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	<title>Antifascisme Archives - A2C - Autonomie de classe</title>
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	<title>Antifascisme Archives - A2C - Autonomie de classe</title>
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		<title>Faisons entrer notre classe pour sortir les fascistes !</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Emil]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 11 Sep 2026 15:31:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[Antifascisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Les Cahiers d&#8217;A2C #23 &#8211; Septembre 2026 L’été et la rentrée de l’année dernière avaient été marqués par un mouvement de classe qui s’était construit par en bas contre le budget de guerre, le racisme, <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/editorial/faisons-entrer-notre-classe-pour-sortir-les-fascistes/" title="Faisons entrer notre classe pour sortir les fascistes !">[...]</a></div>
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<p class="has-text-align-right has-luminous-vivid-amber-background-color has-background wp-block-paragraph"><strong>Les Cahiers d&rsquo;A2C #23 &#8211; Septembre 2026</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>L’été et la rentrée de l’année dernière avaient été marqués par un mouvement de classe qui s’était construit par en bas contre le budget de guerre, le racisme, le fascisme, le génocide à Gaza et qui avait fait tomber le gouvernement Bayrou en dépit de directions syndicales et d’une partie de la gauche qui avaient tout fait dans les mois qui avaient précédé pour ne pas en arriver là : la participation aux conclaves sur les retraites au printemps 2025 est une des nombreuses illustrations de cette stratégie. Le mouvement Bloquons-tout n’a pas perduré en tant que tel au-delà de la destitution de Bayrou. Ce n’était pas faute de combativité, mais plutôt par manque de perspectives et de revendications une fois Bayrou dégagé ! La défaite dans la victoire. </em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette rentrée s’annonce tout aussi mouvementée avec la mise en mouvement de nombreux fronts et l’appel à la grève dans plusieurs secteurs : Mobilisation féministe du 7 septembre contre les violences sexistes et sexuelles, grèves de la santé le 15, manifestations antiracistes contre la loi « permis de tuer » le 20 septembre, mobilisations écologiques et des pompiers le 26, grève de la fonction publique le 29&#8230;<br>Comme le mouvement Bloquons-Tout était une expression des enseignements que notre classe tirait des expériences précédentes &#8211; notamment sur la période de 2023 avec le mouvement contre la réforme des retraites, le combat contre la loi Darmanin et les révoltes à la suite du meurtre de Nahel par la police &#8211; le mouvement de septembre 2026 continue à illustrer la combativité de notre classe. C’est dans cette mise en action et à travers les bilans qui en sont faits que peuvent s’accumuler les expériences qui renforcent notre capacité collective à agir.<br>Il faut donc construire chacune de ces dates, argumenter pour que les mobilisations ne soient pas juste un moyen de pression dans le contexte d’élections mais plutôt pousser pour que les discussions tournent autour de la question de comment continuer et amplifier, comment élargir la base de celles et ceux qui organisent ces mobilisations et leurs suites.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’unité doit se construire à travers le mouvement antifasciste et antiraciste</strong><br>C’est dans ce contexte que les mobilisations antifascistes qui s’annoncent contre le congrès du RN et le meeting de lancement de campagne de Le Pen à Orléans le weekend du 24 et 25 octobre sont déterminantes pour les mois à venir. Le danger avec le RN, ça n’est pas juste leur éventuelle victoire aux prochaines élections présidentielles et législatives. Le véritable danger, c’est le fascisme. Les empêcher de faire campagne est une nécessité pour empêcher le fascisme de progresser. Partout où le RN et Reconquête seront en capacité d’organiser des meetings, de coller des affiches, de diffuser des tracts, d’assurer une présence dans un quartier, un marché, une ville, un village, la capacité de notre classe à s’organiser dans ces endroits sera amoindrie et les racistes et les fascistes prendront la confiance et s’organiseront. La vague de violences racistes et les groupes fascistes dans les rues dans les semaines qui ont précédé les élections législatives de 2024 qui étaient promises au RN sont l’illustration que le danger n’attend pas les élections. Les suites du mouvement de septembre, pour chacun des fronts qui s’y engagent, pour l’ensemble de notre classe se jouent dans notre capacité à construire l’unité dans l’action la plus large pour confronter et isoler les fascistes à Orléans. C’est pour cela qu’il est déterminant qu’on soit le plus nombreuses et nombreux possibles dans la rue à Orléans contre le RN et qu’il y ait le plus possible de villes et villages qui organisent des déplacements pour en être.<br>Le RN cherchera à faire une démonstration de force pour galvaniser ses troupes et prouver à la bourgeoisie qu’il a la capacité de prendre les rênes du pays. L’enjeu est d’autant plus grand qu’en tant que premier meeting, ce qu’il suscitera (enthousiasme ou déception?) jettera les bases de la campagne à venir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La riposte s’organise localement et de nombreuses organisations (CGT, Marche des Solidarités, collectifs antifascistes) appellent à la renforcer et à en faire une riposte nationale. Que la démonstration de force soit de notre côté ! Soyons les plus nombreux et nombreuses possible à construire la mobilisation nationalement.<br>Cette dynamique sera le marchepied pour la construction de campagnes locales antifascistes pour que nulle part ailleurs les fascistes ne se sentent en confiance de s’afficher. Elle nous donnera la confiance nécessaire à agir partout jusqu’aux élections.<br>L’audience pour ce mouvement antifasciste et antiraciste existe donc et les forces pour continuer à le construire sont là. Ces derniers mois, des milliers de personnes se sont engagées dans toute la France pour construire des mobilisations contre les fascistes (par exemple contre le défilé néonazi du C9M, contre les apparitions du RN et de Reconquête pendant les municipales et jusque pendant les vacances des fascistes cet été), ou contre les politiques racistes, pour le droit au logement de toutes et tous, pour la régularisation des sans-papiers, etc. Ces réseaux antiracistes et antifascistes existants doivent être renforcés, de nouveaux doivent essaimer&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Et les élections ? Votons LFI, mais surtout organisons-nous pour lutter dès maintenant.</strong><br>Mélenchon est désormais donné au second tour. La politique de la FI, qui décide depuis les échecs répétés des unions de la gauche de jouer la carte de la polarisation – contrairement au reste de la gauche, directions syndicales comprises, qui aspire à lisser les contradictions sociales (rappelons-nous la canalisation de Bloquons-Tout) – porte ses fruits.<br>Ainsi notre classe, et en particulier la jeunesse, est largement galvanisée par la candidature Mélenchon.<br>Des dizaines de milliers de jeunes voient en la victoire de la FI un débouché pour leurs aspirations politiques, contre les inégalités, contre le racisme, le sexisme, pour l’écologie etc. Cet enthousiasme est largement démontré par la participation et la ferveur rencontrées aux rassemblements FI de ces derniers mois : meeting à Saint-Denis, concert de la fête de la musique à Paris, universités d’été&#8230; Ce qui apparaît possible avec la FI, c’est non seulement de gagner contre les fascistes mais aussi contre l’ensemble des politiques racistes, néolibérales, qui les ont renforcés ces dernières années.<br>La FI à besoin des luttes pour gagner. Elle sait que c’est la combativité dont fera preuve notre classe ces prochains mois qui fera la différence dans les urnes en avril. La manifestation contre le racisme et l’extrême-droite du 21 juin initiée par Bally Bagayoko dans une perspective unitaire &#8211; s’efforçant de rassembler largement les autres organisations de gauche autour de cette date &#8211; est une démonstration de ce qui pourrait être la démarche insoumise ces prochains mois. À ce titre, ces prochains mois les révolutionnaires ne doivent certainement pas céder au sectarisme vis-à-vis de la France Insoumise, comme il en a été lors de la manifestation parisienne du 21 juin contre le racisme et l’extrême-droite, boudée par les organisations de gauche radicale ! Au contraire, l’engouement de la jeunesse donné plus haut doit nous réjouir et il nous impose. Personne ne se bat pour perdre : cet engouement est un moteur pour l’action ! Aux révolutionnaires d’être de toutes les expériences que mènera cette frange de notre classe. Expérience électorale&#8230; incluse. Il faut voter LFI aux présidentielles.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Se séparer pour unir la classe dans la lutte</strong><br>Ne pas attendre les élections, penser et construire l’unité, argumenter pour que nos cadres de luttes s’ouvrent et s’adressent à notre classe dans son ensemble, faire de la politique à partir de nos lieux de travail et d’études, avec la conviction que chaque nouvelle initiative par en bas renforce la capacité d’agir de nous toutes et tous&#8230; Ces conceptions ne naissent pas toutes faites dans la tête des exploité·es et des opprimé·es ! On peut au contraire préférer tempérer nos luttes pour garantir une victoire électorale, séparer les champs du social et du politique – « la grève c’est pour les salaires, pas contre le racisme ! » – et penser la transformation par en haut – « la rue, d’accord, mais le débouché c’est l’assemblée ! ». La lutte des classes c’est aussi mener des batailles à l’intérieur de notre camp. Pour les gagner, formuler des analyses et proposer des stratégies dans le mouvement, synthétiser les leçons qu’on tire de nos luttes&#8230; les révolutionnaires doivent construire des organisations où ils et elles se rassemblent pour mieux intervenir dans la classe et mener les combats pour défendre une certaine stratégie. Les prochains mois seront intenses et nous ne pouvons pas faire l’économie de débats, pour toutes celles et ceux qui veulent triompher sur l’exploitation et l’oppression. C’est à ce titre que Les Cahiers d’A2C paraîtront désormais une fois par mois, et que nous ouvrons une rubrique « courriers des lecteur·ices ». Cette revue vous plaît ? Vous souhaitez répondre à un article ? Vous abonner, vous ou un·e proche ? Participer à une réunion pour débattre ou vous-même organiser une réunion publique autour d’un article ? Écrivez-nous !</p>



<p class="wp-block-paragraph">A2C</p>
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		<title>Mobilisation contre les fascistes du C9M à Paris : bilan d’un succès !</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/mobilisation-contre-les-fascistes-du-c9m-a-paris-bilan-dun-succes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Vic]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 08 Sep 2026 15:22:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Antifascisme]]></category>
		<category><![CDATA[C9M]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Entretien avec Oshka et Rach, militantes du collectif antifasciste de Paris 20e et membres d’A2C, pour un petit retour d’expérience qui donne de la force pour les mobilisations antifascistes à venir, notamment contre le congrès <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/mobilisation-contre-les-fascistes-du-c9m-a-paris-bilan-dun-succes/" title="Mobilisation contre les fascistes du C9M à Paris : bilan d’un succès !">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><em>Entretien avec Oshka et Rach, militantes du collectif antifasciste de Paris 20e et membres d’A2C, pour un petit retour d’expérience qui donne de la force pour les mobilisations antifascistes à venir, notamment contre le congrès et le lancement de campagne du RN à Orléans.&nbsp;</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Pourquoi avoir insisté pour organiser une contre-manifestation ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Oshka :</strong> D’abord, par nécessité. Le fascisme se renforce par ce type de défilés, qui se veulent une démonstration de leur force, une mise en scène de leur violence, d’un idéal de retour à un ordre fantasmé. Ensuite, nous, on a la volonté de systématiquement empêcher les mouvements fascistes de se développer, de leur reprendre la rue, de casser leur confiance et de les rediaboliser. Et on se disait enfin qu’on pouvait le faire, parce qu’on est la majorité à être antiracistes et antifascistes, et que l’antifascisme de masse sera un antifascisme victorieux. Donc, si on a cette analyse-là, la contre-manifestation, c’est la forme d’action qui s’impose.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Comment expliquez-vous le changement de position des organisations, en faveur d’une manifestation contrairement à l’an dernier ?</strong><sup data-fn="8d4bc869-e540-4e7f-92d7-82801b3fc0d7" class="fn"><a href="#8d4bc869-e540-4e7f-92d7-82801b3fc0d7" id="8d4bc869-e540-4e7f-92d7-82801b3fc0d7-link">1</a></sup></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Rach :</strong> Cette fois, pour organiser la manifestation, il y a eu un cadre unitaire qui s’est formé, et à l’exception de la CGT, la plupart des organisations de notre camp nous ont rejoints. Je pense qu’une des raisons est que ça avait été fait l’année dernière, et que ça a marché. Même si la manifestation de l’année dernière, organisée par le collectif antifasciste du XXème, a été interdite, on a quand même réussi à être autour de 500 personnes à Montparnasse. Du coup, il n’y avait plus l’excuse de « c’est pas possible » ou « c’est trop dangereux ».</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Oshka :</strong> Cette année, on s’est dit qu’on voulait à nouveau rassembler le plus largement possible, donc on est retourné·es discuter avec les organisations qui avaient fait le village l’année dernière pour leur proposer une unité d’action. Et en plus de ce qu’a dit Rach, je pense qu’il y avait le contexte, avec la mort de Deranque en février. L’antifascisme a été à la fois extrêmement attaqué, et en même temps, il s’est mis à riposter de manière assez forte. Ça s’est vu dans les manifestations du 8 mars, du 14 mars, du 28 mars. Les orgas étaient poussées par la période à être plus offensives.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Qu’est-ce qui selon vous a été déterminant pour pouvoir réussir ?&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Rach :</strong> Faire une mobilisation de nombre par le bas, par les militant·es de base, par tout le monde, et donc s’organiser de manière ouverte, ce qui diffère de l’antifascisme dominant en France en ce moment. On s’est donc organisé·es sous forme d’assemblées générales (AG) publiques. Ensuite, mettre l’antiracisme au centre de cette mobilisation, c’est pour ça qu’on a voulu que cette mobilisation soit portée par les collectifs de sans-papiers et la Marche des Solidarités (MDS). Enfin : passer par Port-Royal, parce que c’était un endroit où les fascistes passaient. C’était cohérent pour nous avec le fait de reprendre la rue.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Est-ce que ces propositions stratégiques ont fait débat ?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Oshka :</strong> Je pense que l’obstacle le plus important a été le manque de confiance dans notre possibilité de gagner. Il y avait des gens qui, jusqu’au bout, étaient persuadés qu’on ne serait pas capables de mener à bien cette mobilisation. Donc, l’argument sur lequel on a dû le plus insister, c’est qu’on est capables de créer un rapport de force face à la Préfecture, à l’État, et de faire en sorte d’être plus nombreux·ses et plus fort·es que les nazis.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Rach : Il y avait aussi quelques réticences sur la sécurité, sur le principe de faire des AG ouvertes. Il y des gens qui trouvaient ça dangereux de faire une manifestation, avec l’idée que « on va se confronter aux fascistes et on va se taper ». Mais ça a été assez minime et on a pu convaincre assez rapidement en argumentant que c’est par notre nombre qu’on allait gagner.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Oshka :</strong> Il faut préciser que notre antifascisme ne se repose pas sur la Préfecture ou l’État pour nous protéger des fascistes. On sait très bien que ce n’est pas l’État qui va éloigner le danger fasciste et que c’est notre camp et son organisation qui sont capables de vaincre les fachos. La mobilisation n’a jamais eu l’objectif de déléguer notre pouvoir à l’État en lui demandant d’interdire les nazis. C’est parce que notre campagne a été forte qu’on l’a forcé à se positionner et à interdire le défilé.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Qu’est-ce qui a été fait concrètement pour mobiliser ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Oshka :</strong> On a lancé une première AG publique un mois avant le 9 mai, qu’on a massivement relayée et à laquelle on a invité des collectifs locaux d’Ile-de-France. Environ 200 personnes sont venues, et on a incité les gens à s’organiser par quartier et à organiser à leur tour des AG locales, en mettant du matériel à disposition. Ça a vraiment super bien fonctionné, il y a eu des AG à Paris dans le 18e, le 19e et le 11e &#8211; le 19e et le 11e se sont, depuis, créés en collectif antifasciste local ! &#8211; mais aussi, dans plusieurs villes d’Ile-de-France, Gentilly, Suresnes, les Lilas, Aubervilliers, Montrouge etc.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Comment avez-vous combiné les relations entre orgas et ces AG ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Oshka :</strong> On a exposé au cadre unitaire notre volonté de construire par en bas, avec des AG publiques qui seraient rejoignables par toustes. Les orgas ne nous ont pas empêché·es de le faire, mais elles n’y ont absolument pas pris part. On les a invitées à chaque AG, parfois des militant·es sont venus, mais ni ce cadre en tant que tel ni aucune de ses organisations n’ont jamais pris la parole. Je pense que c’est &#8211; en tout cas pour les grosses organisations &#8211; parce qu’elles ne croient pas en la possibilité de construire par en bas. Et aussi, pour les plus ancrées dans la politique institutionnelle, une peur de se faire dépasser. À part la MDS et Urgence Palestine, les autres ont plutôt tendance à construire des dates entre chefs d’organisations, mais très peu à mobiliser leurs membres et encore moins à aller chercher au-delà de leur propre organisation.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Rach</strong> : Je pense que pour les groupes antifascistes, il y a aussi la question de la sécurité car iels sont très réticent·es vis-à-vis du fait qu’on s’organise toujours de manière ouverte. Donc, ce n’est pas la même stratégie non plus.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Est-ce que ces différences de stratégie ont eu des répercussions sur la mobilisation contre le C9M ?&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Oshka :</strong> Pendant la mobilisation, si on avait toustes fait un travail de mobilisation par en bas, je pense qu’on aurait pu être encore plus fort·es que l’on a été. Et au moment où la manifestation a été interdite par la Préfecture, on s’est rendu·es compte qu’une grosse partie des organisations, par réflexe un peu institutionnel, avait décidé qu’il n’y aurait rien, même dans le cas où la manifestation des nazis, elle, était autorisée. De l’autre côté, on a eu les organisations qui font un antifascisme de confrontation minoritaire qui ont appelé à une action, où il était nécessaire d’être initié·e dans certaines boucles pour être au courant et pouvoir participer. Donc, il n’y a eu que la MDS et les collectifs locaux qui étaient non seulement pour ne pas attendre l’autorisation de l’État pour agir contre les fachos, mais aussi pour maintenir quoi qu’il arrive en gardant des cadres ouverts, larges et rejoignables.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Rach :</strong> Nous on pense que c’est par le nombre qu’on va gagner. Et en mobilisant par en bas, on gagne également de la confiance, alors que d’autres, du fait de leur vision de l’antifascisme, avaient moins la confiance de se dire qu’en cas d’interdiction, iels appelleraient quand même à quelque chose. Dans le cadre des discussions, on a pu voir nos différentes lectures du fascisme. Par exemple, il y avait des personnes qui disaient que l’État est déjà fasciste, donc il n’allait jamais nous autoriser, alors que les fascistes, eux, allaient forcément l’être. Avoir une analyse de l’État qui est déjà fasciste, de la fascisation, amène à penser que c’est impossible d’imposer un rapport de force à l’État. Alors que nous, du fait de notre lecture du danger fasciste, on pensait que c’est possible d’imposer un rapport de force, ce qui a été fait et qui a marché.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Oshka :</strong> Ça montre qu’on peut gagner, que quand on se mobilise par en bas, toustes ensemble, on gagne des trucs qui paraissent inatteignables quelques mois auparavant. C’est une bonne leçon pour 2027.&nbsp;</p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Propos recueillis par Vanina Giudicelli (Paris 20e)</strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph"></p>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="8d4bc869-e540-4e7f-92d7-82801b3fc0d7"> Lire le retour sur la mobilisation de l’an passé : <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/manifestation-du-10-mai-quel-bilan-pour-les-strategies-antifascistes/">« Manifestation du 10 mai : quel bilan pour les stratégies antifascistes ? »</a> par Lou (Marseille), et Emil (Paris 20), sur le site d’A2C. <a href="#8d4bc869-e540-4e7f-92d7-82801b3fc0d7-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li></ol>


<p class="wp-block-paragraph"></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Face au danger fasciste : Quelle unité pour notre classe ?</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/face-au-danger-fasciste-quelle-unite-pour-notre-classe/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Vic]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 08 Sep 2026 15:14:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Antifascisme]]></category>
		<category><![CDATA[Front Uni]]></category>
		<category><![CDATA[unité des travailleureuses]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Le danger fasciste a rarement été aussi important en France. Mais les mobilisations antifascistes se multiplient aussi. Comment gagner ?Deux réponses reviennent régulièrement. La première mise principalement sur les élections : empêcher le RN d’accéder <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/face-au-danger-fasciste-quelle-unite-pour-notre-classe/" title="Face au danger fasciste : Quelle unité pour notre classe ?">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><em>Le danger fasciste a rarement été aussi important en France. Mais les mobilisations antifascistes se multiplient aussi. Comment gagner ?</em><br><em>Deux réponses reviennent régulièrement. La première mise principalement sur les élections : empêcher le RN d’accéder au pouvoir passerait d’abord par une victoire de la gauche. La seconde part d’un constat juste – le fascisme se développe sur le terrain d’un capitalisme en crise – mais en tire parfois une conclusion qui pousse au sectarisme : puisque les organisations réformistes ne veulent pas renverser le capitalisme, il serait incohérent de lutter avec elles contre les fascistes.</em><br><em>Ces deux stratégies sont insuffisantes. Mais invoquer le « front unique antifasciste » ne résout rien : avec qui faire front, pour faire quoi, et que reste-t-il d’applicable de la stratégie élaborée par Trotsky ?</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le fascisme ne se réduit pas aux élections. Une victoire du RN représenterait un changement majeur du rapport de force, mais le danger fasciste se construit hors du cadre électoral : lorsque les organisations fascistes gagnent en confiance, occupent la rue… Lorsqu’ils se construisent en force capable d’écraser notre capacité à lutter.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Gagner une élection peut faire gagner du temps. Mais une victoire électorale ne détruit pas les forces fascistes. L’expérience du NFP en 2024 est éclairante : la mobilisation a empêché le RN d’obtenir la majorité à l’Assemblée, sans inverser un rapport de force construit depuis des années.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Seul un rapport de force dans la rue permet de marginaliser et défaire ces forces fascistes. À ce titre conclure que nous ne pouvons lutter qu’avec celles et ceux qui partagent déjà une analyse révolutionnaire nous condamnerait à l’impuissance. La majorité de notre classe n’est pas révolutionnaire. Beaucoup se reconnaissent dans des organisations réformistes, syndicales ou associatives, ou ne sont organisé·es nulle part.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comme le disait Clara Zetkin en 1923, « le fascisme ne se demande pas si l’ouvrier a une âme peinte aux couleurs de la République bourgeoise ou du drapeau rouge à la faucille et au marteau. Il lui suffit d’avoir devant lui un prolétaire conscient, et il l’abat ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les révolutionnaires doivent tenir ensemble deux nécessités : construire l’unité la plus large possible de toute notre classe contre les fascistes et conserver leur indépendance politique. C’est le problème auquel répond la stratégie du front unique.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le front unique dans les années 30 : marcher séparément, frapper ensemble</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au début des années 1930, l’Allemagne possède un mouvement ouvrier extrêmement puissant. Pourtant, face à la progression nazie, communistes et sociaux-démocrates restent profondément divisés. La direction communiste traite les sociaux-démocrates de « sociaux-fascistes » et refuse une riposte commune ; la social-démocratie mise sur les institutions pour contenir Hitler. Trotsky combat ces deux orientations. Le fascisme n’est pas simplement pour lui un gouvernement bourgeois plus autoritaire : c’est un mouvement réactionnaire de masse capable, arrivé au pouvoir, de détruire les organisations qui permettent à notre classe de résister.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut donc agir dans l’ordre. Comprendre que le fascisme pousse sur le terrain du capitalisme ne signifie pas combattre indistinctement tous nos adversaires au même moment. Il faut empêcher les fascistes de détruire les capacités d’organisation de notre classe, tout en construisant la force capable de renverser le système qui les produit. D’où sa proposition : agir ensemble (avec les réformistes) contre les fascistes sans renoncer à combattre politiquement le réformisme.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le front unique ne doit donc pas être compris d’abord comme une coalition entre organisations. Il cherche à mettre en mouvement ensemble les bases militantes réformistes et révolutionnaires autour d’objectifs déterminés. L’accord entre appareils n’est donc jamais une fin en soi. L’enjeu est une unité d’action temporaire visant à détruire les possibilités d’organisation des fachos, tout en maintenant nos boussoles politiques.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">En France en 1934, après la manifestation des ligues fascistes du 6 février, une immense riposte se développe. Le 12 février, les cortèges communistes et socialistes se rejoignent et des milliers de comités antifascistes apparaissent. À ce moment, l’unité de la CGT (dominée par les socialistes) et de la CGT-U (dominée par les communistes) est largement imposée par les bases elles-mêmes. Cette unité mènera aux grands mouvements de grève de 1936.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’unité jusqu’où : penser la classe</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cette méthode doit éviter deux écueils : le radicalisme hors-sol, qui propose l’unité sur des bases tellement radicales que seul·es les convaincu·es peuvent la rejoindre ; et la dilution dans le front unique, qui fait de l’alliance un but en soi jusqu’à abandonner sa propre stratégie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est ici qu’il faut distinguer front unique et front populaire. Le premier met en mouvement différentes fractions de notre classe autour d’objectifs déterminés. Le second élargit l’alliance politique à des forces représentant une partie de la bourgeoisie au nom de la défense de la démocratie. Dans un cas, nous unifions notre classe dans l’action ; dans l’autre, nous risquons de la subordonner au maintien d’une coalition avec des forces aux intérêts opposés.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour le front unique, « Être le plus nombreux possible » ne constitue donc pas une stratégie. Il faut toujours se demander : avec qui faisons-nous front ? Sur quels objectifs ? Pour quelles actions ? Jusqu’où va cette alliance ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">La question se pose d’abord pour LFI, organisation réformiste dont nous critiquons la stratégie institutionnelle. Mais elle représente une fraction importante de notre classe et participe aux mobilisations contre l’extrême droite. Refuser par principe d’agir avec cette organisation contre les fascistes n’aurait aucun sens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le cas du PS est plus complexe. S’il n’est plus un parti ouvrier depuis longtemps, une certaine fraction de la classe travailleuse se tourne encore vers lui. Proposer une action commune ponctuelle à cette frange sur des bases antiracistes claires ne signifie ni effacer notre critique de la politique du parti, ni construire avec lui une alternative gouvernementale. Notre camp ne peut plus faire l’économie de cette question dans certaines villes ou campagnes où l’organisation des fachos progresse face à une résistance insuffisante. À tout le moins, quand les fascistes, les vrais, se mettent à pulluler à chaque coin de rue, nous ne pouvons plus nous permettre de prioriser l’attaque des socialistes au risque de diviser nos forces comme ce fut le cas lors de la manifestation antifasciste à Lorient le 2 mars 2025.<sup data-fn="0cf0619b-6a1a-4b9a-9d8e-3be6acf8efec" class="fn"><a href="#0cf0619b-6a1a-4b9a-9d8e-3be6acf8efec" id="0cf0619b-6a1a-4b9a-9d8e-3be6acf8efec-link">1</a></sup></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le front unique ne sert pas seulement à additionner des forces : les idées changent dans les luttes. L’expérience de la force collective, d’une victoire ou des hésitations des directions peut transformer la conscience de ce qui est possible.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous cherchons donc l’unité avec les réformistes parce que des millions de travailleur·euses continuent à leur faire confiance. Pour les convaincre d’une autre stratégie, nous devons faire avec elleux l’expérience de notre propre puissance collective par la lutte car c’est elle qui peut modifier notre conscience de classe et transformer la classe ouvrière elle-même  : «  l’émancipation des travailleur·euses sera l’œuvre des travailleur·euses eux et elles-mêmes  ». Le rôle des révolutionnaires n’est ni de se dissoudre ni d’exiger que tout le monde adopte leur programme, mais d’agir ensemble tout en défendant l’auto-organisation et une stratégie révolutionnaire. Le front unique peut ainsi devenir le terrain où se confrontent concrètement réformisme et révolution.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Front unique ou « bloc subalterne » ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le sociologue Ugo Palheta défend une perspective un peu différente. En reprenant notamment le Poulantzas de la fin des années 1970, son « bloc subalterne » cherche à unifier durablement classes populaires, groupes opprimés, mouvements sociaux, syndicats et forces politiques de gauche pour construire une alternative au bloc réactionnaire, en articulant mobilisations par en bas et bataille institutionnelle dans l’Etat.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comme lui, nous identifions la nécessité d’un front contre le RN mais notre désaccord porte sur la fonction de l’unité face à lui. Pour nous, ce front unique n’a pas vocation à devenir une alternative politique commune : il permet à des courants aux stratégies incompatibles de frapper ensemble contre un ennemi déterminé. Le NFP de 2024 éclaire cette différence. Nous pouvions nous mobiliser pour empêcher une victoire du RN sans considérer cette coalition électorale comme l’embryon d’un bloc politique à consolider. Transformer l’unité antifasciste en projet politique durable risque de subordonner les révolutionnaires à une stratégie réformiste et institutionnelle. L’enjeu est d’unifier notre classe dans l’action, tout en y construisant une alternative révolutionnaire indépendante.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Agir ensemble contre une manifestation fasciste ne signifie donc pas construire un programme politique commun. Quand, au nom du barrage contre l’extrême droite, l’unité conduit à soutenir des cadres bourgeois responsables de politiques racistes, autoritaires ou antisociales comme Darmanin ou Borne dont les bases militantes n’ont rien à voir avec notre classe<sup data-fn="ba30eba8-48a2-4082-bd39-b4f23ee5c74e" class="fn"><a href="#ba30eba8-48a2-4082-bd39-b4f23ee5c74e" id="ba30eba8-48a2-4082-bd39-b4f23ee5c74e-link">2</a></sup>, nous changeons de logique : ce n’est pas une extension du front unique, mais une alliance d’une autre nature.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Pas de modèle à reproduire : construire l’antifascisme dont nous avons besoin</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Nous ne sommes ni dans l’Allemagne de 1932 ni dans la France de 1934. Le mouvement ouvrier est beaucoup moins organisé ; le RN ne dispose pas d’un mouvement de rue comparable aux SA ; beaucoup de celles et ceux qui pourraient se mobiliser ne sont membres d’aucune organisation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La question n’est donc pas : comment reproduire le front unique de Trotsky ? Mais quelles formes d’unité permettent aujourd’hui de mettre en mouvement notre classe et d’empêcher les fascistes de développer leurs capacités d’organisation ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’exemple de l’assemblée marseillaise antifasciste lors des municipales de 2026 et des comités de quartier organisés dès 2024 peuvent être un début de réponse antifasciste populaire qui doit être élargie, notamment aux forces syndicales. Ouverts et ancrés dans un quartier, ils peuvent réunir personnes organisées ou non, révolutionnaires, syndicalistes, associatif·ves et réformistes autour d’objectifs concrets : empêcher une implantation fasciste, réagir à une attaque, organiser une contre-manifestation ou combattre une campagne raciste. L’exemple de la grève épaulée par une large mobilisation dans la rue contre la Nuit du Bien Commun à Aix-en-Provence en 2025 est un parfait exemple de ce que notre classe peut inventer pour créer des fronts uniques victorieux même sur des terres fascistes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’expérience britannique récente permet de rendre cette méthode concrète à une échelle nationale. Les révolutionnaires du Socialist Workers Party (SWP) ont contribué à construire Stand Up to Racism, un front plus large regroupant notamment syndicats et militant·es réformistes qui participe lui-même à des coalitions encore plus larges comme la Together Alliance avec ONG et associations institutionnelles. Les camarades britanniques décrivent cette articulation comme des rouages : l’organisation révolutionnaire contribue à faire tourner un front radical, qui peut lui-même entraîner une alliance de masse. Chacun conserve son indépendance et ses mots d’ordre. L’intérêt n’est pas d’importer ce modèle, mais de montrer qu’on peut chercher l’unité la plus large dans l’action sans dissoudre l’organisation révolutionnaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Notre objectif n’est donc pas de proclamer abstraitement « le front unique antifasciste ». Nous devons chercher les formes d’unité par en bas qui puissent assumer la lutte spécifique contre les fascistes tout en élargissant les mobilisations contre le racisme car elles renforcent l’autonomie de notre classe. C’est notamment ce que nous tentons de faire à Marseille en initiant un nouveau front antiraciste sur les bases stratégiques claires de la Marche des Solidarités avec un lien organique permanent avec l’assemblée antifasciste locale et les comités de quartier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’histoire nous donne des outils, pas une recette. La force capable de vaincre le fascisme existe déjà : ce sont les millions de personnes qui travaillent, subissent l’exploitation et le racisme et font tourner cette société. Notre problème est de les organiser et les mobiliser à la hauteur du danger. Construire cette puissance collective doit être au centre de notre stratégie antifasciste.</p>



<h5 class="wp-block-heading">Gabin, Marseille</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="0cf0619b-6a1a-4b9a-9d8e-3be6acf8efec">Lire <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/retour-sur-la-manif-antifasciste-de-lorient-du-2-mars/">Après la manif régionale de Lorient, il nous faut une stratégie antifasciste !</a> <a href="#0cf0619b-6a1a-4b9a-9d8e-3be6acf8efec-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li><li id="ba30eba8-48a2-4082-bd39-b4f23ee5c74e">En 2024, des candidats NFP se sont désistés au second tour des législatives en faveur des candidatures de Borne et Darmanin contre des candidatures RN <a href="#ba30eba8-48a2-4082-bd39-b4f23ee5c74e-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2">↩︎</a></li></ol><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/face-au-danger-fasciste-quelle-unite-pour-notre-classe/">Face au danger fasciste : Quelle unité pour notre classe ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Front populaire, antifascisme et révolution : </title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/front-populaire-antifascisme-et-revolution/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ahmed Hammad]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 03 Jun 2026 02:21:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Antifascisme]]></category>
		<category><![CDATA[Front populaire]]></category>
		<category><![CDATA[processus révolutionnaire]]></category>
		<category><![CDATA[Révolution]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">3 leçons Les Cahiers d’A2C #22 – Mai 2026 Ce que l’on appellera ici la période du Front populaire a commencé en 1934 par un mouvement antifasciste populaire et de masse. Elle a apporté des <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/front-populaire-antifascisme-et-revolution/" title="Front populaire, antifascisme et révolution : ">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong>3 leçons</strong></p>



<p class="has-text-align-right has-luminous-vivid-amber-background-color has-background wp-block-paragraph" style="font-size:11px;text-transform:uppercase"><strong>Les Cahiers d’A2C #22 – Mai 2026</strong></p>



<div data-wp-interactive="core/file" class="wp-block-file"><object data-wp-bind--hidden="!state.hasPdfPreview" hidden class="wp-block-file__embed" data="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/06/front-populaire.pdf" type="application/pdf" style="width:100%;height:200px" aria-label="Contenu embarqué front populaire."></object><a id="wp-block-file--media-f2213636-5010-47e0-91d1-8f123fab3007" href="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/06/front-populaire.pdf">front populaire</a><a href="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/06/front-populaire.pdf" class="wp-block-file__button wp-element-button" download aria-describedby="wp-block-file--media-f2213636-5010-47e0-91d1-8f123fab3007">Télécharger</a></div>



<p class="wp-block-paragraph">Ce que l’on appellera ici la période du Front populaire a commencé en 1934 par un mouvement antifasciste populaire et de masse. Elle a apporté des leçons cruciales pour toutes celles et ceux qui se posent la question de l’articulation entre lutte contre le fascisme et contre le capitalisme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Début 1934, en France, l’ambiance n’est pas à gauche ! Il y a un million de chômeur&rsquo;euses et plus de 50% des travailleur·euses ont des horaires réduits. Aucun gouvernement n’arrive à obtenir une majorité stable. Le mouvement social est déprimé. Les grèves sont à un niveau historiquement bas et généralement battues. Les syndicats sont divisés et faibles. Deux CGT, l’une liée au parti socialiste et l’autre au parti communiste, se font la guerre et rassemblent à elles deux seulement 750 000 membres<sup data-fn="66829c15-bdae-4eb6-9b86-1323f3eb29c2" class="fn"><a href="#66829c15-bdae-4eb6-9b86-1323f3eb29c2" id="66829c15-bdae-4eb6-9b86-1323f3eb29c2-link">1</a></sup>. L’extrême droite est à l’offensive. Plusieurs « ligues », violemment nationalistes et racistes, parfois ouvertement fascistes, ont des dizaines de milliers de membres avec des formations paramilitaires de milliers de membres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En Allemagne Hitler est chancelier depuis un an. En quelques mois il a détruit le mouvement ouvrier le plus puissant du monde, syndicats comme partis, communiste et social-démocrate. Ces organisations ont été détruites sans combat, victimes de leur sectarisme mutuel. Paradoxalement cela va servir d’alerte en France.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le printemps des comités antifascistes</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Apparaissant comme une tentative de coup de force fasciste, une manifestation des ligues le 6 février 1934 à Paris déclenche une riposte de masse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des manifestations éclatent dès les jours suivants. Dès le 7 février, à Lyon des contre-manifestant&rsquo;es dirigé·es par le secrétaire départemental de la CGT dégagent les fascistes qui se rassemblent chaque jour sur la Place Bellecour. Le 8 février les dockers de Concarneau refusent de décharger un bateau allemand qui porte un pavillon nazi tandis qu’à Brest un meeting d’urgence réunit 2500 participant&rsquo;es ! Le 9 février une manifestation communiste fait 6 morts à Paris dans des affrontements avec la police. Et le lundi 12 février, la France est paralysée par 5 millions de grévistes et des manifestations dans 346 villes.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est une lame de fond. Des comités locaux sont créés dans tout le pays. Daniel Guérin évoque 3000 comités<sup data-fn="6dc6b564-2a19-4161-a3d1-1d94c0161af2" class="fn"><a href="#6dc6b564-2a19-4161-a3d1-1d94c0161af2" id="6dc6b564-2a19-4161-a3d1-1d94c0161af2-link">2</a></sup>. Les historien·nes parlent aujourd’hui d’un « printemps des comités<sup data-fn="83cc58b9-ad70-4cac-a866-e844d5bfd7ea" class="fn"><a href="#83cc58b9-ad70-4cac-a866-e844d5bfd7ea" id="83cc58b9-ad70-4cac-a866-e844d5bfd7ea-link">3</a></sup> ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces comités sont des initiatives locales, généralement unitaires, d’où la diversité des noms : comités de vigilance, comités de lutte contre le fascisme, comités de défense républicaine&#8230; Au Havre il y a des comités dans les quartiers ouvriers et marins et dans les villes de la banlieue ainsi que des comités d’usine et de chantier. A l’été 1934 ces comités organisent plus de 3000 personnes. Dans le Finistère des comités apparaissent à Carhaix, Brest, Morlaix, Elliant, Pont-l’Abbé, Concarneau, Lesconil et Quimper. Dans d’autres communes, ce sont les comités de défense laïque qui en font état comme à Moëlan-sur-Mer, Riec-sur-Belon, Quimperlé ou Rosporden.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Partout, les comités barrent, par tous les moyens, la route aux fascistes. Ils remplissent, avant eux, leurs salles de meeting comme à Givors. Ou bien ils bloquent la salle comme à Grenoble où 3000 manifestant·es montent même des barricades. Dans les départements ruraux les contre-manifestations mobilisent toute la région. Les affrontements sont parfois violents. En septembre 1934 dans le 20e arrondissement de Paris un jeune militant socialiste est tué dans un rassemblement pour interdire une réunion des Jeunesses patriotes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais d’autres moyens sont aussi utilisés. La Fédération socialiste du Rhône publie les noms et adresses des commerçants Croix-de-feu. Des meetings massifs, conférences, fêtes populaires se tiennent. Fin août 1934, dans le Finistère, 2000 personnes assistent à un meeting à Pont-l’Abbé !</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Défaite des fascistes</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le mouvement ne met pas fin aux ligues. Mais il limite leur audience et la circonscrit à une partie de ces couches sociales qui constituent le noyau du fascisme : petite bourgeoisie traditionnelle, classes moyennes, fonctionnaires de police et de l’armée&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour prétendre accéder au pouvoir le fascisme doit élargir cette base sociale. Du côté de la classe ouvrière et du côté de la classe dirigeante. Le mouvement des comités fait obstacle à cet élargissement des deux côtés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il réveille le mouvement ouvrier et suscite une effervescence qui fait renaître la gauche sur tout le territoire ! Pour la classe dirigeante, les ligues ne sont – au moins temporairement &#8211; pas un recours mais un problème, pas un facteur d’ordre mais un facteur de désordre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et les craintes de la classe dirigeante sont fondées. Le réveil du mouvement ouvrier ne se cantonne pas à la lutte antifasciste.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Gérard Noiriel<sup data-fn="1bfa35bf-fb45-4e6f-b723-523835d53695" class="fn"><a href="#1bfa35bf-fb45-4e6f-b723-523835d53695" id="1bfa35bf-fb45-4e6f-b723-523835d53695-link">4</a></sup> indique qu’« à partir de 1934, dans la plupart des bassins miniers, la mobilisation retrouve une ampleur inconnue depuis 1920 ». À Saint-Nazaire en 1935 la ville est bloquée par les militant&rsquo;es de la CGT pour s’opposer à l’arrêt de la construction d’un navire. Au début de 1936, 4500 ouvrier&rsquo;es grévistes organisent un comité de résistance qui mobilise l’ensemble de la population locale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À Rennes en juillet 1935 près de 2000 personnes se réunissent à la Maison du peuple puis partent en cortège, brisent les cordons de police aux cris de « Tant pis s’il y a du sang ! ». Début août des grèves insurrectionnelles éclatent à partir des arsenaux à Brest et Toulon. Trois ouvriers sont tués dans les affrontements.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À La Mure, dans le Dauphiné, début 1936, une grève des mineurs est soutenue par la population, commerçants, paysans, anciens combattants. Les couches sociales attirées par le fascisme se tournent vers la classe ouvrière&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Voilà la première leçon de cette période du Front populaire : ce ne sont pas les luttes sociales qui font mécaniquement reculer le fascisme, c’est la lutte contre le fascisme qui dynamise les luttes sociales.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’explosion de mai-juin</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La victoire de la gauche aux législatives le 3 mai 1936 est le signal qui fait exploser ce qui grandissait depuis février 1934 : les patrons vont payer. Alors, sans même attendre la nomination du gouvernement un mouvement de grèves et d’occupations d’usines démarre comme une vague qui n’arrête pas de monter.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">En quelques semaines, 2 à 3 millions de travailleur&rsquo;euses vont se mettre en grève dans 12 000 entreprises dont 9000 seront occupées ! Quand une occupation s’arrête parce que les revendications ont été gagnées, c’est pour s’étendre à la voisine. Et la première s’y remet alors pour de nouvelles revendications.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce sont les patrons qui demandent au gouvernement une rencontre avec les syndicats pour endiguer le mouvement. C’est ainsi que sont signés les accords de Matignon le 8 juin tandis que le gouvernement s’engage à accorder par la loi ce qui ne relève pas des accords. Ce qui est présenté comme « les acquis du Front populaire » sont le fruit du mouvement et non du gouvernement : congés payés, augmentations de salaires, semaine de 40H, conventions collectives, droits syndicaux&#8230;.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais le mouvement s’étend encore à la suite de ces accords ! Le bâtiment s’en mêle, les dockers entrent en lutte. Le 10 juin « les employé·es de pharmacie, les coiffeur·ses, les boulanger·es, les ouvriers et ouvrières du bois, de la confection, de la maroquinerie, les garçons bouchers, les laveur·ses de voitures, les concierges, les lads d’écurie, les représentant·es d’aspirateur cessent le travail. A Paris même le Lido est en grève : le personnel occupe le cabaret<sup data-fn="dfd47419-8b9f-45c4-9dac-aeea4f5cd842" class="fn"><a href="#dfd47419-8b9f-45c4-9dac-aeea4f5cd842" id="dfd47419-8b9f-45c4-9dac-aeea4f5cd842-link">5</a></sup>. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est la deuxième leçon de la période du Front populaire : l’anticapitalisme n’est pas un préalable à l’action antifasciste de masse, c’est l’action antifasciste de masse qui ouvre à une radicalisation anticapitaliste.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un processus révolutionnaire</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous avons choisi ici de décrire le Front populaire comme période plutôt que comme politique (celle des partis de gauche, celle du gouvernement). C’est sous cet angle que l’on peut comprendre la radicalisation de masse à partir de la riposte antifasciste.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est aussi sous cet angle que l’on peut comprendre le développement du mouvement de grèves et d’occupations en mai et juin, la combinaison entre revendications très spécifiques à un lieu de travail et revendications globales. La révolutionnaire polonaise Rosa Luxemburg avait décrit ce phénomène à partir de la révolution russe de 1905. Dans ce processus qu’elle dénommait « grève de masse » elle mettait en lumière comment la classe ouvrière pouvait faire « classe » et devenir révolutionnaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette période en est une illustration. Au cœur de la phase des comités se trouvaient les secteurs de la classe ouvrière les plus organisés. Une étude a montré la corrélation entre l’ampleur de la riposte du 12 février 1934 et l’implantation syndicale<sup data-fn="0094441b-a7c4-43c5-9b3f-062df5efc5e4" class="fn"><a href="#0094441b-a7c4-43c5-9b3f-062df5efc5e4" id="0094441b-a7c4-43c5-9b3f-062df5efc5e4-link">6</a></sup>. Dans les villages ruraux, le développement des comités a été l’œuvre du syndicat des instituteurs. Ce sont les militant·es, les syndicalistes révolutionnaires, les communistes, les membres de la gauche du parti socialiste qui ont été moteurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Puis la lutte antifasciste a fécondé le terrain pour la multiplication des conflits sur des bases économiques.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et cette combativité retrouvée a éveillé à la lutte les secteurs les moins organisés. En mai-juin 1936 nous avons l’image inversée de 1934. Ce sont les secteurs les moins syndiqués (métallurgie, chimie, textile, le commerce&#8230;) qui sont à la pointe du combat. Ce sont aussi ceux où le syndicat se développe le plus. La CGT passe de 1 million de membres juste avant mai 1936 à plus de 4 millions !</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les secteurs mobilisés en 1934 ne font pas grève en juin : liés aux partis qui gagnent les élections ils et elles se reposent alors sur le gouvernement. Sur la durée, le processus brasse toute la classe ouvrière, dans toute sa diversité et ses différents secteurs, la politise et l’organise. La possibilité de la révolution comme émancipation des travailleur·euses par elles-mêmes et eux-mêmes apparaît alors. Car il ne s’agit pas seulement de mise en action. Il s’agit aussi de conscience et d’organisation. De la conscience antifasciste à la conscience de classe : en quelques mois c’est le parti communiste, perçu largement comme révolutionnaire, qui explose : de 50 000 membres à plus de 200 000 !&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après l’été 1936, puis en 1937 et 1938, les grèves reprennent, se multiplient, même si ce n’est pas la vague de juin. Cette fois, les secteurs non mobilisés en juin sont concernés, pour imposer l’application des acquis, puis empêcher qu’ils soient repris, puis se battre contre les mesures des gouvernements de plus en plus à droite qui se succèdent. C’est cette fois l’expérience des illusions réformistes et de la trahison des directions qui ouvre la possibilité d’une conscience révolutionnaire à une échelle de masse.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La 3ème leçon</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En tant que politique, le Front populaire va détruire le mouvement antifasciste. Dès l’automne 1934, sous l’influence des partis les comités antifascistes deviennent des comités du Front populaire. Il reviendra à l’État d’interdire les organisations fascistes. En juin 1936, le gouvernement dissout effectivement ce qui reste des ligues. Les Croix-de-feu se transforment en Parti social français qui avec la démoralisation engendrée par le Front populaire va devenir à partir de 1938 le plus grand parti de masse français (1 million de membres !).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 17 mars 1937 c’est la police du Front populaire qui fait tirer sur les antifascistes tentant d’empêcher une réunion du PSF à Clichy !</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le parti communiste avait, avant 1934, défendu l’idée qu’il fallait être anticapitaliste pour lutter contre le fascisme. En Allemagne les nazis avaient détruit le parti communiste. Adoptant la politique du Front populaire, le parti communiste avait ensuite dit qu’il fallait d’abord stabiliser la démocratie bourgeoise pour faire obstacle au fascisme. En France, le parlement du Front populaire finira par interdire le parti communiste puis voter les pleins pouvoirs à Pétain sans riposte d’une classe ouvrière démoralisée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La troisième leçon de la période du Front populaire est que pour obtenir une victoire définitive sur le fascisme un combat doit être mené au sein même du mouvement, dès ses premières étapes, pour construire une alternative révolutionnaire.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Denis Godard (Paris 20e)</strong></p>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="66829c15-bdae-4eb6-9b86-1323f3eb29c2">A titre de comparaison, aujourd’hui il y a plus de 2 millions de syndiqué.es en France. <a href="#66829c15-bdae-4eb6-9b86-1323f3eb29c2-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li><li id="6dc6b564-2a19-4161-a3d1-1d94c0161af2">Daniel Guérin, Front populaire Révolution manquée <a href="#6dc6b564-2a19-4161-a3d1-1d94c0161af2-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2">↩︎</a></li><li id="83cc58b9-ad70-4cac-a866-e844d5bfd7ea">Gilles Vergnon, L’antifascisme en France de Mussolini à Le Pen <a href="#83cc58b9-ad70-4cac-a866-e844d5bfd7ea-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3">↩︎</a></li><li id="1bfa35bf-fb45-4e6f-b723-523835d53695">Gérard Noiriel, Les ouvriers dans la société française <a href="#1bfa35bf-fb45-4e6f-b723-523835d53695-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4">↩︎</a></li><li id="dfd47419-8b9f-45c4-9dac-aeea4f5cd842">Ludivine Bantigny, La Bourse ou la vie <a href="#dfd47419-8b9f-45c4-9dac-aeea4f5cd842-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5">↩︎</a></li><li id="0094441b-a7c4-43c5-9b3f-062df5efc5e4">Antoine Prost, Autour du Front populaire <a href="#0094441b-a7c4-43c5-9b3f-062df5efc5e4-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6">↩︎</a></li></ol><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/front-populaire-antifascisme-et-revolution/">Front populaire, antifascisme et révolution : </a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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		<title>Technofascisme, maxiconfusion</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/technofascisme-maxiconfusion/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ahmed Hammad]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 03 Jun 2026 00:43:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Antifascisme]]></category>
		<category><![CDATA[danger fasciste]]></category>
		<category><![CDATA[technofascisme]]></category>
		<category><![CDATA[Trajectoire du capital]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Les Cahiers d’A2C #22 – Mai 2026 L’historien Robert O. Paxton, spécialiste du fascisme, regrette que ce terme soit utilisé à tort et à travers, au point de désigner « toutes les personnes que vous <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/technofascisme-maxiconfusion/" title="Technofascisme, maxiconfusion">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-text-align-right has-luminous-vivid-amber-background-color has-background wp-block-paragraph" style="font-size:11px;text-transform:uppercase"><strong>Les Cahiers d’A2C #22 – Mai 2026</strong></p>



<div data-wp-interactive="core/file" class="wp-block-file"><object data-wp-bind--hidden="!state.hasPdfPreview" hidden class="wp-block-file__embed" data="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/06/technofascisme.pdf" type="application/pdf" style="width:100%;height:200px" aria-label="Contenu embarqué technofascisme."></object><a id="wp-block-file--media-21b6957f-d4c8-43fc-ba91-e4b1bc0efe60" href="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/06/technofascisme.pdf">technofascisme</a><a href="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/06/technofascisme.pdf" class="wp-block-file__button wp-element-button" download aria-describedby="wp-block-file--media-21b6957f-d4c8-43fc-ba91-e4b1bc0efe60">Télécharger</a></div>



<p class="wp-block-paragraph"><em>L’historien Robert O. Paxton, spécialiste du fascisme, regrette que ce terme soit utilisé à tort et à travers, au point de désigner « toutes les personnes que vous n’aimez pas<sup data-fn="9ecfa55a-e9b3-48b0-80d3-633bcbd702a5" class="fn"><a href="#9ecfa55a-e9b3-48b0-80d3-633bcbd702a5" id="9ecfa55a-e9b3-48b0-80d3-633bcbd702a5-link">1</a></sup> ». Pour lutter efficacement contre les phénomènes distincts que sont la radicalisation de la classe dirigeante et le danger fasciste, nous avons besoin de bons outils. Le « technofascisme » n’en est pas un.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’analyse du fascisme que l’on retrouve dans le livre Technofascisme, Le nouveau rêve de la suprématie blanche de Norman Ajari s’inscrit dans la lignée de celle du « fascisme tardif » développée par Alberto Toscano. L’idée est que le fascisme est l’aboutissement d’un processus de généralisation à l’ensemble de la société de politiques répressives déjà existantes mais réservées au traitement des minorités notamment racisées.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le « technofascisme », le projet des milliardaires.&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Ajari, un des germes à partir duquel risque de se généraliser une nouvelle forme de fascisme est les grandes entreprises américaines de la tech, détenues par des milliardaires d’extrême droite. Ces derniers perçoivent leurs entreprises comme des véhicules politiques capables de transformer la société, combinant « un travail de sape dirigé contre l’État social et la génération de considérable profit ».&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’exemple central est celui de Peter Thiel, milliardaire américain qui assume avoir investi dans Lyft (entreprise similaire à Uber) dans le but de « remodeler le marché du travail en éliminant les protections dont les travailleurs avaient bénéficié depuis le New Deal ». Son entreprise Palantir fournit aux États des outils militaires et de contrôle social : surveillance de la fraude sociale au Royaume-Uni, localisation d’immigré·es sans-papiers aux États-Unis, aide au ciblage militaire pour Israël.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces milliardaires réactionnaires, à la vision politique autoritaire, impérialiste et raciste, se passeraient d’avoir recours au peuple mais viseraient uniquement à influencer l’État et le reste de la classe dirigeante. Un « fascisme », sans parti, sans adhérents, sans mouvement.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La trajectoire du capital et le danger fasciste.&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est nécessaire de mettre en avant, comme le fait Ajari, l’action d’une fraction de la bourgeoisie qui vise à orienter l’action des États dans un sens favorable à l’accroissement de ses profits. Si nous rejoignons son constat, nous rejetons son analyse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Historiquement, en Europe, le régime politique qui s’est montré le plus à même de garantir au capitalisme une stabilité a été la démocratie libérale. Mais, en période de crise, lorsque les taux de profits baissent, les attaques contre les travailleur&rsquo;euses doivent s’intensifier ; l’usage des moyens de coercition augmente ; les tensions impérialistes s’exacerbent, l’économie se militarise et les capitaux se rapprochent des États. C’est ce durcissement capitaliste qu’Ajari analyse comme étant le fascisme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette qualification est inexacte. Les mouvements fascistes se développent et agissent au moyen de la mobilisation de masse. S’ils s’enracinent dans les contextes de crises économiques et politiques, s’ils sont renforcés par les politiques autoritaires et racistes des États, s’ils sont in fine appelés au pouvoir par elle, ils se développent de manière autonome de la bourgeoisie et ne se confondent pas avec cette dernière<sup data-fn="3d2be451-fa60-4294-8a98-6a3cf6178e42" class="fn"><a href="#3d2be451-fa60-4294-8a98-6a3cf6178e42" id="3d2be451-fa60-4294-8a98-6a3cf6178e42-link">2</a></sup>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aux États-Unis, le danger fasciste repose avant tout sur l’existence d’un mouvement de masse structuré autour de Donald Trump et du mouvement MAGA, comme l’a montré l’assaut du Capitol le 6 janvier 2021. Certains milliardaires jouent un rôle de soutien important, mais ce qui porte Trump, c’est une base militante mobilisable. On retrouve une logique similaire en France. Vincent Bolloré joue un rôle important, mais le danger central réside dans le Rassemblement National, qui cherche à structurer une base de masse. Comme le souligne Robert O. Paxton, « quelle que soit la nature exacte du trumpisme, c’est un phénomène de masse qui vient d’en bas. C’est comme ça, que le fascisme italien et le nazisme ont vu le jour. (…) ; se focaliser uniquement sur ses chefs empêche de comprendre le terreau dans lequel il se développe<sup data-fn="b33f4135-486f-49fa-99b5-163fb1474754" class="fn"><a href="#b33f4135-486f-49fa-99b5-163fb1474754" id="b33f4135-486f-49fa-99b5-163fb1474754-link">3</a></sup> ». On comprend alors pourquoi il est erroné d’analyser le danger fasciste à partir de quelques milliardaires de la Silicon Valley. Considérer l’offensive capitaliste actuelle comme du fascisme, c’est risquer de passer à côté de la menace fasciste réelle &#8211; qui, hier comme aujourd’hui, prend la forme d’un mouvement de masse et doit être combattu comme tel.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Combattre efficacement le fascisme.&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans sa conclusion, Ajari cite Gramsci pour qui « le fascisme, en tant que phénomène général, ne peut être éradiqué que par un nouveau pouvoir d’État entre les mains du prolétariat, seule classe capable de réorganiser la production et donc tous les rapports sociaux ». Gramsci a raison : le seul moyen de se débarrasser du fascisme en tant que « phénomène général », c’est de se débarrasser une bonne fois pour toute du capitalisme. Mais cela ne répond pas à la menace actuelle : les organisations fascistes se renforcent jusqu’à ce que la classe dirigeante, empêtrée dans la crise, décide de miser sur elles.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Contre cette possibilité, à A2C nous appelons à renforcer les luttes contre le racisme, qui fertilise le sol pour les fascistes, et à construire un front large et massif contre le RN et ses satellites de rue. Comme le 9 mai dernier, empêchons-les de se renforcer et de prendre la rue, en construisant la riposte dans chaque quartier, lieu de travail et d’étude.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Oshka (Paris 20e) et Milig Sinou (Paris 19e)</p>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="9ecfa55a-e9b3-48b0-80d3-633bcbd702a5">Courrier International, « Donald Trump est-il fasciste ? Comment l’historien américain Robert Paxton a changé d’avis », 14 septembre 2025 <a href="#9ecfa55a-e9b3-48b0-80d3-633bcbd702a5-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li><li id="3d2be451-fa60-4294-8a98-6a3cf6178e42">Brochure Comprendre le fascisme pour mieux le combattre, « Qu’est-ce que le fascisme ? », Vanina Giudicelli <a href="#3d2be451-fa60-4294-8a98-6a3cf6178e42-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2">↩︎</a></li><li id="b33f4135-486f-49fa-99b5-163fb1474754">Courrier International, ibid <a href="#b33f4135-486f-49fa-99b5-163fb1474754-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3">↩︎</a></li></ol>


<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Brest contre les fachos : pour dépasser la peur, construire l&#8217;unité et reprendre la rue</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/brest-contre-les-fachos-pour-depasser-la-peur-construire-lunite-et-reprendre-la-rue/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Emil]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 02 May 2026 10:42:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[Antifascisme]]></category>
		<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[Retours militants]]></category>
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		<category><![CDATA[Extrême-droite]]></category>
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		<category><![CDATA[FN]]></category>
		<category><![CDATA[Manifestation]]></category>
		<category><![CDATA[Racisme]]></category>
		<category><![CDATA[RN]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">A Brest, dans la nuit du 10 au 11 avril dernier, a eu lieu une violente agression raciste et pour riposter, a été organisée 15 jours plus tard, le 25 avril, une manifestation antiraciste par <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/brest-contre-les-fachos-pour-depasser-la-peur-construire-lunite-et-reprendre-la-rue/" title="Brest contre les fachos : pour dépasser la peur, construire l&#8217;unité et reprendre la rue">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">A Brest, dans la nuit du 10 au 11 avril dernier, a eu lieu une violente agression raciste et pour riposter, a été organisée 15 jours plus tard, le 25 avril, une manifestation antiraciste par l&rsquo;AG antifasciste de Brest qui a rassemblé 800 personnes.<br>Nico, de l&rsquo;AG antifasciste de Brest et d&rsquo;Autonomie de Classe, nous raconte comment est-ce que pour dépasser la peur face aux fascistes, on peut construire l&rsquo;unité pour reprendre la rue et reprendre confiance en nous.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-rich is-provider-spotify wp-block-embed-spotify wp-embed-aspect-21-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="Spotify Embed: Brest contre les fachos : pour dépasser la peur, construire l&amp;apos;unité et reprendre la rue" style="border-radius: 12px" width="100%" height="152" frameborder="0" allowfullscreen allow="autoplay; clipboard-write; encrypted-media; fullscreen; picture-in-picture" loading="lazy" src="https://open.spotify.com/embed/episode/2oEXZOr6AXfuRrRtA0ieTy?si=8cc6e1d2ba064c24&amp;utm_source=oembed"></iframe>
</div></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Est-ce que tu peux revenir sur la forme que prend la menace fasciste dans ta ville, revenir sur ce qui s&rsquo;est passé ces dernières années et comment vous vous êtes organisé pour y faire face et revenir aussi sur les événements des dernières semaines ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">À Brest, l&rsquo;engagement passe par l&rsquo;AG antifasciste qui s&rsquo;est montée en fin d’été dernier, suite à des agressions fascistes, de groupuscules néonazis, qui ont fait des agressions homophobes, contre des militant·es de gauche, et racistes. C&rsquo;est au sein de cet AG qu&rsquo;on s&rsquo;organise et qu&rsquo;on essaye d&rsquo;avoir une riposte. La menace fasciste, elle est assez présente à Brest par le biais de hooligans et par le biais de groupuscules néonazis et aussi par le biais de militants du RN.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si tu veux, j&rsquo;ai l&rsquo;impression que les agressions clairement fascistes, racistes qu&rsquo;il y a eu il y a un an et demi, elles ne viennent pas de nulle part. Il y a toujours eu des groupuscules néonazis, identitaires en Bretagne. Il y a deux ans, il y a eu une manif fasciste soutenue par le RN contre l&rsquo;ouverture d&rsquo;un centre pour accueillir des personnes migrantes, en centre-Bretagne, et ils étaient déjà là. Donc, ce qui s&rsquo;est passé à Brest, c&rsquo;est que ça a touché des quartiers populaires, des endroits bien populaires, qui ont fédéré tout d&rsquo;un coup une réaction assez forte de la population et pas forcément de la population militante, ce qui a entraîné depuis un an une dynamique avec l’AG antifasciste qui existe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et il y a deux semaines, il y a eu une agression d&rsquo;une personne isolée, racisée, qui était tranquille sur le port et qui s&rsquo;est fait agresser lâchement. Il s&rsquo;est pris une droite qui l&rsquo;a mis KO, il est resté inconscient. Il a eu deux semaines d&rsquo;ITT.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un des buts de l’AG antifasciste, c’est d&rsquo;organiser tout de suite un soutien aux victimes. Ce collectif rassemble différents militants de Brest, des gens soit qui sont syndiqués, qui militent dans les syndicats, soit qui militent dans des groupes de gauche, soit qui ne militent pas… Ca a créé une espèce d&rsquo;unité antifasciste qui se mobilise assez rapidement. Donc, rapidement, on a pu, en quelques jours, organiser une manif de soutien. C&rsquo;est ça qui est intéressant pour nous au sein de cette AG&nbsp;: avoir assez rapidement la possibilité d&rsquo;organiser des choses avec l&rsquo;aide des syndicats, des associations locales. Et, en cinq jours, on a organisé une manif de soutien, des prises de parole. Ca a rassemblé 800 personnes&nbsp;!</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et ce qui est intéressant, c&rsquo;est qu&rsquo;on arrive à pousser nos mots d&rsquo;ordre à nous, de s&rsquo;organiser à la base, dans les quartiers, dans les campagnes, sur nos lieux de vie, de travail.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Et comment on peut faire pour dépasser la peur qui, parfois, justement, est un frein à la mobilisation par en bas contre les fascistes ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est sûr qu&rsquo;en fait, ça sidère un peu plein de gens, dans le milieu militant ou non, qui se demandent, du coup, s&rsquo;ils peuvent aller aux manifs ou s&rsquo;ils peuvent sortir tranquilles, en gros. Et on deal avec la peur en se disant que, de toute façon, c&rsquo;est la stratégie de l&rsquo;extrême droite et de la violence politique que porte l&rsquo;extrême droite de tétaniser et de faire peur et d&#8217;empêcher les gens de se réunir et de s&rsquo;organiser. Ça fait partie de leur stratégie. Donc ne nous laissons pas faire, parce qu&rsquo;en fait, on se rend compte que, mine de rien, on est nombreux et on a la force pour s&rsquo;organiser. Ce qui est intéressant, c&rsquo;est que là, les syndicats à Brest et les associations d&rsquo;aide aux migrants, les associations comme la Ligue de droit de l&rsquo;homme, tout de suite, ils sont partants. Parce qu&rsquo;on se connaît, on a l&rsquo;habitude de faire des choses. On n&rsquo;est pas d&rsquo;accord sur tout. Mais en fait, tout de suite, ça va assez vite d&rsquo;organiser la manifestation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et moi, je me dis, c’est grâce à ce qu&rsquo;on a pu forger à l’AG antifasciste&nbsp;: se faire confiance. On a organisé un gros festival en début d&rsquo;année qui a permis d&rsquo;occuper la place et de faire plein de choses pour nous redonner confiance, pour nous unir assez rapidement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Maintenant, on est capable de s&rsquo;organiser vite et d&rsquo;aller tout de suite organiser une manif et de faire une occupation de la rue et de ne pas laisser la rue à la menace fasciste ou aux discours d&rsquo;extrême droite, aux actions de l&rsquo;extrême droite.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et ça, c&rsquo;est vachement important. C&rsquo;est vachement important parce qu&rsquo;on se rend compte que la menace fasciste ou en tout cas la menace d&rsquo;action raciste, homophobe, anti-gauche, elle est réelle. Il y a des groupuscules qui s&rsquo;organisent, il y a des discours islamophobes à volonté déversés par les médias d&rsquo;extrême droite qui vont légitimer le passage à l&rsquo;acte. C’est important déjà de dire, on ne laisse pas faire, on se bat politiquement, symboliquement, on résiste. Et donc, c&rsquo;est important d&rsquo;occuper la place et de pouvoir réagir en masse, en tout cas de manière unitaire, avec les syndicats et les autres forces, et de ne pas laisser faire des choses qui sont inacceptables. Après, plus généralement, c&rsquo;est important parce qu&rsquo;on se rend compte que la montée de l&rsquo;extrême droite, la montée de la menace fasciste, elle est réelle et pas seulement en France, en Europe, dans le monde. Ils s&rsquo;organisent, ils ne sont pas inactifs, ils sont à l&rsquo;affût. Électoralement, le RN est le premier parti du pays, qu&rsquo;on le veuille ou non. Il fait des résultats impressionnants, ils sont en masse, ils ont des appuis d&rsquo;une partie de la classe patronale et de la classe politique qui commencent à faire leur relais. Alors, essayer de s&rsquo;organiser et d&rsquo;arriver à organiser des manifs et des ripostes sur le terrain, c&rsquo;est important. Essayer d&rsquo;unir les forces de gauche, et créer des dynamiques pour la suite, c&rsquo;est ça qui est intéressant. Notre manifestation, notre rassemblement en soutien à la victime, elle permet une dynamique, elle va permettre qu&rsquo;on continue au 1er mai d&rsquo;être dynamique sur ces questions-là, sur les questions antiracistes et aussi de montrer le racisme d&rsquo;État qui est réel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Donc, face à la peur, on prend cette question au sérieux. Quand on fait des événements, on va réfléchir. Comment on fait un service d&rsquo;ordre ? Comment on riposte ? Sans avoir de réponse préétablie&nbsp;: on fait des bilans, etc. Et du coup, ça veut dire tout simplement qu&rsquo;en fait, la rue, on l&rsquo;abandonne pas. Mais moi, j&rsquo;ai envie de dire, ça va se construire petit à petit. Ça va être, par exemple, en organisant des festivals qui sont à la fois des moments où on se rencontre entre nous, on se fait confiance, on approfondit des questions, on discute stratégie politique et on se rend compte que tout se passe bien, qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de problème, on n&rsquo;a pas d&rsquo;agression, parce qu&rsquo;en fait, on n&rsquo;est plus nombreux qu&rsquo;eux. Il y a une division des forces, il faut arriver à s&rsquo;unir. Mais en vrai, on n&rsquo;est plus nombreux qu&rsquo;eux. Et la peur, au bout d&rsquo;un moment, elle change de nature. On se rend compte que ça peut nous mettre des freins, ça peut nous faire dire, faisons attention, soyons vigilants. Mais on se rend compte qu&rsquo;en fait, avec la confiance, on y fait face. C’est pas évident mais ça se fait sur le long terme. Ca se fait en se rencontrant, en organisant aussi des réunions publiques de façon régulière, petit à petit.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Et maintenant, ça va être quoi les suites pour continuer à construire la dynamique antifasciste à Brest ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors là, on fait partie du 1er mai en tant qu’AG antifasciste. Ce qui est intéressant, c&rsquo;est que quand même, on est repéré par les forces syndicales et les forces politiques locales, même LFI par exemple. On est repéré comme, on va dire, une organisation de base qui compte, qui a sa voix au chapitre. Du coup, l’AG antifasciste va avoir son cortège pendant le 1er mai. Ensuite, il va y avoir le 9 mai&nbsp;: il va falloir faire des rassemblements contre les rassemblements fascistes qui ont lieu à Paris. Je fais référence au comité du 9 mai, qui est un mouvement néofasciste depuis quelques années, qui essaie de rassembler toutes les forces d&rsquo;extrême-droite de France et d&rsquo;Europe. Et nous, on a lancé tout de suite quelque chose pour le 9 mai, en lien avec les syndicats, et du coup, ça donne de la force. Ca permet vraiment de continuer sur une dynamique, et d&rsquo;approfondir ce qu&rsquo;on porte comme revendications et comme mots d&rsquo;ordre&nbsp;: Par exemple, le soutien aux personnes étrangères, la régularisation de tous les sans-papiers, des choses comme ça. Et ensuite, ça permet tout un travail qu&rsquo;on a construit depuis des mois avec tous ces acteurs, toutes ces associations dont j&rsquo;ai parlé, avec les syndicats, pour imaginer un autre festival antiraciste et antifasciste qui va se tenir à Brest, pour organiser des liens sur la lutte du peuple palestinien, etc. Donc en fait, on est pris dans une dynamique en réagissant à l&rsquo;actualité, en se greffant aux événements nationaux, comme le 1er mai, la Marche des Solidarités, la lutte en solidarité au peuple palestinien, et petit à petit, voilà, ça tient comme ça.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Là, on est parti sur une année qui va être très importante, avec au mois de mai prochain les élections présidentielles. Ça va être une année charnière. Du coup, si on arrive à avoir des mobilisations tout au long de l&rsquo;année pour arriver en force au printemps 2027, je me dis qu&rsquo;il y a quelque chose à faire. Au moins arriver en confiance, arriver en force, arriver unis.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Propos de Nico de Brest recueillis par Milig Sinou de Paris 19</p>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/brest-contre-les-fachos-pour-depasser-la-peur-construire-lunite-et-reprendre-la-rue/">Brest contre les fachos : pour dépasser la peur, construire l&rsquo;unité et reprendre la rue</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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		<title>Fascistes hors de nos vies ! Retour sur une campagne anti-RN et Reconquête ! dans le 20e arrondissement de Paris.</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/fascistes-hors-de-nos-vies-retour-sur-une-campagne-anti-rn-et-reconquete-dans-le-20e-arrondissement-de-paris/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ahmed Hammad]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 16 Mar 2026 14:14:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[Antifascisme]]></category>
		<category><![CDATA[Retours militants]]></category>
		<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[fasciste]]></category>
		<category><![CDATA[le pen]]></category>
		<category><![CDATA[Reconquête]]></category>
		<category><![CDATA[RN]]></category>
		<category><![CDATA[Zemmour]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">À l’occasion des municipales à Paris, les fascistes de Reconquête se sont sentis pousser des ailes avec la candidature de Sarah Knafo. Heureusement, il y a eu des ripostes efficaces pour saboter leur campagne sur <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/fascistes-hors-de-nos-vies-retour-sur-une-campagne-anti-rn-et-reconquete-dans-le-20e-arrondissement-de-paris/" title="Fascistes hors de nos vies ! Retour sur une campagne anti-RN et Reconquête ! dans le 20e arrondissement de Paris.">[...]</a></div>
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<p class="wp-block-paragraph"><em>À l’occasion des municipales à Paris, les fascistes de Reconquête se sont sentis pousser des ailes avec la candidature de Sarah Knafo. Heureusement, il y a eu des ripostes efficaces pour saboter leur campagne sur le terrain et dresser les habitant·es des quartiers populaires contre eux.&nbsp;</em><br><em>Nous avons interrogé Oshka, militante antifasciste et membre d’A2C.</em></p>



<p class="has-text-align-right has-luminous-vivid-amber-background-color has-background wp-block-paragraph" style="font-size:11px;text-transform:uppercase"><strong>Les Cahiers d’A2C #21 – Mars 2026</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Peux-tu nous présenter la riposte antifasciste pendant la campagne des municipales dans le quartier, et en particulier sur les marchés ?</strong><br>Avec le collectif antifasciste, on a lancé une campagne contre le RN et Reconquête, particulièrement contre le RN parce qu’on pense que c’est le parti fasciste le plus puissant en France. On a lancé ça dès le mois de septembre. Et on a été présent&rsquo;es sur les marchés, à distribuer des tracts contre le RN en rappelant pourquoi on considérait ce parti comme fasciste, et en se concentrant vraiment sur leur racisme. Très honnêtement, au début, ça ramait un peu, mais c’est normal parce que les élections municipales étaient loin.<br>Le RN, on avait vu des militants l’année dernière, cet été un peu, et un peu en septembre. Ils ont fait des posts Instagram où ils disaient qu’ils déposaient des tracts dans les boîtes aux lettres et qu’ils passaient sur les marchés. Et c’est à ce moment-là que nous, on a commencé à investir vraiment les marchés, en se disant que même s’ils n’étaient pas là, au moins, les gens qui ont reçu leur tract la semaine d’avant, la semaine d’après, ils recevront aussi les nôtres. Et depuis, on ne les a pas revus. C’est plutôt Reconquête qui a fait une campagne beaucoup plus dynamique et agressive dans nos quartiers.<br>Ce qu’on a fait, c’est réactiver une ancienne boucle Whatsapp du 20e arrondissement qui s’appelle « Antiracistes Antifa 20e », qui était une boucle utilisée par les militant&rsquo;es du quartier. On l’a rendue publique en mettant le QR code sur nos affiches, nos tracts, etc., et en incitant tout le monde à la rejoindre. Elle a été rejointe par énormément d’habitant&rsquo;es, mais aussi par des commerçant&rsquo;es, par des gens du marché qui avaient leur stand et qui pouvaient nous prévenir rapidement si les fascistes étaient là. Il y a presque 400 personnes sur ce groupe, et ça s’est vraiment accéléré ces dernières semaines, parce que la campagne battait son plein.<br>On a réussi à faire en sorte que la quasi-totalité des tractages des militants de Reconquête soient perturbés par des militants antifascistes, mais pas que, vraiment par tous les habitant·es. Tout le monde a pu se saisir de la question antifasciste. Car notre objectif, c’est que les antifascistes du XXe, ce soit tout le monde, que les réflexes antifascistes renaissent. Et cette riposte nous a permis de voir que s’il y avait bien une ligne qui marchait, c’était la ligne de l’antifascisme massif, ouvert, sur des bases larges.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Qu’est-ce que la mort du fasciste à Lyon a fait à la dynamique du collectif ?</strong><br>Avec sa mort, il y a eu un sursaut antifasciste, en tout cas dans le 20e, qui était très clair. On a pu voir que tout le travail qu’on avait fait en amont n’était pas vain. On était plusieurs à argumenter que c’était le moment où le collectif antifasciste devait s’ouvrir. Parce que les gens se rendent compte du danger fasciste, ils se rendent compte de la nécessité d’un antifascisme qui soit fort et qui soit ouvert. Et donc, on avait besoin d’ouvrir le collectif, on avait besoin de faire en sorte que tout le monde puisse se joindre à la lutte sur des bases larges et donc il nous fallait construire un antifascisme de masse. Les débats ne sont pas réglés, mais en tout cas, je pense que ça a quand même éclairci un petit peu ce qu’il était nécessaire de faire.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Comment voyez-vous la suite ?</strong><br>Ce qui est sûr, c’est que toutes les personnes qui se mobilisent aujourd’hui, il faut qu’on leur permette de continuer à se mobiliser. Il ne faut pas perdre cette dynamique et cet élan qu’on a. Effectivement, on risque de moins voir Reconquête et le RN dans nos quartiers, puisque la campagne va se terminer. Il reste toujours la question de l’implantation du RN et de faire en sorte que partout où ils soient, on aille les dégager. Mais il va falloir rediriger toute cette énergie antifasciste vers quelque chose d’autre qu’une contre-campagne antifasciste à l’occasion des municipales. Je pense que notre prochaine date, ça doit être la contre-manifestation du C9M, le défilé des fascistes, début mai. C’est la prochaine date antifasciste qui va compter.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Propos recueillis par Barnabe (Paris 18e)</p>
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		<title>S’organiser contre les campagnes électorales des fascistes : « Une urgence et plein de débats ! »</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/sorganiser-contre-les-campagnes-electorales-des-fascistes-une-urgence-et-plein-de-debats/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Vic]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 16 Mar 2026 14:13:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Antifascisme]]></category>
		<category><![CDATA[Retours militants]]></category>
		<category><![CDATA[Lepen]]></category>
		<category><![CDATA[Marseille]]></category>
		<category><![CDATA[Rassemblement national]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">En septembre 2025, le RN lance sa campagne à Marseille. Franck Allisio (tête de liste du RN local) allait serrer des mains dans des salons associatifs, à une présentation des nouvelles techniques de maintien de <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/sorganiser-contre-les-campagnes-electorales-des-fascistes-une-urgence-et-plein-de-debats/" title="S’organiser contre les campagnes électorales des fascistes : « Une urgence et plein de débats ! »">[...]</a></div>
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<p class="wp-block-paragraph"><em>En septembre 2025, le RN lance sa campagne à Marseille. Franck Allisio (tête de liste du RN local) allait serrer des mains dans des salons associatifs, à une présentation des nouvelles techniques de maintien de l’ordre ou dans des pizzerias. Puis, très vite, le RN a annoncé faire alliance avec l’UDR ciottiste, le RPR (organisation fantoche du RN pour les candidats d’extrême-droite ne souhaitant pas se présenter sous la bannière du RN) et Marseille d’abord (scission identitaire locale de Reconquête ! portée par le sénateur Stéphane Ravier). </em></p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #20 &#8211; Janvier 2026</h6>



<p class="wp-block-paragraph">Fort·es de l’expérience post-législatives 2024, la Riposte Antifasciste s’est donc donné comme objectif d’argumenter à nouveau sur ce dilemme : comment construire une contre-campagne qui n’aboutisse pas à de l’électoralisme, mais au contraire, pousse à l’auto-organisation et à dépasser les dates électorales ? Bref, comment concrètement faire que « l’antifascisme soit l’affaire de toustes » ? </p>



<h2 class="wp-block-heading">Argumenter de la centralité du RN </h2>



<p class="wp-block-paragraph">À l’initiative d’A2C, une discussion publique a eu lieu au week-end régional réunissant des collectifs antifascistes et antiracistes. Ce moment a pu donner un aperçu de l’état du mouvement antifasciste en reconstruction. Ce qui était enthousiasmant, c’est la richesse des discussions : comment intervenir dans sa ville, son quartier ? Comment argumenter de la centralité du racisme ? Un point cependant ne mettait pas tout le monde d’accord, la question de la cible. Depuis avril 2025, Marseille est traversée par l’intensification de rafles contre les habitant·es des quartiers populaires du centre-ville. Comment argumenter qu’il ne faudrait pas se battre contre Benoît Payan (PS) maire en responsabilité et candidat à sa réélection ? Et Martine Vassal, candidate macroniste-LR, n’a-t-elle pas elle aussi stigmatisé les musulman·es et les migrant·es ? Est-ce qu’iels ne seraient pas eux-mêmes fascistes ? Ces mêmes questions traversent notre collectif. </p>



<p class="wp-block-paragraph">On peut y répondre au moins par trois points : </p>



<p class="wp-block-paragraph">1) Oui Payan et Vassal sont racistes et islamophobes. Mais le RN est un parti fasciste. Il faut qu’on parvienne à mener de front les luttes antiracistes qui s’opposent à ces partis, et un combat spécifique contre le RN. </p>



<p class="wp-block-paragraph">2) Les périodes électorales sont un moment de forte politisation, le RN recrute massivement et intensifie ses liens (avec le CRIF, Nous Vivrons ou Némesis). Les empêcher de s’organiser, c’est sur le long terme les affaiblir tous. En reprenant le même argument, les périodes électorales doivent être pour nous, des moments où l’on impulse massivement l’auto-organisation. </p>



<p class="wp-block-paragraph">3) « L’argent c’est le nerf de la guerre ». Si le RN prend le pouvoir localement, il pourra matériellement se renforcer en finançant de nouveaux cadres et contrôler les subventions. De quoi renforcer et mener à la baguette un tissu associatif local en direction de son agenda. Bref, le RN au pouvoir, c’est un RN plein aux as localement. </p>



<h2 class="wp-block-heading">Riposter par une contre-campagne, vers l’auto-organisation au-delà des élections </h2>



<p class="wp-block-paragraph">Une première AG de mobilisation a été appelée le 04/12. Une centaine de personnes se sont réunies dans les locaux de Solidaires. Une première partie de ce rendez-vous revenait à argumenter sur « pourquoi le RN ? ». Contre toute attente, les personnes étaient largement convaincu·es de cibler principalement le RN. La deuxième partie de l’AG était organisée en petits groupes, où l’on a pu discuter de trois axes de riposte : <br>1) Cibler les fascistes sur le terrain et créer un groupe de vigilance, <br>2) Répertorier un réseau des lieux solidaires de notre camp, <br>3) Comprendre leur programme et les cibles du RN (quartiers, thèmes). </p>



<p class="wp-block-paragraph">Chacun de ces groupes avait été pensé pour se répondre. En effet, comprendre les cibles du RN c’est aussi savoir où mettre ses forces, avoir un coup d’avance. Permettre la constitution d’un réseau de solidarités (commerçant·es, lieux culturels, locaux associatifs), c’est nous donner les capacités de réaction. Enfin, constituer un groupe de vigilance, c’est faire le choix de la massification et d’un réflexe collectif face aux tractages, collages et boîtages du RN. </p>



<p class="wp-block-paragraph">L’AG s’est à nouveau réunie en plénière, et a décidé de se revoir toutes les deux semaines à partir de janvier afin de mettre en commun les travaux qui seraient réalisés d’ici-là. La seconde AG qui eu lieu le 06/01 a confirmé la dynamique. Cependant, il est certain qu’un travail d’animation de ces groupes est nécessaire à leur vitalité. On peut aussi se rassurer par la dizaine de nouveaux camarades qui fournissent dès aujourd’hui une aide bienvenue à l’organisation de la prochaine AG contre la venue de Marine Le Pen pour un meeting de campagne au Parc Chanot le 16/01<sup data-fn="c6c0d769-3d3f-4951-97dc-0542f2c57ca3" class="fn"><a href="#c6c0d769-3d3f-4951-97dc-0542f2c57ca3" id="c6c0d769-3d3f-4951-97dc-0542f2c57ca3-link">1</a></sup>. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qu’on peut noter, c’est un intérêt massif pour se mettre en mouvement et s’organiser. Les personnes sont convaincu·es et veulent construire. Plusieurs fois, l’idée a été relancée de créer de nouveaux Comités de Quartiers Antifascistes. Ces groupes antifascistes de quartier avaient été initiés par la Riposte Antifasciste et l’Antifa Social Club Marseille en juillet 2024 après une AG de 400 personnes. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Le regain d’intérêt pour les Comités est une bonne nouvelle. Encore faut-il attraper au vol cette idée ! Pour le moment, seuls 4 comités sont encore actifs, mais l’envie de redynamiser l’expérience est bien présente. Notre tâche, en tant que Riposte Antifasciste, est d’être un soutien matériel, humain et technique au lancement de nouveaux Comités. Le collectif essaye de garder une attention particulière à animer les réseaux et à fournir des outils pour les impulser. </p>



<h2 class="wp-block-heading">Articuler localement une contre-campagne avec la lutte de classe et le calendrier de la Marche des Solidarités </h2>



<p class="wp-block-paragraph">On a donc validé qu’une contre-campagne anti RN peut se massifier et s’outiller. Mais on a aussi touché une limite dure : si ça ne rencontre pas le monde du travail et les réseaux antiracistes audelà de nos bulles, on fera des AG correctes et le RN continuera sa campagne tranquille. </p>



<p class="wp-block-paragraph">La Riposte Antifasciste s’est fixé un objectif stratégique : construire un Front Unique antifasciste et antiraciste<sup data-fn="3319e977-65f6-47ce-b0ed-7c0121b543f7" class="fn"><a href="#3319e977-65f6-47ce-b0ed-7c0121b543f7" id="3319e977-65f6-47ce-b0ed-7c0121b543f7-link">2</a></sup>. Mais faire alliance par « en bas » reste notre point faible. Le débat dans le collectif est très concret : hors période de mouvement, on ne sait pas vraiment intervenir sur les lieux de travail ; et on cherche en parallèle comment relancer des comités de quartier et stabiliser des alliances avec les collectifs antiracistes. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Côté lieux de travail, on a eu des points d’appui (mobilisation contre Stérin, défense des librairies attaquées), mais ce sont encore des coups justes, pas une continuité. </p>



<p class="wp-block-paragraph">À Marseille, antifas et syndicats se croisent trop peu. À l’AG, seuls quelques camarades de Solidaires étaient présents. Double limite : peu de syndicalisation dans nos rangs, et une combativité antifasciste inégale dans les organisations syndicales. Tant qu’on n’a pas de relais réguliers, on reste cantonné·es à nos milieux. La rencontre à venir avec VISA doit servir à densifier des liens concrets. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Même tension côté antiracisme. Le 18 décembre a été combatif, mais n’a pas « pris » comme point d’orgue. Selon nous, cette inter-orga se limite à des réunions unitaires sans créer de dynamique sur le terrain. En conséquence, les initiatives proposées par la Marche des Solidarités sont parfois vécues par les militant·es antifascistes et antiracistes comme un catalogue de dates, difficile à transformer en construction locale. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Néanmoins, un argument a fait mouche auprès des camarades antifascistes : d’ici mars (municipales), il y aura peu de dates nationales mobilisatrices. Saisir le 18 décembre, c’était reprendre l’agenda au-delà du calendrier électoral. L’AG du 4 décembre l’a encouragé, sans être encore motrice d’initiatives : on en prend acte. Prochaine étape : renforcer des liens entre groupes antifascistes nationalement, pour construire localement, par en bas, une dynamique jusqu’au 14 mars, manifestation nationale antiraciste. </p>



<h5 class="wp-block-heading">Léon (Marseille)</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="c6c0d769-3d3f-4951-97dc-0542f2c57ca3">Un bilan de cette mobilisation sera disponible sur le site d’A2C. <a href="#c6c0d769-3d3f-4951-97dc-0542f2c57ca3-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li><li id="3319e977-65f6-47ce-b0ed-7c0121b543f7">Lou (2025), «Comment vaincre le fascisme : Trotsky et la stratégie du front unique». Revue #19. Disponible sur le site d’A2C <a href="#3319e977-65f6-47ce-b0ed-7c0121b543f7-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2">↩︎</a></li></ol><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/sorganiser-contre-les-campagnes-electorales-des-fascistes-une-urgence-et-plein-de-debats/">S’organiser contre les campagnes électorales des fascistes : « Une urgence et plein de débats ! »</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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		<title>Ni relégués ni déclassés, les racines sociales du vote RN dans le périurbain. Recension de Le vote FN au village.</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/ni-relegues-ni-declasses-les-racines-sociales-du-vote-rn-dans-le-periurbain-recension-de-le-vote-fn-au-village/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Emil]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 13 Mar 2026 10:01:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Antifascisme]]></category>
		<category><![CDATA[Classes sociales]]></category>
		<category><![CDATA[classes populaires]]></category>
		<category><![CDATA[Extrême-droite]]></category>
		<category><![CDATA[Fascisme]]></category>
		<category><![CDATA[fasciste]]></category>
		<category><![CDATA[Racisme]]></category>
		<category><![CDATA[RN]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=11009</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">On a l’habitude d’entendre, dans le débat public et médiatique, que les petites villes périurbaines seraient le terreau de l’extrême droite et du vote FN/RN. Les classes populaires vivant dans ces régions seraient « naturellement <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/ni-relegues-ni-declasses-les-racines-sociales-du-vote-rn-dans-le-periurbain-recension-de-le-vote-fn-au-village/" title="Ni relégués ni déclassés, les racines sociales du vote RN dans le périurbain. Recension de Le vote FN au village.">[...]</a></div>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/ni-relegues-ni-declasses-les-racines-sociales-du-vote-rn-dans-le-periurbain-recension-de-le-vote-fn-au-village/">Ni relégués ni déclassés, les racines sociales du vote RN dans le périurbain. Recension de Le vote FN au village.</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><em>On a l’habitude d’entendre, dans le débat public et médiatique, que les petites villes périurbaines seraient le terreau de l’extrême droite et du vote FN/RN. Les classes populaires vivant dans ces régions seraient « naturellement » portées vers le racisme, subiraient un déclassement et seraient nostalgiques d’un passé disparu.</em></p>



<p class="has-text-align-right has-luminous-vivid-amber-background-color has-background wp-block-paragraph" style="font-size:11px"><strong>Les Cahiers d’A2C #21 – Mars 2026</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette vision des espaces périurbains comme foyers de relégation et bastions du vote Front national s’est appuyée sur des sondages de l’IFOP et les analyses de Christophe Guilluy, notamment dans Fractures françaises (2010) et La France périphérique (2014). Dans cet ouvrage, Violaine Girard vient déconstruire tous ces clichés à l’aide d’une enquête menée entre 2003 et 2008, puis en 2012.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La situation sociale des habitant&rsquo;es</strong><br>L’enquête montre en effet qu’à rebours d’une vision misérabiliste des populations des espaces périurbains (qui constituent la majorité de la population française), les ménages de ces régions sont en ascension sociale et fiers d’accéder à une propriété souvent moins coûteuse que dans les grands centres urbains. Ils accèdent à la propriété et à de meilleurs postes dans de nouvelles industries comme l’industrie nucléaire. Dans les années 70, ce sont donc de nouveaux emplois, une tertiarisation de l’économie et un rejet des « opérateurs » (ouvrier&rsquo;es non qualifié&rsquo;es). L’une des raisons de cette implantation dans ces régions périurbaines, c’est la politique capitaliste agressive sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing ; les zones périurbaines ont été la priorité du patronat pour déstabiliser les bastions syndicaux construits tout au long du XXe siècle et acquérir « la paix sociale ». Girard montre bien les liens entre les politiques locales et les patrons pour contrer l’action syndicale. Tout ce travail antisyndical a rompu les liens avec l’identité ouvrière et la gauche traditionnelle.<br>Sur le plan professionnel, ces populations disposent de postes qui les distinguent des catégories les plus précaires. Ils accèdent souvent à des emplois stables et, parfois, à une progression vers la maîtrise ou l’indépendance, davantage par la valorisation de leurs compétences techniques que par les diplômes. Malgré les restructurations industrielles, les personnes résidant ces régions restent globalement à l’abri du déclassement.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le lien avec le vote RN</strong><br>Comment expliquer alors leur défiance politique, la progression de l’abstention et l’intérêt pour le FN/RN ? Girard montre que leur rapport au politique est façonné par le désir de sortir de la condition ouvrière et de se distinguer des plus défavorisés. Convaincu&rsquo;es que leur réussite tient à leurs propres efforts, ils se sentent peu redevables envers les responsables politiques. Se dessine ainsi une conscience sociale « triangulaire » : ces ménages cherchent à se distinguer à la fois du bas de l’échelle sociale et d’une partie du haut de l’échelle. Ils se montrent sensibles à des valeurs plutôt ancrées à droite : mérite, travail, entrepreneuriat, stabilité familiale. Les petits patrons et artisans constituent souvent un groupe de référence. On voit ici une belle démonstration que le fascisme et le vote FN/RN se construisent majoritairement à l’aide de la petite-bourgeoisie et non pas à l’aide du vote ouvrier (voir notre brochure sur le fascisme).<br>Le contexte local joue également un rôle décisif. Le territoire étudié est historiquement ancré à droite et le passage au vote FN concerne surtout d’anciens abstentionnistes ou électeurs de droite classique. Les politiques d’aménagement, favorisant la propriété individuelle et l’implantation d’entreprises dans des zones peu syndiquées, ont contribué à un climat social peu conflictuel et à une proximité valorisée avec les employeurs. Enfin, l’action municipale a renforcé l’entre-soi des familles « respectables » en limitant le logement social et en favorisant des pratiques racistes d’accès au logement assumées. Sans se traduire mécaniquement par un vote FN, cette mise à distance a pu banaliser certains discours et, à terme, faciliter un rapprochement avec cette offre politique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Jack, Paris 20e.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Le vote FN au village : trajectoires de ménages populaires du périurbain, de Violaine Girard, 2017, Éditions du Croquant.</em></p>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/ni-relegues-ni-declasses-les-racines-sociales-du-vote-rn-dans-le-periurbain-recension-de-le-vote-fn-au-village/">Ni relégués ni déclassés, les racines sociales du vote RN dans le périurbain. Recension de Le vote FN au village.</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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		<title>Manifestations antiracistes et antifascistes du 14 mars : Une opportunité pour construire un front antiraciste ?</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/manifestations-antiracistes-et-antifascistes-du-14-mars-une-opportunite-pour-construire-un-front-antiraciste/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ahmed Hammad]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 13 Mar 2026 09:46:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[Antifascisme]]></category>
		<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[Retours militants]]></category>
		<category><![CDATA[fasciste]]></category>
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		<category><![CDATA[Manifestation]]></category>
		<category><![CDATA[Migrants]]></category>
		<category><![CDATA[Violences policières]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Entretien avec Mathieu, militant d’A2C à Paris impliqué dans la Marche des Solidarités, et Wass, militante d’A2C à Marseille impliquée dans la lutte contre l’islamophobie. Iels organisent la manifestation du 14 mars, contre le racisme, <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/manifestations-antiracistes-et-antifascistes-du-14-mars-une-opportunite-pour-construire-un-front-antiraciste/" title="Manifestations antiracistes et antifascistes du 14 mars : Une opportunité pour construire un front antiraciste ?">[...]</a></div>
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<p class="wp-block-paragraph"><em>Entretien avec Mathieu, militant d’A2C à Paris impliqué dans la Marche des Solidarités, et Wass, militante d’A2C à Marseille impliquée dans la lutte contre l’islamophobie. Iels organisent la manifestation du 14 mars, contre le racisme, le fascisme, contre l’islamophobie et les violences d’État.</em></p>



<p class="has-text-align-right has-luminous-vivid-amber-background-color has-background wp-block-paragraph" style="font-size:11px;text-transform:uppercase"><strong>Les Cahiers d’A2C #21 – Mars 2026</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Quelles sont les forces liées aux fronts antiracistes impliquées dans la construction de la date du 14 mars contre le racisme et le fascisme ?</strong><br><strong>Mathieu :</strong> En région parisienne, la mobilisation s’organise surtout autour de deux cadres : la Marche des Solidarités (autour des collectifs de sans-papiers) et le réseau d’entraide Vérité et Justice (les familles de victimes de violences policières).<br>Ce qui est notable par rapport à ces dernières années, c’est le développement de collectifs antiracistes et antifascistes de quartier : dans le 20e arrondissement, le 12e, mais aussi à Fontenay ou à Clichy. Une section de la Marche des Solidarités s’est même montée à Clichy.<br>Il y a aussi un front que l’on pense déterminant dans la période : la lutte contre l’islamophobie. Pour l’instant, on voit moins ces collectifs participer à la préparation de la mobilisation. Ce sont souvent des collectifs davantage présents dans la production de tribunes ou de prises de parole publiques que dans l’organisation militante sur le terrain.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Pourquoi selon toi c’est central d’essayer de faire converger ces fronts : sans-papiers,&nbsp;lutte contre l’islamophobie et violences policières </strong>?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Mathieu :</strong> Parce que cela correspond à la manière dont le racisme est développé par la classe dirigeante dans notre société. Quand on regarde les discours et les lois depuis vingt ans, on voit bien quelles sont les cibles centrales.<br>Depuis des années, les gouvernements s’attaquent aux musulman&rsquo;es : interdiction du voile dans certains espaces, interdiction de l’abaya, fermetures de mosquées ou d’associations, assimilation permanente à une menace pour la société.<br>Dans le même temps, ils s’attaquent aux migrants et migrantes et, en réalité, à l’ensemble des immigré&rsquo;es. La séquence autour de la loi Darmanin en est un exemple flagrant : la classe dirigeante a voulu faire entrer dans la tête de tout le monde que les immigrés seraient des délinquants ou des violeurs.<br>Le racisme ne touche pas que les migrant·es ou les musulman&rsquo;es. Mais il y a des priorités : il faut se défendre là où les attaques sont les plus fortes. Et notamment la violence ultime de l’État sur les personnes musulmanes, ou perçues comme telles, immigrées, sans papiers, ou perçues comme telles, c’est de les tuer par la police. Ça a été le cas&nbsp;d’El Hacen, travailleur immigré et musulman.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Qu’est-ce que serait aujourd’hui un front antiraciste à la hauteur ?</strong><br><strong>Mathieu :</strong> Ce qui serait à la hauteur, c’est que partout où des personnes s’organisent aujourd’hui politiquement, elles s’organisent aussi contre le racisme. Que dans les réunions militantes, on discute aussi de comment empêcher les fachos de s’implanter dans nos quartiers, comment donner confiance aux personnes immigrées, avec ou sans papiers, de s’auto-organiser, comment soutenir les collègues sans papiers qui se battent pour obtenir ou renouveler leurs titres de séjour.<br>C’est vraiment une question de nombre et d’implantation. Il ne s’agit pas seulement d’unir les organisations antiracistes, mais de faire en sorte que cette lutte existe partout.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Depuis ton expérience de la préparation du 14 mars, quels sont les blocages à cette convergence ?</strong><br><strong>Mathieu : </strong>Le problème dépasse largement les collectifs eux-mêmes. Il y a dans la gauche et dans le milieu militant une tendance très forte à séparer les luttes. Comme si parler de racisme ne signifiait pas forcément parler d’islamophobie ou de solidarité avec les migrant·es. Que l’un invisibilisait l’autre.<br>Le fait qu’il n’existe pas aujourd’hui un mouvement antiraciste de masse renforce cette tendance. Sur certaines questions, il n’y a pas suffisamment de forces organisées. Cela produit parfois une forme de sectarisme, où se lier à d’autres est perçu comme un risque d’invisibilisation plutôt que comme un renforcement.<br>Au fond, beaucoup de gens ne pensent pas qu’un mouvement de masse soit possible. Donc, on se fixe des objectifs plus petits, autour de mots d’ordre très restreints.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Wass :</strong> Il existe aujourd’hui des collectifs antiracistes bien réels, avec des stratégies et des trajectoires parfois différentes. Je partage le constat de Mathieu sur la fragmentation des collectifs, mais je pense qu’il faut aussi interroger les raisons politiques plus profondes qui nous ont conduits à cette situation.<br>Si la convergence est si difficile aujourd’hui, c’est aussi parce que les grands partis de la gauche institutionnelle et ses bases ont trahi ces combats. En cherchant à s’intégrer aux logiques d’État, ils ont souvent relégué les luttes antiracistes au second plan, voire les ont neutralisées. Le mouvement antiraciste qui lutte contre l’islamophobie a par exemple essayé de se battre de l’intérieur, dans des partis politiques institutionnels, pour défendre la solidarité avec la Palestine et les luttes antiracistes, ce qui est un énorme saut qualitatif.<br>Mais il manque encore des espaces réels de discussion stratégique, de confrontation politique, où puissent se construire un front unitaire dans la rue, dans nos lieux de travail, nos lieux d’études… Ce blocage est le symptôme à la fois des trahisons politiques et du racisme qui continue à traverser notre propre camp.<br>Or, pour dépasser ces impasses, nous devons renouer avec la tradition d’auto-organisation de notre classe : c’est-à-dire la capacité de notre classe dans toutes les luttes qu’elle porte à se rassembler, débattre et agir. L’auto-organisation permet de reconstruire la confiance, d’unifier les luttes sur des bases concrètes et de faire émerger une direction issue directement du terrain, connectée à la réalité de nos quartiers, de nos lieux de travail et de nos combats.<br>Historiquement, le racisme a souvent affaibli et fait perdre le mouvement ouvrier. On peut penser à la grève de Talbot : au lieu d’une lutte unitaire pour tous les emplois, le patronat et l’État ont joué sur le racisme pour isoler les travailleurs immigrés, les traiter d’« intégristes chiites », faire circuler des slogans comme « bougnoules au four » ou « les Arabes, les Noirs à la Seine ».<br>Tout ça révèle un fondement du capitalisme : le racisme, qui a servi à justifier l’esclavage, le colonialisme, et aujourd’hui encore, qui organise la hiérarchie sociale du travail.<br>Cette instrumentalisation raciste a brisé la solidarité de classe et permis aux patrons d’imposer leurs licenciements. À chaque fois que le racisme entre dans notre camp, c’est tout notre camp social qui recule.&nbsp;<br>La préparation du 14 mars doit justement être l’occasion de tirer les leçons de ces divisions : construire une unité réelle, ancrée dans la reconnaissance du racisme comme question centrale de notre camp, non comme un sujet secondaire. C’est en affrontant ensemble ces contradictions, dans la rue comme dans nos organisations, que nous pourrons donner corps à un mouvement antiraciste de masse, capable de faire reculer à la fois le racisme et le pouvoir qui l’alimente.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Comment répondre à la crainte d’invisibilisation et défendre l’unité ?</strong><br><strong>Wass : </strong>À Marseille, on a argumenté pour que la lutte contre l’islamophobie soit davantage mise en avant dans l’appel et dans l’affiche. Ça montre qu’il y a des blocages de départ, mais qu’ils peuvent bouger quand on met les choses franchement sur la table.<br>Si plus de personnes portent ces luttes, elles deviennent plus visibles, pas moins. C’est lorsqu’on combattra tous et toutes le racisme dans toutes les formes où il se manifeste qu’on pourra commencer à construire un front commun réel.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Mathieu : </strong>La question qui devrait être centrale dans nos cadres d’organisation est trop souvent absente : quelle stratégie pour gagner ?<br>On discute beaucoup de la manière de se distinguer, de parler à nos propres cercles militants, plutôt que de se demander ce qui peut réellement faire avancer nos luttes.<br>Pour les collectifs de sans-papiers ou de mineurs isolés, l’objectif est concret : obtenir des régularisations, la reconnaissance de leurs droits, l’égalité. La question est donc comment faire en sorte que tout le monde se la pose et discute ensemble de ce qu’il faudrait construire pour y parvenir.<br>Et malgré tout, on sent que c’est possible. Dès qu’on va sur un marché, qu’on colle des affiches dans un quartier ou qu’on appelle à une manifestation, on rencontre beaucoup d’échos positifs. C’est ce qui donne confiance.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Anouk :</strong> Aussi, comme tu l’as dis, à la Marche des Solidarités, on voit aussi se développer de nouveaux collectifs de quartier qui renforcent cette activité militante à la base. Les dates du 18 décembre et du 14 mars ne règlent pas tout. Les attaques racistes et fascistes ne se limitent pas à ces deux dates : elles sont quotidiennes. Mais ces dates servent d’appui pour accélérer le processus de construction à la base.&nbsp;<br>Et si on renforce les collectifs antiracistes locaux et les liens avec les syndicalistes, on peut ouvrir des perspectives plus larges pour la mobilisation et ouvrir les conditions d’une grève comme à Minneapolis contre le racisme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Propos recueillis par Anouk (Marseille)</p>
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