit récemment, qui a récité le slogan pétainiste « Travail, famille, patrie ». Il y a aussi une nécessité d&rsquo;avoir ces moments-là, ça nous permet de confronter nos discours politiques à la réalité du terrain et il faut toujours batailler pour réussir à voir si nos mots d&rsquo;ordre théoriques correspondent à ce qui se passe concrètement dans la rue. En tout cas, jusqu&rsquo;à maintenant, ces contre-tractages et ces assemblées ont permis de construire différentes dates de mobilisation, comme celle d&rsquo;hier au Vieux-Port, en hommage aux victimes du fascisme, qui a réuni plus de 1000 personnes, donc ça fait plaisir de voir ces images. Et on va pouvoir construire dès la semaine prochaine, en parallèle de l&rsquo;inter-orga antiraciste, on va pouvoir, avec l&rsquo;assemblée anti-RN, construire un cortège antifasciste hyper déter pour le 14 mars et faire en sorte qu&rsquo;un maximum de personnes qui sont investies dans les cadres antifascistes se saisissent de cette date-là comme une des pierres angulaires de la lutte antifasciste, de la lutte antiraciste, notamment en participant au tractage et au collage du visuel qu&rsquo;on vient de sortir pour le 14 mars.</p>



<p>Et du coup tout ça, entre les réunions des inter-orga et les assemblées anti-RN spécifiques aux municipales, je pense que ça peut nous laisser espérer un super 14 mars, une grosse mobilisation pour ce jour-là et après il nous faudra imaginer la suite et c&rsquo;est des choses auxquelles on commence à s&rsquo;attaquer actuellement.</p>
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		<title>Réunion publique : Face aux offensives fascistes, quelle riposte construire ?</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/reunion-publique-face-aux-offensives-fascistes-quelle-riposte-construire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Emil]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 20 Feb 2026 16:10:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[Antifascisme]]></category>
		<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
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		<category><![CDATA[Racisme]]></category>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>La mort d&rsquo;un facho à Lyon et le traitement médiatique qui en est fait sont l&rsquo;occasion d&rsquo;une offensive des fascistes : depuis vendredi, ils se rassemblent ou appellent à se rassembler un peu partout, jusque dans des quartiers connus pour leur histoire antifasciste.</p>



<p>Dans plus d&rsquo;une dizaine de villes, des locaux politiques, syndicaux, des mosquées et des lycées ont été ciblés par les fascistes. Des rassemblements fascistes se sont aussi tenus partout en France.</p>



<p>Il est impératif de mobiliser partout sur la question, sans attendre que les fascistes appellent à des rassemblements, s&rsquo;il le font, chercher à les faire annuler par notre présence massive. Et de renforcer la diffusion de tracts sur les marchés, le collage d&rsquo;affiches…<br>C&rsquo;est l&rsquo;urgence absolue : rendre visible une opposition large et populaire au fascisme et au racisme.</p>



<p>●<strong> Face à l&rsquo;offensive fasciste, unité et solidarité</strong> avec les organisations attaquées ou menacées, défense des lieux attaqués ou menacés, renforcement des réseaux de défense des sans-papiers etc.</p>



<p>● <strong>Il faut relégitimer la lutte antifasciste</strong> : il était juste de combattre le fascisme avant Lyon et c&rsquo;est toujours juste après. Il faut maintenir et développer la mobilisation dans nos quartiers contre la propagande électorale des fascistes et contre le racisme au pouvoir.<br>Les prochaines échéances du mouvement doivent nous permettre de renforcer la construction du mouvement antifasciste par en bas, avec tout le monde : le 8 mars en virant Nemesis et les sionistes, en s&rsquo;organisant pour empêcher les fachos d&rsquo;apparaître publiquement dans le cadre de la campagne des municipales, et en manifestant partout le 14 mars, à l&rsquo;appel de la Marche des Solidarités, contre le racisme et le fascisme.</p>



<p>● <strong>Nous ne laisserons pas un centimètre aux fachos</strong> qui tuent sans vergogne et s&rsquo;enorgueillissent<br>de frapper. A Lyon Deranque était membre des groupes nazis qui cherchaient à développer un climat de terreur contre les immigré.es, les musulman.es, les féministes et les militant.es LGBTq+ et toute la gauche politique et syndicale.</p>



<p>Connectez-vous <strong>dimanche, à 18h, sur zoom, </strong>pour une introduction et une discussion avec des camarades d’A2C impliqué’es dans les fronts antiracistes et antifascistes.</p>



<p><strong>ID de réunion : 865 0533 4715</strong></p>



<p><strong>Mot de passe : 915793</strong></p>
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